Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
16 avril 2019 2 16 /04 /avril /2019 22:10

Les 11 et 12 avril 2019, à Pyongyang, se sont réunis pour la première fois les 687 députés  de l'Assemblée populaire suprême (APS) de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) élus le 10 mars précédent. Outre la réélection de Kim Jong-un comme président de la Commission des affaires d'Etat, cette première session de la 14ème législature de l'APS a donné lieu à plusieurs évolutions significatives au sein des instances dirigeantes de la RPDC. L'accent a aussi été mis sur le développement économique.

Ouverture de la première session de la 14ème législature de l'Assemblée populaire suprême de la RPD de Corée, le 11 avril 2019 à Pyongyang (photo : KCNA)

Ouverture de la première session de la 14ème législature de l'Assemblée populaire suprême de la RPD de Corée, le 11 avril 2019 à Pyongyang (photo : KCNA)

Selon l'article 87 de la constitution de la République populaire démocratique de Corée, l'Assemblée populaire suprême est « l'organe suprême du pouvoir ». Les 687 députés de la 14ème gislature de l'APS ont été élus le 10 mars 2019.

D'après l'agence officielle KCNA, 16,2 % des membres de la nouvelle Assemblée sont des ouvriers, 9,6 % des paysans et 17,2 % des soldats. 4,8 % des députés sont âgés de moins de 40 ans, 63,9 % ont entre 40 et 59 ans, et 31,3 % sont âgés d'au moins 60 ans. L'Assemblée populaire suprême élue le 10 mars 2019 est composée à 17,6 % de femmes.

Ouverte le 11 avril 2019, la première session de la 14ème législature de l'Assemblée populaire suprême a réélu Kim Jong-un président de la Commission des affaires d'Etat, plus haut organe de décision de la RPDC, élection qualifiée de « plus grand événement politique, d'une importance historique cruciale » par l'agence KCNA.

Kim Jong-un avait été élu pour la première fois président de la Comission des affaires d'Etat en 2016, à la création de cet organe remplaçant la alors la Commission de la défense nationale.

Le 12 avril, Kim Jong-un a prononcé un discours dans lequel il s'est d'abord attaché à mettre en avant les principes d'indépendance et de souveraineté.

« Que le vent vienne de l’Est ou de l’Ouest, que nous ayons à faire face à des défis et à des difficultés, notre République ne fera pas la moindre concession ni le moindre compromis en ce qui concerne les intérêts fondamentaux de notre Etat et de notre peuple et promouvra l’édification d’une puissance socialiste comme nous l’entendons et par nos propres moyens en résolvant tous nos problèmes selon le principe de se renforcer par soi-même» , a notamment déclaré Kim Jong-un.

S'agissant des rapport entre les Corée du Nord et du Sud, Kim Jong-un a plaidé en faveur de l'application « rigoureuse » de la déclaration de Panmunjom (27 avril 2018) et de la déclaration de Pyongyang (19 septembre 2018) malgré les « agissements hostiles des ennemis de la réunification et de la paix de l’intérieur comme de l’extérieur du pays », en référence aux conservateurs sud-coréens et aux « faucons » de l'administration américaine.

Au sujet les relations entre la RPDC et les Etats-Unis, ayant connu un tournant décisif avec le sommet de Singapour (12 juin 2018), « événement donnant l’espoir de voir la paix s’installer dans la péninsule coréenne », Kim Jong-un a fait part de sa « méfiance à l’égard de la sincérité du dessein des Etats-Unis d’améliorer les rapports RPDC-Etats-Unis », eu égard à l'échec du second sommet RPDC-Etats-Unis de Hanoï (27-28 février 2019). Il a toutefois souligné que ses « relations privées avec [le Président Donald Trump] ne sont pas hostiles comme celles qui existent entre la RPDC et les Etats-Unis et demeurent excellentes ».

Evoquant la possibilité d'un troisième sommet avec Le Président des Etats-Unis, Kim Jong-un a dit : « J’attendrai [...] avec patience jusqu’à la fin de cette année la décision des Etats-Unis [quant à la levée des sanctions frappant la RPDC], mais ce serait difficile d’obtenir une occasion aussi bonne que la dernière [à Hanoï]. J’apposerai sans hésitation ma signature sur un éventuel texte d’accord à condition qu’il contienne des articles conformes aux intérêts des deux parties, RPDC et Etats-Unis, et acceptables pour elles. Tout cela dépend entièrement de l’attitude et du mode de calcul des Etats-Unis. »

Kim Jong-un, président de la Commission des affaires d'Etat de la RPD de Corée, prononce un discours pendant la première session de la 14ème législature de l'Assemblée populaire suprême, le 12 avril 2019 (photo : KCNA)

Au sein de la Commission des affaires d'Etat élue à l'occasion de la première session de la 14ème législature de l'APS, on note trois départs et cinq nouvelles entrées, dont celle de la vice-ministre des Affaires étrangères Choe Son-hui, impliquée dans la préparation du second sommet RPDC-Etats-Unis .

Le premier vice-président de la Commission des affaires d'Etat, Choe Ryong-hae a été élu président du Présidium de l'Assemblée populaire suprême, devenant, à ce titre, le chef de l'Etat de la République populaire démocratique de Corée. Il succède à Kim Yong-nam (91 ans), élu à cette fonction en 1998.

Au sein du Cabinet (Gouvernement), le Premier ministre Pak Pong-ju a été remplacé par Kim Jae-ryong. Pak Pong-ju demeure, avec Choe Ryong-hae, vice-président de la Commission des affaires d'Etat.

La liste des membres du nouveau Cabinet a ensuite été soumise à l'aprobation de l'Assemblée.

La réunion de l'Assemblée populaire suprême parlementaire a également abordé les questions budgétaires.

Selon KCNA, en 2018, 47,6 % des dépenses de la RPDC ont été consacrées au développement économique. Les investissements de l'Etat dans des grands projets (réaménagement du comté de Samjiyon, construction de la zone touristique de Wonsan-Kalma et des centrales électriques d'Orangchon et Tanchon, notamment) ont augmenté de 4,9 % et les investissements dans les sciences et techniques, de 7,4 %.

Les dépenses dans le domaine de la santé publique, des sports et la culture ont représenté 36,4 % des dépenses totales en 2018.

Enfin, 15,8 % du budget est allé à la défense nationale.

Concernant le budget de 2019, l'Assemblée populaire suprême prévoit des recettes en progression de 3,7 % par rapport à 2018 : il est attendu une augmentation de 4,1 % du produit de la taxe sur les transactions et 4,3 % des bénéfices des entreprises d'Etat, ces deux sources de recettes représentant alors 85,7 % des recettes totales du budget. D'autre part, il est prévu les évolutions de recettes suivantes : + 1,1 % pour les bénéfices des unités coopératives, + 0,3 % pour les loyers, + 0,2 % pour les cotisations d'assurance sociale, + 0 % pour les produits issus de la vente de propriétés et de la fluctuation des prix, + 1,6 % pour les revenus des zones commerciales et + 0,5 % pour les autres revenus.

KCNA rapporte que les recettes budgétaires centrales compteront pour 73,9 % des recettes du budget de l'Etat. A côté des recettes générées par le secteur public d'Etat, dont la proportion est stable, les provinces, villes et comtés doivent contribuer aux budget central, l'autre partie de leurs recettes servant à couvrir leur dépenses.

Les dépenses du budget de l'Etat devraient s'accroître de 5,3 % en 2019. Les dépenses consacrées au développement économique progresseront de 5,4 % pour représenter 47,8 % des dépenses totales, tandis que les investissements dans le domaine des sciences et techniques augmenteront de 8,7 %. Il est aussi prévu une augmentation de 5,7 % des dépenses pour les secteurs de l'électricité, du charbon, de la métallurgie, de la chimie, des chermins de fer de l'agriculture, de la pêche et de l'industrie légère.

Les dépenses dévolues à de grands projets s'accroîtront de 6,6 %. Ces projets portent, entre autres, sur la campagne de reforestation, la zone touristique de Wonsan-Kalma, l'usine d'engrais phosphatés de Sunchon, les centrales électriques d'Orangchon et Tanchon ou encore la seconde phase de la construction d'un canal dans la province du Hwanghae du Sud.

Il est prévu d'accroître les dépenses touchant directement au bien-être de la population de la manière suivante : + 5,5 % pour l'éducation, + 5,8 % pour la santé publique, + 4,1 % pour la culture et + 4,5 % pour les sports.

Enfin, comme en 2018. 15,8 % du budget sera consacré à la défense nationale.

