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17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 21:51

De grandes cérémonies ont été organisées à Pyongyang le 17 décembre 2013, à l'occasion du second anniversaire de la disparition du Dirigeant Kim Jong-il. Elles ont été une manifestation de l'unité réalisée par le peuple, le Parti du travail de Corée et l'Armée populaire de Corée (APC) autour du Maréchal Kim Jong-un, quelques jours après l'exécution, pour haute trahison, de Jang Song-thaek.

Dans un discours prononcé au Palais des sports de Pyongyang, Kim Yong-nam, président du praesidium de l'Assemblée populaire suprême, a convié le peuple et le Parti à "tenir le camarade Kim Jong-un en haute estime comme le centre unique de l'unité et de la direction" de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), deux ans jour pour jour après la disparition du Dirigeant Kim Jong-il, le 17 décembre 2011.

Choe Ryong-hae a réitéré le serment des soldats de protéger le Maréchal Kim Jong-un, "commandant suprême [de l'Armée populaire de Corée], quels que soient les orages et les privations", en ajoutant que "si les ennemis lâchent une seule goutte de feu sur notre mère-patrie, nos soldats se précipiteront pour achever tous les envahisseurs et réaliser l'unification" de la péninsule.

Trois minutes de silence ont été observées au début de la cérémonie officielle, qui était retransmise à la télévision.
  
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Le Président Kim Yong-nam a aussi mis en exergue les progrès accomplis par la RPDC, notamment dans le domaine technologique : en décembre 2012, le satellite Kwangmyongsong-3 avait été mis en orbite avec succès, à quelques jours du premier anniversaire de la disparition du Président Kim Jong-il, et en février 2013 la RPD de Corée avait réalisé son troisième et plus puissant essai nucléaire, à la veille de l'anniversaire de naissance du leader défunt. La RPD de Corée sous la direction du Maréchal Kim Jong-un poursuit l'objectif d'édification d' "un pays puissant et prospère" fixé par le Dirigeant Kim Jong-il.

Le Maréchal Kim Jong-un, qui a présidé les cérémonies qui se sont tenues le 17 décembre 2013, a visité le Palais mémorial du Soleil Kumsusan, pour rendre hommage au Président Kim Il-sung et au Dirigeant Kim Jong-il. Il a été accompagné, notamment, du Président Kim Yong-nam, du Premier ministre Pak Pong-ju, de Choe Ryong-hae, directeur du bureau de politique générale de l'Armée populaire de Corée, de Ri Yong-gil, chef d'état-major des armées, de Jang Jong-nam, ministre de la Défense, de Kim Ki-nam, secrétaire du Parti du travail de Corée, et de Choe Thae-bok, Président de l'Assemblée populaire suprême.

Dès la veille, des rassemblements s'étaient tenus dans l'ensemble de la République populaire démocratique de Corée pour honorer les deux anciens dirigeants suprême du pays, le Président Kim Il-sung, fondateur de la RPDC en 1948, et son successeur de 1994 à 2011, le Dirigeant Kim Jong-il, en déposant des fleurs et des gerbes aux pieds de leurs statue et devant leurs portraits.

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Soldat-depot-de-fleurs.jpg

Principale source : KCNA.

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15 décembre 2013 7 15 /12 /décembre /2013 18:48

Comme l'ont annoncé les médias de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), à l'issue d'une réunion du bureau politique du Comité central du Parti du travail de Corée, Jang Song-thaek, vice-président de la commission de la défense nationale, a été démis de ses fonctions, puis exécuté pour haute trahison le 12 décembre 2013.

Le bureau national de l'AAFC publie ci-après des extraits de l'acte d'accusation diffusé par l'agence officielle KCNA. Attachés aux valeurs qui fondent la République française, les membres du bureau de l'AAFC, pour leur part, rappellent qu'en France la peine capitale et les tribunaux militaires ont été abolis en 1981 et qu'ils sont hostiles à la peine de mort.

Aux termes de l'acte d'accusation cité par l'agence KCNA, Jang Song-thaek avait formé une faction, qu'il dirigeait, et dont le but était de "renverser l'Etat", alors même qu'il "avait été nommé à des postes de responsabilité du parti et de l'Etat grâce à la profonde confiance politique du Président Kim Il-sung et du dirigeant Kim Jong-il et qu'il avait bénéficié d'une bienveillance de ces derniers plus que n'importe qui d'autre depuis longtemps". En outre, toujours selon KCNA, "il occupait des postes plus élevés qu'auparavant et avait l'entière confiance du dirigeant suprême Kim Jong-un".

Jang Song-thaek a été accusé d'avoir réuni autour de lui des éléments "étrangers" et "indésirables", y compris des personnes relevées de leurs fonctions pour avoir désobéi, comme Ri Ryong-ha.

Toujours selon KCNA, "il a commis des actes anti-Parti tels que la critique systématique de la ligne du Parti, de ses politiques et son organisation dans la dernière période".

Par ailleurs, "il a donné l'instruction à ses comparses de vendre du charbon et d'autres précieuses ressources du sous-sol au hasard (...) Jang n'a eu aucun scrupule à commettre en mai dernier un acte de traîtrise tel que la vente de la zone économique et commerciale de Rason à une puissance étrangère pour une période de cinquante ans sous le prétexte de rembourser les dettes" constituées par ses acolytes.

Il est aussi mis en cause pour l'échec de la réforme monétaire conduite par Pak Nam-gi en 2009, ayant entraîné la perte de centaines de milliards de won et un "grave chaos économique".

Lors de son procès, selon KCNA Jang Song-thaek a avoué préparer un coup d'Etat, à une date indéterminée, en s'appuyant sur les forces armées dirigées par des hommes qui lui sont fidèles, en faisant le pari d'une dégradation du niveau de la vie de la population. Se présentant comme "réformiste", son Gouvernement aurait ainsi pu être reconnu par les puissances étrangères.

La peine de mort a été prononcée et appliquée immédiatement, en application de l'article 60 du Code pénal de la RPD de Corée.

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13 septembre 2013 5 13 /09 /septembre /2013 08:44

Le 9 septembre 2013, à l'occasion du 65ème anniversaire de la fondation de la République populaire et démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), une grande parade civile et militaire a été organisée à Pyongyang, en présence du Maréchal Kim Jong-un, Premier secrétaire du Parti du travail de Corée, et de délégations étrangères, dont une de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC). Cette cérémonie a représenté le principal événement qui s'est tenu à l'occasion de la fête nationale de la RPD de Corée, également marquée par un concert donné par l'Ensemble de chant et de danse des forces de sécurité intérieure du peuple coréen (FSIPC), un banquet au restaurant Okryu, un spectacle de cirque et un spectacle donné par le groupe artistique de la Ligue de la jeunesse socialiste Kim Il-sung. La veille, le Maréchal Kim Jong-un avait inauguré la rue des scientifiques Unha (du nom du satellite lancé avec succès par la RPD de Corée) et une rencontre nationale s'était tenue à la Maison de la culture du 25 avril. Des cérémonies ont eu lieu aux cimetières des martyrs révolutionnaires et des combattants morts pour la RPD de Corée, tandis qu'une représentation exceptionnelle du spectacle de gymnastique de masse "Arirang" a commémoré la fondation de la République populaire démocratique de Corée.

