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9 août 2014 6 09 /08 /août /2014 14:54

Madame Hyun Jeong-eun, actuelle présidente du groupe sud-Coréen Hyundai, s’est rendue le 4 août 2014 en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) pour assister à la cérémonie de commémoration donnée en l’honneur de son époux, Chung Mong-hun (décédé en 2003), après en avoir reçu l’autorisation du gouvernement sud-coréen. La RPDC honore chaque année la mémoire de l’ancien président de Hyundai Asan, continuateur de l’œuvre de rapprochement entreprise par son père Chung Ju-yung.

La présidente du groupe sud-coréen Hyundai en visite en RPDC

De tous les chaebols (conglomérats) sud-coréens, le groupe Hyundai fondé en 1947 par Chung Ju-yung est indubitablement celui qui a le plus pris à cœur la division de la nation coréenne et a inlassablement travaillé à améliorer les relations entre les deux Corée. Le président Chung Ju-yung, lui-même originaire d’un village de la province du Kwangon du Nord, a personnellement pris part à cet engagement transcendant les divergences politiques : en 1998, à l’âge de 82 ans, il traverse la frontière accompagné de 500 « vaches de l’unification », en cadeau au peuple nord-coréen pour rembourser la dette qu’il avait contracté en vendant la vache familiale pour permettre son installation à Séoul. Ce geste a amplement contribué à la renommée de Chung et à l’implantation du groupe précurseur Hyundai au Nord, au travers de la filiale Asan. Cette dernière gère toutes les activités du groupe en RPDC, notamment le circuit touristique des monts Kumgang jusqu’à sa fermeture en 2008 après la mort d’une touriste sud-coréenne. La mort du fondateur en 2001 a entrainé la division du chaebol en plusieurs entreprises indépendantes. Le groupe s’est ensuite recomposé mais l’organisation diffère aujourd’hui de celle qui prévalait durant la présidence du fondateur.

 

Chung Ju-yung a partagé la présidence du groupe avec son cinquième fils Chung Mong-hun en 1997. Cependant, des rivalités familiales avec le frère aîné, Chung Mong-koo, entrainent des complications dans la gestion des affaires et une chute importante de popularité dans l’opinion sud-coréenne pour le groupe qui souffre déjà de dettes importantes. En 2000, Kim Jae-soo - vice-président et président de l’unité de restructuration du groupe - lit une lettre du fondateur dans laquelle celui-ci annonce sa démission de toutes les fonctions managériales ainsi que celles de ses fils pour mettre fin aux pressions médiatiques, gouvernementales et de l’opinion publique. Chung Mong-koo se refuse à abandonner la présidence de Hyundai Motors Co. et Kia Motors Corp mais Chung Mong-hun accepte de bonne grâce, ne conservant la tête de la filiale nord-coréenne Hyundai-Asan que sur décision expresse de son père.

 

En juin 2003, un choc financier puissant ébranle la filiale : celle-ci est suspectée d’avoir trempé dans le scandale nommé « de l’argent pour le sommet », la société étant accusée d'avoir servi d’écran au gouvernement sud-coréen pour verser d’importantes sommes d’argent pour permettre le sommet intercoréen historique de juin 2000. Risquant trois ans de prison et pour avoir été contraint de témoigner dans cette affaire, Chung Mong-hun s’est suicidé en se défenestrant.

 

Président de Hyundai Asan, Chung Mong-hun a développé le commerce Nord-Sud mais aussi les retrouvailles entre familles séparées, organisées dans les locaux des monts Kumgang. Les autorités nord-coréennes ont convié l’année dernière sa veuve, Mme Hyun Jeong-eun - devenue PDG du groupe Hyundai et présidente de Hyundai Asan - et des représentants du groupe pour commémorer les dix ans de la mort de Chung. L’invitation ayant été renouvelée cette année, elle a obtenu le 31 juillet 2014 la permission de se rendre en RPDC pour y participer, avec 22 membres du groupe, à une cérémonie de commémoration le 4 août. Outre la cérémonie, la délégation sud-coréenne devait visiter les bâtiments lui appartenant aux monts Kumgang, le circuit touristique étant toujours à l’arrêt en raison de l’incident de 2008.

 

Ce voyage laisse espérer un regain d’effort pour relancer la coopération et les échanges économiques entre les deux parties de la péninsule mais les autorités sud-coréennes ont demandé aux médias de ne pas faire preuve d’un optimiste démesuré. La présidente Hyun n’a pas prévu de rencontrer d’officiels nord-coréens cette fois alors qu’elle avait rencontré le dirigeant Kim Jong-il lors d’un séjour à Pyongyang en 2009. S’il a annoncé qu’il n’allait pas transmettre de message à la RPDC par l’intermédiaire de la présidente de Hyundai, le gouvernement sud-coréen a cependant fait preuve de bonne volonté en autorisant ce voyage, laissant présager une amélioration des relations intercoréennes alors que les rituels exercices conjoints entre Etats-Unis et Corée du Sud, simulant une attaque contre RPDC, se poursuivent.

 

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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 15:44

En juillet 2014, la République populaire démocratique (RPDC, Corée du Nord) a accueilli 38 fonctionnaires et représentants du monde économique sud-coréens pour une visite d’une semaine dans le port de Rajin, formant avec Sonbong la zone économique spéciale (ZES) de Rason, près de la frontière avec la Fédération de Russie. Ceux-ci se sont déclarés favorables au projet, malgré les appels pressants des Etats-Unis à rejoindre un front commun de sanctions contre la Russie suite aux événements d'Ukraine. Le choix de la Corée du Sud de soutenir le projet russo-nord-coréen de relier le Transsibérien à la péninsule coréenne permettrait de dynamiser la ZES de Rason et ferait bénéficier la Corée du Sud d’un approvisionnement en charbon russe. Il ferait aussi progresser les relations intercoréennes

Une participation sud-coréenne au projet de « rail eurasien » pour dynamiser la zone économique spéciale de Rason?

