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28 juillet 2009 2 28 /07 /juillet /2009 13:07

L'arrivée au pouvoir du conservateur Lee Myung-bak à Séoul a ouvert une vague de répression sans précédent contre les partisans de la réunification : après le suicide du pasteur Kang Hui-nam, président honoraire de la branche sud-coréenne de l'Alliance pan-coréenne pour la réunification (Pomminryon), l'arrestation des six de Séoul a été le signal du procès des relations intercoréennes sous l'ère Roh Moo-hyun, en application de la loi dite de sécurité nationale. Comment expliquer cet acharnement anti-communiste, alors que dans le même temps la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) reste soumise à des difficultés économiques réelles ? En réalité, l'objectif du pouvoir à Séoul est de discréditer tout modèle alternatif, ainsi que les valeurs de solidarité nationale qui ont fondé la RPDC, perçues comme autant de menaces de subversion de l'ordre économique et social : là réside, pour les gouvernants au pouvoir à Séoul, le vrai danger venant du Nord.

Au plus fort des manifestations contre la reprise des importations de boeuf américain, les conservateurs au pouvoir à Séoul ont cru voir la main de Pyongyang : ils ont déclenché une
répression brutale sous ce prétexte, alors même que les organisations ouvertement favorables au Nord sont interdites et que les partis de gauche - par ailleurs divisés sur la question des relations avec le Nord - ne recueillent généralement, en Corée du Sud, que moins de 10 % des suffrages exprimés aux élections.

Le gouvernement Lee Myung-bak croit-il réellement à la menace de subversion communiste ? De fait, la République de Corée (du Sud) s'est fondée davantage sur une opposition à la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) que sur un anticommunisme classique : les valeurs que représente, ou qu'entend défendre Pyongyang, sont perçues comme autant de menaces à l'ordre économique et social qui a présidé à la constitution de la République de Corée. Ainsi, les fortunes actuelles en Corée du Sud ont été accumulées par d'anciens collaborateurs du pouvoir colonisateur japonais, qui a occupé la Corée entre 1910 et 1945, quand une épuration était menée au Nord. Aux inégalités en Corée du Sud, l'un des pays dotés d'une des plus faibles couvertures sociales parmi les Etats industrialisés membres de l'OCDE, fait écho la
gratuité de l'éducation et de la santé au Nord, où des enfants d'ouvriers, de mineurs et de paysans ont pu gravir l'échelle sociale. En disqualifiant la Corée du Nord, le pouvoir sud-coréen veut remettre en cause toute aspiration à une plus grande justice sociale : la question ne porte alors pas tant sur les succès économiques comparés du Nord et du Sud (de fait, après 1948, et pendant une génération, le niveau de vie a été incontestablement plus élevé au Nord) que sur les valeurs et les principes qui fondent les deux Etats du Nord et du Sud.

Au-delà du socialisme, ce sont l'ensemble des valeurs que défend la Corée du Nord qui sont suspectes : alors que le mode de vie américain s'est imposé en Corée du Sud, où stationnent encore plus de 28.000 G.I s américains, la Corée du Nord a défendu l'autonomie nationale et l'identité coréenne.  Au premier rang des idées aujourd'hui suspectes à Séoul, celle de réunification, dont tout partisan a longtemps été catalogué comme "rouge" à Séoul, ce qui entraîne ipso facto le placement sur une liste noire interdisant, par exemple, l'accès aux emplois publics. De fait, les premières propositions en vue d'une réunification ont été formulées au Nord, par le Président Kim Il-sung, et l'opposition (aujourd'hui au pouvoir à Séoul) avait déjà dénoncé les accord intercoréens du
15 juin 2000 et du 4 octobre 2007 comme autant de concessions, selon elles inacceptables, envers Pyongyang.

C'est ce contexte propre à la péninsule coréenne qui est de nature à expliquer les atteintes actuelles à la démocratie à Séoul. Mais notre conviction est que les anciens présidents démocrates Kim Dae-jung et Roh Moo-hyun ont créé un nouvel état d'esprit qui rendra difficile la régression vers les années du régime militaire. La répression est le signe de la faiblesse du pouvoir à Séoul, et non de sa force.

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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 21:51

Ce 27 juillet marquait le 56eme anniversaire de l'armistice qui a mis fin aux combats de la guerre de Corée. A Séoul, de nombreux Coréens ont manifesté pour exiger, notamment, la signature d'un véritable traité de paix, ce que refusent toujours les Etats-Unis.


Le 26 juillet 2009, malgré la forte présence policière, une manifestation s'est tenue dans le centre de Séoul pour commémorer le 56eme anniversaire de l'amistice qui a mis fin, le 27 juillet 1953, aux combats de la guerre de Corée. Parmi les manifestants, se trouvaient des militants de Solidarité pour la paix et la réunification de la Corée, de l' Alliance coréenne pour un mouvement progressiste, de l'Alliance pan-coréenne pour la réunification (Pomminryon), de la Confédération coréenne des syndicats (KCTU), ainsi que d'anciens prisonniers de longue durée en application de la loi dite de « sécurité nationale », et les familles de prisonniers de conscience.

