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21 août 2012 2 21 /08 /août /2012 15:42

la-servante_kim_ki_young_lee_eun_shim.jpgSorti en salles le 11 mars 1960, La Servante de Kim Ki-young est un des films fondateurs du cinéma sud-coréen. Son réalisateur, Kim Ki-young, a inspiré notamment Park Chan-wook, Bong Joon-ho, Kim Ki-duk et Im Sang-soo, qui en a d'ailleurs fait en 2010 un remake, intitulé The Housemaid. Actuellement à l'affiche à Paris, La Servante peut être vu dans une version originale restaurée, grâce notamment au mécénat de la World Cinema Foundation fondée par Martin Scorsese. L'AAFC s'est intéressée à ce que le film révèle, de façon crue, de la société sud-coréenne en 1960.

 

En 1960, la société sud-coréenne sort du régime autoritaire de Syngman Rhee et connaît une brève parenthèse démocratique, avant le coup d'Etat du général Park Chung-hee en 1961. La Corée du Sud est encore un des pays les plus pauvres du monde, qu'a ravagé la guerre de Corée ayant pris fin en 1953, et qui ne connaîtra réellement un début de décollage économique qu'au cours de la décennie 1960-1970. Dans une société encore largement rurale, le statut d'un des principaux protagonistes, père de famille, professeur de musique dans une usine pour femmes et ayant récemment emménagé dans une maison à deux étages, traduit les aspirations d'une classe sociale soucieuse d'enrichissement matériel. Embaucher une jeune servante s'inscrit dans une conception ordinaire de l'ascension sociale - suivant un esprit matérialiste volontiers raillé par le réalisateur, qui fait dire à la maîtresse de maison que leurs malheurs viennent du désir qu'ils ont eu de devenir propriétaires d'une telle maison à deux étages, et d'embaucher une domestique pour la décharger des tâches matérielles. Accessoirement, dans les rares images du monde extérieur que l'on entrevoit - au bar, à la télévision (le couple est très fier d'être le premier du quartier à acheter un poste de télévision, et de nouveaux objets peuplent peu à peu l'intérieur du logement, comme autant de signes extérieurs de richesse) - le luxe est - déjà - vu sous le prisme de la culture américaine.

 

La société décrite par Kim Ki-young est une société de classes, fortement hiérarchisée, encore imprégnée du vieil esprit confucéen : la servante est méprisée par les enfants du couple (le cadet la tutoie, ce qui est insultant dans une société où les positions se fondent sur l'âge) ; le professeur de musique est viscéralement attaché à sa respectabilité, à laquelle il sacrifiera tout. Il entretient une relation hautaine vis-à-vis des ouvrières qu'il forme au chant et au piano et qu'il n'hésite pas à dénoncer, dans le respect de la loi et de l'ordre - tout en se révélant d'une faiblesse coupable lorsqu'il laisse la servante détruire sa famille, alors même qu'il a sa part de responsabilité dans le drame qui se noue. Le huis-clos du logement où se joue l'intrigue - l'escalier avec l'étage est le théâtre des drames - ajoute encore à l'atmosphère angoissante qui imprègne un film au ton remarquablement juste.

 

Pour qui ne connaît pas la société coréenne, plusieurs explications sont nécessaires : l'adultère reste encore aujourd'hui un délit pénal en Corée du Sud ; une personne en situation d'échec (comme l'ouvrière renvoyée de l'usine) porte la responsabilité de ses malheurs, et doit en assumer les conséquences ; une faute cachée et connue de personne n'a pas de portée sociale ni juridique ; dans la famille, les garçons sont plus désirés, notamment car ils perpétuent le culte des ancêtres ; le professeur et l'enseignant sont des figures respectables et respectées ; surtout, la fiction doit avoir un caractère édifiant, ce qui suffit à expliquer l'insert en fin de film, qui suscite parfois l'hilarité des spectateurs occidentaux. Mais dans la tradition confucéenne l'écrivain comme le cinéaste doivent enseigner ce qu'est une conduite juste. Sans doute faut-il y voir aussi un jeu du chat et de la souris de Kim Ki-young avec la censure, pour ce film qui fit scandale - pas seulement en raison de sa violence (très présente dans le cinéma sud-coréen, qui joue sur le paroxysme des sentiments et des situations, notamment dans la scène finale que ne renierait pas le cinéma expressionniste), mais aussi du caractère jugé profondément immoral de la servante, jouée avec finesse par Lee Eun-shim. Assimilée par le public à son personnage dans le film de Kim Ki-young, elle ne jouera plus jamais aucun autre rôle, et épousera le réalisateur Lee Seong-gu.

 

Source principale : [à l'affiche :] LA SERVANTE - Kim Ki-young, article de Rock Brenner sur le site de la revue Cut (dont photo).

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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 18:15

Le 26 décembre 2010, le film de Gurinder Chadha Joue-la comme Beckham a été diffusé sur les écrans nord-coréens. Une diffusion qui doit beaucoup à l'implication des diplomates britanniques à Pyongyang, qui ont fait de la culture et du sport des vecteurs privilégiés d'échanges entre le Royaume-Uni et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), dans un pays où le football - y compris le football féminin - est un des sports les plus populaires.