Composition des instances dirigeantes de la République populaire démocratique de Corée élues le 11 avril 2019 pendant la première session de la 14ème législature de l'Assemblée populaire suprême

(les changements par rapport à la 13ème législature sont indiqués en bleu)

Commission des affaires d'Etat

 

13ème législature de l'APS (sortant)

Elu pendant la première session de la 14ème législature de l'APS

Président

Kim Jong Un

Kim Jong Un

Premier vice-président

Choe Ryong Hae

Vice-président

Pak Pong Ju

Pak Pong Ju

Vice-Président

Choe Ryong Hae

Membre

Ri Su Yong

Ri Su Yong

Membre

Kim Yong Chol

Kim Yong Chol

Membre

Thae Jong Su

Thae Jong Su

Membre

Ri Yong Ho

Ri Yong Ho

Membre

Jong Kyong Thaek

Jong Kyong Thaek

Membre

Choe Pu Il

Choe Pu Il

Membre

Pak Kwang Ho

Kim Jae Ryong

Membre

Kim Jong Gak

Ri Man Gon

Membre

Pak Yong Sik

Kim Su Gil

Membre

No Kwang Chol

Membre

Choe Son Hui

Assemblée populaire suprême

 

13ème législature de l'APS (sortant)

Elu pendant la première session de la 14ème législature de l'APS

Président

Choe Thae Bok

Pak Thae Song

Vice-président

An Tong Chun

Pak Chol Min

Vice-président

Ri Hye Jong

Pak Kum Hui

Présidium de l'Assemblée populaire suprême

 

13ème législature de l'APS (sortant)

Elu pendant la première session de la 14ème législature de l'APS

Président

Kim Yong Nam

Choe Ryong Hae

Vice-président

Kim Yong Dae

Kim Yong Dae

Vice-président

Yang Hyong Sop

Thae Hyong Chol

Vice-président honoraire

Kim Yong Ju

Vice-président honoraire

Choe Yong Rim

Secrétaire général

Jong Yong Guk

Jong Yong Guk

Membre

Kim Yong Chol

Kim Yong Chol

Membre

Ju Yong Gil

Ju Yong Gil

Membre

Kim Chang Yop

Kim Chang Yop

Membre

Jang Chun Sil

Jang Chun Sil

Membre

Kang Myong Chol

Kang Myong Chol

Membre

Kang Su Rin

Kang Su Rin

Membre

Pak Myong Chol

Pak Myong Chol

Membre

Kim Su Gil

Kim Nung O

Membre

Park Chol Min

Kang Ji Yong

Membre

Jon Kyong Nam

Ri Myong Chol

Membre

Ri Chol

Commission des affaires étrangères de l'APS

 

13ème législature de l'APS (sortant)

Elu pendant la première session de la 14ème législature de l'APS

Président

Ri Su Yong

Ri Su Yong

Membre

Ro Ryong Nam

Ro Ryong Nam

Membre

Ri Son Gwon

Ri Son Gwon

Membre

Kim Jong Suk

Kim Jong Suk

Membre

Kim Tong Son

Kim Tong Son

Membre

Kim Kye Gwan

Choe Son Hui

Membre

Jong Yong Won

Kim Song Il

Commission du budget de l'APS

 

13ème législature de l'APS (sortant)

Elu pendant la première session de la 14ème législature de l'APS

Président

O Su Yong

O Su Yong

Membre

Hong So Hon

Hong So Hon

Membre

Pak Hyong Ryol

Pak Hyong Ryol

Membre

Pak Yong Ho

Ri Hi Yong

Membre

Kye Yong Sam

Kim Kwang Uk

Membre

Kim Hui Suk

Choe Yong Il

Membre

Choe Yong Il

Ri Kum Ok

Commission des lois de l'APS

 

13ème législature de l'APS (sortant)

Elu pendant la première session de la 14ème législature de l'APS

Président

Choe Pu Il

Choe Pu Il

Membre

Kim Myong Gil

Kim Myong Gil

Membre

Kang Yun Sok

Kang Yun Sok

Membre

Thae Hyong Chol

Pak Jong Nam

Membre

Cha Hui Rim

Kim Yong Bae

Membre

Pak Myong Guk

Jong Kyong Il

Membre

Ryang Jong Hun

Ho Kwang Il

Cabinet

 

13ème législature de l'APS (sortant)

Elu pendant la première session de la 14ème législature de l'APS

Premier ministre

Pak Pong Ju

Kim Jae Ryong

Vice-Premier ministre, Président de la Commission de la planification d'Etat

Ro Tu Chol

Ro Tu Chol

Vice-Premier ministre

Im Chol Ung

Im Chol Ung

Vice-Premier ministre

Kim Tok Hun

Kim Tok Hun

Vice-Premier ministre

Ri Ju O

Ri Ju O

Vice-Premier ministre

Ri Ryong Nam

Ri Ryong Nam

Vice-Premier ministre

Jon Kwang Ho

Jon Kwang Ho

Vice-Premier ministre

Tong Jong Ho

Tong Jong Ho

Vice-Premier ministre, Ministre de l'Agriculture

Ko In Ho

Ko In Ho

Ministre des Affaires étrangères

Ri Yong Ho

Ri Yong Ho

Ministre de l'Industrie de l'énergie électrique

Kim Man Su

Kim Man Su

Ministre de l'Industrie houillère

Mun Myong Hak

Mun Myong Hak

Ministre de l'Industrie métallurgique

Kim Chung Gol

Kim Chung Gol

Ministre de l'Industrie chimique

Jang Kil Ryong

Jang Kil Ryong

Ministre des Chemins de fer

Jang Hyok

Jang Hyok

Minister des Transports terrestres et maritime

Kang Jong Gwan

Kang Jong Gwan

Ministre de l'Industrie minière

Ryom Chol Su

Ryom Chol Su

Ministre du Développement des ressources naturelles nationales

Ri Chun Sam

Kim Chol Su

Ministre de l'Industrie pétrolière

Ko Kil Son

Ko Kil Son

Ministre des Forêts

Han Ryong Guk

Han Ryong Guk

Ministre de l'Industrie des machines-outils

Ri Jong Guk

Yang Sung Ho

Ministre de la Construction navale (nouveau)

Kang Chol Gu

Ministre de l'Industrie de l'énergie nucléaire

Wang Chang Uk

Wang Chang Uk

Ministre de l'Industrie électronique

Kim Jae Song

Kim Jae Song

Ministre des Postes et des Télécommunications

Kim Kwang Chol

Kim Kwang Chol

Ministre de la Construction et de l'Industrie des matériaux de construction

Pak Hun

Pak Hun

Ministre du Contrôle d'Etat de la construction

Kwon Song Ho

Kwon Song Ho

Ministre de l'Industrie légère

Choe Il Ryong

Choe Il Ryong

Ministre de l'Industrie locale

Jo Yong Chol

Jo Yong Chol

Ministre de l'Industrie des biens de consommation

Ri Kang Son

Ri Kang Son

Ministre de la Pêche

Song Chun Sop

Song Chun Sop

Ministre des Finances

Ki Kwang Ho

Ki Kwang Ho

Ministre du Travail

Yun Kang Ho

Yun Kang Ho

Ministre des Relations économiques extérieures

Kim Yong Jae

Kim Yong Jae

Président de la Commission d'Etat des sciences et techniques

Ri Chung Gil

Ri Chung Gil

Président de l'Académie d'Etat des sciences

Jang Chol

Jang Chol

Ministre de la Terre et de la Protection de l'environnement

Kim Kyong Jun

Kim Kyong Jun

Directeur du Bureau de supervision de la politique forestière de la Commission des affaires d'Etat (nouveau)

Kim Kyong Jun

Ministre du Management urbain

Kang Yong Su

Kang Yong Su

Ministre de l'Administration et de l'Approvisionnement alimentaires

Mun Ung Jo

Mun Ung Jo

Ministre du Commerce

Kim Kyong Nam

Kim Kyong Nam

Président de la Commission de l'éducation

Kim Sung Du

Kim Sung Du

Ministre de l'Education générale

Kim Sung Du

Président de l'Université Kim Il Sung, Président de la Commission d'orientation du Parti du travail de Corée, Ministre de l'Education supérieure

Thae Hyong Chol

Choe Sang Gon

Ministre de la Santé publique

O Chun Bok

Ministre de la Culture

Pak Chun Nam

Pak Chun Nam

Ministre des Sports et de la Culture physique

Kim Il Guk

Kim Il Guk

Président de la Banque centrale

Kim Chon Gyun

Kim Chon Gyun

Directeur du Bureau central des statistiques

Choe Sung Ho

Choe Sung Ho

Directeur du secrétariat du Cabinet

Kim Yong Ho

Kim Yong Ho

Bureau central des procureurs publics

Directeur

Kim Myong Gil

Kim Myong Gil

Cour centrale

Président

Kang Yun Sok

Kang Yun Sok


 


 

Partager cet article
Repost0
1 janvier 2019 2 01 /01 /janvier /2019 16:17

Le 1er janvier 2019, Kim Jong-un, président du Parti du travail de Corée (PTC), président de la Commission des affaires d'Etat de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) et commandant suprême de l'Armée populaire de Corée, a prononcé le traditionnel discours de Nouvel an, faisant le bilan de l'année écoulée et traçant les grandes lignes de l'année qui s'ouvre. Compte tenu des évolutions intervenues en 2018 dans les relations entre la RPDC et la Corée du Sud d'une part, entre la RPDC et les Etats-Unis d'autre part, cette allocution était particulièrement attendue cette année. Voici la traduction du compte rendu qu'en a fait l'agence de presse officielle KCNA.

