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8 mars 2009 7 08 /03 /mars /2009 17:26

Le 27 février 2009, le ministre sud-coréen de la Réunification a refusé la visite au Nord de trois délégués du Comité pour la mise en oeuvre de la déclaration conjointe du 15 juin. Une décision qui s'inscrit dans une politique claire de limitation des échanges intercoréens de personnes du gouvernement Lee Myung-bak et de son nouveau ministre "de la Réunification", Hyun In-taek.

Opposé à la politique du rayon de soleil qui a permis de traduire en actes concrets le dialogue intercoréen il y a déjà plus de dix ans, le nouveau ministre "de la Réunification" de Lee Myung-bak, Hyun In-taek, entré en fonctions le 12 février 2009, n'a pas tardé à imprimer sa marque dans la remise en cause d'un des fondements des relations Nord-Sud : les échanges de personnes. 

Le 27 février, le ministère de la Réunification a en effet refusé la visite au Nord d'une délégation de trois personnes du Comité sud-coréen pour la mise en oeuvre de la déclaration du 15 juin, dont le président de la section des jeunes et des étudiants. Il s'agissait d'une traditionnelle rencontre de travail annuelle. La fédération des conseils universitaires d'étudiants a dénoncé cette décision, dans un communiqué publié le 2 mars. L'AAFC se joint pleinement à ces protestations.

Cette décision illustre la duplicité du discours des autorités sud-coréennes : tout en se prétendant attachées aux droits de l'homme, elles remettent en cause un principe fondamental : la liberté de circulation. Plus encore, alors que la séparation de millions de familles, du fait d'une division imposée aux Coréens par les grandes puissances il y a plus de soixante ans, constitue le problème humain le plus urgent à résoudre dans la péninsule coréenne, le gouvernement Lee Myung-bak conduit une politique de négation du droit humain à vivre ensemble. En visant les échanges intercoréens de personnes, les autorités sud-coréennes sapent les bases d'une réunification de la Corée : celle-ci ne peut se fonder que sur une meilleure compréhension réciproque, par des échanges toujours plus nombreux entre Sud et Nord-Coréens.

Il ne s'agit pas d'une question politique, mais de répondre aux aspirations profondes des Coréens du Sud, du Nord et de la diaspora, qui forment un seul peuple, une seule communauté au-delà des différences de systèmes économique, social et politique, ainsi que le proclame le troisième point de la déclaration commune Nord-Sud du 15 juin 2000, en affirmant la volonté "
d'échanger des groupes de visite de familles et de proches dispersés et de résoudre au plus tôt le problème des anciens prisonniers de guerre non convertis et d'autres problèmes humanitaires."

La décision ayant visé le Comité sud-coréen pour la mise en oeuvre de la déclaration du 15 juin n'est pas isolée. De fait, les statistiques du ministère sud-coréen de la Réunification traduisent un net repli des échanges intercoréens de personnes en 2008 :

- après la décision du Sud de suspendre les visites dans les monts Keumgang, en juillet dernier, ceux-ci ont atteint 199.966 sur l'ensemble de l'année 2008 (contre 345.006 en 2007), soit le niveau le plus bas depuis 2003 ; cette baisse n'a pas été compensée par la hausse du tourisme intercoréen à Kaesong (103.122 en 2008), qui n'a commencé qu'en fin d'année 2007, à l'initiative du précédent gouvernement (démocrate) de Roh Moo-hyun ;

- les réunions de familles séparées, qui ont cessé en 2008 au niveau intergouvernemental, sont restées à un niveau très faible s'agissant des initiatives du secteur privé.

- la seule évolution favorable concerne les échanges globaux de personnes : 186.775 en 2008 (contre 159.214 en 2007), sous la seule réserve - de taille - que les visites de Nord-Coréens au Sud ont été divisés par trois (de 1.044 à 332).

Non seulement Lee Myung-bak refuse politiquement le dialogue intercoréen, mais il mène une politique de négation des droits humains qui ne peut que déchirer le coeur de tout militant progressiste, sincèrement attaché à la réunification. (Sources : AAFC,
KCNA, ministère sud-coréen de la Réunification)


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26 février 2009 4 26 /02 /février /2009 00:01

Après son audition par l'Assemblée nationale sud-coréenne le 9 février 2009, le nouveau ministre de la Réunification, Hyun In-taek, a pris ses fonctions le 12 février. Cet ancien professeur d’université âgé de 55 ans avait été nommé par le président Lee Myung-bak le 19 janvier. L'arrivée de Hyun à la tête du ministère en charge des relations intercoréennes provoque des réactions mitigées en Corée du Sud : sa qualité d’expert des questions internationales et sa proximité avec le président créent une certaine excitation, mais ses idées conservatrices et le fait qu’il accorde davantage de valeur à l’alliance entre la Corée du Sud et les Etats-Unis qu’aux relations intercoréennes suscitent de l’inquiétude. Personnalité controversée, Hyun a surtout réussi à réunir les critiques contre lui.

Le porte-parole de la présidence sud-coréenne a expliqué le choix du professeur Hyun In-taek comme ministre de la Réunification par le " rôle moteur " qu'il a joué dans la conception du plan " Vision 3.000 : dénucléarisation et ouverture ". Ce plan, au coeur de la politique nord-coréenne suivie par le président Lee Myung-bak, veut porter le revenu nord-coréen par habitant à 3.000 dollars en dix ans en échange de la dénucléarisation de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Pour la RPDC, le plan " Vision 3.000 " constitue une ingérence insupportable dans ses affaires intérieures, en contravention avec l’esprit des déclarations intercoréennes du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007. Même si Hyun nie aujourd'hui être l'architecte de " Vision 3.000 ", la politique du président Lee vis-à-vis de la Corée du Nord risque donc de rester la même et rien ne devrait être entrepris pour améliorer les relations intercoréennes et résoudre le différend actuel entre les deux Corée.

Au ministère de la Réunification, Hyun In-taek apparaît comme la mauvaise personne au mauvais endroit. C'est d'abord un " faucon " qui a soutenu la désignation de la Corée du Nord comme " principal ennemi " par le ministère de la Défense. Ensuite, il méconnaît les relations intercoréennes. La thèse de doctorat de Hyun était ainsi consacrée au partage des dépenses militaires entre la Corée du Sud et les Etats-Unis et il a seulement mené ses recherches dans le domaine de la sécurité nationale et de la politique internationale. Les deux principales faiblesses de Hyun à la tête du ministère de la Réunification sont donc son manque de compréhension du caractère unique des relations intercoréennes et son absence d'expertise sur la Corée du Nord. Pour un expert de la Corée du Nord cité par le quotidien sud-coréen Hankyoreh, " concevoir le plan 'Vision 3.000 : dénucléarisation et ouverture' était possible " pour Hyun car " il n'était pas familier avec la Corée du Nord et voit le Nord comme un problème diplomatique. "


Durant la campagne présidentielle de 2007, Hyun In-taek était le conseiller pour la politique étrangère du candidat Lee Myung-bak. En tant que spécialiste de politique internationale, Hyun a souvent été pressenti pour devenir le principal conseiller diplomatique du président, ou même ministre des Affaires étrangères. C'est d'ailleurs sur les conseils de Hyun – ce qu'il nie également aujourd'hui – que Lee Myung-bak avait envisagé de supprimer le ministère de la Réunification dès son élection. Les relations intercoréennes auraient alors été du ressort des Affaires étrangères. En effet, pour Hyun In-taek, " la question intercoréenne devrait être envisagée sous plusieurs angles parce que ce n'est pas seulement une question Nord-Sud mais aussi une question internationale... " Devant le tollé provoqué par ce projet, le président Lee avait dû reculer et maintenir un ministère de la Réunification mais la nomination de Hyun indique qu'il n’a pas totalement renoncé à faire des relations intercoréennes un sujet de politique étrangère. 

