Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
14 mai 2008 3 14 /05 /mai /2008 10:23

Elu président de la Corée du Sud le 19 décembre 2007, sur une ligne de rupture avec la politique de ses prédécesseurs selon lui trop favorable à Pyongyang, le conservateur Lee Myung-bak cherche manifestement les voies du rétablissement d'un dialogue avec le Nord. Mais les premiers signes d'infléchissement ne signifient pas encore une évolution de la position sud-coréenne, et encore moins le rétablissement de la confiance dans les relations d'Etat à Etat.

Pour le président (conservateur) sud-coréen Lee Myung-bak, élu le 19 décembre 2007, les relations intercoréennes doivent être fondées sur un principe de réciprocité : l' "aide" qu'entend apporter le Sud au redressement économique du Nord serait conditionnée par l'approfondissement de la politique d'ouverture économique.

Ainsi posés, les termes du plan "Vision 3.000" (car visant à porter à 3.000 dollars par habitant le produit intérieur brut de la République populaire démocratique de Corée, RPDC) étaient difficilement acceptables pour Pyongyang : ils signifiaient une ingérence du Sud dans la politique intérieure du Nord et introduisaient le principe d'une conditionnalité fondée sur la notion misérabiliste d'une assistance du Sud au Nord.

Après une période d'attentisme de plus de trois mois, le Nord a dénoncé en Lee Myung-bak un "traître" et un "sycophante" des Etats-Unis.

De fait, après la visite exceptionnelle de Lee Myung-bak aux Etats-Unis, rien n'indique un changement de cap dans la politique de la Corée du Sud vis-à-vis du Nord. Cependant, l'administration Lee Myung-bak cherche apparemment les voies du rétablissement d'un dialogue :

- à la suite des Etats-Unis qui devraient livrer 500.000 tonnes de céréales à la RPD de Corée, dans des conditions encore à préciser, Séoul envisagerait une reprise des livraisons alimentaires au Nord, sous réserve que la RPDC formule une telle demande ;

- une assistance médicale a également été proposée, suite à l'apparition d'une épidémie de malaria au Nord, conséquence de la fragilisation de la situation sanitaire après les très graves inondations d'août-septembre ;

- la visite d'une délégation de métallurgistes sud-coréens à Pyongyang témoigne de la poursuite de la coopération non gouvernementale, alors que la dialogue intercoréen au niveau gouvernemental n'a jamais été rompu.

Par ailleurs, si Lee Myung-bak a poursuivi sa récente visite à Washington par un déplacement au Japon où il a invité l'empereur du Japon à venir en Corée tout en éludant le sujet de la brutale colonisation japonaise de la Corée de 1910 à 1945, son prochain déplacement en Chine pendant quatre jours, fin mai 2008, peut attester d'un début de rééquilibrage par rapport à l'axe Séoul-Washington-Tokyo privilégié dès son investiture.

Mais la RPDC a précisé vouloir atteindre l'autosuffisance alimentaire en comptant sur ses propres forces : dans ce contexte, les geste humanitaires de Séoul apparaissent condescendants... sauf à supposer que Séoul ne veut pas réellement aider son voisin du Nord, en présentant des demandes dans des formes inacceptables pour Pyongyang.

Si Lee Myung-bak souhaite réellement rétablir le dialogue intercoréen, la seule option possible est de mettre en oeuvre un programme global sortant du seul enjeu humanitaire et considérant le Nord comme un partenaire égal, et non comme devant appliquer les directives de Séoul pour accomplir les réformes souhaitées par le Sud. Un accord a été signé lors de la rencontre entre les deux présidents coréens, le 4 octobre 2007 : si Séoul manifestait une volonté concrète de mettre en oeuvre ces projets, comme le rétablissement des liaisons ferroviaires, des progrès seraient certainement possibles sur d'autres dossiers. Et la Corée du Sud ne serait plus obligée, comme aujourd'hui, d'être à la remorque de Washington, à la veille de la reprise des pourparlers multilatéraux sur le nucléaire nord-coréen, le plus vraisemblablement début juin.

Partager cet article
Repost0
11 mai 2008 7 11 /05 /mai /2008 11:28
Depuis le 10 mai 2008, une délégation de métallurgistes sud-coréens affiliés à la Confédération coréenne des syndicats (Korean Confederation of Trade Unions, KCTU) visite Pyongyang. Ce déplacement d'une durée de cinq jours témoigne de la poursuite de la coopération et des échanges intercoréens à un niveau non-gouvernemental.

Des délégués de l'Union coréenne des métallurgistes (Korean Metal Workers Union, KMWU), organisation affiliée à la Confédération coréenne des syndicats, devaient entrer en Corée du Nord (République populaire démocratique de Corée) samedi pour établir des liens entre les travailleurs des deux Corée.


C'est la première fois que des personnes de la sphère non-gouvernementale visitent le Nord pour un partage d'idées depuis le lancement de l'administration Lee Myung-bak en février.


Le porte-parole du groupe, Ahn Jung-hwan, a déclaré que douze délégués, parmi lesquels le président du syndicat, Jeong Gap-deuk, devaient arriver à Pyongyang dimanche pour rencontrer leurs homologues des travailleurs de la métallurgie au Nord.

