Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 07:35

Le 27 avril 2011, une série d'élections partielles se sont tenues en République de Corée (du Sud). La coalition d'opposition conduite par le Parti démocrate (centriste) a remporté une nette victoire sur le Grand parti national (GPN, conservateur, au pouvoir) du président Lee Myung-bak, à l'issue de scrutins marqués par une participation plus élevée que d'ordinaire lors d'élections partielles. Ces élections étaient considérées comme un test avant l'élection présidentielle de décembre 2012 et les élections législatives du printemps 2013.

 

sohn_hak_kyu.jpg

Pour le Grand parti national (GPN, conservateur) du président sud-coréen Lee Myung-bak, les élections se suivent et se ressemblent : lors des partielles organisées le 27 avril 2011 ayant appelé aux urnes 3,2 millions d'électeurs, la majorité de ses candidats ont à nouveau été défaits, après le revers déjà subi lors des élections locales du printemps 2010.

 

A Bundang, le président du Parti démocrate (PD), M. Sohn Hak-kyu, a été élu député face à un ancien président du GPN. La candidature de M. Sohn, qui avait quitté le GPN avant les élections présidentielles de 2007 en désaccord sur la politique nord-coréenne de son ancien parti, est relancée dans la course à la présidentielle sud-coréenne de 2012, notamment face à Rhyu Si-min, ancien ministre du Président démocrate Roh Moo-hyun, et fondateur du Parti pour la participation du peuple (PPP) après avoir quitté le PD. Le candidat du PPP, Lee Bong-soo, a d'ailleurs été battu de justesse par Kim Tae-ho (GPN, ancien candidat au poste de Premier ministre non investi suite à des problèmes de corruption), dans la législative partielle qui se tenait à Gimhae.

 

Dans la province de Kangwon, Choi Moon-soon (PD) a été élu gouverneur. Il succède à Lee Kwang-jae (PD), devenu inéligible en janvier dernier suite à une condamnation pour corruption. Enfin, dans la législative partielle de Suncheon (province du Jeolla du Sud, traditionnel bastion du PD), la victoire est revenue au candidat du Parti démocratique du travail (gauche), qui avait le soutien du PD.

 

Ces élections étaient considérées comme un test avant l'élection présidentielle de décembre 2012 et les élections législatives du printemps 2012. Malgré ses défaites électorales successives, le GPN reste confiant pour la prochaine élection présidentielle, à laquelle le président sortant Lee Myung-bak ne peut pas se représenter. Un des meilleurs espoirs du GPN, Mme Park Geun-hye, caracole en tête des sondages. Défaite de peu lors de la primaire interne au GPN face au futur président Lee en 2007, Mme Park Geun-hye avait ensuite investi ses propres candidats aux élections législatives avant de se positionner en opposante interne à Lee Myung-bak au sein du GPN. Elle est la fille du général président Park Chung-hee, un des principaux auteurs du coup d'Etat de 1961 ayant mis fin à l'expérience démocratique sud-coréenne de 1960-1961, et dirigeant du régime le plus autoritaire et répressif qu'ait connu la Corée du Sud, avant d'être assassiné en 1979 par le chef de ses propres services de renseignement.

 

Sources : AAFC, Yonhap.

Partager cet article
Repost0
18 septembre 2010 6 18 /09 /septembre /2010 09:21

Le 16 septembre 2010, la présidence sud-coréenne a annoncé la nomination de Kim Hwang-sik, actuellement président de la Cour des comptes, au poste de Premier ministre. Si cette nomination doit encore passer le cap des auditions parlementaires, son accueil favorable par le Parti démocrate (principale formation d'opposition, centre-gauche) rend plus que probable sa confirmation - ce qui mettrait fin à la vacance au poste de Premier ministre après la démission de Chung Un-chan, suite au revers de la majorité lors des élections locales de juin 2010, et le renoncement de Kim Tae-ho 

 

kim_hwang_sik.jpgNé en 1948 dans la province de Jeolla du Sud, diplômé de droit à l'Université nationale de Séoul, Kim Hwang-sik a passé l'examen du barreau en 1972. Juge à la Cour suprême entre 2005 et 2008, ayant accédé à ce poste pendant la présidence démocrate de Roh Moo-hyun, il est actuellement président de la Cour des comptes. Le 16 septembre 2010, il a été choisi comme le nouveau Premier ministre de la République de Corée (du Sud) par le président Lee Myung-bak. Sa nomination, qui doit encore être confirmée par l'Assemblée nationale, mettrait fin à une vacance de deux mois du poste de Premier ministre.

 

Les auditions de confirmation auront lieu les 29 et 30 septembre, devant une commission présidée par Moon Hee-sang (Parti démocrate, opposition) et composée de 13 membres (7 députés du Grand parti national, majoritaire ; 4 députés du Parti démocrate et 2 représentants des autres formations politiques).

 

Le choix de Kim Hwang-sik, dont le profil a été salué par l'opposition - en particulier, il est originaire d'une province (le Jeolla du Sud) qui est un bastion historique des démocrates, coïncide avec l'annonce de mesures sociales par le président Lee Myung-bak, qui entend promouvoir une "société juste", ainsi qu'à une reprise du dialogue et des échanges intercoréens.

 

Le président Lee Myung-bak a annoncé que le budget 2011 comporterait des aides aux ménages à faibles ressources pour les frais de garde et les frais d'inscription dans les lycées d'enseignement professionnel.

 

Sources :

- "Le Président de la Cour des comptes nommé au poste de Premier ministre", KBS World, 16 septembre 2010 ;

- "Lee Myung-bak présente ses nouvelles politiques sociales", KBS World, 16 septembre 2010 ;

- "La classe politique accueille favorablement la nomination du nouveau chef de gouvernement", KBS World, 16 septembre 2010 ;

- "Auditions de confirmation du nouveau Premier ministre les 29 et 30 septembre", KBS World, 17 septembre 2010.