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Alors que les cérémonies du 60ème anniversaire de la fin de la guerre de Corée avaient été marquées par la présence de représentants d'Etats étrangers à la tribune d'honneur, le choix a été fait, pour la parade militaire et civile du 9 septembre 2013, d'assurer quasi-exclusivement la présence de représentants des institutions coréennes à la tribune d'honneur aux côtés, notamment, du Maréchal Kim Jong-un. Les seules exceptions ont porté sur la présence du numéro un d'un parti frère du Parti du travail de Corée, et de représentants des Coréens du Japon et de Chine : Kwon Sun-hwi, conseiller au Comité exécutif central de l'Association des résidents coréens au Japon (Chongryon), et Choe Un-bok, présidents de l'Association générale des Coréens en Chine.

Alors que le discours du 27 juillet 1953, à l'occasion de l'anniversaire de l'armistice, avait été prononcé par Choe Ryong-hae, vice-président de la Commission militaire centrale du Parti du travail de Corée, au regard du caractère militaire de l'armistice célébré en RPDC comme la victoire dans la guerre de libération de la patrie, le 9 septembre 2013 c'est le Premier ministre Pak Pong-ju qui s'est exprimé, après qu'eurent retenti 21 coups de canon et qu'eurent été joués le Chant du Général Kim Il-sung et le Chant du Général Kim Jong-il. Pak Pong-ju a souligné l'union du peuple et de l'armée autour du dirigeant et du Parti dans la construction d'une puissance socialiste.

La Garde rouge des ouvriers et des paysans - fondée en 1959, et qui a pris son nom actuel le 10 octobre 2010, à l'occasion du 55ème de la fondation du Parti du travail de Corée - a ouvert le défilé militaire, où une des armes les plus impressionnantes était les lances-missiles. Tout aussi grandiose, le défilé civil était accompagné de mouvements d'ensemble dessinant notamment des slogans aux noms des dirigeants et de l'avènement d'une puissance économique. La cérémonie s'est terminé par un feu d'artifice et des lâchers de ballons.

Les cérémonies commémoratives ont traduit la ligne actuelle du Parti du travail de Corée, consistant en la construction simultanée d'une puissance économique et d'une force militaire.

Principales sources : AAFC, Hankyoreh, KCNA

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6 juillet 2013 6 06 /07 /juillet /2013 15:12

Kim_Il_Sung_Fidel_Castro.jpgParmi les concepts mis en exergue en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), celui de djadjouseung (ou jajuseong) - souvent traduit par "indépendance" ou "autonomie" - est utilisé pour désigner la période ouverte par les décolonisations de l'après-guerre comme une ère nouvelle d'indépendance des nations. Alors que la RPDC s'apprête à commémorer le 19ème anniversaire de la disparition du Président Kim Il-sung, le 8 juillet 1994, nous avons reproduit ci-après des extraits d'un discours donné le 7 septembre 1981 par le fondateur de la RPD de Corée lors d'un entretien avec le premier vice-président du Mouvement vers le socialisme du Vénézuela (publié sous le titre "Maintenons le Djadjouseung"), dans lequel est exposée la notion de jajuseong à la lumière, notamment, de la politique étrangère nord-coréenne, mais aussi des rapports entre les partis politiques et comme principe devant guider les comportements humains. Photo ci-contre : Kim Il-sung et Fidel Castro

 

"Nous vivons l'ère du Djadjouseung"

 

"A l'issue de la Seconde guerre mondiale, de nombreux pays ont accédé à l'indépendance. Le temps est révolu où des pays tels que la France, l'Angleterre, l'Espagne, le Portugal et les Pays-Bas disposaient de vastes colonies et dominaient plusieurs continents. La quasi-totalité des pays ayant vécu jadis sous l'asservissement colonial ont été libérés. Seuls quelques pays de certaines régions, notamment de l'Afrique australe, n'ont pas encore accédé à l'indépendance nationale.

 

Le plus important pour les peuples ayant accédé à l'indépendance est actuellement de savoir comment consolider leur indépendance politique nationale et sauvegarder leur Djadjouseung.

 

Le Djadjouseung est vital pour une nation. Tous les pays étaient souverains à l'origine. Un pays qui n'est pas souverain ne peut être considéré comme un Etat réellement indépendant.

 

Les pays peuvent différer par l'importance de leur territoire et de leur population, mais il ne peut pas y avoir de distinction de rang entre eux. Tout rapport de subordination de certains pays aux autres est inadmissible.

 

Il en est de même pour les rapports entre les partis. Comme vous l'avez affirmé, il ne peut y avoir entre les partis de rapport de père à fils, de grand-père à petit-fils, d'aîné à puîné. Nous approuvons entièrement votre position consistant à respecter le principe du Djadjouseung entre les partis. Elle est entièrement identique à celle de notre Parti, qui préconise que tous les partis comme tous les pays maintiennent toujours leur Djadjouseung.

 

Pour consolider leur indépendance politique et maintenir leur Djadjouseung, tous les pays doivent édifier une économie nationale indépendante. Edifier une économie nationale indépendante revient à édifier une économie appropriée à la situation nationale grâce à l'appui de son propre peuple afin d'accéder à l'indépendance économique (...).

 

Si les peuples combattent l'impérialisme, c'est pour accéder à l'indépendance politique et, ainsi, au Djadjouseung. Si après s'être affranchis de la domination coloniale de l'impérialisme, ils n'accèdent pas à l'indépendance économique et tombent alors sous la coupe d'un pays étranger sur le plan économique, l'indépendance politique qu'ils auront acquise n'en sera pas une, car, finalement, ils n'auront fait que passer d'une forme d'asservissement à une autre. Un pays qui a perdu son Djadjouseung ne peut en aucun cas être considéré comme un Etat indépendant et souverain".

 

"On appelle Djadjouseung la nature de l'homme qui demande à vivre librement en maître du monde"

 

"Nous préconisons le maitien du Djadjouseung non seulement pour les pays, mais aussi pour les hommes.

 

Dès le début de notre lutte révolutionnaire antijaponaise, nous avons chanté un chant que la jeunesse de notre pays aime chanter aujourd'hui encore. Ce chant dit entre autres : En tant qu'homme, chacun est né libre. Sans liberté, on est comme mort. On peut donner sa vie, mais jamais sa liberté.

 

L'homme aspire à une vie libre et sans entrave. On appelle Djadjouseung la nature de l'homme qui demande à vivre librement en maître du monde.

