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7 juillet 2015 2 07 /07 /juillet /2015 12:09

Le Professeur Won Tai Sohn (ou Sohn Won-tai, si l'on suit l'usage coréen de placer le prénom après le nom), devenu Coréen américain, a été un témoin oculaire privilégié des débuts de la résistance engagée par le Président Kim Il-sung en Chine du Nord-Est. Alors que la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) s'apprête à commémorer le vingt-et-unième anniversaire de la disparition de son fondateur, le 8 juillet 1994, nous reproduisons ci-après, traduit de l'anglais, l'opinion qu'a gardée du Président Kim Il-sung Won Tai Sohn, un Coréen américain marqué par le christianisme et a revu le fondateur de la RPD de Corée dans les dernières années de sa vie, et qui témoignent d'une reconnaissance du rôle historique qu'il a joué au-delà des milieux de gauche.

Comment Won Tai Sohn considérait le Président Kim Il-sung

Je pense que Kim Il Sung, au cours de sa direction de la Corée depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, a mérité et reçu une reconnaissance comme étant un dirigeant politique de grande envergure dans de nombreuses parties du monde. Il existe diverses approbations de son idéologie politique et de sa direction politique des affaires sous une forme de gouvernement socialiste-communiste. Ayant été docteur en médecine pendant la plus grande partie de ma vie, je n'ai pas l'intention de m'engager dans des débats pour savoir si telle ou telle interprétation peut évaluer de manière correcte sa contribution politique. Néanmoins, je considère devoir formuler mes idées concernant ce que j'ai vu, entendu et ressenti pendant mes visites en Corée du Nord.

J'ai trouvé une réponse à beaucoup de mes questions de mes expériences personnelles en République populaire démocratique de Corée. Le patriotisme est une vertu dont il est plus facile de se revendiquer que de la mettre en oeuvre. Mon père, le Révérend Sohn Jong Do, était un ministre méthodiste qui avait un profond amour pour la Corée et ses compatriotes. Malgré les persécutions, ce sont l'amour et le patriotisme qui ont fondé son opposition à l'occupation japonaise de la Corée et à travailler pour sa liberté, même si cet engagement devait finalement lui coûter la vie. Sa motivation était la même que celle d'Ahn Chang Ho, un des proches amis de mon père et également un combattant pour l'indépendance. M. Ahn était l'un des dirigeants du gouvernement provisoire coréen à Shanghaï, tout comme Syngman Rhee. Tous, y compris Kim Il Sung, ont fait la preuve de leur patriotisme par leurs actions, et non par grandiloquence politique.

Le Président Kim Il Sung a dédié sa vie à sa vision du communisme et il est resté immuable à ses principes tout en travaillant pour le bien du peuple. Il a maintenu l'idée que les intérêts du pays et du peuple doivent être placés au-dessus de l'idéalisme communiste et que la révolution n'était juste que si elle était menée pour l'amour du peuple. Ma vision du communisme est très simple : s'il a pour objectif d'aider les pauvres et de garantir à tous les citoyens les moyens de mener une vie égale et heureuse, il n'est pas très différent de la pure doctrine du christianisme des origines. Néanmoins, je m'oppose totalement aux doctrines extrêmes qui appellent à l'abolition de la propriété privée et à l'expropriation des riches. L'idée selon laquelle les travailleurs n'ont pas de patrie me semble tout aussi absurde.

En Corée du Nord, j'ai appris qu'était suivie une doctrine différente du communisme. Juste à la sortie de la voie rapide qui mène de Sunan à Pyongyang, près de l'aéroport international, se trouve le cimetière des Martyrs patriotes. Sont enterrés là des patriotes qui ont dédié leur vie à la libération et à l'indépendance de la Corée. J'ai trouvé là les tombes de Choe Tong Ho, que j'avais connu pendant mon enfance à Jilin, An Jae Hong, Jo So Ang, Jo Wan Gu et Om Hang Sop. Ils étaient de vrais nationalistes et des figures importantes du gouvernement coréen provisoire à Shanghaï. La Corée du Sud considère qu'ils ont tous été "enlevés" par la Corée du Nord. Kim Il Sung m'a dit qu'il aurait également voulu que les restes de mon père soient enterrés là mais qu'ils n'avaient pas été retrouvés (...)

Je ne peux qu'admirer la sensibilité du Président Kim Il Sung. C'était un homme qui aimait la nation et le peuple et plaçait le bien-être du pays au-dessus de tout autre but ou idéal. J'ai pu reconnaître son patriotisme dans chaque aspect de la construction du gouvernement socialiste de la Corée du Nord.

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Source : Won-tai SOHN, Kim Il-sung and Korea's Struggle. An unconventional firsthand story, Mc Farland and Company Inc. Publishers, Jefferson (Caroline du Nord) et Londres, 2003. ISBN 0-7864-1589-4. Extraits du chapitre 19 (titre anglais : "Genuine Patriotism"), p. 174 sq.

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1 janvier 2015 4 01 /01 /janvier /2015 00:01

Dans tous les pays du monde, les déclarations du plus haut dirigeant à l'occasion de la nouvelle année constituent un moment solennel. La Corée ne fait pas exception à la règle : après la cérémonie de voeux de la Présidente Park Geun-hye de la République de Corée (Corée du Sud), le Dirigeant Kim Jong-un de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) s'est à son tour adressé à ses concitoyens et au monde, le 1er janvier 2015, dans un discours de trente minutes. De part et d'autre, la volonté a été clairement exprimée de reprendre le dialogue intercoréen à un haut niveau, alors que cette année marque le soixante-dixième anniversaire de la libération de la Corée de l'occupation japonaise. Fidèle à ses engagements constants depuis 1969, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) accompagne pleinement la RPD de Corée sur la voie des échanges économiques et culturels, et soutient fermement toute initiative de nature à favoriser le dialogue, la paix et la réunification dans la péninsule - après que le retour au pouvoir des conservateurs à Séoul, en 2008, a malheureusement ruiné les efforts accomplis en ce sens pendant la décennie de la "politique du rayon de soleil" (1998-2008) d'ouverture du Sud au Nord, et réciproquement.

Le Maréchal Kim Jong-un, Premier secrétaire du Parti du travail de Corée

Le Maréchal Kim Jong-un, Premier secrétaire du Parti du travail de Corée

Suivant un exercice rodé, dans ses voeux de nouvel an diffusés le 1er janvier 2015, le Maréchal Kim Jong-un s'est inscrit dans la continuité de ses prédécesseurs, le Président Kim Il-sung et le Dirigeant Kim Jong-il, pour l'édification d'un pays socialiste puissant et prospère, sous la conduite du Parti du travail de Corée (PTC), alors que le 10 octobre 2015 marquera le soixante-dixième anniversaire de la fondation du PTC, dont le message de nouvel an a souligné qu'il donnerait lieu à d'importantes célébrations. 

Le dirigeant Kim Jong-un a fait le bilan de l'année écoulée et fixé les priorités pour 2015, en mettant l'accent, comme les années précédentes, sur la poursuite et l'accélération du développement économique ainsi que l'élévation du niveau de vie de la population. A cet égard, la récolte céréalière a atteint, en 2014, son plus haut niveau depuis les graves catastrophes climatiques des années 1990, lesquelles avaient engendré une sévère pénurie alimentaire. La mise en place continue d'une nouvelle infrastructure de loisirs marque la volonté de garantir l'accès le plus large à la consommation de biens et de services. Enfin, la modernisation technologique et la mise en exergue de l'importance accordée au progrès scientifique rendent compte de l'engagement de la RPD de Corée dans un nouveau cycle de croissance économique, se fondant sur l'effort réalisé en matière d'investissements en recherche-développement - y compris par un recours accru aux investissements étrangers. L'intervention mentionne également la nécessaire accélération de l'ouverture au tourisme international.

Le développement économique et social a été décrit comme indissociable du renforcement des capacités militaires, fondé notamment - comme en France - sur une force de dissuasion nucléaire, la RPD de Corée restant soumise au plus vieil embargo au monde.

Un des moments les plus attendus des voeux état de savoir si le Nord répondrait à la proposition formulée par le Sud quelques jours plus tôt, de relancer le dialogue et les échanges intercoréens, mis à mal par l'alternance politique qui a vu le retour au pouvoir à Séoul, en 2008, des conservateurs, parmi lesquels beaucoup privilégient au contraire le renforcement des sanctions en vue d'un effondrement de la RPD de Corée. En 2014, la présidente sud-coréenne Park Geun-hye a mis en place un comité de préparation de l'unification, qui avait proposé au Nord, dans les derniers jours de décembre, de reprendre le dialogue interministériel dès janvier 2015 pour discuter de sujets d'intérêt mutuel, dont de nouvelles réunions de familles coréennes séparées par la division.

Le compte rendu de l'allocution de nouvel an publié par l'agence de presse nord-coréenne KCNA a souligné que la nation coréenne tout entière - du Nord, du Sud et de la diaspora - devait se retrouver derrière le mot d'ordre "Que l'ensemble de la nation fasse des efforts conjoints pour ouvrir un boulevard vers la réunification indépendante, en cette année du soixante-dixième anniversaire de la libération nationale !". En effet, si le 15 août a vu la libération de la Corée de l'occupation japonaise, l'indépendance s'est accompagnée de la division de la nation coréenne avec la mise en place d'institutions séparées de part et d'autre du 38e parallèle.

Plus précisément, le Maréchal Kim Jong-un a déclaré qu'il n'avait "pas de raison" de refuser la main tendue par le Sud, en apportant les précisions suivantes :

"Si les autorités sud-coréennes veulent sincèrement améliorer les relations entre la Corée du Nord et du Sud par le dialogue, nous pouvons reprendre les rencontres à haut niveau qui ont été suspendues. [...] Si l'atmosphère et l'environnement sont favorables, il n'y a pas de raison de ne pas tenir un sommet à haut niveau [avec la Corée du Sud]."

Si les autorités sud-coréennes ont raison de souligner qu'il s'agit d'une réponse positive, la RPD de Corée a rappelé qu'il faut que soient réunies les conditions d'un dialogue de haut niveau - un peu hâtivement interprété comme la possibilité d'un sommet Nord-Sud, dans la continuité de ceux de juin 2000 et octobre 2007. En effet, les canaux du dialogue existent déjà : le Nord avait pris l'initiative de l'envoi d'une délégation de très haut niveau lors de la cérémonie de clôture des Jeux asiatiques d'Incheon, au Sud, le 4 octobre 2014, qui coïncidait jour pour jour avec le septième anniversaire de la seconde déclaration conjointe Nord-Sud. Il s'agit donc déjà de reprendre les discussions, à l'occasion de l'anniversaire de la libération qui sera commémoré avec faste tant au nord qu'au sud de la péninsule, alors que la fin d'année 2014 avait été marquée par des initiatives du Sud qui avaient éloigné la perspective de renouer les fils du dialogue : les envois depuis le Sud de tracts de propagande contre la RPD de Corée, le rôle actif joué par Séoul dans la condamnation de la situation des droits de l'homme au Nord, enfin (et peut-être surtout) la répression exercée par les autorités sud-coréennes vis-à-vis des militants pro-réunification, dans la foulée de l'interdiction du Parti progressiste unifié (PPU), décrié comme "pro-Nord", qui s'inscrit dans une évolution autoritaire du régime du Sud. Tant que cette répression continuera, il est très improbable que le Nord accepte de servir de caution à la présidente sud-coréenne, dont la popularité vient de tomber en-dessous de la barre des 40 %.

