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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 20:57

Pour la deuxième fois après une interruption de six ans, la République de Corée (du Sud) a décidé d'installer et d'illuminer un immense arbre de Noël, haut de 29 mètres, surmonté d'une croix chrétienne, sur une colline située à proximité de la DMZ. La portée de cette provocation savamment calculée doit être replacée dans le contexte de la lutte contre la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) engagée par l'extrême-droite religieuse sud-coréenne, à l'origine du sapin de la discorde.

 

sapin-noel-coree.jpgVue d'Occident, où la symbolique des arbres de Noël a beaucoup perdu de sa puissance, l'affaire pourrait prêter à sourire. Mais dans le contexte de la division de la péninsule coréenne, toujours techniquement en état de guerre depuis l'armistice ayant mis fin à la guerre de Corée en 1953, le symbole est loin d'être innocent. En choisissant d'ériger une tour de métal haute de 29 mètres en forme de sapin, garnie de lampions, et surmontée d'une croix à proximité immédiate de la DMZ, le gouvernement sud-coréen fait coup double : il nargue le Nord et fait plaisir aux groupes religieux les plus extrémistes, les mêmes qui sont engagés sur d'autres fronts dans une guerre psychologique contre la RPDC.

 

Le gouvernement nord-coréen a réagi très vivement, déclarant sur le site Uriminzokkiri : "Les va-t-en-guerre ennemis (...) devraient être conscients qu'ils seront tenus entièrement responsables de toute conséquence imprévisible que pourrait entraîner leur entreprise".

 

Pour ceux qui ont visité la DMZ, cette histoire peut rappeler celle des porte-drapeaux, toujours plus hauts, installés par le Nord et le Sud de part et d'autre de la DMZ, dans une compétition où le Sud avait fini par renoncer à l'emporter. Mais les soldats américains et sud-coréens qui font visiter la DMZ ne manquent jamais de moquer la hampe de la RPDC plus haute : mais si l'enjeu est à ce point dérisoire, pourquoi alors avoir choisi d'ériger un sapin de Noël métallique de 29 mètres, sur l'une des plus hautes collines situées à proximité de la RPDC ?

 

Enfin, tout étranger à Séoul ne peut qu'être frappé de la concurrence entre croix lumineuses, en haut de bâtiments toujours plus hauts, qui illuminent la capitale sud-coréenne la nuit. Le sapin de Noël de la DMZ relève de la même volonté : en imposer à tous, en faisant de la tour métallique largement visible au Nord un symbole religieux assumé.

 

Car le gouvernement sud-coréen veut plaire aux groupes religieux extrémistes protestants sud-coréens, qui sont un des soutiens indéfectibles du Grand parti national, au pouvoir à Séoul. Certaines de ces églises sont engagées dans une guerre psychologique bien tangible, à la frontière sino-coréenne : récupérer les Nord-Coréens présents en Chine, leur inculquer la foi chrétienne à coup de cours accélérés de catéchisme pendant de longues heures chaque jour, et enfin les inviter à propager leurs idées en RPD de Corée. Avec sa croix juchée au sommet, l'immense sapin de Noël relève du même esprit de croisade, en étant situé à seulement trois kilomètres du Nord et à portée de tirs des soldats nord-coréens.

 

Lorsque, en 2004, les deux gouvernements coréens avaient décidé d'arrêter les exercices de propagande, les sapins de Noël du Sud avaient cessé d'être dressés le long de la DMZ, de même que les hauts-parleurs s'étaient tus. En autorisant hier l'envoi de propagande par ballon le long de la DMZ, en relançant aujourd'hui la polémique du sapin de Noël (dont la mise en place avait déjà repris l'an dernier, en 2010), le gouvernement sud-coréen viole en connaissance de cause l'accord de 2004 - tout en comptant sur l'ignorance de la situation coréenne par les médias occidentaux pour qu'ils reproduisent les argumentaires du gouvernement et de l'armée de Corée du Sud.

 

Sources : AAFC, 24 heures, Urinminzokkiri. Photo Big Browser.

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 20:38

Depuis quelques semaines, les signes de détente entre les deux Corée se multiplient dans les domaines sportif et culturel. En octobre dernier, la coopération intercoréenne pour la préservation du palais royal Manwoldae, dans la ville nord-coréenne de Kaesong, initiée en 2007, a repris après avoir été suspendue en mai 2010. Toujours le mois dernier, Pyongyang a proposé une réunion intergouvernementale pour la reprise du tourisme intercoréen, à laquelle un conseil consultatif placé auprès du président sud-coréen a recommandé de donner une suite favorable. Enfin, des responsables sud-coréens se sont rendus à Kaesong, le 18 novembre, pour relancer un projet, engagé en 2005, de publication d'un dictionnaire commun, couvrant les différences de dialecte entre les deux parties de la péninsule. Dans ce contexte, les succès des doubles mixtes (Nord et Sud) de joueurs et joueuses de tennis de table lors du tournoi international de tennis de table du Qatar, les 21 et 22 novembre 2011, revêtent une double valeur, à la fois symbolique et sportive.