 

Partager cet article
Repost0
29 août 2010 7 29 /08 /août /2010 23:01

A Séoul, la démission quasi-concomitante du Premier ministre, d'une part, et des dirigeants du Parti démocrate (PD, principale formation d'opposition, centriste), après un revers du PD lors des élections législatives partielles du 28 juillet 2010, a créé un climat d'incertitudes long à se dissiper, à un peu plus de deux ans de la prochaine élection présidentielle. Dernier épisode en date : la renonciation de Kim Tae-ho, mis en cause dans des affaires de corruption, à briguer le poste de Premier ministre.

 

Le 28 juillet 2010, le Grand parti national (GPN, conservateur, au pouvoir) a remporté de manière inattendue cinq des huit sièges en jeu lors d'élections législatives partielles, notamment à Séoul, où Lee Jae-ho, proche du président Lee Myung-bak, a décroché une nette victoire (58 %) sur sa rivale du Parti démocrate (PD, centriste, principale formation d'opposition), Jang Sang, dans la circonscription d'Eunpyeong. Le PD n'a remporté que trois sièges, un à Gwangju et deux dans la province de Gangwon. Tirant la conséquence de cette défaite, Chung Sye-kyun, président du Parti démocrate, a démissionné le 2 août dernier, suivi par les autres membres du conseil suprême du PD dans la nuit du 2 au 3 août. Jusqu'à sa convention prévue fin septembre, le Parti démocrate est dirigé par un comité d'urgence de onze membres que dirige Park Jie-won, président du groupe parlementaire. La direction sortante avait été fortement critiquée en interne par une équipe de jeunes réformistes.

 

Mais la tourmente politique n'épargne pas non plus la majorité. Le 29 juillet, Chung Un-chan a démissionné de son poste de Premier ministre. Pragmatique qui n'avait pas hésité à critiquer certains choix du président Lee avant sa nomination comme Premier ministre en septembre 2009, Chung Un-chan n'avait pu ni empêcher un revers de la majorité lors des élections locales de juin 2010, ni mener à bien des projets majeurs comme la construction de la ville nouvelle de Sejong. Ces deux dossiers l'avaient conduit à présenter sa démission au président de la République, qui l'avait à chaque fois refusée. Cette troisième offre de démission aura donc été la bonne : présentée semble-t-il le 3 juillet, elle aurait alors été acceptée, mais sous réserve de prendre effet à une date ultérieure.

 

kim_tae_ho.jpgGouverneur du Sud Gyeongsang de 2004 jusqu'au début de cette année, Kim Tae-ho avait été désigné par Lee Myung-bak comme nouveau Premier ministre. Kim Tae-ho a finalement choisi de démissionner après un report, décidé d'un commun accord par la majorité et l'opposition, de son vote de confirmation au poste de Premier ministre. Kim Tae-ho a été mis en cause dans une affaire de corruption, et sa désignation comme Premier ministre aurait également pu en faire un concurrent potentiel de Park Geun-hye, dont les partisans préparent déjà la candidature à l'élection présidentielle de 2012 après sa défaire d'une courte tête face au président actuel Lee Myung-bak (qui ne peut pas se représenter) lors de la primaire interne au GPN en 2007.

 

Alors que se rapproche l'échéance de 2012, pour une élection très ouverte, les forts remous actuels à la tête du gouvernement et de la principale formation d'opposition traduisent des luttes de pouvoir internes de plus en plus aiguisées.

 

Source : AAFC et dépêches KBS

- "Victoire du GPN aux législatives partielles", 29 juillet 2010

- "Démission du Premier ministre Chung Un-chan", 29 juillet 2010

- "Démission des membres du conseil suprême du Parti démocrate", 2 août 2010

- "Kim Tae-ho renonce à sa nomination au poste de Premier ministre", 29 août 2010

Partager cet article
Repost0
2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 23:02

Le Grand Parti national (GPN, conservateur) du président Lee Myung-bak a enregistré un net recul lors des élections régionales et municipales qui ont eu lieu le mercredi 2 juin 2010 en Corée du Sud. La majorité obtenue par le Parti démocrate (opposition, centriste) est d'autant plus significative que la participation est en hausse par rapport au précédent scrutin de 2006.

 

elections_coree_2_juin_2010.jpg

 

Les résultats provisoires, huit heures après la fin des opérations de vote, faisaient apparaître une défaite sans appel pour le Grand Parti national (GPN, conservateur) au pouvoir à Séoul lors des élections locales du 2 juin 2010 : le Parti démocrate, principal parti d'opposition (centriste), l'emporterait dans 8 régions et 90 villes (contre 5 régions et 77 villes pour le GPN, 1 région et 13 villes pour le Parti pour l'avancement de la liberté, opposition de droite, victorieux notamment à Daejeon, et 3 villes pour le Parti démocratique des travailleurs, gauche). En 2006, le GPN, alors dans l'opposition, l'avait emporté dans toutes les régions, sauf 3 postes dans le Jeolla, bastion démocrate, ce qui préfigurait sa nette victoire à l'élection présidentielle un an et demi plus tard. Ce résultat est d'autant plus significatif que le taux de participation (54,5 %) a été le plus élevé à des élections régionales depuis 1995.

 

A mi-mandat, deux ans et demi avant la prochaine échéance présidentielle, fin 2012, à laquelle le président sortant ne peut constitutionnellement pas se représenter, il s'agit d'un test électoral sévère pour l'administration Lee Myung-bak. Ce dernier avait exploité au maximum l'émotion causée par le naufrage du Cheonan : le "vent du Nord" devait mobiliser l'électorat conservateur sur le fondement de l'anticommunisme. Le recul des conservateurs dans la dernière ligne droite, si l'on en croit l'évolution des sondages d'opinion puis les résultats sortis des urnes, pourrait indiquer un effet électoral inverse, alors que les preuves avancées quant à l'implication du Nord peinent à convaincre une partie de l'opinion publique sud-coréenne.

