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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 00:05

Le 17 mars 2011, le gouvernement sud-coréen a rejeté l'offre nord-coréenne de reprise des pourparlers à six (entre les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon) sur la dénucléarisation de la péninsule. La proposition de Pyongyang faisait suite à des discussions bilatérales entre la Chine, hôte des pourparlers à six, et la Russie, puis entre la Russie et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). En posant de multiples conditions à une reprise des discussions multilatérales, le gouvernement de Lee Myung-bak apparaît comme le principal obstacle à l'ouverture d'un dialogue qui permettrait pourtant de créer les conditions d'un régime de sécurité collective en Asie du Nord-Est, et ainsi d'apaiser les tensions sur le dernier front de la guerre froide.

 

En déclarant ne mettre aucune condition préalable à la reprise des pourparlers à six, tout en se déclarant disposer à inclure son programme d'enrichissement à base d'uranium dans le champ des discussions, le gouvernement nord-coréen avait fait des concessions pour la réouverture du dialogue sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

 

Mais pas plus que les offres de Pyongyang pour la reprise du dialogue intercoréen, ces gestes d'ouverture de la RPDC n'ont pu assouplir l'intransigeance de Séoul. Kim Sung-hwan, ministre sud-coréen des Affaires étrangères, a déclaré que la bonne volonté nord-coréenne devait se manifester "en actions", et pas "en paroles" : les ultra-conservateurs au pouvoir à Séoul ne conçoivent ainsi de discussion avec Pyongyang que sur les conditions d'un renconcement de la RPDC à ses garanties sa sécurité. Une telle position est inacceptable, car ne posant pas les conditions d'un dialogue égal entre les différentes parties.

 

alexei-borodavkin.jpgLe chef de la diplomatie sud-coréenne a affirmé devant la presse que l'offre de Pyongyang est "insuffisante et ne correspond pas à la position des autres parties qu'il faut créer les justes conditions d'un dialogue". Mais cette affirmation péremptoire ignore les positions d'au moins deux des autres Etats parties aux pourparlers à six, puisque l'offre de dialogue de la RPDC est précisément le résultat des discussions russo-chinoises, puis des échanges entre les officiels nord-coréens et le représentant russe en visite à Pyongyang, le vice-ministre des Affaires étrangères Alexei Borodavkin.

 

L'AAFC dénonce le gouvernement sud-coréen comme le principal responsable de l'échec du dialogue en Asie du Nord-Est. Afin de mettre fin aux trop nombreux affrontements intercoréens qui ont endeuillé la péninsule, l'AAFC appelle chacune et chacun à signer et faire signer la pétition pour un traité de paix en Corée afin de terminer une guerre qui n'a jamais pris fin.

 

Sources :

AAFC

"S. Korea rejects North N-talks offer", AFP, 18 mars 2011

 

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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 23:16

Dans son édition du 5 février 2011, le Rodong Sinmun, quotidien du Parti du travail de Corée, a appelé au dialogue entre la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) et la République de Corée (du Sud) pour améliorer les relations intercoréennes et résoudre la crise dans la péninsule coréenne. Ce nouvel appel nord-coréen à la résolution des différends Nord-Sud par la voie du dialogue intervient à la veille de la reprise des pourparlers militaires intercoréens de haut niveau, le 8 février.

Le 5 février 2011, le Rodong Sinmun a déclaré que, pour mettre fin à la situation de confrontation politique et militaire dans la péninsule coréenne, il est urgent d'améliorer les relations Nord-Sud.

 

Le respect et la confiance mutuels permettront de mettre fin aux incompréhensions et de s'engager sur la voie de la coopération et de la réconciliation, toujours selon le quotidien du Parti du travail de Corée. Ce dernier rappelle par ailleurs que le gouvernement, les partis politiques et les institutions sociales de la RPD de Corée ont fait une déclaration commune le 5 janvier 2011 ayant proposé un dialogue sans conditions préalables avec le Sud, afin de discuter ouvertement des moyens d'éliminer l'incompréhension et la méfiance, ainsi que de réaliser la paix et la prospérité.

 

Le Rodong Sinmun a également rappelé que, au cours du mois passé, les ministères concernés de RPDC ont proposé plusieurs voies de dialogue avec la Corée du Sud, notamment pour la reprise du tourisme intercoréen dans les monts Kumgang, le dialogue militaire et des discussions concernant la zone industrielle de Kaesong.

 

Des échanges interparlementaires ont également été proposés par la Corée du Nord.

 

Si le gouvernement sud-coréen a décliné la plupart de ces offres de dialogue comme manquant, selon lui, de "sincérité", il a accepté le principe de discussions militaires de haut niveau, qui doivent avoir lieu le 8 février.

 

Sources : AAFC, Xinhua

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20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 21:42

Le 20 janvier 2011, la République de Corée (du Sud) a accepté la proposition de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) d'ouvrir des discussions militaires de haut niveau, après avoir rejeté des propositions analogues de Pyongyang au second semestre de l'année 2010. Plus tôt en début d'année 2011, les deux Corée avaient réouvert une ligne téléphonique d'urgence. Ces signes d'apaisement sont de nature à prévenir la survenue d'autres incidents tragiques comme ceux de l'île Yeonpyeong, le 23 novembre 2010.

 

070226_k01_u.jpgSelon la radiotélévision publique sud-coréenne KBS, le 20 janvier 2011 "Séoul a décidé d’accepter la proposition de Pyongyang d’organiser une réunion militaire de haut rang. [La RPDC] avait envoyé, ce matin, un message téléphonique".

 

Le gouvernement sud-coréen a indiqué qu'il formulerait des propositions à son homologue nord-coréen pour la tenue de réunions de travail préparatoires, tout en réaffirmant son objectif d'une dénucléarisation de la péninsule coréenne.

 

La réouverture d'un dialogue militaire intercoréen de haut niveau, sur l'initiative de Pyongyang, est de nature à éviter des affrontements tragiques comme ceux de l'île Yeonpyeong, le 23 novembre 2010.

