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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 21:42

Elu le 25 septembre 2011, lors d'élections sénatoriales qui ont vu pour la première fois la gauche (socialiste, communiste, radicale et écologiste) remporter la majorité des sièges à la Chambre Haute sous la Cinquième République, le sénateur Jean-Vincent Placé (Europe Ecologie - les Verts) est le premier parlementaire français d'origine coréenne, tout en proclamant "Je n'ai jamais fait l'Asiatique de service, je revendique d'être Français". Portrait de l'un des hommes-clés du mouvement écologiste en France.

 

jean_vincent_place_senateur.jpgNé en 1968 à Séoul, adopté à sept ans par une famille normande, Jean-Vincent Placé a été élu sénateur de l'Essonne, à la tête d'une liste d'union de la gauche entre socialistes, communistes et les Verts, lors des élections du 25 septembre 2011.

 

Aujourd'hui vice-président aux transports à la région Ile-de-France, Jean-Vincent Placé a d'abord étudié le droit bancaire à Caen, avant de devenir collaborateur parlementaire d'Alain Tourret député (radical de gauche) du Calvados, tout en rencontrant Michel Crépeau au Palais-Bourbon. En 2001, il rejoint le mouvement écologiste les Verts, et devient un des proches de Cécile Duflot, qui s'impose à la tête des Verts en 1996. A l'élection primaire pour le choix du candidat écologiste à la présidentielle de 2012, il soutient Eva Joly.

 

Habile tacticien, il est devenu l'un des principaux négociateurs d'Europe Ecologie - les Verts (EELV) avec le Parti socialiste et les autres formations de gauche. Amateur de bonne chère et de bons mots, il s'impose aussi comme une figure-clé du mouvement écologiste. Les élections sénatoriales passées, une autre bataille s'impose : obtenir du groupe socialiste l'abaissement à 10 sénateurs du seuil requis pour former un groupe politique, ce qui permettrait à EELV de former pour la première fois un groupe parlementaire autonome.

 

A la veille des sénatoriales, il s'était légitimement indigné d'une formule d'Alain Marleix à son encontre, stigmatisant ses origines coréennes.

 

Invité à Séoul par le gouvernement sud-coréen en octobre, La Lettre de l'expansion a annoncé le souhait du nouveau sénateur de l'Essonne de devenir président du groupe interparlementaire d'amitié du Sénat France - République de Corée (du Sud). Ce poste est traditionnellement couplé à celui de premier vice-président du groupe d'étude et de contact France - République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord).

 

L'Association d'amitié franco-coréenne félicite Jean-Vincent Placé de son élection, en lui souhaitant de devenir un artisan du renforcement des liens d'amitié et de coopération entre la France et la Corée.

 

Sources : AAFC, Le Point. Photo SIPA.

 

 

 

 

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4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 21:10

03 09 Jean-Vincent Place EELV 930 620 scalewidth 630Le 3 septembre 2011, Alain Marleix, responsable des élections à l'Union pour un mouvement populaire (UMP), a déclaré à propos de Jean-Vincent Placé, candidat d'Europe Ecologie-les Verts aux élections sénatoriales le 25 septembre prochain dans l'Essonne : "Dans l’Essonne, notre Coréen national, Jean-Vincent Placé, va avoir chaud aux plumes !" Des propos largement condamnés par la classe politique française, et qui ont légitimement indigné Jean-Vincent Placé. Ce dernier envisage de porter plainte après avoir répondu sur Rue89 : "C'est un scandale absolu, et je suis rarement scandalisé. Aujourd'hui il s'agit de moi, mais demain il dira de Manuel Valls 'notre Espagnol national' ou de Rachida Dati 'notre Marocaine nationale', ou encore de Rama Yade 'notre Sénégalaise nationale'. (...) Le fait d'être coréen n'est bien sûr pas une infamie. Mais tout simplement, je suis français depuis 36 ans et uniquement français". L'Association d'amitié franco-coréenne comprend et partage l'indignation de Jean-Vincent Placé, condamnant fermement la stigmatisation d'une partie de nos concitoyens : comme Jean-Vincent Placé, né en 1968 à Séoul, en Corée du Sud, puis adopté par un couple de Français en 1975, plus de 11.000 Français sont d'origine coréenne et ont toute leur place dans la République française, n'en déplaise à M. Marleix.

 

Au lendemain de la guerre de Corée (1950-1953), de nombreux enfants coréens, orphelins, ont été adoptés par des couples occidentaux. L'adoption s'est poursuivie ensuite, dans un contexte où la Corée du Sud était encore un pays pauvre : les orphelinats sud-coréens ont continué d'accueillir des enfants, notamment, de familles pauvres ou de mères célibataires, alors que l'interruption volontaire de grossesse reste aujourd'hui très restreinte. On compte aujourd'hui plus de 11.000 Français adoptés d'origine coréenne, dont certains sont devenus des figures publiques. Parmi eux, Jean-Vincent Placé, responsable national d'Europe Ecologie-les Verts et vice-président du conseil régional d'Ile-de-France, a de fortes chances d'être élu sénateur le 25 septembre 2011.

 

Dans ce contexte, les propos tenus par Alain Marleix à l'égard de Jean-Vincent Placé sont éminemment choquants. L'élu écologiste a observé : "Qu'est-ce qu'il faut faire pour être français ? Pour certaines personnes, j'ai l'impression qu'avec la gueule que j'ai, je ne serai jamais français (...) J'ai la passion de la France et j'ai un drapeau tricolore dans mon bureau, ce qui m'attire même quelquefois les moqueries de mes camarades écologistes. Je suis extrêmement blessé par ces propos que je trouve inacceptables et honteux".

 

Parmi les Français d'origine coréenne, certains ont choisi de revendiquer leurs origines, d'autres de considérer qu'ils sont d'abord, sinon exclusivement, français. Une association, Racines coréennes, regroupe notamment des Français d'origine coréenne qui cherchent à retrouver leurs parents biologiques. Ce sont des choix relevant de la vie privée qu'il convient de respecter. Au regard de la loi française, ce sont tous des citoyens français. Au demeurant, le gouvernement sud-coréen ne comptabilise pas aujourd'hui les Coréens adoptés par des couples étrangers parmi l'ensemble des Coréens vivant à l'étranger, même si aujourd'hui ils sont souvent considérés comme de possibles relais de la culture et de l'influence coréennes.