 

Ce résultat sanctionne aussi un mode de gouvernement, fondé sur l'unilatéralisme du gouvernement, dont certains projets suscitent de vives oppositions : en particulier, l'aménagement des quatre principaux fleuves, dénoncé pour les menaces qu'il fait peser sur l'environnement, et le projet d'implantation dans la ville nouvelle de Sejong d'une partie des administrations publiques.

 

A Séoul, les résultats, très serrés à l'heure où nous écrivions ces lignes, semblaient indiquer une victoire sur le fil du maire sortant (GPN) Oh Se-hoon sur Han Myeong-sook, ancienne Premier ministre de Roh Moo-hyun. En revanche, le GPN a perdu la plupart des postes de maire d'arrondissement à Séoul. Dans la ville d'Incheon, Song Young-gil (Parti démocrate) apparaissait bien placé pour l'emporter sur le sortant (GNP) Ahn Sang-soo. Dans la province de Gyeonggi, le sortant (GPN) Kim Mun-soo a battu de 5 points Rhyu Si-min, du Parti de la participation du peuple, issu d'une scission du Parti démocrate regroupant des partisans de l'ancien président Roh Moo-hyun, dont le premier anniversaire de la disparition a donné lieu à des cérémonies d'hommage dans tout le pays.

 

Lee Myung-bak avait déclaré avant le scrutin qu' "il faut continuer de gérer l'Etat sans se soucier du résultat des élections". Mais la transformation de la victoire attendue, portée par le "vent du Nord", en une défaite sans appel, ne pourra pas laisser Lee Myung-bak sourd et aveugle au verdict des urnes. Dès le 3 juin, il est attendu un regain des tensions internes à la majorité, en vue notamment d'un remaniement gouvernemental.

 

 

Principaux élus (résultats définitifs)

 

Maires
Seoul -- Oh Se-hoon (sortant, Grand Parti national - GPN)
Incheon -- Song Young-gil (ancien député, Parti démocrate - PD)
Busan -- Hur Nam-sik (sortant, GPN)
Gwangju -- Kang Woon-tae (ancien député, PD)
Daejeon -- Yum Hong-chul (professeur à l'Université des études nord-coréennes, Parti pour l'avancement de la liberté)
Daegu -- Kim Bum-il (sortant, GPN)
Ulsan -- Park Maeng-woo (sortant, GPN)

Gouverneurs
Province de Gyeonggi -- Kim Mun-soo (sortant, GPN)
Province de Gangwon -- Lee Kwang-jae (ancien député, PD)
Province du Nord Chungcheong -- Lee Si-jong (ancien député, PD)
Province du Sud Chungcheong -- An Hee-jung (PD)
Province du Nord Gyeongsang -- Kim Kwan-yong (sortant, GPN)
Province du Sud Gyeongsang -- Kim Doo-gwan (ancien ministre, indépendant)
Province du Nord Jeolla -- Kim Wan-joo (sortant, PD)
Province du Sud Jeolla -- Park Joon-young (sortant, PD)
Province de Jeju -- Woo Keun-min (ancien gouverneur de Jeju, indépendant)
 


Sources : AAFC, Yonhap, KBS, Korea Times

Partager cet article
Repost0
23 mai 2010 7 23 /05 /mai /2010 23:04

Un an après la mort le 23 mai 2009 de l'ancien président sud-coréen Roh Moo-hyun, dont le suicide avait soulevé une immense vague d'émotion en Corée, des manifestations se sont tenues à travers toute la péninsule pour honorer la mémoire de l'homme d'Etat, artisan de la démocratie et partisan de la réconciliation intercoréenne. L'Association d'amitié franco-coréenne s'associe à ces hommages.


Dans la soirée du samedi 22 octobre 2010, ils ont été des milliers à se rassembler, dans toute la Corée du Sud, pour honorer la mémoire de l'ancien président sud-coréen (2003-2008) Roh Moo-hyun, un an après sa mort.

 

 A Séoul, ses fidèles ont récité des prières et brûlé de l'encens, sur un autel dressé en face du Palais Deoksu et de l’hôtel de ville.


Un important rassemblement a eu lieu dans son village de la côte sud, à 450 kilomètres de Séoul : un concert et une exposition de photos ont été organisés sur le site de sa tombe.

 

Ces marques de sympathie interviennent à la veille des élections locales du 2 juin, très disputées, où sont en lice plusieurs des fidèles de Roh, notamment l'ancien Premier ministre Han Myung-sook, qui tente d'enlever la ville de Séoul au Grand Parti national (conservateur, au pouvoir) et Rhyu Si-min, ancien ministre de la Santé, candidat au poste de gouverneur de la province de Gyeonggi.

 

L'AAFC s'associe aux hommages rendus à l'ancien président Roh Moo-hyun, combattant contre le régime autoritaire, artisan de réformes démocratiques et partisan de la réconciliation intercoréenne.

 

Source principale : Yonhap

Partager cet article
Repost0
29 novembre 2009 7 29 /11 /novembre /2009 17:24

Le 27 novembre 2009, les trois principaux dirigeants de la branche sud-coréenne de l'Alliance pan-coréenne pour la réunification arrêtés lors de la rafle du 7 mai contre les milieux pro-réunification de Corée du Sud ont été libérés. Trois autres militants avaient déjà été remis en liberté le 10 septembre. Cette libération intervient malheureusement alors que les franges les plus conservatrices de la société sud-coréenne s'attachent à faire régner une atmosphère de « chasse aux sorcières pro-Nord ».