 


Au début, la police a tenté d'empêcher que cette manifestation ait lieu à proximité de l'ambassade américaine. Les manifestants ont alors eux-mêmes fait barrage aux policiers pour leur demander de respecter la loi car ce rassemblement avait été autorisé. La police a donc fini par reculer.


Les manifestants avaient plusieurs revendications : le respect de la Déclaration commune Nord-Sud du 15 juin 2000, l'abandon de l'Initiative de sécurité contre la prolifération des armes de destruction massive (PSI), l'arrêt des sanctions contre la Corée du Nord, l'ouverture de négociations entre la Corée du Nord et les Etats-Unis et la signature d'un traité de paix. L'administration du président sud-coréen conservateur Lee Myung-bak n'applique plus la Déclaration commune du 15 juin, tandis que les Etats-Unis refusent des négociations directes avec la Corée du Nord qui aboutiraient à la signature d'un véritable traité de paix mettant fin à l'état de guerre qui prévaut dans la péninsule coréenne depuis 1953.


Sources : Tongil News, No base stories of Korea

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30 mai 2009 6 30 /05 /mai /2009 11:30

Ils étaient des dizaines de milliers dans les rues de Séoul, ce vendredi 29 mai 2009, à rendre un dernier hommage à l'ancien président Roh Moo-hyun, après le suicide de celui qui a été l'un des plus fervents défenseurs des droits de l'homme en Corée du Sud, et un des artisans de la réconciliation avec le Nord.

La foule immense des Sud-Coréens, venus rendre un dernier hommage à leur ancien président Roh Moo-hyun  (2003-2008) ce vendredi 29 mai 2009, était à l'image de la douleur de tout un peuple.

Si 3.000 personnes ont assisté aux funérailles, parmi lesquelles les anciens présidents Kim Dae-jung et Kim Young-sam, des députés et des diplomates, ils étaient encore plus nombreux (130.000 selon la police) à s'être rassemblés dans les rues de la capitale sud-coréenne, avec des ballons jaunes et des banderoles représentant l'ancien président. L'impressionnant déploiement policier anti-émeutes (15.000 agents) témoignait aussi de la crainte de débordements, alors que le suicide de Roh Moo-hyun est intervenu après un déchaînement médiatique sur une possible affaire de corruption impliquant plusieurs de ses proches, lancée à l'initiative du ministère de la Justice, et visant à ternir la réputation d'un homme qui a été le président le plus intègre de la Corée du Sud depuis la fondation de l'Etat en 1948.

Au total, ce sont 5 millions de Coréens qui, depuis une semaine, ont rendu hommage à leur ancien président.

Le Premier ministre Han Seung-soo a déclaré que Roh Moo-hyun avait "consacré sa vie à lutter pour les droits de l'Homme, la démocratie et la fin de l'autoritarisme."

L'AAFC renouvelle ses condoléances à la famille et aux proches de l'ancien chef de l'Etat, saluant en lui le défenseur des droits de l'homme et le partisan de la réunification de la Corée, notamment lors du second sommet intercoréen au plus haut niveau en octobre 2007.


Source : AFP

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23 mai 2009 6 23 /05 /mai /2009 11:23

Visé par une enquête pour corruption impliquant plusieurs de ses proches, l'ancien président sud-coréen (2003-2008) Roh Moo-hyun s'est donné la mort ce samedi 23 mai 2009. L'AAFC rend hommage à l'avocat des victimes du régime militaire et au patriote qui avait fait progresser la cause de la réunification de la Corée.

Les Coréens étaient sous le choc en apprenant, le samedi 23 mai 2009, le suicide dans la matinée de l'ancien président Roh Moo-hyun
(photo : Reuters). Plusieurs proches  du président Roh - son épouse et le mari d'une de ses nièces - étaient visés par une enquête pour corruption, affaire qui avait donné lieu à une très forte couverture médiatique par la presse conservatrice acquise au président Lee Myung-bak.  

Au cours d'une randonnée, il s'est jeté du haut d'une falaise, pendant un moment d'inattention du garde du corps qui l'accompagnait. Il est mort pendant son transfert à l'hôpital de Pusan.

L'ancien avocat des victimes du régime militaire, devenu député en 1988, s'était illustré en dénonçant la corruption, avant que le Grand parti national (GPN, conservateur) ne mène, durant le mandat présidentiel de Roh Moo-hyun (2003-2008), une campagne acharnée sur la corruption de la nouvelle majorité - ayant permis le vote sans précédent d'une procédure de destitution en 2004, avant que des élections législatives anticipées ne conduisent au Parlement une nouvelle majorité favorable au président démocrate. Dans un contexte de très forte impopularité de son successeur, le conservateur Lee Myung-bak, élu en décembre 2007 et entré en fonctions en février 2008, le GPN avait relancé sa campagne anti-Roh Moo-hyun, qui avait été un des facteurs de sa victoire politique, en faisant l'impasse sur ses propres affaires de corruption, alors que nombre de dirigeants du GPN ont commencé de bâtir leurs fortunes pendant la colonisation japonaise (1910-1945).