 

Bend_It_Like_Beckham_movie.jpgLe film Joue-la comme Beckham a été diffusé sur les écrans de télévision nord-coréens le 26 décembre 2010.

 

La comédie britannique de 2002, avec Parminder Nagra et Keira Knightley, raconte comment une jeune Britannique issue d'une famille indienne hindoue orthodoxe, admiratrice de David Beckham, se voit ouvrir des perspectives différentes de celles que ses parents envisageaient pour elle après avoir été contactée par un club de football féminin.

 

En 2004, le film, dont on doit la musique à Craig Pruess, avait reçu le prix de la musique au Festival international du film de Pyongyang (FIFP), après avoir été vu par 13.000 spectateurs. L'agence britannique Koryo Tours, spécialisée dans les voyages en Corée du Nord, avait déjà organisé la diffusion au FIFP, en collaboration avec les studios Ealing et l'ambassade britannique en RPD de Corée. Les responsables de Koryo Tours racontent que "pendant le festival [ils] avaient été inondés de demandes de billets de la part du personnel de l'hôtel Yanggakdo", où ils logeaient.

 

Dans un pays où le football est extrêmement populaire - et dont la sélection nationale féminine se classe aux premiers rangs mondiaux - et réputé socialement conservateur, le film aborde aussi des sujets tels que les relations parents-enfants, les relations interethniques et l'homosexualité. Des questions comme l'orientation professionnelle des jeunes ou les relations parents-enfants sont un des thèmes du cinéma nord-coréen, et sont au coeur, par exemple, du premier film nord-coréen sorti en salles en France, en décembre 2007, sous le titre Journal d'une jeune Nord-Coréenne (le titre coréen original se traduit plutôt par Journal d'une écolière).

 

Joue-la comme Beckham a été diffusé sur la télévision nord-coréenne à l'occasion du dixième anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre le Royaume-Uni et la République populaire démocratique de Corée, grâce notamment à l'implication de l'ambassade britannique à Pyongyang et de Koryo Tours.

 

De fait, Londres a mis l'accent sur le sport et la culture pour approfondir les échanges et la compréhension mutuels entre Britanniques et Nord-Coréens, dans le cadre des relations diplomatiques bilatérales. Après l'établissement des relations diplomatiques, l'Association britannique pour les études coréennes, en collaboration avec le British Museum, a organisé des journées d'étude en 2001 et en 2002, dont les travaux ont été publiés dans un recueil intitulé North Korean Culture and Society. Enfin, en octobre 2010, l'équipe féminine de football de Middlesbrough a joué en RPDC, toujours avec l'appui de Koryo Tours, dont un des collaborateurs, Hannah Barraclough, travaille aujourd'hui au projet d'inviter l'équipe de football féminin du club du 25-Avril pour venir jouer en Europe en 2012.

 

Ce ne peut être qu'un encouragement pour le Quai d'Orsay à franchir le pas de la reconnaissance diplomatique de la République populaire démocratique de Corée, en sortant d'une vision étroitement politique ignorant les enjeux culturels, sportifs et la simple dimension humaine. La France est l'un des deux derniers pays de l'Union européenne à ne pas avoir établi de relations diplomatiques avec la RPDC.

 

Sources :

- AAFC

- Koryo Tours

- "N. Korea airs British football film", channelnewsasia, 31 décembre 2010

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24 octobre 2010 7 24 /10 /octobre /2010 10:07

Du 17 au 24 septembre 2010 s'est tenu le douzième festival international du film de Pyongyang. Le jury, présidé par Derek Elley, a décerné le premier prix au film Aller à l'école à pied, du Chinois Peng Xin. Comme lors des précédentes éditions, le cinéma français a été une fois encore à l'honneur. Mais l'événement du festival 2010 a été la redécouverte d'une production franco - nord-coréenne de 1958, Moranbong, grâce notamment à l'implication de Jérémy Segay, membre du comité de sélection de la Quinzaine des réalisateurs.

 

bonnardot_moranbong.jpgDans l'après guerre de Corée (1950-1953), avec le soutien logistique du Parti communiste français, des intellectuels français font le voyage dans une République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) alors en pleine reconstruction. Cette expérience peu banale a été relatée par Claude Lanzmann dans Le Lièvre de Patagonie. Elle a donné lieu à un livre du photographe et réalisateur Chris Marker Coréennes (qui a dit, pour l'édition coréenne de son ouvrage en 1997, qu'il cherchait d'abord en Corée et à Cuba "une rupture avec le modèle soviétique"), et à un film, Moranbong, une aventure coréenne, réalisé en 1958 par Jean-Claude Bonnardot sur un scénario d'Armand Gatti, dans un partenariat si étroit avec les Nord-Coréens qu'on peut véritablement parler d'une coproduction franco - nord-coréenne - la première de la RPD de Corée avec un pays n'appartenant pas au bloc socialiste.