 

L'homme est doué de créativité de même qu'il est doué de Djadjouseung. Lorsque l'on dit que l'homme a de la créativité, on veut dire qu'il a la capacité créatrice de modifier la nature et la société en fonction de sa volonté et de ses besoins.

 

Le Djadjouseung et la créativité sont les attributs essentiels de l'homme. Le Djadjouseung et la créativité font de lui le maître de tout et le facteur qui décide de tout.

 

Le Djadjouseung et la créativité de l'homme sont étroitement liés l'un à l'autre et se manifestent ensemble (...).

 

Bien qu'ils soient les attributs essentiels de l'homme, le Djadjouseung et la créativité ne sont pas innés. Dans notre pays, on cherche à cultiver le Djadjouseung et la créativité chez tout le monde dès sa naissance. Nous formons le Djadjouseung et la créativité en chacun, de son enfance et sa jeunesse à l'âge adulte.

 

Les visiteurs venus des pays du Tiers-Monde, d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine, au contact des réalités de notre pays, nous demandent quelle est la source de l'immense force qu'elles supposent. Notre force vient de ce que le peuple tout entier manifeste son Djadjouseung et sa créativité au travail parce qu'il est hautement conscient d'être le maître du pays. Il y a dans les masses populaires une force inépuisable. Aussi est-il très important de se fier à leur force et de s'appuyer sur celle-ci pour résoudre tous les problèmes".

 

"L'impérialisme américain redoute le plus que les peuples du monde entier s'engagent dans la voie de la souveraineté".

 

"Nous devons combattre l'impérialisme américain sur deux plans.

 

D'une part, il faut démembrer l'impérialisme américain avec les méthodes révolutionnaires. Tous les pays faisant la révolution sont tenus de l'attaquer et de le démembrer, lui coupant bras et jambes partout où ils le peuvent. En d'autres termes, il faut intensifier la lutte révolutionnaire contre lui partout où il étend ses tentacules agressifs.

 

D'autre part, il convient de démembrer l'impérialisme américain sur le plan politique. Autrement dit, tous les pays doivent maintenir leur Djadjouseung et refuser d'obéir à l'impérialisme américain. C'est alors qu'il se verra isolé sur le plan international et ne pourra plus se conduire en dominateur (...).

 

L'impérialisme américain redoute le plus que les peuples du monde entier s'engagent dans la voie de la souveraineté. S'il redoute le peuple coréen, ce n'est pas que nous disposions de bombes atomiques mais que notre peuple est imprégné des idées du Djoutché et adhère fermement au Djadjouseung. Récemment, l'impérialisme américain a exercé une pression sur le Venezuela pour qu'il n'envoie pas de délégation gouvernementale au Symposium des pays non alignés et autres pays en voie de développement sur l'accroissement de la production alimentaire et agricole. A mon avis, c'est qu'il redoutait que le peuple vénézuélien ne se montre souverain.

 

Je pense que nous deux partis ont raison de préconiser l'adhésion au Djadjouseung. Nous suivons la bonne voie et notre oeuvre est juste. Je suis heureux de constater que la ligne d'indépendance que maintient le Mouvement vers le socialisme du Venezuela est identique au Djadjouseung auquel adhère notre Parti. Nos deux partis devront contribuer à maintenir leur Djadjouseung.

 

Nous saluerons tout pays qui optera pour la souveraineté car la souveraineté répond aux intérêts des peuples.

 

Ceux d'entre vous qui portent le drapeau du Djadjouseung triompheront à coup sûr. J'ai la certitude que la victoire attendra le Mouvement vers le socialisme du Venezuela, s'il éveille l'esprit souverain du peuple, unit étroitement ce dernier et va de l'avant sous le drapeau du Djadjouseung".

 

Source : Kim Il-sung, "Maintenons le Djadjouseung", publié dans Le mouvement de non-alignement et la coopération Sud-Sud, éditions en langues étrangères, Pyongyang, RPD de Corée, 1987, pp. 33-42.

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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 00:29

Les 28 et 29 janvier s'est tenue, à Pyongyang, la quatrième conférence des secrétaires de cellule du Parti du travail de Corée (PTC). Le discours de clôture du Président Kim Jong-un, Premier secrétaire du PTC, a mis l'accent sur le rôle primordial joué par les secrétaires de cellule vis-à-vis de leurs compatriotes de République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) pour élever le niveau de vie de la population et assurer l'égalité des chances entre tous les citoyens. L'accent mis sur ce dernier point témoigne de la volonté des autorités nord-coréennes d'élargir et de renforcer la base sociale des institutions de la RPDC, alors que l'accession d'enfants et de petits-enfants d'ouvriers, de mineurs et de paysans au sommet de l'Etat a été un puissant facteur de mobilisation sociale dans les années et les décennies ayant suivi la fondation de la République populaire démocratique de Corée - avant que les difficultés économiques apparues dans les années 1990  ne limitent les possibilités d'ascension sociale.

 

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Après avoir souligné le rôle joué par les cellules du Parti du travail de Corée, sous l'autorité du Président Kim Il-sung et du dirigeant Kim Jong-il, dans l'édification du socialisme en Corée et la consolidation de l' "unité monolithique" entre le Parti, le peuple et l'armée, Kim Jong-un, Premier secrétaire du PTC, a mis l'accent sur les tâches à accomplir par les secrétaires de section au moment où "la révolution [coréenne] aborde un nouveau tournant", dans l'édification d'une puissance économique et la consolidation de "la conscience de classe face à l'impérialisme".

 

Parmi les améliorations à apporter dans le travail des organisations de base que constituent les cellules du PTC, la lutte contre les "abus de pouvoir" et les "pratiques bureaucratiques" a été placée au coeur des objectifs de renforcement du Parti en direction des citoyens coréens. Il convient ainsi d'intensifier les critiques provenant de la base à l'égard des dirigeant inefficaces ou corrompus, en rendant compte aux échelons supérieurs du Parti. 

 

Kim Jong-un a cité le 66ème anniversaire de la fondation de l'Union des enfants coréens comme un exemple témoignant de l'engagement prioritaire du Parti en direction des masses, en observant qu'avaient pris part à ces manifestations "les enfants de travailleurs ordinaires, de paysans, de fonctionnaires et d'intellectuels, plutôt que [les enfants de]s cadres". De même, il a souligné que les "enfants de ceux qui ont commis des crimes contre le pays" n'avaient pas été discriminés en étant nommés comme délégués, dès lors que leur comportement exemplaire au sein des mouvements de jeunesse justifiait qu'ils soient choisis. Déjà, l'accession au pouvoir du Président Kim Il-sung, âgé de seulement 33 ans lors de la libération de la Corée en 1945, avait coïncidé avec un renouvellement social et générationnel à la tête du nouvel Etat coréen, en rupture avec la tradition qui avait accordé la prééminence aux nobles, ainsi qu'aux personnes les plus âgées - suivant la pratique confucéenne. L'amour et la confiance du Parti à l'égard de l'ensemble des citoyens sont comparés à ceux que la mère, figure protectrice, doit prodiguer à ses enfants.