 

Face aux propos inacceptables de M. Marleix, la pire des réponses serait l'indifférence, dont se nourrit l'intolérance. Car l'histoire multiplie les exemples de stigmatisations fondées sur les origines, indignes de la démocratie et des valeurs républicaines : il y a 70 ans, un président américain ne choisissait-il pas d'enfermer dans des camps ses citoyens d'origine japonaise et coréenne ?

 

Au-delà de Jean-Vincent Placé, ce sont deux catégories de citoyens français qui sont visées : tous ceux qui sont d'apparence asiatique - et qui, du reste, ont été les oubliés de la promotion de représentants des minorités visibles par les gouvernements successifs de Nicolas Sarkozy - ainsi que les Français adoptés nés dans un autre pays qui la France, dont la citoyenneté française serait donc douteuse aux yeux de M. Marleix et de ses acolytes.

 

Mais plus largement ce sont toutes celles et tous ceux qui, en France, peuvent également être attachés à un autre pays que la France qui seraient aussi suspectés d'être les représentants d'un prétendu parti de l'étranger. Pour notre part, membres de l'Association d'amitié franco-coréenne, nous sommes fiers d'aimer le peuple coréen et de contribuer, à la mesure de nos forces, à renforcer la solidarité et l'amitié franco-coréennes. Telle est notre conception des valeurs humanistes, qui sont au creuset de la citoyenneté et des principes républicains.

 

Sources : AAFC, Le Nouvel Observateur, Le Point. Photo Europe 1.

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12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 21:38

Le 12 juillet 2011, le ministère français des Affaires étrangères et européennes a annoncé l'ouverture d'un bureau français de coopération en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), concrétisant ainsi la proposition faite par Jack Lang en décembre 2009, à l'issue de sa mission comme envoyé spécial du Président de la République Nicolas Sarkozy pour la RPD de Corée. Alors que la France est l'un des deux derniers pays de l'Union européenne, avec l'Estonie, à ne pas avoir établi de relations diplomatiques complètes avec la RPD de Corée, l'ouverture de ce bureau avait été présentée par Jack Lang en décembre 2009 comme une première étape vers la normalisation des relations entre la France et la RPD de Corée.

 

jack-lang_kim-yong-nam.jpgArrivé à Pyongyang le 11 juillet 2011 selon l'agence nord-coréenne KCNA, M. Paul Jean-Ortiz, directeur d'Asie et d'Océanie au ministère français des Affaires étrangères et européennes devait présenter, à Pyongyang, ce mardi 12 juillet, le futur représentant des intérêts français en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), M. Olivier Vaysset, confirmant ainsi l'ouverture annoncée du bureau français de coopération à Pyongyang. Ni Tokyo, ni Séoul, les puissances les plus réticentes à ce premier pas dans la normalisation des relations franco - nord-coréennes, n'avaient encore réagi officiellement, alors que cette ouverture avait été un temps différée dans un contexte d'aggravation des tensions intercoréennes.

 

 La nouvelle a été annoncée le 11 juillet dans le quotidien Le Monde, lequel a indiqué que "M. Vaysset, qui était jusqu'alors le correspondant du Quai d'Orsay à la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), a été notamment conseiller culturel à l'ambassade de France à Singapour. Il reviendra s'installer à Pyongyang et ouvrir le bureau au mois de septembre". M. Vaysset a également été en poste à Taïwan, toujours dans le domaine culturel - des fonctions qui servent souvent de couverture à des activités de renseignement. Il a aussi été responsable du pôle du commerce international à la direction générale de la mondialisation du Quai d'Orsay.

 

Toujours selon Le Monde, l'ouverture de ce bureau aurait suscité des réserves, notamment à l'Elysée, en raison de l'absence de reprise à ce jour des pourparlers à six (les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon) sur la question nucléaire dans la péninsule coréenne.

 

Selon Bernard Valero, porte-parole du ministère des Affaires étrangères (MAE) cité par Le Nouvel observateur dans son édition du 12 juillet, "Nous confirmons l'ouverture de ce bureau (...) Le but est de maintenir une présence, de travailler avec les ONG francaises qui opèrent en Corée du Nord ; en matière de diffusion et de relations culturelles, ce bureau aura un rôle à jouer". Deux ONG françaises sont présentes en Corée du Nord : Triangle génération humanitaire et Première urgence. L'action culturelle, humanitaire et linguistique pourrait ainsi figurer parmi les missions du futur bureau.

 

Toujours selon M. Valero cité par l'AFP, le bureau serait composé de deux personnes, le chef de mission et un attaché linguistique déjà sur place, manifestement l'actuel lecteur de français à Pyongyang, dont le poste a été créé en 2006. La nomination du "directeur du bureau" serait "imminente", mais "rien ne serait fixé à ce stade", selon M. Valero, qui n'a donc pas confirmé le choix de M. Vaysset, actuellement chargé de mission auprès du directeur Asie. 

 

En juin dernier, une délégation de sénateurs du groupe d'étude et de contact France - République populaire démocratique de Corée a visité la Corée du Nord, évoquant déjà longuement la question de l'ouverture du bureau français à Pyongyang. A ce jour, le gouvernement français n'a pas indiqué si cette ouverture s'accompagnerait de l'octroi de moyens supplémentaires. La RPD de Corée n'a pas réagi immédiatement à l'annonce du gouvernement français, alors que certaines modalités d'ouverture du bureau de coopération restent en débat.

 

Sources : Le Monde, Le Nouvel observateur, Straits Times (citant l'AFP), point de presse du ministère français des Affaires étrangères consacré à l'ouverture du bureau en Corée du Nord.

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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 22:07

Quai-d-Orsay.jpgLes 24 et 26 mai 2011, le ministère français des Affaires étrangères et européennes a répondu à quatre questions écrites de parlementaires sur les relations franco-coréennes : il s'agissait de trois questions posées par le député Jean-Jacques Candelier (GDR, Nord) et d'une question posée par le sénateur Christophe-André Frassa (rattaché UMP, Français établis hors de France).

