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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 00:01

Le lundi 3 janvier 2011, le magazine de géopolitique de la rédaction de France 2 "Un oeil sur la planète", présenté par Etienne Leenhardt, était consacré à la Corée du Sud, sous le titre Corée : la puissance cachée. D'emblée, les réalisateurs donnent le ton en insistant sur l'erreur de nombreux Occidentaux à méconnaître un pays devenu l'une des puissances économiques majeures de la planète : "Dans l’ombre de l’Inde et de la Chine, la Corée du Sud est le pays qui monte en Asie. Cette jeune démocratie a réussi, au prix d’efforts inouïs, à sortir du sous-développement et à devenir un acteur important sur la scène internationale. C’est d’ailleurs elle qui a présidé le G20 en 2010 (...) La Corée du Sud est déjà le 4ème partenaire commercial de l’Union… Et son ascension économique se double d’une ambition politique". L'AAFC salue la qualité d'un documentaire abordant un pays trop souvent absent des programmes des grandes chaînes de télévision, en dépit de certaines omissions qui auraient mérité une confrontation des réalisateurs avec d'autres sources que celles gouvernementales sud-coréennes - notamment en ce qui concerne les relations intercoréennes et la Corée du Nord.

 

Coree_la_puissance_cachee.jpgPour tous ceux qui s'intéressent à la Corée dans son ensemble, le documentaire de France 2 "Un oeil sur la planète", consacré le 3 janvier 2011 à la Corée du Sud, a eu le mérite - rare - de lever une partie du voile d'ignorance qui couvre la société et  l'économie sud-coréennes. Se voulant exhaustive, l'émission aborde, sans surprise, nombre de sujets méconnus, voire source d'incompréhensions, sur la Corée du Sud : le poids des grands groupes économiques, les chaebols, à travers l'exemple de Samsung qui prend en charge la vie de chacun de ses fidèles employés ; le rôle des religions et autres groupes spirituels (comme l'église de l'Unification, communément appelée secte Moon) ; l'attachement à l'institution éducative ; la vie éreintante des étudiants et des jeunes salariés qui alternent longues journées d'étude ou de travail et soirées entre amis jusqu'à l'aube ; le poids de l'armée et les sacrifices qu'exigent les deux ans de service militaire pour tous les jeunes appelés (qu'on voit réciter de manière disciplinée les éléments de langage transmis par leur hiérarchie) ; ou encore le succès dans toute l'Asie de la culture pop coréenne (la "K pop", pour Korean pop) de la vague hallyu...

 

Le documentaire touche aussi certains sujets pratiquement ignorés dans les principaux médias occidentaux, comme la défense du cinéma national sud-coréen ou l'essor de la jeune scène artistique sud-coréenne - dont beaucoup de représentants ont d'ailleurs été formés en France, ce qui n'est malheureusement pas signalé. Globalement, les auteurs s'efforcent de porter un regard intime sur la société sud-coréenne, tout en évitant un sensationnalisme facile

 

Ils n'en évitent pas moins certaines omissions, ou des raccourcis, qui auraient pu nécessiter de diversifier encore davantage leurs sources d'information. L'histoire du pays n'est que superficiellement évoquée : on ne saura pas grand chose des régimes autoritaires qui ont occupé le pouvoir quatre décennies durant à Séoul, ni du combat héroïque des opposants, qui l'ont souvent payé de leur vie. Le parti pris d'une plongée dans la société actuelle néglige ainsi certains aspects historiques fondamentaux de ce qui a souvent été qualifié de "miracle" sud-coréen : l'apport massif de capitaux américains et sud-coréens, des journées de travail les plus longues au monde parmi les pays industrialisés et une protection sociale encore très déficiente pour un pays membre de l'OCDE. Les luttes sociales sont passées sous silence. Et pour cause : le groupe Samsung, pris comme référence, ne connaît pas les syndicats. Si le rôle du président du groupe est souligné, il aurait été utile d'au moins évoquer les liens étroits des dirigeants de Samsung avec le régime militaire de Park Chung-hee, qui a été un des ressorts indispensables de son succès. De même, la crise financière de 1998 est passée par pertes et profits, alors qu'elle a entraîné une restructuration de l'économie sud-coréenne, notamment de son système bancaire, qu'il aurait été utile d'analyser pour en comprendre aussi les fragilités, et pas seulement les indéniables succès.

 

Ponctuellement, on relève quelques erreurs : par exemple, le christianisme en Corée a été introduit par des Coréens ayant voyagé en Chine, et non par des missionnaires (dont des Français) arrivés des décennies plus tard ; le taux de suicide n'est pas le plus élevé au monde, même s'il est préoccupant, la Corée du Sud étant devancée dans ce triste palmarès par le Guyana, la Hongrie et d'anciens pays membres de l'Union soviétique... On s'étonne également d'un certain biais à décrire l'Eglise de l'unification comme une religion établie au même titre que les églises protestantes, alors qu'il existe des structures fédératives de ces églises dont celle du révérend Moon ne fait pas partie.

 

Attachée enfin à la réunification de la Corée, l'AAFC déplore de nombreuses approximations et des points de vue partiaux concernant les relations intercoréennes, reflétant la trop grande dépendance des auteurs de leurs sources gouvernementales sud-coréennes, l'actuelle majorité sud-coréenne n'étant pas favorable au développement des échanges Nord-Sud :

 

 - la thèse imputant le naufrage du Cheonan à la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) n'est partagée ni par la Russie, ni par la Chine, et est contestée par de larges pans de l'opinion sud-coréenne, à commencer par un ancien membre sud-coréenne de la commission d'enquête officielle ;

 

- le bombardement de l'île de Yeonpyeong est sorti de son contexte : celui d'exercices sud-coréens qui, selon le Nord, auraient atteint ses eaux territoriales ;

 

- si l'attachement à la paix est certain de chaque côté de la zone démilitarisée (DMZ) qui sépare les deux Corée, pourquoi passer sous silence les politiques conduites pendant dix ans par les prédécesseurs démocrates du président actuel Lee Myung-bak, à commencer par le développement de la zone économique intercoréenne de Kaesong ?

 

- les liens de Radio Free Choseon avec la CIA auraient mérité d'être signalés, de même que le choix d'un nombre significatif de Nord-Coréens, venus au Sud, de retourner en RPDC, presque tous subissant des réactions de rejet et d'ostracisme, sans pouvoir généralement bénéficier des réseaux d'entraide et de solidarité qui structurent la société coréenne, au Nord comme au Sud.

 

Car la Corée du Nord a été rejetée dans un "ailleurs" impalpable, mystérieux et inquiétant, ignorant sa coréanité. Pourtant, tout visiteur occidental familier des deux parties de la Corée ne peut qu'être frappé du même respect de la famille, de l'autorité et de la nation, de la même importance accordée à l'éducation et au travail, du même rêve d'un retour à l'unité nationale. Les spectacles vivants du groupe Samsung ne peuvent pas ne pas évoquer les spectacles de gymnastique de masse au Nord. Mais peut-être s'agira-t-il du thème d'une autre émission d' "Un oeil sur la planète", qui aborderait la société, la culture et l'économie de la RPDC, cette autre "puissance cachée" ?