Située sur la rive ouest de la rivière Tumen, la zone économique spéciale de Rajin-Sonbong, d'une superficie de 746 km², a été fondée en 1991 sous la juridiction du Comité de la coopération économique extérieure de la République populaire démocratique de Corée afin d’accueillir des investisseurs étrangers intéressés par le potentiel économique et géographique de la Corée du Nord. Renommée Rason en 2000, cette zone économique spéciale - inspirée des modèles de Hong Kong et de Macao - constitue la première ouverture de la RPDC sur l’économie mondiale, bénéficiant d'une juridiction spéciale. Cette zone intègre un centre de transit de cargos, une plate-forme de correspondance (hub) pour les exportations de la RPDC mais aussi une zone touristique avec plusieurs parcours guidés. En 1996, la ZES abritait déjà 51 entreprises étrangères pour un total de 37 millions de dollars investis et l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (UNIDO) estimait alors que l’investissement total se porterait à 150 millions de dollars. Son statut a été modifié en 2010 pour lui accorder une plus grande autonomie. En 2012, la ZES a accueilli sa première foire internationale consacrée au commerce.

 

Rason s’appuie notamment sur un complexe de trois ports qui en font sa force majeure : Rajin, Sonbong et Chongjin, dont les capacités cumulées atteignent 14 millions de tonnes. La localisation du site de la ZES, à l’embouchure du fleuve Tumen, a d’abord attiré l’attention du gouvernement et d’investisseurs chinois qui percevaient Rason comme une manière de désenclaver économiquement les trois provinces du nord-est de la Chine (Liaoning, Jilin et Heilongjiang). Depuis, la République populaire de Chine est le premier investisseur de la zone et opère deux jetées dans le port, une pour l’exportation de charbon et l’autre pour les containers. L’Université de Yanbian a conclu le 7 juin dernier un partenariat avec la ZES de Rason pour offrir formation et soutien juridique à celle-ci. La Russie s’est également très tôt intéressée aux possibilités offerte par cette zone économique spéciale située juste à sa frontière : elle suit la Chine en termes d’investissements et opère une jetée utilisée pour le charbon. Les connections terrestres avec la Chine ont été rénovées en 2010 et depuis un accord de 2008 entre le dirigeant de la RPD de Corée Kim Jong-il et le président russe Vladimir Poutine, la RPDC et la Russie ont achevé de restaurer en septembre 2013 une liaison ferroviaire de 54 kilomètres entre la ville russe de Khasan et Rason.

Inauguration de la ligne Rajin-Khasan le 22 septembre 2013

Inauguration de la ligne Rajin-Khasan le 22 septembre 2013

C’est dans ce contexte de projet ferroviaire qu’est intervenue, en juillet 2014, la visite d’une semaine de 38 fonctionnaires et représentants économiques sud-coréens appartenant à la compagnie ferroviaire KORAIL, à l’aciériste POSCO et à la compagnie maritime Hyundai Merchant Marine Co, à l'invitation du gouvernement de la RPDC. Cette visite avait pour but de décider de la faisabilité d’une participation sud-coréenne au projet russo-nord-coréen de connecter le Transsibérien via Khasan à la ville de Rajin. Les représentants de ce consortium trilatéral ainsi que les envoyés gouvernementaux se sont déclarés intéressés par les possibilités offertes par ce projet. Les trois entreprises envisagent donc de réaliser un transport-test de charbon russe par voie ferrée jusque Rajin puis de l’expédier par mer vers le port sud-coréen de Pohang. Si cette participation devait se concrétiser, il semble que le consortium sud-coréen achèterait la moitié des parts de la Russie dans la nouvelle jetée construite à Rajin, capable de recevoir 4 millions de tonnes de charbon. Un tel projet dynamiserait indubitablement la ZES de Rason en la transformant en plaque tournante pour le transport international.

 

Cette initiative économique bénéficie d’un soutien ferme des autorités sud-coréennes et russes : la présidente sud-coréenne Park Geun-hye et le président russe Vladimir Poutine sont tombés d’accord lors d’une rencontre en novembre 2013 à Séoul sur le soutien à apporter à l’implantation des firmes sud-coréennes dans ce projet. De plus, Park Geun-hye met en avant comme vision politique de son mandat une « initiative eurasienne », appelant à la construction de plus d’infrastructures de transport et à la libération du commerce entre toutes les nations eurasiennes pour créer un marché commun géant rivalisant avec l’Union Européenne. Le gouvernement nord-coréen est très favorable à cette participation sud-coréenne dans ce projet et espère qu’il constituera un terreau fertile pour faire avancer les relations intercoréennes.

 

En revanche, le choix opéré par la Corée du Sud, qui la rapprocherait de la Fédération de Russie, s'oppose frontalement aux récents appels lancés par les Etats-Unis. Suite à une réunion le 28 juillet 2014 avec des représentants français, allemands, britanniques et italiens pour décider des sanctions à appliquer contre la Russie, le secrétaire assistant adjoint au Counter Threat Finance and Sanctions (TFS) du département d’Etat américain, Peter Harrell, en visite à Séoul, s’est rendu au ministère des Affaires étrangères pour demander la coopération sud-coréenne dans ce front commun de sanctions. Le gouvernement sud-coréen a répondu via un communiqué que l’annexion de la Crimée par la Russie n’était pas acceptable. Il n'a cependant annoncé aucune sanction à l’encontre de la Fédération de Russie, afin de ne pas détériorer les relations bilatérales avec un potentiel partenaire majeur dans un projet intéressant toute l'Asie orientale.

 

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13 juillet 2014 7 13 /07 /juillet /2014 15:08

A partir du 16 juillet 2014, les Etats-Unis et la République de Corée (Corée du Sud) engageront de nouveaux exercices militaires conjoints, qui associeront par ailleurs les troupes japonaises les 21 et 22 juillet au large de l'île de Jeju, où la construction d'une base navale rencontre une vive opposition de ses habitants. Le maintien de ces exercices de guerre apparaît comme une fin de non-recevoir aux offres répétées de dialogue formulées par la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) depuis plusieurs semaines. L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) déplore que Washington et Séoul se soient sciemment engagés une nouvelle fois sur la voie de l'escalade des tensions dans la péninsule coréenne, en rejetant les propositions de Pyongyang qui auraient permis de faire avancer la cause de la paix dans l'une des régions les plus militarisées de la planète. Dans ce contexte, les tirs balistiques et de roquettes nord-coréens de ces derniers jours apparaissent comme la réponse du berger à la bergère.

Préparatifs des exercices militaires conjoints américano - sud-coréens.