 

Deux semaines plus tôt, Séoul a refusé une autre proposition de la RPDC de reprendre le dialogue intercoréen entre l'ensemble des organisations sociales et politiques du Nord et du Sud.

 

Sources : AAFC et KBS (dont photo).

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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 15:59

DeuxCor-e.jpgLe 5 janvier 2011, le gouvernement, les partis politiques et les organisations sociales de République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) ont publié une déclaration conjointe appelant à l'ouverture, sans condition, d'un dialogue avec les autorités, partis et organisations de Corée du Sud afin de surmonter les malentendus et la méfiance entre les deux parties et d'assurer la paix et la prospérité dans la péninsule coréenne. Les graves crises qui ont secoué la péninsule en 2010 – année du soixantième anniversaire du déclenchement de la Guerre de Corée – montrent la nécessité d'un tel dialogue et l'échec des sanctions et pressions de toutes sortes, voire le caractère éminemment dangereux de ces dernières. L'Association d'amitié franco-coréenne apporte donc son soutien à cette déclaration et espère que les autorités sud-coréennes finiront par y répondre favorablement, dans l'intérêt de la paix en Corée, en Asie et dans le monde. Voici le texte intégral de la déclaration du 5 janvier dans la version française figurant sur le site Internet de la RPD de Corée Naenara.

 

 

Déclaration conjointe

du gouvernement, des partis politiques

et des organisations sociales de la RPD de Corée

 

Face à la grave situation prévalant aujourd'hui dans la péninsule coréenne, entre le Nord et le Sud, le gouvernement, les partis politiques et les organisations sociales de la RPD de Corée ont tenu une réunion conjointe et discuté des problèmes majeurs concernant les moyens de remédier à cette situation et d'ouvrir une nouvelle phase pour la paix et la réunification du pays. Et ils déclarent:

 

Une nouvelle année a annoncé son arrivée sur le sol de ce pays qui se tord de douleur de la division nationale.

 

L'an 2011 ouvre la seconde décennie du 21ème siècle.

 

Au tournant du siècle, quelle joie et quelle extase notre nation n'a-t-elle pas éprouvées, le regard tourné vers l'horizon lumineux du nouveau siècle pour la réunification du pays.

 

Mais, cette joie et cette extase se sont évanouies en fumée et les rapports Nord-Sud sont dégringolés aujourd'hui dans un état si catastrophique que l'on a dû assister à des canonnades fiévreuses de part et d'autre.

 

Quel crève-cœur pour notre nation de vivre divisée de siècle en siècle, sans pouvoir refaire son unité. Et quelle tragédie plus douloureuse et quelle honte plus accablante encore pour elle de se battre une partie contre l'autre sous les yeux de la communauté internationale.

 

Notre nation vit depuis les temps immémoriaux sur le même territoire, ayant dans la veine le même sang, et quelle raison a-t-elle de se méfier, de s'affronter et de se battre en «ennemis», divisée en deux.

 

Ce sont les forces extérieures qui ont scindé notre nation. Ce sont leurs manœuvres de provocation de la guerre qui sont à l'origine de l'actuel état de confrontation exacerbée entre le Nord et le Sud.

 

Les différences d'idéologie et de régime ne peuvent donner naissance à la méfiance et à l'hostilité. Les réalités l'ont démontré de façon éloquente.

 

L'actuelle situation critique est due entièrement à la politique servilement pro-américaine et dirigée contre les compatriotes des autorités conservatrices de Corée du Sud.

 

En réglant perfidement leur allure sur la politique hostile et les manœuvres de guerre des Etats-Unis contre notre République, elles ont réduit à néant en 3 ans de leur gouvernement toutes les réalisations enregistrées en matière de rapports Nord-Sud depuis la publication de la Déclaration commune du 15 Juin et aggravé la situation au point de la mettre au bord de la guerre.

 

La guerre n'est ni le jeu ni la joute oratoire.

 

Si une guerre éclate de nouveau sur ce sol, le fléau sera incommensurable.

 

Quelle raison aurait-elle, notre nation, une des plus fortement attachées à la justice, des plus intelligentes et des plus sages du monde, de se détester, de se quereller et de se battre, divisée en deux.

 

Le temps est trop précieux pour qu'on le dilapide dans un cercle vicieux de dénigrement, de controverse et de confrontation entre le Nord et le Sud.

 

Il ne faut plus tolérer que les richesses de notre nation s'écoulent dans cette sorte de guerre d'usure absurde.

 

Si les deux parties de notre nation s'exècrent et s'affrontent l'une l'autre, c'est notre nation qui en pâtit alors que les forces extérieures en bénéficient en pêchant en eau trouble.

 

Si notre nation unit sa volonté et sa force et qu'elle œuvre la main dans la main, elle pourra se faire prévaloir comme une des nations les plus dignes, les plus puissantes et les plus prospères du monde.

 

Le Nord et le Sud sont appelés à faire de cette seconde décennie du 21ème siècle une décennie d'espérance pour la fin de la tragédie de la division nationale, pour la réunification et la prospérité du pays.

 

Compte tenu des impératifs de l'actuelle situation, partant de la mission et des responsabilités qu'ils assument devant l'époque et la nation, de même que de leur détermination patriotique d'écrire une nouvelle histoire pour la réunification indépendante du pays, la paix et la prospérité et selon la volonté de toute la nation d'y parvenir, le gouvernement, les partis politiques et les organisations sociales de la République Populaire Démocratique de Corée font solennellement aux autorités, aux partis politiques et aux organisations sociales de Corée du Sud une proposition importante que voici:

 

1. Nous vous proposons courtoisement de procéder sur une large échelle au dialogue et aux négociations avec notre partie.

 

Par la voie de la confrontation, on ne peut jamais résoudre le problème des rapports Nord-Sud, ne pouvant provoquer que le conflit armé et la guerre. C'est le bilan des trois dernières années.

 

Seuls le dialogue et les négociations peuvent remédier à l'actuelle situation critique.