L'arrivée d’un " élément anti-réunification " à la tête du ministère en charge des affaires intercoréennes n'a fait que précipiter la décision de la RPDC de mettre fin, le 30 janvier 2009, à tous les accords visant à réduire les tensions politiques et militaires dans la péninsule coréenne. Dès le 25 janvier 2009, le Minju Joson, organe du gouvernement nord-coréen cité par l’agence officielle KCNA, n'avait pas de mots assez durs pour condamner la nomination de Hyun In-taek :

Lee Myung-bak cherche encore à détériorer les relations intercoréennes cette année en suivant sa ‘politique envers le Nord’, dont le principe central, ‘dénucléarisation, ouverture et 3.000 dollars’, a été condamné par tous les compatriotes.[…] La nomination de Hyun comme ministre de la ‘Réunification’ est ouvertement une provocation qui revient à déclarer que la Corée du Sud continuera à chercher la confrontation avec la RPDC. Lee a l’intention de forcer le Nord à changer d’attitude quant à la mise en œuvre des déclarations intercoréennes. Lee ne veut pas que les relations Nord-Sud s’améliorent, ni la paix, ni la réunification de la nation. Il cherche seulement une escalade supplémentaire de la confrontation entre compatriotes, cette année comme l’an dernier, et à pousser davantage les relations intercoréennes dans l’abysse de la confrontation et de la ruine. Maintenant que Lee a désigné Hyun, auteur de la ‘politique envers le Nord’ poussant les compatriotes à la confrontation, comme ministre de la ‘Réunification’, personne ne peut prédire les conséquences catastrophiques que subiront les relations Nord-Sud. "

Force est de constater que les premières décisions du ministère sud-coréen de la Réunification après la nomination de Hyun In-taek n’augurent rien de bon pour le rapprochement intercoréen. Le quotidien Hankyoreh rapporte ainsi que le 4 février, soit deux semaines seulement après la nomination de Hyun, le Comité Sud pour la réalisation de la déclaration conjointe du 15 juin (6.15 Gongdong Seoneon Silcheon Nam Cheuk Wiwonhoe) a été informé par le ministère du rejet de sa demande – déposée en octobre dernier – de pouvoir échanger des articles de presse avec son organisation homologue du Nord. Cette décision est la première du genre. En effet, le mensuel sud-coréen Minjok 21 échange déjà, depuis 2001, des articles avec l'hebdomadaire nord-coréen Tongil Sinbo, tandis que l'agence de presse sud-coréenne Yonhap News et l'agence nord-coréenne KCNA ont signé en 2006 un " accord de souscription ". Quant au site Internet sud-coréen Tongil News, il échange depuis 2007 des articles avec la Société éditoriale du 15 juin qui gère le site nord-coréen d'information Uri Minjok Kkiri.

En octobre 2008, lors de leur quatrième réunion tenue à Pyongyang, les représentants des organisations de médias du Nord et du Sud ont convenu d’échanger des articles, des photographies et des séquences filmées pour les diffuser sur le site Internet officiel du Comité Sud,
Tongil Eollon et sur le site nord-coréen Uri Minjok Kkiri. Mais prenant cette fois le prétexte d'une " atteinte à la sécurité nationale et à l’ordre public ", le ministère de la Réunification a refusé d’autoriser l'échange. En effet, le ministère craint qu'un échange entre organisations de médias, plutôt qu'entre entreprises de presse individuelles, soit utilisé par le Nord à des fins de propagande.

Le Comité Sud pour la réalisation de la déclaration conjointe du 15 juin n’est pas convaincu par les arguments du ministère. Le projet " n’a jamais été de seulement mettre en ligne des articles du Nord sur Tongil Eollon dès leur réception par courrier électronique ", explique Kim Gyeong-ho, membre du Comité Sud et président de l’Association coréenne des journalistes. " Chaque article est supposé être examiné par le ministère de la Réunification ", dit-il, écartant les inquiétudes concernant la sécurité nationale. " Nous pouvons seulement en conclure qu’en disant non à l’ensemble du programme, ils ont pris une décision politique liée au nom de notre Comité comprenant la mention ‘déclaration conjointe du 15 juin’, alors qu’ils pouvaient facilement approuver ou désapprouver chaque article ", regrette M. Kim. " Nous allons demander au ministère de révéler les raisons exactes et nous avons l’intention de faire appel de cette décision. " Il est difficile de savoir si Hyun In-taek est à l’origine de cette interdiction mais elle correspond en tout cas assez à ce qu’on sait de sa " vision " des relations intercoréennes…

Enfin, déjà fragilisé par ses positions sur les relations intercoréennes, le nouveau ministre de la Réunification doit maintenant faire face à des soupçons de fraude fiscale. Ainsi, au vu des registres de propriété et autres documents soumis au parlement pour la confirmation de sa nomination, le journal Hankyoreh révèle que, en 2006, Hyun a acquis pour 148,5 millions de wons (77.000 euros) un terrain appartenant à une société de taxi dirigée par ses parents dans la ville de Jeju. Différents documents montrent que le père et la mère de Hyun ont démissionné le lendemain de cette vente, les autres principaux postes de l’entreprise étant toujours détenus par des membres de la famille de Hyun In-taek. On a aussi appris qu’un des frères de Hyun avait acquis le même jour un autre terrain appartenant à l’entreprise de leurs parents. Ces deux acquisitions simultanées posent question : le père du ministre a-t-il permis que ses enfants héritent d’actifs de son entreprise sous forme d’achats de terrains ? Les transactions entre membres d’une même famille sont généralement considérées comme un " héritage illégal ", l’impôt sur les sociétés et l’impôt sur le revenu du capital étant bien plus faibles que les droits de succession. En réponse à ces soupçons de fraude, un porte-parole de Hyun In-taek a déclaré qu’il ne s’agissait pas d’une transaction entre membres d’une même famille puisque Hyun aurait acheté le terrain dix jours après le départ de son père, alors que celui-ci avait transmis la gestion et les actifs de son entreprise à une tierce personne. Le nouveau ministre n’a toutefois jusqu'à présent fourni aucun détail sur les motivations de son achat, sur l’origine des fonds ayant servi à la transaction, sur le prix d’achat réel, et sur sa situation fiscale. (sources : Hankyoreh, KCNA)

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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 21:00

Le vendredi 30 janvier 2009, la Commission pour la réunification pacifique de la Corée, à Pyongyang, a dressé le constat que, compte de la nouvelle politique intercoréenne de l'administration Lee Myung-bak,  tous les accords pour réduire les tensions politiques et militaires étaient annulés. Une déclaration intervenue aussi après l'annonce de la nomination de Hyun In-taek, artisan de la ligne de confrontation vis-à-vis du Nord de Lee Myung-bak, au poste de ministre de la réunification à Séoul.

La nouvelle administration néoconservatrice à Séoul veut-elle la réunification ? On peut en douter, au regard de la remise en cause par le président Lee Myung-bak des accords intercoréens du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007, pourtant signés au nom des deux gouvernements.

Dans un communiqué publié le vendredi 30 janvier 2009, la Commission pour la réunification pacifique de la Corée, à Pyongyang, a pris acte de la politique de confrontation de Séoul, en déclarant notamment :

"Les relations intercoréennes ont atteint un niveau d'impasse tel qu'il n'est possible ni de les améliorer, ni d'espérer les remettre sur les rails. La confrontation entre le Nord et le Sud dans les domaines politiques et militaires a été poussée à de telles extrémités que les relations intercoréennes ont atteint le seuil de la guerre."

Observant que la politique de confrontation du Sud avait rendus nuls tous les accord conclus entre le Nord et le Sud, la commission pour la réunification observe ensuite que "dans une telle situation il est évident qu'il n'y a aucune nécessité pour la RPDC de rester liés par ces accords Nord-Sud", en en tirant les conclusions suivantes :

"Tout d'abord, tous les points d'accord pour mettre fin à la confrontation politique et militaire entre le Nord et le Sud sont annulés.

"Ensuite, l'accord [de 1991] sur la réconciliation, la non-agression, la coopération et les échanges entre le Nord et le Sud, et les points concernant la ligne de démarcation militaire dans la Mer de l'Ouest figurant en annexe, sont annulés." 