Tout en précisant n'avoir pas été impliqué personnellement dans les scandales de corruption visant ses proches, l'ancien chef de l'Etat s'était excusé auprès des Sud-Coréens le mois dernier, lors d'une conférence de presse, après s'être exprimé sur son blog : "Je ne symbolise plus les valeurs que vous poursuivez (...) Vous devriez vous débarraser de moi." Il avait laissé un message d'adieu : "Le reste de ma vie pourrait être un fardeau pour d'autres. Comme je ne suis pas en bonne santé, je ne peux rien faire. Je ne peux pas lire de livres, je ne peux pas écrire. Ne soyez pas tristes. La vie et la mort ne sont-elles pas une seule et même chose ?"

Déplorant un "incident triste et tragique", le président Lee Myung-bak a demandé de préparer les funérailles "avec le respect et conformément au protocole prévu pour un ancien président."

Roh Moo-hyun était né le 6 août 1946, dans une famille de paysans pauvres du village de Gimhae, près de Pusan. Il avait suivi des cours de soir pour étudier et devenir magistrat en 1977, s'impliquant dans la défense des victimes du régime militaire, notamment après le soulèvement de Gwangju en 1980, puis dans le mouvement démocratique de 1987 ayant conduit au rétablissement de l'élection du président de la République au suffrage universel direct.

Elu député en 1988, il devient célèbre en révélant la corruption du pouvoir conservateur. Farouche opposant au régionalisme, source de clientélisme dans la société coréenne, il choisit de se présenter dans un bastion conservateur, Pusan, avant de remporter l'élection présidentielle de décembre 2002, grâce à une campagne menée notamment sur Internet, alors que les médias traditionnels restent acquis aux forces conservatrices.

Son mandat est marqué, en politique intérieure, par la poursuite des réformes libérales, en particulier la négociation d'un accord de libre-échange avec
les Etats-Unis, auxquels il n'hésite toutefois pas à s'opposer, notamment sur la question de la Corée du Nord. Il a également encouragé les travaux d'enquête sur les massacres de civils par les militaires sud-coréens et les Américains au début de la guerre de Corée. Ayant poursuivi et approfondi la politique d'ouverture au Nord dite du "rayon de soleil" de son prédécesseur Kim Dae-jung, il a rencontré le dirigeant Kim Jong-il, lors du deuxième sommet intercoréen au plus haut niveau, en octobre 2007.

Si les mises en cause personnelles semblent avoir joué un rôle majeur dans le suicide de Roh Moo-hyun, cet épisode tragique est à l'image d'une situation délètère en Corée du Sud. La
répression politique et la dégradation des relations intercoréennes, alors que Lee Myung-bak traite comme des chiffons de papier les accords interétatiques du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007, font planer le spectre d'un retour aux années de plomb du régime militaire.

L'AAFC présente ses condoléances à la famille et aux partisans de Roh Moo-hyun, en saluant la mémoire de l'artisan du dialogue intercoréen et le combattant pour la démocratie.

Sources : AFP, OhmyNews, wikipedia

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30 avril 2009 4 30 /04 /avril /2009 22:49
Rien ne va plus pour les libertés en Corée du Sud. Après les accusations de diffusion de fausses informations ayant entraîné l'arrestation, début janvier, de l'internaute Minerve (libéré le 20 avril, faute de preuves) et, plus récemment, du producteur de télévision Lee Chun-geun, ce sont maintenant les accusations de collusion avec la Corée du Nord qui servent à faire taire toute contestation de la politique du président conservateur Lee Myung-bak.  En effet, les poursuites se multiplient à l'encontre des organisations ou individus soupçonnés de violer la Loi dite de sécurité nationale. Cette loi instaurée en 1948 vise, entre autres, à empêcher tout contact des Coréens du Sud avec leurs compatriotes du Nord sans autorisation du gouvernement de Séoul.

Le 21 avril 2009, accusés d'avoir enfreint la Loi de sécurité nationale, Choi Han-wuk et Kang Jin-gu, principaux dirigeants du mouvement pro-réunification Solidarité pour la mise en pratique de la Déclaration conjointe Nord-Sud (Solidarité), ont été condamnés par la cour du district central de Séoul à deux ans et demi de prison chacun. La cour a considéré que Solidarité constitue un "groupe anti-Etat" dont les efforts sont tournés vers la "glorification du Nord" et l'"opposition au gouvernement sud-coréen".

La cour a aussi condamné à 18 mois de prison avec sursis Mun Gyeong-hwan et Gwak Dong-gi, deux autres dirigeants du mouvement national pro-réunification. Le juge Hong Seung-myeon dit avoir été plus sévère avec Choi et Kang car ils ont en charge la direction politique de Solidarité et sont entrés en contact avec des responsables nord-coréens sans autorisation.

