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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 20:04

Le dirigeant du principal parti d'opposition sud-coréen a publiquement demandé au président Lee Myung-bak qu'il change de ton et de politique vis-à-vis de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) et remplace ses conseillers pour la politique extérieure, afin de ne pas risquer de se retrouver en décalage avec la politique qui pourrait être menée par la nouvelle administration américaine vis-à-vis de la Corée du Nord. Cet appel ne semble malheureusement pas avoir été entendu jusqu'ici.


"L'équipe en charge de la politique nord-coréenne au sein du gouvernement est composée de gens qui pensent le dialogue intercoréen inutile, n'ont aucune connaissance de la Corée du Nord, et pourrait s'avérer en décalage avec la nouvelle administration américaine", a expliqué le président du Parti démocratique de Corée du Sud, Chung Sye-kun, devant le Club des correspondants étrangers réuni à Séoul le 7 novembre 2008. "Il est difficile de discuter calmement quand les équipes en charge de la Corée du Nord et de la politique extérieure comptent davantage de partisans de la ligne dure que de gens connaissant bien le Nord."

"Le président américain Obama nouvellement élu a déclaré qu'il aura un dialogue actif avec le Nord afin de résoudre la question du nucléaire nord-coréen, et je pense donc que les Etats-Unis négocieront de manière plus déterminée, dans le cadre des pourparlers à six par exemple, permettant ainsi des progrès dans les relations américano-nord-coréennes", a-t-il dit. "Le président Lee Myung-bak devraient considérer la nouvelle situation intérieure et internationale telle qu'elle est et abandonner immédiatement son ton provocateur digne de la Guerre froide avec la Corée du Nord."

 

Chung Sye-kyun s'était déjà vivement opposé au gouvernement sud-coréen au sujet des manifestations organisées le 15 août 2008, anniversaire de la Libération de la Corée, pour le 60eme anniversaire de la fondation de la République de Corée (du Sud). Le choix de célébrer un événement strictement sud-coréen - la fondation du pays - plutôt qu'un événement commun au nord et au sud de la Corée - la Libération de l'occupation japonaise - ne laissait aucune place à des discussions sur la réunification ou la réconciliation avec le Nord, et avait alors été qualifié par Chung de "déformation de l'histoire".

 

Chung a énuméré les mesures à prendre par le gouvernement sud-coréen pour améliorer ses relations avec la RPDC, parmi lesquelles


- s'engager publiquement à appliquer les déclarations du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007,  

- faire avancer le projet du complexe industriel de Kaesong,

- reprendre, sans conditions, l'aide humanitaire,

- reprendre le dialogue intercoréen au niveau gouvernemental.

   

Face à ces critiques, le ministre des Affaires étrangères, Yu Myung-hwan, a imputé à Pyongyang l'interruption du dialogue et affirmé que le gouvernement sud-coréen n'avait aucune intention de changer de politique. 

   

S'exprimant le même jour, 7 novembre, lors d'une conférence de presse au siège du gouvernement, Yu a exclu que l'absence de dialogue officiel entre Séoul et Pyongyang soit due à un quelconque problème dans la politique sud-coréenne envers la Corée du Nord.

 

Selon Yu, il y a blocage "parce que la Nord rejette toutes les offres de dialogue" du gouvernement sud-coréen. Et de poursuivre : "La politique du gouvernement vis-à-vis de la Corée du Nord ne doit pas être modifiée tant qu'il n'y a eu aucune modification dans les principes de base selon lesquels tout doit être résolu par le dialogue et la négociation."

 

Mais quand on lui demandait quelle serait la réaction du président Lee et du gouvernement si le nouveau président Obama engageait les Etats-Unis dans des discussions directes avec la RPDC, et si Séoul encouragerait alors ce genre de contacts directs entre les deux pays ou insisterait plutôt pour que des discussions soient menées parallèlement entre le Nord et le Sud, Yu a répondu que la tenue en simultané de telles négociations bilatérales "produirait une synergie", en s'attendant à ce que "Séoul et Washington aient à coopérer" pour y parvenir. 