Des affrontements meurtriers, sur la ligne de démarcation (Northern Limit Line, NLL) de la mer de l'Ouest, sont intervenus au printemps 1999 et au printemps 2002. La NLL a été tracée unilatéralement en mer de l'Ouest par le commandement des Nations Unies, alors sous la houlette des Etats-Unis, à l'issue de la guerre de Corée (1950-1953) et n'a jamais été reconnue par le Nord. On notera que la déclaration vise explicitement les accords conclus dans les domaines politiques et militaires, à l'exclusion des accords économiques, notamment dans la
zone industrielle de Kaesong

Cette déclaration intervient après l'annonce de la nomination de Hyun In-taek, artisan de la ligne de confrontation vis-à-vis du Nord de Lee Myung-bak, au poste de ministre de la réunification à Séoul. (Sources : AAFC et 
KCNA, dépêche du 30 janvier 2009)

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16 janvier 2009 5 16 /01 /janvier /2009 15:05

Du 6 au 9 décembre 2008, s'est tenu à Paris le forum de politique internationale Paris21, à l'initiative de plusieurs organisations progressistes sud-coréennes, dont la section parisienne du comité européen du Parti démocratique du travail et l'Institut de recherches coréennes du 21ème siècle. L'AAFC a été invitée à intervenir les 7 et 8 décembre. Nous publions ci-après l'intervention prononcée le 7 décembre par Benoît Quennedey, secrétaire général de l'AAFC, sur la réunification de la Corée et le rôle joué par l'AAFC en tant qu'organisation d'amitié et de solidarité entre les peuples français et coréen.

Soixante ans après la fondation des Etats rivaux de la République de Corée (au Sud) et de la République populaire démocratique de Corée (au Nord), et dix-sept ans après la fin de la guerre froide, la persistance de la division de la Corée apparaît aujourd’hui comme un anachronisme.

 

En effet, le processus de division de la Corée après la Libération de l’occupation japonaise a été largement le fait des grandes puissances, et non du peuple coréen qui aspirait à conserver une unité politique ancienne de treize siècles. Les forces d’occupation américaines, au Sud, ont joué un rôle essentiel dans l’échec des discussions de la commission soviéto – américaine après 1945, pour rechercher une solution politique de compromis avec les Soviétiques, présents au Nord de la péninsule. Les Américains ont également appuyé Syngman Rhee dans sa prise de pouvoir autoritaire, pour laquelle il n’a pas hésité à s’appuyer sur les anciens collaborateurs des colonisateurs japonais : le premier acte de la division de la Corée a été la proclamation à Séoul de la République de Corée, le 15 août 1948, à l’issue d’élections séparées tenues dans la seule partie Sud de la péninsule, et boycottées par la plupart des partis d’opposition, de la gauche à la droite nationaliste.

 

L’antagonisme Est-Ouest disparu, n’était-il donc pas légitime d’espérer un processus rapide de réunification de la Corée ? Le peuple coréen partage une histoire, une langue et une culture communes plurimillénaire, au-delà des différences de systèmes politique, économique et social. Tout Européen ayant des contacts à la fois avec des  Sud et  des Nord-Coréens ne peut que confirmer sa surprise d’observer chez tous les Coréens les mêmes comportements, les mêmes réactions, la même aspiration à la réunification de leur patrie.

 

La division a perduré car elle s’est institutionnalisée, nourrie pendant des décennies par des relations de méfiance et d’hostilité, alimentées par l’effroyable guerre civile et internationale qu’a été la guerre de Corée. On ne surmonte pas aisément la peur de l’autre, surtout dans un pays marqué par une importance toute particulière pour les réseaux de solidarité régionaux, sociaux et familiaux. Quels que soient aujourd’hui les progrès sur le chemin de la réunification et de la compréhension mutuelle, il ne faut pas oublier que des millions de familles divisées sont sans nouvelles de leurs proches restés de l’ « autre côté », que les Coréens du Nord et du Sud ne peuvent pas se déplacer sans autorisation dans l’autre partie de la péninsule, ni même communiquer entre eux. En Corée du Sud, la loi de sécurité nationale punit pénalement de tels actes. Par ailleurs, la conduite régulière d’exercices militaires conjoints avec les Américains dans le Sud, où stationnent toujours près de 30.000 G.I., est une pomme de discorde persistante dans les relations intercoréennes.

 

Dans cet exposé liminaire aux travaux de notre atelier de travail, je souhaiterais simplement rappeler brièvement

 

(1)  les bases juridiques des échanges entre le Nord et le Sud, ainsi que les résultats déjà obtenus ;

(2)  la situation actuelle des relations intercoréennes après l’élection de Lee Myung-bak en Corée du Sud ;

(3)  le rôle que peuvent jouer les organisations progressistes, comme l’AAFC, pour encourager la réunification de leur patrie par les Coréens eux-mêmes.

 

I.          Indépendance, paix, grande union nationale : trois principes fondateurs des relations intercoréennes vers la réunification

 

A – Des principes communs

 

Le premier communiqué commun Nord-Sud a été signé dix-neuf ans après l’armistice marquant la fin de la guerre de Corée, le 4 juillet 1972. Bien que le programme qu’il prévoyait n’ait alors pas pu être mis en œuvre, il a défini les principes qui restent, jusqu’à nos jours, la pierre angulaire des relations intercoréennes, en vue de la réunification de la péninsule :

 

-    le principe d’indépendance : la réunification doit être l’œuvre des Coréens eux-mêmes, sans ingérence extérieure d’un autre pays ou d’une organisation internationale ;

-     le principe de paix : la réunification doit être réalisée de manière pacifique, sans recours aux armes ;

-     la grande union nationale : chacun des deux Etats s’engage à respecter les différences de systèmes politique, économique et social de l’autre partie.

 

Après la rupture du dialogue intercoréen suite à l’interruption des travaux du Comité de coordination Nord-Sud, dès juin 1973, il faudra attendre quinze ans pour une reprise des échanges, d’abord informels, à la fin de l’année 1988. La percée opérée en 1972 s’expliquait en effet largement par le besoin du général Park Chung-hee, président du Sud, d’affermir son pouvoir, avant un nouveau tournant autoritaire marqué par la proclamation de la Constitution « Yusin » en octobre 1972 et l’enlèvement par les services sud-coréens de l’opposant Kim Dae-jung durant l’été 1973.

 

En 1990, les « Pourparlers de haut niveau entre le Nord et le Sud de la Corée », tenus au niveau des Premiers ministres, conduisent à l’Accord de base intercoréen en 1991 et à la reconnaissance réciproque des deux Corée, qui font leur entrée aux Nations-Unies. Les principes posés en 1972 sont réaffirmés et précisés, en particulier la non-ingérence dans les affaires de l’autre partie.

 

L’alternance politique au Sud, après l’élection à la présidence de la République des candidats démocrates Kim Dae-jung (1997-2002) et Roh Moo-hyun (2002-2007), crée un climat favorable à l’approfondissement du dialogue intercoréen. La première rencontre au plus haut niveau entre les dirigeants du Nord, Kim Jong-il, et du Sud, Kim Dae-jung, se tient à Pyongyang, du 13 au 15 juin 2000. La déclaration commune du 15 juin 2000 conduit à un ensemble de projets concrets :

 

-    les échanges de personnes, y compris les réunions de familles séparées par la division ;

-    le développement des échanges économique, culturel, sportif et environnemental, de nature à créer des relations de « confiance mutuelle » ; 

-    l’institutionnalisation du dialogue intergouvernemental. 
   

La seconde rencontre au sommet Nord-Sud s’est tenue à Pyongyang, du 2 au 4 octobre 2007, entre le président Roh Moo-hyun et le dirigeant Kim Jong-il, président de la commission de la défense nationale de la RPD de Corée. La déclaration commune du 4 octobre 2007 prévoit des efforts conjoints de chaque partie pour inciter les autres protagonistes de la guerre de Corée (en premier lieu, les Etats-Unis et la Chine) à remplacer le régime d’armistice de 1953 par un traité de paix permanent. Par ailleurs, de nouveaux projets de coopération sont lancés dès la fin de l’année 2007 : l’ouverture au tourisme intercoréen de la ville de Kaesong, au Nord, et le rétablissement des liaisons ferroviaires intercoréennes.