Dans l'énoncé de son verdict, la cour déclare que les activités de Solidarité obéissent largement à la stratégie de la Corée du Nord, qui est de promouvoir l'anti-américanisme et de prôner un retrait des troupes américaines de la péninsule coréenne. "Solidarité est engagé dans des activités anti-américaines et anti-gouvernementales [...] en faisant la promotion de la possession d'armes nucléaires par le Nord et des réalisations de Kim Jong-il", affirme la cour. Selon la justice sud-coréenne, Solidarité pourrait ainsi perturber la perception qu'a le public de la situation dans la péninsule...

"Violation de la Loi de sécurité nationale." C'est aussi ce qui vaut des ennuis au célèbre chanteur sud-coréen, Shin Hae-chul.

A 41 ans, Shin est connu pour ses positions critiques vis-à-vis du gouvernement sud-coréen. Le 8 avril, il a posté un message sur son site Internet (www.shinhaechul.com) pour féliciter la RPDC de la réussite du lancement de la fusée Unha-2. "En tant que membre du même groupe ethnique, je félicite la République populaire démocratique de Corée pour la réussite du lancement d'une fusée, conforme à l'exercice de sa souveraineté et aux lois internationales", a écrit Shin. "Maintenir des capacités nucléaires est le seul moyen efficace qu'ont les pays faibles de résister aux plus puissants", a-t-il poursuivi. "Je suis heureux que nos frères possèdent une telle capacité de défense indépendante."

Ce message de félicitation a provoqué la colère d'organisations conservatrices sud-coréennes, lesquelles veulent poursuivre Shin Hae-chul. Bong Tae-hong, président d'une organisation qui se fait appeler "La vraie Corée", a qualifié le commentaire de Shin de "menace substantielle pour la sécurité et l'existence de la Corée du Sud." On parle bien d'un message laissé par un chanteur de rock sur un site Internet...

Instaurée en décembre 1948, la Loi de sécurité nationale a pour objectif, selon son premier article, de "supprimer les activités anti-Etat qui mettent en danger la sécurité nationale et d'assurer la sécurité de la nation, la liberté du peuple et la liberté."

L'article 2 définit comme groupes anti-Etat "les organisations nationales ou internationales ou les groupes dont l'intention est de mener ou de faciliter des actions d'infiltration du gouvernement ou d'entraîner des désordres pour la nation."

Les sanctions définies aux articles 3 et 4 incluent la peine de mort et des peines de prison d'une durée minimale de deux ans.

L'article 7 prévoit des peines jusqu'à sept ans de prison pour ceux qui encouragent la coopération avec des groupes anti-Etat mettant en danger la sécurité nationale. Il a été souvent utilisé pour détenir des personnes ayant des idées de gauche, particulièrement celles dont les idées et les opinions politiques à propos de la réunification de la Corée sont considérées comme identiques ou similaires à celles de la RPDC.

L'Association d'amitié franco-coréenne appelle à l'abolition de cette loi anachronique. (sources : JoongAng Ilbo, The Korea Times, Wikipedia)  



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30 avril 2009 4 30 /04 /avril /2009 17:20

Lors des cinq élections législatives partielles qui se sont tenues le mercredi 29 avril 2009, le Grand parti national (GPN) du président Lee Myung-bak a subi un revers cinglant, en ne remportant aucun des sièges en lice. Ces scrutins ont donné un net avantage aux partis d'opposition, ainsi qu'à des candidats indépendants.

0/5 : le Grand parti national (GPN) ne pouvait envisager pire scénario en ne remportant aucun siège, à l'issue des cinq élections législatives partielles organisées le mercredi 29 avril 2009 (photo ci-contre : la direction du GPN suit les résultats à la télévision, le président du parti Park Hee-tae étant le deuxième en partant de la droite) Le taux de participation (40,8 %) a été le plus élevé à un scrutin partiel en Corée du Sud depuis 2001 (par comparaison, le taux de participation à l'élection présidentielle de décembre 2007 a à peine dépassé la barre des 60 %). Les élections sud-coréennes ont lieu au scrutin majoritaire uninominal à un tour, comme aux Etats-Unis et au Royaume-Uni.

A Incheon, dans le district de Bupyeong, le siège a basculé du GPN au Parti démocrate (PD, opposition centriste), avec la victoire de Hong Yeong-pyo. Par ailleurs, Kim Yun-sik (PD) a remporté la mairie de Siheung, à Gyeonggi.

A Ulsan, le candidat du Nouveau parti progressiste (Jinbo), Cho Seung-soo, permet à cette formation politique de faire son entrée au Parlement, après avoir échoué de peu, aux élections générales du 9 avril 2008, à franchir la barre des 3 % pour disposer de plusieurs des sièges attribués au scrutin proportionnel. Classé à gauche, le Nouveau parti progressiste a fait scission du Parti démocratique du travail (PDT). Pour ce scrutin, le Nouveau parti progressiste et le PDT avaient fait alliance, ce qui pourrait marquer une étape sur le chemin de la réconciliation de la gauche coréenne.