 

Voir l'émission en intégralité sur le site de France 2

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4 janvier 2011 2 04 /01 /janvier /2011 00:07

En octobre 2010, Madeleine Dupont, membre de l'AAFC et par ailleurs militante du Pôle de renaissance communiste en France (PRCF), faisait partie de la délégation de l'AAFC présente en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) à l'occasion du 65ème anniversaire du Parti du travail de Corée. Elle a rendu compte de son déplacement en RPDC dans le numéro 103 (décembre 2010) d'Initiative Communiste, mensuel du PRCF, dans un article intitulé "Retour de République populaire démocratique de Corée", dont nous reproduisons ci-après de larges extraits. En tant qu'organisation, le PRCF réaffirme en conclusion de cet d'article sa position de principe en faveur du retrait des troupes américaines de Corée du Sud et pour la reprise immédiate, par le gouvernement sud-coréen, des négociations avec la RPDC pour la réunification de la Corée "sur la base définie par le gouvernement de la RPDC : un Etat, deux systèmes".


 Je ne tenterai pas ici de faire une analyse politique ou économique  de ce pays. Je livrerai simplement quelques remarques et impressions ressenties lors de ce séjour. Je faisais partie d’une délégation  de l’Association d’Amitié Franco-Coréenne et nous avons été pris en charge dès notre arrivée. [...]

 

Nous sommes arrivés en pleine célébration du 65ème anniversaire du Parti du travail. Et pour comprendre l’importance donnée à ces manifestations, un bref rappel historique est nécessaire. Les Communistes, avec Kim  Il Sung, ont joué un rôle décisif dans la guerre de Libération, et la partition du pays n’est pas leur fait mais celui des USA. Au début du siècle dernier, trois grandes puissances se disputent la Corée : le Japon, la Chine et la Russie. Le Japon finit par l’annexer en 1910. Suit alors une période de répression violente contre le peuple coréen, pendant laquelle les communistes  s’organisent en un parti que Kim Il Sung va enraciner dans les masses. En 1932 est créée l’Armée Révolutionnaire Populaire Coréenne qui unit ses forces à celles de la Chine dans la lutte populaire de libération. Cette lutte s'amplifie à partir de 1941 et, en 1945, l’armée soviétique et la guérilla coréenne libèrent entièrement la Corée. Est alors proclamée la République Populaire de Corée ( de toute la Corée). Mais l’impérialisme US intervient et la Conférence de Potsdam en juillet 45 partage le pays en 2 zones d’influence et d’occupation de part et d’autre du 38ème parallèle.

 

 C’est en pensant à ce passé (et à la situation présente constamment tendue) que j’ai applaudi avec émotion l’armée populaire au défilé du 10 octobre. Quelle agréable surprise également, dans la rue, quand les camions attendaient le retour à la caserne, ces échanges joyeux entre les jeunes soldats et la population massée sur les trottoirs qui les acclamait !

 

 Nous avons également assisté à ce que les Coréens appellent Grand Spectacle Gymnique et Artistique de Masse, discipline dans laquelle excellaient les ex-pays socialistes. Et je reconnais que, personnellement - tant pis pour ceux qui n’apprécient pas ! - j’ai été subjuguée par l’ampleur, la beauté et la qualité. Plus de 100.000 participants ; des tableaux représentant, entre autres, la guerre de Libération, l’amitié avec la Chine, les efforts pour la réunification, l’armée, la vie quotidienne. [...]

 

Nous avons visité plusieurs établissements scolaires, des fermes et une « académie d’agriculture »,une usine textile, un chantier de construction, une maternité et une « académie » de médecine, le musée de la victoire…Chaque visite fut l’occasion de vérifier l’effort de la R.P.D.C. pour le bien-être des populations, caractéristique d’un Etat socialiste : des écoles dont l’équipement n’a rien à envier aux nôtres ; des usines, où les mères de famille travaillent 6h par jour au lieu de 8, et qui disposent de crèches, d'installations diverses comme le coiffeur ou la salle de repos, un potager et une école à proximité, où les hommes obtiennent la retraite à 60 ans et les femmes à 55 ; des hôpitaux aux soins gratuits, avec une large place à la médecine traditionnelle ; des chantiers où les ouvriers ne sont pas esclaves du chronomètre d’un contremaître ; des fermes à l’économie planifiée où l’Etat joue un rôle primordial, où on développe la recherche.

 

On empiète même sur la mer avec les polders et on rabote la montagne pour gagner un peu de terre dans ce pays où les surfaces cultivables sont plutôt réduites, afin d’atteindre l’autosuffisance alimentaire.

 

 La R.P.D.C. continue ses efforts «  pour la construction d’un pays prospère », même si dans les années 90 (avec la chute des pays socialistes), les U.S.A. avaient cru pouvoir prédire que l’échec du socialisme en Corée n’était qu’une question de temps, et malgré les sanctions des U.S.A. et leurs alliés, auxquelles s’ajoutent les fréquentes catastrophes naturelles.

 

 Vers la fin du séjour, nous avons rencontré le Directeur du Département Europe du Comité Coréen des relations culturelles avec les pays étrangers. Il a insisté sur l’incident du navire coulé dernièrement, pour montrer la tension maintenue par les U.S.A. dans le but de saboter toute tentative de négociation sur la réunification, constante de la politique de la R.P.D.C. [...]

 

 La nécessité d’affirmer sa solidarité avec la Corée socialiste n’est en rien une approbation sans critique ; mais  elle implique de continuer notre action pour sortir notre pays de l’O.T.A.N. et de l’Alliance Atlantique afin que s’établissent des relations normales de coopération entre la France et la R.P.D.C.

  

Quelles que soient les informations partielles et partiales des grands médias sur les récents événements en Corée, le P.R.C.F. réaffirme sa position de principe :

 

- Que les USA cessent leurs provocations et évacuent leurs troupes de Corée du Sud alors qu'aucune troupe étrangère ne se trouve sur le territoire de la R.P.D.C.

 

- Que le gouvernement réactionnaire de la Corée du Sud reprenne sans préalable les négociations avec la R.P.D.C pour la réunification du pays sur la base définie par le gouvernement de la R.P.D.C. : un Etat, deux systèmes.

 

18102010-20

  La délégation de l'AAFC devant l'Arc de Triomphe de Pyongyang, le 18 octobre 2010 (photo : AAFC)

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24 décembre 2010 5 24 /12 /décembre /2010 17:10

Lors des graves affrontements intercoréens qui avaient malheureusement causé au moins quatre morts (côté sud-coréen, en l'absence de bilan côté nord-coréen) le 23 novembre 2010, les médias français avaient fait peu de cas du point de vue nord-coréen, voire même du contexte d'exercices militaires sud-coréens dans une zone contestée par chacun des Etats coréens. Seule (ou presque) l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) avait présenté les points de vue des deux parties, en expliquant les dangers d'une situation qui fait peser des risques d'une nouvelle guerre en Corée. L'AAFC réaffirme sa position constante en faveur d'un traité de paix en Corée. Depuis, les lignes semblent avoir bougé, la presse française apportant des analyses moins unilatérales. Car les faits sont clairs : d'un côté, la Corée du Nord affiche en effet de la prudence - tout en se déclarant prête à une "guerre sacrée" si Séoul veut aller au conflit, Pyongyang a jugé inutile de réagir à de nouvelles manoeuvres sud-coréennes dans le même secteur de Yeonpyeong et aurait accepté, selon le gouverneur américain Bill Richardson au même moment en visite privée à Pyongyang, le retour des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) ; de l'autre côté, la Corée du Sud a choisi l'escalade, en engageant à nouveau des exercices à Yeonpyeong puis, quelques jours après, le 23 décembre, de nouvelles manoeuvres militaires à tirs réels, combinant ses forces terrestres et aériennes. Revue de presse.