 

B – Des politiques nationales différentes au Nord et au Sud

 

Les progrès du dialogue intercoréen depuis 1998 ont été rendus possibles par la mise en œuvre de mesures qui répondent à l’intérêt de tout le peuple coréen, malgré les projets différents des gouvernements sud et nord-coréens.

 

En Corée du Sud, les présidents démocrates Kim Dae-jung et Roh Moo-hyun ont défini la politique du « rayon de soleil » (Sunshine policy), souvent comparée à l’Ostpolitik de Willy Brandt. Les Coréens du Nord, du Sud et de la diaspora forment une seule communauté ayant des intérêts communs. Dans cette perspective, il s’agit de développer des projets mutuellement avantageux, comme l’encouragement à un progrès économique commun. Cette approche a été théorisée et mise en œuvre alors que la Corée du Sud venait d’être ébranlée par la crise financière de 1997.

 

Pour prendre un exemple très concret, les entreprises sud-coréennes sont intéressées par des investissements au Nord, car elles peuvent ainsi bénéficier d’une main-d’œuvre hautement qualifiée et moins coûteuse qu’au Sud, à quelques dizaines de kilomètres de Séoul. Pour sa part, le Nord acquiert des devises et développe des projets industriels de modernisation. A cet égard, il faut prendre en compte la situation économique de la Corée du Nord difficile depuis 1990, après la disparition des liens économiques privilégiés avec l’URSS et les démocraties populaires, et suite aux catastrophes climatiques (sécheresse et inondations entre 1994 et 1998, inondations de 2007) qui ont entraîné de graves pénuries alimentaires.

 

Dans cette perspective de dialogue, les autorités sud-coréennes s’efforcent d’éviter les sujets de confrontation – conformément au principe de non-ingérence dans la politique intérieure du Nord – pour mener des projets communs et réduire ainsi  progressivement les différences économiques, politiques et culturelles entre les deux Corée. Cette politique est notamment inspirée du précédent allemand, plus perçu comme un repoussoir que comme un modèle à suivre : la « réunification » allemande a été en fait une absorption de la République démocratique allemande par la République fédérale d’Allemagne, qui n’a pas comblé l’écart culturel entre les deux anciens Etats, tandis qu’une partie de l’opinion ouest-allemande a eu le sentiment de devoir payer un prix élevé pour la réunification.

 

En Corée du Nord, le Président Kim Il-sung et le Parti du travail de Corée ont appelé, dès 1948 puis à nouveau en 1950, à la formation d’un organe législatif unique, puis ont proposé en 1954 et 1958 de développer les échanges intercoréens et de permettre la liberté de circulation à travers l’ensemble du pays. Ces propositions ont été formalisées dans le projet de République (con)fédérale démocratique de Koryo (RFDK), lors du VIème Congrès du Parti du Travail de Corée, en octobre 1980 :

 

-     un comité permanent fédéral dirigeant l’Etat fédéral et devant conduire des projets communs au Nord et au Sud ;

-     une seule assemblée (formée à parité de représentants du Nord et du Sud, ainsi que de représentants des Coréens d’outre-mer) ;

-     une seule armée, réduite à 100.000 hommes.

 

La RFDK serait un Etat neutre, indépendant des blocs politiques et militaires (ce qui suppose le retrait des troupes américaines du Sud), respectant l’autonomie des gouvernements régionaux du Nord et du Sud.

 

Les déclarations communes du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007 sont compatibles tant avec les principes de la communauté, définie par le Sud, que de la confédération, proposée par le Nord, en retenant le noyau commun de ces deux propositions : le développement de politiques concrètes intercoréennes. De même, les comités conjoints – représentant en nombre égal le Nord et le Sud – respectent le principe de parité défini dans le projet de RFDK. La parité Nord-Sud semble toutefois plus difficile à accepter pour la Corée du Sud si elle devait s’appliquer à des organes communs de représentation, comme une assemblée délibérante, au regard  des différences de population entre le Sud (49 millions d’habitants) et le Nord (23 millions d’habitants), non compris les Coréens de la diaspora (dont le nombre peut être estimé à au moins 5 millions).

 

C – L’essor des relations intercoréennes depuis 1998

 

L’essor spectaculaire des relations intercoréennes depuis 1998 a atteint un niveau tel qu’il est aujourd’hui difficile d’envisager un retour à la situation antérieure, marquée par la quasi-absence de relations entre les deux pays :

 

-     s’agissant des visites entre les deux Etats, outre la réunion de plusieurs milliers de familles séparées, près de 2 millions de Sud-Coréens ont visité les montagnes de Diamant (monts Kumgang), au Nord, depuis 1998 ; par ailleurs, en moins d’un an, plus de 100.000 Sud-Coréens ont déjà visité Kaesong, l’ancienne capitale du royaume de Goryo (918-1392), située en RPD de Corée depuis la fin de la guerre de Corée ; ces deux projets touristiques sont menés dans le cadre de partenariats entre la RPD de Corée et Hyundai Asan, filiale du conglomérat sud-coréen Hyundai ;

-     au plan économique, la Corée du Sud est devenue, avec la Chine, un des deux principaux partenaires économiques de la Corée du Nord, tant en termes d’investissements (la zone industrielle de Kaesong emploie 30.000 ouvriers nord-coréens dans des usines sud-coréennes) que d’échanges commerciaux (1,8 milliard de dollars en 2007) ;

-     le rétablissement, pour la première fois depuis 1951, d’une liaison intercoréenne régulière pour le fret, depuis décembre 2007, ne fait plus des Sud-Coréens des « insulaires », selon le terme qu’ils utilisent eux-mêmes pour parler de l’étranger (« l’outre-mer ») : en cas de raccordement des réseaux russe, chinois et nord-coréen, la ligne ferroviaire Pusan-Marseille serait la plus longue au monde.

 

Les deux Corée ont mis en place des instances communes de dialogue intergouvernemental. C’est sous le drapeau de la Corée unifiée, représentant la carte de la Corée en bleu sur un fond blanc, que les équipes du Nord et du Sud ont défilé ensemble aux Jeux olympiques de 2000 et de 2004 (mais pas de 2008). Enfin, les pourparlers entre responsables militaires ont nettement réduit les tensions le long de la zone démilitarisée, la consolidation de la paix étant probablement un des acquis les plus durables du dialogue intercoréen.

 

Dans le domaine de la protection de l’environnement, la faune et la flore ont été préservées dans la zone démilitarisée, située à la frontière des deux Etats intercoréens, où stationnent les troupes de RPDC au Nord, sud-coréennes et américaines, au Sud. Lorsque les tensions militaires auront disparu, la création d’un espace naturel permettrait de continuer à protéger les espaces animales et végétales.

 

II.         La politique du président sud-coréen Lee Myung-bak : blocage durable ou provisoire dans le rapprochement intercoréen ?

 

A – De multiples points de blocage

 

L’élection du conservateur Lee Myung-bak à la présidence de la République en Corée du Sud, le 19 décembre 2007, a tout d’abord ouvert une période d’attentisme au Nord : quelle allait être la politique nord-coréenne du président Lee ? Ce dernier, tout en disant vouloir poursuivre le dialogue intercoréen, avait critiqué ses prédécesseurs pour ce qui était, selon lui, une politique de concessions sans contreparties envers le Nord.

 

Sa principale proposition était contenue dans le « Plan 3.000 » : la Corée du Sud aurait encouragé les transferts financiers et les investissements au Nord dont le produit intérieur brut aurait été porté, à moyen terme, à 3.000 dollars par an, en contrepartie, notamment, d’une accélération des réformes économiques engagées par Pyongyang depuis 2002.

 

Dans le même temps, l’administration Lee Myung-bak a resserré les liens avec les administrations américaine et japonaise.