Sources :

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28 décembre 2014 7 28 /12 /décembre /2014 00:45

Normalien agrégé d'histoire, ayant travaillé à l'ambassade de France à Séoul, Pascal Dayez-Burgeon s'est imposé en quelques années comme l'un des principaux invités des médias français sur la Corée - et tout spécialement sur la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) - après avoir écrit plusieurs livres sur la péninsule coréenne. Son dernier ouvrage, La dynastie rouge. Corée du Nord 1945-2014, édité par Perrin à l'automne 2014, s'inscrit également dans la veine des livres grand public, en jouant sur un registre où le succès de librairie est attendu : établir la biographie croisée des trois dirigeants de la RPD de Corée (Kim Il-sung, Kim Jong-il et Kim Jong-un). En soi, l'exercice est original - du moins, en langue française - et le livre, ainsi que la thèse qu'il défend (la Corée du Nord aurait effectué une mutation d'un régime de démocratie populaire en une monarchie), mérite qu'on s'y attarde.

A propos de "La dynastie rouge" de Pascal Dayez-Burgeon

Un ouvrage témoignant d'une volonté didactique et agréable à lire, mais relevant de la catégorie des ouvrages grand public sans répondre aux critères formels des travaux de référence s'agissant du traitement des sources et de l'exactitude des données


Ayant la plume facile, jamais avare de bonnes formules qui feraient rougir d'envie un journaliste ou un publicitaire (voir notamment les têtes de chapitre : "Le prince qu'on attendait", "La monarchie 2.0"...), Pascal Dayez-Burgeon a le mérite d'avoir écrit des ouvrages sur la Corée agréables à lire et faciles d'accès pour le néophyte. Par ailleurs, sans doute de par sa formation, l'auteur manifeste un souci didactique, qui le conduit notamment à resituer le système politique de la RPDC dans son contexte historique et culturel, auquel est consacrée toute la première partie du livre. Assurément, les chapitres de La dynastie rouge où il parle de la culture coréenne commune à l'ensemble de la péninsule sont, de notre point de vue, parmi les plus intéressants, parce qu'ils savent rester dans une épure factuelle tout en mettant l'accent sur des aspects qu'ignorent la plupart des "pyongyangologues" qui, par facilité ou paresse intellectuelle, préfèrent chausser les grosses lunettes de l'anticommunisme.

Figurant en tête d'ouvrage, l'arbre généalogique de la famille du Président Kim Il-sung, certes simplifié, a le mérite d'être exact, quand beaucoup de journalistes s'essaient à l'exercice tout en ne parvenant même pas à orthographier correctement les noms coréens (quel que soit le mode de translittération du coréen retenu).

La bibliographie (p. 428-443) a le mérite d'être relativement exhaustive, du moins pour les sources en langues occidentales, tendant ainsi à combler une lacune des précédents ouvrages de Pascal Dayez-Burgeon où beaucoup d'informations n'étaient pas sourcées (ou du moins pas directement). Néanmoins, le parti pris d'accumuler les références en fin d'ouvrage, avec très peu de mentions dans le corps même du livre, est déconcertant, car il devient impossible de savoir si nombre des (excellentes) formules de l'auteur et de ses conclusions sont inspirées de ses sources, si elles sont le fruit d'une analyse ou de la synthèse de plusieurs sources, ou encore si elles proviennent de sources directes sud-coréennes. Nous reviendrons sur ce point. 

Comme dans ses précédents ouvrages, Pascal Dayez-Burgeon n'exclut pas de ses sources le site de l'AAFC ni les livres écrits par plusieurs de ses membres, ce dont nous lui savons gré  - même s'il semble méconnaître La Corée vers la réunification de Robert Charvin et Guillaume Dujardin. Au demeurant, il est piquant de voir le site de l'AAFC décrit (p. 441) comme un site de "La Corée du Nord en ligne". L'auteur serait sans doute surpris d'apprendre combien les articles du blog de l'AAFC ont pu susciter de réactions diverses des autorités nord-coréennes, en France comme en RPDC, justement car ils ne correspondaient pas à la doxa accessible sur KCNA ou Naenara.

Par rapport aux critères universitaires, La dynastie rouge présente cependant un certain nombre de faiblesses sur lesquelles nous ne ferons que citer des exemples, l'intention de Pascal Dayez-Burgeon ayant manifestement été d'écrire un livre grand public, et pas un ouvrage de référence (au sens où il servirait de base à des futurs travaux de recherche) :

- sur la forme, le choix de transcrire certains noms nord-coréens sous la graphie sud-coréenne (par exemple, "Ri", qui devient "Lee" au Sud, s'agissant du patronyme, ou "Yi" s'agissant de la dernière dynastie royale coréenne) surprend et est maladroite, car c'est comme si l'ancien président sud-coréen Lee Myung-bak était appelé Ri Myung-bak dans la littérature occidentale, au motif que son nom serait transcrit "Ri" au Nord alors qu'on parle bien d'un dirigeant de la Corée du Sud ; ce faisant, Pascal Dayez-Burgeon suit un usage qui n'existe qu'en Corée du Sud (et très partiellement), et n'est en tout cas suivi par aucun spécialiste occidental de la Corée ;

- il y a lieu de relever des erreurs factuelles, heureusement peu nombreuses : ainsi, l'agence Koryo Tours a été créée par des Britanniques, et pas par des Américains comme l'affirme l'auteur ; évoquer la surmortalité due à la famine des années 1990 entre 500.000 et 1,5 million de morts, soit entre 3 % et 6 % de la population d'un pays qui comptait alors 22 millions d'habitants, est mathématiquement faux (le taux exact serait compris entre 2,3 % et 7 %, à supposer que la très large fourchette proposée soit exacte, ce qui fait débat chez les spécialistes mais n'est du reste pas discuté ou étayé dans l'ouvrage) (p. 257) ; ou encore, l'Américain Liberace, qu'on peut à la rigueur décrire comme un pianiste, était homosexuel, mais pas travesti (p. 324) ;

- enfin, La dynastie rouge n'est pas exempt de contradictions internes, par exemple sur la date de naissance de l'actuel dirigeant, le Maréchal Kim Jong Un (1982, 1983 ou 1984 ?) ; le fait que les Nord-Coréens entretiennent le flou sur ce point ne peut suffire à justifier que les dates données puissent varier d'un chapitre à l'autre.

Un ouvrage dépassant apparemment la propagande, mais en fait dépendant d'une vision traditionnelle sud-coréenne sur la Corée du Nord


Si on ne peut pas reprocher à La dynastie rouge de ne pas constituer l'ouvrage de référence qu'il n'a jamais prétendu être, il est revanche plus regrettable que tant la lecture historique de la RPD de Corée qu'il nous livre, que son analyse (la mutation du communisme à la monarchie), peinent trop souvent à se démarquer des approches traditionnelles sud-coréennes sur la Corée du Nord, tellement ancrées dans les consciences collectives au Sud depuis l'époque des régimes autoritaires qu'elles sont devenues des préjugés fermant la porte au débat.


Donner, l'une après l'autre, la version présentée comme la "propagande du Nord", puis "la propagande du Sud", en les démentant toutes deux (par exemple, sur la disparition de Kim Il-sung, p. 244), ne suffit pas à créer un juste milieu objectif, surtout quand la longue description de la propagande du Sud permet de suggérer que celle-ci aurait un fond de vérité (ou du moins une valeur identique à celle des sources officielles nord-coréennes) qu'aucun spécialiste sérieux n'admet pourtant. Ainsi, suggérer que Kim Jong-il aurait tué Kim Il-sung est une thèse que même le défecteur nord-coréen Hwang Jang-yop, pourtant devenu un des plus vifs critiques de la RPD de Corée, a réfutée comme absurde et sans fondement. Il est très regrettable que Pascal Dayez-Burgeon se fasse alors l'écho d'une légende fabriquée par les services secrets sud-coréens, en se contentant d'un commentaire selon lequel cette thèse est "peu plausible" (alors qu'elle est simplement fausse) et en concluant par un "qu'importe la vérité". Ce genre de détails relève d'une certaine presse, pas d'un ouvrage sérieux.

Soucieux de la formule qui frappe et qui plaît, Pascal Dayez-Burgeon va souvent trop vite en besogne dans ses conclusions : non, tous les hommes politiques venus du Sud n'ont pas été écartés du pouvoir au Nord ; non, l'économie n'entre pas en récession dès 1980, comme tend à le faire croire la formule employée à la page 202... Cela ne signifie évidemment pas que les très nombreuses informations données, et qui traduisent un réel effort de synthèse, ne méritent pas qu'on s'y attarde. Mais il aurait fallu, par un travail de référencement plus approfondi, préciser pour chaque passage les sources utilisées, afin d'en apprécier la fiabilité : ainsi, la plupart des détails sur la vie privée des dirigeants nord-coréens proviennent des trois grands quotidiens conservateurs sud-coréens, et souvent de fuites savamment orchestrées par l'appareil d'Etat sud-coréen. Il s'agit donc d'hypothèses, à prendre avec précaution, faute le plus souvent de sources officielles nord-coréennes. L'indiquer n'a rien d'infâmant : il permet simplement au lecteur de se forger sa propre opinion.

Le livre élude certains débats, qui donnent pourtant une autre coloration aux portraits des dirigeants nord-coréens : il est ainsi hautement douteux que le naufrage de la corvette sud-coréenne Cheonan, au printemps 2010, soit imputable à la Corée du Nord, comme l'a prétendu Séoul. De façon regrettable, ce point n'est pas discuté, alors qu'il a accéléré la détérioration des relations intercoréennes. Ce débat n'est pas anodin s'il s'agit de déterminer les responsabilités de chaque partie dans la fin du rapprochement Nord-Sud au travers de la politique du "rayon du soleil". 

S'il n'est pas lui-même un auteur de référence, malgré des connaissances encyclopédiques tout à fait appréciables et qu'il a plaisir à nous faire partager, Pascal Dayez-Burgeon aurait gagné à mieux utiliser les travaux de ceux qui sont reconnus comme tels. Ainsi, sur la période de la guerre de Corée, il cite les travaux de l'historien américain Bruce Cumings comme faisant référence (p. 429). Sur la base de travaux d'archives menés pendant des dizaines d'années, Bruce Cumings a conclu sur la complexité des origines de la guerre de Corée (comme du reste de toute guerre, généralement le point d'achèvement d'une escalade de part et d'autre). Pascal Dayez-Burgeon peut être en désaccord avec Bruce Cumings sur ce point, mais il est regrettable qu'il ne juge pas utile de mentionner ce débat. De même, il se contente de renvoyer le débat sur l'usage d'armes chimiques par les Etats-Unis à de la propagande communiste, et il occulte les nombreux incidents de frontière qui ont conduit au déclenchement de la guerre. Il donne au final une présentation cohérente, mais en tout point conforme à celle des états majors américain et sud-coréen, très hostiles à la démarche des chercheurs tels que Bruce Cumings, suspects à leurs yeux de pencher trop du côté nord-coréen. Pascal Dayez-Burgeon a pris parti, mais sans donner les clés d'une autre lecture possible.