 

Au début des années 1970, les échanges de joueurs américains et chinois de tennis de table avaient ouvert la voie à l'établissement de relations diplomatiques entre les deux pays. La "diplomatie du ping pong" semble aujourd'hui faire son retour entre les deux Corée.

 

kimhyokbong_17_09_07_Large.jpgLes 21 et 22 novembre 2011, la Fédération internationale de tennis de table (FITT) et l'organisation "Sport et paix" (Peace and Sport Table Tennis Cup) ont organisé à Doha, au Qatar, une compétition internationale de tennis de table réunissant des joueurs américains, chinois, français, indiens, japonais, pakistanais, russes, ainsi que des deux Corée : la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) et la République de Corée (du Sud). Les matches amicaux ont été joués en simples masculins et féminins et en doubles et doubles mixtes, permettant d'associer des joueurs de différentes nationalités. Les doubles mixtes ont ainsi permis d'associer des joueurs originaires du Nord et du Sud de la péninsule coréenne.

 

Les organisateurs reconnaissent ouvertement encourager les échanges diplomatiques. Comme l'a observé Joël Bouzou, ancien champion du monde de pentathlon moderne et fondateur de l'association Peace and Sport, placée sous le haut patronage du prince Albert II de Monaco, il convient d' "encourager le dialogue entre certains pays et, de manière plus globale, promouvoir la compréhension mutuelle et la paix", car "le sport est neutre par excellence, il a la capacité de rapprocher les gens et peut favoriser la reprise de discussions diplomatiques quand elles n'existent plus".

 

En octobre 2011, Adam Sharara, président de la FITT, avait visité la RPD de Corée

 

Ryu-Seung-Min.jpgLes résultats ont été à la hauteur des atteintes de tout le peuple coréen. Le 22 novembre, Kim Hyok-bong (photo ci-dessus), de la RPDC, et l'ancien champion olympique sud-coréen Ryu Seung-min (médaillé d'or aux Jeux olympiques en 2004, actuel n° 15 mondial et n° 1 français,  licencié du club d'Hennebont), ont remporté le double hommes, en battant leurs rivaux chinois et qatari en demi-finales sur le score de 3 à 0, puis un double russo-américain en finale, sur le même score de 3 victoires à 0, en l'emportant par les résultats de 11-9, 11-3 et 11-4.

 

Chez les femmes, la Nord-Coréenne Kim Hye-song et la Sud-Coréenne Kim Kyong-a ont terminé la compétition en doubles à la deuxième place.

 

Ce n'est pas la première fois qu'une équipe coréenne unifiée remporte une compétition en tennis de table. En 1991, le titre de champion du monde féminin avait été remporté par les Coréennes du Nord et du Sud lors des 41èmes championnats du monde, alors organisés au Japon.

 

 

Sources :

- Maxime Goldbaum, "La diplomatie du ping-pong fait son retour au Qatar, in Le Monde, 21 novembre 2011 ;

- KCNA, "Korean Paddlers Win in Men's Doubles of Qatar Cup", dépêche publiée le 24 novembre 2011 ;

- Yonhap, "Korea's table tennis players team up for doubles victory in Qatar", dépêche publiée le 22 novembre 2011 ;

- Photo de Kim Hyok-bong sur le site de la FITT ;

- Photo Ryu Seung-min, sur le site de Cool Sports Players.

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24 septembre 2011 6 24 /09 /septembre /2011 21:01

Le jeudi 22 septembre 2011, une rencontre s'est tenue à Pyongyang entre les représentants des principaux ordres religieux du Nord et du Sud de la péninsule, autour de trois thèmes principaux qui ont donné lieu à l'adoption d'une déclaration commune : la réconciliation nationale, l'unité et la réunification. Après le chef d'orchestre Chung Myung-whun et des bouddhistes, c'est la troisième fois en quelques semaines que le ministère sud-coréen de la Réunification, qui vient de changer de titulaire, autorise le déplacement de citoyens sud-coréens au Nord de la péninsule.

 

Les représentants des principaux ordres religieux du Nord et du Sud de la péninsule coréenne se sont rencontrés à Pyongyang le 22 septembre 2011.

 

Etaient présents, pour le Nord, Jang Jae-on, président du Conseil religieux des croyants de Corée, Kang Yong-sop, président du Comité central de la Fédération chrétienne de Corée, Sim Sang-jin, président du Comité central de la Fédération bouddhiste de Corée, Kang Chol-won, vice-président du Comité central d'orientation de l'Association des chondoïstes de Corée, ainsi que des représentants des différentes organisations religieuses.