 

Les trois dirigeants de la branche sud-coréenne de la Pomminryon, l'Alliance pan-coréenne pour la réunification (APCR), emprisonnés à Séoul depuis leur arrestation le 7 mai 2009, ont été remis en liberté le 27 novembre par la justice sud-coréenne. Lee Kyu-Jae, président de la branche sud-coréenne de l'Alliance, Choi Eun-a, responsable de la communication, et Lee Kyeong-won, secrétaire général avaient été arrêtés pour avoir enfreint la loi dite de sécurité nationale.



 Lee Kyeong-won, Lee Kyu-Jae et Choi Eun-a à leur sortie de prison le 27 novembre 2009
(photo :
The Hankyoreh


Trois autres militants de l'APCR, Yun Ju-hyung, Oh Sun-wan et Jang Min-kyeong, arrêtés le 7 mai pour les mêmes raisons et emprisonnés à Cheongju, à une centaine de kilomètres au sud de Séoul, avaient été libérés le 10 septembre.

Le procès de Lee Kyu-jae, Choi Eun-a et Lee Kyeong-won s'était ouvert le 17 juillet devant la Cour du District central de Séoul
, avant de devenir le procès des relations inter-coréennes sous la présidence de Roh Moo-hyun (2003-2008). L'acharnement constant des milieux conservateurs à l'égard de l'ancien président Roh ne fut pas étranger au suicide de ce dernier. 

 

Après deux autres audiences les 21 août et 18 septembre, la cour a transmis le 27 novembre, à la demande de leurs avocats, le dossier des trois militants à la Cour constitutionnelle sud-coréenne. Celle-ci devra se prononcer sur la constitutionnalité de la Loi sur la protection du secret des communications en vertu de laquelle le Service national du renseignement (NIS), principale agence d'espionnage sud-coréenne, a procédé aux écoutes de l'APCR qui ont finalement abouti à l'arrestation de ses militants.

 

Pour les avocats de la Pomminryon, la Loi sur la protection du secret des communications ne permet que des écoutes sur une période de temps limitée. Or, les documents présentés au cours du procès ont révélé que le NIS avait intercepté pendant 28 mois, à partir de 2003, toutes les communications par téléphone, courrier électronique et fax de l'Alliance pan-coréenne pour la réunification.

 

Si, comme l'a prétendu le ministère public, le Service national du renseignement a conduit son enquête en toute légalité, il convient de s'interroger sur la constitutionnalité d'une loi instaurée pour protéger le secret des communications et détournée de son but initial par les services de renseignement afin de permettre la surveillance des citoyens.

 

La Cour du District central de Séoul a donc décidé de libérer les trois militants de l'APCR. Quelques heures après cette décision, Lee Kyu-jae, Choi Eun-a et Lee Kyeong-won sont sortis du centre de détention de Séoul, chaleureusement accueillis par leurs familles, des militants de la Pomminryon et leurs amis.

 

Peu après sa sortie de prison, Choi Eun-a a déclaré que, « alors que l'illégalité et l'arbitraire des institutions en charge de la sécurité se développent dans la société sud-coréenne, [elle est] heureuse que [cette libération] marque un coup d'arrêt à de telles choses. » Grâce aux nombreuses personnes qui ont aidé et soutenu les militants emprisonnés, elle pense que leur combat « continue en remportant des succès ». Choi Eun-a veut que « tout le monde continue à lutter avec détermination jusqu'au jour de l'abolition de la Loi de sécurité nationale et de la réunification. »

 

La libération des militants pro-réunification de l'APCR est toutefois intervenue dans une véritable atmosphère de « chasse aux sorcières pro-Nord ».

 

Ainsi, le 26 novembre, veille de la libération de Lee Kyu-jae, Choi Eun-a et Lee Kyeong-won, un groupe sud-coréen ultra-conservateur se faisant appeler « Comité pour la normalisation de l'Etat » a annoncé lors d'une conférence de presse (photo : The Hankyoreh) la publication, en 2010, d'une Encyclopédie des personnalités pro-Corée du Nord recensant environ 5.000 personnes sélectionnées par ledit comité d'après les comptes rendus de leurs activités parus dans les médias ou leurs propos en faveur de la Corée du Nord. Cent premières personnes ont été choisies pour figurer sur une liste à paraître dès décembre 2009.

 

Même si le prétendu « Comité pour la normalisation de l'Etat » a déclaré ne pas vouloir s'intéresser aux personnes décédées car celles-ci ne sont pas en mesure de se défendre, des voix se sont élevées dans les milieux conservateurs pour réclamer l'inclusion dans cette « encyclopédie » des anciens présidents Kim Dae-jung et Roh Moo-hyun.

 

Il est à noter que cette initiative de la frange la plus conservatrice de la société sud-coréenne répond à l'annonce de la publication prochaine de l' Encyclopédie des personnalités pro-japonaises par l'Institut de recherche sur les activistes collaborationnistes. Dans l' Encyclopédie des personnalités pro-japonaises seront recensées 4.730 personnes ayant collaboré avec le pouvoir colonial japonais en Corée (1910-1945). D'après l'Institut, certaines personnes réputées être des combattants pour l'indépendance de la Corée auraient en fait eu des activités collaborationnistes.

 

Outre le fait qu'établir un parallèle entre les collaborateurs du pouvoir colonial japonais et les héritiers de la résistance à l'occupation japonaise de la Corée pour servir des intérêts politiques immédiats est une initiative condamnable, il est inquiétant de constater que la méthode consistant à désigner des personnalités pour leurs supposées activités en faveur de la Corée du Nord ressemble aux méthodes utilisées autrefois par le régime militaire de Corée du Sud pour réprimer le mouvement démocratique.