Kim Jong-un, le 1er janvier 2019

Kim Jong-un, le 1er janvier 2019

Le dirigeant suprême Kim Jong-un a prononcé un discours à l'occasion du Nouvel an 2019.

Dans son discours de Nouvel an, il a adressé ses vœux chaleureux au peuple et à l'armée à travers le pays et aux compatriotes au Sud et à l'étranger, et exprimé son espoir que les dirigeants et amis de pays étrangers enregistrent des succès dans leur travail.

Il a déclaré que 2018 a été une année historique où, conformément à la ligne d’indépendance et à la décision stratégique du Parti du travail de Corée, de grands changements ont eu lieu dans la situation intérieure et extérieure et l’édification du socialisme a atteint un palier nouveau.

Notant qu'en cette année nouvelle nous sommes confrontés à la tâche d’ouvrir sûrement des perspectives pour le progrès de l’édification du socialisme grâce à l’élargissement et au renforcement de la capacité de développement indépendant du pays, il a dit que nous devons arborer le mot d'ordre « Ouvrons une nouvelle voie à la marche pour l’édification du socialisme en portant haut la bannière de la confiance en soi ! ».

Il a appelé à un essor révolutionnaire sur tous les fronts de l'édification du socialisme en considérant la confiance en soi comme une arme précieuse en vue de la prospérité.

Il a souligné le besoin de réussir à atteindre l’objectif stratégique du développement de l'économie nationale en comptant sur nos propres forces techniques et ressources ainsi que sur l’esprit créateur et l’enthousiasme révolutionnaire élevés du peuple entier, pour ainsi passer à une étape nouvelle de sa croissance.

Il a mis en évidence le besoin d'augmenter par tous les moyens le potentiel politique et idéologique de notre Etat.

Il a souligné le besoin d'accélérer l'édification d'une civilisation socialiste et de renforcer le potentiel de la défense national.

Il a dit que l'année dernière a été une année émouvante, marquée de changements spectaculaires jamais vus dans l’histoire de plus de 70 ans de la division.

En nous basant sur les réalisations précieuses de l’année dernière, marquée remarquablement d’événements sans précédent, nous devons faire, en 2019, de plus grands progrès dans l’effort pour le développement des rapports Nord-Sud, la paix et la prospérité ainsi que pour la réunification du pays, a-t-il souligné.

Tous les Coréens doivent arborer le mot d'ordre « Appliquons en tous points les Déclarations historiques Nord-Sud pour inaugurer une période de pleine floraison de l’effort de paix, de prospérité et de réunification de la péninsule coréenne ! », a-t-il insisté.

Notant que notre volonté immuable est de mettre fin à la source des rapports d’hostilité militaire entre le Nord et le Sud et de transformer la péninsule coréenne en une zone de paix permanente et durable, il a appelé à étendre et développer sur tous les plans la collaboration et les échanges entre le Nord et le Sud pour raffermir la réconciliation et l’union nationales et permettre à tous les Coréens de bénéficier réellement de l’amélioration des rapports Nord-Sud.

Il a déclaré que nous ne tolérons jamais l’ingérence des forces extérieures qui entendent barrer la voie de notre nation vers la réconciliation, l’union et la réunification, en cherchant à subordonner les rapports Nord-Sud à leurs goûts et intérêts.

Il a déclaré que, l'année dernière, le PTC et le gouvernement de la RPDC se sont efforcés de façon responsable de sauvegarder la paix et la sécurité mondiales, d’élargir et renforcer les relations d’amitié avec différents pays.

Notant que la rencontre et la conférence au sommet entre la RPDC et les Etats-Unis, premières dans l’histoire, ont changé de façon spectaculaire les rapports RPDC-Etats-Unis, rapports les plus hostiles sur le globe, et ont contribué grandement à la paix et à la sécurité de la péninsule coréenne et de la région, il a souligné que c’était l'attitude immuable du PTC et du gouvernement de la RPDC, ainsi que sa ferme volonté, d’établir de nouvelles relations entre les deux pays comme l’exige le nouveau siècle, d'instaurer un système de paix permanent et durable dans la péninsule coréenne et d'aller vers une dénucléarisation complète comme stipulé dans la Déclaration conjointe RPDC-Etats-Unis du 12 Juin.

Il a ajouté que la RPDC n'avait pas l'intention de rester obstinément empêtrée dans l’histoire regrettable entre les deux pays, mais la volonté de résoudre au plus tôt le passé et à aller vers l’établissement de nouveaux rapports répondant aux aspirations des peuples des deux pays et aux impératifs de l’évolution de l’époque.

Comme l’a montré le progrès rapide des rapports Nord-Sud de l’an dernier, rien n’est impossible quand on prend la décision nécessaire, et si les partenaires de négociations osent se libérer chacun de son opinion invétérée, proposent, selon le principe de se reconnaître et de se respecter l’un l’autre, des projets équitables et procèdent avec une attitude correcte et la volonté de résoudre les problèmes, ils pourront parvenir sans faute à un aboutissement favorable à l’un et à l’autre, a-t-il déclaré.

Déclarant qu'il reste prêt à s’asseoir de nouveau n’importe quand avec le Président des Etats-Unis, il a également souligné qu'il s'efforcera d’obtenir un résultat digne d’être accueilli par la communauté internationale.

Mais si les Etats-Unis, au lieu de tenir les engagements qu’ils ont pris au vu et au su du monde entier, interprètent mal la patience du peuple coréen et tentent d'imposer certaines choses à la RPDC et de poursuivre toujours leurs sanctions et pressions contre elle, force nous serait de chercher une nouvelle voie permettant de sauvegarder la souveraineté du pays et les intérêts suprêmes de l’Etat ainsi que d’obtenir la paix et la sécurité dans la péninsule coréenne, a-t-il souligné.

Il a appelé les pays voisins et la communauté internationale à soutenir les positions et efforts sincères de la RPDC tendant à stimuler l’évolution positive de la situation dans la péninsule coréenne et lutter contre tous les actes et défis de nature à détruire la paix et à contrecarrer la justice.

Il a souligné que le PTC et le gouvernement de la RPDC, suivant les idées d’indépendance, de paix et d’amitié, continueront à renforcer l’union et la coopération avec les pays socialistes et développeront les relations avec tous les pays qui traitent amicalement la RPDC.

"Supreme Leader Kim Jong Un Makes New Year Address", KCNA, 1er janvier 2019

Partager cet article
Repost0
10 octobre 2018 3 10 /10 /octobre /2018 20:11

Le 10 octobre 2018, la République populaire démocratique de Corée a célébré le 73e anniversaire de la fondation du Parti du travail de Corée (PTC). A cette occasion se son tenues diverses manifestations sportives et culturelles : outre les finales d'un certain nombre de compétitions de sports d'équipes, l'orchestre national a interprété un concert intitulé Symphonie socialiste et la pièce La neige rouge tombe a été jouée au théâtre national. Un des autres faits marquants des commémorations a été l'association du Parti du travail de Corée à une figure maternelle (l'éditorial du jour du quotidien du PTC, le Rodong Sinmun, louant explicitement ce dernier comme un "parti mère"), suivant une métaphore familiale : le parti, avec à sa tête les figures paternelles des dirigeants auxquels il est plus particulièrement rendu hommage en ce jour particulier, dispense ses bienfaits à l'ensemble des citoyens, comme une mère prend soin de ses enfants. Si l'image de la mère patrie est classique dans les récits nationaux des Etats, celle de parti mère est en revanche plus spécifique à la RPD de Corée, et directement associée à la priorité accordée à la construction du socialisme et à l'élévation du niveau de vie - surtout à une période où l'accent est mis sur la volonté de renforcer la coopération pacifique avec les différents peuples du monde.

A propos de la fondation du PTC, à la Télévision Centrale de Corée (acronyme anglais : KCBS)

Dans une dépêche de l'agence KCNA intitulée "Le Parti du travail de Corée, grande mère du peuple de la RPDC" (et non des seuls membres du Parti), publiée le 10 octobre 2018, un long rappel est fait à la campagne de réhabilitation (et plus particulièrement de reforestation) conduite il y a deux ans dans la partie la plus septentrionale de la province de Hamgyong du Nord, qui avait été sévèrement touchée par les inondations. Selon KCNA, la vitesse de la reconstruction (en l'espace de 60 jours) et les moyens mobilisés pour venir à bout de la catastrophe ont témoigné de la réalité pratique du principe du "peuple d'abord" comme guidant les activités du Parti du travail.