De même, un autre historien américain, Charles K. Armstrong, sur la base notamment des archives prises par les Américains pendant la guerre de Corée, a apporté une lecture qui fait autorité sur les débuts de la Corée du Nord (1945-1950). Charles Armstrong montre que, en RPD de Corée comme en Chine et au Vietnam, le succès des communistes s'est basé sur la lutte de libération nationale. Or Pascal Dayez-Burgeon ne mentionne pas les foyers de guérilla coréens en Mandchourie dans les années 1930, dont l'organisation, même brève, a servi de référence aux réformes de l'après-guerre (réforme agraire, égalité hommes-femmes, nationalisations). Il décrit Kim Il-sung comme totalement inféodé aux Soviétiques qui occupaient alors la moitié Nord de la Corée. Pourtant, Charles Armstrong a souligné l'intelligence de l'occupation soviétique, consistant à rendre celle-ci moins pesante que l'administration américaine au Sud : non seulement Kim Il-sung n'était pas le candidat des Soviétiques (du moins pas initialement), mais il avait les coudées franches pour, tout en s'inspirant des précédents de l'URSS et de la Chine, créer des institutions tenant aussi compte des conditions de la lutte de libération nationale. A contre-courant de ces travaux reconnus, Pascal Dayez-Burgeon, sur la base d'une lecture rapide et unilatérale des travaux d'Andreï Lankov, ne parvient pas à s'abstraire des vieux schémas sud-coréens sur la Corée du Nord, consistant à faire de Kim Il-sung l'agent des Soviétiques. De même, si l'histoire officielle nord-coréenne a encensé les faits d'armes de Kim Il-sung dans la guérilla, les rabaisser comme le fait Pascal Dayez-Burgeon n'aide pas à la connaissance d'une histoire certes difficile à apprécier objectivement, mais qui aurait mérité mieux qu'une description pour le moins contestable et conduisant à des conclusions hâtives, où se fait sentir la très forte influence des historiens officiels sud-coréens - même si Pascal Dayez-Burgeon réfute la thèse sud-coréenne d'extrême-droite selon laquelle le fondateur de la RPD de Corée aurait usurpé le nom et l'identité du vrai Kim Il-sung, et s'il montre que son nom de guérilla n'a rien d'exceptionnel ni de particulièrement emphatique.

Idéologie et transmission héréditaire du pouvoir : des analyses qui restent à conduire

S'agissant de l'idéologie nord-coréenne du Juche, La dynastie rouge insiste sur sa genèse dans les années après 1972, pour constituer un corpus qui justifierait la transmission dynastique du pouvoir. L'hypothèse est là encore séduisante, mais elle fait l'impasse sur les travaux universitaires qui ont montré que les idées du Juche se mettent en place à l'époque de la confrontation entre l'URSS de Krouchtchev et la Chine maoïste, soit plus de dix ans auparavant, dans une sorte de troisième voie coréenne fondée sur le non-alignement.

Enfin, que penser de l'idée monarchique ? Comme l'a fort bien observé Pascal Dayez-Burgeon en début d'ouvrage et dans d'autres articles, le fait dynastique n'est pas propre à la Corée du Nord, mais existe aussi en Corée du Sud - tant dans le domaine politique qu'économique, ainsi qu'en atteste le culte voué aux fondateurs des conglomérats. Si nous définissons pour notre part la RPD de Corée, dès l'origine, comme un régime nationaliste de gauche, que ce trait typiquement coréen l'ait emporté n'est pas en soi aussi extravagant qu'il peut le sembler. En revanche, donner pour acquis, à l'instar de Pascal Dayez-Burgeon, que Kim Il-sung n'aurait jamais été authentiquement communiste et que la monarchie serait un fait nouveau, après qu'il aurait été fait table rase du marxisme, est s'aventurer trop vite et trop loin (la conférence des partis communistes organisée à Pyongyang après la chute de l'URSS atteste d'une volonté de fidélité à l'héritage des démocraties populaires). Si la pratique nord-coréenne du pouvoir est pragmatique, le discours se fonde toujours sur une grille de lecture de type socialiste soviétique, voire marxiste. Les institutions, même après les réformes de juillet 2002, gardent des traits propres aux démocraties populaires qu'il serait erronné d'éluder, notamment la propriété collective des grands moyens de production, ou les principes (certes tempérés en pratique) de gratuité de l'éducation et de la santé.

Surtout, qu'il y ait des éléments de transmission héréditaire du pouvoir ne répond pas à la question de la nature des institutions et de l'exercice du pouvoir, que ne traite pas l'ouvrage : le Royaume-Uni a beau être une monarchie constitutionnelle, il représente une démocratie parlementaire qui n'a pas grand chose de commun avec le régime dit "absolutiste" qu'a connu l'Angleterre pendant des siècles. Pascal Dayez-Burgeon suggère l'idée d'un pouvoir personnel, ce qui est une hypothèse restant à étayer (connaît-on seulement les rouages du pouvoir et le mode de prise de décision ?) et n'examine pas en tout cas les différences sur ce point entre Kim Il-sung, Kim Jong-il et Kim Jong-un. L'idée du dictateur tout-puissant relève largement du schéma d'idée occidental ; interrogé par un officier du KGB après un voyage en Corée du Nord au début des années 1980, Bruce Cumings s'était vu reprocher par ce dernier d'attacher - comme les Occidentaux - trop d'importance aux dirigeants politiques, et pas assez à l'organisation politique globale.

Le parti pris de La dynastie rouge était de parler du chef, pas du Parti, de l'armée ou de l'Etat : on peut le concevoir, mais l'hypothèse initiale a réduit considérablement les capacités d'analyse du régime nord-coréen. Si les luttes politiques sont relativement bien documentées dans les années qui suivent la guerre de Corée, ce serait une erreur de les arrêter aux années 1960 (comme d'ignorer celles de l'avant-guerre, en particulier autour de la question paysanne qui a amené, un temps, le parti Chondogyo à s'opposer au Parti du travail) ou de les interpréter exclusivement sous l'angle de la consolidation d'un pouvoir personnel. Il y a des débats de fond au sommet de l'Etat, non publics, notamment dans les domaines économique, militaire et diplomatique. Ne pas pouvoir établir précisément la géographie du pouvoir (en termes d'institutions et de réseaux familiaux ou personnels) n'autorise pas pour autant à ignorer cet aspect. En fin d'année 2013, l'élimination de Jang Song-thaek en a été une des manifestations les plus patentes. 

En conclusion, La dynastie rouge a le mérite de combler une lacune dans la bibliographie francophone sur la Corée du Nord, et d'apporter une synthèse plus nuancée et surtout plus documentée d'une question difficile à traiter au-delà des partis pris teintés d'anticommunisme. Son auteur, qui a vécu longtemps en Corée du Sud, est manifestement attaché à la réunification, et exprime une forme de nationalisme coréen très propre au Sud - par exemple, quand il mentionne la "kimgongilmania" lors du sommet de juin 2000, ou lorsqu'il applaudit aux créations cinématographiques du Nord dans les années 1970, ce sont des traits typiquement sud-coréens dans leur fascination pour le Nord. Il gagnerait ainsi à mieux utiliser les sources nord-coréennes, sans évidemment les prendre pour argent comptant, ainsi que les travaux d'auteurs non-coréens (ou, plus largement, non liés aux autorités sud-coréennes), pour s'extraire de certains préjugés sud-coréens tenaces sur la RPD de Corée, et spécialement sur ses dirigeants.
 

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28 septembre 2014 7 28 /09 /septembre /2014 17:03

Le 25 septembre 2014 s'est tenue la deuxième session de la treizième législature de l'Assemblée populaire suprême de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), après les élections législatives du 9 mars 2014. Si les questions d'éducation ont dominé les débats parlementaires, c'est l'absence - pour raisons de santé - du Maréchal Kim Jong-un, Premier secrétaire du Parti du travail de Corée, Premier président de la Commission de la défense nationale, qui a retenu l'attention des médias étrangers.

Sur les 687 députés de l'Assemblée populaire suprême, 601 sont membres du Parti du travail de Corée (en rouge, en partant de la gauche sur le graphique ci-dessus), 51 appartiennent au Parti social-démocrate (en rose), 21 au Parti chondogyo (rouge vif) et 13 indépendants (en gris) ne sont membres d'aucun parti ou sont choisis au sein des Coréens du Japon membres de la Chongryon.

Sur les 687 députés de l'Assemblée populaire suprême, 601 sont membres du Parti du travail de Corée (en rouge, en partant de la gauche sur le graphique ci-dessus), 51 appartiennent au Parti social-démocrate (en rose), 21 au Parti chondogyo (rouge vif) et 13 indépendants (en gris) ne sont membres d'aucun parti ou sont choisis au sein des Coréens du Japon membres de la Chongryon.

Conformément à la priorité accordée à la jeunesse et à l'éducation, l'ordre du jour de la deuxième session de la 13e Assemblée populaire suprême a principalement débattu, sur le rapport du Premier ministre Pak Pong-ju, du projet de loi relatif à la mise en oeuvre de l'enseignement scolaire obligatoire pendant douze ans et à l'amélioration de sa qualité - deux ans après l'allongement de onze à douze années de la durée obligatoire de scolarisation. Tout en dressant un bilan très largement positif de cette mesure (qui a nécessité un effort accru d'investissement en matière d'équipements et de matériel scolaire, ainsi que de changement des programmes), les sujets évoqués ont souligné en creux les domaines où de nouveaux efforts seraient accomplis : renforcer le nombre et la qualification des enseignants ; mieux prendre en compte les spécificités géographiques et économiques des différentes régions du pays ; intégrer ces évolutions avec celles de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Par ailleurs, l'APS a procédé à des nominations au sein de la commission de la défense nationale (CDN) : Hwang Pyong-so, directeur du bureau de politique général de l'Armée populaire de Corée, a été élu vice-président, et Hyon Yong-chol et Ri Pyong-chol membres de la CDN, sur la proposition du Maréchal Kim Jong-un, Premier président de la CDN. Choe Ryong-hae et Jang Jong-nam, qui étaient jusqu'à présent vice-président et membre de la CDN, ont été appelés à exercer d'autres fonctions.

L'absence du Maréchal Kim Jong-un, largement remarquée et commentée dans les médias étrangers, a été expliquée le lendemain par la télévision nord-coréenne, mentionnant un empêchement pour raisons de santé. Si ce n'est pas la première fois que le dirigeant suprême de la RPDC n'apparaît pas pendant une période prolongée (en l'espèce, depuis le 3 septembre ; en 2013, une telle absence sur le devant de la scène avait duré deux semaines), y compris lors de cérémonies publiques, la transparence des médias nord-coréens - montrant et expliquant cette absence, alors que des mouvements de caméra auraient pu éviter de faire apparaître sa chaise vide - est à relever. Le Maréchal Kim Jong-un a eu une intense activité lors de ses nombreuses visites de terrain en juillet et août derniers.

Sources :

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23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 23:49

Le 13 septembre 2014, l'Association de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) pour les études sur les droits de l'homme a publié un rapport qui apparaît comme une réponse au rapport très médiatisé de la commission d'enquête des Nations Unies sur les droits de l'homme en RPDC, rendu public en février 2014. Au-delà des mises en cause des Etats-Unis de leurs alliés comme instrumentalisant la question des droits de l'homme à des fins politiques et relevant d'une politique du "deux poids deux mesures", d'autant qu'ils sont eux-mêmes loin d'être un modèle en ce domaine, le rapport nord-coréen permet d'apporter un éclairage plus original sur la manière dont la RPD de Corée définit positivement les droits de l'homme, tout en abordant des sujets connexes néanmoins importants pour comprendre le contexte international, tels que la question nucléaire (p. 104). Pour quiconque veut comprendre la position nord-coréenne, en vue notamment d'engager un dialogue sur un des sujets donnant lieu à de vraies divergences avec les pays occidentaux, ce rapport nord-coréen mérite assurément d'être lu.

Le rapport de l'Association de la RPDC pour les études sur les droits de l'homme est déjà en soi une somme, dans la mesure où il présente dans un seul document l'ensemble des institutions du pays intervenant sur la question des droits de l'homme et dresse une liste exhaustive des fondements constitutionnels et légaux de protection des droits et libertés.