Des candidats indépendants ont remporté les trois derniers sièges :
- dans le Jeonju, à Deokji, Chung Dong-young, l'ancien candidat démocrate à l'élection présidentielle de 2007, fait son retour en politique après un séjour de quelques mois aux Etats-Unis ; avec un score de 72,3 %, il a remporté une victore sans appel sur le candidat officiel du PD et se positionne contre la direction actuelle du PD ; un autre dissident du PD, qui avait fait alliance pour ce scrutin avec Chung Dong-young, Shin Kuhn, ancien chef des services de renseignement, l'a également emporté à Wansan, toujours dans la province de Jeonju, favorable à l'opposition, dans un pays où les clivages régionaux sont très marqués ;
- dans le Gyeongju, la victoire de Jeong Soo-seong est celle d'un proche de Mme Park Geun-hye, qui dirige l'opposition interne à Lee Myung-bak au sein du GPN, après avoir été battue de peu dans la primaire interne au GPN pour désigner le candidat à l'élection présidentielle de 2007 ; Jeong Soo-seong a défait le candidat officiel du GPN.

Si le porte-parole de la présidence de la République a refusé de commenter ces résultats, qui ne remettent pas en cause la majorité parlementaire du GPN (y compris de députés favorables à Mme Park Geun-hye, qui ont rejoint leur parti), il ne s'agit pas moins d'un revers cinglant pour Lee Myung-bak, mis en cause notamment sur les questions de respect des libertés publiques, et pour son attitude intransigeante vis-à-vis de la Corée du Nord. 

Sources : Ser Myo-ja, JoongAng Daily (y compris photo), et AAFC

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28 mars 2009 6 28 /03 /mars /2009 11:43

Les autorités sud-coréennes viennent d'arrêter Lee Chun-geun, célèbre producteur de télévision accusé d'avoir diffusé des fausses informations qui auraient encouragé les manifestations du printemps et de l'été 2008 contre le président Lee Myung-bak (Grand parti national, conservateur). Une nouvelle atteinte à la liberté d'expression qui fait peser des craintes sur les libertés publiques en Corée du Sud, avec un retour du contrôle de l'Etat sur les médias.

Le carnet du producteur, réalisé par Lee Chun-geun, a été une des émissions phares de la télévision sud-coréenne. Les téléspectateurs devront désormais d'habituer à une autre information, après l'arrestation de Lee Chun-geun arrêté dans la nuit du mercredi 25 mars 2009, pour diffamation contre le gouvernement [ici Choi Young-ki, président de l'Association des producteurs indépendants, demande à rencontrer le procureur de la République à Séoul, photo : Hankyoreh]. Lee Chun-geun est accusé d'avoir diffusé délibérément de fausses nouvelles qui auraient encouragé les immenses manifestations du printemps et de l'été 2008 contre la décision du président Lee Myung-bak (conservateur) de réouvrir le marché sud-coréen aux importations de boeuf américain, en l'absence de réévaluation des risques pour la santé humaine de l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB, dite maladie de la "vache folle"). Le gouvernement sud-coréen avait finalement mis fin aux protestations pacifiques du printemps dernier, les plus importantes depuis la chute du régime militaire en 1987, par la répression, en arrêtant les leaders du mouvement. Devenu très impopulaire, Lee Myung-bak avait été contraint de négocier des garanties sanitaires et de présenter publiquement des excuses pour sa mauvaise gestion de la situation.

Les émissions de Lee Chun-geun ont été passées au peigne fin par la justice, afin de multiplier la découverte d'indices qui tendraient à prouver une intention délibérée de diffamer les autorités sud-coréennes : une image de vache ne pouvant pas marcher mais n'étant en réalité pas atteinte par l'ESB, la traduction inexacte en coréen du nom de la maladie (maladie de la "vache folle" et non de Creutzfeldt-Jakob) par la mère d'une victime, ce qui aurait imposé comme une évidence la transmission à l'homme... 

Les émission de Lee Chun-geun avait d'autres torts, notamment le fait d'avoir mis en cause le maintien de la
loi de sécurité nationale, promulguée en décembre 1948, instrument de répression des mouvements d'opposition sous couvert de lutte contre le communisme.

L'affaire Lee Chun-geun n'est que la dernière en ce qui concerne la liberté de la presse :

- la veille, dans la nuit du mardi 24 mars, Noh Jong-myeon [ici au centre, photo : The Korea Times], dirigeant du syndicat de Yonhap Television News (YTN), a été arrêté pour avoir critiqué la nomination de Ku Bon-hong, ancien conseiller à la presse de Lee Myung-bak, à la direction de YTN ; Amnesty International a alors dénoncé "le développement inquiétant de ce qui apparaît comme un effort concerté grandissant du gouvernement de contrôler les médias sud-coréens" ;

- un blogueur,
Minerve, a également été arrêté, pour avoir diffusé de fausses informations qui auraient déstabilisé les marchés financiers... et dont le blog avait surtout le grand tort d'être devenu l'un des médias les plus populaires en Corée du Sud.