 

r0dc21o2f3vste5s7ezej9x3a10rp3w-ng4b2h5rocswxu1p1hiys8fuib2.jpgDans un article intitulé "Escalade verbale après les nouvelles manoeuvres de Séoul", Le Monde expose formellement les points de vue des deux parties. Dans sa présentation des faits, il souligne la coïncidence entre les exercices du 23 décembre et les affrontements intercoréens un mois plus tôt jour pour jour à Yeonpyeong, ainsi que l'ampleur inédite des manoeuvres sud-coréennes : "Ces exercices ont lieu un mois jour après jour après les tirs d'obus nord-coréens sur l'île sud-coréenne de Yonpyong" ; "Les manœuvres terrestres sud-coréennes ont eu lieu dans la région de Pocheon, entre Séoul et la zone démilitarisée séparant les deux Corées. Elles ont mobilisé bien plus de matériel et de personnel qu'habituellement. Ces exercices à tirs réels, les plus importants de l'année, ont débuté à 14 h 30 heure locale (6 h 30, heure française). Ils ont impliqué pendant moins d'une heure, selon l'armée, 800 soldats, 30 chars, sept hélicoptères, six avions de combat, des missiles antichar et des lanceurs de roquette".

 

La présentation du Monde est proche de celle du Nouvel Observateur, qui titre également sur l'escalade de la tension, tout en étant moins précis sur les manoeuvres sud-coréennes. Un précédent article ("Le gouverneur américain Bill Richardson en Corée du Nord, nouveaux exercices armés au Sud") faisait le parallèle entre la visite de Bill Richardon, citant longuement ce partisan du dialogue et de la paix ("A chaque fois que les Nord-Coréens me contactent c'est qu'ils veulent faire passer un message", a expliqué M. Richardson), et les exercices armés alors imminents du Sud. La position de la Corée du Nord en faveur du dialogue et de la reprise des pourparlers à six avait également été rappelée dans cet article : La Corée du Nord "soutient toutes les propositions de dialogue y compris les discussions à six, guidée par la volonté d'éviter une guerre et d'aboutir à la dénucléarisation de la péninsule coréenne mais elle ne les quémandera jamais", a déclaré un porte-parole du ministère nord-coréen des Affaires étrangères cité par l'agence officielle nord-coréenne KCNA.

 

 Pour sa part, Le Figaro ne voit de "provocation" que du côté du Nord, tout en parlant simplement de "démonstration de force" du Sud - évitant ainsi le mot "manoeuvre" et reprenant longuement l'idée d'une "riposte" sud-coréenne, soit très exactement la terminologie et l'analyse des militaires et du gouvernement sud-coréens.

 

 Le titre de l'article de Libération ("Corées : nouvelles manoeuvres de Séoul, menace de guerre de Pyongyang") souligne le risque de guerre que font peser les "nouvelles manoeuvres" de Séoul, l'adjectif "nouvelles" évoquant d'emblée les exercices militaires à répétitions de la Corée du Sud. L'article cite les responsables du Nord et du Sud et rappelle la visite de Bill Richardson (opportunément oubliée dans l'article du Figaro). Il souligne aussi le point de vue de certains analystes, que ne permettent pourtant pas de corroborer les actuelles déclarations de Pyongyang, selon lesquels le Nord pourrait répliquer par des frappes après janvier, une visite du président chinois aux Etats-Unis étant prévue le 19 janvier prochain.

 

 Dans un court article factuel, Le Point avait souligné la retenue de Pyongyang, titrant : "La Corée du Nord préfère ne pas réagir à la "provocation" du Sud".

 

Au sein de la presse gratuite, le quotidien Metro, a titré, le 22 décembre (c'est-à-dire avant les déclarations de Pyongyang sur une "guerre sacrée"), sur les "manoeuvres" du Sud ("Corées : Séoul entame de nouvelles manoeuvres militaires"). L'article souligne le contraste entre la Corée du Sud (qui n'hésite plus à se faire menaçante, parlant de "sévères représailles si le Nord se risque à un autre acte provocateur") et la Corée du Nord, qui "avait pourtant montré quelques signes d'apaisement" après les exercices à Yeonpyeong.

 

Quelques exceptions toutefois dans la présentation par la presse des récents développements dans la crise intercoréenne : la première page de la rubrique "Monde/Actualité" du site de L'Express ne juge pas opportun de mentionner les manoeuvres sud-coréennes, tout en maintenant un lien vers les articles au vitriol contre la RPDC rédigés au lendemain du 23 novembre. Il est vrai que L'Express a choisi depuis longtemps son camp : son spécialiste - ou supposé tel - de la Corée du Nord, Marc Epstein, est un des critiques les plus virulents de la RPD de Corée dans la presse française, rendant donc inutile toute présentation de l'ensemble des points de vue en présence.

 

Photo AFP.

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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 13:13

TV cerveauAlors qu'une offensive dirigée contre la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) semble en cours dans tous les médias - presse, édition, et même jeux vidéo -, la chaîne française M6 diffusait le 24 octobre 2010, dans le cadre de son magazine Enquête exclusive (présenté par Bernard de la Villardière), un reportage intitulé « Dictature, paranoïa, famine : bienvenue en Corée du Nord ». L'auteur de cette « enquête exclusive » a accompagné trois touristes français en visite dans le pays, tout en dissimulant sa véritable identité. La presse magazine consacrée à la télévision a jugé assez sévèrement cet énième reportage à sensations sur la Corée du Nord. Ainsi, l'hebdomadaire TV Magazine écrit : « Le reportage de M6, présenté comme un document, renonce à l'information. » L'Association d'amitié franco-coréenne a jugé utile d'apporter quelques éléments d'information à l'attention des téléspectateurs qui ont vu ou verront cette émission.



Une « enquête » ? « Exclusive »? A l'instar d'autres de ses collègues des magazines de télévision (comme Télérama), Emmanuel Galiero, de TV Magazine (supplément hebdomadaire des titres de la Socpresse) ne cache pas sa déception quant à cet énième reportage télévisé de M6 consacré à la République populaire démocratique de Corée : « Le commentaire, très engagé, à grands renforts de termes enflés, insiste sur le caractère infernal de la destination : "famines", "délires suicidaires", "version totalitaire du paradis"... [...] Au fil de ce qui est présenté comme un "document", le téléspectateur se demande finalement où est l'enquête et quand surgira l'exclusivité. »



Cette année marque le soixantième anniversaire de la Guerre de Corée, mais le reportage diffusé par M6 ne dit rien de la nature et des causes complexes de cette guerre, quand le président autoritaire sud-coréen Syngman Rhee multipliait les déclarations guerrières à l'égard de la Corée du Nord, ni de l'utilisation à grande échelle du napalm par l'armée américaine. Que les troupes nord-coréennes aient franchi le 38èmeparallèle en 1950 est un fait unanimement avéré, mais pourquoi ignorer les milliers de morts dans les affrontements inter-frontaliers qui ont précédé la Guerre de Corée, entre 1945 et 1950 ? Est-ce une ignorance de l'auteur du reportage, Alexandre Spalaikovitch, ou une volonté délibérée de simplifier à l'extrême ? La Corée du Nord serait donc responsable, à elle seule, d'un conflit ayant causé des millions de morts ? L'histoire de tout conflit montre pourtant qu'il n'y a pas de guerres où les massacres n'auraient existé que dans un seul camp... De même, pas un mot n'est dit des travaux de la Commission Vérité et Réconciliation qui, en Corée du Sud, a fait la lumière sur les massacres de masse de dizaines de milliers de sympathisants communistes ou supposés tels par les troupes américaines et leurs alliés sud-coréens avant et pendant le conflit.