Préparatifs des exercices militaires conjoints américano - sud-coréens.

A écouter certains médias occidentaux, les nouveaux tirs de missiles balistiques à courte portée auxquels a procédé la RPD de Corée dans la nuit du 12 au 13 juillet 2014 - qui constitueraient les 14e tirs de roquettes et le 5e tirs de missiles depuis le début de l'année - seraient une nouvelle preuve des intentions belliqueuses des autorités nord-coréennes. Mais les exercices de guerre américano - sud-coréens, qui seront engagés du 16 au 21 juillet (puis étendus au Japon les 21 et 22 juillet), sont pourtant d'une toute autre ampleur que les exercices de routine nord-coréens. Par ailleurs, la distorsion des faits consistant à omettre les vraies causes de l'escalade actuelle nécessite de rappeler certains éléments de contexte.

Le 30 juin, la Commission de la défense nationale de la RPD de Corée appelait - déjà - les autorités sud-coréennes à arrêter les hostilités militaires, notamment en suspendant les exercices militaires prévus en juillet. Malgré le refus des conservateurs au pouvoir à Séoul d'engager toute discussion, Pyongyang réitérait son offre de dialogue en proposant, le 7 juillet, d'envoyer une équipe de supporters nord-coréens lors des Jeux asiatiques qui auront lieu à Incheon (au Sud de la péninsule) du 19 septembre au 4 octobre prochains, de mettre fin aux exercices militaires américano-sud-coréens conjoints que la RPDC dénonce comme des préparatifs d'invasion de la péninsule coréenne, de s'engager dans la mise en oeuvre des déclarations intercoréennes du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007 et, enfin, d'arrêter les coopérations avec d'autres pays sur le programme nucléaire nord-coréen - dont Pyongyang considère qu'il relève d'une question de sécurité distincte des relations Nord-Sud. Les autorités sud-coréennes ont seulement accepté le premier point - l'accueil de supporters nord-coréens, ce qui constitue en soi un événement (des supporters nord-coréens ne s'étaient plus rendus au Sud pour un événement sportif depuis 2005, pour les championnats asiatiques d'athlétisme d'Incheon, à l'époque de la politique du "rayon de soleil").

Non seulement le Sud a fait la sourde oreille aux propositions du Nord, mais les préparatifs des exercices militaires conjoints se poursuivent sans changement notable, alors même qu'ils s'ajoutent à deux séries annuelles d'exercices conjoints. Le 11 juillet, le porte-avions de 97.000 tonnes USS George Washington est ainsi entré dans le port sud-coréen de Pusan. C'est dans ce contexte que l'Armée populaire de Corée a procédé à de nouveaux tirs de courte portée et que la commission de la défense nationale (CDN) de la RPD de Corée a déclaré que "les exercices à venir défiaient les récents appels répétés de Pyongyang pour mettre fin à la confrontation politique et militaire et améliorer les relations Nord-Sud". Toujours selon la CDN, les exercices militaires s'inscrivent en porte-à-faux par rapport aux "efforts sincères de l'armée et du peuple de la RPD de Corée de faire diminuer les tensions dans la péninsule coréenne et de créer une atmosphère pacifique".

Il n'y a pourtant pas de fatalité à la montée des tensions dans la péninsule coréenne, ni à ce que la voix de la raison ne puisse enfin se faire entendre. Mais une réponse envisageant le long terme nécessite que les Etats-Unis acceptent de voir la réalité en face : ne pouvant pas ou ne souhaitant pas s'engager dans un conflit armé en Corée, ils n'ont pas d'autre choix que de revenir à la table des négociations, comme le proposent les Nord-Coréens. Mais les intérêts des industriels de l'armement - premiers bénéficiaires des exercices militaires à répétition autour de la péninsule coréenne - et la pression des néoconservateurs pèsent manifestement d'un tout autre poids dans les prises de décision de l'administration Obama.

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12 juillet 2014 6 12 /07 /juillet /2014 22:37

Le Foyer rural de Tousson en Seine-et-Marne s'intéresse de longue date au cinéma coréen - de toute la péninsule coréenne - et à la question de la réunification. Un ensemble d'actions ont ainsi été menées en commun avec l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) depuis l'organisation d'un stage sur le cinéma de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) en décembre 2011 : visite de l'Institut du végétal Arvalis, à Boigneville ; visite de la sucrerie de Pithiviers ; projection-débat avec David Carr-Brown autour de son film Intérieur Nord ; organisation d'un stage de cuisine coréenne ; compte rendu des voyages effectués en 2013 par l'AAFC. Le 29 juin 2014, la projection du film documentaire de Pierre-Olivier François Corée : l'impossible réunification ? a donné lieu à une journée d'études avec le réalisateur, afin de mieux comprendre les enjeux de la division et de la réunification de la Corée. Nous publions ci-après le compte rendu du Foyer rural de Tousson.

Projection à Tousson de "Corée : l'impossible réunification ?" avec Pierre-Olivier François

Dimanche 29 juin 2014, le Foyer rural (FR) de Tousson (Seine et Marne) invitait le réalisateur Pierre-Olivier François à présenter son documentaire en deux parties, Corée : l’impossible réunification ?. Une petite journée d’études pour une douzaine d’adhérents du FR dont certains avaient déjà participé aux précédentes rencontres ayant pour thème le cinéma, en décembre 2011 (La légende de Chunhyang et Le calice) et en avril 2013 (Intérieur Nord, en présence de David Carr-Brown).

Le film documentaire de Pierre-Olivier François a été particulièrement apprécié pour avoir donné la parole successivement à diverses hautes personnalités aussi bien au Nord qu’au Sud. C’était un grand étonnement que d’entendre des hommes politiques américains ou historiens tenir un discours d’ouverture, illustré d’un certains nombre d’archives filmées. Au contraire d’autres documentaires, souvent à charge et partisan, celui-ci fait prendre conscience de la terrible histoire contemporaine de la Corée, du désastre des bombardements et de l’embargo. Pierre-Olivier François fait preuve d’une démarche originale et progressiste qui a nourri les échanges très nourris entre les participants et le jeune réalisateur. La curiosité s’est naturellement portée sur son expérience de tournage en RPDC, son organisation, « comment cela s’est déroulé », les contacts avec les Coréens, comment c’est Pyongyang, les restaurants, l’économie, les magasins … la gentillesse et la disponibilité du réalisateur ne pouvait qu’encourager toutes ses questions auxquelles il a répondu d’une manière très positive.