 

La délégation des sept principaux ordres religieux du Sud était conduite par l'archevêque de Kwangju, Kim Hui-jung, président exécutif du Conseil religieux sud-coréen pour la Paix. Il était accompagné des vice-présidents du Conseil : le Révérend Kim Yeong-ju, président du Conseil national des Eglises (protestantes) de Corée, le Vénérable Jaseung, président de l'Ordre bouddhiste Jogye, le Vénérable Kim Ju-won, chef du Bouddhisme Won, Choi Gun-deok, président de l'Association confucéenne Sun Kyun Kwan, Rim Un-gil, chef de la religion chondogyo et Han Yang-won, chef de la religion ethnique coréenne.

 

Les participants ont adopté une déclaration commune pour la réconciliation nationale, l'unité et la réunification pacifique, sous le mot d'ordre "Par la nation coréenne elle-même", en appelant à mettre fin aux tensions et aux confrontations, à écarter le danger de guerre et à assurer une paix durable. Ils ont appelé à la tenue de réunions régulières pour encourager le dialogue et la coopération, en vue de l'unité des croyants et de la réunification de la nation coréenne.

 

KCRP sept2011 

rencontre religieuse intercoreenne 22 septembre 2011 1

  

rencontre_religieuse_intercoreenne_22_septembre_2011_2.jpg

 

rencontre_religieuse_intercoreenne_22_septembre_2011_3.jpg

 

Sources : KCNA , Yonhap

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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 22:23

Revenu de République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) où il a séjourné du 12 au 15 septembre 2011 lors de la traditionnelle fête coréenne des moissons, le maestro Chung Myung-whun, chef de l'Orchestre municipal de Séoul et directeur musical de l’Orchestre philharmonique de Radio France, a envisagé l'organisation d'un concert conjoint intercoréen. Si cet événement se concrétise, il sera un symbole puissant de la réconciliation entre le Nord et le Sud de la péninsule, divisée depuis plus de 60 ans contre le voeu du peuple coréen.

 

chung_myung_whun_conference_presse_16_septembre_2011.jpg

 

"Nous essaierons d’organiser un concert conjoint par les orchestres du Sud et du Nord" : par ces quelques mots prononcés lors de la conférence de presse qu'il a tenue à Séoul le 16 septembre 2011 à son retour de RPD de Corée, le maestro sud-coréen Chung Myung-whun a soulevé un immense espoir sur la voie de la réconciliation et de la réunification de la péninsule coréenne.

 

Détaillant son projet, le chef d'orchestre de Radio France a précisé : "le concert aura lieu à Séoul et à Pyongyang respectivement", en indiquant que chaque pays compterait un nombre égal de musiciens.

 

Chung Myung-whun a discuté à Pyongyang avec l'Association des échanges artistiques de la RPD de Corée et formé de jeunes talents musicaux au Nord de la péninsule, pendant son séjour de quatre jours du 12 au 15 septembre derniers.

 

Après avoir dirigé à Pyongyang l'Orchestre symphonique d'Etat de la RPDC en février 2008, Lorin Maazel, ému, avait déclaré que les musiciens étaient "fantastiques", et qu'ils constituaient "un groupe merveilleux, très professionnel, très uni, très concentré". 

Sources : AAFC, Yonhap.

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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 11:00

Le dimanche 18 septembre 2011, plusieurs agences de presse ont annoncé qu'une rencontre entre les représentants des deux Corée, à Pékin, aurait lieu le mercredi 21 septembre, en vue d'une reprise des pourparlers à six (les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon) sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne. L'annonce a été faite par un officiel du ministère sud-coréen des Affaires étrangères, s'exprimant sous couvert d'anonymat.

 

Depuis quelques mois, les signes d'apaisement se multiplient entre la République de Corée (du Sud) et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Séoul s'est ainsi engagé au versement d'une aide d'urgence aux victimes nord-coréennes des inondations diluviennes de cet été, qui ont frappé l'ensemble de la péninsule. Pendant la fête coréenne traditionnelle des moissons, le chef d'orchestre sud-coréen Chung Myung-whun a été invité à Pyongyang. Les deux gouvernements coréens ont fait front commun face au Japon sur la souveraineté des îles Dokdo. Enfin, le nouveau ministre sud-coréen de la Réunification, M. Yu Woo-ik, dont la nomination a été annoncée le 30 août dernier avant son audition par le Parlement, a la réputation d'être ouvert au dialogue intercoréen.

 

ri yong ho wi sung lacDans ce contexte, les signes d'une possible reprise des pourparlers à six sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne, interrompus depuis plus de deux ans, sont observés avec attention : le 22 juillet 2011, en marge du 18ème forum régional de l'Association des Nations d'Asie du Sud-Est (ASEAN) en Indonésie, une rencontre entre les négociateurs des deux Corée aux pourparlers à six sur la dénucléarisation de la péninsule (photo The Djakarta Post), le Sud-Coréen Wi Sung-lac et le Nord-Coréen Ri Yong-ho, a constitué la première rencontre bilatérale entre les deux Corée sur la question nucléaire depuis 2008.