 

Moranbong transpose à l'époque de la guerre de Corée un récit coréen traditionnel aussi célèbre que Roméo et Juliette en Europe, l'histoire de la fidèle Chunhyang. Le chant de la fidèle Chunhyang est un pansori, l'opéra traditionnel coréen, qui narre les amours contrariées, dans la Corée royale, d'un jeune noble, Mongnyong, et de la fille d'une courtisane, Chunhyang. Chunhyang a juré un amour éternel à Mongnyong mais ce dernier doit partir suivre son père à Séoul, alors que le nouveau gouverneur de la province, le brutal Byeon Hakdo, a décidé de faire de Chunhyang sa courtisane. Moranbong reprend les formes du pansori, en faisant le récit douloureux des blessures de la guerre et de la séparation forcée de deux amants.

 

Présenté pour la première fois en République populaire démocratique de Corée à l'occasion du douzième festival international du film de Pyongyang, Moranbong de Jean-Claude Bonnardot et Armand Gatti a reçu le prix spécial du comité d'organisation.

 

Jérémy Segay, membre du comité de sélection de la Quinzaine des réalisateurs, a permis qu'une copie soit remise aux Nord-Coréens à l'occasion du festival. Il travaille aujourd'hui à la réalisation d'un documentaire sur l'histoire peu banale du film, interdit en France à sa sortie le 15 mai 1960, pour sa critique des troupes de l'ONU (dont un bataillon français) pendant la guerre de Corée. Un destin en partie similaire a frappé un autre récit français de la guerre de Corée, la pièce Les Coréens de Michel Vinaver. En 2008, une copie du script d'Armand Gatti dans sa version coréenne a été retrouvée par Jean-Jacques Hocquard, directeur du centre de création culturelle La Parole errante.

 

Mais l'histoire de Moranbong croise aussi celle de l'Association d'amitié franco-coréenne, fondée en 1969, qui a organisé des projections du film en France à ses adhérents et sympathisants au début des années 1970, à la faveur de l'éloignement de la censure tâtillonne ayant suivi les années de la guerre de Corée. Un des membres fondateurs de l'AAFC, le chansonnier Francis Lemarque, faisait partie de la délégation française partie en Corée avec Claude Lanzmann, Jean-Claude Bonnardot, Armand Gatti et Chris Marker.

 

Sources : AAFC ; Philippe Pons, "Un film ressuscité au festival de Pyongyang", in Le Monde, 28 septembre 2010, p. 2 ; Moranbong, aventure coréenne, sur le site des archives du fonds documentaire Armand Gatti à La Parole errante (dont photo).

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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 21:44

Dans le cadre de la deuxième édition du festival "Un état du monde... et du cinéma" qui se déroulera à Paris du 29 janvier au 7 février 2010, le Forum des images propose de s'interroger sur l'avenir de la Corée et de son identité au travers d'une dizaine de films et d'une table ronde animée par des spécialistes. Parmi les films projetés, les spectateurs pourront découvrir La Jeune Bouquetière, classique du cinéma nord-coréen réalisé en 1972, et Moranbong, une aventure coréenne, film français tourné en Corée du Nord en 1958.


"Corée : bouleversement d’une identité"


- Table ronde :


"Corée, singulier ou pluriel ?"

animée par Sylvain Bourmeau, journaliste à France Culture

avec

Alain Delissen, directeur adjoint du Centre de recherches sur la Corée (Ecole des hautes études en sciences sociales),

Valérie Gelézeau, géographe spécialiste de la Corée (Ecole des hautes études en sciences sociales),

Adrien Gombeaud, critique spécialiste du cinéma coréen (sous réserve),

Patrick Maurus, directeur du Centre de recherches indépendantes sur la Corée (Institut national des langues et civilisations orientales).

Entrée libre dans la limite des places disponibles

durée : 2h00

samedi 6 février à 15h30


- Films :


Moranbong, une aventure coréenne

de Jean-Claude Bonnardot

France – fiction – VOSTF - 1958 – n&b

durée : 1h24

Dans le village de Kaesong, alors que la guerre de Corée éclate, un jeune ouvrier et la fille d’un musicien traditionnel s’aiment. Ce film réalisé en Corée du Nord a été censuré lors de sa sortie en France, en 1960. (fiche du film sur le site du Fonds documentaire Armand Gatti

samedi 30 janvier à 18h00


Intérieur Nord

de David Carr-Brown

France – documentaire – VOSTF - 2001 – coul.

durée : 51 min.