 

Il est également souligné que le rôle du PTC en direction des citoyens ne doit pas être conduit de manière uniforme, en refusant toute discrimination en direction des personnes qui ne suivent pas les idées du Parti. A l'égard de ces derniers, la priorité doit être à un travail d'éducation et de persuasion, car c'est "la confiance politique qui entraîne la loyauté", et pas l'inverse.

 

Cette démarche d'ouverture renvoie aux conditions d'adhésion au PTC, qui regroupe d'ores et déjà environ un sixième des citoyens de la RPDC, soit une proportion très supérieure à celle des Partis communistes au pouvoir, ou anciennement au pouvoir, dans les démocraties populaires. Ce rejet d'un certain élitisme s'inscrit dans la recherche d'une symbiose entre le PTC et l'ensemble des couches sociales. Il fonde aussi l'analyse des dirigeants nord-coréens selon laquelle la disparition de l'URSS et des démocraties populaires d'Europe de l'Est a été la conséquence d'un manque d'attention accordé au travail idéologique, ainsi que de la place prise par les opportunistes et les carriéristes au sein du Parti.

 

Si les références aux aînés révolutionnaires s'inscrivent à la fois dans la tradition de la RPDC et de la culture coréenne de respect des anciens, il est peu banal que soient aussi nettement mises en exergue les critiques en creux formulées contre certaines pratiques au sein du Parti. L'encouragement à une rénovation des pratiques, ainsi que la valorisation des exemples tendant à promouvoir l'égalité des chances, doivent s'interpréter comme une volonté de renforcer les bases sociales des institutions nord-coréennes, quand s'engagent de nouvelles "batailles de la production" et dans un contexte international incertain, ce qui conduit à exalter l'unité de la population autour du Parti et de ses dirigeants.

 

Source : KCNA

Discours de Kim Jong-un traduit en français sur le site Naenara

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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 13:38

Renouant avec l'usage qui avait prévalu jusqu'en 1994 à l'époque du Président Kim Il-sung, le dirigeant Kim Jong-un de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a prononcé un discours de nouvel an, le 1er janvier 2013, fixant les orientations politiques et économiques pour la nouvelle année, et qui fait suite aux éditoriaux conjoints publiés par les principaux quotidiens nord-coréens entre 1995 et 2012. Cette année, l'accent est à nouveau mis sur la poursuite de l'élévation du niveau de vie de la population, en rappelant les résultats déjà obtenus en 2012. Par ailleurs, les observateurs étrangers ont surtout analysé la fin du discours qui, suivant l'usage, traite des relations internationales et intercoréennes : il est lancé un appel sans ambiguïté pour faire progresser la cause de la paix et de la réunification dans la péninsule coréenne, quelques semaines après l'élection de Mme Park Geun-hye à la présidence de la République en Corée du Sud. Dans l'analyse ci-dessous (le millième article mis en ligne sur le site Internet national de l'AAFC), l'Association d'amitié franco-coréenne forme le voeu ardent que le dialogue intercoréen puisse effectivement être renoué, dans l'intérêt de la nation coréenne et pour la prospérité du peuple coréen. Si des percées diplomatiques sont réalisées, il est souhaitable et nécessaire que la France saisisse cette occasion pour développer les échanges bilatéraux, en élevant le statut du bureau français de coopération à Pyongyang à celui d'une ambassade de plein exercice, à l'instar de l'Allemagne et du Royaume-Uni ; un tel choix contribuerait à enrayer le recul de l'influence la France par rapport à ses partenaires européens dans cette partie du continent asiatique la plus dynamique au monde. 

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Conformément à la tradition coréenne, marquée notamment par le respect des fondateurs, dans son discours de nouvel an du 1er janvier 2013, le Premier secrétaire du Parti du travail de Corée Kim Jong-un a tout d'abord rendu hommage à ses prédécesseurs, le Président Kim Il-sung, fondateur de la République populaire démocratique de Corée en 1948, et le dirigeant Kim Jong-il, disparu le 17 décembre 2011, salués et honorés comme "les pères de la nation". La "loyauté", la "fidélité" et la "sincérité"- trois valeurs cardinales dans les relations au sein de la communauté nationale, de la cellule familiale et entre les personnes, suivant l'usage confucéen - sont mises en exergue dans le lien établi entre le peuple coréen de la RPDC et ses dirigeants, et dont témoignent les références au "kimilsungisme-kimjongilisme".

Les voeux de nouvel an ont été adressés non seulement aux citoyens de la RPD de Corée, mais aussi aux "compatriotes du Sud" et d'outre-mer, en entendant leurs aspirations à la réunification et à la prospérité de la nation coréenne, ainsi qu' "aux peuples progressistes du monde" entier et "aux amis étrangers qui aiment la justice et la paix". Dans son premier discours public, à l'occasion du centième anniversaire de la naissance du Président Kim Il-sung le 15 avril 2012, le Présidente Kim Jong-un avait également salué les Sud-Coréens et les amis du peuple coréen dans le monde.

S'agissant de l'analyse rétrospective de l'année 2012, la réussite de la mise sur orbite de la seconde version du satellite Kwangmyongsong-3, le 12 décembre 2012, par des technologies propres à la RPDC, est saluée comme un exemple à suivre pour l'élevation du niveau de développement scientifique et économique du pays, alors qu'est rappelée la série de "sévères catastrophes naturelles" ayant affecté la RPDC en 2012. Dans l'édification d'un "puissant pays socialiste" pour améliorer le bien-être de la population, sont rappelés la mise en service de la centrale électrique de Huichon et du port de Tanchon, ainsi que l'allongement à douze ans de la durée obligatoire de scolarité.

En 2013, l'objectif en économie est d' "effectuer un virage radical afin de construire un géant économique dans l'esprit et avec le courage qui furent les nôtres pour conquérir l'espace : tel est le slogan que notre parti et le peuple doit suivre cette année". L'effort doit d'abord porter sur les industries de base, que sont l'énergie (charbon, électricité), la métallurgie et les transports, tout particulièrement ferroviaires. De fait, comme en Chine, le vieillissement du réseau de chemin de fer est un obstacle à un approvisionnement optimal des unités de production (y compris dans l'industrie légère), tandis que le fonctionnement des usines à pleine capacité requiert une hausse de la production d'énergie. Dans l'agriculture, la priorité est accordée à l'atteinte de l'objectif de production de céréales, par le recours à des méthodes intensives, ainsi qu'à la diversification (viande, poisson, fruits) pour améliorer le régime alimentaire. Un rôle tout particulier incombe ici à l'armée, force de production économique majeure en RPDC, et aux membres des "brigades de choc" - faisant ainsi référence aux batailles pour la production lancées périodiquement par la RPDC depuis sa fondation en 1948. L'amélioration des méthodes de gestion, par une responsabilisation accrue des travailleurs, tout en s'inspirant des expériences pilotes conduites localement, traduit une approche pragmatique et empirique. Les mesures économiques du 1er juillet 2002 ont d'ores et déjà consacré l'autonomie de gestion des entreprises, la création de zones économiques spéciales et l'ouverture aux investissements étrangers, aujourd'hui majoritairement chinois, notamment pour moderniser l'outil de production.