A l'entendre, Monsieur Spalaikovitch se soucierait du sort de la population nord-coréenne, mais il ne dit rien non plus sur l'embargo américain - le plus ancien au monde – à l'encontre de la Corée du Nord. Outre les omissions, au-delà d'une famine qu'on ne voit pas (sauf à considérer que les plats à base d'algues ne sont pas de la nourriture, comme invite à y penser l'auteur du documentaire), le reportage de M6 présente une autre déficience majeure : il multiplie les erreurs et les inexactitudes. Face à un reportage qui prend pour principe qu'en Corée du Nord tout ne serait qu'illusion et mensonges, le spectateur averti se demande si, finalement, la plus grosse ficelle de la propagande n'apparaît pas déjà dans les procédés auxquels recourent sciemment Spalaikovitch et son équipe, en bon connaisseurs des médias et « du poids des mots, du choc des photos », selon le célèbre slogan de Paris Match.



Chongjin-Kaesong.JPGAinsi, le déplacement à Chongjin, sur la côte Est de la Corée, ne figure pas habituellement dans les circuits touristiques. Il n'est pas autorisé, ici comme ailleurs, de photographier les zones militaires. Le reportage s'attarde alors sur un guide coréen demandant de regarder d'un autre côté... qui se trouve être la ville de Kaesong, à presque 500 kilomètres de là, juste au nord de la zone démilitarisée séparant les deux Corée, où le reportage nous avait déjà conduits. Dommage que le commentaire omette de signaler ce simple « détail » de changement de lieux - et donc de décors -  qui tient de la téléportation... A l'écran, le montage des images n'est jamais neutre : respecter l'ordre chronologique du voyage, comme semble l'indiquer la carte au tout début de l'émission, n'aurait pas permis d'amener le spectateur à comprendre ce que le journaliste veut qu'il comprenne.



Un autre détail est d'autant plus gênant qu'il fonde le climat de peur qu'on cherche à faire ressentir par le téléspectateur : le groupe de touristes aurait été menacé de rester quelques mois de plus (en prison ?) s'il continuait à faire des remarques désobligeantes. Mais on ne saura jamais ce qui leur a été dit exactement. Qu'il nous soit permis de douter de la véracité même des propos prêtés aux autorités nord-coréennes : des délégations de l'AAFC ont visité la Corée du Nord cinq fois depuis 2005. Jamais elles n'ont entendu parler du placement en détention d'un touriste occidental. Au pire, un touriste pourrait se voir signifier qu'il sera reconduit à la frontière s'il ne change pas de comportement mais, à notre connaissance, une telle menace n'a jamais été mise à exécution. L'hypothèse d'un séjour de simples touristes prolongé de plusieurs mois en Corée du Nord en cas d'indiscipline nous apparaît donc hautement invraisemblable. En revanche, le guide coréen s'est exposé, et le commentaire du reportage insiste sur ce point : alors, pourquoi avoir montré des images compromettantes pour lui ? Le sort d'un Nord-Coréen est-il moins précieux que celui d'un Français ? La recherche de l'image spectaculaire à tout prix suffirait-elle à justifier cet oubli des principes élémentaires d'humanité ? Qui menace qui ?



Autre procédé classique du discours persuasif : le recours à un « sachant ». Le sachant est une autre personne que le journaliste, un témoin neutre et objectif censé ici connaître la réalité dissimulée de la Corée du Nord. Ce rôle est joué par une femme du groupe de visiteurs, Claude, fille d'un Coréen et d'une Française, qui a voulu retourner en Corée du Nord sur les traces de son père (à cet égard, le journaliste ne jugera pas utile d'expliquer que ce dernier a fui la brutale colonisation japonaise de la Corée qui a duré de 1910 à 1945). Quand les propos de la touriste ne sont pas assez négatifs, le journaliste juge bon d'expliquer qu'elle ne peut pas tout dire (la peur rôde !) pour justifier les commentaires que lui-même ajoute. Plus ennuyeux encore : les rares précisions techniques que donne le « sachant » sont souvent fausses. Ainsi, selon elle, Kim Il-sung aurait commencé ses activités dans la guérilla anti-japonaise en 1920 - et pour le souligner elle ajoute qu'il n'avait alors que 8 ans. En réalité, tous les historiens s'accordent sur le rôle joué par Kim Il-sung dans la lutte anti-japonaise en Corée (sans d'ailleurs que le journaliste ne juge utile d'indiquer qu'elle fonde la légitimité dont se revendique la République populaire démocratique de Corée), et même s'il existe un désaccord majeur entre les historiens nord-coréens et leurs confrères d'autres pays sur la date de début de ces activités, au plus tôt, selon l'historiographie nord-coréenne, Kim Il-sung a fondé l'Union pour abattre l'impérialisme en 1926, pas en 1920. Il avait donc 14 ans, et pas 8 ans.



C'est sur ces omissions et ces erreurs factuelles que le bât blesse : l'histoire de la Corée du Nord ne peut se comprendre que restituée dans la lutte des deux Etats coréens, du Nord et du Sud, aspirant tous les deux à une légitimité dans toute la Corée, au moins jusqu'à leur entrée conjointe à l'ONU, en 1991, après la fin de la Guerre froide. Or les images de la Corée du Sud sont choisies en contrepoint de l'image qu'on veut donner de la Corée du Nord : les mêmes parcs d'attraction, les mêmes enfants... Mais un enfant coréen sourirait-il différemment de part et d'autre du 38èmeparallèle ? De même, les scènes paysannes qu'on voit de la Corée du Nord ne sont pas éloignées de celles des campagnes sud-coréennes.



Il n'est pas soufflé mot, non plus, du régime militaire au pouvoir à Séoul pendant plusieurs décennies. En préparant ce reportage, les responsables de la société C Productions, filiale de M6 qui fabrique l'émission Enquête Exclusive, ont écrit à l'AAFC afin d'« être mis en relation avec des réfugiés Nord Coréens en France pour [leur] livrer leur témoignage ». Nous leur avons répondu connaître des réfugiés coréens, mais du Sud, ayant fui le régime militaire en place à Séoul à l'époque. Les journalistes de M6 n'ont pas donné suite à notre proposition d'entrer en contact avec eux.



Alors, quel est l'objectif d'un journaliste réalisant un reportage aussi grossièrement manipulateur, au mépris de sa crédibilité et des règles déontologiques propres à son métier ? Un début de réponse est peut-être fourni au détour d'un commentaire dans le reportage diffusé ce 24 octobre par M6 : « la Corée du Nord possède l'arme atomique, et même les Etats-Unis n'osent pas l'attaquer. ». L'auteur d'un tel commentaire a tout compris au principe de la dissuasion nucléaire. Et, comme on sent pointer un regret, on se demande s'il ne rêve pas en secret  d'être embedded dans une unité de l'armée américaine en opérations en Corée du Nord...