Incursion dans la société nord-coréenne à travers l’analyse de son cinéma.

samedi 30 janvier à 20h30


Bouqueti-re.jpgLa Jeune Bouquetière

de Choe Ik-kyu et Pak Hak

Corée du Nord – fiction – VOSTF - 1972 - coul.

durée : 2h07

Dans une Corée occupée par les impérialistes japonais, la jeune Koppun vend des fleurs pour gagner de quoi acheter des médicaments pour sa mère malade, alors que son frère s’est engagé dans la résistance communiste. Ce film - inédit en France - est représentatif de la production nord-coréenne des années 1970.

dimanche 31 janvier à 15h00

mercredi 3 février à 17h30

 


et aussi


Himalaya

de Jeon Soo-il

Corée du Sud/France - fiction - VOSTF - 2009 – coul.

durée : 1h30

dimanche 31 janvier à 20h30


La Vallée de Pia

de Lee Kang-cheon

Corée du Sud/France - fiction - VOSTF - 1955 - n&b

durée : 1h50

mardi 2 février à 18h00 et dimanche 7 février à 16h30


If You Were Me

Corée du Sud

jeudi 4 février à 16h30


"Hallyu, une vague coréenne"

conférence

avec Seok-hyeong Hong-Mercier, maître de conférences, et Olivier Lehmann, journaliste

durée : 1h30

jeudi 4 février à 18h15


Hello Stranger

de Kim Dong-hyun

Corée du Sud - fiction – VOSTF - 2007 – coul.

durée : 1h52

vendredi 5 février à 16h30


Bandhobi

de Shin Dong-il

Corée du Sud - fiction – VOSTF - 2008 – coul.

durée : 1h47

vendredi 5 février à 19h30


Land of Scarecrows

de Roh Gyeong-tae

Corée du Sud/France - fiction – VOSTF - 2009 – coul.

durée : 1h30

samedi 6 février à 17h45



Forumdesimages janv2010"Un état du monde... et du cinéma"

du 29 janvier au 7 février 2010 au Forum des images

Forum des Halles

2, rue du Cinéma

75045 Paris Cedex 01

Accès :

Métro : Les Halles, ligne 4 (sortie Saint-Eustache, Place Carrée) et Châtelet, lignes 1, 7 et 14 (sortie Place Carrée)

RER : Châtelet-Les Halles, lignes A, B et D (sortie Rambuteau puis Forum - Place Carrée)

Bus : 67, 74, 85 arrêt Coquillière les Halles

 

Plus d'informations sur le site du Forum des images

 

Autres articles sur le cinéma et la télévision :

 

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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 20:29

Le quatorzième festival international du film de Pusan s'est ouvert avec un film de Jang Kin Good morning President, récit de la vie personnelle de trois présidents (fictifs) qui se succèdent à la tête de l'Etat. Un récit humoristique et distancié sur un sujet politique, rarement traité suivant une telle approche en Corée du Sud, mais dans lequel certains partisans du président actuel, le conservateur Lee Myung-bak, ont voulu voir une critique de ce dernier.

En présentant chaque année environ 270 films, et en accueillant 7.000 professionnels de l'industrie cinématographique et 1.700 journalistes spécialisés, le
Festival international du film de Pusan est l'un des grands rendez-vous du cinéma asiatique et du cinéma mondial. L'édition 2009 comporte 355 films provenant de 70 pays, dont 98 premières mondiales et 46 premières internationales.

La quatorzième édition du Festival, du 8 au 16 octobre 2009, s'est ouverte avec un long métrage de Jang Kin. Le réalisateur a choisi de traiter sur un ton décalé un thème politique : Good morning President examine la vie privée de trois présidents de la République successifs : un ancien dissident embarrassé par un billet de loterie gagnant, un jeune politicien de belle prestance qui a fait un don d'organe et la première femme à accéder à la magistrature politique suprême, mais dont le mari est confronté à un scandale professionnelle lourd de menaces non seulement pour sa présidence, mais aussi pour son mariage.

Dans une société sud-coréenne encore fortement imprégnée d'un confucianisme qui se fonde, notamment, sur le respect pour les autorités, ce mode d'approche a suscité des réactions hostiles parmi les partisans de l'actuel président de la République, le conservateur Lee Myung-bak. Car Jang Kin a beau plaider qu'il s'agit de personnes fictifs, les traits de caractère qu'ils prêtent à ses personnages sont criants de vérité  : alors que la corruption est un mal endémique de
la vie politique sud-coréenne, un scandale impliquant la famille de son prédécesseur Roh Moo-hyun a conduit ce dernier au suicide entraînant, curieusement, la fin des poursuites judiciaires. Enfin, alors que Lee Myung-bak a battu (de peu) sa rivale dans la primaire interne au Grand parti national, empêchant Park Geun-hye (fille du général Park Chung-hee, au pouvoir jusqu'en 1979) de devenir la première femme Présidente de la République, les deux prédécesseurs de Lee Myung-bak, les démocrates Roh Moo-hyun et Kim Dae-jung, ont été des opposants courageux au régime militaire.

La politique est d'ailleurs particulièrement présente tout au long du quatorzième Festival international du film de Pusan, puisque celui-ci se clôturera avec la projection du Message, un film d'espionnage de Chen Kuo-fu et Gao Qunshu se projetant en 1942, dans la Chine sous occupation japonaise.

Good morning President est un film à voir, non seulement pour l'habilité des portraits psychologiques dépeints par Jang Kin, mais aussi par ce qu'il révèle de la société politique sud-coréenne, ainsi que du nouveau rapport des citoyens sud-coréens à la chose publique, débarrassés des pesanteurs du régime militaire. 