Faut-il interpréter ces évolutions dans le sens d'une dérive autoritaire ? De fait, les indices préoccupants se multiplient d'une volonté délibérée de contrôle de l'information et d'inclination au pouvoir personnel :

- créée en 2001 pour défendre les droits des citoyens, la
commission nationale des droits de l'homme a annoncé qu'elle entendait saisir la justice si le gouvernement confirmait son intention d'en réduire les effectifs (de 208 à 164 emplois) : le gouvernement Lee Myung-bak entend limiter les moyens d'une structure dont le rôle se rapproche, en France, de celui du Médiateur de la République, puisqu'elle formule des recommandations non contraignantes pour l'administration, mais de nature à améliorer les pratiques administratives ; une telle stuation créerait un imbroglio juridique, nécessitant de définir préalablement l'indépendance de la commission par rapport au ministère de l'administration publique et de la sécurité ;

- le 20 février 2009,
l'assaut de la police contre les occupants d'un immeuble à Séoul a entraîné six morts : le gouvernement n'a pas donné suite à la demande de l'opposition de constituer une commission d'enquête sur les circonstances exactes du drame ;

- en décembre 2008 et janvier 2009,
l'opposition a dû bloquer l'accès au Parlement pour permettre l'examen dans des conditions normales de 85 projets de loi, que Lee Myung-bak entendait voir adopter lors d'une session extraordinaire convoquée pendant les vacances de Noël : parmi les textes controversés figure la possibilité que les  groupes de presse ou les conglomérats, acquis aux conservateurs au pouvoir, puissent contrôler les diffuseurs audiovisuels ;

- le 15 août 2008, l'opposition a boycotté les cérémonies de la Libération de la Corée, en protestant contre la
volonté du gouvernement de réécrire l'histoire ;

- à l'automne 2008, 676 historiens spécialistes de la Corée, dont 114 étrangers, ont signé un
communiqué de l'Organisation des historiens coréens contre la volonté du gouvernement Lee Myung-bak de contrôler le contenu des manuels d'histoire ; comme l'a souligné l'historien américain Bruce Cumings, "l'administration Lee vit dans le passé, se souvenant toujours de la manière d'agir de Park Chung-hee et Chun Doo-hwan. Il est très anachronique pour les politiciens de penser pouvoir contrôler l'histoire, ou les manuels d'histoire (...) Après dix années vraiment nouvelles et différentes dans l'histoire de la Corée d'après-guerre, l'administration Lee essaie de revenir en arrière, et de s'opposer aux progrès énormes accomplis depuis 1997 sous Kim Dae-jung et Roh Moo-hyun, une meilleure compréhension de l'histoire d'après-guerre, la promotion de la réconciliation au sein du peuple du Sud et avec le Nord, et un changement spectaculaire d'attitude de toute la population de République de Corée [RdC, Corée du Sud] vis-à-vis du Nord." 

Quand les militaires dirigeaient la Corée du Sud, l'arrestation des dirigeants de mouvements d'opposition et le contrôle des médias constituaient les moyens privilégiés pour mettre fin à la contestation sociale et politique. A cet égard, il convient de rappeler que Grand parti national de Lee Myung-bak intègre les anciens partisans du régime militaire. Ces pratiques avaient nettement reculé pendant les deux mandats (1998-2008)  des deux présidents démocrates, Roh Moo-hyun et Kim Dae-jung, lui-même ancien opposant enlevé à l'étranger par les services secrets sud-coréens et qui n'avait dû d'avoir la vie sauve que grâce à une campagne de mobilisation internationale pour sa libération. Cette campagne avait été relayée aux Etats-Unis et en France par diverses organisations politiques, dont le Parti socialiste.

L'AAFC estime qu'il est aujourd'hui temps que les alliés de Séoul, au premier rang desquels les Etats-Unis et les Etats membres de l'Union européenne, ainsi que les organisations politiques et sociales de ces pays, prennent la mesure des événements en cours à Séoul, en faisant pression sur les autorités sud-coréennes. Lesquelles s'érigent, par ailleurs, en donneurs de leçons sur les droits de l'homme en République populaire démocratique de Corée. (principale source : Financial Times).

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18 mars 2009 3 18 /03 /mars /2009 22:48

Le 14 mars 2009, Naver, le principal moteur de recherche sud-coréen, a mis à sa une, en tant que livre du jour, Les idées révolutionnaires de Karl Marx du professeur anglais Alex Callinicos. Une audace dans un pays où lire un ouvrage communiste reste un délit.

Il y a dix ans, la publication en Corée du Sud des Idées révolutionnaires de Karl Marx avait conduit en prison le président de la société Chaekalpi, qui avait traduit cet ouvrage du professeur du collège royal de Londres Alex Callinicos. Comme l'a rappelé le directeur de Chaekalpi, Kim Tae-hun : "Notre ancien président était allé en prison il y a dix ans à cause de ce livre, qui violait les lois anticommunistes du pays selon les agences chargées de l'application de la loi".

Le 14 mars 2009, Naver - le premier moteur de recherche coréen (17 millions de visiteurs quotidiens) - a présenté le même ouvrage Les idées révolutionnaires de Karl Marx comme le livre du jour, conduisant quelque 150 personnes à se précipiter sur cet ouvrage durant le week-end, selon l'éditeur. Il s'agit manifestement d'un choix éditorial de Naver, puisqu'un ouvrage de Rosa Luxemburg avait déjà été mis en avant sur le portail de Naver en janvier de cette année.