 


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22 décembre 2009 2 22 /12 /décembre /2009 23:17

robert_carlin_final.jpgRobert Carlin connaît bien la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), un pays où il s'est rendu une trentaine de fois. Après avoir été, de 1971 à 1989, analyste à la CIA, l'agence centrale de renseignement américaine, Carlin est devenu chef de la division pour l'Asie du Nord-Est au sein du Bureau du renseignement et de la recherche du département d'Etat. A ce titre, il a conseillé l'ambassadeur spécial des Etats-Unis pour les négociations avec la RPDC et a pris part à toutes les phases des pourparlers américano-nord-coréens de 1992 à 2000. Entre 2002 et 2006, il a été haut conseiller politique auprès de l'Organisation pour le développement énergétique de la péninsule coréenne (KEDO), conduisant de nombreuses délégations en RPDC. Robert Carlin co-préside actuellement le Comité national sur la Corée du Nord (NCNK), organisme américain non partisan réunissant "des personnalités ayant des connaissances étendues et complémentaires, ainsi qu'une expérience directe de la société, de l'économie, du gouvernement et de l'histoire de la République populaire démocratique de Corée". L'objectif du NCNK est, notamment, de "faire avancer, promouvoir, et faciliter l'engagement entre citoyens des Etats-Unis et de la RPDC". Robert Carlin est également chercheur visiteur (visiting  fellow) au Centre pour la sécurité et la coopération internationales (CISAC) de l'université Stanford. Dans un entretien accordé à l'agence Inter Press Service le 21 décembre 2009, et que l'AAFC reproduit ici, ce spécialiste des questions relatives à la Corée du Nord revient sur le tableau simpliste et exagérément moralisateur de ce pays trop souvent dressé en Occident.

Inter Press Service : Dans un discours prononcé aux Nations Unies, vous avez déclaré que la RPDC n'est pas un pays reclus, bien qu'un rapport de l'ONU publié en octobre prétende le contraire. Pourquoi?

Robert Carlin :  Quand j'ai dit que le Nord n'était pas "reclus" - en tout cas, pas dans le vrai sens du terme - je ne portais pas un jugement moral. Je n'exprimais pas non plus de l'optimisme ou du pessimisme. Je n'ai fait que décrire ce que j'ai vu et appris après des années à discuter avec les Nord-Coréens et à les observer. Ils en savent davantage sur l'extérieur qu'on ne l'imagine fréquemment, et il y a toute une frange de la population qui a plus d'interactions avec les étrangers, les produits étrangers ou les idées étrangères qu'on ne l'entend communément.

Pour ma part, j'essaie de rester fixé sur des constatations moins lourdes, ce qui irrite beaucoup d'observateurs qui ne veulent pas entendre que, en réalité, le soleil brille en Corée du Nord, que les arbres y poussent, et que les gens de là-bas vivent avec la gamme habituelle des émotions et des problèmes humains.

Mon opinion personnelle est que toutes les observations sur la vie en Corée du Nord ne devraient pas être entourées d'indignation morale ou faire référence à des considérations relatives aux droits de l'homme.

IPS : Dans votre discours, vous avez également déclaré que "le monde récompense rarement la Corée du Nord pour sa bonne conduite". Qu'entendez-vous par là?

R.C.: "Récompense" est précisément le mauvais mot, et je n'aurais pas dû l'employer. Les Nord-Coréens ne sont pas des animaux de laboratoire qu'on entraîne à faire de nouveaux tours. Ces concepts de récompense et de punition, de carottes et de bâtons ont, je m'en inquiète parfois, pris le pas sur notre aptitude à comprendre exactement ce que nous essayons d'accomplir et comment nous devrions agir vis-à-vis du Nord.

Ce que j'essayais de faire remarquer, c'était que nous avons probablement contribué à encourager certains choix politiques des Nord-Coréens, des choix qui, à nos yeux, ne correspondent pas à ceux que nous aurions voulu qu'ils fassent.

IPS : Quand vous êtes allé en Corée du Nord, quelle a été votre expérience de la situation "épouvantable" des droits de l'homme dans ce pays?

R.C.: Un visiteur étranger n'est guère en mesure de voir ou de faire l'expérience de tout ce qui touche au fonctionnement de la police, des tribunaux, des prisons, ou d'autres mécanismes de la sécurité intérieure.

IPS : Si la Corée du Nord et la Corée du Sud se réunissaient un jour, elles formeraient une vaste et grande puissance, combinant la richesse du Nord en ressources naturelles et la connaissance technologique avancée du Sud. Comment évaluez-vous les chances que cela arrive?

R.C. : J'ai commencé à étudier la Corée du Nord en 1974, il y a 35 ans. Les deux côtés ont aujourd'hui bien plus d'échanges entre eux qu'ils n'en avaient alors, et il pourrait y en avoir bien davantage.

Il y a quelques années, ils étaient engagés sur la voie de contacts accrus, mais la situation est malheureusement revenue en arrière. Il n'est pas inhabituel que ce type de processus évolue par à-coups, cependant, et il n'y a aucune raison de penser les choses ne vont pas à nouveau s'améliorer un peu. L'essentiel est que lors du redémarrage du processus, celui-ci part presque toujours d'un nouveau plateau plutôt que de devoir refaire tout le chemin jusqu'au point zéro.

La plupart des gens ont tendance à penser en termes de "réunification", c'est-à-dire l'unification politique du pays sous un seul système. Il existe d'autres voies par lesquelles les deux parties pourraient mutuellement profiter de leurs atouts économiques pour le bénéfice des deux.

Si et dans quelle mesure cela constituera une "vaste et grande puissance" est bien sûr une tout autre question. Il ne faut pas oublier que la péninsule coréenne a des voisins qui pourraient ne pas être trop heureux de voir émerger une telle puissance.

IPS : D'après Vivit Muntarbhorn, le rapporteur spécial des Nations Unies pour les droits de l'homme en Corée du Nord, la RDPC doit transformer sa "politique de priorité à l'armée" en une "politique de priorité au peuple" si le régime veut survivre. Qu'en pensez-vous?

R.C. : Une chose que j'ai apprise à ne pas faire au fil des ans est de dire aux peuples des autres pays ce qui est le mieux pour eux. Ce n'est pas pour contredire le travail du rapporteur spécial des Nations Unies, dont c'est le métier de faire ce genre de recommandations.

Si vous lisez les documents provenant des ambassades à Pyongyang de l'ex-URSS et des pays d'Europe de l'Est, vous verrez que les Nord-Coréens ont été soumis à un déluge sans fin de "conseils" de leurs alliés,  la plupart desquels étaient tout à fait convaincus que les dirigeants nord-coréens ne comprenaient pas les questions économiques, avaient une mauvaise appréciation des principes communistes, et devaient fondamentalement profiter de la sagesse venant de l'extérieur.

L'URSS et le bloc de l'Est ont disparu, tandis que la RPDC est toujours là.
 

Propos recueillis par Liza Jansen le 21 décembre 2009 

 

Lien vers l'article original :

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13 juin 2009 6 13 /06 /juin /2009 20:31
Après dix-huit jours de discussions, le Conseil de sécurité des Nations Unies a donc fini par adopter une résolution sanctionnant la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) suite à son essai nucléaire du 25 mai dernier. Les médias n'ont, eux, pas attendu le verdict de la ""communauté internationale"" pour condamner la Corée du Nord. Face au délire médiatique déclenché par l'essai nucléaire du 25 mai, le professeur Robert Charvin, vice-président de l'Association d'amitié franco-coréenne, nous livre les quelques remarques suivantes. Pour "rafraîchir" les mémoires...