Le discours du 1er janvier 2013 accorde ensuite une place conséquente au développement de la culture ou, plus exactement, de l'environnement social, ce qui inclut l'effort de construction, la santé publique, l'éducation et les arts : les larges travaux de réaménagement de la ville de Pyongyang, tout comme l'inauguration de bâtiments publics, de parcs et d'aires de loisir, s'inscrivent dans cette attention particulière portée à l'architecture et à l'urbanisme.

Pour relever les défis de la nouvelle étape à franchir dans le développement du socialisme en Corée, les cadres - du Parti comme de l'armée et des organisations de masse - sont invités à se défaire de la "vieille façon de penser". La Ligue de la jeunesse doit redoubler d'efforts et de créativité.

Dans le domaine diplomatique, seule la question de la réunification est approfondie cette année, même si sont également mises en cause les manoeuvres des impérialistes pour interférer dans les affaires intérieures d'Etats souverains. Le dirigeant Kim Jong-un a déclaré que pour "mettre fin à la division du pays et parvenir à sa réunification, il est important de cesser la confrontation entre le Nord et le Sud" et que "l'histoire des relations intercoréennes montre que la confrontation entre compatriotes ne mène à rien sinon à la guerre". Vis-à-vis de la nouvelle présidence sud-coréenne, qui entrera en fonctions en début d'année 2013, la porte est ouverte à une reprise du dialogue, pour clore la phase de confrontations ayant caractérisé le mandat du président sortant Lee Myung-bak (2008-2013).

L'ouverture de la nouvelle présidente sud-coréenne Park Geun-hye sera appréciée à l'aune de sa volonté de mettre en oeuvre, ou non, les déclarations conjointes Nord-Sud du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007, signées par les deux gouvernements coréens et qui, en droit international, engagent les deux Etats au-delà des changements de majorité, mais auxquelles l'administration Lee Myung-bak a tourné le dos. Mme Park Geun-hye a évoqué une possible reprise des projets économiques communs, ainsi que des livraisons de céréales et d'énergie au Nord, mais à condition que la RPDC renonce d'abord à ses armes nucléaires. Une telle condition préalable n'est pas acceptable, en l'état, par Pyongyang, qui a développé une force de dissuasion nucléaire suivant une doctrine analogue à celle de la France, pour assurer sa protection face à la superpuissance américaine. Dans un geste évident d'apaisement, tant vis-à-vis de la Corée du Sud que des Etats-Unis, le discours du 1er janvier ne mentionne toutefois à aucun moment le statut de la Corée du Nord d'Etat doté de l'arme nucléaire.

C'est sur la base des déclarations du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007 que les Coréens, du Nord, du Sud et de la diaspora, sont conviés à permettre l'édification d'une puissante nation réunifiée, de manière indépendante des grandes puissances.

Principale source : KCNA, sept dépêches en date du 1er janvier 2013.

Le discours de nouvel an de Kim Jong-un est consultable sur le site officiel de la RPD de Corée Naenara.

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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 21:32

L'accession du maréchal Kim Jong-un au poste de commandant suprême de l'Armée populaire de Corée, il y a un an, le 30 décembre 2011, consacrait sa position de nouveau numéro un de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). A l'issue de sa première année de direction de la RPDC, l'Association d'amitié franco-coréenne a souhaité dresser un bilan de l'action qu'il a engagée.

 

kim jong un unité 105 5La première inspection de terrain du Président Kim Jong-un, le 1er janvier 2012, à la 105ème division de chars Ryu Kyong Su Séoul, était riche de symboles (photo à gauche) : comme avant lui le Président Kim Il-sung puis le Dirigeant Kim Jong-il, le Maréchal Kim Jong-un a souhaité rappeler l'attention prioritaire portée aux affaires militaires, dans un contexte où les tensions croissantes avec la Corée du Sud et les Etats-Unis ont fait de la puissance militaire une des garanties de la souveraineté nationale de la RPD de Corée. C'est en effet après la crise dite des fusées de Cuba, en 1962, que la Corée du Nord a accentué son effort militaire, afin de disposer d'une capacité d'action autonome vis-à-vis des grandes puissances, l'alliance militaire avec l'Union soviétique n'apparaissant alors pas suffisante face à de possibles actions des Etats-Unis et de leurs alliés. La détention de l'arme nucléaire s'est inscrite dans cette démarche de constitution d'une force militaire de dissuasion indépendante.

 

D'autres signes de la continuité du pouvoir à la tête de l'Etat nord-coréen sont apparues dans la célébration des anniversaires de la RPDC, à commencer par le centenaire de la naissance du Président Kim Il-sung, puis lors des cérémonies du première anniversaire de la disparition du Dirigeant Kim Jong-il, le 17 décembre 2011, qui ont donné lieu à l'inauguration du Palais mémorial du soleil Kumsusan, rénové. A cet égard, la ressemblance entre Kim Jong-un et Kim Il-sung n'est pas seulement physique, mais aussi dans la gestuelle : appuyant les marques de sympathie à l'égard des citoyens nord-coréens, dans leur diversité d'âges, de statuts et de professions, Kim Jong-un, Premier secrétaire du Parti du travail de Corée (PTC), entend renouer avec la proximité exceptionnelle entre le dirigeant et son peuple après la Libération en 1945, et qui est un des ressorts de "l'unité monolithique" propre au système politique nord-coréen.

 

Mais le Premier Secrétaire Kim Jong-un a aussi imprimé un style propre de gouvernement, caractérisé par l'association de son image à celle de la "première dame", Ri Sol-ju, ainsi que par une ouverture assumée à l'égard des modes de consommation culturelle extra-coréens qui, depuis plusieurs années, avaient déjà fait leur apparition en RPDC. A cet égard, le camarade Kim Jong-un est un homme de son époque et de sa génération, dans une période d'un an qui a été marquée par la poursuite de la modernisation technologique en vue d'élever le niveau de vie des Nord-Coréens : c'est vrai tant de la mise sur orbite du premier satellite utilitaire de la RPDC, que de l'apparition des premières tablettes tactiles. A cet égard, l'accent mis sur le développement d'une société de loisirs et de consommation - dont l'inauguration de plusieurs parcs d'attraction a été un ses symboles - traduit une aspiration de fond de la société, après les difficultés de la "dure marche" puis la remise en état de marche de l'appareil productif, sur fond cependant de dépendance chronique des aléas climatiques - particulièrement lourds en 2012 - en vue de retrouver l'autosuffisance alimentaire. Par ailleurs, des mesures de clémence à l'égard de réfugiés retournés au Nord après avoir été au Sud ont donné lieu à une médiatisation nouvelle, alors que ces flux de populations semblent avoir significativement augmenté au cours de l'année 2012 - ce qu'on peut interpréter tant comme la traduction d'une meilleure situation économique au Nord que l'expression nouvelle d'attentes après le retour en RPDC.