La même dépêche élargit ensuite la liste des politiques sociales (logement, éducation, loisirs...) conduites sous la direction du PTC, comme témoignant de l'attention maternelle du Parti pour le peuple de la RPDC :

Grâce aux soins attentifs prodigués par le PTC qui dévoué ses efforts au peuple de manière désintéressée, des rues modernes pour les scientifiques, les enseignants et le peuple travailleur, des orphelinats, des crèches, des écoles primaires et secondaires pour les orphelins, des établissements industriels et les bases des activités culturelles et de loisirs conduisant à l'amélioration du niveau de vie du peuple sont apparus dans les différentes parties du pays.
En conséquence, le peuple de la RPDC loue hautement les soins prodigués par le PTC comme l'amour éternel d'une mère qui prend soin de la destinée et du futur [de ses enfants].

KCNA

Outre l'importance accordée à la jeunesse (renforçant encore la métaphore maternelle), la mention à deux reprises des orphelins est significative : pour celles et ceux qui ont perdu leurs parents, le Parti se substitue aux père et mère biologiques pour subvenir à leurs besoins et à leur éducation.

Partager cet article
Repost0
29 mai 2018 2 29 /05 /mai /2018 19:41

Le général Kim Yong-chol, vice-président du Comité central du Parti du travail de Corée et directeur du département du Front uni (en charge des relations intercoréennes), est parti pour les Etats-Unis pour préparer le sommet de Singapour, prévu le 12 juin, entre les présidents Donald Trump et Kim Jong-un. Ayant fait carrière dans les services de renseignement, le général Kim Yong-chol est l'un des hommes de confiance du Maréchal Kim Jong-un : lors du dernier sommet entre ce dernier et le Président Moon Jae-in le 26 mai 2018, Kim Yong-chol siégeait à droite du Président Kim Jong-un. Autant dire que son avis aura du poids sur la tenue de la première rencontre au sommet américano - nord-coréenne, où son homologue côté américain est le secrétaire d'Etat Mike Pompeo, également issu des services, qui a déjà rencontré plusieurs fois le dirigeant nord-coréen à Pyongyang.

Kim Yong-chol reçu à Cuba par Raul Castro Ruiz le 24 mai 2018

Kim Yong-chol reçu à Cuba par Raul Castro Ruiz le 24 mai 2018

Comme souvent pour les personnalités nord-coréennes, les informations biographiques proviennent de sources ouvertes du renseignement sud-coréen devant être prises avec prudence, notamment pour les dates de naissance et les débuts de carrière (avant des mentions dans les sources publiques nord-coréennes), car souvent erronées faute en particulier de recoupements suffisants.

Sous ces réserves méthodologiques, Kim Yong-chol serait né en 1946 et aurait servi comme jeune officier de liaison à partir de 1968 auprès de la commission militaire d'armistice, réunissant les anciennes parties à la guerre de Corée dans la zone démilitarisée. 

Son ascension a suivi celle du Général Kim Jong-il, plus âgé que lui de quelques années : le général Kim Yong-chol a conduit des délégations nord-coréennes lors des discussions militaires intercoréennes en 1992 et en 2006-2007, et on le retrouve dans les différents événements intercoréens de la période du "rayon de soleil" (1998-2008) d'amélioration des relations Nord-Sud. Sa nomination comme vice-président du Comité central du Parti du travail de Corée, en charge du département du Front uni, à l'issue du septième congrès du Parti du travail de Corée s'étant tenu en mai 2016, consacre son rôle dans les relations intercoréennes, à une période où celles-ci étaient au plus bas. Il a conduit la délégation nord-coréenne lors des cérémonies de clôture des Jeux olympiques d'hiver de Pyeongchang, en Corée du Sud. 

Certains médias conservateurs ont alors voulu faire croire qu'il aurait orchestré le dramatique naufrage de la corvette "Cheonan" : non seulement son implication supposée ne repose sur aucun élément tangible (comme l'a alors rappelé le gouvernement sud-coréen), mais la responsabilité nord-coréenne est largement battue en brèche et jugée non prouvée dans les milieux du renseignement occidental,  étant ouvertement remise en cause par un ancien membre du groupe d'enquête (le 26 mai 2010), par des chercheurs indépendants d'universités américaines (le 12 juillet 2010), ou encore par des experts de la marine russe (juillet 2010) invités par Séoul à examiner les « preuves » de la culpabilité de la Corée du Nord.

Dotée d'une forte personnalité, le général Kim Yong-chol est décrit par les services sud-coréens comme un homme intègre, intelligent et entièrement dévoué au Président Kim Jong-un : en d'autres termes, un modèle de grand commis de l'Etat en République populaire démocratique de Corée.

Sources : 

Partager cet article
Repost0
21 avril 2018 6 21 /04 /avril /2018 13:14

La République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a fait une nouvelle fois le premier pas dans la mise en place d'une réponse diplomatique globale à la crise autour de la péninsule coréenne qui a atteint son paroxysme en 2017 : à la suite d'une réunion du Comité central du Parti du travail de Corée (PTC) s'étant tenue la veille, les médias nord-coréens ont annoncé la suspension, à compter du 21 avril 2018, des essais nucléaires et des essais de missiles balistiques intercontinentaux, ainsi que le démantèlement du site d'essais nucléaires situé près du village (ri) de Punggye, dans la province du Hamgyong du Nord. Cette décision spectaculaire, prise à moins d'une semaine de la tenue du troisième sommet intercoréen (le 27 avril 2018) et après la visite en Corée du Nord du secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo, a été unanimement saluée et traduit la fermeté des engagements de Pyongyang à s'engager sur la voie de sa dénucléarisation - pour peu qu'elle obtienne les garanties de sécurité et la levée des sanctions économiques qu'elle est légitimement en droit d'attendre en tant qu'Etat souverain.

La Corée du Nord annonce la suspension de ses essais nucléaires et de missiles balistiques intercontinentaux : un signal pour une réponse diplomatique globale

Dans le compte rendu de la session du Comité central du PTC, l'agence KCNA a tout d'abord souligné que la suspension des programmes nucléaires et balistiques avait pu être décidée au regard des progrès obtenus en la matière pour la défense nationale du pays : 

Premièrement, nous déclarons solennellement que l'essai nucléaire subcritique, l'essai nucléaire souterrain, ayant rendu les armes nucléaires plus petites et plus légères, et le développement d'une très puissante arme nucléaire et de ses moyens balistiques ont été conduits dans le cadre de la campagne de mise en oeuvre de la ligne du parti de développement simultané sur deux fronts, et c'est ainsi que le travail pour équiper des têtes nucléaires sur des fusées balistiques a été mené de manière fiable.

Deuxièmement, nous allons arrêter les essais nucléaires et les tests de missiles balistiques intercontinentaux à compter du 21 avril de l'an 107 du Juche (2018).

Le site d'essais nucléaires situé au nord de la RPDC sera démantelé pour garantir en toute transparence l'interruption des essais nucléaires.

Ces décisions ont été resituées dans le contexte des efforts faits par la RPD de Corée pour le désarmement mondial, tandis qu'était réaffirmé l'engagement de Pyongyang à ne pas utiliser l'arme nucléaire en premier (ainsi qu'à lutter contre la prolifération nucléaire), sauf si elle faisait elle-même l'objet d'une menace d'attaque nucléaire ou d'une "provocation nucléaire" : 

Troisièmement, l'interruption des essais nucléaires correspond à un processus important pour le désarmement mondial, et la RPDC va rejoindre les efforts et les souhaits internationaux d'un arrêt complet des essais nucléaires.

Quatrièmement, la RPDC n'utilisera pas d'armes nucléaires et ne procédera à des transferts ni d'armes nucléaires, ni de technologies nucléaires, en toute circonstance, sauf en cas de menace nucléaire ou de provocation nucléaire contre elle.

Enfin, il est souligné que la priorité est donnée au développement d'une puissante économie socialiste - ce qui signifie que la dénucléarisation de la RPDC, qui ne pourra être réalisée que par étapes et dans le cadre d'un principe "action contre action", où chaque partie fera simultanément un pas vers l'autre, devra conduire à une levée des sanctions internationales. A cet égard, la balle est désormais dans le camp américain pour concrétiser cette promesse de paix, de désarmement et de prospérité dans la péninsule coréenne.

Source principale : KCNA.