 

S'agissant des relations franco-coréennes, le gouvernement français a réaffirmé sans surprise son soutien à la Corée du Sud, suivant une lecture de la détérioration des relations intercoréennes qui n'est pas celle de l'Association d'amitié franco-coréenne qui souligne, pour sa part, les responsabilités de Séoul. En particulier, le minsitère des Affaires étrangères et européennes ne répond pas aux objections que soulève l'enquête officielle américano-sud-coréenne sur le naufrage du Cheonan, ni sur la pétition internationale en faveur d'un traité de paix en Corée que soutient pleinement l'AAFC - même si le gouvernement français estime que «  toute initiative qui pourrait ramener la Corée du Nord dans la voie du dialogue avec la communauté internationale doit être encouragée, dès lors que la Corée du Nord se conforme à ses obligations et à ses engagements internationaux ».

 

Cependant, ces réponses permettent d'observer que l'annonce de l'ouverture d'un bureau français d'action culturelle et de coopération à Pyongyang (qualifié désormais d' « office français de coopération humanitaire et culturelle ») est toujours d'actualité, même s'il n'est pas avancé de date pour sa mise en place. Par ailleurs, la réponse au sénateur Christophe-André Frassa détaille les actions conduites précisément dans le domaine de la coopération humanitaire et culturelle, notamment le soutien aux deux ONG françaises présentes en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) - Triangle Génération Humanitaire (GH) et Première Urgence - et l'annonce officielle du versement d'une aide humanitaire de 300.000 euros aux populations nord-coréennes suite aux inondations exceptionnelles de l'été 2010, et s'ajoutant aux 300.000 euros versés à Triangle GH et Première Urgence, ce dont l'AAFC se félicite. L'AAFC observe que Paris se démarque sur ce point de Séoul et de Washington, dont les gouvernements n'ont pas, jusqu'à présent, décidé de verser d'aide publique d'urgence à la Corée du Nord, alors qu'une mission gouvernementale américaine est actuellement présente en RPD de Corée pour étudier les conditions d'une aide humanitaire.

 

Les réponses à ces questions parlementaires ont été publiées à la veille du départ pour la RPDC d'une délégation de sénateurs du groupe d'étude et de contact France- RPD de Corée, conduite par son président, M. Jean-Claude Frécon, et dont fait notamment partie M. Christophe-André Frassa.

 

JJCandelierQuestion du député Jean-Jacques Candelier (N°86612) publiée au JO le 17 août 2010

M. Jean-Jacques Candelier attire l'attention de M. le ministre des affaires étrangères et européennes sur la question d'un projet de traité de paix en Corée rédigé par l'organisation civique sud-coréenne « Solidarité pour la paix et la réunification de la Corée » (Spark selon les initiales anglaises). Le 27 juillet 1953, après trois années et des millions de morts, les combats de la guerre de Corée prirent fin avec la conclusion d'un simple accord d'armistice. Aucun traité de paix n'a été signé, la péninsule coréenne étant virtuellement toujours en état de guerre. Le 19 septembre 2005, au cours des pourparlers sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne, les deux Corées, les États-unis, la Chine, la Russie et le Japon avaient publié une déclaration affirmant la nécessité de conclure un traité de paix et d'établir une structure de paix dans la péninsule. Ces pourparlers à six sont au point mort. Désireux de leur donner une suite, des spécialistes et des juristes sud-coréens ont rédigé en 2008 un projet de traité de paix en Corée. Il s'agit d'une démarche concrète proposant des objectifs atteignables, pour peu que les six aient la volonté sincère de parvenir à la paix. Un appel et une pétition ont été lancés par l'organisation civique Spark. Estimant urgent d'établir la paix dans la péninsule coréenne, il lui demande son avis sur cet appel-pétition et sur le projet de traité de paix mentionné.

 

Réponse du ministère des Affaires étrangères et européennes publiée au JO le 24 mai 2011

La France entretient des contacts réguliers avec les organisations non gouvernementales, en particulier celles qui mènent des programmes de coopération en Corée du Nord et qui viennent en aide à la population nord-coréenne, durement affectée. S'agissant des pourparlers à six, après avoir quitté la table des négociations une première fois en 2005, la Corée du Nord a de nouveau interrompu les pourparlers en avril 2008. En violation de ses obligations internationales, la Corée du Nord a procédé le 5 avril 2009 au lancement de la fusée Unha-2 et a annoncé avoir effectué le 25 mai 2009 un second essai nucléaire, après celui du 9 octobre 2006. La France a salué l'adoption à l'unanimité le 13 avril 2009 de la déclaration présidentielle du Conseil de sécurité des Nations unies, qui condamne le tir effectué le 5 avril par la Corée du Nord, en violation de la résolution 1718, et l'adoption à l'unanimité le 12 juin 2009 par le Conseil de sécurité des Nations unies de la résolution 1874, qui condamne fermement l'essai nucléaire effectué par la Corée du Nord le 25 mai 2009. Cette déclaration prévoit un mécanisme de sanctions et de restrictions financières à l'égard de la Corée du Nord. Nous avons appelé, avec l'ensemble de la communauté internationale, la Corée du Nord à oeuvrer activement à l'apaisement des tensions dans la région en reprenant rapidement les pourparlers à six en vue de la dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible de la péninsule coréenne. Toute initiative qui pourrait ramener la Corée du Nord dans la voie du dialogue avec la communauté internationale doit être encouragée, dès lors que la Corée du Nord se conforme à ses obligations et à ses engagements internationaux.