En tant qu’association d’éducation populaire, le FR explore parfois hors des sentiers battus pour permettre à chacun de se faire sa propre opinion. Remercions l’AAFC et les diplomates de la RDPC à Paris de s’associer à ces rencontres au fin fond de la Seine-et-Marne et d’enrichir ces échanges culturels.

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7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 08:34

Il y a vingt ans, le 8 juillet 1994, disparaissait le Président Kim Il-sung de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). La veille, le fondateur de la RPD de Corée signait un document préparatoire à un sommet intercoréen qu'il aurait tenu avec son homologue du Sud - le Président Kim Young-sam. Pour en immortaliser le souvenir, les Nord-Coréens ont reproduit sa signature, avec la date du 7 juillet 1994, sur un monument que l'on peut visiter du côté Nord de la zone démilitarisée (DMZ). Le refus des autorités sud-coréennes d'adresser les condoléances aux dirigeants nord-coréens a alors reporté la perspective de ce qui aurait été le premier sommet intercoréen de l'histoire de la péninsule, divisée depuis 1948. L'Association d'amitié franco-coréenne revient sur ce sommet qui aurait pu avoir lieu.

1994, le sommet intercoréen qui aurait pu avoir lieu

Dans les dernières semaines de sa vie, avant sa disparition brutale le 8 juillet 1994, le Président Kim Il-sung de la RPD de Corée s'est consacré à la préparation d'un sommet intercoréen, qui aurait accéléré le rapprochement et la réconciliation entre le Nord et le Sud, après l'étape fondamentale constituée par l'accord de base intercoréen du 13 décembre 1991.

La tenue prochaine d'un sommet intercoréen avait été annoncée publiquement quelques jours plus tôt, à la fin du mois de juin. Le Président Kim Il-sung avait réitéré cette proposition ancienne de la RPD de Corée à l'ancien président américain Jimmy Carter - lors de la visite de ce dernier à Pyongyang, du 16 au 18 juin 1994. Son déplacement dans le Nord de la péninsule coréenne s'inscrivait dans le cadre de la recherche d'un accord plus global pour faire diminuer les tensions en Asie du Nord-Est, après le refus par Pyongyang que des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique visitent la RPD de Corée - ce qu'elle considérait comme une ingérence dans ses affaires intérieures.

Symboliquement, le Président sud-coréen Kim Young-sam aurait visité Pyongyang et la RPD de Corée du 25 au 27 juillet - cette dernière date marquant l'anniversaire de l'armistice de la fin de la guerre de Corée, sans qu'aucun traité de paix n'ait clos, à ce jour, le conflit le plus meurtrier de l'histoire de la péninsule. La coïncidence des dates témoigne que les questions de la paix et de la réunification de la Corée sont intimement liées.

Monument reproduisant la dernière signature apposée par le Président Kim Il-sung, le 7 juillet 1994, sur un document préparatoire à un futur sommet intercoréen (Panmunjom, DMZ)

Monument reproduisant la dernière signature apposée par le Président Kim Il-sung, le 7 juillet 1994, sur un document préparatoire à un futur sommet intercoréen (Panmunjom, DMZ)

La proposition du Président Kim Il-sung avait aussi reçu un accueil favorable à la présidence sud-coréenne grâce à l'appui d'autres puissance internationales, dont la Chine.


La réaction de Séoul à la disparition du Président Kim Il-sung devait cependant changer la donne : le refus du Président Kim Young-sam de présenter des condoléances officielles - à la différence, notamment, de l'ancien président Jimmy Carter, alors négociateur pour la partie américaine et soucieux de parvenir à un accord - avait suscité une vive réaction des autorités nord-coréennes, ne permettant plus la tenue du sommet intercoréen à Pyongyang. Par ailleurs, Séoul avait entravé les expressions de sympathie de citoyens et d'organisations du Sud envers leurs compatriotes du Nord.

Le premier sommet intercoréen devait finalement se tenir six ans plus tard, à Pyongyang, en juin 2000, entre le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il et le sucesseur de Kim Young-sam, le Président Kim Dae-jung. Ironie de l'histoire, alors que Kim Young-sam et Kim Dae-jung s'étaient opposés comme leaders de l'opposition démocratique en Corée du Sud à l'époque de la junte militaire, ce sera le second qui aura réussi là où le premier aura échoué, après s'être rallié au pouvoir militaire qu'il combattait naguère pour se faire élire à la présidence de la République en 1992.

 

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4 juillet 2014 5 04 /07 /juillet /2014 14:54

Le 30 juin 2014, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) était réunie, comme tous les ans, à l'occasion du mois de solidarité avec le peuple coréen (25 juin-27 juillet, dates de début et de fin de la guerre de Corée), coïncidant cette année avec le vingtième anniversaire du décès du Président Kim Il-sung (8 juillet 1994). En présence des diplomates de la délégation générale de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) en France, les responsables de l'AAFC ont évoqué l'action du Président Kim Il-sung en faveur de la réunification de la Corée, une question de justice pour le peuple coréen et de paix pour le monde entier.

 

S'exprimant en premier, Benoît Quennedey, vice-président de l'AAFC en charge des actions de coopération, a rappelé que, le 7 juillet 1994, soit un jour avant sa disparition, le Président Kim Il-sung signait un document préparatoire à un futur sommet intercoréen qui aurait marqué un tournant décisif sur la voie de la réconciliation et de la réunification de la péninsule coréenne. Les événements en ont décidé autrement, et l’attitude des autorités sud-coréennes après la disparition du Président Kim Il-sung a alors reporté sine die toute perspective de sommet intercoréen. 

 

Benoît Quennedey a souligné que la contribution du Président Kim Il-sung à la réunification de la Corée, selon des propositions qu’il a formulées très tôt, dès le lendemain de la libération de la Corée en 1945 (voir ci-dessous), forment un corpus homogène qui a fondé, et détermine toujours, la position nord-coréenne dans les relations intercoréennes.