Sources :
site No base stories of Korea (d'après Tongil News), Choson Ilbo, The Hankyoreh, The Korea Times



Entretien avec Choi Eun-a, responsable de la communication
de la branche sud-coréenne de la Pomminryon, après sa libération
(en coréen, sous-titré en anglais)

Partager cet article
Repost0
18 novembre 2009 3 18 /11 /novembre /2009 22:03

Le mardi 17 novembre 2009, plus de 30.000 paysans ont manifesté au centre de Séoul contre la baisse des prix du riz. Ils ont condamné notamment le refus du gouvernement Lee Myung-bak de reprendre les fournitures de riz à la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) : après les excellentes récoltes 2009, l'augmentation des stocks sud-coréens a en effet entraîné une chute des cours, quand les Nord-Coréens sont au contraire confrontés à des risques accrus de pénurie alimentaire après les mauvaises récolte de cette année dues à la sécheresse.

La colère gronde dans les campagnes sud-coréennes : la manifestation de plus de 30.000 paysans coréens au centre de Séoul, le mardi 17 novembre 2009, était le point d'orgue d'un mouvement national de protestation des riziculteurs contre l'incapacité du gouvernement Lee Myung-bak à stabiliser le prix du riz. Si celui-ci a mis en place des mesures de soutien à l'industrie agro-alimentaire, celles-ci ne visent en effet pas directement les producteurs, et leurs effets sont plus qu'incertains, au moins à court terme. Les participants s'étaient réunis en une Convention nationale des paysans à l'appel de treize organisations paysannes, dont la Ligue des paysans de Corée. Des parlementaires d'opposition soutenaient cette initiative, dont Chung Sye-kyun, président du Parti démocratique, et Kang Ki-kap, président du Parti démocratique du travail.

La manifestation de mardi fait suite à une dégradation continue des conditions économiques des paysans coréens, suite notamment à la libéralisation des échanges de riz décidée il y a cinq ans
.

Un représentant de la Convention nationale des paysans, présidée par Han Doh-sook, a mis en cause "la décision gouvernmentale de suspendre l'aide en riz au Nord, ce qui a conduit à une augmentation spectaculaire des stocks de riz, entraînant une chute des prix". L'ancienne administration sud-coréenne de Roh Moo-hyun livrait chaque année jusqu'à 400.000 tonnes de riz au Nord, alors que le Sud dispose des plaines les plus fertiles de la péninsule coréenne, notamment dans la province de Jeolla, où les protestations ont été particulièrement fortes.

Les manifestants souhaitent également une couverture minimale des coûts de production en fixant des prix minimums d'achat de 210.000 won (environ 125 euros), alors que d'excellentes conditions climatiques ont conduit à une récolte de riz exceptionnelle de 4,9 millions de tonnes en 2009, selon le ministère de l'Alimentation, de l'Agriculture, de la Forêt et de la Pêche. L'augmentation de l'offre, conjuguée à une baisse tendancielle de la consommation domestique, entraîne une hausse des stocks et une baisse des prix d'achat aux paysans.

Au plan intercoréen, le gouvernement Lee Myung-bak utilise les livraisons de céréales au Nord - où la récolte de 2009 a été, contrairement au Sud, particulièrement mauvaise - comme une
arme dans ses relations avec les autorités nord-coréennes. Au plan intérieur, il a choisi d'emblée une réponse policière à la manifestation du 17 novembre : quinze manifestants ont été arrêtés pour entrave à la circulation dans le quartier de Gwanghwamun.

Source principale :
Korea Times. Photo : Reuters

Partager cet article
Repost0
21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 22:02

Le 5 août 2009 s'achevait l'une des plus grandes luttes de l'histoire sociale coréenne, avec l'évacuation par les ouvriers grévistes de l'usine de Pyeongtaek du groupe Ssangyong. Si l'accord de fin de conflit a permis de réduire le nombre de licenciements secs, les poursuites engagées contre les ouvriers et le syndicat KCTU - toujours d'actualité - représentent globalement un échec pour les travailleurs en lutte.

Ssangyong Motor : ce nom restera comme celui de l'une des principales batailles sociales en Corée du Sud. Car si le succès n'a pas couronné le combat des Ssangyong, leur courage a signé l'une des plus grandes pages de la lutte de classes au Sud de la péninsule.  

Pendant 77 jours, à compter du 22 mai 2009, 976 ouvriers grévistes ont occupé l'usine automobile de Ssangyong à Pyeongtaek (photo Worldpress). Les assauts quasi-militaires des forces de l'ordre ont mis fin à la résistance, après le lancement de l'attaque finale des forces de l'ordre. Dans ce contexte, un accord a été signé le 6 août entre le syndicat et la direction, très en retrait par rapport aux positions syndicales.

Le constructeur automobile Ssangyong a été racheté il y a trois ans  par le groupe chinois Shanghai Automotive Industry Corporation, détenteur aujourd'hui de 51 % du capital. Depuis cette date, il n'a plus été procédé à de nouveaux investissements, et le constructeur coréen n'a plus lancé de nouveau modèle, selon une stratégie apparemment de transferts de technologie vers la Chine, parallèlement à une réduction des effectifs en Corée.

L’usine de Pyeongtaek comptait 8.700 travailleurs avant la prise de contrôle par Shanghai Automotive Industry Corporation : leur nombre avait été progressivement réduit à 7.000 lors du déclenchement de la grève. La mise en famille du constructeur coréen avait conduit, dans le cadre de la restructuration, à ce que l’usine de Pyeongtaek serve de garantie à de futurs emprunts. Le plan social prévoyait la suppression de 2.650 emplois.