Sources :
Unifrance, fil de presse L'Etoile, vimooz.com (dont photo)

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27 octobre 2008 1 27 /10 /octobre /2008 16:39

Du 22 octobre au 18 novembre 2008, la Filmothèque du Quartier Latin organise une vaste rétrospective du cinéma sud-coréen des années 1960 à nos jours. L'AAFC reproduit ci-après le programme officiel de cette manifestation exceptionnelle, au cours de laquelle 60 films donneront lieu à 120 projections.

Pour tous renseignements : Filmothèque du Quartier Latin - 9 rue Champollion 75005 PARIS 
01 43 26 84 65  V.O. sous-titrées
M° Cluny La Sorbonne, Odéon    RER Luxembourg, Saint Michel


Mercredi 22/10 :

14H10 :  MY SASSY GIRL* (2001, 2h03) de Kwak Jae-yong avec Jeon Ji-Hyun, Cha Tae-Hyun. La vie de Gyeon-Woo, banal étudiant à l’avenir incertain, va complètement basculer suite à sa rencontre inattendue sur le quai du métro avec une fille ivre à laquelle il prête assistance. Revoyant ensuite cette jeune femme énergique au franc-parler déroutant, il ne peut s’empêcher de s’attacher à elle…

16H40 : « Hommage à IM Kwon-taek » : CHRONIQUE DU ROI YON-SAN* (1987, 1h45) avec Yu In-chon, Kim Jin-ah. Film en costumes à grand spectacle haut en couleurs. Douze ans de règne du roi Yonsan (1494-1506), qui veut venger l’assassinat de sa mère et qui est détesté par la cour à cause de ses épurations.


19H : CONTACT* (1997, 1h44) de Jang Yoon-hyun avec Jeon Do-youn, Han Suk-Kyu. Un présentateur radio et une télé-opératrice, souffrent tous deux de la solitude. Alors que le premier est obsédé par son ex et souhaite la reconquérir, la seconde est, elle, très attirée par le petit ami de sa copine…

21H15 :  LA FEMME EST L’AVENIR DE L’HOMME (2004, 1h28) de Hong Sang-soo avec Kim Tae-woo, Yoo Ji-tae, Sung Hyun-ah. A Séoul, un professeur d'art plastique retrouve son camarade d’université, un cinéaste sans le sou. Ils décident de partir sur les traces d’une jeune fille dont ils étaient tous les deux amoureux quelques années auparavant. Une sérénade à trois désenchantée mais captivante.

Jeudi 23/10 :
14H10 :  LE MUSEE A COTE DU ZOO*  (1998, 1h48) de Lee Jeong-hyang avec Lee Sung-jae, Sim Eun-aha. Rentrant à la maison à la suite d’une permission durant son service militaire,  un homme constate que sa fiancée l’a quitté et que son appartement est désormais occupé par une jeune vidéaste. Obligés de cohabiter, ils vont écrire ensemble un scénario et tenter de gagner un concours tout en établissant un étrange concubinage…

16H40 :  LA VALLEE DE PIA* (1955, 1h50) de Lee Kang-cheon avec Lee Yee-choun, No Kyung-hee. Les différents conflits idéologiques et personnels à l’intérieur d’un groupe de guérilleros du Nord, pendant la guerre de Corée.

19H : « Hommage à IM Kwon-taek » : LA MERE PORTEUSE* (1986, 1h35) avec Kang Su-yeon, Lee Gu-soon.
Drame en costumes sur un couple fortuné qui ne peut avoir d’enfant. Ils engagent une jeune fille comme « mère porteuse », mais l’amour naît dans le nouveau couple, ce qui conduira à la tragédie. Prix d’interprétation à Venise pour l’actrice principale.

21H15 :  TURNING GATE (2002, 1h55) de Hong Sang-soo avec Kim Sang-kyung, Chu Sang-mi. Un acteur de théâtre sort avec une danseuse sans éprouver de sentiment pour elle. Mais plus tard, dans le train, il rencontre une femme mariée dont il tombe amoureux.

Vendredi 24/10 :
13H45 :  LE COMBAT DE KIM* (1992, 1h55) de Kim Yong-bin avec Yu In-chon, Lee Hae-suk. Un jeune Coréen qui vit au Japon, se venge d’une bande de yakusas et s’enferme dans une auberge avec des otages pour faire connaître aux médias l’exploitation des Coréens au Japon.

15H50 :  SI J’AVAIS UNE FEMME*  (2001, 1h44) de Park Heung-sik avec Sul Kuyng-goo, Jeon Do-yeon. Un employé de banque célibataire est obsédé par l’idée de se marier. Grâce aux caméras de surveillance, il enregistre des vidéos destinées à sa future femme. Lorsqu’il retrouve une ancienne camarade de promotion, il croit avoir trouvé l’âme sœur. Mais, une enseignante qu’il croise régulièrement près de la banque, va contrarier ses plans…

17H50 :  « Spécial KIM Ki-duk » : ADRESSE INCONNUE  (2001, 1h57) interdit – de 16 ans avec Yang Dong-kun, Ban Min-young. Dans une petite ville proche de la frontière avec la Corée du Nord, la vie de trois adolescents au destin bouleversé par la guerre : Chang-guk le métis, dont la mère écrit sans cesse au père américain dans l’espoir de le rejoindre, Ji-Hun, fils d’un vétéran, et Eun-ok, une lycéenne orpheline de père depuis le conflit.