 

En vue d'améliorer les rapports Nord-Sud mis dans une pire crise, nous désirons procéder au dialogue et aux négociations avec tous les partis politiques et toutes les organisations sociales de Corée du Sud, qu'ils soient gouvernementaux ou non-gouvernementaux, au pouvoir ou de l'opposition, progressistes ou conservateurs, y compris les autorités sud-coréennes.

 

Surtout, nous souhaitons une ouverture prompte et sans condition des pourparlers entre les autorités pourvues de la réalité du pouvoir et des responsabilités.

 

Le Nord et le Sud ont la bonne expérience d'avoir réglé à l'amiable, de façon intelligente, les problèmes posés devant eux par le dialogue et les négociations et ils ont les principes et les déclarations déjà adoptés.

 

Si le Nord et le Sud s'assoient à une table ronde, ils pourront dissiper le malentendu et la méfiance et étudier ensemble et à cœur ouvert les moyens à employer pour réaliser la paix et la prospérité.

 

2. Nous sommes prêts à rencontrer en tout temps et lieu, sans égard à leur passé, toutes les personnes qui veulent œuvrer la main dans la main avec nous.

 

Face à la grave situation d'aujourd'hui, tout Coréen qui vit sur ce sol ne peut ni ne doit rester indifférent. Si l'on laisse aller cette situation, on ne pourra éviter de grands désastres.

 

Si une guerre éclate sur ce sol, personne ne pourra rester sain et sauf, pas plus que le parti au pouvoir ni les conservateurs.

 

La réconciliation, la collaboration, la paix et la réunification sont la cause pan-nationale concernant toutes les couches sociales du Nord et du Sud. C'est notre nation qui doit en être artisan et c'est elle qui en bénéficiera.

 

Pour cette grande cause de la nation, le présent a plus de poids que le passé et le demain, plus que le présent.

 

Nous nous déclarons prêts à nous entretenir en tout temps et lieu, en faveur de la grande union nationale, avec tous ceux qui se soucient de la situation actuelle et du sort de la nation, par-dessus les différences d'appartenance, d'opinion et de croyance et sans égard à leurs antécédents.

 

Quand tous les Coréens unissent leur volonté, leur intelligence et leur force, le danger de guerre sera écarté et le jour de la paix, de la réunification et de la prospérité poindra.

 

3. Nous discuterons et règlerons par le dialogue, les négociations et le contact tous les problèmes concernant les affaires importantes de la nation y compris la détente, la paix, la réconciliation, l'union et la collaboration.

 

A l'heure actuelle, de nombreux problèmes concernant le sort, les intérêts, le développement commun et la coprospérité de la nation restent en suspens entre le Nord et le Sud et attendent la solution.

 

Le Nord et le Sud doivent donc procéder loyalement à la discussion de tous ces problèmes concernant les affaires importantes de la nation en transcendant les intérêts et la stratégie de leurs partis et leurs opinions et idéaux et faire tout leur possible pour trouver des points de consentement et d'accord.

 

4. Dans l'immédiat, pour créer un climat favorable à l'amélioration des rapports Nord-Sud, nous proposons de cesser tout acte de dénigrement et de diffamation réciproque et tout acte de nature à irriter l'un contre l'autre.

 

Ce genre d'acte est une étincelle pouvant aggraver les rapports Nord-Sud, une mèche susceptible de provoquer des conflits armés.

 

En pleins tourbillons de diffamation et de calomnie et dans un remous d'actes d'excitation l'un contre l'autre, on ne peut tenir comme il faut le dialogue et les négociations et, même si l'on s'assoit à une table ronde, on ne peut en espérer le succès.

 

Le Nord et le Sud ont déjà convenu par leurs déclarations communes, y compris celle du 4 Juillet, d'interrompre tout acte de ce genre. Aussi appelons-nous les deux parties de la Corée à cesser dès maintenant tout acte de dénigrement et de provocation qui peut raviver le malentendu et la méfiance réciproques et insuffler le sentiment de confrontation et d'hostilité entre elles.

 

Invariable est notre position d'améliorer les rapports Nord-Sud, de réaliser la réconciliation et l'union inter-coréennes et d'ouvrir une phase décisive pour la paix et la réunification de la péninsule coréenne à travers le dialogue et les négociations.

 

Nous sommes sûrs de voir s'ouvrir une telle phase en cette première année de la seconde décennie du 21ème siècle.

 

Le gouvernement, les partis politiques et les organisations sociales de la RPD de Corée espèrent que les autorités, les partis politiques et les organisations sociales de Corée du Sud répondront positivement à notre proposition et à notre appel sincère visant à remédier à l'actuelle situation critique prévalant dans la péninsule coréenne, entre le Nord et le Sud, et que tous les Coréens du Nord, du Sud et de la diaspora y apporteront leur soutien et leur encouragement agissants, de même que les gouvernements, les partis politiques et les organisations sociales de tous les pays du monde, toutes les institutions internationales et tous les peuples progressistes, épris de justice, de vérité et de paix.

 

Source : Nouvelles de Pyongyang

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26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 00:48

 

Alors que le bilan humain du bombardement de l'île de Yeonpyeong par l'artillerie nord-coréenne, le 23 novembre 2010, en réponse à des tirs sud-coréens, s'est encore alourdi (quatre morts du côté sud-coréen, dont deux civils), les Etats-Unis ont annoncé l'envoi en mer de l'Ouest (mer Jaune) de plusieurs bâtiments de guerre dont un porte-avions à propulsion nucléaire, afin de « dissuader » la Corée du Nord. Loin de contribuer à la résolution du conflit dans cette zone disputée par les deux Corée depuis 1953, un tel déploiement de force militaire ne fait qu'attiser les tensions qui ont abouti aux violents accrochages du 23 novembre.

 

USS George WashingtonDu 28 novembre au 1er décembre 2010, le porte-avions américain USS George Washington et son groupe aéronaval composé des croiseurs lance-missiles USS Cowpens, USS Shiloh, USS Stethem et USS Fitzgerald participeront à des manoeuvres avec la marine sud-coréenne à l'ouest de la péninsule coréenne, a annoncé le Commandement des forces combinées américano-sud-coréennes (CFC). Ce nouvel exercice militaire est présenté comme purement défensif par le CFC qui déclare démontrer ainsi « la force de l'alliance entre les Etats-Unis et la République de Corée [du Sud] et notre engagement pour la stabilité régionale par la dissuasion ».