 

Ces commentaires du ministre des Affaires étrangères de Corée du Sud semblent indiquer que l'administration du président Lee n'envisage pas d'ajuster sa politique nord-coréenne avant l'inauguration du président Obama, le 20 janvier 2009. Il est de plus en plus évident que le gouvernement sud-coréen, à la traîne des Etats-Unis, ne prendra aucune des initiatives préconisées par Chung Sye-kyun tant que la nouvelle administration américaine n'aura pas elle-même entamé un dialogue direct avec la RPDC. (source : Hankyoreh)

Il est temps d'apprendre à jouer :  Lee Myung-bak peine à jouer le morceau de musique intitulé S'Engager en Corée du Nord. En chef d'orchestre, Barack Obama demande pourquoi il y a autant de fausses notes (dessin paru le 7 novembre 2008 dans le Hankyoreh)

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16 août 2008 6 16 /08 /août /2008 02:05

Dans son discours marquant le soixantième anniversaire de la fondation de la République de Corée (du Sud), le 15 août 2008, le président Lee Myung-bak a exprimé son "rêve de coprospérité" des deux Etats coréens, par la réalisation de projets concrets tels que le rétablissement des liaisons ferroviaires intercoréennes.

Le 15 août est une fête commune aux deux Etats coréens, du Nord et du Sud de la péninsule, marquant la capitulation japonaise et la fin de trente-cinq ans de colonisation de la Corée par l'empire nippon. En Corée du Sud, il s'agit de surcroît de la fête nationale, avec la fondation de la République de Corée (du Sud) le 15 août 1948, à l'issue d'élections législatives organisées de manière séparée par le seul gouvernement sud-coréen.

Dans son discours prononcé pour le soixantième anniversaire de la fondation de l'Etat, le 15 août 2008, le président Lee Myung-bak a exprimé son "rêve d'une coprospérité" des deux Corée grâce à des projets économiques communs. En particulier, selon lui, le rétablissement des liaisons ferroviaires intercoréennes ferait de la péninsule une porte tant vers l'Eurasie que vers les Etats de la ceinture du Pacifique, dont le Japon et les Etats-Unis (voir ci-contre Lee Myung-bak et George W. Bush, lors de la visite du président américain en Corée du Sud le 6 août 2008).

Ce discours d'ouverture vis-à-vis de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a toutefois été tempéré, en conditionnant une éventuelle politique de coopération économique à l'abandon de ses armes nucléaires par la RPDC.

Il faut reconnaître au président Lee Myung-bak une continuité dans ses prises de position en faveur du rétablissement des liaisons ferroviaires intercoréennes, manifestées dès le lendemain de son élection en décembre 2007. Sa proximité des milieux d'affaires, encore soulignée par son choix de grâcier des chefs d'entreprise le même jour, le 15 août 2008, n'est sans doute pas étrangère à cette volonté de relier la Corée du Sud aux réseaux ferroviaires eurasiatiques, car elle engendrerait de substantielles économies de frais de transport pour les entreprises sud-coréennes.

La difficulté réside cependant dans le décalage entre le discours et les actes du président Lee, qui non seulement n'a pas mis en oeuvre les mesures de coopération économique prévues dans l'accord intercoréen du 4 octobre 2007, mais a aussi mis en péril les projets déjà existants. La décision de suspendre les circuits touristiques sud-coréens dans les monts Kumgang, au Nord, après la mort d'une Sud-Coréenne, remet en cause un des principaux axes de la coopération intercoréenne. Le discours du 15 août 2008 n'est-il pas, au fond, une variante du "plan 3000" (dollars), consistant en une aide de la Corée du Sud pour porter à ce niveau le revenu de la Corée du Nord à moyen terme, en contrepartie de réformes économiques et d'un abandon de ses armes nucléaires par la RPDC ? Or le "plan 3000" a été vivement rejeté par Pyongyang, comme une ingérence dans ses affaires intérieures et l'expression d'une humiliante politique d'assistance. (Source : The Korea Times)

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21 juillet 2008 1 21 /07 /juillet /2008 23:37

Kim Il-jin, ancien prisonnier de conscience détenu pendant 31 ans après la guerre de Corée, est décédé le 8 juillet 2008. Il était une figure emblématique des prisonniers politiques communistes ayant refusé de se convertir en reniant leurs idées politiques, avant d'être rapatrié en République populaire démocratique de Corée.

Les "non-convertis" : en Corée, l'expression ne renvoie pas aux guerres de religion, comme en Occident, mais à la situation des prisonniers politiques maintenus en détention souvent pendant des dizaines d'années au sud de la péninsule, et qui refusèrent d'être libérés par le régime militaire sud-coréen, car cette promesse était conditionnée au reniement de leurs idées politiques.