 

kim jong un ri sol ju 4

 

Les commentateurs occidentaux ont beaucoup glosé sur la mise en place, attendue mais pas encore survenue, d'un nouveau train de mesures économiques, ainsi que sur la persistance des tensions diplomatiques dans la région. L'AAFC a souligné à plusieurs reprises que des facteurs exogènes - le renouvellement des directions politiques aux Etats-Unis, en Chine, en Corée du Sud et au Japon, dans les derniers mois de l'année 2012 - pèseraient d'un poids déterminant. Enfin, l'ouverture aux investissements étrangers a été confirmée, mais elle nécessite une stabilisation de la situation politique pour lever les obstacles mis par le Conseil de sécurité des Nations Unies à la pleine insertion de la RPDC sur le marché mondial.

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27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 23:40

commemoration_40eme_anniversaire_Constitution_Coree-du-N.jpgLe 27 décembre 1972, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a adopté une nouvelle Constitution lors de la première session de la cinquième législature de l'Assemblée populaire suprême. Remplaçant la Constitution de 1948 ayant fondé la RPD de Corée, la Constitution de 1972, toujours en vigueur, a été amendée à quatre reprises, le 9 avril 1992, le 5 septembre 1998, le 9 avril 2009 et le 13 avril 2012. Alors qu'un rassemblement national s'est tenu le 26 décembre 2012 au Palais de la culture du peuple à Pyongyang à l'occasion du 40ème anniversaire de l'adoption de la Constitution socialiste de la République populaire démocratique de Corée (photo à gauche), l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) présente les dispositions essentielles du texte fondamental de la RPD de Corée, dans sa version publiée sur le site officiel Naenara et qui correspond au texte issu de la révision de 2010 (la révision de 2012 a introduit notamment dans la Constitution le rôle du dirigeant Kim Jong-il, disparu le 17 décembre 2011, et a précisé que la RPDC est un Etat doté de l'arme nucléaire). Selon nos informations, les articles cités ci-après n'ont pas été modifiés en 2012, mais ont pu être renumérotés - chaque révision ne donnant pas lieu à l'introduction d'articles additionnels, comme c'est le cas dans les pays occidentaux, mais à une renumérotation d'ensemble des articles de la Constitution.

 

La Constitution de la République populaire démocratique de Corée est formée de sept chapitres précédés d'un avant-propos qui souligne le rôle joué par le Président Kim Il-sung, fondateur de la RPDC en 1948, et créateur des idées du Juche qui définissent le socialisme de la RPD de Corée. Les chapitres I à V correspondent aux droits fondamentaux (y compris les droits sociaux), qui figurent souvent en préambule des Constitutions européennes, tandis que l'organisation institutionnelle fait l'objet du chapitre VI. Les armoiries, le drapeau, l'hymne (l'Hymne patriotique) et la capitale de la RPDC (Pyongyang) sont précisés au chapitre VII.

 

Dans le chapitre I ("Politique"), l'article premier définit la République populaire démocratique de Corée comme un "Etat socialiste souverain qui représente les intérêts de tout le peuple coréen". L'article 2 rappelle la légitimité historique de la RPDC, issue des luttes de libération contre l'occupation japonaise de la Corée (1910-1945) : "la République populaire démocratique de Corée est un Etat révolutionnaire qui perpétue les brillantes traditions établies au cours des glorieuses luttes révolutionnaires contre les agresseurs impérialistes, pour la libération de la patrie, pour la liberté et le bonheur du peuple". Les idées du Juche et la politique de Songun, principes directeurs de l'orientation politique de la RPD de Corée, sont mentionnés à l'article 3, en tant  que "conception du monde axée sur l’homme" et "idées révolutionnaires ayant pour but l’émancipation des masses populaires". L'objectif de réunification de la Corée, selon les trois "principes de l’indépendance, de la réunification pacifique et de la grande union nationale", énoncés dès 1972 dans le communiqué conjoint Nord-Sud du 4 juillet 1972, figure à l'article 9.

 

Au chapitre II ("Economie"), il est énoncé que "la République populaire démocratique de Corée s’appuie sur les rapports de production socialistes et sur les assises de son économie nationale indépendante" (article 19). La propriété collective des moyens de production (qui appartiennent à l'Etat ou aux "organisations sociales et coopératives") figure à l'article 20, et la protection de la propriété individuelle (définie comme la propriété "destinée à la satisfaction des besoins personnels des citoyens et à leur consommation personnelle", qui se formalise par exemple dans les lopins individuels) à l'article 24. L'article 25 constitutionnalise l'abolition de la fiscalité (devenue effective le 1er avril 1974) et proclame le droit au logement, ainsi qu'à la nourriture et à l'habillement - garantis dans le cadre du système public de distribution. L'article 30 fixe la durée de la journée de travail à 8 heures, et l'article 31 interdit le travail des enfants âgés de moins de 16 ans. 

 

Le chapitre III ("Culture") fixe l'objectif d'épanouissement culturel des travailleurs : "la culture socialiste, qui s’épanouit et se développe en République populaire démocratique de Corée, contribue à élever la créativité des travailleurs et à combler leurs nobles besoins culturels et émotionnels" (article 39). La protection du patrimoine culturel national est consacré à l'article 41. L'accent mis sur la culture est indissociable de l'effort consacré à l'éducation nationale : l'article 47 généralise l'enseignement public gratuit et consacre le principe d'un revenu étudiant par l'octroi généralisé de bourses ("l’Etat dispense un enseignement gratuit à tous les élèves et accorde des bourses d’études aux étudiants des établissements d’enseignement supérieur et des écoles spécialisées"). La gratuité des soins médicaux figure à l'article 56, et le rôle incombant à l'Etat dans la protection de l'environnement est consacré à l'article 57.

 

Constitué de seulement quatre articles, le chapitre IV ("Défense nationale") énonce notamment, en son article 59, que "les forces armées de la République populaire démocratique de Corée ont pour mission d’appliquer la ligne de la révolution fondée sur le Songun, pour protéger la Direction de la révolution, défendre les intérêts du peuple travailleur et sauvegarder le régime socialiste et les acquis de la révolution ainsi que la liberté, l’indépendance et la paix de la patrie contre toute agression étrangère".