Partager cet article
Repost0
10 avril 2018 2 10 /04 /avril /2018 12:38

Le 9 avril 2018 le Bureau politique du Comité central du Parti du travail de Corée (PTC) s'est réuni sous la direction de Kim Jong-un, Président du PTC, Président de la Commission des affaires d'Etat de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Il s'agissait d'une réunion incluant les membres suppléants du Bureau politique, et élargie aux vices-Premiers ministres en tant qu'observateurs. Si la dépêche de l'agence nord-coréenne KCNA rendant compte de cette réunion a tout d'abord mis en avant les aspects budgétaires (avec des rapports sur l'exécution budgétaire et la préparation de la prochaine loi de finances qui sera soumise à l'Assemblée populaire suprême lors de sa traditionnelle session d'avril), le moment majeur de la réunion a été le rapport présenté par le Président Kim Jong-un "sur les récents développements de la situation dans la péninsule coréenne", comme l'a précisé KCNA.

Réunion du bureau politique élargi du Parti du travail de Corée

Alors que le président américain Donald Trump a réaffirmé qu'il envisageait une réunion avec le Président Kim Jong-un "en mai ou début juin", une première réunion opérationnelle Nord-Sud s'est tenue le 5 avril (sur la sécurité, les questions protocolaires et la couverture médiatique) pour préparer le sommet du 27 avril, avant de nouvelles réunions de travail entre les deux parties. Dans ce contexte, le compte rendu par KCNA de la réunion du Bureau politique du PTC du 9 avril 2018 a donné lieu à une mention explicite du sommet du 27 avril, ainsi que de la rencontre à venir avec le président des Etats-Unis, échanges présentés toutefois comme relevant de la "perspective" d'un "dialogue", sans employer à ce stade le terme de "sommet", ni détailler le contenu des discussions :

Lors de la réunion Kim Jong-un a présenté un rapport sur les récents développements de la situation dans la péninsule coréenne.

Dans son rapport, le Dirigeant Suprême a fait référence à la réunion et aux discussions dans le cadre d'un sommet nord-sud devant se tenir à la "Maison de la Paix" dans la partie sud de la zone de Panmunjom le 27 avril. Il a fait une analyse détaillée et soumis à approbation l'orientation sur le développement actuel des relations nord-sud et la perspective d'un dialogue entre la RPDC et les Etats-Unis. Il a clarifié les questions stratégiques et tactiques de la ligne à suivre par la PTC, y compris la future politique de relations internationales et l'orientation correspondante.

Si le troisième sommet intercoréen aura lieu dans la zone démilitarisée, le fait que ce soit dans la partie sud de cette zone est un symbole à relever : pour la première fois un sommet intercoréen ne se tiendra pas au nord de la péninsule.

En ce qui concerne les relations bilatérales avec Washington, l'annonce reste prudente à ce stade : le dialogue avec les Etats-Unis, en cours, est en effet la condition préalable à un sommet, dont il reste encore à déterminer le jour, le lieu et le contenu. Le Président Kim Jong-un n'a pas encore parlé de dénucléarisation de la RPDC, ni des nécessaires contreparties en termes de sécurité qui résulteraient d'un tel choix.

Dans ce contexte, le bureau politique du PTC a pris des décisions de court terme (les questions "tactiques" évoquées dans la dépêche de KCNA), et des décisions "stratégiques", à plus long terme. En cas d'accord, il en résulterait l'ouverture d'un nouveau cycle de détente dans les relations internationales et la politique que conduirait alors le PTC.

La situation présente implique enfin des cadres dirigeants du PTC et aux unités du pays d'être pleinement à la hauteur de la tâche qui leur incombe, notamment pour le renforcement de l'économie nationale, comme l'a souligné le Président Kim Jong-un dans son rapport. Ainsi que l'a précisé KCNA,

Il a alors souligné en détail le travail récent des membres du Bureau politique du Comité central du PTC et mis en exergue le besoin pour eux de prendre pleinement leurs responsabilités à la hauteur de leur rôle comme membres dirigeants de la révolution.

Il a appelé tous les secteurs et toutes les unités de l'Etat à brandir constamment la bannière révolutionnaire de l'autodétermination et à accomplir avec succès les tâches pour cette année, la troisième dans la mise en oeuvre de la stratégie quinquennale pour le développement économique de la nation, en mobilisant pleinement les forces technologiques et le potentiel économique, afin d'accomplir une avancée décisive dans la revitalisation globale de l'économie.

Source : KCNA.

Partager cet article
Repost0
6 avril 2018 5 06 /04 /avril /2018 12:47

Le 31 mars 2018, à l'issue des travaux de l'assemblée générale de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC), Jean-Marie Sablé a prononcé une conférence sur la politique de Songun, au nom du comité d'études des sciences politiques et sociales de la Corée, constitué au sein de l'AAFC le 15 décembre 2017. Après un exposé liminaire, les questions-réponses avec la salle ont été enrichies par les éclairages apportés par S.E. Kim Yong-il, délégué général de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) auprès de la République française, ambassadeur de la RPDC auprès de l'UNESCO. Nous reproduisons ci-après le texte intégral de l'exposé de Jean-Marie Sablé.

Qu’est-ce que la politique de Songun ?

Qu’est-ce que la politique de Songun ?

 par Jean-Marie SABLÉ


La République populaire démocratique de Corée (RPDC) est certes un pays relativement connu, si l’on en croit l’attention que lui portent les médias, mais cette attention est inversement proportionnelle à la capacité à analyser la philosophie politique de ce pays. Les analyses se limitent à parler de communisme ou de stalinisme, ce qui reste extrêmement limité et, certainement réducteur. Le journalisme a peut-être vocation à rapporter des faits, mais de là à faire de la science politique sérieuse, on ne peut qu’avouer son scepticisme. Il faut parler de philosophie politique, car plusieurs articles de la Constitution nord-coréenne mentionnent ces idées qui guident la RPDC. L’article 3 de la Constitution de 1972 affirme, dans sa version modifiée en 2009, que « la République populaire démocratique de Corée se guide dans ses activités sur les idées du Juche, les idées du Songun ». Il existe donc une philosophie politique officielle en RPDC en raison de ces principes et axiomes que l’on retrouve dans sa norme suprême, même si nous ne sommes pas dans le registre de la philosophie ou un principe métaphysique puisque ces principes et axiomes ont des aspects et des finalités pratiques

 

La politique de Songun ou l'armée d'abord : une adaptation du socialisme à la coréenne

 

Outre les références constitutionnelles au Songun (art. 3 préc, mais également art. 59[1] et 109[2]), il existe plusieurs discours officiels à faire usage de ce terme. Songeons notamment à deux récents discours de Kim Jong-Un prononcés en 2012, dont l’un date précisément du 15 avril 2012 et qui a pour intitulé : « Luttons ferme pour la victoire finale en portant encore plus haut l’étendard du Songun »[3]. Il a été justement prononcé à l’occasion de la naissance du Président Kim Il-Sung. Les dirigeants nord-coréens assument donc clairement cette expression, laquelle fait donc partie d’une doctrine officielle.

 

Il faut bien tenter une définition, aussi imparfaite soit-elle. De façon sommaire, le Songun désigne cette priorité donnée aux affaires militaires dans la politique de la RPDC. À ce titre, étymologiquement, en coréen, seon gun signifiee « l’armée d’abord ».

 

Il existe quelques définitions, dont l’une issue du site internet Naenara : « en un mot, elles consistent à accorder une priorité absolue à l’accroissement du potentiel militaire du pays comme l’exige le principe de la primauté des affaires militaires et à faire de l’armée révolutionnaire la force principale, le pilier de la révolution pour faire avancer l’œuvre socialiste. » Ce même site internet donne une autre définition, un peu plus récente, mais toujours centrée sur la notion de priorité donnée aux affaires militaires : « la politique de Songun est un mode de gouvernement socialiste fondamental consistant à donner la priorité à l’aspect militaire dans les affaires de l’État et à prendre l’Armée populaire pour élite et force principale pour renforcer la force motrice de la révolution et faire progresser victorieusement l’œuvre socialiste. C’est un mode de gouvernement à la manière de Kim Jong Il. »[4].On pourra donc retenir trois aspects de cette doctrine :

 

  • Elle a avant tout un caractère pratique, puisque on parle de « mode de gouvernement » ; c’est d’ailleurs pour cette raison que l’on parle de « politique de Songun » : doctrine et politique, c’est tout un dans le Songun ;

 

  • Elle donne un rôle central à l’armée (elle est même qualifiée d’« élite ») ;

 

  • Enfin, cette doctrine a aussi une finalité : elle vise à renforcer la révolution et de faire progresser l’œuvre socialiste. Cette doctrine a aussi un caractère fonctionnel : ce n’est pas une fin en soi. Le même site parle aussi de « l’édification d’une puissance socialiste prospère ». On notera que cette définition reprend un entretien de KIM Jong Il qui, déjà, en 2003 parlait de « force principale » et décrivait l’armée comme étant l’élite.

 

Sans difficultés, pour privilégier l’élément le plus consensuel, on retiendra au moins l’idée d’une priorité donnée aux affaires militaires. Cette priorité ayant des aspects concrets, tant au niveau de la politique que de la symbolique ou de la sémantique.
 