Kim Il-jin, décédé le 8 juillet 2008, était l'un d'entre eux. Né le 13 juillet 1930 dans une famille pauvre de la province du comté de Yongdok, dans la province du Nord Kyongsang, il avait rejoint le Parti du travail de Corée (PTC) et combattu contre les troupes de l'ONU sous commandement américain pendant la guerre de Corée (1950-1953). Ses prises de position politiques lui avaient valu d'être emprisonné à l'issue du conflit, pendant trente-et-un ans, avant d'être libéré et de pouvoir rejoindre la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), étant resté fidèle au PTC. Kim Il-jin s'était vu décerner le titre de héros de la RPDC.

L'AAFC salue la mémoire et le combat mené par Kim Il-jin pour la réunification de la Corée, en rappelant sa position de principe en faveur de la 
libération de tous les prisonniers de conscience dans la péninsule coréenne. (Source : KCNA, dépêche du 9 juillet 2008) 

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11 juillet 2008 5 11 /07 /juillet /2008 11:53

Le vendredi 11 juillet 2008, une touriste sud-coréenne a été tuée après le tir d'un soldat nord-coréen, dans les monts Kumgang. Dans l'attente des résultats d'une enquête où devraient étroitement coopérer les deux Corée, la femme serait sortie des limites du complexe touristique.

C'est un incident tragique qui endeuille également les relations intercoréennes : le vendredi 11 juillet 2008, une touriste sud-coréenne a été tuée dans les monts Kumgang, au nord de la péninsule, ouverts au tourisme sud-coréen depuis 1997. Alors que près de 2 millions de Sud-Coréens ont visité les "montagnes de diamant" en l'espace de 11 ans, dans le cadre d'une concession détenue par Hyundai Asan, c'est la première fois qu'un tel événement se produit.

Selon M. Kim Ho-nyun, porte-parole du ministère sud-coréen de la Réunification, Mme Park Wang-ja est morte après le tir intervenu vers 5h, avant que le corps ne soit emmené dans un hôpital au Sud. M. Kim a déclaré que "la Corée du Sud regrette profondément qu'un tel événement se soit produit."

Mme Park aurait quitté les limites du complexe touristique avant d'entrer dans une zone d'accès limité, probablement une zone militaire. Après avoir été avertie, elle se serait enfui et les soldats nord-coréens auraient reçu l'ordre de tirer.

Les voyages de Sud-Coréens dans les monts Kumgang ont été suspendus dans l'attente des résultats d'une enquête, pour laquelle il est attendu une pleine coopération des autorités nord et sud-coréennes.

L'AAFC déplore vivement un tel incident et adresse ses condoléances à la famille de Mme Park Wang-ja, décédée dans ces circonstances tragiques.

Cet événement survient alors qu'ont repris la veille les discussions sur le nucléaire nord-coréen, et que le dialogue intercoréen est au plus bas, avant un changement de ton récent de Séoul : si le président sud-coréen Lee Myung-bak a déclaré, le même jour, vouloir reprendre le dialogue intercoréen, les Nord-Coréens attendent que le président Lee, élu sur une ligne de fermeté vis-à-vis du Nord, mette en oeuvre les accords conclus lors du sommet intercoréen d'octobre 2007. (Sources : CNN, BBC, AFP, AAFC)

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2 juillet 2008 3 02 /07 /juillet /2008 16:26

Le 1er juillet 2008, le pasteur Samuel Kobia, secrétaire général du Conseil œcuménique des Eglises, a adressé au président sud-coréen Lee Myung-bak une lettre l'exhortant à "prendre des mesures urgentes pour renforcer les relations intercoréennes sans conditions préalables."


Fondé en 1948, le Conseil œcuménique des Eglises (COE) est une organisation non gouvernementale rassemblant 349 Eglises d'une centaine de pays et territoires du monde entier, représentant plus de 560 millions de chrétiens de toutes les traditions, notamment protestantes, anglicanes et orthodoxes. De son côté, l'Eglise catholique romaine entretient des relations régulières avec le COE. Le Conseil œcuménique des Eglises a pour objectif l'harmonie entre les chrétiens au travers de réalisations concrètes communes mais n'a pas vocation à devenir une super-Eglise. Depuis janvier 2004, le COE a pour secrétaire général le pasteur kényan Samuel Kobia.


Dans sa lettre du 1er juillet (reproduite ci-dessous), le pasteur Kobia qualifie la nouvelle politique du gouvernement sud-coréen à l'égard de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) de "source d'inquiétude et de déception car elle va à l'encontre des déclarations communes faites dans un passé récent par les deux Corée." Il estime que cette nouvelle politique pourrait "entraver les efforts pour instaurer la paix et la réunification dans la péninsule coréenne."