 

Le 23 novembre, les tirs nord-coréens contre l'île de Yeonpyeong avaient été provoqués par des exercices militaires sud-coréens menés à quelques kilomètres seulement de la ligne de limite nord (Northern Limit Line, NLL) tracée unilatéralement par les Etats-Unis en 1953 en mer de l'Ouest et refusée depuis par la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Les manoeuvres navales américano-sud-coréennes prévues du 28 novembre au 1er décembre se dérouleront aussi en mer de l'Ouest mais dans les eaux internationales. L'Armée populaire de Corée (du Nord) craint néanmoins que ces manoeuvres dissimulent une réelle attaque. « L'Armée populaire de Corée procédera sans hésiter à une deuxième et à une troisième puissante attaque de représailles physiques » en cas de nouvelles « provocations militaires », a indiqué la mission de Panmunjom de l'Armée populaire de Corée dans un avertissement envoyé aux troupes américaines en Corée du Sud.

 

La République populaire de Chine est, elle aussi, résolument opposée à des manoeuvres américano-sud-coréennes au large de ses côtes. Après le bombardement de Yeonpyeong, le gouvernement chinois, tout  en déplorant les pertes humaines et matérielles, a déclaré que les parties concernées doivent trouver des solutions pacifiques négociées à leurs litiges et œuvrer ensemble à la préservation de la paix et de la stabilité de la péninsule coréenne. Le gouvernement chinois s'oppose à tout acte qui porte atteinte à cette paix et à cette stabilité, à l'instar de manoeuvres aéronavales américano-sud-coréennes en mer Jaune.

 

Lors d'un précédent exercice américano-sud-coréen, en juillet 2010, le gouvernement chinois avait déjà été très clair à ce sujet : « Nous nous opposons fermement à toute activité menée par les navires et les avions militaires étrangers en mer Jaune et dans les autres zones au large des côtes chinoises, qui affecte nos intérêts sécuritaires. Nous espérons que les différentes parties concernées pourront, dans le contexte actuel, faire preuve de sang-froid et de retenue pour éviter une escalade de la tension dans la région. »

 

A l'époque, la Corée du Nord venait d'être accusée d'avoir coulé une corvette sud-coréenne, le Cheonan, le 23 mars 2010 au large de l'île de Baengnyeong, toujours à proximité de la NLL contestée. Les conclusions de l'enquête américaine et sud-coréenne imputant le naufrage du Cheonan à la RPDC ont depuis été contestées, notamment par un membre de l'équipe d'enquête, par des scientifiques indépendants et par les experts de la Marine russe.

 

La Corée du Sud et les Etats-Unis mènent régulièrement des exercices militaires en commun, perçus par la RPDC comme autant de répétitions d'une attaque contre elle. Ces exercices ont été nombreux en 2010, surtout après le naufrage du Cheonan, mobilisant des moyens aéronavals importants, particulièrement du côté américain :

 

Du 8 au 18 mars 2010, les exercices annuels Key Resolve et Foal Eagle ont mobilisé 10 000 soldats des forces américaines stationnées en Corée du Sud et 8 000 soldats américains venus de l'étranger. Il est à noter qu'une partie de ces exercices s'est prolongée jusqu'au 30 avril, alimentant la thèse du « tir ami » pour expliquer le naufrage du Cheonan.

 

Du 25 au 28 juillet 2010, suite au naufrage du Cheonan, les marines américaine et sud-coréenne ont mené les manoeuvres « Invincible Spirit » avec, notamment, la participation d'un porte-avions, d'un sous-marin à propulsion nucléaire, de nombreux avions dont des chasseurs furtifs. Initialement prévu en mer de l'Ouest, cet exercice s'est finalement déroulé en mer de l'Est (mer du Japon), suite aux protestations du gouvernement chinois. Selon le Commandement des forces combinées, cet exercice de lutte anti-sous-marine était destiné à « envoyer à la Corée du Nord un message clair que son comportement agressif doit cesser ».

 

Du 16 au 26 août 2010, l'exercice annuel Ulji Freedom Guardian a mobilisé 30.000 soldats américains et 56.000 soldats sud-coréens.

 

Du 27 septembre au 1er octobre 2010, après un report, le deuxième exercice de lutte anti-sous-marine de la série entamée en juillet avec « Invincible Spririt » a eu lieu, cette fois en mer de l'Ouest.

 

Ces déploiements de force à répétition, prenant à chaque fois la RPDC pour cible, n'ont fait qu'accroître la tension autour de la péninsule coréenne, notamment en mer de l'Ouest, jusqu'aux affrontements du 23 novembre. Ils tuent l'espoir de voir se créer une zone de paix en mer de l'Ouest, création pourtant prévue dans la Déclaration pour le développement des rapports Nord-Sud, la paix et la prospérité signée le 4 octobre 2007 par les dirigeants du Nord et du Sud de la Corée :

 

« Le Nord et le Sud ont décidé d'établir une 'zone spéciale de paix et de collaboration de la mer de l'Ouest' englobant Haeju et ses environs maritimes et de promouvoir activement l'établissement d'un secteur de pêche commun et d'un secteur maritime de paix, la construction d'une zone économique spéciale, l'utilisation du port de Haeju, le passage direct des navires civils à ce port et l'utilisation commune de l'embouchure du fleuve Rimjin. »

 

ZonedePaix_MOuest.jpgProjets inter-coréens pour la zone spéciale de paix et de collaboration de la mer de l'Ouest prévue dans la Déclaration du 4 octobre 2007  : (1) zone de pêche commune, (2) port de Haeju, (3) zone industrielle de Haeju, (4) zone maritime de l'embouchure du fleuve Rimjin, (5) route maritime directe vers Haeju (source : Korea Report)

 