 

Une réponse à la crise des années 1990
 

Il est donc question d’une priorité donnée aux affaires militaires. Or on ne peut comprendre cette priorité sans justement prendre en compte le nouveau contexte des années 1990, marqué par la Chute du Mur de Berlin, la disparition des démocraties populaires dans le Bloc de l’Est, puis par la fin de l’URSS. Tous ces événements vont avoir des conséquences profondes sur la RPDC. Malgré une spécificité idéologique, caractérisée notamment par le Juche[5], la RPDC a fait les mêmes choix économiques que les démocraties populaires : rôle de l’industrie lourde, planification, etc. Une décision aura une conséquence direct : la remise en cause par Gorbatchev des accords commerciaux avec la RPDC fondés sur le troc. Jusqu’au début des années 1990, la RPDC recevait, en effet, de l’URSS des « intrants », comme les engrais, le matériel agricole ou le carburant. À la demande des américains – dont on devine l’intérêt à isoler la RPDC en fragilisant son régime politique et son économie -, cet approvisionnement s’arrête, au sens littéral, du jour au lendemain.

 

Le résultat est que la RPDC va subir des privations. En effet, son agriculture ne peut nourrir de façon satisfaisante la population dans la mesure où la priorité avait été donnée à l’industrie lourde. Or ce robinet est coupé avec les conséquences que l’on peut imaginer. C’est la « dure marche », dont l’existence n’est pas niée dans les écrits officiels nord-coréens. Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, il n’y a jamais eu de voile pudique sur ces affaires.

 

Dans ce contexte, marqué notamment par la prédominance du Parti du travail de Corée (PTC), la cohésion devient une affaire délicate. Dans la vie administrative et quotidienne, le PTC ne peut concourir, à lui seul, à la marche des affaires courantes. Pour cela, on comprendra aisément pourquoi l’armée jouera un rôle supplémentaire. Après tout, même dans les pays occidentaux, l’armée peut intervenir en matière de catastrophes naturelles[6]. Elle bénéficie de capacités logistiques facilement mobilisables.

 

Mais l’armée permet aussi au pays de défendre son indépendance dans un contexte d’effondrement du bloc soviétique. (Au passage, c’est au cours de cette même période que la question du nucléaire militaire nord-coréen est mise sur le tapis et que Washington entame un bras de fer avec Pyongyang pour éviter que la RPDC se dote de cette arme.) En tout état de cause, il faut préserver l’indépendance du pays quitte à recourir à une rhétorique et même à une imagerie faisant davantage appel aux démonstrations militaires.

 

Outre des conséquences pratiques et militaires, on comprend l’insuffisance du Juche à répondre adéquatement au nouveau contexte. Au fond, le Juche ne peut se comprendre que dans un cadre où la RPDC doit affirmer sa spécificité par rapport aux non-alignés et aux démocraties populaires. La RPDC doit ainsi prendre ses distances par rapport au communisme, du moins tel qu’il est professé en URSS, mais aussi en Chine populaire. La différenciation idéologique doit permettre une affirmation de son indépendance. Cependant, il ne s’agit pas d’un contexte d’isolement à proprement parler. Or, dans les années 1990, ce contexte est différent. On comprend mieux la nécessité d’un approfondissement de la doctrine officielle. Certes, le Juche affirme bien l’autonomie, mais il faut approfondir ce qui permet cette autonomie en développant ainsi son aspect militaire.

 

Ce constat pourrait constituer une objection, mais, en soi, toute doctrine est par définition contextualisée ; cela n’a rien de péjoratif. Les idées, les concepts s’insèrent toujours dans des contextes donnés. La doctrine officielle nucléaire française, par exemple, ne peut se comprendre sans la prise en compte d’un pays qui a connu deux guerres et qui a réussi à être dans le camp des vainqueurs de 1945.

 

 

L'existence précède l'essence

 

La conceptualisation donnée aux affaires militaires est donc la caractéristique du Songun. Il y eut la chose avant qu’apparaisse le mot. La première référence officielle daterait de juillet 1997 d’après un auteur anglo-saxon écrivant dans une revue sud-coréenne. Le terme se répandra au cours des années 1990 avec la fortune qu’on lui connaît. Il faut attendre l’entretien de Kim Jong-Il du 29 janvier 2003[7]. Cette prise en compte du Songun, au niveau suprême, doit être notée. La consécration constitutionnelle n’est plus très loin puisqu’en 2009, la Constitution est révisée : le terme « Songun » apparaît alors dans trois articles de la norme fondamentale.

 

Certes, il faut trouver une assise au Songun : on ne peut se fonder officiellement sur les seules circonstances de la « dure marche ». Elles sont la cause directe, mais elles ne constituent pas un événement idéal et, surtout, elles sont à proximité immédiate des années 2000. Il faut, pour cela, s’appuyer sur un événement plus éloigné : l’inspection le 25 juillet 1960 par Kim Jong-Il de la 105ème division de chars. Cette unité avait pris, au cours de la Guerre de Corée, la ville de Séoul. Cet événement n’est pas relaté dans la biographie officielle de Kim Jong-Il de 2005[8]. On pourrait ironiser sur l’existence d’une reconstitution rétroactive.

 

Certes, on affirme que le Songun provient du Juche et qu’il faut remonter à Kim Il-Sung, mais si l’on examine les démocraties modernes, le choix des dates est tout aussi postérieur à l’événement lui-même, donc nécessairement sélectif. Ainsi, en France, ce n’est que tardivement que le 14 juillet est devenu la fête nationale, et ce non sans hésitations et débats, comme le prouvèrent les débats dans les débuts de la IIIe République. Après tout, la mémoire n’est pas l’histoire. D’autres exemples pourraient être invoqués à l’appui de ce constat empirique.

 

De même, on pourrait ironiser sur le fait que le Songun soit rattaché à Kim Il-Sung au point de le faire apparaître au cours des années 1930, mais, si l’on examine les discours officiels, on comprend que c’est clairement à l’action de Kim Jong-Il que ce concept est redevable. Certes, on parle bien d’« œuvre révolutionnaire Songun inaugurée par Kim Il-Sung sur la base des idées du Juche », mais l’expression « inaugurée » est en soi assez large[9]. Ainsi, le 6 avril 2012, Kim Jong-Un déclare que Kim Jong-Il « a développé en profondeur l’idée du Président Kim Il-Sung de privilégier les armes pour en tirer les idées révolutionnaires du Songun, la théorie de la politique de Songun… »[10]. Très clairement, l’apport de Kim Jong-Il est souligné, et l’on ne tombe pas non dans la fiction d’un Songun existant originellement. La doctrine est bien rattachée à Kim Jong-Il, à son mode de gouvernement. Parler de poursuite ou d’approfondissement signifie clairement que l’on se rattache précisément à l’un des leaders de la RPDC. Certes, dans le domaine des idées politiques, il n’y a pas de création. En soi, rien ne crée, rien ne se perd.

 

Enfin, les autres principes et objectifs ne sont pas évacués. Le Songun est clairement une doctrine « insérée », au service d’autres objectifs. Ainsi, l’Armée populaire a vocation « à défendre efficacement par la force des armes la cause du Parti en troupe d’éclaireurs »[11] (p. 9). Non seulement, ce n’est pas un objectif exclusif, mais ce n’est pas une militarisation à proprement parler du régime : l’armée, la force militaire reste un moyen au service d’une fin. Le Parti du travail de Corée n’a pas été oublié, ni délaissé : l’armée lui reste soumis. Dans ce même discours, on remarque également clairement que le Juche s’applique aussi à l’armée : « l’Armée populaire doit appliquer strictement les idées et la ligne militaire Juche de notre Parti dans ses affaires militaires et politiques »[12]. Le Songun n’est donc pas une doctrine ayant un monopole exclusif d’inspiration dans les affaires militaires.

 

 

[1] « les forces armées de la République populaire démocratique de Corée ont pour mission d'appliquer la ligne de la révolution fondée sur le Songun, pour protéger la Direction de la révolution, défendre les intérêts du peuple travailleur et sauvegarder le régime socialiste et les acquis de la révolution ainsi que la liberté, l'indépendance et la paix de la patrie contre toute agression étrangère. »

[2] Cet article fait apparaître le concept de Songun de manière plus incidente en décrivant les attributions du Comité de la défense nationale. En effet, ce dernier « a le devoir et le pouvoir de (…) définir les points importants de la politique d'État visant à l'application de la ligne de la révolution fondée sur le Songun. »

[3] Éditions Démocrite, Paris, 1er janvier 2013. L’autre discours, prononcé le 6 avril 2012, a pour intitulé : « Menons à un brillant achèvement l’œuvre révolutionnaire Juche en honorant le grand camarade Kim Jong Il comme secrétaire général éternel de notre parti », éditions Démocrite, Paris, février 2013.

[4] http://naenara.com.kp/fr/news/?1+7824.