La nouvelle position du président Lee à l'égard de la Corée du Nord, telle que définie dans son discours d'investiture le 25 février 2008, s'oppose à la Sunshine Policy, la politique d'engagement menée par ses deux prédécesseurs, Kim Dae-jung et Roh Mooh-hyun. Cette politique fondée sur la réconciliation, la coopération, la paix et la prospérité commune avait le soutien des Eglises de Corée du Sud et de Corée du Nord. La nouvelle attitude sud-coréenne, qualifiée d'"hostile" par les Eglises, lie la coopération économique à des conditions préalables comme la dénucléarisation de la Corée du Nord.


Le Conseil national des Eglises de Corée [du Sud] (NCCK) a demandé au gouvernement de "renoncer à cette politique d'affrontement", de respecter les accords antérieurs, de fournir une aide humanitaire, notamment alimentaire, à la Corée du Nord et de mettre en œuvre la coopération économique "sans condition préalable". La lettre du secrétaire général du COE au président Lee répondait à une demande de soutien de la part du NCCK.


Se référant à la démolition de la tour de refroidissement des installations nucléaires de Yongbyon, le 27 juin, le pasteur Kobia déclare dans sa lettre que le COE "se félicite des récents progrès accomplis en matière d'efforts multilatéraux pour mettre fin aux programmes nord-coréens d'armement nucléaire", ajoutant que "la nouvelle que le gouvernement des Etats-Unis est en train de lever les sanctions contre la Corée du Nord et de supprimer le pays de la liste des Etats soutenant le terrorisme constitue un autre signe encourageant."


Le secrétaire général réaffirme le soutien du COE aux initiatives des Nations Unies visant à éliminer toutes les armes nucléaires et à l'intégralité du Traité de non-prolifération nucléaire, ainsi que le soutien de toutes les personnes qui prient pour la réunification de la péninsule coréenne et l'appellent de leurs vœux.


Dans une lettre séparée (reproduite ci-dessous) aux Eglises sud-coréennes membres du COE, au NCCK et à la Fédération des chrétiens de Corée (RPDC), le pasteur Kobia exprime l'espoir que le démantèlement des installations de Yongbyon "donnera un nouvel élan" aux pourparler à six entre les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon, qui devraient "entrer dans une nouvelle phase".


Lettre au Président de la République de Corée Lee Myung-bak



Genève, le 1er juillet 2008



Votre Excellence,


Le Conseil œcuménique des Eglises se félicite des récents progrès accomplis en matière d'efforts multilatéraux pour mettre fin aux programmes nord-coréens d'armement nucléaire. La décision du gouvernement nord-coréen de soumettre la liste de ses installations et matériels nucléaires, suivie de la destruction de la tour de refroidissement du complexe nucléaire de Yongbyon, montrent de façon éclatante les progrès permis grâce aux pourparlers à six.


La nouvelle que le gouvernement des Etats-Unis est en train de lever les sanctions contre la Corée du Nord et de supprimer le pays de la liste des Etats soutenant le terrorisme constitue un autre signe encourageant. Ces signes nous incitent à croire que les mesures prises par les différentes parties aux pourparlers à six permettront de surmonter les derniers obtascles dans les négociations destinées à mettre fin au programme nucléaire de la Corée du Nord. En définitive, ces développements constituent des pas importants vers l'objectif ultime qu'est la dénucléarisation de la péninsule coréenne. Cette avancée récente doit être considérée, tant politiquement que symboliquement, comme un engagement clair de la Corée du Nord à démanteler rapidement son programme nucléaire.


Tout en félicitant ceux qui se sont impliqués dans les pourparlers à six pour leurs efforts à conduire ce processus par la diplomatie multilatérale, Votre Excellence, je vous exhorte à prendre des mesures urgentes pour renforcer les relations intercoréennes sans les conditions préalables posées par votre gouvernement..


Le Conseil œcuménique des Eglises a suivi avec attention la situation dans la péninsule coréenne au cours des dernières décennies. La "politique d'engagement" fondée sur la "réconciliation et la coopération, la paix et la prospérité commune" initiée en Corée du Sud par les dirigeants de deux gouvernements successifs a contribué à réduire les tensions dans la péninsule coréenne. La politique et la dynamique de la coopération intercoréenne développée par la Corée du Sud dans les dix dernières années ont généré des progrès sans précédents dans les relations entre les deux Corée et ont aidé à bâtir la confiance mutuelle. Cependant, la nouvelle politique du gouvernement sud-coréen à l'égard de la Corée du Nord décrite dans votre discours d'investiture par la formule "Dénucléarisation - Ouverture - 3000 dollars" est une source d'inquiétude et de déception car elle va à l'encontre des déclarations communes faites dans un passé récent par les deux Corée.