Tout d'abord, les auteurs du rapport dressent le constat d'une absence d'interprétation unique des droits de l'homme, pour développer une approche issue des idées du juche, qui considère l'homme comme étant au centre de tout et maître de toutes choses : dans ce contexte, les "droits humains fondamentaux" sont considérés comme étant les droits sociaux-politiques, le respect de la dignité de chaque être humain, le droit à l'existence et l'inviolabilité de la personne humaine ("l'homme est l'être le plus digne et ayant le plus de valeur au monde", p. 10-11).Cette conception se rapproche plus des approches humanistes que de celles strictement marxistes, même si les droits sociaux - de même que les droits à la culture et à l'éducation - occupent une large place dans la liste des droits et libertés qu'établit le rapport. Si chaque pays doit ainsi pouvoir développer sa propre conception des droits de l'homme - en RPD de Corée, sur la base notamment du rejet du colonialisme japonais et du féodalisme après la libération en 1945 - les chercheurs nord-coréens n'en considèrent pas moins que la RPD de Corée doit respecter les traités et conventions internationales auxquels elle est partie, et auxquels le rapport fait de longues références. Par ailleurs, des institutions spécifiques ont été mises en place pour la mise en oeuvre des conventions internationales : par exemple, le comité national de coordination pour la mise en oeuvre de la Convention des droits des enfants a été constitué en 1999, et le Comité national pour la mise en oeuvre de la Convention pour l'élimination de toutes les formes de discrimination contre les femmes en 2001 (p. 48-49). L'Association de la RPDC pour les études sur les droits de l'homme, auteur du rapport, a quant à elle été constituée le 27 août 1992 (p. 52).

Certaines modalités d'exercice des droits sociaux et politiques apparaissent ainsi propres à la RPD de Corée - ainsi du droit de pétition (p. 58), pour lequel une filiation peut par ailleurs être établie avec la Corée de l'époque royale, et qui implique le devoir pour les responsables politiques de prendre en compte les requêtes ainsi formulées. Cette forme de démocratie directe a aussi été très valorisée en d'autres périodes et d'autres lieux, par exemple dans la France révolutionnaire après 1789, étant de nature à réduire la distance entre les citoyens et les élus qu'induit nécessairement la mise en place d'un système représentatif.

Parmi les droits sociaux, on observera que si la durée quotidienne du travail est normalement de huit heures, celle-ci est abaissée à sept heures (pour les travaux souterrains, par exemple dans les mines) et même à six heures pour les métiers les plus pénibles. La gratuité des soins médicaux a été mise en place dès la fin de la guerre de Corée (1950-1953), dans un contexte où il devenait encore plus urgent de secourir les populations éprouvées par le conflit.

S'agissant des droits civils et politiques, le code de procédure pénale a été largement refondu en 2011. Par ailleurs, peu après l'accession au pouvoir du Maréchal Kim Jong-un, une amnistie a été décrétée en janvier 2012 (p. 94).

Dans l'intense activité législative plus récente sur les questions relatives aux droits de l'homme, la première loi sur la protection de l'environnement a été promulguée en 1986.

Les auteurs du rapport revendiquent ouvertement des différences d'approche avec les Occidentaux - par exemple sur l'application de la peine de mort, toujours en vigueur en RPDC, même si celle-ci ne peut pas être appliquée aux mineurs ni aux femmes enceintes (p. 63).

Un des aspects les plus originaux et intéressants du rapport porte sur la coopération initiée par la RPDC avec des ONG et des organisations internationales de protection des droits de l'homme (p. 95 et suivantes) : Amnesty International a effectué plusieurs visites dans le pays, de même que les représentants de l'Union européenne (UE) en 2001-2002. Mais en 2003 la présentation par l'UE d'une résolution sur les droits de l'homme en RPDC devant la Commission des droits de l'homme des Nations Unies a mis fin à ce dialogue.

Source :

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9 septembre 2014 2 09 /09 /septembre /2014 21:49

Alors que la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) célèbre le 9 septembre 2014 le 66ème anniversaire de sa fondation, le 9 septembre 1948, le drapeau du nouvel Etat diffère de celui qu'avait utilisé la Corée depuis les années 1880 - et qu'utilise toujours la République de Corée (Corée du Sud). Explications.

Les origines du drapeau nord-coréen

En juillet 1948, plusieurs semaines avant la fondation de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), Kim Tu-bong, alors président du Parti du travail de Corée, annonçait que le drapeau coréen traditionnel ne serait plus utilisé - sa symbolique étant en effet considérée comme reflétant l'époque féodale ainsi que l'influence d'une puissance étrangère, la Chine. Les symboles du nouveau drapeau, tels qu'alors décrits par Kim Tu-bong, reflètent les aspirations du nouvel Etat coréen et ont été adoptés par l'Assemblée populaire suprême, avec la Constitution de la RPDC, le 9 septembre 1948.

Aux termes de l'actuel article 170 de la Constitution de la RPD de Corée, "le drapeau national de la République populaire démocratique de Corée est composé d'une large bande rouge bordée en haut et en bas d'une étroite bande blanche et d'une bande bleu foncé. Sur la bande rouge, du côté de la hampe, figure une étoile rouge à cinq pointes dans un cercle blanc.

Le rapport entre la hauteur et la longueur du drapeau national est de 1 à 2".

L'étoile rouge symbolise le socialisme, en rappelant également les combats conduits depuis la lutte de libération antijaponaise. La bande rouge souligne le patriotisme et la détermination du peuple coréen. Les bandes bleues symbolisent le combat pour le socialisme, la paix et le progrès. Le blanc, qui constitue la troisième couleur traditionnelle de la Corée, est traditionnellement associé à l'idée de pureté ; selon les Nord-Coréens, le blanc du drapeau marque l'unité de la nation coréenne aux plans ethnique, linguistique et culturel.

Sources :

- Panorama of Korea, éditions en langues étrangères de Pyongyang, 2013, p. 66 ;

- Charles K. Armstrong, The North Korean Revolution, 1945-1950, Cornell University Press, 2003, p. 220.

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10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 12:18

Lors du premier jour de session de sa 13ème législature, le 9 avril 2014, l'Assemblée populaire suprême (APS) de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord)  a renouvelé ses instances dirigeantes et ses commissions parlementaires. Les députés ont élu les plus hauts représentants de l'Etat et du Gouvernement, discuté de l'exécution budgétaire 2013 et adopté le budget 2014. Une continuité est observée au sommet par l'Etat, après les changements intervenus en fin d'année dernière et en janvier-février de cette année. La veille, le 8 avril, le Bureau politique du Comité central du Parti du travail de Corée s'était réuni pour, selon l'agence nord-coréenne KCNA, "discute[r] de questions organisationnelles et de la façon de renforcer les agences [gouvernementales] pour améliorer le rôle directeur et le fonctionnement du Parti".  

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Une assemblée rajeunie, ayant confirmé la priorité donné à l'économie et à l'éducation

 La nouvelle assemblée, forte de 687 membres, comporte 16,3 % de femmes. 3,9 % des députés sont âgés de moins de 40 ans et 29,2 % de plus de 60 ans, la majorité (66,9 %) appartenant à la tranche d'âge 40-59 ans - ce qui indique un renouvellement générationnel à l'occasion des dernières élections législatives.

Selon les données présentées devant l'APS par le ministre des Finances Choe Kwang-jin, en exécution 2013 16 % des dépenses publiques de l'Etat ont été consacrées à la défense nationale, 45,2 % à l'économie et 38,8 % au sport, à l'éducation et à la culture. Cette ventilation des dépenses - moins sophistiquée que celle en vigueur dans un pays comme la France - reflète la priorité gouvernementale donnée au développement de l'économie et à l'élévation du niveau de vie, ainsi qu'au sport et à la culture, alors qu'un des objectifs affichés est l'édification d'une "nation socialiste de haute civilisation" - selon l'expression utilisée par Choe Kwang-jin dans son intervention devant les députés.

Dans le budget 2014, également adopté le 9 avril, les recettes progressent de 4,3 % et les dépenses sont en hausse de 6,5 % par rapport à l'exécution 2013. La plus forte hausse sectorielle concerne le sport (17,1 %) et la plus faible la culture (1,3 %). La part de la défense nationale dans le budget prévisionnel 2014 (15,9 %) est en légère diminution par rapport à l'exécution 2013 (16 %). La dépêche de l'agence KCNA n'a pas fourni de détails sur les montants de crédits correspondant à ces données, ni sur un éventuel déficit ou excédent budgétaire.

Réélection des Présidents Kim yong-nam et Choe Thae-bok

 Au sein du Praesidium de l'Assemblée populaire suprême, Kim Yong-nam a été réélu président, et Kim Yong-dae et Yang Hyong-sop vice-présidents. Kim Yong-ju, ancien directeur du département de l'Organisation du Parti du travail de Corée, et l'ancien Premier ministre Choe Yong-rim ont été reconduits dans leurs fonctions de vice-présidents honoraires. Plusieurs députés ont fait leur entrée au Praesidium de l'APS : Thae Jong-su, Kim Jong-sun, Kim Wan-su, Kang Myong-chol (par ailleurs Président de la Fédération des chrétiens de Corée), Kang Su-rin et Jon Kyong-nam. Mme Hong Son-ok, ancienne présidente de l'Association d'amitié Corée-France (homologue coréenne de l'AAFC), a été réélue secrétaire générale du Praesidium de l'APS.

Choe Thae-bok a été réélu Président de l'APS. Les nouveaux vice-présidents de l'APS sont An Tong-chun et Ri Hye-jong.

Continuité au sommet de l'Etat

Le Maréchal Kim Jong-un a été réélu Premier président de la Commission de la défense nationale (CDN). Jusqu'alors simple membre de la CDN, Choe Ryong-hae a été élu vice-président de la CDN. Les deux autres vice-présidents de la CDN, O Kuk-ryol et Ri Yong-mu, ont été reconduits dans leurs fonctions. La CDN compte cinq autres membres : Choe Pu-il, ministre de la Sécurité populaire, Kim Won-hong, ministre de la Sécurité d'Etat, Pak To-chun, tous les trois réélus, ainsi que deux nouveaux membres, le ministre de la Défense Jang Jong-nam et Jo Chun-ryong. Kim Yong-chun, Ju Kyu-chang, Kim Kyok-sik (prédécesseur de Jang Jong-nam au ministère de la Défense) et Paek Se-bong ne sont plus membres de la CDN, dont la composition est ainsi resserrée. Les trois ministères dont les titulaires sont membres de la CDN relèvent de l'autorité de la CDN.

ri-su-yong ministre-des-affaires-étrangères corée-du-norLe Gouvernement est composé de 33 départements ministériels civils, aux périmètres inchangés, non compris les présidents ou représentants d'institutions ayant rang de ministre. Alors que certains journalistes étrangers l'annonçaient sur le départ (tout comme d'ailleurs le Président Kim Yong-nam), le Premier ministre Pak Pong-ju a été réélu Premier ministre par l'APS. Trois portefeuilles ministériels ont changé de titulaire : aux Affaires étrangères, l'ancien ambassadeur en Suisse Ri su-yong a succédé à Pak Ui-chun, qui avait été réélu député à l'APS, mais qui est âgé (il est né en 1932) ; Kim Kyong-nam est le nouveau ministre du Commerce, en remplacement de Ri Song-ho, non réélu à la députation ; Han Ryong-guk a succédé à Kim Kwang-yong au mnistère de la Forêt. En début d'année 2014, après la condamnation à mort pour trahison de Jang Song-thaek fin 2013, plusieurs portefeuilles économiques avaient déjà changé de titulaire : les Charbonnages (Mun Myong-hak, ayant succédé à Rim Nam-su), les Industries métallurgiques (Kim Yong-gwang, en remplacement de Han Hyo-yon) et les Industries minières (Ri Hak-chol, successeur de Kang Min-chol).*

Sources : AAFC, KCNA

 

* Les remaniements ministériels doivent être analysés avec précaution, puisqu'ils peuvent intervenir entre deux sessions de l'APS. Les observateurs étrangers ont tendance à retenir la date effective des remaniements et non le vote d'investiture par l'APS, mais le suivi est loin d'être rigoureux et peut conduire à des erreurs d'analyse : par exemple, la CIA (qui a aussi une mission de collecte et de diffusion publique d'informations sur tous les pays du monde), dans un document intitulé "Chiefs of State and Cabinet Members of Foreign Governments" en date du 6 janvier 2014 pour la Corée du Nord, mentionne Hong Kwang-sun comme ministre de la Culture, alors que Pak Chun-nam était déjà en poste en octobre 2013...