20H10 :  « Spécial KIM Ki-duk » : L’ILE  (2000, 1h30) interdit –16 ans avec Suh Jung, Kim Yoo-seok. Responsable d’îlots de pêche dans un site idyllique, une jeune fille aussi belle que libre s’éprend fiévreusement d’un désespéré en fuite qui vient d’assassiner sa femme. Une fable cruelle à l'humour dévastateur.

22H : « Spécial KIM Ki-duk » : THE COAST GUARD  (2002, 1h32) Interdit – 12 ans avec Jang Dong-gun, Park Ji-ah. Dans une base côtière destinée à empêcher l’infiltration d’espions nord-coréens, un militaire zélé abat une nuit par erreur un pêcheur qui faisait l’amour avec sa femme. Le soldat coupable et la femme de la victime sombrent peu à peu, chacun de son côté, dans la folie… Une critique acerbe des aliénations d’une société.

Samedi 25/10 :
13H45 :  LA VALLEE DE PIA* (voir jeudi 23)

15H50 :  CONTACT* (voir mercredi 22)

17H50 :  « Spécial KIM Ki-duk » : LOCATAIRES  (2004, 1h30) avec Lee Seung-yeon, Jae Hee. Un jeune homme squatte des maisons en l’absence de leurs propriétaires avec un soin particulier, se faisant un devoir de ne rien voler et d’entretenir, voire de réparer les équipements ménagers. Il rencontre lors d’une de ses «visites» une femme maltraitée par son mari. Un lien se crée d’emblée entre les deux solitaires. Un hymne à l’amour fou teinté de fantastique. Lion d’argent et Meilleur réalisateur au festival de Venise 2004.

19H45 :  MY SASSY GIRL* (voir mercredi 22)

22H :  « Spécial KIM Ki-duk » : SAMARIA  (2004, 1h45) interdit - 12 ans avec Lee Uhl, Kwak Ji-min. La fille d’un policier a pour meilleure amie une prostituée, qu’elle aide à gérer ses clients, veillant notamment à l’empêcher de s’attacher à eux. Elle fait aussi le guet pendant les passes, jusqu’au jour où sa vigilance est prise en défaut... Un conte moral intensément poétique. Ours d’argent du meilleur réalisateur au festival de Berlin 2004.

Dimanche 26/10 : « Hommage à IM Kwon-taek » :

14H10 :  LE CHANT DE LA FIDELE CHOUN-HYANG (2000, 2h05) avec Lee Hyo-jeong, Cho Seung-wu. Au XVIIIe siècle, le fils d’un gouverneur et la fille d’une ancienne courtisane tombent amoureux. Mais le garçon doit partir pour poursuivre ses études et au même moment, un nouveau gouverneur choisit la fille pour en faire sa courtisane. Malgré les tortures et les humiliations, la jeune femme fera tout pour rester fidèle à ses sentiments.

16H40 :  LA MERE PORTEUSE* (voir jeudi 23)

18H30 :  IVRE DE FEMMES ET DE PEINTURE (2002, 1h57) d’Im Kwon-taek avec Choi Min-sik, Ahn Sung-gi, You Ho-jeong. Biographie d’"Ohwon" Jang Seung-up, artiste peintre du XIXe siècle connu non seulement pour son art qu'il maîtrise à la perfection mais également pour son mode de vie libertin, son excentricité et son amour immodéré de l'alcool. Une œuvre inspirée qui mêle avec une truculence romanesque et dans une esthétique somptueuse, le rêve et la réalité, l’art et la vie.

21H : CHRONIQUE DU ROI YON-SAN* (voir mercredi 22)

Lundi 27/10 :
14H10 :  SI J’AVAIS UNE FEMME* (voir vendredi 24)

16H40 :  LA BOITE A LETTRES* (2000, 1h31) de Lee Hyun-seung avec Lee Jeong-jae, Jeon Ji-hyun. Un homme et une femme habitent dans la même maison mais à des époques différentes. Un jour, ils découvrent qu’ils peuvent communiquer ensemble en plaçant leurs lettres dans une boîte magique. Commence alors une étrange histoire d’amour…

19H :  LE COMBAT DE KIM* (voir vendredi 24)

21H15 :  MEMORIES OF MURDER (2003, 2h12) de Bong Joon-ho avec Song Kang-ho, Kim Sang-kyung. En 1986, la région de Kyungki vit dans la psychose d’un tueur en série qui viole et étrangle ses victimes les soirs de pluie. Un policier de Séoul est dépêché sur place pour assister son collègue local. Malgré leurs différences, ils vont collaborer mais le meurtrier demeure insaisissable.