 

M. Kim Kye-gwan, premier vice-ministre des Affaires étrangères de la RPDC, s'est ensuite rendu aux Etats-Unis. Si sa visite, portant sur des discussions "exploratoires" en vue d'une reprise des pourparlers à six, n'a alors pas été suivie d'annonce particulière, elle a témoigné d'une intensification des échanges diplomatiques, alors que Séoul et Washington ont mis des conditions préalables à une reprise des pourparlers à six. Il est vraisemblable que les Etats-Unis et la Corée du Sud négocient les possibilités de leur retour à la table des négociations, alors que leurs exigences initiales ne pouvaient pas être acceptées par la RPDC.

 

Lors de sa rencontre en Russie avec le président Dmitri Medvedev, le dirigeant Kim Jong-il avait réaffirmé que Pyongyang était prêt à un retour sans conditions aux discussions sur le nucléaire, en faisant par ailleurs une proposition de moratoire de ses essais nucléaires et de la production d'armes nucléaires. Lors de cette même visite, la proposition de gazoduc entre la Russie et les deux Corée a par ailleurs reçu un écho favorable à Séoul.

 

M. Ri Yong-ho est arrivé à Pékin, qui abrite les pourparlers à six, le 17 septembre 2011. Le 18 septembre, un officiel du ministère sud-coréen des Affaires étrangères a annoncé, sous couvert d'anonymat, une rencontre avec son homologue sud-coréen Wi Sung-lac le 21 septembre. Mark Toner, porte-parole du département d'Etat américain, avait déclaré le 16 septembre que les Etats-Unis saluaient l'essor du dialogue entre les deux Corée.

 

Sources : AAFC, AP, Yonhap (dépêches des 17 et 18 septembre 2011).

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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 21:08

Le maestro Chung Myung-whun, qui dirige l'Orchestre philharmonique de Séoul ainsi que l'Orchestre philharmonique de Radio France, est arrivé en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) le 12 septembre 2011, à l'occasion de la fête traditionnelle de Chuseok, célébrée dans l'ensemble de la péninsule. Chung Myung-whun a reçu une autorisation pour rester au Nord de la Corée jusqu'au 16 septembre. Ambassadeur auprès de l'Unicef, Chung Myung-whun devrait notamment engager des programmes de formation musicale pour les enfants nord-coréens.

 

L'agence KCNA de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a annoncé l'arrivée à Pyongyang, le 12 septembre 2011, d'une délégation conduite par le chef d'orchestre sud-coréen Chung Myung-whun. Toujours selon KCNA, le maestro a dirigé l'Orchestre symphonique d'Etat de la RPD de Corée ainsi que l'orchestre Unhasu (photo ci-dessous). Il a également eu des discussions avec les artistes nord-coréens et visité le palais des enfants de Mangyongdae de Pyongyang. Dans l'ensemble de la RPDC, les palais des enfants forment les jeunes élèves les plus doués aux différentes disciplines artistiques et sportives, le palais des enfants de Pyongyang étant le plus réputé du pays.

 

Chung_myung_whun_in_pyongyang.jpg

 

Selon le ministre sud-coréen de la Réunification, le chef d'orchestre, qui exerce des fonctions honorifiques d'ambassadeur auprès de l'Unicef, "donnera des cours à des enfants nord-coréens et discutera de l'organisation de concerts croisés dans les deux pays avec l’Association pour les échanges artistiques de la Corée du Nord".

 

L'accord donné par les autorités sud-coréennes à cette visite apparaît comme un signe de réchauffement dans les relations intercoréennes, les visites en Corée du Nord ayant été en principe interdites par Séoul le 24 mai 2010.

 

Toutefois, deux visites sud-coréennes en Corée du Nord ont été récemment autorisées par Séoul : avant celle de la délégation conduite par Chung Myung-whun, des religieux s'étaient rendus dans la partie Nord de la péninsule.

 

Par le passé, des échanges culturels dans le domaine musical ont déjà été un vecteur d'amélioration des relations bilatérales : en février 2008, l'Orchestre philharmonique de New York s'était ainsi rendu en RPD de Corée.

 

Sources : AAFC, The Canadian Press, KCNA (dont photo), Yonhap.

 

 

 

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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 18:12

Le 30 août 2011, Hyun In-taek a été remplacé par Yu Woo-ik au poste de ministre de la Réunification à Séoul. La ligne intransigeante de Hyun In-taek vis-à-vis de la Corée du Nord avait été largement critiquée, y compris dans son propre camp par le président du parti au pouvoir, Hong Joon-pyo, qui avait demandé le remplacement de Hyun In-taek. Les positions de ce dernier, qui resterait conseiller du chef de l'Etat pour les relations intercoréennes, ont été un des facteurs de détérioration des relations intercoréennes tout au long de ses deux ans et demi de mandat. Le remplacement de Hyun In-taek par un des bras droits de Lee Myung-bak lève un obstacle à un possible changement de cap des relations Nord-Sud, si le président sud-coréen, qui devra quitter son poste en février 2013, décide de s'engager en ce sens. Non rééligible, le président Lee Myung-bak a maintenant rendez-vous avec l'histoire : quel héritage des relations intercoréennes entend-il laisser à son successeur ?