Pendant ce voyage de cinq jours, les deux parties discuteront d'un projet du Sud d'aider le Nord à mettre en place un magasin de réparation de voitures. (source : The Korea Times, 10 mai 2008. Traduction par l'AAFC)

Partager cet article
Repost0
1 avril 2008 2 01 /04 /avril /2008 15:27

Dans son édition du mardi 1er avril 2008, le Rodong Sinmun, quotidien du Parti du travail de Corée (au pouvoir en République populaire démocratique de Corée, RPDC) a dénoncé le régime du président sud-coréen Lee Myung-bak comme formé de "sycophantes des Etats-Unis" faisant preuve d'une "hystérie de confrontation anti-RPDC".

Selon le Rodong Sinmun, "le régime de Lee Myung-bak du Grand parti national qui s'est récemment mis en place en Corée du Sud révèle son esprit de sycophantes des Etats-Unis et sa confrontation avec la République populaire démocratique de Corée (RPDC)", à contre-courant de la tendance "pour la réunification indépendante" de la Corée. 

Cet article critique le lien effectué par l'administration Lee Myung-bak entre la dénucléarisation de la Corée et la poursuite de la coopération économique intercoréenne, en estimant que "la dénucléarisation de la péninsule coréenne n'est pas un sujet entre le Nord et le Sud, mais entre les Etats-Unis et la RPDC et une question internationale qui implique la Corée du Sud. C'est la raison pour laquelle les pourparlers à six ont été tenus."

Les déclarations du président Lee Myung-bak sur "l'ouverture économique" et les "droits de l'homme" en Corée du Nord sont mises en cause comme contraires au principe de non-ingérence de chacun des deux Etats coréens dans les affaires internes de son voisin. Ce principe de non-ingérence figure dans la
déclaration Nord-Sud du 15 juin 2000, base actuelle des relations intercoréennes.

Le Rodong Sinmun déclare enfin que "la RPDC pourra vivre aussi bien qu'elle le souhaite sans aide du Sud comme elle l'a fait dans le passé", ne voulant pas de la "mendicité" du Sud. La quotidien rappelle que président Lee s'est prononcé pour que "la Corée du Sud augmente le revenu par habitant de la Corée du Nord à 3.000 dollars dans un délai de dix ans" si elle "abandonne ses armes nucléaires et s'ouvre au monde".

Sans viser les Sud-Coréens, mais le "régime de Lee Myung-bak", le Rodong Sinmun met en garde le chef de l'Etat sud-coréen contre le risque de "conséquences catastrophiques irrévocables" d'un "gel des relations intercoréennes" en cas de maintien de la politique d'alignement sur les Etats-Unis et de confrontation avec le Nord. (source : KCNA)

Partager cet article
Repost0
10 février 2008 7 10 /02 /février /2008 11:43

Cor-eUnie-copie-1.pngAprès l'élection du conservateur Lee Myung-bak à la présidence de la République en Corée du Sud, le 19 décembre dernier, le maintien ou non du ministère de la Réunification a été au coeur des débats politiques entre la majorité et l'opposition. Un accord a finalement été signé pour la maintien de ce département ministériel spécialisé dans les relations intercoréennes.

L'élection du principal candidat d'opposition Lee Myung-bak (Grand parti national, GPN, conservateur) à la présidence de la République en Corée du Sud, le 19 décembre 2007, a soulevé des interrogations sur la poursuite de la politique de rapprochement intercoréen initiée par ses prédécesseurs, Kim Dae-jung et Roh Moo-hyun.

L'annonce par le président Lee de la suppression du ministère de la Réunification, dans le cadre d'un plan plus large de réformes administratives, avait ainsi été vivement contestée par le Nouveau parti démocratique unifié (NPDU), proche de l'ancien président Roh. Alors qu'il constitue depuis 39 ans un département ministériel spécialisé dans les relations intercoréennes, le ministère de la Réunification aurait été intégré au ministère des Affaires étrangères. 

Une telle décision aurait signifié que la Corée du Nord est un pays étranger parmi d'autres pour la nouvelle équipe dirigeante en Corée du Sud. Au contraire, le rapprochement intercoréen s'est fondé sur le principe que la Corée du Sud et la Corée du Nord sont deux parties d'un même pays divisé. Symbole de la priorité accordée à la réunification de la nation coréenne, le ministère de la Réunification a également joué un rôle essentiel pour coordonner les politiques de coopération intercoréennes. 

Le mois dernier, l'administration Lee avait déposé un projet de loi sur le bureau de l'Assemblée nationale tendant à supprimer le ministère de la Réunification. Face aux protestations des députés du NPDU, un accord a finalement été trouvé entre les parlementaires du GPN et du NPDU pour maintenir le ministère de la Réunification.

L'entrée prochaine en fonctions du président Lee Myung-bak, le 25 février, puis les résultats des élections législatives sud-coréennes en avril, sont toutefois de nature à changer la donne politique. Les débats sur l'avenir du ministère de la réunification sont loin d'être clos : ils expriment la volonté du président Lee d'une rupture ou d'une continuité dans la politique intercoréenne.

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Association d'amitié franco-coréenne
  • : Soutenir une réunification indépendante et pacifique de la Corée, conformément à l'aspiration légitime du peuple coréen et dans l’intérêt de la sécurité et de la paix dans le monde
  • Contact

Recherche

D'où venez-vous?