 

Dans un éditorial du Rodong Sinmun, journal du Parti du travail de Corée, en date du 1er avril 2008, Pyongyang a mis en cause le « Plan 3.000 » comme une ingérence dans ses affaires intérieures, contraire aux principes du dialogue intercoréen, et a, plus fondamentalement, dénoncé ce qu’elle a considéré comme une politique d’aumône et d’assistance. De fait, le succès des échanges intercoréens a été fondé sur la conduite de politiques mutuellement avantageuses : tout en mettant en doute les avantages pour le Sud de la « politique du rayon de soleil », Lee Myung-bak semble vouloir modifier radicalement les rapports Nord-Sud, en cherchant à peser sur les orientations prises à Pyongyang par la promesse de transferts financiers. Une telle position est évidemment inacceptable pour la RPD de Corée. L’opposition sud-coréenne s’est faite fort de rappeler que les acquis du dialogue intercoréen se trouvaient ainsi gravement menacés.

 

Dans ce contexte, la mort d’une touriste sud-coréenne dans les monts Kumgang, tuée par un soldat nord-coréen, le 11 juillet 2008, après avoir pénétré dans une zone militaire, a entraîné la suspension des circuits touristiques intercoréens dans les montagnes de Diamant, Pyongyang ayant refusé de mener une enquête commune avec le Sud après cet incident tragique. Au printemps 2008, des cadres sud-coréens ont été expulsés de la zone industrielle de Kaesong, au Nord, tandis que la fermeture des voies d’échange intercoréennes à travers la zone démilitarisée peut mettre en péril l’avenir de cette zone industrielle.

 

B – La poursuite, malgré tout, des projets initiés depuis 1998

 

Malgré ces indéniables reculs, la poursuite des chantiers industriels à Kaesong et les progrès du tourisme intercoréen dans cette même ville tendent à montrer que l’hypothèse la plus probable est le gel de nouveaux projets de développement intercoréens, sinon jusqu’à la fin du mandat de Lee Myung-bak (prévu en décembre 2012), du moins jusqu’à un éventuel assouplissement de la ligne de fermeté de Séoul vis-à-vis de Pyongyang. En effet, le Sud est à l’origine de la nette dégradation du dialogue intercoréen : avant l’éditorial du 1er avril 2008 du Rodong Sinmun qui a manifesté la rupture consommée entre les deux gouvernements, c’est l’entourage de Lee Myung-bak qui avait refusé de rencontrer ses homologues du Nord, avant l’investiture du nouveau chef d’Etat sud-coréen fin février 2008.

 

Bien que le dialogue intergouvernemental se poursuive, les relations de confiance mutuelle qui ont permis l’essor des échanges intercoréens se sont nettement détériorées : la priorité serait aujourd’hui de dissiper les lourdes suspicions nées de la fermeté de l’administration Lee Myung-bak, par des déclarations et des politiques concrètes. Ainsi, ce dernier n’a toujours pas exprimé clairement sa volonté de respecter les déclarations communes du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007, sans toutefois les considérer ouvertement caduques.

 

Enfin, l’élection aux Etats-Unis du démocrate Barack Obama, favorable au dialogue avec Pyongyang, nécessitera pour l’administration Lee Myung-bak de s’adapter à cette nouvelle donne, alors que le président sud-coréen a été l’un des plus fermes soutiens de George W. Bush.

 

III.           Les tâches de l’AAFC et du mouvement progressiste

 

A – Un principe cardinal : pas d’ingérence dans les relations intercoréennes

 

Les Coréens ne souhaitent pas d’ingérence extérieure dans l’essor des relations intercoréennes : ce principe de base des déclarations des 15 juin 2000 et 4 octobre 2007 signifie qu’il n’est ni souhaité, ni souhaitable, que des organisations progressistes jouent un rôle d’intermédiaire entre le Nord et le Sud.

 

Néanmoins, la division de la Corée, un des derniers vestiges de la guerre froide, reste l’objet d’une profonde méconnaissance en Occident. Si, hier, la division de l’Allemagne ou, aujourd’hui, les relations israélo-palestiniennes sont des questions d’actualité majeures pour les journalistes occidentaux, la réunification de la Corée n’est pas un sujet aussi médiatique que la question nucléaire nord-coréenne. Celle-ci est pourtant indissociable du contexte de la division de la péninsule coréenne, où aucun traité de paix n’a été formellement signé depuis 1953. Techniquement, les deux Corée sont toujours en état de guerre.

 

Les organisations progressistes pourraient ainsi avoir d’abord pour tâche d’informer sur la situation réelle, et complexe, de la Corée, tout en soutenant les efforts du peuple coréen en vue de sa réunification.

 

B – Un exemple : les activités de l’AAFC

 

Fondée en 1969 par des personnalités venues de tous les horizons politiques (notamment gaullistes, communistes et socialistes), l’Association d’amitié franco-coréenne s’est donnée pour mission de développer les échanges entre la France et la Corée dans tous les domaines : politique, économique, social, culturel, sportif… A cette époque où les deux Corée ne se reconnaissaient pas mutuellement, les contacts de l’AAFC ont été privilégiés avec la République populaire démocratique de Corée. Puis les statuts de l’AAFC ont été modifiés en 1989 pour prendre en compte les évolutions politiques en Corée du Sud, ainsi que notre soutien aux forces démocratiques en Corée du Sud – y compris la part prise par l’AAFC dans la campagne internationale de soutien à l’opposant Kim Dae-jung, condamné à mort par la junte militaire, avant de devenir, un quart de siècle plus tard, le premier président sud-coréen à rencontrer son homologue du Nord.

 

L’AAFC est affiliée au Comité international de liaison pour la paix et la réunification en Corée (CILRECO) : en effet, notre conviction est que le développement des relations entre la France et la Corée, et notamment la RPD de Corée, est le meilleur garant de la pleine intégration de la RPD de Corée sur la scène internationale, ainsi que de la réunification future de la péninsule. La RPD de Corée souhaite en effet des coopérations non seulement avec sa voisine du Sud, mais aussi avec les autres pays industrialisés, et ce dans tous les domaines.

 

L’AAFC s’efforce de répondre à ces demandes de coopération, tout en mettant l’accent sur l’information quant à la situation réelle de la Corée, suite notamment au lancement de plusieurs sites Internet depuis février 2008 (site en français amitiefrancecoree.over-blog.org, site en coréen aafc-korea.over-blog.org, et site du comité régional de l’AAFC en Bourgogne aafc-bourgogne.over-blog.org).

 

La France est, avec l’Estonie, l’un des deux derniers pays de l’Union européenne à ne pas avoir de relations diplomatiques officielles avec la RPD de Corée : l’AAFC continue donc de plaider pour la reconnaissance diplomatique de la RPD de Corée, auprès du Président de la République Française, du ministère des Affaires étrangères, ainsi que des groupes parlementaires de l’Assemblée nationale et du Sénat spécialisés dans les relations avec la RPD de Corée (deux des quatre membres de la présidence de l’AAFC étant eux-mêmes d’anciens sénateurs).

 

S’agissant des projets concrets, l’AAFC a par exemple favorisé des tournées du cirque de Pyongyang en Europe et encouragé des expositions artistiques ; plus récemment, elle a pris en compte, en 2007, la pratique du Taekwon-Do, le sport national de combat coréen, par quelque 60.000 Français pour encourager les échanges avec la Fédération Internationale de Taekwon-Do (ITF) à laquelle sont affiliés les athlètes nord-coréens ; par ailleurs, en décembre 2007, une soirée de solidarité avec les populations nord-coréennes sinistrées a été organisée dans les salons de Boffrand de la présidence du Sénat, en coopération avec le Secours populaire français.

 

Pour son quarantième anniversaire en octobre 2009, l’AAFC a d’ores et déjà invité en France une délégation nord-coréenne de l’Association d’amitié Corée-France, afin de faire avancer concrètement les projets de coopération économique, culturel, sportif et éducatif.

 

En conclusion, nous souhaitons souligner que le chemin vers la réunification de la Corée sera certes long et complexe, marqué par des avancées et des reculs, mais qu’il constitue un horizon atteignable pour tous les Coréens, et auquel peuvent contribuer l’ensemble des organisations progressistes.