Les revendications des 1.700 ouvriers occupant l'usine de Pyeongtaek, à partir du 22 mai, était basées sur le refus des licenciements, de la sous-traitance et du travail temporaire (rémunéré en moyenne 15 millions de won par an, ou 12.500 dollars, soit la moitié du salaire annuel pour les travailleurs à temps complet, compte tenu d'une ancienneté moyenne dans l'entreprise de 15 à 20 ans). 1.000 travailleurs ont poursuivi le mouvement d'occupation à partir de la mi-juin, ravitaillés par leurs femmes et leurs enfants. 50 à 60 groupes de base de 10 travailleurs chacun ont constitué le noyau dur de l'occupation.

Après qu'un rassemblement anti-grèves, composé majoritairement de cadres, fut finalement déclaré illégal le 16 juin par peur des débordements, alors qu'une contre-manifestation de 700 à 800 ouvriers d'autres groupes (notamment Kia Motors) était venue soutenir les occupants, le processus répressif a commencé : le 22 juin, des poursuites judiciaires étaient engagées contre 190 grévistes, tandis que fleurissaient les accusations de collusion avec la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), à l'initiative de l'extrême-droite sud-coréenne. Quelque jours plus tard, un travailleur licencié et endetté se suicidait. Les 26 et 27 juin, avec l'appui du gouvernement et des employeurs, des groupes tentèrent - sans succès - de s'introduire dans l'usine. A partir du 1er juiller, le blocus était organisé en coupant l'approvisionnement en eau, puis en gaz et enfin en électricité, ainsi qu'en interdisant la fourniture de toute aide médicale. Le 16 juillet, 3.000 manifestants qui s'étaient réunis devant l'hôtel de ville, furent empêchés d'approvionner en eau et en nourriture les occupants. Le 20 juillet, le suicide de la femme d'un responsable syndical participant à la lutte a porté à cinq le nombre de morts liés au conflit. 

Parallèlement aux premières actions miltaires conduites, depuis la fin juillet, par 3.000 policiers, 30 véhicules, des hélicoptères, et ayant entraîné des dizaines de blessés (photo Worldpress), la centrale syndicale KCTU a conduit, à partir du 22 juillet, des actions de grève à l'échelle nationale par solidarité, tandis que les grévistes réaffirmaient leur ouverture en dialogue mais aussi, si la répression continuait, leur volonté de "lutter jusqu'à la mort".

Face aux méthodes employées par les assaillants, la Confédération syndicale internationale, peu suspecte de sympathies révolutionnaires, s'est émue :

"Nous sommes profondément inquiets du blocus imposé sur l'approvisionnement en eau et en nourriture et l'accès aux traitements médicaux, ainsi que des tirs incessants au gaz lacrymogène et autres substances chimiques sur l'usine à partir d'hélicoptères. Ceux-ci représentent une atteinte criante à la dignité humaine la plus élémentaire. "

Si l'accord signé après l'assaut des forces de l'ordre a permis de réduire le nombre de licenciements secs, il est globalement un échec pour les gérvistes selon Green Left Weekly :

"
Le syndicat a accepté une partie de la gestion de la proposition de licenciement, l’enregistrement d’environ la moitié des emplois des grévistes. Le reste sera sacrifié à la retraite volontaire, non rémunérée, congé de longue durée, ou d’accepter un autre emploi de la société.

Le dirigeant syndical Han Sang-gyun a présenté des excuses pour ne pas avoir été en mesure de bloquer l’ensemble du plan de licenciement".

Le principal revers consiste dans les actions judiciaires, "pour activités criminelles", intentées contre des dizaines d'ouvriers, ainsi que le procès en indemnisation engagé contre le syndicat KCTU de la métallurgie à hauteur de 45 millions de dollars. Selon l’entreprise, ses pertes dues à la grève s'élèvent à 316 milliards de won (258,6 millions de dollars), non compris la non-production de 14 600 véhicules. De telles actions, conformes à la loi coréenne, visent à ruiner individuellement les grévistes.

Le conflit a fait naître des critiques sur le rôle du syndicat KCTU, qui a à la fois encouragé les assiégés à préparer des mesures d'auto-défense, tout en continuant à négocier avec la direction de l'entreprise.

L'AAFC salue d'autant plus le combat courageux des Ssangyong qu'il a été mené contre le gouvernement autoritaire de Lee Myung-bak, qui
tente d'étouffer toute voix discordante depuis la répression des manifestations pacifiques contre la reprise des importations de boeuf américain. Les militants pro-réunification sont les autres victimes de la répression. Même en France les services de renseignement sud-coréens ont intensifié, depuis un an, les actions d'intimidation et de déstabilisation contre les partisans de la réunification. Le courage des combattants coréens, hier pour la démocratie et contre le régime militaire, aujourd'hui pour les droits sociaux et le respect des travailleurs, a une valeur d'exemple universelle.

Sources : La bataille socialiste (notamment, articles des
27 juillet 2009 et 20 août 2009), caradisiac, La Gauche (journal de Gauche socialiste, collectif appartenant à Québec solidaire)

Partager cet article
Repost0
3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 23:08

Le remaniement ministériel opéré à Séoul le jeudi 3 septembre 2009 était attendu : sept nouveaux membres du gouvernement ont été nommés dont un économiste, Chung Un-chan, au poste de Premier ministre. Le choix de cet ancien président de l'Université nationale de Séoul, décrit comme un "pragmatique", peut être perçu comme un signe d'ouverture dans le domaine économique. En revanche, le très controversé Hyun In-taek reste au poste de ministre de la Réunification, signe que le président sud-coréen Lee Myung-bak entend poursuivre sa politique intercoréenne, bien qu'elle ait conduit à la quasi-rupture des relations avec le Nord.