 

Question du député Jean-Jacques Candelier (N°86611) publiée au JO le 17 août 2010

M. Jean-Jacques Candelier attire l'attention de M. le ministre des affaires étrangères et européennes sur la question des relations avec la République populaire démocratique de Corée. Le 19 janvier 2010, le ministre a indiqué au parlementaire que « notre pays attache une grande attention à la situation de la Corée du Nord ». Pourtant, au sein de l'Union européenne, la France est le seul pays, avec l'Estonie, à ne pas reconnaître ce pays, ce qui se traduit de manière regrettable par la faiblesse de relations bilatérales dans tous les domaines entre les deux pays. Le ministre a toutefois indiqué que, « dans un premier temps », la création d'un office français de coopération et d'action culturelle à Pyongyang permettra « d'assurer une présence française en Corée du Nord de façon pérenne ». Une Alliance française serait également implantée. Il lui demande si des précisions peuvent lui être apportées sur le statut, la mission, le contenu et les actions de cet office français, lequel pourrait assister la population nord-coréenne en matière d'éducation, de santé, de culture et de coopération humanitaire, économique et technique ainsi qu'appuyer les ONG françaises présentes sur place. Par ailleurs, alors que la diplomatie française entretient une confusion délibérée entre la reconnaissance d'un État et le soutien au régime, il lui demande dans quelles mesures cet office préfigure une reconnaissance pleine et entière de ce pays et l'ouverture de relations diplomatiques normales, ce qui mettrait enfin un terme à cette situation.

 

Réponse du ministère des Affaires étrangères et européennes publiée au JO le 24 mai 2011 

La France n'a pas, jusqu'à présent, établi de relations diplomatiques avec la République populaire démocratique de Corée (RPDC). L'établissement de telles relations dépend de progrès effectifs dans trois domaines : la dénucléarisation, le dialogue intercoréen et la situation des droits de l'Homme. Les conditions ne sont, aujourd'hui, pas réunies pour l'établissement de telles relations. Pour autant, la diplomatie française suit avec une grande attention la situation en Corée du Nord et se préoccupe grandement du sort de sa population qui fait face à une situation particulièrement mauvaise du point de vue des droits de l'Homme et endure, en outre, une situation de disette très grave, voire de famine. La France reste attentive aux conditions de travail, d'accès et de contrôle des organisations humanitaires dans ce pays. Deux des six organisations non gouvernementales (ONG) étrangères travaillant en Corée du Nord sont françaises. Des relations de travail existent entre la Corée du Nord et la France. Nous entretenons, ainsi, des contacts réguliers avec la Délégation générale nord-coréenne à Paris et avons mis en place un programme de coopération, destiné à favoriser les échanges avec ce pays et son ouverture, avec, par exemple, la présence sur place d'un attaché de coopération pour le français qui veille à la promotion de l'enseignement du français à Pyongyang. À la suite de la mission de M. Jack Lang, envoyé spécial du Président de la République pour la Corée du Nord, en novembre 2009, la création d'un office français de coopération humanitaire et culturelle a été annoncée. Cet office assurera une présence française de façon pérenne et renforcera, en particulier, notre coopération avec les ONG françaises opérant dans ce pays. À ce stade, l'implantation d'une alliance française à Pyongyang n'est pas envisagée.  

 

Question du député Jean-Jacques Candelier (n°94057) publiée au JO le 23 novembre 2010 

M. Jean-Jacques Candelier interroge Mme la ministre d'État, ministre des affaires étrangères et européennes, sur le naufrage de la corvette sud-coréenne Cheonan, survenu le 26 mars 2010 en mer Jaune. Une équipe d'experts civils et militaires de plusieurs pays, dont les États-unis et la Corée du sud, a conclu à la responsabilité de la Corée du nord, laquelle a nié toute implication et proposé l'envoi de sa propre équipe d'experts, ce qui a été refusé par les autorités sud-coréennes. Les résultats de l'enquête officielle, incriminant la Corée du nord, ont été contestés sur plusieurs points, non seulement par ce pays, mais aussi par un ancien membre de l'équipe d'enquête sud-coréenne, et par les experts de la marine russe invités à examiner les éléments recueillis à Séoul, si l'on en croit un article du journal sud-coréen Hankyoreh ayant accédé aux résultats de cette enquête non rendue publique à ce jour. Ces éléments sont les suivants. Le fragment retrouvé de la torpille supposée être à l'origine du naufrage aurait été immergé pendant au moins six mois, c'est-à-dire bien avant l'incident du Cheonan. Par ailleurs, ce fragment comporte une inscription en coréen qui aurait dû être effacée par la chaleur de l'explosion, et utilise de surcroît une graphie propre à la Corée du sud ; enfin, ce fragment est fait d'aluminium, alors que la Corée du nord a indiqué utiliser de l'acier pour ses torpilles et a fourni des échantillons le prouvant. L'heure exacte du naufrage a donné lieu à plusieurs versions successives et contradictoires. La possibilité, pour un sous-marin nord-coréen, de déjouer la surveillance des marines américaine et sud-coréenne, alors que la sécurité était à son niveau maximum dans cette zone, a donné lieu à de nombreuses interrogations : ni le sous-marin, ni le tir de torpille ne semblent avoir été détectés, et le gouvernement sud-coréen n'a pas rendu publiques les communications montrant l'intention d'attaquer d'un sous-marin nord-coréen. Au vu de ces éléments, le naufrage du Cheonan pourrait n'être qu'un tragique accident. Il souhaite connaître les démarches conduites ou envisagées par notre pays, qui dispose d'experts militaires et civils compétents, afin de connaître la vérité sur le naufrage du Cheonan. Il lui demande quelle a été la position de la France au conseil de sécurité des Nations-unies, dont une déclaration de la présidence, le 9 juillet 2010, a fait état à la fois de la version sud-coréenne et pris note des éléments fournis par la RPDC.

 

Réponse du ministère des Affaires étrangères et européennes publiée au JO le 24 mai 2011 

En tant que membre du commandement des Nations unies en Corée et notamment de la commission militaire d'armistice, la France s'est associée à l'enquête conduite par cette dernière sur l'incident du Cheonan du 26 mars 2010. La France avait fermement condamné cette attaque et souligné qu'elle ne pouvait rester sans réponse de la communauté internationale. Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté une déclaration présidentielle, le 9 juillet 2010, condamnant l'attaque contre le navire sud-coréen Cheonan et dans laquelle il exprime, notamment, « la profonde préoccupation que lui inspirent les constatations de la commission d'enquête mixte civilo-militaire dirigée par la République de Corée, avec la participation de cinq États, qui a conclu que la République populaire démocratique de Corée était responsable du naufrage du Cheonan ». Le rapport final de cette commission d'enquête, mixte dirigé par la République de Corée a été rendu public le 13 septembre 2010. La France continue d'appeler la Corée du Nord à s'abstenir de tout geste susceptible d'accroître la tension dans la région, à opérer un démantèlement complet, vérifiable et irréversible de son programme nucléaire, à reprendre la voie des pourparlers à six, du dialogue intercoréen et de la légalité internationale. 