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15 mars 2014 6 15 /03 /mars /2014 00:04

A l'issue des élections législatives qui se sont tenues le 9 mars 2014, les 687 députés de l'Assemblée populaire suprême (APS) de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) ont été renouvelés pour la treizième législature, d'une durée de cinq ans. Les médias nord-coréens ont souligné que le Maréchal Kim Jong-un avait été élu à l'unanimité des suffrages dans la 111ème circonscription du mont Paektu. La première session de la 13ème législature de l'APS, en avril, donnera des indications sur le renouvellement des instances dirigeantes, les députés de l'APS ayant, aux termes de la Constitution de 1972, le pouvoir d' "élire et révoquer" l'ensemble les principaux dépositaires des pouvoirs exécutif et judiciaire au niveau national, y compris le Président de la Commission de la défense nationale et le Premier ministre - ce qui correspond ainsi à une investiture du Gouvernement.
   
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En RPD de Corée, comme ordinairement dans les autres régimes de démocratie populaire, le vote des citoyens aux élections législatives correspond à la ratification de choix décidés en amont par un certain nombre d'organisations nationales : lors du vote, il n'y a plus qu'un seul candidat par poste à pourvoir - la sélection s'étant opérée à une phase préliminaire du processus électoral.

La Corée du Nord retient le principe de la désignation des candidats, à laquelle peut procéder en principe tout citoyen. En pratique, ce sont les partis (Parti du travail de Corée, Parti démocrate, Parti Chondogyo, réunis au sein du Front démocratique pour la réunification de la patrie - FDRP) qui proposent les candidats. Par ailleurs, les Coréens vivant au Japon désignent également des candidats via l'Association générale des résidents coréens au Japon (Chongryon). Enfin, certains députés, indépendants, ne sont affiliés à aucun parti ni à la Chongryon.

Les candidatures sont ensuite examinées par le FDRP, puis validées par la Commission électorale centrale. Des rassemblements électoraux se tiennent alors dans les lieux de travail, ou dans d'autres espaces publics. Le jour de l'élection, les électeurs indiquent sur leur bulletin de vote s'ils votent "pour" ou "contre" les candidats qui leur sont proposés.

Le vote est obligatoire. Les Coréens à l'étranger ou en mer ne participent pas aux scrutins.

Les élections législatives du 9 mars 2014 ont conduit à l'élection ou la réélection de 687 députés, dont 55 % ont été élus pour la première fois (en hausse par rapport aux élections de 2009 : 47 %, mais en-deçà du taux de renouvellement aux avant-dernières élections législatives : 64 %). La liste de l'ensemble des députés élus a été publiée le surlendemain du scrutin, le 11 mars.

Parmi les nouveaux députés figurent Cho Yon-jun et Choi Hwi, premiers directeurs adjoints du département de l'orientation et de l'organisation du Parti du travail de Corée (PTC), Hwang Byong-seo et Ma Won-chun, directeurs adjoints du PTC, Ji Jae-ryong, jusqu'à présent ambassadeur en Chine, Ja Sung-nam, ambassadeur aux Nations Unies, ainsi que Won Dong-yon, directeur adjoint du département du front uni du PTC, qui dirigeait la délégation nord-coréenne lors des dernières rencontres intercoréennes.

Sources : AAFC,  Hankyoreh, KCNA
, wikipédia. Photo.

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1 janvier 2014 3 01 /01 /janvier /2014 13:59

Dans ses voeux prononcés à l'occasion du 1er janvier 2014, le Maréchal Kim Jong-un, Premier secrétaire du Parti du travail de Corée et Premier président de la Commission de la défense nationale de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), a réaffirmé l'objectif de développer l'économie du pays. Par ailleurs, il a mis l'accent sur la nécessaire amélioration des relations intercoréennes. Ce discours traditionnel est très attendu non seulement en RPDC, mais aussi par les gouvernements des pays étrangers afin d'analyser quelles sont les priorités et les orientations définies par Pyongyang  au cours de la nouvelle année. Solidaire du combat des Coréens pour la réunification de leur patrie, l'Association d'amitié franco-coréenne espère qu'une nouvelle étape pourra être franchie en 2014 dans le rapprochement entre les deux Corée. Elle poursuivra par ailleurs ses actions d'essor des échanges franco-coréens, persuadée qu'ils sont les meilleurs garants de la paix, de la confiance et de la prospérité en Asie du Nord-Est.

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Après avoir rendu hommage au Président Kim Il-sung et au Dirigeant Kim Jong-il, qui s'inscrit dans une  tradition coréenne de respect des pères, des anciens et des fondateurs, le Maréchal Kim Jong-un a adressé ses voeux de bonne année non seulement aux citoyens de la RPD de Corée, mais également "aux frères du Sud qui luttent pour l’indépendance, la démocratie et la réunification du pays, aux Coréens de la diaspora qui font preuve de dévouement pour la prospérité de la patrie ainsi qu’aux peuples progressistes et aux amis étrangers épris de justice et de paix". 

Revenant sur l'année 2013, marquée par une montée des tensions imputée à la politique de provocation des ennemis de la RPDC, il a rendu hommage au courage des soldats et des travailleurs pour atteindre l'objectif d'édifier une puissante économie nationale. Mettant l'accent sur les réalisations dans le domaine de la construction, il a cité le musée de la guerre de Libération de la patrie, inauguré à l'occasion des cérémonies du 60ème anniversaire de la fin de la guerre de Corée, la cité des scientifiques Unha, le défrichement du plateau de Sepho, le parc aquatique de Munsu et la station de ski de Masikryong, dont la rapidité de mise en place est devenue une référence ("à la vitesse de Masikryong", faisant écho à la "vitesse de Cheollima" des années 1950 et 1960). Par ailleurs, il a été rappelé l'allongement à douze ans de la durée de la scolarité obligatoire, comme reflétant la priorité donnée à l'éducation et à l'élévation du potentiel culturel, technique et scientifique.

Toutefois, les trois quarts du discours ont porté sur les objectifs de l'année 2014. L'économie, et tout d'abord l'agriculture (céréales, élevage, production maraîchère), est mentionnée en premier en vue de "l'amélioration du bien-être de la population", alors que la RPDC continue de lutter pour revenir à l'autosuffisance alimentaire, mise à mal par les catastrophes naturelles (sécheresse, inondations) des années 1990. La hausse de la production agricole, de même que le logement et les bâtiments publics, occupent une place importante dans les objectifs de construction : "on promouvra la réalisation des projets de construction importants comme les centrales hydroélectriques en étages de Chongchongang, le centre d’élevage de la région de Sepho, la ferme de culture fruitière de Kosan, la mise en valeur de salants, l’aménagement des canaux d’irrigation de la province du Hwanghae du Sud pour en achever les travaux dans les délais fixés. Une forte impulsion sera donnée à la construction de logements, de dortoirs, de bâtiments utiles à l’amélioration des conditions et de l’environnement de l’enseignement, et des établissements culturels."

S'agissant de l'industrie métallurgique et chimique, la mention de la nécessaire "remise à flot de la production", en favorisant l'innovation technologique, indique implicitement que les capacités de production ne sont pas pleinement utilisées. Il est également souligné le besoin de lutter contre "la pénurie d'électricité", qui constitue l'un des principaux goulots d'étranglement du développement économique. Outre les houillères - dont l'apport à la production énergétique est aujourd'hui indispensable en RPD de Corée - les énergies renouvelables (hydraulique, éolienne, géothermique, solaire) sont mises en avant dans le programme de développement des sources d'énergie. Le thème de la transition énergétique, très en vogue en Occident, trouve aussi un écho en Corée du Nord.

La remise récente de récompenses aux personnels des pêcheries militaires érige celles-ci comme un exemple à suivre pour moderniser la pêche, qui offre un apport important en protéines pour l'alimentation nationale, alors que les conditions géographique du Nord de la péninsule sont peu favorables à l'élevage : "il y a lieu de prendre des mesures au niveau de l’Etat pour relever le secteur des produits aquatiques. Dans ce secteur, on modernisera les bateaux et les engins de pêche". Toujours dans le secteur primaire, une mention particulière est accordée au reboisement.

Alors que l'année 2013 a été marquée par une diminution de la taille des unités de production agricole, recentrées sur les familles, en vue notamment d'améliorer les rendements, il est annoncé un renforcement de l'autonomie et des capacités d'initiative des acteurs économiques, parallèlement à un contrôle accru de l'Etat pour assurer une homogénéité des règles sur l'ensemble du territoire : "la façon de diriger et de gérer l’économie est à modifier de fond en comble. Il faut intensifier, sous la direction du Parti, le contrôle unifié de l’Etat sur l’économie, rehausser le sens des responsabilités et l’esprit d’initiative des entreprises et amener tous les travailleurs à remplir la responsabilité et le rôle qui leur reviennent en maîtres dans la production et la gestion économique", dans une référence implicite aux idées du Juche - fondement idéologique de la RPD de Corée - qui considèrent l'homme comme le maître de son destin.

Sont ensuite évoquées les priorités pour les différents secteurs de la société (culture, enseignement, sport, culture, défense) et sur le plan idéologique, en vue notamment de renforcer la formation des cadres du Parti et afin de contrer "toutes les tentatives de pénétration idéologique et culturelle de l’ennemi", alors qu'il est fait référence en début d'intervention à l'élimination d'une "faction" qui mettait en cause l'unité du Parti. 

Suivant l'usage, la fin du discours est consacré aux relations internationales et intercoréennes. en réaffirmant l'aspiration de l'ensemble des Coréens à la réunification de leur pays, sans ingérence étrangère, alors que les exercices de guerre américano-sud-coréens sont dénoncés comme faisant courir le danger d'un nouveau conflit dévastateur qui impliquerait les armes nucléaires : "les Etats-Unis et les forces belliqueuses sud-coréennes ont déployé une pléthore d’engins de guerre nucléaires dans la péninsule coréenne et ses environs et se livrent fiévreusement à des exercices de guerre nucléaire contre le Nord, au point que se crée une situation aussi grave qu’un petit incident militaire risque de déclencher une guerre totale. Si la guerre éclate sur cette terre, elle provoquera des désastres nucléaires irréparables, et les Etats-Unis ne pourront en aucune façon s’en sortir sains et saufs. Tous les Coréens doivent déjouer et briser résolument les manœuvres de confrontation et de guerre des forces belliqueuses intérieures et extérieures, sans jamais les tolérer". Entre 1994 et 1996, les exercices conjoints annuels américano-sud-coréens "Team Spirit" (aujourd'hui, "Key Resolve") avaient été annulés dans le cadre des négociations sur les armes nucléaires en Asie du Nord-Est. Si les Etats-Unis faisaient à nouveau le choix de ne pas conduire ces manoeuvres, ils ouvriraient effectivement la possibilité du retour à la table des négociations en Asie du Nord-Est, en vue de la mise en place d'un véritable mécanisme de sécurité collective qui permettrait de briser le cercle vicieux des tensions et des sanctions.