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25 novembre 2008 2 25 /11 /novembre /2008 20:09

Le lundi 24 novembre 2008, Pyongyang a annoncé, notamment, la suspension à compter du 1er décembre du trafic ferroviaire intercoréen, qui a repris il y a moins d'un an après cinquante-six années d'interruption. Faut-il y voir une remise en cause du dialogue intercoréen ? Au contraire, face à la fermeté de l'administration Lee Myung-bak, Pyongyang choisit de répondre à la confrontation par la confrontation, dans le but que soient appliqués les accords du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007. Un choix délibéré de "diplomatie non conventionnelle" déjà testé, avec succès, sur le dossier nucléaire, puisque l'essai d'octobre 2006 avait contraint les Etats-Unis à accepter de s'asseoir à la table des négociations.

 

Que faire face à un partenaire qui refuse de négocier, ou qui pose des conditions inacceptables ? Les manuels de diplomatie recommandent habituellement de rechercher un terrain d'entente, en prenant en compte les positions de l'autre partie - tout au moins à un stade préliminaire, pour rétablir le dialogue.

 

La République populaire démocratique de Corée (RPDC) préfère, pour sa part, le choix d'une diplomatie non conventionnelle : il faut que l'autre partie prenne pleinement conscience des conséquences de son refus d'un dialogue acceptable pour les deux parties. Sinon, ce que l'autre partie présente comme un dialogue n'est, en réalité, qu'un diktat consistant à ne laisser d'autre choix qu'une capitulation inconditionnelle.

 

Pyongyang a déjà expérimenté la diplomatie non conventionnelle dans son bras-de-fer avec Washington sur la question des armes nucléaires (ci-contre le complexe de Yongbyon). Tout en réaffirmant la position de principe du président Kim Il-sung en faveur d'une péninsule coréenne dénucléarisée, Pyongyang rappelle qu'elle ne peut pas accepter de renoncer à l'arme par excellence de dissuasion du "faible au fort" que si elle dispose de garanties pour sa propre sécurité, et se voit réaffirmer son droit à accéder au nucléaire civil. Tel était le sens de l'accord-cadre passé avec l'administration Clinton, remis en cause par l'administration Bush. Pour George W. Bush, la RPDC devait renoncer à ses armes nucléaires de manière inconditionnelle et sans contrepartie. Face à diktat, Pyongyang a montré les conséquences de l'intransigeance US en procédant à son premier essai nucléaire, en octobre 2006. Face au constat d'échec de sa politique hostile, Washington a accepté de reprendre les négociations multilatérales sur le nucléaire nord-coréen, depuis l'accord de Pékin en février 2007. En d'autres termes, c'est l'essai nucléaire nord-coréen qui a conduit l'administration américaine à comprendre les contreparties que pouvait légitimement escompter Pyongyang de son renoncement aux armes nucléaires.

 

Le dialogue intercoréen offre un deuxième exemple de diplomatie non conventionnelle. Pyongyang a une position claire : le rapprochement doit se fonder sur la base des déclarations communes Nord-Sud du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007. Pour sa part, depuis son entrée officielle en fonctions en février 2008, le nouveau président (conservateur) sud-coréen, M. Lee Myung-bak, louvoie : s'il ne met pas en oeuvre les accords Nord-Sud, il ne les dénonce pas explicitement non plus. Il prétend développer de manière exponentielle les échanges Nord-Sud dans le cadre de son "plan 3.000", qu'il a défini unilatéralement, mais il conditionne la manne promise à une ingérence dans la politique intérieure de Pyongyang, contraire à la déclaration du 15 juin 2000, et à un diktat vis-à-vis de Pyongyang sur le dossier nucléaire, qui relève pourtant de la sécurité de la RPDC et non du dialogue intercoréen.

 

Dans ce contexte, Pyongyang a choisi de répondre à la confrontation par la confrontation. Après la fermeture des monts Kumgang au tourisme intercoréen suite à la mort d'une touriste qui avait pénétré dans une zone militaire, le 11 juillet 2008, la RPDC revient progressivement sur chacun des acquis du dialogue intercoréen, tant que l'administration Lee Myung-bak refuse de réouvrir un dialogue dans des termes acceptables pour chacune des deux parties :

 

- restriction et interruption des points de passage terrestres, à compter du 1er décembre 2008 ;

- toujours à partir de cette date, suspension des liaisons ferroviaires intercoréennes, qui avaient repris il y a moins d'un an pour la première fois depuis 1951, en application de l'accord intercoréen du 4 octobre 2007 ;

- expulsion ponctuelle des Sud-Coréens travaillant au Nord dans la zone industrielle de Kaesong, où sont implantées des entreprises du Sud, ainsi que dans les monts Kumgang, si la présence ne s'avère pas "indispensable" ;

- restriction stricte des entrées de Sud-Coréens au Nord ;

- interruption des circuits touristiques sud-coréens dans la ville nord-coréenne de Kaesong.

 

Comme l'a précisé l'agence officielle nord-coréenne KCNA, il ne s'agit que d'une "première réponse à la grave situation qui prévaut dans les relations intercoréennes". D'autres contre-mesures sont donc à prévoir si le président Lee Myung-bak persiste dans une politique de confrontation méconnaissant les règles du dialogue intercoréen ; ainsi, selon Pyongyang, il aurait fait part, lors d'un voyage à Washington après l'élection de Barack Obama, de son but de réunifier la Corée selon un système de démocratie libérale, alors que les deux Etats coréens ont convenu depuis 1990 de s'abstenir de toute action tendant à remplacer le système politique, économique et social de l'autre partie.

 

La prochaine étape dans une riposte graduée pourrait être la fermeture du complexe intercoréen de Kaesong ou, pour le moins, le gel de son développement.

 

Si le président Lee Myung-bak veut sincèrement le rapprochement intercoréen, il doit s'abstenir de toute nouvelle mesure de provocation vis-à-vis du Nord et se prononcer clairement en faveur de l'application des déclarations du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007, signées au nom de la Corée du Sud, et non à titre personnel par les présidents sud-coréens alors en exercice. Toute autre attitude signifierait sinon qu'il considère comme sans valeur les engagements pris par ses prédécesseurs au nom de la République de Corée.

 

Extrêmement impopulaire, Lee Myung-bak est invité à assouplir sa position vis-à-vis du Nord non seulement par l'opposition, mais aussi par bon nombre des députés de son propre parti... sauf à vouloir laisser sa marque dans l'histoire de la Corée comme le fossoyeur des relations intercoréennes. (AAFC, d'après AFP et KCNA)

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18 novembre 2008 2 18 /11 /novembre /2008 17:58

Le projet touristique intercoréen des monts Kumgang a dix ans. Le 18 novembre 1998, un navire de croisière quittait le port sud-coréen de Donghae et mettait pour la première fois le cap vers la côte est de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Après cinquante années de séparation, les échanges reprenaient entre le Nord et le Sud de la péninsule coréenne. Ce projet constitue une des retombées les plus visibles de la politique d'engagement avec le Nord, dite politique du rayon de soleil, initiée par l'ancien président sud-coréen Kim Dae-jung et poursuivie par son successeur Roh Moo-hyun. Mais cet anniversaire a lieu alors que les relations intercoréennes connaissent de nouvelles tensions.


En juin 1998, Chung Ju-yung (décédé en 2001), alors président honoraire du groupe sud-coréen Hyundai, se rendit en RPDC pour y amener 500 têtes de bétail. A cette occasion, il rencontra le président de la Commission de la Défense Nationale, Kim Jong-il. L'homme d'affaires et le dirigeant tombèrent d'accord pour ouvrir, avec le soutien du gouvernement du président sud-coréen Kim Dae-jung, un circuit touristique dans les monts Kumgang, appelés "montagnes de diamant" à cause de leur scintillement au lever du soleil, situés sur la côte orientale du pays.