 

frassa christophe andre08018uQuestion du sénateur Christophe-André Frassa (N°15877) publiée au JO le 11 novembre 2010

M. Christophe-André Frassa attire l'attention de M. le ministre des affaires étrangères et européennes sur les relations entre la France et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). 

Il lui rappelle qu'en 2009 le député Jack Lang a été chargé par le Président de la République Nicolas Sarkozy d'une mission portant, notamment, sur les relations bilatérales entre Paris et Pyongyang, alors que notre pays est l'un des deux derniers États membres de l'Union européenne à ne pas avoir établi de relations diplomatiques complètes avec la RPD de Corée. Il lui indique qu'à l'issue de cette mission il a été envisagé l'ouverture d'un bureau français d'action culturelle et de coopération à Pyongyang, comme une possible première étape avant l'établissement de relations diplomatiques complètes. 

Il souhaiterait connaître les suites données à cette proposition d'ouverture d'un bureau d'action culturelle et de coopération qui s'inscrirait dans la tradition diplomatique française de reconnaissance des États et non des régimes, notamment en cas de reprise des pourparlers à six sur la question nucléaire dans la péninsule coréenne. 

Il souhaiterait connaître, par ailleurs, les actions qui sont actuellement conduites, ou envisagées, dans le domaine de la solidarité avec les populations nord-coréennes, touchées par les inondations de cet été en Asie du Nord-Est. 

Il demande comment est encouragé l'apprentissage du français en Corée du Nord, où l'enseignement de notre langue apparaît en recul. 

Il rappelle enfin qu'un programme de coopération bilatérale dans le domaine de l'architecture a pris fin cette année et souhaiterait savoir si le gouvernement français envisage l'attribution de bourses à d'autres étudiants nord-coréens en France, et dans quels domaines.

 

Réponse du ministère des Affaires étrangères et européennes publiée au JO le 26 mai 2011 

À la suite de la mission de M. Jack Lang, envoyé spécial du président en Corée du Nord en 2009, le Président de la République a annoncé que la France ouvrirait un office français de coopération humanitaire et culturelle à Pyongyang. L'objectif est de venir en aide à la population, en particulier à travers les deux organisations non gouvernementales françaises actives dans le pays, et de poursuivre nos activités de coopération culturelle. La date d'ouverture de cet office n'a pas encore été fixée. La France mène plusieurs actions de coopération avec la Corée du Nord. Depuis 2006, un lecteur de français enseigne à l'université des langues étrangères de Pyongyang, à l'université Kim Il-sung et au lycée des langues étrangères de Pyongyang. Des stages de formation linguistique en France sont proposés chaque année depuis 2005. L'an dernier, quatre professeurs nord-coréens de langue française, d'université et du secondaire ont ainsi bénéficié d'un stage linguistique et pédagogique de trois semaines au centre universitaire d'études françaises (CUEF) de Grenoble. Un programme conjoint de recherche et de coopération existe également entre l'École française d'Extrême-Orient (EFEO) et le Bureau national de conservation des propriétés culturelles de Corée du Nord, dans le domaine de la recherche et des fouilles archéologiques. La France soutient, en outre, les deux organisations non gouvernementales françaises actives en Corée du Nord. Triangle génération humanitaire et Première urgence font partie des six organisations non gouvernementales autorisées à travailler dans le pays. Pour 2011, comme l'an dernier, la France a apporté des financements à ces deux organisations, à hauteur de 300 000 € annuels. À la suite des inondations exceptionnelles ayant touché la Corée du Nord à l'été 2010, une aide d'urgence de 300 000 € a également été versée. La France n'envisage pas, à ce stade, l'établissement de relations diplomatiques. Celles-ci restent conditionnées par la satisfaction de trois critères : une évolution positive sur le dossier nucléaire, une amélioration du dialogue intercoréen et des progrès en matière de droits de l'Homme. La France continue d'appeler Pyongyang à oeuvrer en ce sens, en s'abstenant de tout geste susceptible d'accroître la tension dans la région, en abandonnant de manière complète, vérifiable et irréversible ses armes nucléaires et son programme nucléaire - comme le demandent les résolutions 1718 et 1874 du Conseil de sécurité des Nations unies - et en reprenant la voie du dialogue intercoréen, des pourparlers à Six et de la légalité internationale.

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9 juin 2011 4 09 /06 /juin /2011 22:09

Début juin 2011, une délégation du groupe interparlementaire d'étude et de contact du Sénat France - République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a visité la RPD de Corée pendant une semaine, à l'invitation de l'Assemblée populaire suprême de la RPD de Corée. La délégation, conduite par le sénateur Jean-Claude Frécon, président du groupe interparlementaire France - RPDC, a notamment rencontré le président Kim Yong-nam.

 

 

senateurs francais a pyongyang

 

 

Conduite par son président, le sénateur Jean-Claude Frécon, une délégation du groupe interparlementaire d'étude et de contact France - RPD de Corée du Sénat a visité la République populaire démocratique de Corée pendant une semaine début juin 2011, à l'invitation de ses homologues parlementaires coréens. Outre M. Jean-Claude Frécon, la délégation était composée de quatre sénateurs, M. Michel Guerry, premier vice-président du groupe interparlementaire, M. Jean-Claude Pastor, secrétaire du groupe, Mme Josette Durrieu et Christophe-André Frassa, accompagnés de M. Patrick Gagnepain, secrétaire exécutif.

 

La taille et la composition de la délégation témoignent de l'intérêt de la Haute Assemblée pour la situation dans la péninsule coréenne : en 2009, une délégation du groupe interparlementaire d'amitié du Sénat France - République de Corée (du Sud) avait ainsi visité la Corée du Sud. Elle était notamment composée de son président, M. Michel Guerry, et de son premier vice-président, M. Jean-Claude Frécon.