A partir de 2008, le président sud-coréen le conservateur Lee Myung-bak, reniant la parole de la République de Corée, a méthodiquement liquidé la « Sunshine Policy », la politique dite du rayon de soleil menée par ses prédécesseurs Kim Dae-jung et Roh Moo-hyun, symbolisée par l'historique Déclaration du 15 juin 2000. Au nom d'une prétendue réciprocité dans les rapports Nord-Sud, Lee Myung-bak a exigé que la Corée du Nord renonce préalablement à son programme nucléaire militaire. Pourtant, le programme nucléaire nord-coréen ne concerne pas les relations inter-coréennes mais bien les relations entre la RPDC et les Etats-Unis en l'absence de traité de paix entre ces deux pays. Les présidents Kim Dae-jung et Roh Moo-hyun avaient bien compris la singularité des relations entre les deux Corée : l'essai nucléaire effectué par la RPDC en octobre 2006 n'a pas empêché, un an plus tard, la signature de la Déclaration du 4 octobre 2007. Quand il regarde les ruines fumantes de Yeonpyeong, Lee Myung-bak pense-t-il à la « Sunshine Policy » qu'il a détruite ?

 

 

Sources :

- Xinhua, « La RPDC accuse les USA de "déformer" l'incident de tirs d'obus et menace de représailles en cas de nouvelles "provocations », 25 novembre 2010

- Reuters, "Why are U.S.-S.Korea drills so sensitive", 25 novembre 2010

- Déclaration du porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hong Lei, sur l'échange de tirs entre la RPDC et la République de Corée, Beijing, 24 novembre 2010

- Communiqués de presse du Commandement des forces combinées : "Combined Forces Command will conduct the annual Key Resolve and Foal Eagle 2010 exercises March 8-18 with portions of Foal Eagle continuing until April 30", 17 février 2010 ; "Exercise Ulchi Freedom Guardian Announced", 23 juillet 2010 ;  "Combined Alliance Naval and Air Exercise Concludes", 29 juillet 2010 ; "Anti-Submarine Warfare Exercise", 24 septembre 2010 ; "Naval Readiness Exercise Announced", 24 novembre 2010

- Quotidien du Peuple, « La RPDC dénonce les manoeuvres militaires américano-sud-coréennes », 19 août 2010

- Korea Report, "Confrontation in the West Seat Area Begs Peaceful Settlement", 24 novembre 2010

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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 22:29

Suite à la grave confrontation qui s'est produite entre les deux Corée en mer de l'Ouest le mardi 23 novembre 2010, et dont le lourd bilan s'élève désormais à 4 morts (2 militaires et 2 civils) et 18 blessés Sud-Coréens, Kim Tae-young, ministre sud-coréen de la Défense, a présenté sa démission le jeudi 25 novembre, en butte aux critiques de l'ensemble de la classe politique. Alors que de nouveaux exercices militaires conjoints américano - sud-coréens, à partir de ce dimanche, font courir de lourds risques d'escalade, Kim Tae-young apparaît aussi jouer un rôle de "fusible" pour protéger le président sud-coréen Lee Myung-bak. Enfin, les échanges intercoréens sont encore une fois sacrifiés : une réunion entre les Croix Rouge des deux Corée sur les réunions de familles séparées a été ajournée après les affrontements de mardi, et les livraisons du Sud vers le Nord, destinées à venir en aide aux victimes des inondations de cet été, ont été annulées.

 

kim_tae_young.jpgA l'occasion d'une conférence de presse qui s'est tenue le jeudi 25 novembre, Yim Tae-hee, secrétaire général du cabinet du président sud-coréen, a annoncé que "le président Lee Myung-bak a décidé d’accepter la démission du ministre de la Défense, Kim Tae-young". Yim Tae-hee a ajouté que Kim tae-young avait déjà offert sa démission le 1er mai 2010, après le naufrage de la corvette sud-coréenne Cheonan. Une enquête civile internationale, composée notamment d'experts américains et sud-coréens, a incriminé la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) dans ce drame ayant causé 46 morts. Pyongyang a nié toute implication, et les lacunes de l'enquête officielle américano - sud-coréenne tendent en effet à privilégier l'hypothèse de l'accident comme la seule plausible.

 

Kim Tae-young est un ancien commandant de l'armée sud-coréenne, qui s'est illustré pour ses positions conservatrices hostiles à la République populaire démocratique de Corée, dans un pays longtemps gouverné par des généraux anticommunistes. L'armée sud-coréenne est restée un acteur puissant, et des militaires ou d'anciens militaires continuent toujours d'occuper le poste de ministre de la Défense.

 

Outre Kim Tae-young, les affrontements du 23 novembre ont fait une deuxième victime politique : le conseiller à la défense du président sud-coréen Lee Myung-bak.

 

Mais quels ordres a effectivement donnés Lee Myung-bak lors des affrontements du 23 novembre sur l'île  de Yeonpyeong ? La présidence de la République a apporté des versions contradictoires des ordres qui auraient été donnés après les premiers tirs nord-coréens, intervenus dans un contexte d'exercices militaires sud-coréens préalables. Lors de la communication à la presse le jour même, à 15h50, il aurait été donné la consigne de "gérer la situation pour éviter une escalade", puis à 16h l'ordre aurait été de "faire tous les efforts pour que la situation ne dégénère pas" ; enfin, à 16h30, il aurait été ordonné de "répondre fermement, mais de faire tous les efforts pour que la situation ne dégénère pas". Puis, dans la communication faite officielle par Hong Sang-pyo de la présidence sud-coréenne, à 18h05, l'ensemble des remarques précédentes n'auraient jamais été formulées et le président aurait "souligné de manière constante qu'il fallait répondre fermement conformément aux règles de l'engagement".