[5] Kim Il-Sung avait ainsi déclaré le 10 janvier 1972 : « la révolution ne peut être ni exportée ni importée. Les étrangers ne peuvent faire chez nous la révolution à notre place », in Les idées du Juche et la lutte du peuple coréen pour leur application, Éditions en langue étrangère, 2012, p. 81.

[6] Il est clair que l’Armée populaire a été sollicitée dans épisodes particulièrement critiques de catastrophes naturelles, comme ce fut le cas lors de l’inondation de 1995 : cf. Kim Chol-U, La politique de Kim Jong-Il : le Songun, Éditions en langues étrangères, 2008, p. 14.

[7] Kim Jong-Il, « Le Songun est une éminente ligne révolutionnaire de notre époque et la bannière de l’invincibilité de notre révolution », entretien avec les responsables du Comité central du Parti du travail de Corée, 29 janvier 2003, éditions Démocrite, octobre 2009.

[8] Biographie de Kim Jong Il, vol. 1, Éditions en Langues Étrangères, 2005, p. 72-75. Dans cette biographie officielle, on passe ainsi du 15 juillet 1960 (date où Kim Jong-Il termine ses études secondaires) au 1er septembre 1960 (date où Kim Jong-Il s’inscrit à la section d’économie politique de la faculté d’économie). Il n’y pas de référence à la visite de la 105ème division de chars datée du 25 août 1960.

[9] On peut toujours inaugurer ce qui n’est pas encore construit, si l’on examine, par exemple, les inaugurations officielles dans les différents pays…

[10] Kim Jong-Il, op. cit., p. 7.

[11] Kim Jong-Il, « Luttons ferme pour la victoire finale en portant encore plus haut l’étendard du Songun », éditions Démocrite, Paris, 1er janvier 2013, p. 9.

[12] Ibid., p. 10.

Partager cet article
Repost0
1 janvier 2018 1 01 /01 /janvier /2018 11:47

Dans son traditionnel discours de Nouvel An, le Président Kim Jong-un a mis l'accent sur la nécessité de poursuivre l'édification d'une nation "puissante et prospère" en 2018. Alors que l'année 2017 a marqué la pleine accessibilité de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) au rang de puissance nucléaire, dotée d'une force de dissuasion opérationnelle, il a souligné que cette arme avait un caractère défensif et que la RPDC était toujours ouverte à la paix et au dialogue. Si une part importante de son discours a été consacrée au développement économique et social du pays, la partie la plus commentée à l'étranger a concerné son souhait que les Jeux olympiques d'hiver qui se dérouleront à Pyeongchang, en République de Corée (Corée du Sud) du 9 au 25 février 2018, soient un succès, en réitérant son appel au dialogue intercoréen. Ce message a été salué à Séoul, alors que le Président Moon Jae-in avait exprimé la volonté que la trêve olympique ne soit pas marquée par les habituelles manœuvres militaires américano-sud-coréennes.

Discours de Nouvel An : Kim Jong-un délivre un message pour la paix, le dialogue et la prospérité

La dissuasion nucléaire : une réalité qui empêche désormais une attaque américaine

S'il ne s'agit pas de la partie la plus longue du discours du Président Kim Jong-un, elle ouvre son discours de Nouvel An : disposant désormais d'une bombe thermonucléaire (bombe H) et ayant procédé à différents lancements de missile pouvant être les vecteurs de têtes nucléaires en 2017, la RPD de Corée dispose à présent d'une force de dissuasion nucléaire "puissante et fiable", qu' "aucune force ne pourra renverser".

Dans une formule qui rappelle que les déclarations du Président américain Donald Trump (qui n'a pas été nommé) s'attaquaient à lui ad hominem, Kim Jong-un a observé que, désormais, les Etats-Unis ne pouvaient plus "mener une guerre contre moi ou mon pays", et que désormais "tout le territoire américain était à la portée de notre frappe nucléaire" :

Le bouton nucléaire est toujours sur mon bureau, et il s'agit d'une réalité, pas d'une menace.

Plus loin dans son discours, le Président Kim Jong-un, tout en rappelant la portée du principe de dissuasion nucléaire quant à la non-utilisation des armes nucléaires, a souligné que la Corée du Nord était un pays attaché à la paix et constituait une puissance nucléaire responsable, ne fermant ainsi pas la porte au dialogue avec les Etats-Unis dès lors qu'il s'agirait de garantir la paix dans la péninsule coréenne et en Asie du Nord-Est. Selon l'agence de presse nord-coréenne KCNA,

Il a déclaré que la RPDC, en tant que pays aimant la paix et puissance nucléaire responsable, n'utiliserait pas ses armes nucléaires si les forces d'agression hostiles n'empiétaient pas sur notre souveraineté et les intérêts de notre Etat, et ne posaient pas de menace nucléaire contre aucun pays ou région.

Mais il a souligné que nous agirions résolument contre n'importe quel acte menaçant la paix et la sécurité dans la péninsule coréenne.

Poursuivre le développement économique et social du pays

Comme les années précédentes, la plus grande partie du discours a été consacrée à la construction d'un "pays socialiste puissant" par la poursuite et l'accélération de l'effort de développement économique et d'élévation du niveau de vie de la population, en cohérence avec la stratégie économique quinquennale de développement national (définie en 2016 pour la période 2016-2020, dans la foulée du 7e congrès du Parti du travail de Corée de mai 2016) - et sans faire référence aux sanctions internationales sans précédent qui frappent désormais le pays qui doit donc, plus que jamais, compter sur ses propres forces :

- la première référence dans le domaine économique a porté sur la production d'électricité, rappelant ainsi que la production d'énergie étant l'un des prérequis pour accélérer la croissance économique ;
- l'accent a été mis sur les "innovations" nécessaires dans les secteurs de base que sont la production de charbon et de fer et le transport ferroviaire ;
- de grands projets d'aménagement et/ou de construction ont été désignés comme prioritaires pour l'année 2018 (la zone touristique côtière de Kalma à Wonsan, la rénovation de Samjiyon, la centrale de Tanchon et la seconde phase du projet de voie navigable dans la province de Hwanghae du Sud) ;
- dans le domaine environnemental, une mention particulière a été faite de la reforestation, qui permet notamment d'endiguer les effets des inondations sur les récoltes, alors que la RPD de Corée lutte toujours pour atteindre à nouveau l'autosuffisance alimentaire bien que les terres arables ne couvrent qu'un sixième de son territoire.

Deux événements majeurs en 2018 : la célébration du 70e anniversaire de la fondation de la République populaire démocratique de Corée et les Jeux olympiques d'hiver de Pyeongchang

Parmi les événements majeurs qui doivent marquer l'année 2018 ont été mentionnés la commémoration du soixante-dixième anniversaire de la fondation de la RPD de Corée, le 9 septembre 1948, ainsi que les Jeux olympiques d'hiver, au Sud de la péninsule.

Cette dernière mention s'inscrit dans le cadre plus général de l'appel à faire "fondre" la glace qui s'est instaurée dans les relations Nord-Sud. De fait, tous les projets intercoréens mis en place pendant la décennie du "rayon de soleil" ont été gelés ou abandonnés depuis le retour au pouvoir des conservateurs à Séoul en 2008, avant que la destitution de la Présidente Park Geun-hye et l'élection du démocrate Moon Jae-in, en mai 2017, n'ouvre de nouvelles perspectives de reprise du dialogue et des échanges Nord-Sud.

Si le résumé de l'intervention du dirigeant nord-coréen sur les sites du pays ne détaillait pas la participation attendue des Nord-Coréens aux Jeux olympiques et paralympiques de Pyeongchang (auxquels se sont qualifiés les patineurs nord-coréens Ryom Tae-ok et Kim Ju-sik), les autorités et les médias de la République de Corée, ayant suivi son intervention télévisée, en ont précisé les modalités :

Les JO d'hiver qui auront lieu en Corée du Sud seront une bonne occasion pour la nation. Nous souhaitons sincèrement que les JO d'hiver connaissent un succès (...) Nous sommes prêts à prendre diverses mesures, notamment envoyer la délégation. A cette fin, les deux Corées peuvent se rencontrer immédiatement.

Le porte-parole de la présidence sud-coréenne (Cheong Wa Dae), Park Soo-hyun, a immédiatement accueilli favorablement cette ouverture :

(Cheong Wa Dae) accueille chaleureusement la proposition de rencontre intercoréenne concernant la participation du Nord aux JO de PyeongChang, soulevant la nécessité d'améliorer les relations des deux Corées (...) Si les Jeux olympiques de PyeongChang sont organisés avec succès, ils contribueront à la paix non seulement sur la péninsule coréenne mais aussi en Asie du Nord-Est et dans le monde.