 

Alors que la France est l'un des deux derniers pays de l'Union européenne à ne pas avoir établi de relations diplomatiques complètes avec la République populaire démocratique de Corée, dans le compte rendu du déplacement effectué dans le Sud de la péninsule en 2009, il était précisé que "le groupe interparlementaire d'amitié France - République de Corée et le groupe d'étude et de contact France - République populaire démocratique de Corée ont vocation à défendre une position homogène du Sénat en tant qu'institution indépendante des autres pouvoirs publics et des deux gouvernements coréens (...) Les deux groupes défendent les positions communes suivantes : pour le développement du dialogue intercoréen sur la base des déclarations conjointes Nord-Sud du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007 (...) pour l'établissement de relations diplomatiques complètes entre la France et la République populaire démocratique de Corée et le développement des échanges bilatéraux franco - nord-coréens".

 

L'ouverture annoncée d'un bureau français d'action humanitaire et de coopération a ainsi été au coeur des échanges de la délégation du Sénat avec ses interlocuteurs coréens, alors que le ministère français des Affaires étrangères et européennes avait répondu à plusieurs questions écrites parlementaires la veille du départ de la délégation pour la RPD de Corée.

 

En particulier, la délégation a longuement rencontré - pendant 1h15 - le président Kim Yong-nam, président du praesidium de l'Assemblée populaire suprême de la RPD de Corée (photo ci-dessus). Elle a également rencontré les représentants des ONG françaises présentes en Corée du Nord : Première Urgence et Triangle Génération Humanitaire, en s'entretenant notamment de la situation humanitaire. Le 1er décembre 2007, une soirée de solidarité avec les victimes nord-coréennes des inondations de l'été 2007 avait été organisée par l'AAFC dans les salons de la présidence du Sénat, sous l'égide du groupe interparlementaire d'étude et de contact France - RPDC alors présidé par Mme Michèle André.



En l'absence de relations diplomatiques complètes entre la France et d'autres pays, les groupes interparlementaires sont un canal privilégié de développement des échanges bilatéraux, tant politiques qu'économiques et culturels. Au sein du Parlement français, le Sénat a su s'affirmer comme un interlocuteur incontournable du dialogue avec la RPD de Corée.



Sources : AAFC, KCNA (dont photo) 

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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 22:37

JJCandelierLe 28 décembre 2010, le député Jean-Jacques Candelier (Gauche démocrate et républicaine, Nord) avait interrogé le ministère des Affaires étrangères et européennes sur la présence d'observateurs français aux exercices militaires américano - sud-coréens. Dans la réponse publiée le 10 mai 2011, le gouvernement affirme : "Ces manoeuvres d'entraînement, à caractère exclusivement défensif, avaient été programmées depuis plusieurs mois et n'ont pas été décidées à la suite du bombardement de l'île de Yeonpyeong. La France, en tant que membre du commandement des Nations unies (UNC) en Corée, a été tenue étroitement informée de ces exercices militaires." L'AAFC observe, d'une part, que la réponse française sur les exercices de guerre américano - sud-coréens reprend fidèlement les termes d'un communiqué de presse de l'armée américaine, selon lequel "ces exercices sont défensifs par nature" et qu'ils "ont été programmés bien avant l'attaque d'artillerie [nord-coréenne]", et, d'autre part, que la France envisage sa participation au Commandement des Nations Unies en Corée comme un soutien explicite à l'une des parties en présence (la Corée du Sud). Par ailleurs, la réponse française semble traduire l'ignorance par la sous-direction Extrême-Orient du Quai d'Orsay des propositions nord-coréennes de reprise des pourparlers à six, puisqu'elle appelle Pyongyang à revenir à la table des négociations, ce que la RPD de Corée ne cesse de proposer tout en se heurtant au refus de Séoul... La publication de cette réponse intervient à la veille de la venue en Europe du président sud-coréen Lee Myung-bak, lors d'une visite qui le conduira notamment en France. L'AAFC reproduit ci-après le texte de la question du député Jean-Jacques Candelier et la réponse du ministère des Affaires étrangères et européennes.

 

Texte de la question du député Jean-Jacques Candelier (N°97168) publiée au JO le 28 décembre 2010

 

 M. Jean-Jacques Candelier interroge Mme la ministre d'État, ministre des affaires étrangères et européennes, sur la qualité des observateurs français ayant assisté aux manoeuvres effectuées du 28 novembre au 1er décembre 2010 en mer Jaune par les États-unis et la Corée du sud. Le 23 novembre 2010, la Corée du nord et la Corée du sud ont échangé des tirs d'artillerie autour de la « ligne de limite nord » fixée unilatéralement en mer Jaune par les États-unis en 1953, et contestée par la Corée du nord. Par la suite, la Chine et la Russie ont appelé à une réunion d'urgence des six pays participant aux pourparlers sur la dénucléarisation de la péninsule. La Corée du nord a accepté le principe d'une telle réunion, à la différence de la Corée du sud, des États-unis et du Japon qui ont organisé des manoeuvres militaires conjointes. Des représentants de la France auraient assisté aux manoeuvres navales américano-sud-coréennes. Il souhaiterait connaître leur nombre et leur qualité, ainsi que le résultat de leur mission. Par ailleurs, il lui demande quelle est la position du Gouvernement quant aux initiatives de la Chine et de la Russie destinées à apaiser les tensions dans la péninsule coréenne.