 

Le hic est que Kim Tae-young, alors ministre de la Défense, a déclaré à la commission de la défense nationale que "Le premier ordre que j'ai reçu du Président Lee était d'être 'ferme mais de s'assurer qu'il n'y ait pas d'escalade' ". Ces propos ont été désavoués par Hong Sang-pyo, et lors d'une audition parlementaire Kim Tae-young a dû ensuite déclarer que l'ordre d'éviter une escalade n'était "pas quelque chose qu'il avait entendu du Président". Prenant ainsi sur lui les critiques tant de la majorité que du Parti démocrate (opposition, centriste) pour une gestion jugée trop faible de la crise (le Sud a visiblement procédé à moins de tirs d'artillerie que le Nord, en l'absence de communication des deux côtés sur d'éventuels sommages nord-coréens), Kim Tae-young a dû démissionner, protégeant ainsi le président Lee Myung-bak.

 

Ce n'est pas la première fois que des têtes tombent dans l'armée sud-coréenne après une crise politique et militaire. Déjà, lors du drame du Cheonan, des responsables militaires avaient fait les frais des incohérences de la communication officielle, tant en ce qui concerne l'heure du naufrage que le rôle présumé du Nord - infirmé par une enquête de la Marine russe, non rendue publique à ce jour. Le ministre de la défense Kim Tae-young s'était déjà illustré dans ses déclarations successives contradictoires.

 

 Exposé aux critiques de l'armée, mais aussi de son extrême-droite prompte à le taxer de faiblesse dans sa réaction le 23 novembre, le président sud-coréen saura-t-il néanmoins faire preuve de la retenue nécessaire pour éviter que la situation ne dégénère ?  C'est le voeu que formule l'Association d'amitié franco-coréenne : face aux risques d'un conflit dévastateur, l'intérêt supérieur de tous les Coréens et de tous les partisans de la paix est de ne négliger aucune moyen pour éviter que cette partie du monde ne s'embrase à nouveau. La prudence n'impose-t-elle pas de renoncer à conduire de nouveaux exercices militaires conjoints américano - sud-coréens dans les zones maritimes contestées entre les deux Corée ? Seul un traité de paix dans la péninsule coréenne, en lieu et place de l'armistice de juillet 1953, apportera une vraie solution, négociée, aux litiges territoriaux à l'origine de trop de morts coréens de part et d'autre.

 

Sources :

- AAFC ;

- Hankyoreh, "Lee's position shifts cause stirs", 25 novembre 2010 ;

- Ria Novosti, "Corée du Sud : la démission du ministre de la Défense", 25 novembre 2010 (dont photo) ;

- Yonhap, "Le président Lee a accepté la démission du ministre de la Défense", 25 novembre 2010.

 

 

 

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23 novembre 2010 2 23 /11 /novembre /2010 23:23

DeuxCor-e.jpgLe mardi 23 novembre 2010, dans le cadre de ses manoeuvres militaires Hoguk en mer de l'Ouest (mer Jaune), l'armée sud-coréenne a effectué des tirs dans des eaux territoriales disputées entre les deux Corée, malgré les avertissements préalables de l'Armée populaire de Corée (du Nord).  Cette dernière a répliqué en tirant des obus vers l'île sud-coréenne de Yeonpyeong, faisant, selon un bilan provisoire, 2 morts et 19 blessés. L'Association d'amitié franco-coréenne déplore la perte de vies humaines à l'issue de ces affrontements dont chaque partie attribue à l'autre la responsabilité. Plus que jamais, l'AAFC réaffirme la nécessité impérieuse d'un traité de paix dans la péninsule coréenne, pour remplacer le simple cessez-le-feu ayant mis fin aux combats de la Guerre de Corée en 1953.

 

Selon l'agence sud-coréenne Yonhap, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a demandé à 8h20 (heure locale) l'arrêt des tirs sud-coréens en mer de l'Ouest (mer Jaune) prévus dans le cadre de l'exercice militaire Hoguk. Ces tirs ont néanmoins commencé à 10h00 au large de l'île sud-coréenne de Yeonpyeong. Vers l'ouest, selon l'armée sud-coréenne. Vers le nord, selon l'armée nord-coréenne qui a actionné son artillerie entre 14h34 et 14h55 et entre 15h10 et 15h42. Toujours selon Yonhap, l'armée sud-coréenne a elle-même répliqué dès 14h50 en tirant vers le Nord.

 

Jusqu'à 200 obus (selon des sources sud-coréennes) auraient été tirés par le Nord, et 80 par le Sud.  Mise en alerte maximale, l'armée sud-coréenne a envoyé des avions de chasse F-16 au-dessus de la zone.

 

D'après le bilan établi le jour même à 18h30 par les autorités de la République de Corée (du Sud), l'armée sud-coréenne compte 2 morts et 16 blessés, auxquels s'ajoutent 3 blessés parmi les civils. Une cinquantaine de maisons ont brûlé et les habitants de l'île de Yeonpyeong ont été évacués.

 

Les Etats-Unis, le Japon et l'Union européenne ont condamné la Corée du Nord, les Etats-Unis entendant rechercher une "approche mesurée et unie". Le président du Conseil de sécurité des Nations Unies, le Britannique Mark Lyall Grant, a  néanmoins déclaré qu'aucune réunion du Conseil n'a été demandée après les tirs d'artillerie nord-coréens contre la Corée du Sud. De source diplomatique française, on avait pourtant indiqué  quelques heures seulement après les affrontements qu'une réunion urgente du Conseil de sécurité était "en cours" d'organisation.

 

La Chine a quant à elle exprimé son inquiétude, appelant à la reprise des pourparlers à six pour la dénucléarisation de la péninsule coréenne, considérant qu'il n'y a pas d'autre voie que celle de la négociation. Il convient d'ailleurs de noter que ces affrontements sont intervenus à la veille d'une rencontre du négociateur américain sur la question nucléaire, Stephen Bosworth, avec son homologue chinois.


NLL-YeonpyeongPour le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, "l'incident mérite d'être condamné et ceux qui ont pris l'initiative du bombardement de l'île sud-coréenne prennent une immense responsabilité".