Un appel est lancé à "la création d’un climat favorable à l’amélioration des rapports Nord-Sud", en appelant les "autorités sud-coréennes" à "interrompre leur campagne de confrontation insensée entre compatriotes et celle d’élimination des « suivistes du Nord » et emprunter la voie de l’amélioration des rapports Nord-Sud". A l'automne dernier, les réunions de familles séparées avaient été suspendues sine die dans un contexte de durcissement politique au Sud et de répression des forces de gauche accusées d'être pro-Nord. Les autorités nord-coréennes font un geste d'ouverture en indiquant être prêtes à regarder vers l'avenir, quel que soit le passé de ceux auxquels elles tendent la main : "nous irons de l’avant avec tous ceux qui font cas de la nation et aspirent à la réunification, sans les interroger sur leur passé, et nous nous emploierons toujours à améliorer les rapports entre le Nord et le Sud." L'allusion implicite s'adresse à la Présidente Mme Park Geun-hye, fille du général Park Chung-hee qui a mis en place le régime le plus autoritaire qu'ait connu la Corée du Sud, et aujourd'hui accusée par l'opposition sud-coréenne de marcher dans ses pas. La RPDC indique ainsi qu'elle est prête à ne pas faire grief à Mme Park de ce dont est l'héritière, dès lors qu'elle mettrait fin à la répression en cours.

Vis-à-vis du reste du monde, le Maréchal Kim Jong-un a rappelé que "l’année dernière, sur la scène internationale se sont poursuivies obstinément les manœuvres d’ingérence et de guerre des impérialistes menaçant la souveraineté d’Etats indépendants et le droit à l’existence de l’humanité", et que dans ce contexte la RPD de Corée continuera de défense ses capacités d'autodéfense en vue de la paix et de stabilité dans la péninsule coréenne : "la paix est un bien précieux pour notre peuple, mais elle ne peut être obtenue par les seuls bon vouloirs ou supplications. Tant que les nuages noirs de la guerre nucléaire qui nous vise flottent en permanence sur la péninsule coréenne, nous ne pouvons nullement rester les bras croisés, nous défendrons de pied ferme la souveraineté du pays et la paix, la dignité de la nation, en usant de notre grande force d’autodéfense."  A l'égard des pays qui respectent sa souveraineté, la RPD de Corée maintiendra sa politique de développement de relations d'amitié et de coopération : "à l’avenir aussi, notre Parti et le gouvernement de notre République maintiendront fermement les idées de leur politique extérieure que sont l’indépendance, la paix et l’amitié et s’attacheront à nouer et à étendre les relations d’amitié et de coopération avec tous les pays qui respectent la souveraineté de notre pays et nous traitent amicalement, à préserver la paix et la sécurité dans le monde et à réaliser la prospérité commune de l’humanité.

Source : AAFC, Naenara 

 

Message de nouvel an de Kim Jong-un

Premier secrétaire du Parti du travail de Corée

Premier président de la Commission de la défense nationale

de la République populaire démocratique de Corée

1er janvier 2014 

 

Chers camarades,

Chers officiers et soldats de l’Armée populaire, civils et frères,

Nous avons fait nos adieux à 2013, année qui a posé des jalons marquants sur la voie sacrée de la révolution Juche et saluons la nouvelle année 2014 avec un débordement de confiance dans l’avenir et de fierté révolutionnaire.

Je tiens d’abord, en traduisant les regrets illimités et le respect cordial de tous les officiers et soldats de l’Armée populaire et civils, à rendre le plus grand hommage et à adresser mes vœux de bonne année aux éminents Président Kim Il-sung et Dirigeant Kim Jong-il.

Je présente mes respects à ceux qui ont fait l’année dernière le sacrifice de leur précieuse vie pour la défense de la patrie et l’édification du socialisme, et j’adresse mes vœux de bonne année à tous les officiers et soldats de l’Armée populaire et à tous les civils en train d’inaugurer sous la direction de notre Parti une nouvelle époque de la prospérité de la patrie.

Je forme le vœu que toutes les familles débordent de bonheur et de joie à l’occasion du nouvel An.

De même, mes vœux de bonne année vont aux frères du Sud qui luttent pour l’indépendance, la démocratie et la réunification du pays, aux Coréens de la diaspora qui font preuve de dévouement pour la prospérité de la patrie ainsi qu’aux peuples progressistes et aux amis étrangers épris de justice et de paix.

L’année dernière a été une année digne de fierté, parce que marquée des brillantes victoires remportées par le Parti, l’armée et le peuple entiers dans l’édification d’une puissance socialiste prospère et dans la sauvegarde du socialisme en livrant une offensive générale conformément à la nouvelle ligne de développement parallèle proposée par le Parti.

L’an dernier, notre armée et notre peuple, étroitement unis autour du Parti, ont honoré les idées et la cause des éminents Président Kim Il-sung et Général Kim Jong-il et accru encore la puissance politique et idéologique des rangs de nos révolutionnaires.

Lors des festivités politiques du 65ème anniversaire de la fondation de notre République et du 60ème anniversaire de  la  Victoire  et  à  l’occasion  de  toutes  les  activités  qu’ils  ont  menées  l’an  dernier,  notre  armée  et notre peuple ont montré avec force leur volonté, issue d’une foi irréductible, d’honorer à jamais les grands Président Kim Il-sung et Général Kim Jong-il et de perpétuer leurs hauts faits mémorables.

La politique de respect et d’amour pratiquée par notre Parti envers le peuple a formé, avec l’ardent dévouement de celui-ci qui voit dans le Parti sa mère, un amalgame qui a porté à un palier nouveau les liens entre le Parti et les masses populaires.

Notre Parti a pris des dispositions catégoriques pour éliminer l’ordure fractionniste qui demeurait retranchée en son sein en cette époque de lutte exaltante pour l’édification d’une puissance prospère. Parce qu’il a dévoilé et éliminé en temps opportun par une décision pertinente la clique fractionniste antiparti et contre-révolutionnaire, le Parti et les rangs des révolutionnaires se sont renforcés et notre unité monolithique a gagné davantage en puissance. A travers la lutte qu’il a menée alors, notre Parti a prouvé qu’il se redynamisera dans ses fonctions et son rôle militants pour s’acquitter devant l’époque et l’histoire de sa glorieuse mission de Parti au service du peuple et redoublera de dévouement à celui-ci.

L’an passé, nous avons accru la capacité d’autodéfense du pays et remporté de grandes victoires dans l’âpre affrontement avec les impérialistes.

Les scientifiques, techniciens et ouvriers du secteur de la défense nationale ont, forts d’une foi et d’une audace inébranlables, atteint le summum de la science de la défense nationale, manifestant ainsi la puissance de la Corée du Songun et contribuant grandement à l’accroissement de la capacité de défense du pays. Les officiers et soldats de l’Armée populaire et des Forces populaires de l’Intérieur, déterminés à défendre le Leader au péril de leur vie et à sauvegarder la patrie, ont assuré la sécurité du Parti, du Leader, de la patrie et du peuple en bravant la mort, brisé à chaque occasion les tentatives insensées de provocation d’une guerre nucléaire de l’ennemi et sa campagne de confrontation avec notre République, démontrant ainsi à l’évidence la dignité et la puissance de notre République.

L’année dernière, en dépit d’une situation difficile et complexe, l’armée et le peuple ont remporté, en unissant leur force, d’éclatants succès dans la construction d’une puissance économique et l’amélioration du bien-être général.

Dans différents secteurs et unités de l’économie nationale, la production a pris un essor et les assises d’une économie indépendante sont consolidées. En particulier, les cadres et les travailleurs du secteur agricole ont innové dans la production malgré les difficultés rencontrées et les conditions climatiques défavorables, contribuant à améliorer la vie du peuple.

Les bâtisseurs, dont des militaires de l’Armée populaire, ont érigé de nombreuses créations monumentales en faveur de la richesse, de la puissance et de la prospérité de la patrie et du bonheur du peuple et ouvert une période de pleine floraison de la construction.

A l’appel du Parti invitant à créer la « vitesse de Masikryong », ils ont élevé avec fruit dans un bref délai, en faisant preuve d’un ardent patriotisme et d’une grande abnégation, de nombreux ouvrages dont le musée de la guerre de Libération de la patrie, la cité des scientifiques Unha, le parc aquatique de Munsu et la station de ski de Masikryong, créations dignes de l’époque du Parti du travail, honorant ainsi la patrie dont l’aspect se renouvelle au fil des jours et permettant que les rires de bonheur du peuple fusent partout. Engagés dans la grande campagne de construction dont le défrichement du plateau de Sepho, les bâtisseurs ont dompté la nature en surmontant toutes les difficultés qu’ils rencontraient, faisant ainsi des percées dans la réalisation anticipée du grandiose dessein du Parti.

L’année dernière, de nouveaux progrès ont également marqué le domaine de la culture dont le sport et l’enseignement.

S’inspirant du projet du Parti concernant l’édification d’une puissance sportive, le pays entier a bouillonné de ferveur sportive et nos sportifs dignes de confiance ont fait honneur à la patrie en arrachant des médailles d’or dans des compétitions internationales. Les préparatifs de mise en vigueur d’un enseignement obligatoire de douze années pour tous ont progressé avec succès, le secteur scientifique et technique a accompli nombre de réalisations et des installations médicales modernes ont été mises en place, améliorant le service médical pour le peuple. Le secteur musical a créé plus d’un chef-d’œuvre digne de notre époque, qui a exalté le sentiment de dévouement des militaires et des civils et les ont encouragés avec force à la lutte et à des exploits.

Les éclatantes victoires et réalisations de l’année dernière sont le fruit exaltant de la lutte héroïque qu’ont menée courageusement le Parti, l’armée et le peuple entiers, farouchement déterminés par leur foi à ériger une puissance socialiste prospère, en adhérant à la ligne et à la politique révolutionnaires et populaires de notre Parti et à ses directives avisées.

Par la lutte menée l’année dernière, nous avons démontré à l’évidence que nos idées, notre force et notre style valent le plus et que rien ne peut barrer la route à notre œuvre sacrée progressant vers un idéal et un objectif ambitieux.

J’adresse mes vifs remerciements à tous les officiers et soldats de l’Armée populaire et civils qui ont honoré 2013, année significative, par des réussites extraordinaires, en faisant preuve d’une fidélité sans bornes au Parti, d’un amour ardent pour la patrie et d’un dévouement sans pareil.

Camarades,

La nouvelle année 2014 sera une année de lutte grandiose, une année de grandes mutations, car tous les fronts de l’édification d’une puissance socialiste prospère devront voir se déclencher un nouvel essor pour inaugurer une ère de prospérité de la Corée du Songun.

Cette année, nous devons mener une lutte exaltante pour anticiper la réalisation des beaux rêves et aspirations du peuple, et nous aurons une marche triomphale à faire pour préparer les grandes festivités du 70anniversaire de la fondation du glorieux Parti du travail de Corée.

Cette année prometteuse, il nous incombe d’accélérer notre marche héroïque, forts de la foi dans la victoire et de l’enthousiasme, pour inaugurer une période de pleine prospérité dans la révolution et le développement du pays.

« Déclenchons un grand essor dans tous les secteurs de l’édification d’une puissance prospère, tout animés de la foi dans la victoire ! », tel est le mot d’ordre à porter par notre Parti et notre peuple dans leur lutte de cette année.

Nous devons veiller à ce que les secteurs de l’agriculture et du bâtiment ainsi que celui de la science et de la technologie soient les premiers à porter le flambeau de l’innovation appelé à déclencher l’essor de tous les autres secteurs de l’édification du socialisme.

Cette année est significative parce qu’elle marque le 50ème anniversaire de la publication des Thèses sur la question rurale dans le cadre du socialisme par le Président Kim Il-sung, grand Leader.