Un nouveau gouvernement a été formé à Séoul ce jeudi 3 septembre. La principale surprise est venue de la désignation au poste de Premier ministre de Chung Un-chan (photo Seouldigitalforum), professeur d'économie, ancien président de l'Université nationale de Séoul, jusqu'ici peu engagé politiquement, et qui s'était opposé à certains projets du président sud-coréen Lee Myung-bak - notamment la construction d'un canal de 420 kilomètres entre Séoul et Pusan, aux conséquences lourdes pour l'environnement de la péninsule. Le communiqué présidentiel a déclaré : "Le Premier ministre désigné [Note : dans l'attente de sa confirmation par le Parlement], un économiste qui a apporté au gouvernement Lee des idées politiques constructives, mettra en oeuvre des politiques centristes pragmatiques".

Dans un pays où les professeurs d'université jouissent d'un grand prestige, parfois supérieur à celui des ministres qui sont avant tout des collaborateurs du président, plus que des "poids lourds" politiques, le choix de Chung Un-chan par Lee Myung-bak correspond à une communication politique dans le sens d'une ouverture, pour regagner la faveur d'une opinion majoritairement hostile à la proximité du très libéral chef de l'Etat avec les milieux d'affaires. La crise économique - seules les autorités gouvernementales, dont la Banque de Corée, envisagent aujourd'hui une
croissance économique positive en 2009 - plaide par ailleurs pour des politiques moins libérales. Mais y aura-t-il une vraie volonté de changer d'orientation économique ?

Cinq autres portefeuilles ministériels changent également de titulaire :
- à la Défense, le général Kim Tae-young remplace Lee Sang-hee, qui avait protesté contre la diminution des crédits de son ministère ;
- le député Choi Kyung-hwan devient ministre de l'Economie de la connaissance ;
- Lee Kwi-nam, auparavant vice-ministre de la Justice, devient ministre de la Justice ;
- Yin Tae-hee est le nouveau ministre du Travail ;
- Paik Hee-young, professeur à l'Université de Séoul, devient ministre à l'égalité des sexes.

Enfin, Joo Ho-young devient ministre sans portefeuille.

Parmi les changements envisagés qui n'ont finalement pas eu lieu, Hyun In-taek, artisan de la politique de fermeté de Séoul vis-à-vis du Nord, reste ministre de la Réunification. Ce dernier a récemment qualifié de "tactiques" les gestes d'ouverture de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) 
vis-à-vis tant des Etats-Unis que de la Corée du Sud : en effet, la visite à Pyongyang de Mme Hyun Jeong-eun  a ouvert la voie à la reprise des échanges intercoréens, largement suspendus suite au changement de politique intercoréenne de Lee Myung-bak, notamment de nouvelles rencontres de familles séparées ; dans un geste sans précédent pour un ancien président sud-coréen, une délégation nord-coréenne s'est rendue à Séoul pour les funérailles de Kim Dae-jung, porteuse d'un message du président Kim Jong-il qu'elle a remis à Lee Myung-bak ; enfin, Pyongyang vient de libérer des pêcheurs sud-coréens qui avaient pénétré , apparemment par erreur, dans les eaux territoriales nord-coréennes. Le maintien à son poste de Hyun In-taek est un geste d'autant plus regrettable que Séoul a poursuivi une politique de confrontation en conduisant, en août, les exercices militaires UFG (Ulchi Freedom Guardian), conjointement avec les troupes américaines. Mais si Lee Myung-bak n'a au moins pas voulu "perdre la face" en maintenant  à ses fonctions Hyun In-taek, qu'avait par ailleurs également rencontré la délégation nord-coréenne venue à Séoul après la mort du président Kim Dae-jung, ne sera-t-il pas obligé d'infléchir sa politique intercoréenne ? Ce changement interviendrait sous la pression de l'opinion  publique et compte tenu d'une certaine détente dans les relations américano - nord-coréennes.

Sources : AAFC,
AFP.

Partager cet article
Repost0
18 août 2009 2 18 /08 /août /2009 23:07

L'ancien président Kim Dae-jung, qui a dirigé la République de Corée (du Sud) entre 1998 et 2003, est décédé le mardi 18 août 2009, à Séoul. Sans la mobilisation internationale qui avait fait reculer la junte sud-coréenne, et à laquelle l'AAFC s'était pleinement associée, l'ancien opposant serait déjà mort plusieurs fois sous les coups des généraux alors au pouvoir à Séoul. L'Association d'amitié franco-coréenne honore la mémoire tant du combattant pour la démocratie que de l'artisan de la réconciliation intercoréenne.

La nouvelle, laconique, est tombée ce mardi 18 août 2009, peu après 1 h 40 de l'après-midi : l'ancien président sud-coréen Kim Dae-jung est décédé le mardi 18 août 2009, dans l'hôpital de Séoul où il était soigné, suite à des problèmes respiratoires, une embolie pulmonaire et de multiples insuffisances.

Lorsqu'il avait reçu le prix Nobel de la paix pour sa politique de réconciliation intercoréenne, Kim Dae-jung avait déclaré : "Dans ma vie, j'ai toujours vécu avec la conviction que la justice gagnera (...) La justice peut échouer dans la vie d'une personne, mais elle l'emportera finalement dans le cours de l'histoire". De fait, la vie de l'homme d'Etat coréen a reflété son combat pour les valeurs de paix et de justice qui, quelles que soient les vicissitudes liées aux succès provisoires des opposants au dialogue intercoréen, sont appelées à triompher in fine sur le sol de la péninsule coréenne.

Kim Dae-jung était né dans une famille de paysans pendant l'occupation japonaise de la Corée, à une date qui ne peut pas être établie avec certitude - le 5 janvier 1924 selon la bibliothèque présidentielle, et le 3 décembre 1925 selon son site Internet. Après avoir débuté sa vie professionnelle dans les affaires, Kim Dae-jung a commencé une carrière politique, qui l'a conduit au Parlement en 1961, peu avant le coup d'Etat du général Park Chung-hee dont il devait devenir le principal opposant.