Mardi 28/10 :
14H10 :  CADEAU* (2001, 1h53) de Oh Ki-hwan avec Lee Young-ae, Lee Jeong-jae. Après bien des déboires professionnels, un comédien inconnu décroche enfin le rôle de sa vie et l’offre comme un ultime cadeau à sa femme gravement malade…

16H40 :  LE PRINTEMPS DANS MON PAYS NATAL* (1998, 1h53) de Lee Kwang-mo avec Ahn Sung-gi, Song Ok-sook. Pendant la guerre de Corée, pour rembourser une dette, une femme est obligée de se donner à un officier américain. Mais son fils les surprend et décide de venger sa mère...

19H : LE MUSEE A COTE DU ZOO* (voir jeudi 23)

21H15 : THE HOST  (2006, 1h59) de Bong Joon-ho avec Song Kang-Ho, Bae Doo-na. A Séoul, une fillette dont une famille tient un petit snack, est enlevée par un monstre surgi des profondeurs de la rivière. Ils partent alors à sa recherche… Un réjouissant mélange d’épouvante, de comédie, d'action, de drame et de satire sociale.

Mercredi 29/10 :
14H10 :  « Hommage à SIN Sang-ok » : SAMYONG LE MUET* (1964, 1h26) avec Kim Jin-gyu, Choe Eun-hee. Un serviteur muet se rapproche de plus en plus de la femme maltraitée de son maître. Si l’amour n’est pas possible, il montre néanmoins toute sa générosité en sacrifiant sa vie pour essayer de la sauver.

16H30 :  LA SAISON DES PLUIES* (1979, 2h03) de Yoo Yun-mok avec Lee Dae-keun, Hwang Jeong-sun. Puissant drame dans un village pendant la guerre de Corée. Deux familles apparentées entrent en conflit parce que l’une d’elles défend un fils passé chez les communistes. Un rite chamanique fera finalement revenir la paix entre les deux familles.

19H :  « Hommage à SIN Sang-ok » : LE RIZ* (1963, 2h03) avec Sin Yong-gyun, Choe Eun-hee. Drame épique avec des éléments de propagande en faveur du régime de l’époque et de son « mouvement pour un nouveau village ». Un homme revient dans son village et y organise la construction d’un canal et d’une galerie dans la montagne pour développer la culture du riz.

21H30 :  L’ILE (voir vendredi 24)

Jeudi 30/10 :
14H10 :  « Hommage à SIN Sang-ok » : JUSQU’AU BOUT DE MA VIE* (1960, 1h48) avec Choe Eun-hee, Kim Jin-gyu. A la fin de la guerre de Corée, le drame d’une famille dont le mari est blessé et dont la femme doit prendre en charge la survie de ses enfants. Néo-réalisme à la coréenne.

16H40 :  CADEAU* (voir mardi 28)

19H :  THE COAST GUARD (voir vendredi 24)

21H15 :  LOCATAIRES (voir samedi 25)

Vendredi 31/10 :
13H45 :  LA BOITE A LETTRES* (voir lundi 27)

15H30 :  NOEL EN AOUT* (1998, 1h37) de Hur Jin-ho avec Han Suk-Kyu, Shim Eun-ha.
Un célibataire, gérant d’un petit magasin de photos, apprend qu'il est atteint d’une maladie incurable. Il accepte son sort avec résignation et fatalisme. Un jour, il rencontre une contractuelle au doux sourire qui va entrer dans sa vie et y prendre une place de plus en plus importante...

« Spécial Trilogie de HONG Sang-soo »

17H30 :  LE JOUR OU LE COCHON EST TOMBE DANS LE PUITS  (2003, 1h55) avec Kim Ui-Seong, Park Jin-Sung. Un écrivain sans grand talent, aime une femme mariée, alors qu’une ouvreuse de cinéma, amoureuse de lui, subvient à ses besoins. Dans un autre couple, l’homme soupçonne sa femme, dont le travail ne lui plaît pas, de le tromper... Le titre est une expression populaire coréenne qui désigne un jour où tout va de travers. A travers les aspirations et les itinéraires de quatre personnages, le malaise existentiel d'une génération de trentenaires.

19H40 :  LE POUVOIR DE LA PROVINCE DE KANG-WON  (1998, 1h48) avec Peak Jong-hak, Oh Youn-hong. Après un chagrin d’amour consécutif à sa rupture avec son jeune professeur d’université, une jeune fille part en vacances à Kang-won. De son côté, le professeur se rend lui aussi au même endroit. Bien qu’ils effectuent le même voyage, les deux amants vont vivre des expériences différentes…

21H40 :  LA VIERGE MISE A NU PAR SES PRETENDANTS  (2003, 2h06) avec Lee Eun-joo, Jung Bo-suk.
Courtisée par deux soupirants, une jeune femme de 24 ans refuse de leur sacrifier sa virginité. Un tryptique amoureux d’une grande justesse qui met en lumière les relations entre les sexes dans la société coréenne.

Samedi 1er/11 :
13H45 :  « Hommage à SIN Sang-ok » : SAMYONG LE MUET* (voir mercredi 29)

15H30 :  « Hommage à SIN Sang-ok » : LE RIZ* (voir mercredi 29)

17H50 :  « Spécial HONG Sang-soo » : LA FEMME EST L’AVENIR DE L’HOMME (voir mer 22)

19H30 :  CHIL-SU ET MAN-SU* (1988, 1h48) de Park Kwang-su avec Ahn Sung-gi, Park Joung-hun. Portrait réaliste et fable métaphorique sur la marginalité de deux ouvriers à Séoul. Premier film du cinéaste révélé au Forum de Berlin, il marque l’émergence d’une nouvelle vague dans le cinéma coréen.