 
Ouvert le 18 novembre 1998, le circuit des monts Kumgang a été un des piliers de la paix dans la péninsule coréenne. Ni les affrontements navals en mer de l'Ouest (mer Jaune) entre les marines du Nord et du Sud en juin 1999 et juin 2002, ni le test nucléaire effectué par la Corée du Nord en octobre 2006, n'ont remis en question le circuit des monts Kumgang. Au contraire, l'existence d'un tel projet, symbole d'une confiance nouvelle dans les relations intercoréennes, empêchait ces accrochages de dégénérer en conflits à grande échelle, prouvant qu'il était possible d'avoir des échanges pacifiques. 

   
Certes, le programme fut suspendu à divers moments, comme quand le typhon Rusa dévasta la péninsule coréenne en 2002 ou quand l'épidémie mortelle de SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) se déclara en Chine. Les circuits furent aussi interrompus en août 2003 lorsque le président de Hyundai Asan, Chung Mong-hun, qui avait repris le projet des monts Kumgang pour continuer l'oeuvre de son père, se suicida suite aux allégations selon lesquelles sa société avait transféré de l'argent à la Corée du Nord.

 

Hyundai Asan, opérateur du complexe touristique, dut souvent affronter les critiques accusant la Corée du Nord de détourner les revenus des monts Kumgang pour développer son arsenal nucléaire. Néanmoins, petit à petit, le projet des monts Kumgang avançait. Si Hyundai Asan commença par perdre beaucoup d'argent dans les monts Kumgang, le projet devint rentable quand le gouvernement nord-coréen décida d'en faire une zone touristique spéciale en 2002 et ouvrit une route vers cette zone en 2003. La viabilité du projet s'accrut encore en 2003 quand les autorités nord-coréennes acceptèrent de percevoir 50 dollars par touriste plutôt que d'être payées en une seule fois. Les monts Kumgang ont attiré 500.000 touristes pendant les quatre premières années d'exploitation et le million de visiteurs a été dépassé le 7 juillet 2005. Au 11 juillet 2008, 1,95 million de personnes avait visité les monts Kumgang, la RPDC ayant reçu 480 millions de dollars grâce à ce projet.  

   
Mais, le 11 juillet 2008, les visites aux monts Kumgang furent interrompues suite au
décès d'une touriste sud-coréenne abattue par un soldat nord-coréen alors qu'elle marchait dans une zone militaire.
Aujourd'hui, après quatre mois d'interruption, les pertes financières supportées par Hyundai Asan, ses sous-traitants et les entreprises de la ville voisine de Koseong sont évaluées à 70,3 millions de dollars. Dans les jours suivant le drame du 11 juillet, le Nord et le Sud ne purent se mettre d'accord sur les moyens d'une enquête. Séoul voulait envoyer une commission d'enquête dans la zone militaire nord-coréenne où s'était produit l'incident, ce que la RPDC ne pouvait accepter. "Le gouvernement aurait dû agir de manière plus officieuse", a regretté Yi Pong-jo, ancien vice-ministre de la Réunification. "Il pense punir le Nord en suspendant le tourisme aux monts Kumgang, mais ce sont les entrepreneurs sud-coréens qui en pâtissent le plus." Ce désaccord persistant et la ligne dure adoptée vis-à-vis de la RPDC par le président sud-coréen conservateur Lee Myung-bak depuis sa prise de fonction le 25 février 2008 bloquent la reprise des visites aux monts Kumgang.

   


Dans un débat tenu le 17 novembre à l'occasion du dizième anniversaire du projet touristique, Jeong Young-cheol, de l'Institut de recherche sur l'histoire contemporaine, a
demandé au gouvernement sud-coréen d'exprimer sa volonté de respecter et mettre en oeuvre les déclarations conjointes Nord-Sud des 15 juin 2000 et 4 octobre 2007 afin, en premier lieu, de permettre une reprise des échanges intercoréens. Les visites aux monts Kumgang en font partie. L'opposition sud-coréenne avait déjà lancé le même appel
. Dans les jours qui ont suivi le décès de la touriste sud-coréenne, des concessions restaient possibles de la part des deux Corée, cette question étant distincte de celle des relations intercoréennes dans leur ensemble, a expliqué Jeong Young-cheol. Ce n'est plus le cas aujourd'hui où les deux questions sont entremêlées. Des mesures fortes doivent donc être prises pour jeter les bases d'opérations futures. (sources : Hankyoreh, Minjungui sori)

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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 20:04

Le dirigeant du principal parti d'opposition sud-coréen a publiquement demandé au président Lee Myung-bak qu'il change de ton et de politique vis-à-vis de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) et remplace ses conseillers pour la politique extérieure, afin de ne pas risquer de se retrouver en décalage avec la politique qui pourrait être menée par la nouvelle administration américaine vis-à-vis de la Corée du Nord. Cet appel ne semble malheureusement pas avoir été entendu jusqu'ici.


"L'équipe en charge de la politique nord-coréenne au sein du gouvernement est composée de gens qui pensent le dialogue intercoréen inutile, n'ont aucune connaissance de la Corée du Nord, et pourrait s'avérer en décalage avec la nouvelle administration américaine", a expliqué le président du Parti démocratique de Corée du Sud, Chung Sye-kun, devant le Club des correspondants étrangers réuni à Séoul le 7 novembre 2008. "Il est difficile de discuter calmement quand les équipes en charge de la Corée du Nord et de la politique extérieure comptent davantage de partisans de la ligne dure que de gens connaissant bien le Nord."

"Le président américain Obama nouvellement élu a déclaré qu'il aura un dialogue actif avec le Nord afin de résoudre la question du nucléaire nord-coréen, et je pense donc que les Etats-Unis négocieront de manière plus déterminée, dans le cadre des pourparlers à six par exemple, permettant ainsi des progrès dans les relations américano-nord-coréennes", a-t-il dit. "Le président Lee Myung-bak devraient considérer la nouvelle situation intérieure et internationale telle qu'elle est et abandonner immédiatement son ton provocateur digne de la Guerre froide avec la Corée du Nord."

 

Chung Sye-kyun s'était déjà vivement opposé au gouvernement sud-coréen au sujet des manifestations organisées le 15 août 2008, anniversaire de la Libération de la Corée, pour le 60eme anniversaire de la fondation de la République de Corée (du Sud). Le choix de célébrer un événement strictement sud-coréen - la fondation du pays - plutôt qu'un événement commun au nord et au sud de la Corée - la Libération de l'occupation japonaise - ne laissait aucune place à des discussions sur la réunification ou la réconciliation avec le Nord, et avait alors été qualifié par Chung de "déformation de l'histoire".

 

Chung a énuméré les mesures à prendre par le gouvernement sud-coréen pour améliorer ses relations avec la RPDC, parmi lesquelles


- s'engager publiquement à appliquer les déclarations du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007,  

- faire avancer le projet du complexe industriel de Kaesong,

- reprendre, sans conditions, l'aide humanitaire,

- reprendre le dialogue intercoréen au niveau gouvernemental.

   

Face à ces critiques, le ministre des Affaires étrangères, Yu Myung-hwan, a imputé à Pyongyang l'interruption du dialogue et affirmé que le gouvernement sud-coréen n'avait aucune intention de changer de politique. 

   

S'exprimant le même jour, 7 novembre, lors d'une conférence de presse au siège du gouvernement, Yu a exclu que l'absence de dialogue officiel entre Séoul et Pyongyang soit due à un quelconque problème dans la politique sud-coréenne envers la Corée du Nord.

 

Selon Yu, il y a blocage "parce que la Nord rejette toutes les offres de dialogue" du gouvernement sud-coréen. Et de poursuivre : "La politique du gouvernement vis-à-vis de la Corée du Nord ne doit pas être modifiée tant qu'il n'y a eu aucune modification dans les principes de base selon lesquels tout doit être résolu par le dialogue et la négociation."

 

Mais quand on lui demandait quelle serait la réaction du président Lee et du gouvernement si le nouveau président Obama engageait les Etats-Unis dans des discussions directes avec la RPDC, et si Séoul encouragerait alors ce genre de contacts directs entre les deux pays ou insisterait plutôt pour que des discussions soient menées parallèlement entre le Nord et le Sud, Yu a répondu que la tenue en simultané de telles négociations bilatérales "produirait une synergie", en s'attendant à ce que "Séoul et Washington aient à coopérer" pour y parvenir. 