Nous devons impulser les révolutions idéologique, technique et culturelle en milieu rural et accroître de façon décisive la production agricole pour prouver sans conteste la pertinence et la vitalité des Thèses rurales socialistes. Dans notre effort pour l’édification économique et l’amélioration du bien-être de la population, nous concentrerons toutes nos forces sur l’agriculture qui sera le front principal. Le secteur de l’agriculture doit appliquer autant que possible les méthodes agricoles scientifiques et soigner les travaux agricoles pour atteindre à tout prix l’objectif de production céréalière proposé par le Parti. On développera par tous les moyens l’élevage et généralisera la culture maraîchère en serre et celle des champignons pour accroître l’approvisionnement de la population en viande, légumes et champignons.

Cette année, nous devons inaugurer un nouvel épanouissement du bâtiment.

Le bâtiment importe pour jeter les assises d’une puissance prospère et préparer le cadre d’une vie heureuse du peuple. Il faut ériger nombre d’édifices d’ordre mondial, dignes de l’époque du Songun, et de constructions utiles à l’amélioration des conditions de vie du peuple pour consolider la base d’une économie indépendante et assurer au peuple une vie plus aisée et plus civilisée. On promouvra la réalisation des projets de construction importants comme les centrales hydroélectriques en étages de Chongchongang, le centre d’élevage de la région de Sepho, la ferme de culture fruitière de Kosan, la mise en valeur de salants, l’aménagement des canaux d’irrigation de la province du Hwanghae du Sud pour en achever les travaux dans les délais fixés. Une forte impulsion sera donnée à la construction de logements, de dortoirs, de bâtiments utiles à l’amélioration des conditions et de l’environnement de l’enseignement, et des établissements culturels et de services construits de façon parfaite. Cette année encore, il faut que l’armée et le peuple coopèrent pour rendre la ville de Pyongyang plus grandiose et plus splendide, et soigner l’aménagement des provinces, villes et arrondissements de sorte que les particularités locales soient mises en valeur.

La science et la technologie jouent un rôle de force motrice dans la construction d’un Etat puissant et prospère, et leur développement conditionne le bonheur du peuple et la prospérité de la patrie.

Le secteur de la recherche scientifique est invité à résoudre les problèmes posés à long terme par le développement de l’économie du pays et l’amélioration du bien-être de la population aussi bien que ceux surgis dans la vie et à atteindre le summum, afin d’ouvrir un raccourci pour édifier l’économie du savoir. Les scientifiques et les techniciens doivent donner toute la mesure de leur talent et de leur ardeur, en tirant le parti maximal des atouts que le Parti a mis à leur disposition, pour accomplir tous des réalisations de valeur en vrais patriotes fort utiles à l’édification d’une patrie riche et puissante. Toute la société doit faire cas de la science et de la technologie, et tous les cadres et travailleurs s’appliquer à assimiler les plus récentes réalisations scientifiques et techniques sous le mot d’ordre de se transformer en compétences scientifiques et techniques.

Il faut aviver les flammes de l’innovation dans tous les secteurs de l’économie nationale, notamment le secteur d’amont, secteur de l’industrie de base.

L’industrie métallurgique et l’industrie chimique sont un couple de piliers essentiels à une puissance économique, et leur développement est un gage important de l’édification économique et de l’amélioration du bien-être du peuple. Les secteurs métallurgique et chimique doivent porter haut le mot d’ordre de l’adaptation à la situation du pays et de la modernisation et chercher activement à remettre à flot la production en recourant à nos matières premières et combustible ainsi qu’aux récentes réalisations scientifiques et techniques pour fournir en quantité suffisante les matériaux en fer et en acier et les divers produits chimiques nécessaires à la relance de l’ensemble de l’économie nationale et à l’amélioration du bien-être du peuple.

Il faut donner la priorité absolue aux industries électrique et houillère. Des mesures s’imposent pour augmenter au maximum le rendement des centrales existantes, et d’autre part, on élaborera un plan à long terme pertinent pour remédier de façon radicale à la pénurie d’électricité, plan qu’on s’appliquera à réaliser, et l’on produira davantage d’électricité en exploitant les énergies naturelles, notamment éolienne, géothermique et solaire, et surtout les ressources hydrauliques. On augmentera au maximum la production de charbon dans les houillères, résoudra une fois pour toutes les difficultés de transports, surtout le transport ferroviaire, et innovera en coopération dans les secteurs de l’électricité, du charbon et du transport ferroviaire afin de stimuler le développement de l’économie nationale.

Il faut consacrer de gros efforts au développement de l’industrie légère qui assume une grande part dans l’amélioration des conditions de vie du peuple. Les usines de l’industrie légère accéléreront leur modernisation et l’application du système Computer Numerical Control et utiliseront le plus souvent les matières premières et matériaux du pays pour normaliser la production, et toutes les villes et tous les arrondissements développeront l’industrie locale conformément à leur situation pour produire davantage d’articles de grande consommation de bonne qualité.

Il y a lieu de prendre des mesures au niveau de l’Etat pour relever le secteur des produits aquatiques. Dans ce secteur, on modernisera les bateaux et les engins de pêche et livrera d’intenses sorties de pêche selon des méthodes scientifiques de façon que des coups de sirène puissent retentir dans tous les ports pour annoncer une pêche abondante, à l’exemple des hommes du secteur de la pêche de l’Armée populaire qui ont obtenu des prises éminemment abondantes en bravant la mort pour exécuter l’ordre du Commandant suprême ; de même, on pratiquera l’aquiculture côtière sur une large échelle.

Il faut protéger et multiplier par tous les moyens les ressources précieuses du pays, notamment celles du sous-sol, les ressources forestières et maritimes, planter des arbres sur une vaste échelle par un mouvement de masse pour recouvrir toutes les montagnes du pays d’une verdure luxuriante.

Tous les secteurs de l’économie nationale sont invités à mettre en œuvre tout le potentiel productif et toutes les possibilités latentes pour accroître la production et déployer un intense effort d’économie. Qui dit économie, dit production. Il y va de l’amour de chacun pour le pays. Un effort social d’austérité s’impose pour économiser même un watt d’électricité, un gramme de charbon et une goutte d’eau. Tout le monde doit s’habituer à mener en bon économe la vie économique nationale en faisant preuve d’un amour ardent pour le pays et hautement conscient de sa responsabilité de maître.

La façon de diriger et de gérer l’économie est à modifier de fond en comble. Il faut intensifier, sous la direction du Parti, le contrôle unifié de l’Etat sur l’économie, rehausser le sens des responsabilités et l’esprit d’initiative des entreprises et amener tous les travailleurs à remplir la responsabilité et le rôle qui leur reviennent en maîtres dans la production et la gestion économique.

Un grand bond est à réaliser dans l’édification de la culture, dont l’enseignement.

Le secteur de l’enseignement doit améliorer le contenu, la méthode, les conditions et l’environnement de son activité d’éducation en accord avec les exigences de la révolution et de l’évolution de la situation et faire aborder un nouveau tournant à l’enseignement, notamment l’enseignement secondaire général.

Le secteur de la santé est invité à s’investir dans la thérapeutique et la prophylaxie destinées à promouvoir la santé de la population de façon que celle-ci puisse mieux bénéficier des avantages de notre système sanitaire socialiste.

La littérature et les arts jouent un rôle de clairon et de moteur puissant dans la marche révolutionnaire pour l’édification d’une puissance prospère. Il leur revient de régler leur allure sur le rythme de progrès de notre révolution et l’effervescence où se trouve le pays et de créer ainsi un grand nombre de chefs-d’œuvre pouvant représenter l’époque par leur valeur idéologique et artistique et capables de faire vibrer les cœurs.

Il faut généraliser dans le pays l’ardeur au sport.

Les sportifs doivent intensifier l’entraînement en se proposant l’ambitieux objectif de conquérir l’hégémonie mondiale dans leurs épreuves. On développera encore la science et la technique sportives et généralisera la pratique du sport et la culture physique en vue d’une brillante réalisation du dessein du Parti d’édifier un pays du sport.

De gros efforts sont à consentir sans discontinuer pour renforcer la défense nationale. C’est là la plus importante des tâches à réaliser par l’Etat, comme c’est sur des armes puissantes que reposent la dignité du pays, le bonheur du peuple et la paix.

Il faut développer et renforcer toujours l’Armée populaire pour qu’elle mérite d’être appelée puissante armée révolutionnaire Paektusan par sa fidélité illimitée au Parti, au Leader, à la patrie et au peuple.

L’essentiel en est de renforcer les compagnies, unités de combat principales et points d’appui de la vie des militaires. Il convient de les transformer en unités de combat élitaires, irréprochablement préparées sur les plans politique, idéologique et technique militaire, et en lieux tenant la place de leurs maisons natales remplies de tendresse familiale.

Le travail d’éducation politique et idéologique doit être renforcé davantage envers les militaires pour former en eux des combattants imperturbables dans leurs foi et convictions et décidés à défendre au péril de leur vie le Palais du Soleil de Kumsusan et le Comité central du Parti.

Il faut intensifier les exercices de combat et impulser le mouvement des fins tireurs et des canonniers d’élite pour transformer chacun des militaires en un vrai guerrier capable d’affronter cent adversaires à lui seul, pourvu d’un art de tir infaillible, d’une grande endurance physique et d’un vif sens de la discipline.

Un système de commandement à exercer par le Parti et un style de service militaire rigoureux doivent être implantés au sein des Forces populaires de l’Intérieur de Corée de façon qu’elles puissent s’acquitter de leurs nobles mission et devoir de défense du Leader, du régime et du peuple. La Garde rouge des ouvriers et des paysans devra, de son côté, multiplier ses exercices de combat et se tenir toujours fin prête pour intervenir.

Il revient à l’industrie de défense nationale de produire davantage d’armes de notre cru, légères, sans pilote, intellectualisées et de haute précision pour accroître davantage la capacité d’autodéfense du pays.

La base politique et idéologique de notre révolution doit être consolidée sans discontinuer.

Elle décide de l’issue de notre bataille de défense du socialisme, et la consolidation politique et idéologique de nos rangs de révolutionnaires constitue la plus importante des tâches qui nous incombent.

En cette année significative marquant le 40anniversaire de la proclamation du programme de transformation de toute la société selon le kimilsunisme par le grand Général Kim Jong-il, nous devons raffermir davantage le Parti dans son organisation et son idéologie, transformer tous les membres de la société en kimilsunistes-kimjongilistes convaincus et cimenter l’unité monolithique de nos rangs révolutionnaires.

Il faut implanter un système de direction unique au sein du Parti, assurer la pureté de ses rangs et redynamiser ses organisations dans leurs fonctions et rôle militants. L’intensification de la formation idéologique des cadres, des membres du Parti et des autres travailleurs s’impose pour que tous suivent avec une foi inébranlable le grand Président Kim Il-sung, l’éminent Dirigeant Kim Jong-il et le Parti en accordant leur façon de penser et d’agir avec les idées et les intentions de ce dernier. Il faut se mettre en garde contre tout ce qui risque de porter atteinte à l’unité et à la cohésion des rangs du Parti et de la révolution et de nuire à notre unité monolithique. Une lutte intense est à livrer contre toutes les idées hétérogènes et tendances décadentes de nature à saper notre régime pour faire échec à toutes les tentatives de pénétration idéologique et culturelle de l’ennemi.

La mise en jeu maximale de la force morale des masses est requise pour raviver l’essor dans tous les secteurs de l’édification d’une puissance socialiste prospère.