Mais si la loi de sécurité nationale, promulguée en décembre 1948 et jamais abrogée en Corée du Sud, est appliquée aujourd'hui avec moins de sévérité, elle continue de faire peser une menace permanente sur tous ceux accusés de propager des idées jugées subversives à Séoul : les éditeurs de livres jugés marxistes peuvent être condamnés à des peines de prison, et la seule lecture de ces livres expose à de possibles poursuites judiciaires. De fait, les ouvrages dits marxistes - à commencer par les écrits sur les idées du Juche - sont censurés en Corée du Sud, tandis qu'est bloqué l'accès aux sites Internet jugés favorables à la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). La loi de sécurité nationale continue par ailleurs à être invoquée pour réprimer les manifestations pacifiques antigouvernementales, en inculpant les dirigeants des mouvements sociaux de subversion communiste.

Plus fondamentalement, la crise économique en Corée du Sud conduit un nombre croissant de citoyens à chercher des clés d'explication dans les analyses de Marx et des auteurs marxistes : à titre d'exemple, Le Capital que même un singe pourrait lire, de Lim Seung-soo, s'est vendu à 7.000 exemplaires depuis sa sortie en librairie en décembre 2008, devenant ainsi l'un des best-sellers des librairies de Séoul. (Source : Korea Times)

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21 janvier 2009 3 21 /01 /janvier /2009 22:36

Le 20 janvier 2009, un incident tragique a eu lieu dans le quartier de Yongsan, à Séoul, lorsque la police a voulu évacuer les occupants d'un immeuble qui protestaient contre le montant de la compensation pour la démolition de leurs résidences. Six personnes sont mortes, dont cinq manifestants et un policier. Selon les forces de police, les manifestants auraient mis le feu au toit de l'immeuble lors de l'assaut du commando pour les déloger. Pour le Parti démocratique (opposition) et les familles des victimes, l'usage excessif de la force est une des causes du drame.

Connaîtra-t-on jamais la vérité sur le tragique affrontement entre policiers et forces de l'ordre qui a fait six morts (dont un policier) le 20 février 2009 ? Tout en déclarant "navrant" un "incident aussi tragique" qui "ne doit jamais se répéter", le président Lee Myung-bak apparaît vouloir temporiser, en refusant d'établir les responsabilités avant tout établissement précis des faits. Au moment où nous écrivions des lignes, il n'avait ainsi toujours pas donné suite à la demande du Parti démocrate (opposition) d'ouvrir une commission d'enquête parlementaire, alors que le Parquet a décidé d'ouvrir une enquête.

Ils étaient entre trente et quarante personnes. Ils avaient décidé d'occuper un immeuble, afin de protester contre l'indemnisation qui leur était promise suite à la démolition programmée de leurs appartements au titre d'une opération de rénovation urbaine. Ils disposaient d'explosifs, notamment de cocktails Molotov qui auraient été lancés au moment de l'assaut des policiers pour les évacuer. L'enquête devra déterminer dans quelles conditions le feu s'est déclenché, et à partir de quel endroit, alors que le premier bilan s'établit à six morts (dont un policier) et  à 23 blessés (dont six policiers), dont plusieurs grièvement.

Le Parti démocrate, les familles des victimes et l'association à laquelle appartenaient les manifestants ont dénoncé un usage excessif de la force.

La réaction du président Lee Myung-bak amène, une fois encore, à s'interroger sur les risques d'atteintes aux libertés publiques en Corée du Sud, théâtre de protestations permanentes face au mode de gouvernement du président Lee. Après le choix de la répression pour casser les manifestations gigantesques du printemps 2008, le président sud-coréen, bien que dirigeant l'exécutif, refuse de s'interroger sur l'attitude des forces de l'ordre, lesquelles ont fait un décompte minutieux des explosifs trouvés sur place et procédé à 25 arrestations. Par ailleurs, en soulignant que seulement 7 personnes étaient des occupants de l'immeuble, elles semblent chercher à justifier l'intervention policière.  

En fin d'année dernière, l'administration Lee Myung-bak avait tenté de faire passer en force l'adoption par le Parlement de plusieurs dizaines de projet de loi pendant les congés de Noël, avant de reculer face à la détermination de l'opposition. Enfin, alors que Internet est l'un des vecteurs les plus puissants de mobilisation de l'opinion dans un pays où dominent sans exclusive les médias conservateurs, acquis au Grand Parti national du président Lee, le gouvernement sud-coréen a procédé à l'arrestation d'un blogueur anonyme, Minerva, pour diffusion de "fausses informations". Pendant plusieurs mois, Minerva avait acquis une très grande célébrité, ses articles étant lus chaque jour par des centaines de milliers de visiteurs, après plusieurs prédictions exactes sur la crise financière. Accusé de déstabiliser les marchés, Minerva avait été réduit au silence en novembre 2008, vient d'être arrêté en janvier et son identité révélée, en application de la loi coréenne sur les communications électroniques.