Votre Excellence, nous percevons ce changement dans la politique de la Corée du Sud à l'égard de la Corée du Nord comme de nature à entraver les efforts pour instaurer la paix et la réunification dans la péninsule coréenne. C'est dans ce contexte, au nom du Conseil œcuménique des Eglises et de ses entités constitutives dans le monde entier, que je vous demande de prendre toutes les mesures possibles pour éviter une dégradation des relations intercoréennes.


Les entités constitutives du COE en Corée du Sud ont déjà exprimé leurs préoccupations quant à cette nouvelle politique, laquelle est portée par votre administration. Le Conseil œcuménique des Eglises partage les inquiétudes exprimées par les Eglises sud-coréennes quant à la politique de votre gouvernement vis-à-vis de la Corée du Nord, et nous vous demandons de répondre de manière constructive au  geste positif accompli la semaine dernière par le gouvernement nord-coréen.


Nous espérons sincèrement, Votre Excellence, que votre gouvernement trouvera vite une solution politique permettant d'améliorer les relations entre la Corée du Nord et la Corée du Sud et ainsi de favoriser une paix et une sécurité durables dans la péninsule coréenne. Le Conseil œcuménique des Eglises a maintes fois réaffirmé son soutien aux initiatives de l'ONU visant à éliminer toutes les armes nucléaires aux termes du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP). Dans le même temps, nous nous sommes joints aux prières et aux aspirations du peuple pour la réunification de la péninsule coréenne. En 2004, le Comité exécutif du Conseil œcuménique des Eglises a proposé la prière suivante :


Nous pleurons devant Vous du désespoir profond né de la division de la Corée,

Laquelle est la victime d'un monde divisé.

Vous venez dans ce monde comme un Serviteur de la Paix,

Vous apportez amour et paix.

Vous nous demandez de nous aimer les uns les autres...

Vous nous donnez des signes d'espoir en plein désespoir.


Je termine avec ces mots d'intercession prononcés pendant la Journée mondiale de prière pour la Paix, en assurant Votre Excellence que nous continuerons de soutenir tous les efforts déployés pour une Corée pacifique, réconciliée et unifiée.



Veuillez croire à mes respectueuses salutations.



Rev. Dr. Samuel Kobia

Secrétaire général du COE




Lettre aux Eglises de Corée


Eglises de Corée du Sud membres du COE

Conseil national des Eglises de Corée

Fédération des chrétiens de Corée



Genève, le 1er juillet 2008



Chers amis œcuméniques,


Recevez les salutations du Conseil œcuménique des Eglises.


Vous trouverez ci-jointe une copie de la lettre que j'ai adressée au Président de la République de Corée. A la demande du Secrétaire général du Conseil national des Eglises de Corée et sur une suggestion du Comité de direction du Forum œcuménique de coopération pour la paix, la réunification et le développement dans la péninsule coréenne, lequel est coordonné et présidé par le COE, j'ai transmis les préoccupations de la famille œcuménique au sujet de la nouvelle politique du gouvernement sud-coréen à l'égard de la Corée du Nord.


Nous suivons en permanence les tendances et événements survenant dans la péninsule coréenne et sommes inquiets du changement de la politique du gouvernement sud-coréen à l'égard de la Corée du Nord, annoncé par le président Lee Myung-bak dans son discours d'investiture par la formule "Dénucléarisation - Ouverture - 3000 dollars". En même temps, la déclaration de la semaine dernière de l'abandon par la Corée du Nord de son programme nucléaire nous adresse des signes d'espoir. Je suis sûr que cela constituera un pas très important dans le "processus d'arrêt", et que ce nouveau développement encouragera toutes les parties engagées dans les pourparlers à six et donnera un nouvel élan à ces pourparlers qui doivent entrer dans une nouvelle phase. 


Comme l'a dit le prophète Michée, gardons l'espoir que "chacun habite sous sa propre vigne et sous son  propre figuier, sans personne pour le troubler" (Michée 4:4). Que cela reste notre prière et notre espoir pour l'émergence prochaine d'une Corée réconciliée et réunifiée, où la paix et la sécurité de tous seront garanties pour toujours.