Durant douze ans (1991-2003), les Etats-Unis ont imposé à l'Irak un embargo. Résultat : selon l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, plusieurs centaines de milliers d'Irakiens (la moitié de moins de 5 ans) sont décédés. L'Assemblée générale des Nations Unies a condamné, sans résultat, cet embargo détruisant une population entière. Les médias (il faut les relire aujourd'hui) ont été d'une grande partialité pro-américaine : "c'était le prix que devait payer le peuple irakien" pour accéder à la "démocratie" libérale.

On étouffe un peuple pour le "libérer" : telle est la devise constante des différents journaux américains. Coût de la guerre d'Irak, estimé par l'américain Joseph Stiglitz, Prix Nobel d'économie : 3.000 milliards de dollars!

A propos de l'affaire coréenne, il serait utile d'avoir un peu de mémoire.

Les Etats-Unis, première puissance mondiale, ont détruit un pays, l'Irak (qui ne se relève toujours pas), sous prétexte que ce pays possédait en secret des armes de destruction massive.

Les Etats-Unis, détenteurs d'armes nucléaires sans rivales, considèrent aujourd'hui que les premières expérimentations d'armes nucléaires (
de type Hiroshima 1945) par la République populaire démocratique de Corée constituent une menace pour la région et la terre entière.

Des négociations ne s'imposent-elles pas au lieu des invectives de la part du seul Etat au monde ayant déjà utilisé l'arme atomique ?
 
Durant dix années (de 1961 à 1971), l'armée américaine, bien loin de ses bases et usant d'armes chimiques, a stérilisé une partie des terres du Vietnam et massacré deux millions et demi de Vietnamiens, en majorité des civils. Aucune réparation n'a été accordée aux victimes.

La Cour pénale internationale qui siège à La Haye (Pays-Bas) pourrait être compétente car il y a continuité des faits criminels pour les victimes survivantes et la non rétroactivité n'a donc pas à jouer.

Les Etats-Unis, responsables aussi de Guantanamo, sont-ils fondés à faire un procès à la RPDC ?

Et les médias français n'auraient-ils pas besoin d'aller chercher dans leurs archives leurs articles indignés contre la politique américaine ? Ils ne trouveraient pas grand-chose comparé à leurs réactions contre la RPDC dont les 24 millions d'habitants subissent un embargo depuis un demi-siècle !

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31 mai 2009 7 31 /05 /mai /2009 23:01

Le 30 mai, Monsieur Pierre Haski a mis en cause dans un article du site Rue89 le professeur Robert Charvin, suite à un courrier que ce dernier lui avait adressé après un premier article relatif à l'essai nucléaire nord-coréen du 25 mai 2009. L'Association d'amitié franco-coréenne étant impliquée comme source, ainsi que par une citation prêtée par erreur au professeur Charvin - par ailleurs vice-président de l'AAFC -, nous publions ci-après le courrier électronique adressé par l'AAFC à Rue89, à l'attention de Pierre Haski.

 

Monsieur,
 
Permettez-nous de réagir après la publication sur le site Rue89 de votre article "La Corée du Nord entre propagande et tragédie", suite à un courrier que vous avez reçu du professeur Robert Charvin, vice-président de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC). Comme par ailleurs les propos que vous prêtez à Robert Charvin ("le PCF ayant rompu avec le Parti du Travail de Corée, il s'étonne lui-même lorsque l'Humanité reprend un de ses courriers") sont en réalité ceux de l'AAFC (sans que le nom de notre association ne figure autrement que par un lien en fin d'article, alors qu'une citation du blog de l'AAFC aurait dissipé ce malentendu), nous nous permettons de réagir en tant qu'Association d'amitié franco-coréenne.
 
A cet égard, nous vous indiquons que, depuis janvier 1989, l'AAFC (fondée en 1969) est une association d'amitié avec toute la Corée, et pas seulement sa moitié Nord. Ce changement prenait en compte le soutien apporté aux combattants pour la démocratie en Corée du Sud, longtemps soumise à un régime militaire, en particulier le soutien à l'opposant Kim Dae-jung, enlevé à l'étranger et condamné à mort avant d'être libéré sous la pression de l'opinion internationale. Kim Dae-jung est ensuite devenu le premier président sud-coréen issu des rangs de l'opposition, et à ce titre il a rencontré son homologue du Nord lors du premier sommet intercoréen au plus haut niveau, en juin 2000. Aujourd'hui, l'AAFC poursuit ce combat pour la démocratie en Corée du Sud, en protestant contre les arrestations d'opposants (lire notamment http://amitiefrancecoree.over-blog.org/article-31412516.html et http://amitiefrancecoree.over-blog.org/article-29572244.html).
 
Tout d'abord, nous regrettons que vous répondiez au courrier de Robert Charvin sans donner l'intégralité du contenu de sa lettre : comme l'ont observé certains lecteurs, il y a un déséquilibre entre vous-même, qui pouvez exposer entièrement votre point de vue à partir d'éléments choisis d'un courrier dont vos lecteurs n'ont pas de connaissance directe, et Robert Charvin, visiblement non prévenu de votre réponse bien que personnellement mis en cause, et sans que ses positions ne puissent être autrement connues qu'à travers la présentation que vous en avez faite.
 
Et c'est bien cette présentation qui nous pose problème.
 
Vous écrivez notamment que l'ouvrage de Robert Charvin "Comment peut-on être Coréen (du Nord) ?" oublie "la famine qui a fait des centaines de milliers de morts", et que "le professeur Charvin ne semble pas trouver grand chose à redire au sort pitoyable de la population nord-coréenne." Pourtant, les difficultés alimentaires font l'objet de longs développements dans l'ouvrage précité (p. 108 sq.), en analysant les différentes causes de cette situation : la rupture des circuits d'approvisionnement traditionnels après la disparition de l'URSS, le manque de devises, l'embargo américain (le plus vieil embargo au monde), le manque de terres agricoles (80% du pays est montagneux), la forte exposition aux aléas climatiques (inondations et sécheresse), sans négliger les possibles "carences dans la gestion agricole". Alors que vous présentez Robert Charvin comme semblant "appartenir à cette catégorie d'hommes qui restent aveuglés par leur foi", il n'ignore pas les problèmes de gestion qu'on a retrouvés dans d'autres pays socialistes.
 
De même, l'AAFC a fait de ses actions de solidarité avec les populations coréennes l'un de ses axes majeurs d'intervention. Après les inondations de l'été 2007 - les pires en Corée depuis quarante ans - l'AAFC a organisé une soirée de solidarité, dans les salons de la présidence du Sénat, le 1er décembre 2007, en partenariat avec le Secours populaire français : http://amitiefrancecoree.over-blog.org/article-16496697.html. Loin de se désintéresser du sort des Nord-Coréens, l'AAFC, dont les membres se rendent très souvent en Corée, est en relation régulière avec les ONG présentes sur place et a également mené des actions dans le cadre du jumelage d'une école nord-coréenne. En septembre 2008, nous avons par exemple pu constater nous-même le manque de médicaments et les risques graves d'interruption de l'approvisionnement en électricité à l'hôpital de Sariwon, dans l'attente de la fourniture de générateurs électriques par la fondation Billy Graham.
 