Lors de l'élection présidentielle de 1971, il échoue de peu face au général Park. Ce dernier réagit en promulguant, en 1972, une Constitution encore plus autoritaire, et en tentant d'éliminer physiquement celui qui a symbolisé le refus du régime militaire : enlevé par des agents sud-coréens dans un hôtel à Tokyo en 1973, il ne devra qu'à une intervention internationale de ne pas être assassiné par noyade. Quelques semaines après l'élection présidentielle de 1971, il avait été victime d'un accident de la route, qui était manifestement une tentative d'attentat, et dont il était ressorti avec une claudication comme séquelle.

Après le soulèvement de Kwangju, son bastion politique, en mai 1980, contre la loi martiale, dont la répression a entraîné entre 200 morts (bilan officiel) et 5.000 morts (à droite, le cimetière Mangwol-dong, à Kwangju, abritant les corps des victimes), un tribunal militaire sud-coréen le condamne à mort. Sa peine n'est commuée, en une peine de prison puis en un exil aux Etats-Unis (jusqu'en 1985), que sous la pression de l'opinion internationale.

Kim Dae-jung a raconté qu'il avait refusé la proposition de coopérer que lui avait faite le régime militaire pour avoir la vie sauve, en déclarant  : "Si je fais un compromis avec vous, je vais vivre temporairement, mais je mourrai à jamais. Si je ne coopère pas avec vous, mon corps mourra, mais je vivrai à jamais dans le coeur du peuple et dans l'histoire. Je préfère vivre éternellement dans l'histoire".

Après deux nouveaux échecs aux élections présidentielles, en 1987 et 1992, Kim Dae-jung accède enfin à la magistrature suprême en remportant l'élection présidentielle de 1997. Son mandat (1998-2003), au plan intérieur, a été marqué par la restructuration et le redressement rapide de l'économie au lendemain de crise financière, ainsi que par la poursuite d'orientations économiques libérales, malgré une extension partielle du système de protection sociale, ainsi que par des scandales ayant éclaboussé des membres de la famille du chef de l'Etat.

S'agissant des relations intercoréennes, Kim Dae-jung reste l'artisan de la "politique du rayon de soleil" d'ouverture au Nord, laquelle a conduit à la première rencontre historique à Pyongyang, au plus haut niveau, entre les autorités du Nord et du Sud de la Corée divisée depuis un demi-siècle (photo encyclopédie Britannica). Cosignée par Kim Dae-jung et Kim Jong-il, président de la commission de la défense nationale de la République populaire démocratique de Corée (Corée du Nord), la déclaration commune Nord-Sud du 15 juin 2000 a pavé la voie de la réconciliation et de la réunification. 

En janvier 2009, Kim Dae-jung avait justifié le dialogue comme le seul chemin possible pour la réunification de la péninsule coréenne, en déclarant  : "Le Sud et le Nord n'ont jamais été libres d'une peur et d'une animosité mutuelles au cours du demi-siècle passé - même pas pendant un seul jour (...) Lorsque nous coopérons, les deux Corée bénéficient de la paix et de la prospérité économique".

Si son principal héritage politique - le dialogue intercoréen - s'est poursuivi sous le mandat de son successeur démocrate Roh Moo-hyun, la remise en cause de sa politique d'ouverture au Nord par l'actuel président conservateur Lee Myung-bak a entraîné la rupture du dialogue gouvernemental intercoréen, soulevant protestations et inquiétudes
non seulement dans les rangs de l'opposition, mais aussi au sein même du Grand parti national au pouvoir. Toutefois, sa mort a été unanimement saluée, y compris par ses adversaires politiques : le président en titre Lee Myung-bak a déclaré que "ses accomplissements et ses aspirations à réaliser la démocratisation et la réconciliation intercoréennes resteront longtemps dans la mémoire du peuple".

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il a adressé un message de condoléances à la famille de Kim Dae-jung, en déclarant : "Bien qu'il ne soit plus, à notre grand regret, sa volonté de parvenir à la réconciliation nationale et à la réunification demeurera longtemps présente dans l'esprit de notre peuple".

Après le
suicide, en mai, de Roh Moo-hyun, ce sont les deux chefs d'Etat sud-coréens qui ont le plus contribué au dialogue intercoréen qui disparaissent en l'espace de quelques mois.

La coïncidence entre la mort de Kim Dae-jung et
la conclusion, la veille, d'un accord majeur entre Hyundai et les autorités nord-coréennes montre toutefois qu'il n'y aura pas de retour en arrière dans le chemin parcouru vers une meilleure compréhension entre Sud et Nord-Coréens.

L'AAFC honore la mémoire du combattant pour la démocratie et de l'homme qui, au Sud de la péninsule, a été un des principaux artisans de la réconciliation intercoréenne. Les combats ainsi menés par l'AAFC ont façonné son visage actuel : dans la continuité de son soutien aux opposants au régime militaire sud-coréen,
l'AAFC est devenue, en 1989, une association d'amitié avec tout le peuple coréen, du Nord, du Sud, comme de la diaspora, faisant de la réunification pacifique et indépendante de la Corée l'un de ses mots d'ordre, sur la base des déclarations conjointes Nord-Sud du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007.

Sources : AAFC,
AFPThe Washington Post, Financial Times, CNN.

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Association d'amitié franco-coréenne
  • : Soutenir une réunification indépendante et pacifique de la Corée, conformément à l'aspiration légitime du peuple coréen et dans l’intérêt de la sécurité et de la paix dans le monde
  • Contact

Recherche

D'où venez-vous?