La plus grande réserve pour la création et l’innovation, la clé des faits prodigieux réside dans la mise en jeu de la force morale des militaires et des civils. Il convient de lancer une vaste campagne de motivation idéologique et morale pour canaliser la force morale des membres du Parti et des autres travailleurs, de les amener à faire leur le patriotisme Kim Jong-il et à le faire valoir dans leur activité pour accomplir des hauts faits héroïques dans l’édification exaltante d’une patrie socialiste prospère et hautement civilisée.

Une discipline et un ordre révolutionnaires s’imposent dans tous les secteurs de la lutte révolutionnaire et des activités pour le développement du pays.

C’est un facteur important de la mise en évidence des avantages de notre société collectiviste et du succès de toute entreprise. Il faut veiller à ce que tous les secteurs et unités d’activité appliquent à fond la politique et les orientations du Parti, les lois, les décisions et directives de l’Etat et à ce que tous les cadres et les travailleurs observent strictement les règlements et l’ordre, hautement conscients d’être les maîtres de la société et les citoyens de notre République.

Les cadres doivent se dépenser sans se ménager pour s’acquitter de leur obligation de personnel dirigeant de la révolution et de serviteurs dévoués du peuple.

Ils feront preuve d’une fidélité absolue au Parti, d’un sens élevé des responsabilités dans leur travail et d’un grand zèle pour lancer toute entreprise avec largeur d’esprit et la mener avec persévérance jusqu’à son achèvement, pour ainsi réaliser sans faute les desseins et intentions du Parti.

Ils feront des besoins et intérêts du peuple le critère absolu de leur activité, chercheront à répondre à leurs désirs et à lui faire profiter par toute entreprise. Ils témoigneront d’un profond respect aux exigences et aux avis des masses, vivre et travailler toujours en véritables serviteurs du peuple.

Cette année marque le 20anniversaire de l’apposition de la dernière signature autographe du grand Président Kim Il-sung, sur un document historique relatif à la réunification du pays.

Nous devons obtenir cette année de nouveaux progrès dans le mouvement en faveur de la réunification du pays, fidèles aux recommandations des grands Président Kim Il-sung et Général Kim Jong-il.

Pour résoudre le problème de la réunification du pays conformément à l’aspiration et aux exigences de la nation, nous devons rejeter les forces extérieures et maintenir fermement l’idée « entre nous, Coréens ».

L’ensemble des Coréens du Nord, du Sud et de la diaspora constituent la force motrice de la réunification, et celle-ci ne pourra se réaliser en toute indépendance conformément à leurs intérêts et besoins que lorsqu’ils maintiendront fermement l’idée « entre nous, Coréens ».

Colporter de pays en pays le problème interne de la nation, problème des rapports Nord-Sud, et solliciter la « coopération internationale » est une honte et une traîtrise servile envers les grandes puissances, traîtrise mettant le sort de la nation à la merci des forces extérieures. Le Nord et le Sud doivent adhérer au principe d’indépendance spécifié dans les Trois Principes de la réunification de la patrie et la Déclaration commune Nord-Sud, s’attacher à l’idée « entre nous, Coréens » et respecter et appliquer loyalement les déclarations communes.

Il faut lutter avec force pour préserver la sécurité de la nation et la paix.

Les Etats-Unis et les forces belliqueuses sud-coréennes ont déployé une pléthore d’engins de guerre nucléaires dans la péninsule coréenne et à ses environs et se livrent fiévreusement à des exercices de guerre nucléaire contre le Nord, au point que se crée une situation aussi grave qu’un petit incident militaire risque de déclencher une guerre totale. Si la guerre éclate sur cette terre, elle provoquera des désastres nucléaires irréparables, et les Etats-Unis ne pourront en aucune façon s’en sortir sains et saufs. Tous les Coréens doivent déjouer et briser résolument les manœuvres de confrontation et de guerre des forces belliqueuses intérieures et extérieures, sans jamais les tolérer.

La création d’un climat favorable à l’amélioration des rapports Nord-Sud s’impose.

S’il est navrant de voir notre nation vivre séparée à cause des forces extérieures, il est d’autant plus intolérable que l’on s’attaque et se montre antagoniste entre compatriotes, ce qui offre seulement l’occasion de pêcher en eau trouble aux forces hostiles à la réunification de la Corée. Il est grand temps de mettre un terme à l’échange d’attaques et de critiques nuisibles et à toute action pouvant porter préjudice à la réconciliation et à l’union. Les autorités sud-coréennes doivent interrompre leur campagne de confrontation insensée entre compatriotes et celle d’élimination des « suivistes du Nord » et emprunter la voie de l’amélioration des rapports Nord-Sud, en prêtant l’oreille aux avis de la nation éprise d’indépendance, démocratie et réunification de la patrie. Nous irons de l’avant avec tous ceux qui font cas de la nation et aspirent à la réunification, sans les interroger sur leur passé, et nous nous emploierons toujours à améliorer les rapports entre le Nord et le Sud.

Tous les Coréens du Nord, du Sud et de la diaspora devront s’unir sous le drapeau du patriotisme authentique, sous la bannière de l’idée « entre nous, Coréens » et s’engager d’un pas ferme dans la lutte pan-nationale pour la réunification de la patrie afin d’ouvrir cette année une nouvelle phase en faveur de la réunification indépendante, de la paix et de la prospérité.

L’année dernière, sur la scène internationale se sont poursuivies obstinément les manœuvres d’ingérence et de guerre des impérialistes menaçant la souveraineté d’Etats indépendants et le droit à l’existence de l’humanité.

En particulier, dans la péninsule coréenne, le point le plus chaud du monde, les manœuvres de provocation d’une guerre nucléaire des forces hostiles s’acharnant à écraser notre République ont fait planer un danger de guerre explosif, menaçant gravement la paix et la sécurité de la région et du reste du monde.

La paix est bien précieuse pour notre peuple, mais elle ne peut être obtenue par les seuls bon vouloir ou supplications. Tant que les nuages noirs de la guerre nucléaire qui nous vise flottent en permanence sur la péninsule coréenne, nous ne pouvons nullement rester les bras croisés, nous défendrons de pied ferme la souveraineté du pays et la paix, la dignité de la nation, en usant de notre grande force d’autodéfense.

A l’avenir aussi, notre Parti et le gouvernement de notre République maintiendront fermement les idées de leur politique extérieure que sont l’indépendance, la paix et l’amitié et s’attacheront à nouer et à étendre les relations d’amitié et de coopération avec tous les pays qui respectent la souveraineté de notre pays et nous traitent amicalement, à préserver la paix et la sécurité dans le monde et à réaliser la prospérité commune de l’humanité.

Vastes sont les tâches que nous avons à réaliser et notre chemin est hérissé de difficultés, mais notre cause révolutionnaire est promise à la victoire comme elle va de l’avant sous le drapeau du grand kimilsunisme-kimjongilisme.

Luttons tous énergiquement pour des victoires plus éclatantes en cette nouvelle année, étroitement unis autour du Parti dans une même pensée et une même volonté, en nourrissant de grandes ambitions et une confiance inébranlable.

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27 décembre 2013 5 27 /12 /décembre /2013 11:48

Deux ans après l'accession du Maréchal Kim Jong-un aux fonctions de commandant suprême de l'Armée populaire de Corée (APC), l'agence KCNA de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a consacré pas moins de six dépêches aux pêcheries de l'APC, dont des responsables, des capitaines et des pêcheurs ont reçu en personne des récompenses du commandant suprême de l'APC. Outre l'attention portée à la condition des soldats, cette mise en exergue souligne le rôle joué par l'armée dans le développement économique du pays, alors que l'élévation du niveau de vie de la population apparaît comme l'un des objectifs prioritaires des autorités nord-coréennes.

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La situation politique s'est tendue en Asie du Nord-Est. Il a été demandé à l'Armée populaire de Corée de se tenir prête au combat, tandis que les autorités sud-coréennes ont déclaré qu'elles répondraient de manière "impitoyable". Par ailleurs, la visite du Premier ministre japonais Shinzo Abe au sanctuaire Yasukuni - où sont honorés des criminels de guerre japonais de la Seconde Guerre mondiale - a soulevé de vives protestations dans la péninsule coréenne et en Chine.

Dans ce contexte, la RPD de Corée a réaffirmé qu'elle poursuivait la politique de Songun donnant la priorité aux affaires militaires, définie par le Dirigeant Kim Jong-il, à l'occasion notamment des cérémonies ayant marqué le second anniversaire de sa disparition.

Commandant suprême de l'Armée populaire de Corée, le Maréchal Kim Jong-un a participé à une cérémonie de remise de récompenses à des responsables, des capitaines et des pêcheurs des pêcheries de l'Armée populaire de Corée au regard de leurs résultats et de leur attitude qualifiés d'exemplaire.

Lors d'un rassemblement des hommes des pêcheries de l'APC qui s'est tenu à Pyongyang le 26 décembre 2013, et dont l'agence KCNA a souligné qu'il était "le premier de cette nature dans l'histoire de l'APC", il a été souligné l'implication du Président Kim Il-sung et du Dirigeant Kim Jong-il pour développer les pêcheries de l'APC, pour que les soldats puissent être approvisionnés en poisson toute l'année, y compris pendant la période de la "dure marche" de la fin des années 1990, grâce notamment au développement des fermes piscicoles. Par ailleurs, les pêcheries militaires jouent un rôle d'émulation pour l'essor de la pêche dans l'ensemble du pays.

Alors que l'élevage est traditionnellement peu développé en Corée, les produits de la pêche représentent un apport important en protéines. Après 1990, les difficultés économiques engendrées par la pénurie de fioul ont pesé négativement sur la pêche en haute mer - ce qui a conduit la Corée du Nord à développer la pisciculture, dont les progrès sont mis en avant dans les dépêches de KCNA - sans que la part qu'elle représente ne soit précisée.

Le rassemblement du 26 décembre 2013 s'est tenu en présence, notamment, du vice-maréchal Choe Ryong-hae, membre du praesidium du bureau politique du Comité central du Parti du travail de Corée et directeur du bureau de politique générale de l'APC, et du ministre de la Défense Jang Jong-nam. C'est également le vice-maréchal Choe Ryong-hae qui a lu le décret du praesidium de l'Assemblée populaire suprême de remise des récompenses, attestant de sa place de numéro deux - immédiatement après le Maréchal Kim Jong-un - sur les questions militaires.

Dans une dépêche en date du 27 décembre 2013, l'agence KCNA a rendu compte de la tenue de la cérémonie de remise de récompenses dans la salle des conférences du Comité central du Parti du travail de Corée, en présence du Maréchal Kim Jong-un qui a salué le dévouement exemplaire des responsables, des capitaines et des pêcheurs,  situés "sur la ligne de front pour la défense du socialisme", dans la mise en oeuvre des ordres et des instructions du Parti afin d'améliorer les conditions de vie des soldats. Outre les produits de la pêche, la récolte de haricots a été saluée comme exceptionnelle. Le commandant suprême de l'APC a remis personnellement les récompenses à chacun des récipiendaires. L'ordre de Kim Jong-il a été conféré à Jong Pong-jun. Yun Yong-il et Pang Chol-ho ont reçu le titre de héros du travail. 

On peut observer le choix de Pyongyang de récompenser les soldats des pêcheries militaires au moment du deuxième anniversaire de la nomination de Kim Jong-un aux fonctions de commandant suprême de l'APC, plutôt que de mettre l'accent sur une visite de terrain, comme un signe de la priorité accordée à l'amélioration des conditions de vie de la population en général, et des militaires en particulier. Outre les missions de défense nationale qu'elle accomplit, l'armée est aussi un opérateur économique de premier plan - qui participe notamment à l'effort de construction - et c'est cet aspect qui ressort des six dépêches consacrées par KCNA aux pêcheries de l'APC.

Source : KCNA (dont photo).

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