 

Si, côté Sud, la volonté de dialogue et ses modalités ont oscillé au gré des changements de régimes et de dirigeants, la République populaire démocratique de Corée témoigne pour sa part d’une constance quant à l’objectif de la réunification et les moyens d’y parvenir. L’ensemble des déclarations intercoréennes conclues depuis 1972 obéissent aux mêmes principes : réunification pacifique et indépendante de la Corée, par les Coréens eux-mêmes, transcendant les différences de systèmes existant au Nord et au Sud. 

 

C'est sur la base de ces principes que ce sont tenus, à Pyongyang, les sommets Nord-Sud du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007, écrivant ainsi une nouvelle page dans l’histoire des relations intercoréennes. Ces sommets ont jeté les bases d’une coopération et ont permis l’engagement d’un processus graduel de rapprochement, impliquant, dans un premier temps, des échanges accrus dans certains domaines, notamment économiques, la confiance peu à peu instaurée devant ensuite permettre de progresser plus avant sur la voie de la réunification.

 

Toute l'histoire du rapprochement intercoréen enseigne qu’il faut négocier avec ses partenaires tels qu’ils sont, et non tels qu’on voudrait qu’ils soient, a dit en conclusion Benoît Quennedey. C’est ce à quoi s’emploie l’Association d’amitié franco-coréenne, fondée en 1969, en œuvrant à la conclusion d’un véritable traité de paix et en encourageant les échanges bilatéraux de manière à briser le cycle sans fin des tensions et des sanctions, néfaste à la paix et à la prospérité dans la péninsule coréenne.

 

Prenant ensuite la parole, S.E. Kim Yong-il, délégué général de la RPD de Corée en France et ambassadeur de la RPDC auprès de l'UNESCO, a aussi souligné l'action continue du Président Kim Il-sung en faveur de la paix et de la réunification de la Corée. A cet égard, le délégué général a annoncé la dernière initiative en date de son pays, la proposition faite, le jour même, par la Commission de la défense nationale de la RPDC aux autorités de Corée du Sud de mettre fin aux hostilités entre les deux pays, en suspendant notamment les exercices militaires américano-sud-coréens annuels prévus au mois d'août.

Puis Patrick Kuentzmann, secrétaire général de l'AAFC, est revenu sur l'injustice historique que représente pour le peuple coréen la division de son pays après la libération de 1945, et l'enjeu que constitue la réunification de la Corée pour la paix, dans la péninsule coréenne, bien sûr, mais aussi dans le monde.

 

La division de la Corée, annexée par le Japon en août 1910, est ainsi un processus largement initié par les grandes puissances, vainqueur de la Seconde Guerre mondiale : en novembre 1943, le document final de la Conférence du Caire, réunissant le président américain Franklin Roosevelt, le Premier ministre britannique Winston Churchill et le chef du gouvernement de la République de Chine Tchang Kai-chef, stipule que « la Corée deviendra libre et indépendante le moment venu », sans davantage de précisions. Le 15 août 1945, la Corée est libérée du joug japonais mais aussitôt divisée en deux zones pour désarmer les troupes japonaises, les Etats-Unis choisissant arbitrairement, sans que l'URSS s'y oppose, le 38eme parallèle. Les Etats-Unis ne débarquent eux-mêmes en Corée que le 8 septembre 1945, instaurant au Sud un « gouvernement militaire de l'armée des Etats-Unis en Corée » (USAMGIK), alors que le Comité populaire provisoire est déjà établi au Nord. Au Sud, les élections séparées du 10 mai 1948, organisées à l'instigation des Etats-Unis, aboutissent à la création de la République de Corée le 15 août 1948, à laquelle répond, au Nord, la fondation de la République populaire démocratique de Corée le 9 septembre suivant.

 

De 1945 à 1950, année du déclenchement de ce qu'il est convenu d'appeler la guerre de Corée, les affrontements intercoréens le long de l'artificielle frontière du 38eme parallèle font près de 100 000 victimes. En 1953, les combats de la guerre de Corée prennent fin sur un simple cessez-le-feu, et la péninsule coréenne reste donc techniquement en état de belligérance. Aujourd'hui, les Etats-Unis stationnent toujours près de 30 000 soldats en Corée du Sud et y mènent régulièrement des exercices militaires dirigés contre le Nord.

Répondant ensuite aux questions des membres et sympathisants présents de l'Association d'amitié franco-coréenne, les responsables de l'AAFC et les représentants de la RPDC ont à nouveau souligné l'importance d'une réunification indépendante et pacifique de la Corée pour la paix mondiale, alors que l'Asie orientale devient une priorité pour les Etats-Unis dans leur stratégie visant à contrer la montée en puissance de la Chine.

 

Le certain désintérêt, voire la crainte (en raison de son coût), d'une partie des citoyens sud-coréens face à une éventuelle réunification de la Corée a été mis sur le compte d'une confusion entre une réunification « à l'allemande » - en fait, l'absorption d'une partie par l'autre - et la réunification de la Corée telle que l'envisageait le Président Kim Il-sung et réaffirmée au plus haut niveau des deux Etats coréens dans les déclarations du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007 : un Etat, deux systèmes, une coopération étendue dans tous les domaines.

 

Pour l'Association d'amitié franco-coréenne, il ne fait aucun doute que le peuple coréen peut être à la pointe de l'innovation politique, comme il sait déjà être à la pointe de l'innovation technique : les Coréens du Nord, du Sud et d'outre-mer disposent des ressources nécessaires pour réunifier, par leurs propres efforts, leur pays, selon un modèle original, réparant ainsi une injustice historique et rendant le monde plus sûr.

 

Un demi-siècle d'initiatives

en faveur d'une réunification indépendante et pacifique de la Corée

 

18 avril 1948 - Une conférence réunit à Pyongyang des représentants des forces politiques et sociales de l'ensemble de la péninsule coréenne, dont Kim Il-sung, alors président du comité populaire provisoire de Corée du Nord et le nationaliste Kim Ku, président du gouvernement provisoire de Corée du Sud.

La proposition défendue par Kim Il-sung, et consistant à former une seule assemblée législative et un gouvernement unifié, n'est pas suivie : au Sud, à l'instigation des Etats-Unis, ont lieu en mai des élections séparées, boycottées par la gauche et une partie importante des nationalistes, aboutissant à la création de la République de Corée le 15 août 1948. 