Avec vous à Son service,



Rev. Dr Samuel Kobia

Secrétaire général du COE

Eglise orthodoxe de la Vivifiante Trinité, à Pyongyang, consacrée le 13 août 2006 (photo : AAFC)
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6 juin 2008 5 06 /06 /juin /2008 13:32

Après son élection à la présidence de la République en Corée du Sud le 19 décembre 2007, le conservateur Lee Myung-bak s'était fait fort de modifier les relations intercoréennes en adoptant une ligne de plus grande fermeté vis-à-vis du Nord. Six mois plus tard, l'impasse dans les relations intercoréennes a amené Séoul à changer de ton.


 Une politique de concessions sans contreparties : c'est en ces termes peu amènes que le Sud- Coréen Lee Myung-bak, avant son élection à la présidence de la République, critiquait la politique du rayon de soleil, de coopération avec le Nord, de ses prédécesseurs centristes Kim Dae-jung et Roh Moo-hyun.

Moins de six mois plus tard, le dialogue intercoréen est rompu au niveau intergouvernemental, sans aucune concession de Pyongyang vis-à-vis du Sud. Du coup, le pouvoir sud-coréen multiplie les volte-faces : après avoir fait part de sa volonté de conditionner la poursuite de la politique de coopération intercoréenne à des progrès dans d'autres domaines, notamment sur le dossier nucléaire, le ministre de la réunification Kim Ha-joong a annoncé, mercredi 5 juin 2008, l'intention de livrer 50.000 tonnes de céréales au Nord sans demande de Pyongyang. Auparavant, l'administration Lee Myung-bak avait répété urbi et orbi attendre une telle demande de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), confrontée à des risques de pénurie alimentaire sévères après les inondations catastrophiques de l'été 2007.

Sans doute ce geste de Séoul pour rétablir le dialogue intercoréen serait-il plus efficace s'il était relativisé, et resitué dans la tradition historique de coopération intercoréenne face aux catastrophes affectant l'ensemble de la nation coréenne. D'une part, les volumes proposés sont dix fois inférieurs à ceux fournis par les précédents gouvernements sud-coréens. D'autre part, la Corée du Nord avait approvisionné sa voisine du Sud en électricité après la guerre de Corée, ou offert une aide de 12 millions de dollars aux victimes des inondations en Corée du Sud en 1984, mais ces éléments de contexte historique semblent systématiquement oubliés.

Lee Myung-bak s'est également félicité des progrès dans le dialogue international sur le nucléaire nord-coréen, et formulé des demandes pour des progrès sur les échanges de prisonniers de guerre restés au Nord après 1953 ainsi que sur la restitution des corps des soldats tombés de l'autre côté du 53ème parallèle. Encore faudrait-il que, à présent, Séoul honore ses engagements de livraison d'énergie prévus par l'accord de Pékin du 13 février 2007.

Le changement de ton à Séoul ne semble par ailleurs pas étranger à la chute, à 20%, de la cote de popularité de Lee Myung-bak. En 1972, le général Park Chung-hee avait déjà opéré une volte-face dans les relations intercoréennes pour remédier à une impopularité record. Ayant subi des revers lors d'élections locales, confronté aux plus importantes manifestations en Corée depuis de nombreuses années, suite à la décision de réouverture du marché sud-coréen aux importations de boeuf américain. L'administration Lee Myung-bak a souhaité exclure les animaux âgés de plus de 30 mois du champ des importations américaines. Mais sans pouvoir de formuler autre chose que des voeux vis-à-vis de Washington, alors que les protestations continuent. (sources : International Herald Tribune, Korea Times, AAFC)

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14 mai 2008 3 14 /05 /mai /2008 10:23

Elu président de la Corée du Sud le 19 décembre 2007, sur une ligne de rupture avec la politique de ses prédécesseurs selon lui trop favorable à Pyongyang, le conservateur Lee Myung-bak cherche manifestement les voies du rétablissement d'un dialogue avec le Nord. Mais les premiers signes d'infléchissement ne signifient pas encore une évolution de la position sud-coréenne, et encore moins le rétablissement de la confiance dans les relations d'Etat à Etat.

Pour le président (conservateur) sud-coréen Lee Myung-bak, élu le 19 décembre 2007, les relations intercoréennes doivent être fondées sur un principe de réciprocité : l' "aide" qu'entend apporter le Sud au redressement économique du Nord serait conditionnée par l'approfondissement de la politique d'ouverture économique.

Ainsi posés, les termes du plan "Vision 3.000" (car visant à porter à 3.000 dollars par habitant le produit intérieur brut de la République populaire démocratique de Corée, RPDC) étaient difficilement acceptables pour Pyongyang : ils signifiaient une ingérence du Sud dans la politique intérieure du Nord et introduisaient le principe d'une conditionnalité fondée sur la notion misérabiliste d'une assistance du Sud au Nord.