 

Réponse du ministère des Affaires étrangères et européennes parue au JO le 10/05/2011

 

Le 23 novembre 2010, la Corée du Nord a procédé à des tirs d'artillerie sur l'île sud-coréenne de Yeonpyeong, faisant quatre morts, dont deux civils, et plusieurs dizaines de blessés. La France a condamné cette attaque avec la plus grande fermeté. Du 28 novembre au 1er décembre 2010, des manoeuvres militaires navales communes entre la Corée du Sud et les États-Unis se sont déroulées en mer Jaune. Ces manoeuvres d'entraînement, à caractère exclusivement défensif, avaient été programmées depuis plusieurs mois et n'ont pas été décidées à la suite du bombardement de l'île de Yeonpyeong. La France, en tant que membre du commandement des Nations unies (UNC) en Corée, a été tenue étroitement informée de ces exercices militaires. L'attaché de défense près l'ambassade de France en Corée est régulièrement associé en qualité d'observateur aux exercices américano-sud-coréens, en tant qu'officier de liaison auprès du commandement des Nations unies en Corée. Toute initiative destinée à apaiser les tensions dans la péninsule coréenne doit être encouragée. La plus cruciale consisterait pour la Corée du Nord à faire preuve de bonne volonté, en s'engageant en particulier à s'abstenir de nouvelle provocation et en abandonnant de manière complète, vérifiable et irréversible ses armes nucléaires et ses programmes nucléaires, comme le demandent les résolutions 1718 et 1874 du Conseil de sécurité des Nations unies. La France continue d'appeler la Corée du Nord à s'abstenir de tout geste susceptible d'accroître la tension dans la région, à reprendre la voie du dialogue intercoréen, des pourparlers à six et de la légalité internationale.

 

Source : Assemblée nationale

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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 20:30

Le 1er décembre 1981, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a émis un timbre représentant François Mitterrand, président de la République française - ce qui, à notre connaissance, constituait une première mondiale. En février 1981, François Mitterrand, qui n'était alors que candidat à l'élection présidentielle, avait visité Pyongyang, où il s'était engagé à l'ouverture de relations diplomatiques complètes entre la France et la République populaire démocratique de Corée.

 

TimbreMitterrand RPDCLe premier timbre (source) à avoir représenté François Mitterrand est nord-coréen : d'une valeur de 20 chon (soit 0,2 won), il fait partie d'un bloc feuillet émis le 1er décembre 1981. Il représente l'homme d'Etat socialiste à la tribune, au-dessus d'un drapeau français, et brandissant une rose. Un bandeau situé dans la partie supérieure du timbre porte l'inscription - en français - "François Mitterrand Président de la République française".

 

Le choix de François Mitterrand - dans un pays qui a une solide tradition philatélique - n'a rien de surprenant pour qui connaît un peu les relations franco - nord-coréennes : alors candidat à l'élection présidentielle, le futur chef de l'Etat avait visité Pyongyang en février 1981, où il avait été longuement reçu par le Président Kim Il-sung et s'était engagé, en cas d'élection, à l'ouverture de relations diplomatiques complètes entre la France et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) - une promesse qu'il n'honorera pas. François Mitterrand avait dressé un portrait louangeur de son hôte, et le Président Kim Il-sung avait ensuite été l'un des premiers à féliciter François Mitterrand après son élection le 10 mai 1981.

 

Aujourd'hui encore, les guides qui accompagnent les visiteurs français à Pyongyang rappellent fréquemment la visite qu'avait faite François Mitterrand, alors que la question d'une ambassade française dans la capitale nord-coréenne reste malheureusement toujours d'actualité : aujourd'hui, la France est l'un des deux derniers pays de l'Union européenne (avec l'Estonie) à ne pas avoir établi de relations diplomatiques complètes avec la République populaire démocratique de Corée, créant une situation préjudiciable aux intérêts des deux pays.

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 22:30

Député de l'Oise (Union pour un mouvement populaire, UMP), ancien secrétaire général du Rassemblement pour la République (RPR), Jean-François Mancel visite actuellement la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) en tant qu'invité d'honneur du 27ème Festival artistique de printemps de l'amitié, organisé en avril 2011, comme en a rendu compte l'agence officielle nord-coréenne KCNA.

 

800px-Mancel Jean FrancoisLe Festival artistique de printemps de l'amitié est organisé régulièrement à Pyongyang à l'occasion de l'anniversaire du Président Kim Il-sung, fondateur de la République populaire démocratique de Corée, né le 15 avril 1912. Pour la 27ème édition du Festival organisée en avril 2011, des groupes artistiques de plusieurs pays (dont la France) ont été invités à Pyongyang, ainsi que des "invités d'honneur"  - comme l'indique l'agence officielle nord-coréenne KCNA -, parmi lesquels le député français (UMP) de l'Oise Jean-François Mancel.

 

Jean-François Mancel a visité le palais mémorial Kumsusan, qui abrite la dépouille mortelle du Président Kim Il-sung, le 10 avril, où il a laissé un message dans le livre d'or après avoir rendu un hommage au fondateur de la RPDC. Par ailleurs, Jean-François Mancel et les membres de sa délégation ont été reçus le 13 avril par Choe Thae-bok, président de l'Assemblée populaire suprême.

 

Cette visite traduit le renforcement des liens entre la RPDC et les groupes parlementaires français, ainsi qu'avec les principaux partis politiques français, dont l'UMP et le Parti socialiste (PS).

 

Sources : AAFC, dépêches de l'agence KCNA en date du 10 et du 13 avril 2012.

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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 21:56

A l'occasion du sommet du G20 qui s'était tenu à Séoul les 11 et 12 novembre 2010, le président français Nicolas Sarkozy avait annoncé un accord sur la restitution des archives royales coréennes pillées par la France en 1866, sous la forme d'un prêt renouvelable de cinq années. Cette décision tendait ainsi à clore un contentieux vieux de plusieurs dizaines d'années entre la France et la République de Corée (du Sud). Le 14 avril 2011, le premier lot de manuscrits est arrivé en Corée.

 

restitution archives royales coreennes uigwe avril 2011Depuis une vingtaine d'années, les autorités sud-coréennes réclamaient le retour des archives royales Uigwe pillées par la France en 1866, lors d'une tentative d'invasion coloniale de la péninsule par la France qui avait tourné court. Sous l'impulsion d'associations et de citoyens coréens, ainsi que de l'actuelle représentation diplomatique sud-coréenne en France, un dénouement avait été donné à cet unique réel irritant des relations entre Paris et Séoul, à l'occasion du sommet du G20 à Séoul en novembre 2010. Le chef de l'Etat français avait alors accepté la restitution des archives coréennes sous la forme d'un prêt de cinq ans renouvelable - non sans d'ailleurs susciter une vive émotion dans les milieux français de la conservation, non associés à la prise de décision.