Vous écrivez également que "[le professeur Charvin] ne semble pas être surpris, non plus, par l'instauration sans précédent dans le monde communiste, d'une dynastie au pouvoir, qui s'apprête, si tout va bien (ou mal selon les points de vue), à passer à une troisième génération." Là encore, l'ouvrage que vous citez du professeur Charvin ne fait pas du tout l'impasse sur la "personnalisation en RPDC" (ce sont ses termes, p. 70 sq.), en y consacrant, une fois encore, de longs développements. Il rappelle notamment comment la conception coréenne du leader s'est inscrite dans une tradition confucéenne et une situation historique donnée. Outre la transmission du pouvoir au sein d'une même famille à Cuba (autre pays socialiste), on trouve une autre application du "deux poids, deux mesures" entre la Corée du Nord et des pays occidentaux, à commencer par les Etats-Unis où un fils (M. George W. Bush) et une épouse (Mme Hillary Clinton) occupent ou ont occupé des postes de direction au plus haut niveau de l'Etat, sans susciter les mêmes réactions de rejet.
 
Notre propos n'est pas de juger la Corée du Nord, mais de donner les éléments d'explication nécessaires, pour que chacun puisse ensuite se forger sa propre opinion. Dans la récente montée de la tension dans la péninsule coréenne, peut-on ignorer que les Etats-Unis ont choisi la voie de la confrontation, et qu'ils appliquent deux politiques différentes à la Corée du Nord, d'une part, au Pakistan et à Israël, d'autre part ? Ces deux derniers pays, alliés des Etats-Unis, ont manifestement eu le droit de se doter d'armes nucléaires sans avoir encouru la moindre sanction internationale. La Corée du Nord, dont la doctrine de dissuasion nucléaire du "faible au fort" reprend celle définie en France par le général de Gaulle, a choisi de se retirer du Traité de non-prolifération, comme le prévoit son article 10 en cas de menace majeure sur les intérêts du pays. Ce retrait du TNP est intervenu suite à une campagne américaine sur un supposé programme nord-coréen d'enrichissement clandestin à base d'uranium, dont le chef des services de renseignement américain devait ensuite révéler, devant les parlementaires américains, qu'il n'avait pas eu les preuves de son existence... à l'image des prétendues armes de destruction massive en Irak. Le rôle joué par certains médias, influencés par les néo-conservateurs américains, a par exemple été analysé par une jounaliste indépendante, Ronda Hauben (http://amitiefrancecoree.over-blog.org/article-23482886.html).
 
Sur la Corée du Nord, le débat est nécessaire et souhaitable : encore souhaitons-nous qu'il puisse avoir lieu sans parti pris, en donnant à chacun la liberté de s'exprimer et en rendant compte des positions qu'il a réellement prises.
 
Dans l'attente d'une publication de ce courrier, nous vous prions de croire, Monsieur, en l'expression de nos salutations les meilleures.
 


L'Association d'amitié franco-coréenne

 

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16 mai 2009 6 16 /05 /mai /2009 12:31

Dans son édition du samedi 16 mai 2009, L'Humanité a publié dans son courrier des lecteurs une lettre de Robert Charvin, professeur émérite de l'Université de Nice-Sophia Antipolis, vice-président de l'AAFC, mais adressée en sa seule qualité universitaire. Nous publions ci-après ce courrier, en nous félicitant de cette ouverture au dialogue de L'Humanité, alors que le quotidien avait progressivement cessé de faire état de nos analyses ou de reprendre nos communiqués de presse (y compris pour des manifestations à caractère humanitaire, comme la soirée de solidarité au Sénat du 1er décembre 2007, avec les victimes des inondations de 2007), après avoir rompu ses relations avec le Parti du travail de Corée et la République populaire démocratique de Corée - contrairement à d'autres partis communistes dans le monde (comme les Partis communistes chinois, cubain et vietnamien). Par ailleurs, malgré ses demandes renouvelées chaque année, l'AAFC ne dispose plus non plus de stand à la Fête de L'Huma depuis 2004.

Le vocabulaire des autres journaux

Dans L'Humanité du 30 avril, un petit "essentiel" page 13 : "Pyongyang menace de procéder à un essai nucléaire". Plusieurs remarques : 1. Pourquoi reprendre pour la RPDC le vocabulaire des autres journaux ? Le goût du consensus sur certaines questions ? La méconnaissance de certains problèmes dont ceux de la Corée du Nord ? 2. La RPDC est en état de belligérance depuis la guerre dévastatrice de 1950-1953. Pas de traité de paix avec les Etats-Unis. Elle subit depuis plus d'un demi-siècle un embargo quasi total, puisque ce pays est étranglé, il respire mal dans tous les domaines ! Il n'est pas parano, il s'efforce de trouver des moyens de dissuasion et de négociation avec les Etats-Unis. 3. L'Huma doit-elle pratiquer la politique des "deux poids, deux mesures" ? Pas un mot, comme dans le reste de la presse, sur les essais de missiles de l'Inde à quelques jours du lancement dénoncé du satellite nord-coréen. 4. Pourquoi ne pas rappeler que les mesures nord-coréennes sont prises en réaction à l'absence des contreparties promises par les Etats-Unis ? 5. A-t-on peur de rappeler des souvenirs staliniens, alors que la question coréenne n'a rien à voir avec cette perversion européenne ?

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7 mai 2009 4 07 /05 /mai /2009 23:01

Dans son dernier numéro d'avril-mai 2009, Résistance, le journal de la cellule Pierre Simonot du Parti communiste français (PCF), à Lille, a évoqué dans un entrefilet le lancement du satellite Kwangmyongsong-2 par la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). L'Association d'amitié franco-coréenne, qui entretient d'excellentes relations avec la cellule Pierre Simonot, reproduit ci-après cet article, sobrement intitulé "Satellite".

"La République Populaire Démocratique de Corée a envoyé avec succès un satellite. Jolie performance pour un pays que l’impérialisme US cherche à isoler y compris au plan scientifique. Vexé par ce succès, l'impérialisme étasunien et ses alliés, en particulier japonais, inventent mille prétextes pour s'opposer à ces progrès scientifiques. Prétendre que le lancement d'un satellite est un problème, parce que la technique employée est similaire à celle des missiles à longue portée, est aussi absurde que dire que le couteau doit être interdit parce que sa technologie est similaire à celle de la baïonnette ! Il y a là une profonde injustice. Pourquoi tous les pays du monde pourraient-ils lancer des satellites, sauf la RPDC ?"

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6 octobre 2008 1 06 /10 /octobre /2008 20:31

Ronda Hauben est chercheuse, journaliste indépendante et spécialiste de l’histoire et des usages d’Internet. Elle a notamment mis en évidence le rôle déterminant d'Internet dans la mobilisation des citoyens lors des grandes manifestations aux chandelles de 2002 en Corée du Sud. Dans l'article suivant, elle s'intéresse au caractère biaisé des informations véhiculées par les grands médias dès qu'il s'agit de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Si Ronda Hauben s'attache à décrire la couverture par certains grands médias américains de l'échec des pourparlers à six sur le nucléaire nord-coréen, son analyse peut aussi bien s'appliquer aux principaux médias français.