Kim Il-sung, président du comité populaire provisoire de Corée du Nord, et Kim Ku, président du gouvernement provisoire de Corée du Sud, à Pyongyang en avril 1948

Kim Il-sung, président du comité populaire provisoire de Corée du Nord, et Kim Ku, président du gouvernement provisoire de Corée du Sud, à Pyongyang en avril 1948

4 juillet 1972 - La République populaire démocratique de Corée (Nord) et la République de Corée (Sud) signent un communiqué conjoint posant trois principes pour une future réunification de la Corée :

- La réunification devra être atteinte de manière indépendante, sans recours aux forces étrangères ni ingérence.

- La réunification devra être atteinte par des moyens pacifiques, sans recours aux armes d'une partie contre l'autre.

- Une grande union nationale devra être encouragée, transcendant les différences d'idéologie, d'idéal et de système.

Lee Hu-rak, directeur des services de renseignement sud-coréens, et Kim Il-sung, Premier ministre de la RPD de Corée, à Pyongyang en mai 1972

Lee Hu-rak, directeur des services de renseignement sud-coréens, et Kim Il-sung, Premier ministre de la RPD de Corée, à Pyongyang en mai 1972

 

10 octobre 1980 - Le Président Kim Il-sung présente la proposition de création de la République fédérale démocratique de Koryo lors du sixième congrès du Parti du travail de Corée. Il s’agit de fonder un Etat neutre, fédéral, dotée d’une assemblée unique et d’un seul gouvernement compétent sur les questions politiques, militaires et diplomatiques, parallèlement à la mise en place d’un comité permanent Nord-Sud. L’armée de la République fédérale démocratique de Koryo serait limitée à 100 000 hommes.

 

Le Président Kim Il-sung devant le sixième congrès du Parti du travail de Corée, à Pyongyang en octobre 1980

Le Président Kim Il-sung devant le sixième congrès du Parti du travail de Corée, à Pyongyang en octobre 1980

13 décembre 1991 - La République populaire démocratique de Corée et la République de Corée signent l’Accord sur la réconciliation, la non-agression, les échanges et la coopération entre le Nord et le Sud, qui permet notamment l’entrée simultanée des deux Etats coréens aux Nations Unies.

 

6 avril 1993 - Le Président Kim Il-sung présente le Programme en dix points pour une grande union de la nation :

- Il faut fonder un Etat unifié, indépendant, pacifique et neutre, grâce à une grande union de toute la nation.

- Il faut s’unir sur la base de l’esprit d’indépendance nationale.

- Il faut s’unir selon le principe consistant à favoriser la coexistence, la coprospérité et les intérêts communs.

- Il faut mettre fin à toute querelle dans le domaine politique qui soit de nature à favoriser la division et la confrontation entre les compatriotes.

- Il faut se débarrasser des craintes quant à l’éventualité d’une invasion de l’un par l’autre, d’une victoire sur le communisme ou d’une communisation.

- Il faut faire grand cas de la démocratie et agir de concert, au lieu de mettre à l’index l’autre partie en prétextant les différences d’idéologie et d’opinion.

- Il faut protéger les biens matériels et spirituels des particuliers et des organisations et favoriser leur utilisation en faveur de la grande union nationale.

- Tous les membres de la nation doivent se comprendre mutuellement et se fier les uns aux autres à travers les contacts, la circulation et les dialogues.

- Tous les Coréens au Nord, au Sud et à l’étranger doivent renforcer leur solidarité en faveur de la réunification de la patrie.

- Il  faut apprécier hautement ceux qui ont contribué à la grande union nationale et à la cause de la réunification de la patrie.

 

Les trois principes pour la réunification (1972), le projet de fondation de la RFD de Koryo (1980) et le programme en dix points (1993) constituent les « Trois Chartes pour la réunification de la Patrie » symbolisées par un monument de Pyongyang

Les trois principes pour la réunification (1972), le projet de fondation de la RFD de Koryo (1980) et le programme en dix points (1993) constituent les « Trois Chartes pour la réunification de la Patrie » symbolisées par un monument de Pyongyang

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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 07:57

Le 30 juin 2014, la Commission de la défense nationale de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a publiquement proposé aux autorités sud-coréennes de mettre fin aux hostilités militaires entre les deux pays à compter du 4 juillet prochain (qui marquera le 42ème anniversaire du communiqué conjoint Nord-Sud), ce qui implique notamment de suspendre l'édition 2014 des exercices conjoints avec les Etats-Unis Ulji-Freedom Guardian, qui se déroulent chaque année en août et en septembre - et alors que la RPDC doit participer aux Jeux asiatiques qui auront lieu à Incheon, au Sud de la péninsule, du 19 septembre au 4 octobre prochains. L'AAFC soutient pleinement cette proposition de nature à relancer les relations intercoréennes sur la voie de la coopération et des échanges, et qui fait suite à la main tendue par le Maréchal Kim Jong-un aux dirigeant sud-coréens dans son message du 1er janvier 2014. Cette nouvelle offre de dialogue intervient à la veille d'une visite à Séoul, les 3 et 4 juillet prochains, du dirigeant chinois Xi Jinping - alors que la République populaire de Chine plaide pour que Washington et Séoul engagent des pourparlers bilatéraux et multilatéraux avec Pyongyang.

Le Maréchal Kim Jong-un, dirigeant de la République populaire démocratique de Corée

Le Maréchal Kim Jong-un, dirigeant de la République populaire démocratique de Corée

En RPD de Corée, les commémorations revêtent une importance primordiale : il n'est donc pas anodin que la nouvelle proposition de dialogue au Sud formulée le 30 juin 2014 par la Commission de la défense nationale (CDN) de la RPDC, la plus haute autorité militaire nord-coréenne, ait eu lieu quelques jours avant les dates anniversaires de la déclaration commune Nord-Sud du 4 juillet 1972 (la première à ce niveau entre les deux parties divisées de la péninsule), et de la disparition du Président Kim Il-sung le 8 juillet 1994 qui signait, la veille, un document préparatoire à un sommet intercoréen.

Faisant référence aux contacts intercoréens au plus haut niveau depuis 2007 qui se sont tenus il y a désormais près de cinq mois, et qui avaient permis de nouvelles réunions de familles séparées en février, la déclaration de la CDN reprend les principes fondamentaux pour le développement des échanges et des relations intercoréennes, en vue d'engager la péninsule sur la voie de la réunification par les efforts des Coréens eux-mêmes, sans ingérence extérieure : réunification pacifique, indépendante et dans le cadre d'une grande union nationale, au-delà des différences d'idéologies et de systèmes politiques et économiques.