 

Gravement préoccupée par la brutale montée des tensions dans la péninsule coréenne, le bureau national de l'Association d'amitié franco-coréenne a demandé à rencontrer S.E. Son Mu-sin, délégué général de la République populaire démocratique de Corée en France. Selon la déclaration officielle du quartier général de l'Armée populaire de Corée, présentée par le délégué général de la RPDC aux membres  du bureau national de l'AAFC, le commandement nord-coréen avait demandé aux autorités sud-coréennes de renoncer aux exercices militaires prévus dans cette zone maritime contestée. La Corée du Sud a quand même procédé à des tirs d'artillerie, dont plusieurs en direction de la zone maritime de la RPD de Corée, laquelle s'est déclarée obligée de répliquer.

 

Ces accrochages meurtriers interviennent dans une zone sensible : autour de la ligne de limite nord (Northern Limit Line, NLL) tracée unilatéralement par les forces de l'ONU sous commandement des Etats-Unis à l'issue de la Guerre de Corée (1950-1953). La RPDC n'a jamais accepté ce tracé et demande qu'une ligne de démarcation militaire soit fixée plus au sud, en prolongement de la zone démilitarisée terrestre séparant les deux Corée.

 

Les deux Corée se sont affrontées à plusieurs reprises à proximité de la NLL contestée, en 1999, en 2002 et en 2009. Pour éviter de nouveaux accrochages meurtriers en mer de l'Ouest, l'Association d'amitié franco-coréenne estime plus que jamais nécessaire la conclusion d'un traité de paix dans la péninsule coréenne, en lieu et place de l'accord d'armistice de 1953, pour mettre un terme définitif à la Guerre de Corée et préserver la paix en Asie du Nord-Est et dans le monde.

 

 

 

Sources :

- AAFC

- Yonhap, "Tirs de canon nord-coréens : le déroulement de la journée", 23 novembre 2010

- TF1, "Les obus nord-coréens atterriront-ils à l'ONU", 23 novembre 2010

- Dossier sur le site de l'agence russe RIA-Novosti

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30 octobre 2010 6 30 /10 /octobre /2010 21:56

De nouvelles réunions de familles coréennes séparées par la guerre, de par et d'autre de la DMZ, ont commencé le samedi 30 octobre 2010 dans le complexe des monts Kumgang, au Nord de la péninsule. Des moments intenses en émotions pour 532 Sud-Coréens et 304 Nord-Coréens, qui dureront jusqu'au 5 novembre prochain - et que n'ont pas remis en cause des tirs échangés la veille le long de la DMZ.

 

20101031_453240_01.jpgIls étaient sans nouvelles de leurs proches restés de l'autre côté de la zone démilitarisée depuis soixante ans, en l'absence de tout moyen de communication, par lettre, par téléphone ou par mél. Ce samedi 30 octobre à 15 heures (heure locale) a eu lieu la première rencontre, qui durera trois jours, entre 436 Sud-Coréens et 97 Nord-Coréens. Les rencontres de demain et après-demain seront individuelles. A partir du 3 novembre, et pendant à nouveau trois jours, 207 Nord-Coréens retrouveront 96 Sud-Coréens.

 

"Je pensais que vous étiez mort. Vous avez tellement manqué à maman", a dit le Sud-Coréen Lee Min-gwan à son père, Ri Jong-ryol, Nord-Coréen, âgé de 90 ans. Ce dernier a répondu : "Je ne t'ai pas oublié chaque jour pendant ces soixante dernières années."

 

L'émotion des retrouvailles rend compte du drame vécu par des millions de Coréens, dont les familles ont été séparées par la partition de leur pays puis par la guerre. Au total, plus de 20.800 Coréens ont participé à des réunions de familles séparées, en face à face ou par visioconférence. Les premières rencontres ont eu lieu en 1985 : il s'agit des dix-huitièmes rencontres depuis cette date.

 

Les rencontres d'octobre et de novembre, les premières depuis plus d'un an, se sont tenues sur une initiative du Nord, après des gestes humanitaires de chaque gouvernement. Quelques jours plus tôt, 5.000 tonnes de riz ont été envoyées par la Corée du Sud aux populations nord-coréennes victimes d'inondations cet été. C'était la première livraison intercoréenne de céréales depuis l'arrivée au pouvoir, à Séoul, du président Lee Myung-bak.

 

Sources : AAFC, KBS World, Shanghaï Daily (dont photo).

 

 

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11 septembre 2010 6 11 /09 /septembre /2010 13:59

La division de la péninsule coréenne, entérinée par la guerre de Corée (1950-1953), a laissé des millions de Coréens sans nouvelles des membres de leurs familles et de leurs proches restés de l'autre côté de la DMZ - en l'absence de toute possibilité de communication par courrier, par téléphone ou par mél. Les réunions de familles séparées ont ainsi été l'une des priorités du dialogue intercoréen. Alors que le président sud-coréen Lee Myung-bak a remis en cause la politique d'ouverture au Nord de ses prédécesseurs démocrates, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a pris une fois encore l'initiative dans le rapprochement intercoréen, en proposant de nouvelles réunions de familles séparées à l'occasion de Chuseok, la fête coréenne des moissons, où l'ensemble des Coréens célèbrent leurs ancêtres défunts.

 

Le samedi 11 septembre 2010, l'agence officielle nord-coréenne KCNA a informé que, la veille, Jang Jae-on, président du Comité central de la société de la Croix-Rouge de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), avait proposé à son homologue sud-coréen Ryu Jong-ha de préparer une nouvelle réunion de familles séparées par la guerre dans les monts Kumgang, au Nord de la péninsule. La rencontre pourrait avoir lieu à l'occasion de Chuseok, la fête traditionnelle des moissons, qui se tiendra cette année le 22 septembre - et qui donne lieu à des cérémonies en l'honneur des ancêtres défunts dans toute la péninsule.


Il y a un an, des initiatives conjointes des autorités nord-coréennes et de la société civile sud-coréenne avaient déjà permis une reprise des réunions de familles séparées, interrompues après l'arrivée au pouvoir à Séoul du conservateur Lee Myung-bak, qui a remis en cause la politique "du rayon de soleil" de ses prédécesseurs démocrates Kim Dae-jung et Roh Moo-hyun. La proposition de la Croix-Rouge nord-coréenne intervient après des gestes humanitaires réciproques des deux gouvernements coréens, le Nord ayant libéré l'équipage d'un bateau de pêche arrêté pour avoir pénétré dans les eaux nord-coréennes, et le Sud étant disposé à fournir une aide aux victimes des inondations de cet été au Nord de la péninsule.