Les médias américains et l'échec des pourparlers à six

Par Rhonda Hauben


Alors que beaucoup des grands médias américains rendent la Corée du Nord responsable de chaque problème survenant dans les pourparlers à six [RPDC, Corée du Sud, Etats-Unis, Chine, Russie, Japon], un article extraordinairement important [1] paru dans le Washington Post fournit des informations sur un aspect du problème qui a récemment fait déraper les négociations et menace de mettre un terme aux pourparlers à six si aucune solution n'est trouvée.


Cet article, qui aurait dû paraître à la une, n'est paru qu'en vingtième page et n'a suscité que peu d'attention. Son auteur, Glenn Kessler, apporte des précisions sur l'environnement hostile dans lequel évolue le département d'Etat américain et qui a sapé le processus des négociations avec la Corée du Nord. Il décrit comment, aux Etats-Unis, les partisans de la ligne dure ont mis au point une procédure de vérification prête à être imposée à la Corée du Nord et qui revenait quasiment, selon les propres termes d'un expert en désarmement nucléaire, à une "
autorisation d'espionner chaque site militaire [nord-coréen]."

Après avoir écarté Christopher Hill, le secrétaire d'Etat adjoint qui avait mené les négociations pour la partie américaine aux pourparlers à six, et ignoré les mises en garde de la Chine et de la Russie, les négociateurs américains ont présenté à la Corée du Nord un plan de vérification grossier qui, s'il avait été accepté, aurait constitué une menace pour la souveraineté nord-coréenne.


Une copie de ce plan de vérification de quatre pages est disponible en ligne.


Par ailleurs, le président des Etats-Unis, George Bush, n'a pas tenu son engagement de retirer la Corée du Nord de la liste des pays soutenant le terrorisme. Le 26 juin, Bush a présenté au Congrès sa demande de retirer la Corée du Nord, ouvrant le délai de 45 jours requis pour que le Congrès l'autorise à mettre en oeuvre ce retrait. Cependant, à l'issue de ce délai de 45 jours et en l'absence d'objection de la part du Congrès, Bush n'a pas retiré la Corée du Nord de la liste, déclarant que ce pays devait accepter un plan de vérification.


Dans un discours délivré le 27 septembre devant l'Assemblée générale des Nations Unies, le vice-ministre des Affaires étrangères nord-coréen, Pak Kil-yon, a expliqué  que les Etats-Unis utilisent à présent le "prétexte de la vérification pour ne pas rayer le pays de leur liste des Etats soutenant le terrorisme, même après avoir reconnu officiellement que la RPDC ne constitue pas un tel pays."

Le lundi 22 septembre, parlant devant la
Korea Society de la responsabilité de l'administration Bush dans le blocage des pourparlers à six, Leon Sigal, membre du Social Science Research Council, a rappelé que l'administration Bush est tenue d'agir en réponse à chaque action de la RPDC afin de respecter ses obligations. 


Sigal a rappelé que l'accord atteint par les six pays prévoyait que, dans une deuxième phase, la Corée du Nord "désactive le réacteur, les installations de retraitement et l'usine de fabrication de combustible de Yongbyon et déclare les matériaux et équipements nucléaires à éliminer au cours d'une troisième phase." La Corée du Nord a aussi promis de "ne pas transférer des matériaux, technologies et savoir-faire nucléaires" à des tierces parties. Les Etats-Unis, conformément à leur obligation d'une action pour une action, ont promis de "commencer le processus de retrait de la RPDC de la liste des pays soutenant le terrorisme et de faire progresser le processus de levée de l'application à la RPDC de la Loi sur le commerce avec les pays ennemis."


Une vérification, d'après Sigal, "entrait dans la troisième phase des négociations, lorsqu'on s'attacherait au démantèlement des installations nucléaires du Nord et à l'élimination du plutonium ou des armes en sa possession."


Sigal a souligné que le premier signe d'une administration ayant "cédé aux partisans de la ligne dure" est apparu le 30 juillet quand un membre du Conseil national de sécurité, Dennis Wilder, déclara aux journalistes que le retrait de la Corée du Nord de la liste des Etats soutenant le terrorisme exigerait l'acceptation par  la Corée du Nord d'un protocole de vérification. Puis, a expliqué Sigal, Bush a prononcé le 7 août un discours dans lequel il informait la Corée du Nord qu'elle devait accepter un accord sur la vérification pour être ôtée de la liste.


Le gouvernement américain a changé unilatéralement les termes de l'accord, imposant à la Corée du Nord une condition ne figurant pas dans l'accord initial.


La plupart des grands médias américains n'ont pas informé le public de ce changement arbitraire dû au gouvernement des Etats-Unis, démonstration supplémentaire que les médias aident le gouvernement américain à tromper le public. Les médias ont joué un rôle similaire dans la diffusion des fausses histoires de l'administration Bush au sujet des armes de destruction massive détenues par l'Irak et ont été très critiqués depuis pour ça. [2]


En dépit de toutes les critiques sur leurs défaillances passées, il existe une réticence de la part des médias américains à exposer la nature du différend à l'origine de la récente rupture des pourparlers à six. Par exemple, l'agence United Press International (UPI) a donné la parole à un prétendu expert de la Corée du Nord appartenant à un institut de réflexion londonien, selon lequel la Corée du Nord essaie de diviser les pays engagés dans les pourparlers à six. [3]


D'autres articles de presse ont décrit comment Chris Hill, le représentant des Etats-Unis aux pourparlers à six, voulait se rendre en Corée du Nord afin de sortir les négociations de la crise actuelle, mais le problème ayant mené à cette crise ne fut que peu ou pas évoqué. Et même quand il y eut un article comme celui du Washington Post pour révéler la sévérité du processus de vérification auquel devait se soumettre la Corée du Nord, il fut relégué dans les pages intérieures du journal au lieu de figurer à la une comme une telle histoire l'aurait mérité.

 


Article original paru sur
OhmyNews le 29 septembre 2008 (traduction et choix des illustrations : AAFC)

 


Notes:


[1] Glenn Kessler, "Far reaching U.S. Plan Impaired N. Korea Deal : Demands Began to Undo Nuclear Accord", The Washington Post, 26 septembre 2008, p.20


[2] Les grands médias américains ont connu une situation similaire juste avant la guerre d'Irak. Les articles relayant les fausses déclarations du gouvernement américain sur la possession d'armes de destruction massive par l'Irak figuraient en première page de quotidiens tels que The Washington Post et The New York Times tandis que les articles doutant de ces allégations n'étaient pas publiés ou relégués dans d'autres rubriques du journal. La "campagne de désinformation" menée par la Maison Blanche, lors de la conférence de presse tenue par Tony Blair et George Bush à Camp David le 7 septembre 2002, en est un exemple. Ils citèrent un "nouveau rapport" de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), selon lequel l'Irak était à six mois de se doter de l'arme nucléaire. La presse tut le fait que ce rapport n'existait pas, à l'exception d'un article de Joseph Curl publié en page 16 du Washington Times, et d'un article du Washington Post écrit par de Karen DeYoung sur cette conférence de presse et citant un porte-parole de l'AIEA affirmant que ce rapport n'avait jamais existé. Mais cela ne fut pas mis en avant de l'article de Karen DeYoung et relégué en fin d'article, vingt-et-un paragraphes plus bas.

Lire John R. MacArthur, "Lies We Bought”, The Columbia Journalism Review, mai-juin 2003 

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