Conformément au principe d'indépendance, rappelé dans le premier point de la déclaration, il est proposé aux autorités sud-coréennes de cesser toute critique mutuelle et de mettre ainsi fin à la guerre psychologique et aux actes de déstabilisation à compter du 4 juillet à minuit - ce qui, précise la CDN, permettra de mettre en oeuvre dès que possible l'accord intergouvernemental conclu en février. Par ailleurs, la CDN de la RPDC appelle la Corée du Sud à cesser de critiquer la Corée du Nord pour s'être dotée d'armes nucléaires qui, selon Pyongyang, ont un objectif d'autodéfense vis-à-vis des Etats-Unis et ne sont donc pas un sujet Nord-Sud.

Le second point vise à mettre fin à tous les actes d'hostilité militaire, à compter de la même date, afin d'écarter le danger de guerre de la péninsule coréenne, ce qui implique notamment pour les autorités sud-coréennes :

- de mettre fin aux intrusions de navires militaires et aux échanges de tirs dans la zone maritime contestée, incluant un ensemble d'îles qui ont été le théâtre d'affrontements intercoréens, entre les deux gouvernements coréens ;

- de cesser de menacer leurs compatriotes du Nord par l'introduction dans la péninsule d'équipements militaires américains dotés de capacités de frappes nucléaires, en particulier dans le cadre des futurs exercices militaires conjoints Ulji-Freedom Guardian ; pour sa part, la RPDC rappelle qu'elle a toujours refusé de conduire des exercices militaires avec d'autres pays.

Le troisième point vise à engager une nouvelle phase sur la voie de la réconciliation intercoréenne, "par la nation coréenne elle-même", pour les Coréens du Nord, du Sud et de la diaspora - en mentionnant explicitement de ne pas entraver les échanges avec la zone intercoréenne de Kaesong.

La déclaration intervient quelques jours après des tirs à missile à courte portée par l'Armée populaire de Corée, qui avaient entraîné des protestations des Etats-Unis et de leurs alliés, y compris Séoul. Mais la diplomatie de Pyongyang reste cohérente avec ses objectifs traditionnels : encourager la résolution des différends par la voie du dialogue, tout en maintenant par ailleurs ses capacités d'autodéfense tant qu'aucun accord définitif n'est trouvé pour une résolution pacifique des questions en suspens. La suspension des exercices militaires, de part et d'autre, serait alors le signal d'une volonté de renouer avec le dialogue bilatéral et multilatéral. La balle est désormais dans le camp de Séoul, à qui la déclaration de la CDN s'adresse directement, et de Washington.

Principale source :

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 21:35

Le 15 juin 2014, à l'occasion du 14ème anniversaire de la signature de la déclaration conjointe Nord-Sud du 15 juin 2000, les comités du Nord, du Sud et de la diaspora pour la mise en oeuvre de la déclaration du 15 juin ont publié un appel commun, que nous reproduisons traduit de l'anglais ci-dessous tel qu'il a été publié par l'agence KCNA, en vue d'une application pleine et entière de cet accord historique pour les relations intercoréennes. L'AAFC soutient pleinement cet appel à tous les Coréens qui, en déplorant les six années perdues pour la réconciliation et la réunification,  plaide pour l'avènement d'une seconde ère du 15 juin. 

Kim Dae-jung et Kim Jong-il, lors du sommet intercoréen à Pyongyang de juin 2000

Kim Dae-jung et Kim Jong-il, lors du sommet intercoréen à Pyongyang de juin 2000

La déclaration conjointe est un document fondamental qui consacre l'objectif, les grands principes et les moyens d'une réunification nationale tels qu'ils ont été approuvés par tous les Coréens, et qui constitue le programme suprême de la nation pour sa réunification.

Dès qu'a été inaugurée l'ère du 15 juin, les Coréens qui avaient souffert de la division se sont unis comme un seul homme, en mettant en commun leurs efforts et parce qu'ils sont unis par les liens du sang. Ce sont alors de multiples visites qui ont eu lieu, des contacts, des rassemblements conjoints et des actions de coopération de personnes appartenant à toutes les classes de la société.

Pourtant, ces six dernières années, une situation anormale s'est instaurée, dans laquelle la déclaration conjointe a été ouvertement rejetée à cause des forces hostiles à la réunification.

Les tensions militaires se sont accrues et toutes les actions entreprises pour la réunification, l'unité et la coprospérité ont été stoppées par les forces qui s'opposent à la déclaration conjointe.

Préserver et mettre en oeuvre la déclaration conjointe est la seule façon d'éliminer le danger de guerre et d'ouvrir la voie à la réconciliation, la coopération, la paix et a réunification.

Tous les Coréens du Nord, du Sud et à l'étranger doivent unir leurs efforts et ouvrir sans faute une nouvelle ère de la réunification basée sur la déclaration du 15 juin.

Les comités du Nord, du Sud et de l'étranger pour la mise en oeuvre de la déclaration du 15 juin s'acquitteront de leurs responsabilités et exerceront leur rôle comme organisations nationales pour la réunification afin de faire de cette année, qui marque le 69ème anniversaire de la libération de la Corée, un tournant historique pour ouvrir une seconde ère du 15 juin.

Cet appel invite tous les Coréens à se dévouer corps et âme pour l'avènement d'une seconde ère du 15 juin, en étant animés d'un patriotisme ardent pour la réunification, avec la conviction de la victoire.


Source :

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8 juin 2014 7 08 /06 /juin /2014 12:59

Le jury de la 14ème exposition internationale de la Biennale d'architecture de Venise (du 7 juin au 23 novembre 2014) a décidé d'accorder le Lion d'or de la meilleure participation nationale à la République de Corée (Corée du Sud) - le commissaire du pavillon coréen étant l'architecte Cho Min-suk. C'est la deuxième fois qu'un Coréen reçoit la plus haute distinction à la Biennale de Venise - en 1993, le pavillon allemand - auquel avait participé le Coréen Américain Paik Nam-june - avait déjà été distingué. Le pavillon coréen est revenu sur 100 années d'architecture coréenne, en s'intéressant également de près à l'architecture de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), et ce choix a pesé fortement dans la décision du jury. L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC), qui a mis l'accent sur les coopérations avec la France dans le domaine de l'architecture lors de ses récents déplacements au Nord de la péninsule, félicite les récipiendaires du prix.