 

yu_woo_ik.jpgHomme pragmatique, le nouveau ministre sud-coréen de la Réunification Yu Woo-ik a fait preuve de prudence lors son premier entretien avec des journalistes suite à sa désignation, lors d'un entretien à Samcheongdong. Ces derniers lui demandaient si sa nomination augurait d'une volonté d'infléchissement de Séoul vis-à-vis de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord).

 

En tout état de cause, les médias sud-coréens pro-gouvernementaux mettent en avant une volonté d'ouverture, alors que Yu Woo-ik a officiellement déclaré qu'il n'y a pas de changement de cap - probablement par souci de ne pas mobiliser la fraction la plus anticommuniste de l'électorat conservateur, à un an et demi d'une élection présidentielle où l'émergence d'une candidature à droite du Grand parti national (GPN, conservateur, au pouvoir) handicaperait lourdement les chances du GPN. L'agence de presse officielle sud-coréenne Yonhap a ainsi publié successivement, le 31 août 2011, deux dépêches au contenu très proche mais dont les titres avaient une tonalité radicalement différente : la première dépêche citait une déclaration du nouveau ministre déclarant "Nous maintiendrons notre ligne politique vis-à-vis du Nord", tandis que la seconde dépêche rectifiait le tir en citant une autre phrase de Yu Woo-ik : "Une souplesse est à envisager dans les relations intercoréennes". Ces différents propos réflètent la position exprimée par Yu Woo-ik.

 

Sur le projet de gazoduc entre la Russie et les deux Corée, qui a été un des sujets au coeur du récent sommet entre le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il et le président russe Dmitri Medvedev, Yu Woo-ik a été prudent, tout en observant que ce projet bénéficierait aux différentes parties : "les infrastructures, qui peuvent relier les deux Corées et qui peuvent profiter aux deux, seront certainement nécessaires, mais tant que je n’ai pas d’éléments concrets, il faudra que je réfléchisse à ce que je peux faire".

 

Dans une rencontre avec la presse le 29 décembre 2009, au lendemain de sa nomination comme ambassadeur en Chine, Yu Woo-ik avait déclaré qu'il s'efforcerait "d’assumer le rôle visant à faire avancer les relations intercoréennes". Yu Woo-ik n'avait pas reçu d'autre affectation après avoir quitté ce poste au printemps dernier, ce qui avait alimenté les rumeurs sur sa possible nomination au poste de ministre de la Réunification - alors qu'était confirmé l'échec des discussions sur la tenue d'un possible sommet intercoréen, à plusieurs reprises évoqué par le président Lee Myung-bak. La ligne dure adoptée sous la houlette de Hyun In-taek avait ainsi fait la preuve de son échec, en entraînant une profonde détérioration des relations intercoréennes et des pertes pour chacune des deux parties

 

Cet été, des contacts ont été renoués publiquement à un haut niveau, entre les deux Corée et entre la RPDC et les Etats-Unis.

 

Homme politique pragmatique ayant la confiance du président Lee Myung-bak, Yu Woo-ik a été présenté par la presse sud-coréenne comme l'une des canaux informels du dialogue intercoréen au sein du Grand parti national, au pouvoir à Séoul.

 

Sources : AAFC, Yonhap (dont photo).

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10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 09:59

(Article mis à jour le 11 août 2011, à 00h05) Le 10 août 2011, des tirs d'artillerie sont intervenus à proximité de la Ligne de limite nord (Northern Limit Line, NLL) qui sépare les deux Corée en mer de l'Ouest (mer Jaune). Les circonstances ne sont pas claires : la Corée du Sud a affirmé, par la voix de son ministère de la Défense, avoir procédé à des tirs en riposte après qu'un des tirs d'obus nord-coréens qu'elle dit avoir entendus est tombé au Sud de la NLL, tandis que d'autres sources sud-coréennes font état d'un obus qui aurait « presque  »  atteint cette ligne... Pour sa part, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a démenti avoir procédé à des tirs d'artillerie : les détonations entendues correspondraient à l'utilisation d'explosifs pour des travaux de construction. La Corée du Nord dénonce une provocation de la Corée du Sud, qui s'engage une nouvelle fois dans des exercices militaires de grande ampleur, conjoints avec les Etats-Unis, et vivement critiqués par la Corée du Nord. Toujours selon Séoul, ses tirs n'auraient - évidemment - pas atteint la NLL, qui apparaît donc comme une « frontière » que la Corée du Sud et son allié américain veulent défendre coûte que coûte, malgré son caractère contestable. Eclairage.