 

Le chapitre V est spécifiquement consacré aux "droits et devoirs fondamentaux du citoyen". Conformément à l'article 66, "le citoyen acquiert, à partir de 17 ans, le droit de vote et le droit d’être élu sans distinction de sexe, d’origine ethnique, de profession, de durée de résidence dans le pays, de fortune, de degré d’instruction, d’appartenance politique, d’opinion politique ou de confession". Aux termes de l'article 67, "Le citoyen jouit des libertés d’expression, de presse, de réunion, de manifestation et d’association. L’Etat assure aux partis politiques et aux organisations sociales démocratiques le libre exercice de leurs activités" (il existe en RPDC trois partis politiques représentés au Parlement, se présentant sur des listes communes, mais le rôle principal incombe au Parti du travail de Corée, issu de la fusion de plusieurs partis d'orientation communiste). La liberté de religion figure à l'article 68 et le droit de déposer des plaintes (ce qu'on appellerait en France le droit de pétition) à l'article 69. Chaque citoyen bénéficie du droit au travail (article 70) et du droit au repos (article 71), de la gratuité des soins et de la protection sociale, notamment en cas de vieillesse, de maladie ou d'invalidité (article 72), ainsi que du droit à l'instruction (article 73). Suivant une inspiration très proche de celle de la Déclaration française des droits de l'homme et du citoyen de 1789, "l’inviolabilité de la personne et du domicile ainsi que le secret de la correspondance sont assurés au citoyen. Sans raisons légitimes, il est interdit de contraindre ou d’arrêter un citoyen ni de perquisitionner son domicile" (article 79). Le principe de l'asile politique, familier au droit français, est énoncé à l'article 80 qui évoque aussi la liberté de création scientifique et culturelle : "La République populaire démocratique de Corée protège les étrangers venus se réfugier en Corée à la suite de leur lutte pour la paix et la démocratie, l’indépendance nationale et le socialisme, pour la liberté d’activités scientifique et culturelle". Dans ce même chapitre figurent les devoirs du citoyen, notamment le devoir de travailler, de respecter la loi et de défendre la patrie.

 

L'organisation institutionnelle, détaillée au chapitre VI ("Institutions de l'Etat"), accorde la prééminence au pouvoir législatif détenu par l'Assemblée populaire suprême, qui est la première des institutions décrites au paragraphe 1 du chapitre VI de la Constitution. Elue pour cinq ans, "l’Assemblée populaire suprême est l’organe suprême du pouvoir de la République populaire démocratique de Corée" (article 87). Elle vote la loi et la Constitution et a le pouvoir d' "élire et révoquer" l'ensemble les principaux dépositaires des pouvoirs exécutif et judiciaire au niveau national, dont le Président du Comité (aussi appelé Commission) de la défense nationale et le Premier ministre - ce qui correspond ainsi à une investiture du Gouvernement. Elu pour une durée identique à celui de l'Assemblée populaire suprême, "le Président du Comité de la défense nationale de la République populaire démocratique de Corée est le Dirigeant suprême de la République populaire démocratique de Corée" (article 100). S'il exerce certaines fonctions habituelles d'un chef de l'Etat (et exclusivement dans le domaine militaire, y compris la déclaration de l'état d'urgence et de l'état de guerre), comme le droit de grâce, certaines fonctions - comme l'accréditation des ambassadeurs étrangers, le droit d'amnistie ou encore la convocation des sessions parlementaires - relèvent en revanche de l'organisme permanent de l'Assemblée populaire suprême, le Praesidium (aussi orthographié Présidium), et en pratique de son Président. En effet, le Praesidium est "l’organe suprême du pouvoir" entre deux sessions parlementaires (article 112), y compris pour l'approbation de dispositions à caractère législatif. En outre, le Praesidium a les missions d' "interpréter la Constitution, les lois et les règlements en vigueur" (il n'existe donc pas en RPDC de Cour constitutionnelle, conformément à la conception la plus ancienne du parlementarisme selon laquelle seul le Parlement a le pouvoir non seulement de modifier, mais aussi d'interpréter la loi) et, plus classiquement, de contrôle de l'exécutif : "surveiller l’application et l’exécution des lois par les organismes de l’Etat et prendre les mesures nécessaires" (article 116, respectivement alinéas 4 et 5). En outre, "le Présidium de l’Assemblée populaire suprême promulgue les décrets, décisions et directives" (article 120, le texte de la Constitution écrit "des" décrets, décisions et directives, mais il nous semble qu'il s'agit d'une coquille et qu'il faut lire "les", alors qu'il n'existe pas d'articles, définis ou indéfinis, en coréen), les textes promulgués par le Gouvernement (appelé "cabinet des ministres") étant qualifiés non pas de décrets, mais de décisions et directives (article 129) - suivant une compétence d'attribution correspondant aux seuls textes non promulgués par l'Assemblée populaire suprême, en application de la hiérarchie des institutions impliquant une hiérarchie des normes réglementaires.

 

Les organes locaux du pouvoir (assemblée populaire locale, comité populaire local) font l'objet des paragraphes 6 et 7 du chapitre VI de la Constitution de la RPDC, et le parquet et la Cour du paragraphe 8 de ce même chapitre. Les organes locaux disposent d'un budget qui leur est propre, mettent en oeuvre un plan local de développement et disposent de compétences de maintien de l'ordre dans leur périmètre. Il n'y pas d'organisation décentralisée des pouvoirs, à la différence par exemple de la France.

 

S'agissant de l'organisation judiciaire, aux termes de l'article 153, "les enquêtes sont effectuées par le Parquet suprême et les parquets de province (ou de ville relevant directement des autorités centrales), de ville (ou d’arrondissement urbain) et d’arrondissement ainsi que par le parquet spécial". Par ailleurs, l'article 159 dispose que "les jugements sont rendus par la Cour suprême, le tribunal de province (ou de ville relevant directement des autorités centrales), le tribunal populaire de ville (ou d’arrondissement urbain) et d’arrondissement et le tribunal spécial. Les sentences sont prononcées au nom de la République populaire démocratique de Corée". "Le jugement est rendu par un tribunal composé d’un juge et de deux assesseurs populaires. Dans des cas particuliers, le jugement peut être rendu par un tribunal composé de trois juges" (article 163). Les audiences sont publiques, et "le droit de l'accusé à la défense" figure à l'article 164 de la Constitution.

 

Photo KCNA

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16 décembre 2012 7 16 /12 /décembre /2012 19:51

KimJongil.jpgLe 17 décembre 2011 disparaissait le Dirigeant Kim Jong-il, secrétaire général du Parti du travail de Corée, président du Comité de la défense nationale de la République populaire démocratique (RPD) de Corée, commandant suprême de l'Armée populaire de Corée. Après le décès du Président Kim Il-sung, le 8 juillet 1994, la RPD de Corée a été confrontée à de multiples épreuves. Néanmoins, sous la direction de Kim Jong-il, la RPD de Corée aura connu un développement économique et technologique certain, préservé son indépendance dans un environnement international tourmenté et posé les grands jalons devant mener à une réunification pacifique de la Corée.