Après une période d'attentisme de plus de trois mois, le Nord a dénoncé en Lee Myung-bak un "traître" et un "sycophante" des Etats-Unis.

De fait, après la visite exceptionnelle de Lee Myung-bak aux Etats-Unis, rien n'indique un changement de cap dans la politique de la Corée du Sud vis-à-vis du Nord. Cependant, l'administration Lee Myung-bak cherche apparemment les voies du rétablissement d'un dialogue :

- à la suite des Etats-Unis qui devraient livrer 500.000 tonnes de céréales à la RPD de Corée, dans des conditions encore à préciser, Séoul envisagerait une reprise des livraisons alimentaires au Nord, sous réserve que la RPDC formule une telle demande ;

- une assistance médicale a également été proposée, suite à l'apparition d'une épidémie de malaria au Nord, conséquence de la fragilisation de la situation sanitaire après les très graves inondations d'août-septembre ;

- la visite d'une délégation de métallurgistes sud-coréens à Pyongyang témoigne de la poursuite de la coopération non gouvernementale, alors que la dialogue intercoréen au niveau gouvernemental n'a jamais été rompu.

Par ailleurs, si Lee Myung-bak a poursuivi sa récente visite à Washington par un déplacement au Japon où il a invité l'empereur du Japon à venir en Corée tout en éludant le sujet de la brutale colonisation japonaise de la Corée de 1910 à 1945, son prochain déplacement en Chine pendant quatre jours, fin mai 2008, peut attester d'un début de rééquilibrage par rapport à l'axe Séoul-Washington-Tokyo privilégié dès son investiture.

Mais la RPDC a précisé vouloir atteindre l'autosuffisance alimentaire en comptant sur ses propres forces : dans ce contexte, les geste humanitaires de Séoul apparaissent condescendants... sauf à supposer que Séoul ne veut pas réellement aider son voisin du Nord, en présentant des demandes dans des formes inacceptables pour Pyongyang.

Si Lee Myung-bak souhaite réellement rétablir le dialogue intercoréen, la seule option possible est de mettre en oeuvre un programme global sortant du seul enjeu humanitaire et considérant le Nord comme un partenaire égal, et non comme devant appliquer les directives de Séoul pour accomplir les réformes souhaitées par le Sud. Un accord a été signé lors de la rencontre entre les deux présidents coréens, le 4 octobre 2007 : si Séoul manifestait une volonté concrète de mettre en oeuvre ces projets, comme le rétablissement des liaisons ferroviaires, des progrès seraient certainement possibles sur d'autres dossiers. Et la Corée du Sud ne serait plus obligée, comme aujourd'hui, d'être à la remorque de Washington, à la veille de la reprise des pourparlers multilatéraux sur le nucléaire nord-coréen, le plus vraisemblablement début juin.

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11 mai 2008 7 11 /05 /mai /2008 11:28
Depuis le 10 mai 2008, une délégation de métallurgistes sud-coréens affiliés à la Confédération coréenne des syndicats (Korean Confederation of Trade Unions, KCTU) visite Pyongyang. Ce déplacement d'une durée de cinq jours témoigne de la poursuite de la coopération et des échanges intercoréens à un niveau non-gouvernemental.

Des délégués de l'Union coréenne des métallurgistes (Korean Metal Workers Union, KMWU), organisation affiliée à la Confédération coréenne des syndicats, devaient entrer en Corée du Nord (République populaire démocratique de Corée) samedi pour établir des liens entre les travailleurs des deux Corée.


C'est la première fois que des personnes de la sphère non-gouvernementale visitent le Nord pour un partage d'idées depuis le lancement de l'administration Lee Myung-bak en février.


Le porte-parole du groupe, Ahn Jung-hwan, a déclaré que douze délégués, parmi lesquels le président du syndicat, Jeong Gap-deuk, devaient arriver à Pyongyang dimanche pour rencontrer leurs homologues des travailleurs de la métallurgie au Nord.

Pendant ce voyage de cinq jours, les deux parties discuteront d'un projet du Sud d'aider le Nord à mettre en place un magasin de réparation de voitures. (source : The Korea Times, 10 mai 2008. Traduction par l'AAFC)

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1 avril 2008 2 01 /04 /avril /2008 15:27

Dans son édition du mardi 1er avril 2008, le Rodong Sinmun, quotidien du Parti du travail de Corée (au pouvoir en République populaire démocratique de Corée, RPDC) a dénoncé le régime du président sud-coréen Lee Myung-bak comme formé de "sycophantes des Etats-Unis" faisant preuve d'une "hystérie de confrontation anti-RPDC".