 

Ces commentaires du ministre des Affaires étrangères de Corée du Sud semblent indiquer que l'administration du président Lee n'envisage pas d'ajuster sa politique nord-coréenne avant l'inauguration du président Obama, le 20 janvier 2009. Il est de plus en plus évident que le gouvernement sud-coréen, à la traîne des Etats-Unis, ne prendra aucune des initiatives préconisées par Chung Sye-kyun tant que la nouvelle administration américaine n'aura pas elle-même entamé un dialogue direct avec la RPDC. (source : Hankyoreh)

Il est temps d'apprendre à jouer :  Lee Myung-bak peine à jouer le morceau de musique intitulé S'Engager en Corée du Nord. En chef d'orchestre, Barack Obama demande pourquoi il y a autant de fausses notes (dessin paru le 7 novembre 2008 dans le Hankyoreh)

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16 août 2008 6 16 /08 /août /2008 02:05

Dans son discours marquant le soixantième anniversaire de la fondation de la République de Corée (du Sud), le 15 août 2008, le président Lee Myung-bak a exprimé son "rêve de coprospérité" des deux Etats coréens, par la réalisation de projets concrets tels que le rétablissement des liaisons ferroviaires intercoréennes.

Le 15 août est une fête commune aux deux Etats coréens, du Nord et du Sud de la péninsule, marquant la capitulation japonaise et la fin de trente-cinq ans de colonisation de la Corée par l'empire nippon. En Corée du Sud, il s'agit de surcroît de la fête nationale, avec la fondation de la République de Corée (du Sud) le 15 août 1948, à l'issue d'élections législatives organisées de manière séparée par le seul gouvernement sud-coréen.

Dans son discours prononcé pour le soixantième anniversaire de la fondation de l'Etat, le 15 août 2008, le président Lee Myung-bak a exprimé son "rêve d'une coprospérité" des deux Corée grâce à des projets économiques communs. En particulier, selon lui, le rétablissement des liaisons ferroviaires intercoréennes ferait de la péninsule une porte tant vers l'Eurasie que vers les Etats de la ceinture du Pacifique, dont le Japon et les Etats-Unis (voir ci-contre Lee Myung-bak et George W. Bush, lors de la visite du président américain en Corée du Sud le 6 août 2008).

Ce discours d'ouverture vis-à-vis de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a toutefois été tempéré, en conditionnant une éventuelle politique de coopération économique à l'abandon de ses armes nucléaires par la RPDC.

Il faut reconnaître au président Lee Myung-bak une continuité dans ses prises de position en faveur du rétablissement des liaisons ferroviaires intercoréennes, manifestées dès le lendemain de son élection en décembre 2007. Sa proximité des milieux d'affaires, encore soulignée par son choix de grâcier des chefs d'entreprise le même jour, le 15 août 2008, n'est sans doute pas étrangère à cette volonté de relier la Corée du Sud aux réseaux ferroviaires eurasiatiques, car elle engendrerait de substantielles économies de frais de transport pour les entreprises sud-coréennes.

La difficulté réside cependant dans le décalage entre le discours et les actes du président Lee, qui non seulement n'a pas mis en oeuvre les mesures de coopération économique prévues dans l'accord intercoréen du 4 octobre 2007, mais a aussi mis en péril les projets déjà existants. La décision de suspendre les circuits touristiques sud-coréens dans les monts Kumgang, au Nord, après la mort d'une Sud-Coréenne, remet en cause un des principaux axes de la coopération intercoréenne. Le discours du 15 août 2008 n'est-il pas, au fond, une variante du "plan 3000" (dollars), consistant en une aide de la Corée du Sud pour porter à ce niveau le revenu de la Corée du Nord à moyen terme, en contrepartie de réformes économiques et d'un abandon de ses armes nucléaires par la RPDC ? Or le "plan 3000" a été vivement rejeté par Pyongyang, comme une ingérence dans ses affaires intérieures et l'expression d'une humiliante politique d'assistance. (Source : The Korea Times)

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21 juillet 2008 1 21 /07 /juillet /2008 23:37

Kim Il-jin, ancien prisonnier de conscience détenu pendant 31 ans après la guerre de Corée, est décédé le 8 juillet 2008. Il était une figure emblématique des prisonniers politiques communistes ayant refusé de se convertir en reniant leurs idées politiques, avant d'être rapatrié en République populaire démocratique de Corée.

Les "non-convertis" : en Corée, l'expression ne renvoie pas aux guerres de religion, comme en Occident, mais à la situation des prisonniers politiques maintenus en détention souvent pendant des dizaines d'années au sud de la péninsule, et qui refusèrent d'être libérés par le régime militaire sud-coréen, car cette promesse était conditionnée au reniement de leurs idées politiques.

Kim Il-jin, décédé le 8 juillet 2008, était l'un d'entre eux. Né le 13 juillet 1930 dans une famille pauvre de la province du comté de Yongdok, dans la province du Nord Kyongsang, il avait rejoint le Parti du travail de Corée (PTC) et combattu contre les troupes de l'ONU sous commandement américain pendant la guerre de Corée (1950-1953). Ses prises de position politiques lui avaient valu d'être emprisonné à l'issue du conflit, pendant trente-et-un ans, avant d'être libéré et de pouvoir rejoindre la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), étant resté fidèle au PTC. Kim Il-jin s'était vu décerner le titre de héros de la RPDC.

L'AAFC salue la mémoire et le combat mené par Kim Il-jin pour la réunification de la Corée, en rappelant sa position de principe en faveur de la 
libération de tous les prisonniers de conscience dans la péninsule coréenne. (Source : KCNA, dépêche du 9 juillet 2008) 

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11 juillet 2008 5 11 /07 /juillet /2008 11:53

Le vendredi 11 juillet 2008, une touriste sud-coréenne a été tuée après le tir d'un soldat nord-coréen, dans les monts Kumgang. Dans l'attente des résultats d'une enquête où devraient étroitement coopérer les deux Corée, la femme serait sortie des limites du complexe touristique.

C'est un incident tragique qui endeuille également les relations intercoréennes : le vendredi 11 juillet 2008, une touriste sud-coréenne a été tuée dans les monts Kumgang, au nord de la péninsule, ouverts au tourisme sud-coréen depuis 1997. Alors que près de 2 millions de Sud-Coréens ont visité les "montagnes de diamant" en l'espace de 11 ans, dans le cadre d'une concession détenue par Hyundai Asan, c'est la première fois qu'un tel événement se produit.

Selon M. Kim Ho-nyun, porte-parole du ministère sud-coréen de la Réunification, Mme Park Wang-ja est morte après le tir intervenu vers 5h, avant que le corps ne soit emmené dans un hôpital au Sud. M. Kim a déclaré que "la Corée du Sud regrette profondément qu'un tel événement se soit produit."

Mme Park aurait quitté les limites du complexe touristique avant d'entrer dans une zone d'accès limité, probablement une zone militaire. Après avoir été avertie, elle se serait enfui et les soldats nord-coréens auraient reçu l'ordre de tirer.

Les voyages de Sud-Coréens dans les monts Kumgang ont été suspendus dans l'attente des résultats d'une enquête, pour laquelle il est attendu une pleine coopération des autorités nord et sud-coréennes.

L'AAFC déplore vivement un tel incident et adresse ses condoléances à la famille de Mme Park Wang-ja, décédée dans ces circonstances tragiques.

Cet événement survient alors qu'ont repris la veille les discussions sur le nucléaire nord-coréen, et que le dialogue intercoréen est au plus bas, avant un changement de ton récent de Séoul : si le président sud-coréen Lee Myung-bak a déclaré, le même jour, vouloir reprendre le dialogue intercoréen, les Nord-Coréens attendent que le président Lee, élu sur une ligne de fermeté vis-à-vis du Nord, mette en oeuvre les accords conclus lors du sommet intercoréen d'octobre 2007. (Sources : CNN, BBC, AFP, AAFC)

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