 

Lors de l'anniversaire de la libération de la Corée, le 15 août 2010, le président sud-coréen Lee Myung-bak avait envisagé la possibilité de créer un impôt pour financer la réunification. Récemment, il a évoqué l'ouverture d'un deuxième complexe intercoréen, au Nord de la péninsule, sur le modèle de la zone de Kaesong. Mais la priorité n'est-elle pas d'abord de reconnaître et de mettre en oeuvre les accords intercoréens du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007, traduction concrète des engagements des deux gouvernements coréens, et des aspirations de tout le peuple coréen, du Nord, du Sud et de la diaspora ?  Parmi ces attentes, les réunions de familles séparées sont l'un des voeux les plus chers des Coréens sincèrement attachés à la réunification de leur patrie, et l'une des mesures phares des déclarations communes Nord-Sud du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007.

 

Si la proposition du Nord, rendue publique ce 11 septembre 2010, est accueillie favorablement, elle soulèvera un immense espoir parmi tous les Coréens d'enfin revoir ceux qu'ils aiment et dont ils sont sans nouvelles, en l'absence de traité de paix dans la péninsule coréenne depuis près de soixante ans. Alors que les réunions de familles séparées ont permis à 20.000 Coréens de se retrouver depuis 1953, la reprise et l'approfondissement des échanges Nord-Sud est une exigence pour que ce rêve devienne une réalité pour des millions de familles divisées.

 

 Sources : AAFC, CNN

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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 23:25

A la demande de la Croix-Rouge sud-coréenne, les autorités nord-coréennes ont annoncé, le mardi 7 septembre 2010, avoir relâché, pour des raisons humanitaires, un bateau de pêche sud-coréen et ses membres d'équipage, arrêtés en août pour avoir violé la zone économique exclusive (ZEE) de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Cette décision coïncide avec l'accueil favorable, par le gouvernement sud-coréen, d'une demande d'aide aux victimes des récentes inondations au Nord de la péninsule. Suivant une tradition solidement établie dans les relations entre les deux Corée, le canal humanitaire apparaît ainsi comme le passage obligé du rétablissement du dialogue Nord-Sud, alors que le gouvernement Lee Myung-bak a suspendu la plupart des échanges de biens et de personnes suite au naufrage de la corvette Cheonan.

 

Le 8 août dernier, un navire sud-coréen, le Daeseung 55, avait été intercepté par les forces navales nord-coréennes, avec à son bord huit passagers (cinq Sud-Coréens et trois Chinois) pour être illégalement entré et avoir conduit des activités de pêche dans la zone économique exclusive de la RPD de Corée. Le 7 septembre, les autorités nord-coréennes ont décidé de relâcher le navire et ses membres d'équipage. Selon l'agence officielle nord-coréenne KCNA, malgré une "atteinte intolérable" à la souveraineté de la RPDC, cette décision a été prise pour des motifs humanitaires et parce que l'équipage, composé de "compatriotes", a reconnu la gravité des faits, tout en s'engageant à ne repéter de tels actes à l'avenir. La demande de libération avait été formulée par la Croix-Rouge sud-coréenne.

 

De fait, les raisons humanitaires créent de nouveaux canaux d'échanges intercoréens, alors même que les autorités sud-coréennes ont suspendu la plupart des échanges Nord-Sud après le naufrage de la corvette Cheonan, imputé au Nord malgré l'absence de preuves scientifiques. En effet, suite aux inondations au Nord de la péninsule, le gouvernement sud-coréen a indiqué que les discussions en cours étaient "assez favorables" pour répondre à la demande nord-coréenne de fournir du riz, des équipements lourds et du ciment à leurs compatriotes des régions sinistrées du Nord.

 

Même si le gouvernement sud-coréen cherche à minimiser la portée d'une telle décision (en affirmant que, prise dans un contexte humanitaire, elle ne "sera pas une rupture avec nos principes à l'égard de la Corée du Nord"), force est de constater que, depuis plusieurs mois, les échanges Nord-Sud ont été sévèrement restreints, y compris dans le domaine humanitaire. Par ailleurs, depuis son entrée en fonctions début 2008, le gouvernement sud-coréen de Lee Myung-bak a suspendu les livraisons de riz et d'engrais au Nord, qui avaient notamment permis d'atténuer les conséquences des très lourdes inondations ayant déjà frappé la Corée du Nord à l'été 2007. Cette décision était apparue comme une forme de chantage alimentaire, en conditionnant l'aide aux populations à des critères politiques, en rupture avec la politique du rayon de soleil des présidents Kim Dae-jung et Roh Moo-hyun.

 

Si elle se confirme, la solidarité intercoréenne face aux catastrophes naturelles, au-delà des clivages politiques, renouerait avec une tradition ancienne - sans nécessairement préjuger d'une reprise plus large des échanges intercoréens, la Corée du Sud venant d'applaudir au renforcement des sanctions américaines contre Pyongyang, d'une part, quand Washington a également annoncé une aide humanitaire aux victimes nord-coréennes des inondations, d'autre part. Répondant à des considérations humanitaires, le Nord avait ainsi approvisionné le Sud en électricité après la Libération, puis avait versé une aide de 12 millions de dollars aux victimes des inondations en Corée du Sud en septembre 1984. A son tour, le Sud avait aidé les Nord-Coréens victimes des inondations et des sécheresses catastrophiques durant la dure marche des années 1990, puis à l'été 2007.

 

Sources :

- AAFC

- KCNA, "S. Korean Fishing Boat and Crew to Be Sent Back", 6 septembre 2010 ;

- Yonhap, "Le gouvernement examine favorablement la demande nord-coréenne d’envoi de riz et ciment", 7 septembre 2010.

 

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