Yonhap

Tout en saluant le message de paix, d'ouverture et de dialogue contenu dans le discours de Nouvel An du Président Kim Jong-un, et en réaffirmant sa volonté de continuer à contribuer au développement des échanges économiques, culturels et scientifiques avec les hommes et les femmes coréens - de toute la Corée, l'Association d'amitié franco-coréenne présente ses meilleurs vœux pour 2018, en espérant qu'ils soient placés sous le sceau de la paix et de la réconciliation dans la péninsule coréenne. Il importe à présent que la rencontre intercoréenne envisagée à l'occasion des Jeux de Pyeonchang puisse avoir lieu, et qu'un coup d'arrêt soit mis au cycle sans fin des tensions et des sanctions - la suspension des manœuvres militaires américano-sud-coréennes prévues pendant les Jeux de Pyeongchang constituant une première étape sur cette voie.

Source principale : KCNA (les citations ont été traduites par nos soins de l'anglais depuis cette source, sauf en cas de reprise directe de citations en français d'autres sites Internet).

Lire l'intégralité du discours, dans sa traduction française officielle, sur le site Naenara.

Partager cet article
Repost0
10 octobre 2017 2 10 /10 /octobre /2017 20:48

Le 8 octobre 1997, les médias nord-coréens publiaient une "information spéciale" : le Comité central du Parti du travail de Corée (PTC) et la Commission militaire centrale du PTC avaient proclamé l'élection du Dirigeant Kim Jong-il aux fonctions de Secrétaire Général du Parti. Vingt ans plus tard, alors que se tenait une session du Comité central la veille du jour anniversaire, des cérémonies commémoratives ont eu lieu dans tout le pays. Nous reproduisons ci-après des photos des célébrations publiées par le site russe Sputnik.

La Corée du Nord a célébré le 20e anniversaire de l'élection de Kim Jong-il comme Secrétaire Général du Parti du travail de Corée
La Corée du Nord a célébré le 20e anniversaire de l'élection de Kim Jong-il comme Secrétaire Général du Parti du travail de Corée
La Corée du Nord a célébré le 20e anniversaire de l'élection de Kim Jong-il comme Secrétaire Général du Parti du travail de Corée
La Corée du Nord a célébré le 20e anniversaire de l'élection de Kim Jong-il comme Secrétaire Général du Parti du travail de Corée
La Corée du Nord a célébré le 20e anniversaire de l'élection de Kim Jong-il comme Secrétaire Général du Parti du travail de Corée

Source : 

Partager cet article
Repost0
8 octobre 2017 7 08 /10 /octobre /2017 10:49

Le 7 octobre 2017, quelques jours avant l'anniversaire de la fondation du Parti du travail de Corée (PTC) le 10 octobre 1945, s'est tenue la seconde session plénière du Comité central du PTC - la première session ayant été organisée dans la foulée du septième congrès du PTC, en mai 2016. Tout en réaffirmant l'objectif de développement simultané de l'économie et de la défense nationale (ligne byeongjin, toutefois présentée comme une simple adaptation des idées du Juche au contexte actuel), défini lors du septième congrès, les membres du Comité central ont pris en compte la situation nouvelle créée par les progrès accomplis en matière de dissuasion nucléaire ainsi que la politique de plus en plus hostile de l'administration américaine ayant conduit, nonobstant les menaces de destruction totale de la RPD de la Corée, à l'adoption de sanctions sans précédent dans le monde depuis 1945, tant en ce qui concerne leur légalité au regard de la charte des Nations unies que leur contenu (interdiction de 90% des échanges commerciaux, embargo pétrolier...). 

Kim Jong-un, lors de la session du Comité central, le 7 octobre 2017

Kim Jong-un, lors de la session du Comité central, le 7 octobre 2017

Dans son rapport, suivant le compte rendu publié par l'agence de presse nord-coréenne KCNA, le Maréchal Kim Jong-un a tout d'abord fait allusion à la "situation internationale compliquée" autour de la péninsule coréenne et aux conséquences qui en découlent pour le pays et le Parti, notamment en ce qui concerne les objectifs de développement économique et de construction du socialisme.

S'agissant de la situation internationale, comme nous l'avions déjà analysé au retour de notre séjour en RPDC en août 2017 à la suite notamment de nos échanges avec de hauts responsables du PTC, les Nord-Coréens font preuve de sérénité : après avoir réussi en juillet des tirs de missile balistiques intercontinentaux (susceptibles d'atteindre le territoire américain) et disposant de leurs armes nucléaires les plus puissantes à ce jour, les Nord-Coréens considèrent qu'ils sont désormais dotés d'une capacité de dissuasion nucléaire qui les met à l'abri d'une attaque américaine, comme celles subies par l'Irak en 2003 et la Libye en 2011. Dans son rapport, le Président Kim Jong-un est ainsi revenu sur la nécessité qu'a constitué la constitution d'une force de dissuasion nucléaire pour faire face aux menaces et au "chantage" des "impérialistes américains" (suivant une formulation habituelle, qui ne cite pas ni a fortiori ne met personnellement en cause le Président américain Donald Trump, ménageant ainsi un éventuel futur interlocuteur), et donc garantir la souveraineté et l'indépendance nationale du pays. Par ailleurs, le rapport du Président du Parti du travail de Corée se félicite de la "victoire" remportée pour sortir de "l'impasse avec les Etats-Unis, qui a duré depuis des siècles". Ces déclarations sont fondamentales pour comprendre l'état d'esprit actuel des dirigeants nord-coréens : ils estiment avoir (enfin) réalisé un équilibre des forces avec les Etats-Unis, et sont donc confiants pour parler à présent d'égal à égal avec leurs homologues américains - même si Kim Jong-un ne parle à aucun moment de reprise du dialogue avec Washington, son discours ne comporte pas davantage de menaces militaires à l'égard des Etats-Unis.

Les experts américains de la Corée du Nord sauront bien évidemment analyser ce message (indépendamment des canaux de discussions américano-nord-coréens, dont le secrétaire d'Etat Rex Tillerson a rappelé publiquement l'existence) - mais s'engageront-ils à nouveau dans des pourparlers, comme l'y exhortent la Russie, la Chine ou encore la France ? Les récents propos ambigus de Donald Trump (déclarant que désormais, face à la Corée du Nord, "une seule chose marchera" [sous-entendu, l'option militaire]) ne doivent pas masquer le fait qu'il existe un consensus au sein de l'appareil d'Etat américain (diplomates et militaires au diapason) contre un conflit avec la RPD de Corée - ainsi que l'a par exemple analysé Le Canard enchaîné dans son édition du 4 octobre 2017. 

Une situation "rude" mais une sortie "victorieuse de l'impasse avec les Etats-Unis" (Kim Jong-un)

En attendant la décision américaine, les Nord-Coréens doivent faire face à l'urgence, à savoir un renforcement sans précédent des sanctions internationales. A cet égard, le Maréchal Kim Jong-un reconnaît que la situation est "rude", mais il exhorte les Nord-Coréens, sous la conduite du Parti, a redoubler d'efforts dans la construction d'une puissance socialiste indépendante comptant sur ses propres forces, recherchant l'autosuffisance dans tous les domaines (et qui serait ainsi, observons-le, à l'abri de représailles sur les échanges commerciaux) et mettant l'accent sur le progrès technologique et l'innovation. Dans ce contexte, il est plus que jamais fait appel à l'unité monolithique du peuple autour du Parti du travail de Corée, avec un rappel du rôle joué par les cellules et les comités du Parti, qui constituent ses organes de base.

Le session du Comité central a également été l'occasion de procéder à un rermaniement des instances dirigeantes du Parti :

Pak Kwang-ho, Pak Thae-song, Thae Jong-su, An Jong-su et Ri Yong-ho sont devenus membres à part entière du bureau politique (auparavant, ils n'étaient que membres suppléants, c'est-à-dire qu'ils peuvent participer aux discussions mais n'ont pas voix délibérative) ;
Choe Hwi, Pak Thae-dok, Kim Yo-jong et Jong Kyong-thaek sont devenus membres suppléants du bureau politique ; 
- Pak Kwang-ho, Pak Thae-song, Thae Jong-su, Pak Thae-dok, An Jong-su et Choe Hwi
 sont devenus de nouveaux vice-présidents du Parti, exerçant de fait les fonctions de directeur de département d'un Parti (par exemple, le département des relations internationales, le département du budget, etc.) ;
Choe Ryong-hae, Ri Pyong-chol, Jong Kyong-thaek et Jang Kil-song sont devenus membres de la Commission militaire centrale du PTC, qui a la haute main sur les forces militaires et de sécurité intérieure, ainsi que pour la définition de la politique de défense.

Sources : 
- KCNA
- North Korea Leadership Watch

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Association d'amitié franco-coréenne
  • : Soutenir une réunification indépendante et pacifique de la Corée, conformément à l'aspiration légitime du peuple coréen et dans l’intérêt de la sécurité et de la paix dans le monde
  • Contact

Recherche

D'où venez-vous?