Dans un contexte international nouveau, marqué par l'écroulement du socialisme dans certains pays, et dans des circonstances économiques sans précédent, alors que des catastrophes naturelles (inondations, sécheresses) ont durement affecté la population de la République populaire démocratique de Corée et entraîné une sévère pénurie alimentaire au milieu des années 1990, le Dirigeant Kim Jong-il a mis l'accent sur l'effort de modernisation technologique. La République populaire démocratique de Corée s'est notamment engagée sur la voie de la conquête spatiale dont l'aboutissement le plus récent est la mise sur orbite du satellite Kwangmyongsong-3 lancé par la fusée Unha-3 le 12 décembre 2012. Les mesures adoptées sous la direction de Kim Jong-il ont eu pour effet de consolider le système économique socialiste, tout en dynamisant les circuits de production et d'échanges, sans remettre en cause les principes de gratuité de l'éducation et d'accès aux soins, ainsi que de propriété collective des grands moyens de production.

Les buts fixés par le Dirigeant Kim Jong-il de construction d'une Corée puissante et prospère contribuent à un monde plus pacifique et juste, même si de nombreux obstacles demeurent, au premier rang desquels l'embargo auquel est soumise la République populaire démocratique de Corée, le plus vieil embargo au monde, qui frappe d'abord, sinon exclusivement, les populations, et renforcé par les sanctions des Nations Unies suite aux essais nucléaires d'octobre 2006 et mai 2009.

Tout en renouvelant ses offres d'un traité de paix qui mettrait un terme définitif à la Guerre de Corée (un simple traité d'armistice a été signé le 27 juillet 1953), la RPD de Corée dirigée par Kim Jong-il a accédé au statut de puissance nucléaire, suivant une volonté d'indépendance au plan militaire. L'arme nucléaire de la RPD de Corée est conçue comme une arme de dissuasion vis-à-vis des grandes puissances, à commencer par les Etats-Unis dont le président George W. Bush classa la RPD de Corée parmi les pays de l'« axe du mal » en janvier 2002. En cela, la doctrine de dissuasion nucléaire de la RPD de Corée obéit à des principes proches de ceux définis par le général de Gaulle pour la France : sanctuarisation du territoire, dissuasion du faible au fort, stricte suffisance.

Pour accroître les échanges et la coopération de la République populaire démocratique de Corée sur la scène internationale, le Dirigeant Kim Jong-il avait, jusqu'au cours des mois précédant sa disparition, multiplié les rencontres avec les présidents chinois et russe, cimentant ainsi l'amitié traditionnelle entre la République populaire de Chine et la RPD de Corée et relançant les projets de gazoduc et de liaison ferroviaire entre les deux Corée, projets impliquant la Fédération de Russie.

Le Dirigeant Kim Jong-il a aussi, et peut-être d'abord, été l'artisan de la réconciliation et de la réunification de la nation coréenne divisée depuis 1945. Kim Jong-il a ainsi accueilli, à Pyongyang, les présidents sud-coréens Kim Dae-jung et Roh Moo-hyun en juin 2000 et en octobre 2007. Les déclarations conjointes adoptées lors de ces sommets historiques sont devenues la pierre angulaire de la réunification de la Corée, en répondant aux aspirations de tous les Coréens, du Nord, du Sud et d'outre-mer. Le développement continu de la zone industrielle conjointe de Kaesong, malgré les aléas des relations intercoréennes, a contribué à faire de la Corée du Sud le deuxième partenaire économique et commercial de la République populaire démocratique de Corée.

Ces orientations ont été permises tant par le changement de majorité à Séoul, avec l'élection de l'opposant Kim Dae-jung fin 1997, que par une politique d'ouverture du Dirigeant Kim Jong-il, dans la continuité des orientations définies par le Président Kim Il-sung. En août 1997, il déclarait ainsi que si la partie sud-coréenne « apportait un changement positif dans ses actes, [la RPDC envisagerait] à n'importe quel moment des négociations franches avec elle sur le destin de la Corée ». Lors d'une visite à Panmunjom, le long de la zone démilitarisée séparant les deux parties de la Corée, le 24 novembre 1996, il avait eu l'idée de la triple Charte, reprenant : les Trois principes de la réunification (indépendance, réunification pacifique, grande union nationale), définis le 4 juillet 1972 ; le Programme en dix points pour la grande union de toute la nation en faveur de la réunification de la patrie, du 6 avril 1993 ; enfin, le projet de fondation d'une République fédérale démocratique du Koryo, adopté le 10 octobre 1980 lors du sixième congrès du Parti du travail de Corée. 

Dans des circonstances particulièrement difficiles, le Dirigeant Kim Jong-il aura œuvré au développement économique de son pays, à la préservation de son indépendance nationale et à la réunification pacifique de la Corée. 

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18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 23:02

Concomitamment à des remaniements au sommet de l'Armée populaire de Corée, le titre de maréchal de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a été décerné au premier secrétaire du Parti du travail de Corée, Kim Jong-un, par ailleurs commandant suprême de l'Armée populaire de Corée (APC). Cette décision, prise conjointement par quatre des plus hautes instances de la RPD de Corée, consacre l'unité des pouvoirs civil et militaire.

 

Le 17 juillet 2012, Kim Jong-un, commandant suprême de l'Armée populaire de Corée, s'est vu conférer la dignité de maréchal de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord).

 

La décision a été prise conjointement par le Comité central et la Commission militaire centrale du Parti du travail de Corée, la Commission de la défense nationale de la RPD de Corée et le praesidium de l'Assemblée populaire suprême de la RPD de Corée.

 

Avant Kim Jong-un, seuls le Président Kim Il-sung et le dirigeant Kim Jong-il avaient accédé au grade de maréchal de la République populaire démocratique de Corée. Par ailleurs, la dignité de maréchal de l'Armée populaire de Corée n'a été conférée qu'à trois militaires : les anciens ministres de la Défense O Jin-u (décédé en 1995) et Choe Kwang (mort en 1997), nommé maréchal de l'APC en 1995, tout comme Ri Ul-sol, né en 1921.

 

Réunis à la Maison de la culture du 25 avril, à Pyongyang, le 18 juillet 2012, les officiers et les soldats de l'Armée populaire de Corée (APC) ont félicité le commandant suprême de l'APC Kim Jong-un pour sa nomination comme maréchal de la RPD de Corée et lui ont prêté serment de fidélité (photo ci-dessous).

 

serment_loyaute_a_kim_jong_un.jpg

 

Principale source : KCNA.

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