 

marine_sud_coreenne_exercices_mars_2010.jpg

 

Ce mercredi 10 août 2011, la Ligne de limite nord (Northern Limit Line, NLL) a montré qu'elle reste une zone d'extrême tension, comme l'avaient rappelé les tirs d'artillerie du 23 novembre 2010 sur l'île de Yeonpyeong. Fixée unilatéralement par l'armée américaine en 1953 pour délimiter le Nord et le Sud de la Corée en mer de l'Ouest (mer Jaune), la NLL est refusée par la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Les Etats-Unis réaffirment quant à eux régulièrement leur engagement à défendre cette « frontière » maritime aux côtés de leurs alliés sud-coréens, y compris en organisant des manoeuvres militaires d'envergure à proximité de cette zone dangereuse. Mais les responsables de l'administration américaine savent que la NLL est légalement indéfendable, au moins depuis le début des années 1970.

 

Interrogé sur l'avis de l'administration américaine quant à la NLL en 2010 après les affrontements de Yeonpyeong, le porte-parole du département d'Etat Philip Crowley avait préféré renvoyer vers les responsables militaires. C'est donc le colonel Jonathan Withington, porte-parole du Commandement des Nations Unies et des forces américaines en Corée du Sud, qui a répondu que la NLL ne devrait pas être renégociée car elle est « une mesure de surveillance militaire mise en place pour prévenir un conflit armé ». Le colonel Withington a ajouté : « Des actes hostiles tels que le torpillage du Cheonan et l'attaque de l'île de Yeonpyeong par la Corée du Nord, qui ont tous les deux eu lieu au sud de la NLL, constituent clairement de graves violations de l'accord d'armistice. »

 

Pourtant, « en cas d'arbitrage, la décision serait probablement de déplacer la ligne plus au sud », estime Mark J. Valencia, juriste maritime et chercheur au think tank National Bureau of Asian Research.

 

Une note rédigée par la CIA en juin 1953 révèle que, un mois avant l'armistice de la Guerre de Corée, le président sud-coréen Syngman Rhee refusait d'envisager une trêve. Dans ses mémoires parues en 1954, Du Danube au Yalu, le général Mark W. Clark, commandant en 1953 les forces des Nations Unies en Corée, décrit Syngman Rhee comme une « mèche allumée conduisant à un baril de poudre ». Mais si le Sud voulait poursuivre la guerre, celle-ci était devenue impopulaire aux Etats-Unis et Clark avait reçu du président américain Eisenhower l'ordre de rechercher une « paix honorable ».

 

C'est dans ce contexte que, selon certains spécialistes, la Ligne de limite nord a été tracée par le général Clark et ses collaborateurs, la « frontière » maritime de la mer de l'Ouest étant initialement destinée à empêcher la Corée du Sud de perturber l'armistice mettant fin aux combats de la Guerre de Corée. C'est notamment l'avis de Narushige Michishita, professeur associé à l'Institut national universitaire d'études politiques de Tokyo et de Larry Niksch, ancien spécialiste des affaires asiatiques au Service de recherche du Congrès des Etats-Unis. Pour Niksch, « il y avait des inquiétudes quant au président Rhee et à ce qu'il pourrait faire ». Mais, rappelle Michishita, la Corée du Nord n'a pas pas été consultée sur le tracé de la NLL.

 

NLL

La Ligne de limite nord serpente donc le long de la presqu'île nord-coréenne d'Ongjin, en laissant cinq îles sous le contrôle de la Corée du Sud : Baengnyeong, Daecheong, Socheong, Yeonpyeong, et U. Mais, et c'est peut-être le plus important, l'accord d'armistice du 27 juillet 1953 ne mentionne à aucun moment le tracé de la « frontière » inter-coréenne en mer de l'Ouest. Ce tracé ne figure sur aucune carte établie par les Nations Unies à cette époque.

 

En 1953, Clark a fixé la ligne de partage entre le Nord et le Sud selon la règle des 3 milles marins (5,56 kilomètres) qui était le standard à l'époque. Aujourd'hui, presque tous les pays, y compris les deux Corée, utilisent la règle des 12 milles marins (22,22 kilomètres). En suivant la règle des 12 milles marins, les cinq îles de l'ouest administrées par la Corée du Sud – dont l'île de Yeonpyeong – se trouvent en territoire nord-coréen. Actuellement, l'île la plus éloignée administrée par la Corée du Sud en mer de l'Ouest – l'île de Baengnyeong, à proximité de laquelle a coulé la corvette sud-coréenne Cheonan le 26 mars 2010 - se situe à 160 kilomètres d'Incheon, le grand port sud-coréen le plus proche...

 

Rien qu'entre octobre et novembre 1973, vingt ans après avoir été tracée, la Ligne de limite nord aurait été franchie à 43 reprises par des navires nord-coréens, selon un bilan établi par la Marine sud-coréenne. Le Nord déclarait alors opérer dans ses propres eaux territoriales et considérait la NLL comme non valide. Cette revendication était rejetée par le Commandement des Nations Unies - dirigé par les Etats-Unis -, mais des télégrammes diplomatiques aujourd'hui déclassifiés révèlent que l'administration américaine s'est alors beaucoup inquiétée de la légalité de la limite fixée entre les deux Corée en mer Jaune et de l'attitude à adopter vis-à-vis de l'allié sud-coréen dans cette affaire.