Cho Min-suk

Cho Min-suk

L'exposition du pavillon coréen, intitulée "Le point de vue du corbeau : la péninsule coréenne", a mis en évidence les spécificités de l'architecture coréenne - propres tant au Nord qu'au Sud de la Corée - pendant un siècle.

L'exposition a été organisée en quatre parties : "Reconstruire la vie", "Un Etat monumental", "Frontières", "Tours utopiques". L'urbanisation accélérée de la Corée lors de la reconstruction après 1953, sur les ruines de la guerre, a mis l'accent sur un certain gigantisme et une volonté de modernisme exprimée par les congrès internationaux d'architecture moderne (CIAM). De ce point de vue, les bâtiments qui abritent le Parlement - au Sud comme au Nord - sont représentatifs d'un style et d'une époque, tout en témoignant d'un développement économique accéléré. Les développements urbains les plus récents, à Séoul comme à Pyongyang, recherchent une synthèse entre la tradition coréenne et une nouvelle conquête des sommets.

Le pavillon coréen à l'édition 2014 de la Biennale de Venise

Le pavillon coréen à l'édition 2014 de la Biennale de Venise

Le thème de l'édition 2014 de la biennale choisi par son directeur, Rem Koolhaas, "Fondamentaux", a visé à mettre en avant les récits historiques à travers l'architecture, en insistant sur la permanence d'éléments fondamentaux - comme le sol, les plafonds, les ouvertures...

Selon Cho Min-suk, "ce qui est intéressant dans l'architecture coréenne est que l'on peut voir à la fois la modernité et une identité nationale propre au Nord et au Sud, et c'est à mon avis ce qu'a voulu étudier Koolhaas dans la coordination des pavillons nationaux".

Le jury a indiqué qu'il avait souhaité distinguer le pavillon coréen "pour avoir réussi de manière extraordinaire à présenter un nouveau et riche corpus de connaissances sur l'architecture et l'urbanisme dans une situation politique extrêmement chargée. En utilisant différents modes de représentation qui encouragent l'interaction, c'est une recherche-en-action qui conduit le récit spatial et architectural vers une réalité géopolitique".

Cho Min-suk, qui a travaillé dans l'atelier de Rem Koolhaas à Rotterdam entre 1996 et 1998, a créé sa propre agence, Mass Studies. Parmi ses réalisations figurent le parc à thème Dalki, à Paju, Le poème de la nature et le pavillon coréen de l'exposition internationale de Shanghaï, en 2010, qui avait obtenu une médaille d'argent.

Le parc à thème Dalki, à Paju

Le parc à thème Dalki, à Paju

Faute d'avoir pu, à son regret, mener son projet en collaboration avec ses collègues du Nord, Cho Min-suk s'est adjoint de fins connaisseurs de l'architecture du Nord et de la RPD de Corée en général, qui lui ont fourni des matériaux pour le pavillon coréen.

Parmi eux, peuvent être cités Nick Bonner, fondateur de la société Koryo Tours spécialisée dans les voyages vers le Nord de la péninsule, qui a mis en valeur des artistes des studios Mansudae et d'autres artistes ou architectes anonymes ; le photographe britannique Charlie Crane, auteur d'un très bel album sur la RPD de Corée ; enfin, Peter Noever, ancien conservateur en chef du Musée d'art contemporain de Vienne, à l'origine d'une rétrospective sur l'art coréen de RPDC à Vienne en 2010, intitulée Flowers for Kim Il-sung, et qui comportait une section d'architecture.

Sources :

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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 07:55

Le 20 mai 2014, un message de condoléances a été adressé par les autorités de la République de Corée (du Sud) à la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) après le dramatique effondrement d'un immeuble en construction dans le quartier de Pyongchon, à Pyongyang. Il est d'usage que les autorités coréennes compatissent sur les catastrophes survenues dans l'autre partie de la péninsule - comme ce fut dernièrement le cas après le catastrophique naufrage du ferry sud-coréen Sewol - voire apportent des secours - comme en 1984 après les inondations en Corée du Sud qui avaient conduit la Corée du Nord à envoyer une aide d'urgence aux populations sud-coréennes, ou plus récemment par la Corée du Sud, à plusieurs reprises, après les inondations et sécheresses à répétition qui ont touché la RPD de Corée depuis les années 1990.

Rassemblement à Pyongyang : excuses publiques des officiels nord-coréens après l'effondrement d'un immeuble dans le quartier de Pyongchon

Rassemblement à Pyongyang : excuses publiques des officiels nord-coréens après l'effondrement d'un immeuble dans le quartier de Pyongchon

Le message de condoléances des autorités sud-coréennes est passé, suivant l'usage entre les deux Corée pour les questions humanitaires, par le canal des Croix-Rouges. Le ministère de la Réunification, à Séoul, a exprimé ses "profondes condoléances", dans un contexte qui a été marqué par l'escalade des tensions verbales entre les deux Corée - à l'issue d'un drame qui a laissé des centaines de Coréens privés de leurs familles et de leurs proches dans un profond désarroi que l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) partage pleinement, suite à un drame qui n'aurait jamais dû se produire : des défauts dans la construction et la sécurité du site ont été lourdement mis en cause.

Des responsables nord-coréens ont présenté publiquement leurs excuses pour cette faute "impardonnable", suivant une dépêche de l'agence nord-coréenne KCNA qui faisait la une des médias nationaux le 18 mai 2014.

Le ministre de la sécurité populaire, Choe Pu-il, a déclaré endosser la responsabilité de la catastrophe, lors d'une rencontre avec les familles des victimes. Sonu Hyong-chol, officier général des Forces de sécurité intérieure de la Corée populaire, Cha Hui-rim, président du Comité populaire de la ville de Pyongyang, et Ri Yong-sik, secrétaire en chef du Comité de Pyongchon du Parti du travail de Corée (PTC), ont également apporté des excuses publiques, dont le contenu a aussi été détaillé par l'agence KCNA. 

Sources :

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