Selon le Rodong Sinmun, "le régime de Lee Myung-bak du Grand parti national qui s'est récemment mis en place en Corée du Sud révèle son esprit de sycophantes des Etats-Unis et sa confrontation avec la République populaire démocratique de Corée (RPDC)", à contre-courant de la tendance "pour la réunification indépendante" de la Corée. 

Cet article critique le lien effectué par l'administration Lee Myung-bak entre la dénucléarisation de la Corée et la poursuite de la coopération économique intercoréenne, en estimant que "la dénucléarisation de la péninsule coréenne n'est pas un sujet entre le Nord et le Sud, mais entre les Etats-Unis et la RPDC et une question internationale qui implique la Corée du Sud. C'est la raison pour laquelle les pourparlers à six ont été tenus."

Les déclarations du président Lee Myung-bak sur "l'ouverture économique" et les "droits de l'homme" en Corée du Nord sont mises en cause comme contraires au principe de non-ingérence de chacun des deux Etats coréens dans les affaires internes de son voisin. Ce principe de non-ingérence figure dans la
déclaration Nord-Sud du 15 juin 2000, base actuelle des relations intercoréennes.

Le Rodong Sinmun déclare enfin que "la RPDC pourra vivre aussi bien qu'elle le souhaite sans aide du Sud comme elle l'a fait dans le passé", ne voulant pas de la "mendicité" du Sud. La quotidien rappelle que président Lee s'est prononcé pour que "la Corée du Sud augmente le revenu par habitant de la Corée du Nord à 3.000 dollars dans un délai de dix ans" si elle "abandonne ses armes nucléaires et s'ouvre au monde".

Sans viser les Sud-Coréens, mais le "régime de Lee Myung-bak", le Rodong Sinmun met en garde le chef de l'Etat sud-coréen contre le risque de "conséquences catastrophiques irrévocables" d'un "gel des relations intercoréennes" en cas de maintien de la politique d'alignement sur les Etats-Unis et de confrontation avec le Nord. (source : KCNA)

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10 février 2008 7 10 /02 /février /2008 11:43

Cor-eUnie-copie-1.pngAprès l'élection du conservateur Lee Myung-bak à la présidence de la République en Corée du Sud, le 19 décembre dernier, le maintien ou non du ministère de la Réunification a été au coeur des débats politiques entre la majorité et l'opposition. Un accord a finalement été signé pour la maintien de ce département ministériel spécialisé dans les relations intercoréennes.

L'élection du principal candidat d'opposition Lee Myung-bak (Grand parti national, GPN, conservateur) à la présidence de la République en Corée du Sud, le 19 décembre 2007, a soulevé des interrogations sur la poursuite de la politique de rapprochement intercoréen initiée par ses prédécesseurs, Kim Dae-jung et Roh Moo-hyun.

L'annonce par le président Lee de la suppression du ministère de la Réunification, dans le cadre d'un plan plus large de réformes administratives, avait ainsi été vivement contestée par le Nouveau parti démocratique unifié (NPDU), proche de l'ancien président Roh. Alors qu'il constitue depuis 39 ans un département ministériel spécialisé dans les relations intercoréennes, le ministère de la Réunification aurait été intégré au ministère des Affaires étrangères. 

Une telle décision aurait signifié que la Corée du Nord est un pays étranger parmi d'autres pour la nouvelle équipe dirigeante en Corée du Sud. Au contraire, le rapprochement intercoréen s'est fondé sur le principe que la Corée du Sud et la Corée du Nord sont deux parties d'un même pays divisé. Symbole de la priorité accordée à la réunification de la nation coréenne, le ministère de la Réunification a également joué un rôle essentiel pour coordonner les politiques de coopération intercoréennes. 

Le mois dernier, l'administration Lee avait déposé un projet de loi sur le bureau de l'Assemblée nationale tendant à supprimer le ministère de la Réunification. Face aux protestations des députés du NPDU, un accord a finalement été trouvé entre les parlementaires du GPN et du NPDU pour maintenir le ministère de la Réunification.

L'entrée prochaine en fonctions du président Lee Myung-bak, le 25 février, puis les résultats des élections législatives sud-coréennes en avril, sont toutefois de nature à changer la donne politique. Les débats sur l'avenir du ministère de la réunification sont loin d'être clos : ils expriment la volonté du président Lee d'une rupture ou d'une continuité dans la politique intercoréenne.

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