 

Ainsi, le 18 décembre 1973, l'ambassadeur américain à Séoul Francis Underhill écrivait dans un câble adressé à Washington que beaucoup de pays pourraient considérer que la Corée du Sud et les Etats-Unis « ont tort » en cas d'incident dans les zones frontalières disputées.

 

Le 22 décembre 1973, un message adressé conjointement par les départements d'Etat et de la Défense à l'ambassade américaine à Séoul disait que la Corée du Sud « se trompe si elle suppose que nous [les Etats-Unis]nous joindrons à une tentative d'imposer la NLL » à la Corée du Nord.

 

Le 28 février 1975, le secrétaire d'Etat américain Henry Kissinger reconnaissait dans un télégramme diplomatique que la Ligne de limite nord « a été fixée de manière unilatérale et n'a pas été acceptée par la Corée du Nord ». Et d'ajouter : « Dans la mesure où [la NLL] consiste en une division unilatérale des eaux internationales, elle est clairement contraire à la loi internationale. »

 

La RPDC a justifié ses tirs d'artillerie du 23 novembre 2010 contre l'île de Yeonpyeong en déclarant qu'il s'agissait d'une riposte aux obus tirés par la Corée du Sud dans des eaux revendiquées par le Nord. « Yeonpyeong est située loin à l'intérieur des eaux territoriales » de la RPDC, affirmait ainsi l'agence nord-coréenne KCNA le 24 novembre 2010.

 

Deux jours plus tard, le président américain Barack Obama condamnait l'attaque « non provoquée » lancée par le Nord et déclarait que les Etats-Unis se tenaient aux côtés du Sud.

 

Le président sud-coréen Roh Moo-hyun (2003-2008) voulait réduire la présence militaire sur les îles situées en mer de l'Ouest afin de réduire les tensions dans cette zone, dans l'esprit de la Déclaration Nord-Sud du 4 octobre 2007. Prenant une fois de plus le contre-pied de la politique de rapprochement inter-coréen menée par ses prédécesseurs, le président Lee Myung-bak a donné l'ordre de faire des cinq îles de la mer de l'Ouest une « forteresse militaire ».

 

Pour défendre une frontière jugée illégale depuis plus de 30 ans, le ministère sud-coréen de la Défense débloquera en 2011 plus de 200 millions d’euros destinés à renforcer son arsenal militaire en mer de l'Ouest. L’armée sud-coréenne prévoit de déployer des armes de pointe et des troupes supplémentaires sur les cinq îles qui s'y trouvent. Ce projet s’inscrit dans le budget de la défense 2011, en hausse de plus de 6%, voté par l'Assemblée nationale sud-coréenne le 8 décembre 2010.

 

Sources :  

« Nouvel échange d'artillerie entre les deux Corée », Metro France, 10 août 2011 (dont photo AFP : exercices militaires de la marine sud-coréenne, mars 2010).

« La Corée du Nord dément des tirs d'artillerie près de la frontière », in Romandie News, 11 août 2011

Chico Harlan, "North, South Korea exchange fire along disputed border", Washington Post, 10 août 2011.

Daniel Ten Kate, Peter S. Green, "Defending Korea Line Seen Contrary to Law by Kissinger Remains U.S. Policy", Bloomberg, 17 décembre 2010.

« Séoul renforce ses capacités militaires en mer Jaune »,   KBS, 9 décembre 2010.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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13 juillet 2011 3 13 /07 /juillet /2011 23:05

Après le choix de la ville sud-coréenne de Pyeongchang pour accueillir les Jeux olympiques d'hiver en 2018, des voix s'élèvent, dans le Nord comme dans le Sud de la péninsule, pour que les JO de Pyeongchang soient les Jeux de l'ensemble de la Corée, en conférant un statut de co-organisateur à la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord).

 

jang_ung.jpgLors d'une réunion régionale du comité olympique à Tokyo le 13 juillet 2011 - qui marquait par ailleurs une rare visite de fonctionnaires nord-coréens au Japon -  Jang Ung, responsable du comité olympique de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) et membre du CIO (photo Yonhap), a exprimé le souhait que son pays co-organise les Jeux olympiques d'hiver de 2018, qui se tiendront dans la ville sud-coréenne de Pyeongchang.

 

Alors que les athlètes des deux Corée avaient défilé ensemble lors des cérémonies d'ouverture des Jeux olympiques d'été en 2000 et en 2004, puis que la candidature de Pyeongchang aux JO d'hiver avait été soutenue officiellement par Pyongyang en 2007, la RPDC n'avait pas appuyé cette candidature en 2011, dans un contexte de dégradation des relations intercoréennes. M. Jang Ung a d'ailleurs ajouté : "Les situations politique et militaire entre les deux Corées ne sont pas bonnes, et elles doivent s’améliorer (...) Autrement, elles pourraient influencer les jeux".