 

 Le 14 avril 2011, un premier lot de 75 manuscrits (sur un total de 297) est arrivé en Corée. Selon le ministère sud-coréen de la Culture, l'ensemble des manuscrits devraient avoir été restitués d'ici fin mai. Ces précieux documents donnent notamment un aperçu détaillé des rites et des protocoles de la dernière dynastie coréenne, la dynastie Choseon (1392-1910).

 

Si la Convention des Nations unies sur les mesures à prendre pour interdire et empêcher l'importation, l'exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels, prévoit le retour permanent de tous les biens acquis illégalement, elle n'a pas d'application rétroactive pour les biens pillés avant sa signature (en 1970). Pour sa part, l'AAFC a plaidé de manière constante pour la restitution des archives royales coréennes illégalement pillées dans le cadre d'opérations de nature coloniale, quelle que soit la date à laquelle se sont déroulés les faits. Elle se félicite de l'accord trouvé, même si elle regrette que le prêt permanent n'implique pas un transfert de propriété de ces biens au peuple coréen.

 

Selon un communiqué du ministère français des Affaires étrangères et européennes, la restitution ainsi opérée va "permettre des échanges culturels accrus, notamment dans le cadre de l'organisation d'années culturelles croisées en 2015-2016, à l'occasion du 130e anniversaire des relations diplomatiques entre la France et la Corée".

 

Sources : AAFC, AP (dont photo).

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11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 09:00

Alors que la politique étrangère sera un thème majeur du débat des échéances électorales à venir, c'est l'ambassadeur de Corée du Sud en France qui a annoncé - lors d'un passage à Séoul - que le gouvernement français n'ouvrirait pas de bureau de coopération humanitaire et culturelle en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Interrogé à ce sujet par des parlementaires tout au long de l'année 2010, le gouvernement français n'avait pas donné de réponse, laissant donc la primeur de cette annonce au représentant d'une puissance tierce. Face à de telles pratiques de nature à faire douter de l'indépendance de la diplomatie française, en Corée et ailleurs, l'Association d'amitié franco-coréenne a publié le communiqué suivant.

 

 

Communiqué de presse

Paris, 9 mars 2011

 

CORÉE: UN AUTRE FIASCO POUR LA DIPLOMATIE FRANÇAISE

 

Le gouvernement français a sacrifié la défense des intérêts de la France à ceux d’une puissance étrangère, la Corée du Sud.

 

En ce début d’année 2011, les bouleversements politiques en Afrique du Nord et au Proche-Orient ont montré l’incapacité de la diplomatie française à anticiper et comprendre les évolutions dans cette partie du monde. A ce propos, dans une tribune publiée le 22 février, des diplomates français, réunis dans le collectif « Marly », ont dénoncé l’« amateurisme » , l’« impulsivité »,les « préoccupations médiatiques » et le « manque de cohérence » de la diplomatie française.

 

Œuvrant depuis 1969 pour que la France entretienne des relations équilibrées avec les deux parties de la Corée divisée, l’Association d’amitié franco-coréenne (AAFC) ne peut que prendre acte d’un autre fiasco de la diplomatie française : sur la question nord-coréenne, le gouvernement français a sacrifié la défense des intérêts de la France à ceux d’une puissance étrangère.

 

Du 9 au 13 novembre 2009, Jack Lang, représentant spécial du président Nicolas Sarkozy, s'est rendu en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) avant de proposer l'ouverture d'un bureau de coopération humanitaire et culturelle à Pyongyang, première étape vers l’établissement de relations diplomatiques complètes entre la République française et la RPDC. Dans ses échanges avec l’AAFC, Jack Lang s’était réjoui d'une convergence de points de vue.

 

Un an et demi plus tard, cette proposition est restée lettre morte, malgré les questions écrites répétées, sans réponse à ce jour, de parlementaires de diverses sensibilités politiques.

 

Pire : la réponse aux questions des députés et sénateurs français est venue de Séoul.

 

Le 25 février 2011, dans un entretien à l'agence de presse sud-coréenne Yonhap, Park Heung-shin, ambassadeur de la République de Corée (du Sud) en France, a donné publiquement le « la » de la diplomatie française : « la France est notre allié fidèle et a fait savoir qu’elle a suspendu les négociations avec Pyongyang pour l’ouverture d’un bureau permanent de coopération culturelle et scientifique après les provocations nord-coréennes contre le Sud, à savoir le torpillage duCheonan en mars 2010 et l’attaque sur l’île de Yeonpyeong en novembre dernier. »

 

« Torpillage du Cheonan » ? Tel n’est pas l’avis de la Chine, de la marine russe, de scientifiques indépendants, ni d’un ancien expert de la commission d’enquête officielle américano-sud-coréenne. Mais la France veut-elle seulement se donner les moyens d’une expertise indépendante ?

 

Aujourd’hui, la politique de la France à l'égard de la Corée du Nord ne se décide plus à Paris, mais à Séoul, faisant de la France un des deux derniers pays de l’Union européenne à ne pas avoir reconnu la RPDC. Cette situation n’est pas favorable aux intérêts économiques et stratégiques de la France, laquelle est réduite au rôle de supplétif de la Corée du Sud dont le gouvernement en place depuis 2008 cherche des soutiens pour remettre en cause le rapprochement inter-coréen initié par ses prédécesseurs.

 

En Corée comme dans le reste du monde, l’Association d'amitié franco-coréenne appelle au retour à une politique étrangère française indépendante et souveraine, dans le respect de la tradition diplomatique de la France, qui est de reconnaître les États et non les gouvernements, et du rôle que la France aspire à jouer comme membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies.

 

 

Contact : Association d'amitié franco-coréenne (AAFC)

téléphone : +33 6 48 69 81 89

courrier électronique : amitiefrancecoree@gmail.com

site Internet : www.amitiefrancecoree.org

 

CP AAFC 09032011

Cliquez sur l'image pour télécharger le communiqué (format PDF)

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  • : Association d'amitié franco-coréenne
  • : Soutenir une réunification indépendante et pacifique de la Corée, conformément à l'aspiration légitime du peuple coréen et dans l’intérêt de la sécurité et de la paix dans le monde
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