Sources : Yahoo! News, AFP (photo AFP : équipe de police scientifique sur les lieux de l'incendie) et KBS World Radio.

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6 janvier 2009 2 06 /01 /janvier /2009 12:00

Surnommé « le bulldozer », le président sud-coréen Lee Myung-bak était déterminé à faire adopter 85 textes de loi d'ici la fin de l'année 2008, pour libéraliser l'économie et limiter les libertés de manifestation et d'expression. C'était compter sans la résistance déterminée du Parti démocratique (opposition) qui a choisi d'occuper les locaux du Parlement.


Elu en décembre 2007 sur un programme de rupture avec ses prédécesseurs démocrates, le président sud-coréen Lee Myung-bak entend libéraliser une des économies comptant parmi déjà les moins socialisées des pays industrialisés de l'OCDE. La crise financière l'a incité à accélérer le calendrier des réformes, après avoir ignoré – puis réprimé – les centaines de milliers de manifestants qui ont protesté pacifique, au printemps 2008, contre sa décision unilatérale de rouvrir le marché sud-coréen aux importations de boeuf américain. Ces manifestations, les plus importantes depuis celles qui avaient conduit à la chute du régime militaire en 1987, avaient entraîné un effondrement de la cote de popularité de Lee Myung-bak, tombée à 20 %.


Disposant d'une nette majorité parlementaire après le ralliement d'élus "indépendants" au lendemain du scrutin (le Grand parti national compte 172 députés sur 299, contre 82 sièges pour le Parti démocratique, principale formation d'opposition), Lee Myung-bak entendait faire adopter 85 textes de loi d'ici le 31 décembre 2008. A cette fin, une session extraordinaire du Parlement a été ouverte pendant les congés de Noël.


Parmi les mesures les plus impopulaires de ce « paquet législatif » figure la ratification de l'accord de libre échange (Free Trade Agreement, FTA) avec les Etats-Unis. Il s'agissait d'un engagement pris par Lee Myung-bak, au printemps 2008, lorsqu'il avait été reçu comme l'hôte personnel du président George W. Bush.


Par ailleurs, Lee Myung-bak entend limiter la liberté de manifestation et la liberté d'expression : sont ainsi prévues l'interdiction pour les manifestants de porter des masques au cours des rassemblements, l'interdiction des plaintes collectives et, enfin, des peines de prison pour les internautes qui auraient été reconnus coupables de diffamation. En matière de liberté d'expression, la Corée du Sud possède pourtant un des arsenaux répressifs les plus complets parmi les régimes dits de démocratie parlementaire : la loi de sécurité nationale, instituée par le président Syngmann Rhee en décembre 1948, officiellement pour prévenir la subversion anticommuniste, a été utilisée pendant longtemps pour bâillonner l'opposition. Après la chute du régime militaire en 1987, le Grand parti national de l'actuel président Lee Myung-bak s'était battu avec succès contre l'abrogation de la loi de sécurité nationale, qui a ainsi pu être invoquée pour réprimer les manifestations du printemps 2008. Face toutefois à la montée en puissance médiatique d'Internet, qui a servi de relais aux manifestants du printemps 2008, l'administration Lee Myung-bak a imaginé le nouveau délit de diffamation sur la Toile.


Enfin, le « paquet législatif » envisage que les groupes de presse ou les conglomérats puissent contrôler les diffuseurs audiovisuels. Tous les principaux titres de la presse quotidienne nationale sud-coréenne, de sensibilité conservatrice, sont traditionnellement favorables au Grand parti national du Président Lee Myung-bak.


S'appuyant sur l'impopularité de l'exécutif, le Parti démocratique (opposition, centriste) veut empêcher coûte que coûte l'adoption de ces réformes législatives. Selon le président du Parti démocratique, Chung Sye-kyung, la résistance au Parlement doit s'opérer « par tous les moyens et à n'importe quel prix » : après un blocage pendant quinze jours du bureau du Président du Gukhoe (l'Assemblée nationale sud-coréenne), le 3 janvier dernier, 200 agents de sécurité ont essayé de déloger plusieurs dizaines de députés du Parti démocratique, qui bloquaient l'accès au Parlement. Plusieurs personnes ont été blessées.


Après un blocage pendant douze jours de l'accès au Parlement, le 5 janvier 2009, l'engagement du Président du Gukhoe, Kim Hyong-o, de rechercher un accord trans-partisan sur les projets de loi les plus controversés a ouvert la voie à une reprise de l'examen parlementaire. Les textes de caractère économique, y compris la ratification de l'accord de libre-échange avec les Etats-Unis (pour lequel l'accord des parlementaires américains n'est pas acquis), ne devraient pas être adoptés avant février. (Sources : AAFC ; Philippe Mesmer, « Le Parlement sud-coréen en état de siège », in Le Monde, 3 janvier 2009, p. 6 ; Le Journal du Dimanche, édition du 4 janvier 2009, d'après l'AFP)

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