 

 Mme Sohn Jie-ae, porte-parole de la présidence sud-coréenne, a cependant rejeté la perspective d'une co-organisation avec la RPDC, en déclarant que "notre offre n'était pas pour des Jeux olympiques d'hiver conjoints avec la Corée du Nord". Toutefois, ce sera au prochain président de la République sud-coréen élu en décembre 2012 de se prononcer sur une co-organisation, ou non, avec la RPD de Corée.

 

La symbolique serait d'autant plus grande dans la perspective d'une réunification de la Corée que la province de la ville de Pyeongchang a été séparée entre le Nord et le Sud de la Corée lors de la division de la péninsule.

 

L'idée d'une co-organisation, souhaitée par l'AAFC dès l'annonce du succès de Pyeongchang, fait ainsi son chemin dans l'ensemble de la péninsule. L'un des principaux candidats à l'investiture du Parti démocrate, M. Sohn Hak-Kyu, président du Parti, s'est prononcé en ce sens le 11 juillet dernier, en déclarant lors d'une réunion de la direction du Parti démocrate : "Je vais sérieusement revoir les possibilités d’organiser conjointement les Jeux olympiques d'hiver de Pyeongchang avec la Corée du Nord (...) Les préparatifs pour les Jeux vont aller bien au-delà d’une simple équipe intercoréenne et mettre en place les bases pour un entraînement commun".

 

Sources : AAFC, AP (sur le site Syracuse.com), Yonhap.

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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 19:43

Le 18 juin 2011, des soldats de la marine sud-coréenne ont ouvert le feu sur un Airbus de la compagnie sud-coréenne Asiana, qu'ils auraient confondu avec un avion militaire nord-coréen. Si le drame a été évité, il est révélateur de graves dysfonctionnements dans la chaîne de commandement militaire sud-coréenne. Il montre aussi que, plus que jamais, la paix est nécessaire en Corée.

 

airbus_asiana_airlines.jpgCe samedi 18 juin 2011 un Airbus de la compagnie sud-coréenne Asiana Airlines descendait sur l'aéroport de Incheon-Séoul, avec à son bord 119 passagers et membres d'équipage en provenance de Chengdu en Chine, lorsque deux soldats de la marine sud-coréenne ont ouvert le feu pendant dix minutes, en utilisant des fusils d'assauts K-2. L'appareil n'a heureusement pas été touché, car il était hors de portée des tirs. Toujours selon l'agence officielle sud-coréenne Yonhap citant des sources militaires anonymes, les Marines sud-coréens auraient pris l'Airbus de la compagnie Asiana pour un avion militaire nord-coréen.

 

Un tel incident traduit un enchaînement de dysfonctionnements dans le système de défense sud-coréen. Il est anormal que deux soldats stationnés sur l'île de Gyodong située à seulement 1,7 km de la Corée du Nord, et qui seraient âgés de 18 ans, puissent manier impunément des fusils d'assaut dont ils ne connaissent pas le mode d'utilisation - pour preuve, leurs tirs répétés qui de surcroît -et par chance- ne pouvaient pas atteindre leur cible. Il est anormal qu'ils n'aient pas été encadrés par des supérieurs plus expérimentés. Il est anormal qu'ils commis une confusion aussi grossière entre des avions civil et militaire.

 

Mais cette situation, qui intervient dans un contexte de dégradation des relations intercoréennes, n'est pas le fruit du hasard, quelques semaines seulement après la provocation qu'a constituée l'affaire des cibles. En mars, le ministre de la Défense sud-coréen a en effet donné l'ordre que ses troupes ouvrent le feu en cas d'attaque nord-coréenne, sans attendre des ordres de leur commandement. Une décision lourde de conséquences quand on sait qu'un enchaînement d'incidents militaires, volontaires ou involontaires, peut dégénérer en un conflit ouvert.

 

Les tirs du 18 juin contre l'Airbus de la compagnie Asian Airlines sont le fruit de cet aventurisme, qui a menacé la vie de civils quand la mission première d'un gouvernement est de protéger ses citoyens. 

 

Plus que jamais, l'AAFC estime urgent de revenir sur la voie du dialogue intercoréen, pour une paix durable dans la péninsule et dans le monde, en appelant à signer et faire signer la pétition pour un traité de paix en Corée, afin que plus jamais des Coréens n'attaquent d'autres Coréens.

 

Sources :

- "Corée du Sud. Des soldats tirent sur un avion de ligne : le drame évité", in Le Télégramme, 18 juin 2011 ;

- "S. Koreans fire at plane", in Shanghai Daily, 19 juin 2011 ;

- "Official : S. Korea fires at civilan jet thought to be North Military", sur le site de CNN, 18 juin 2011. 

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