21H40 :  MEMORIES OF MURDER (voir lundi 27)

Dimanche 02/11 :
14H10 :  PRINTEMPS, ETE, AUTOMNE, HIVER… ET PRINTEMPS  (2003, 1h43) de Kim Ki-duk avec Kim Ki-duk, Oh Young-su. Les cinq âges (dont les saisons du titre sont la métaphore) de la vie d’un moine, qui connaît tour à tour la perte de l’innocence, la passion et la jalousie destructrices, et enfin la rédemption et l’expérience. A la manière d'un conte bouddhiste, une réflexion sur la condition humaine d’une grande beauté formelle.

16H30 :  « Hommage à SIN Sang-ok » : L’INVITE DE LA CHAMBRE D’HOTE ET MA MERE* (1961, 1h43) avec Kim Jin-kyu, Choi Eun-hee. Chef-d’œuvre du mélodrame centré sur le personnage d’une jeune veuve (interprété par la femme du réalisateur) qui n’arrive pas à surmonter les lois de la morale confucianiste et à avouer son amour à l’homme qui habite chez elle.

18H45 :  « Spécial HONG Sang-soo » : TURNING GATE (voir jeudi 23)

21H : « Hommage à SIN Sang-ok » : JUSQU’AU BOUT DE MA VIE* (voir jeudi 30)

Lundi 03/11 :
14H10 :  LE PRINTEMPS DANS MON PAYS NATAL* (voir mardi 28)

16H40 : L’ETERNEL EMPIRE*  (1994, 2h04) de Park Joung-won avec An Sung-gi, Jo Jae-hyun. En l’an 1800, la tension politique au sein de la dynastie Joseon est à son point culminant. Les lettrés et hauts dignitaires du mouvement confucéen Noron s’opposent au souverain Jong-jo et des complots se trament…

19H10  :  NOEL EN AOUT* (voir vendredi 31)

21H15 : ADRESSE INCONNUE (voir vendredi 24)

Mardi 4/11 :
14H10 :  LA SAISON DES PLUIES* (voir mercredi 29)

16H40 :  CHIL-SU ET MAN-SU* (voir samedi 1er)

19H : « Hommage à SIN Sang-ok » : L’INVITE DE LA CHAMBRE D’HOTE ET MA MERE* (voir dimanche 2)

21H15 :  SAMARIA (voir samedi 25)

Mercredi 5/11 :
14H10 :  L’ETERNEL EMPIRE*  (voir lundi 3)

16H40 :  «  Hommage à LEE Doo-yong » : LE CHEMIN QUI MENE A CHUNGSONG* (1990, 1h50) avec Chung Kwang, LEE Hyong-gi. Un vieil homme qui a passé presque toute sa vie derrière les barreaux, est arrêté pour le vol d’une chèvre. Sa vie quotidienne dans les prisons est évoquée pendant le transfert vers la prison de Chaongsong, où il n’arrivera jamais.

19H : «  Hommage à LEE Doo-yong » : LE ROUET, L’HISTOIRE CRUELLE DES FEMMES* (1983, 1h40) avec Won Mi-gyong, Sin Il-young, Choe Song-ho. Film en costumes sur la condition des femmes dans la Corée traditionnelle. Une femme doit épouser l’âme d’un défunt. Elle essaye en vain de fuir cet horrible destin.

21H15 :  LE VIEUX JARDIN (2007, 1h52) d’Im Sang-soo avec Ji Jin-hee, Yum Jung-ah. 1980. Un activiste politique trouve refuge dans la montagne chez une jeune institutrice. Bien qu’ils aient une histoire d’amour passionnée, il fait le choix de retourner à ses activités politiques. Dix-sept ans plus tard, il sort de prison, redécouvre son pays et se souvient de son amour. Une méditation sur l’entremêlement de l’Histoire et des destins individuels, d’après le célèbre roman de Hwang Sok-yong (paru en France aux éditions Zulma).

Jeudi 6/11 :
13H45 :  LA TERRE*  (1974, 2h10) de Kim Soo-yong avec Kim Ji-mi, Lee Soon-jae. Histoire d’amour et de trahison dans la famille de M. Choi, riche aristocrate et propriétaire terrien, vue à travers 5 générations, dans la tourmente de la société coréenne de la fin du 19e siècle. Adaptation du très célèbre roman de Pak Kyong-ni.

16H10 :  «  Hommage à LEE Doo-yong » : LE MURIER* (1985, 1h54) avec Lee Mi-suk, Lee Dae-keun. Dans les années 20, la vie d’un village est perturbée par la présence d’une femme aux mœurs très libres. Une oeuvre souvent très drôle pourvue d’un arrière-plan politique.

«  Hommage à CHOI Min-sik » :

18H10 :  IVRE DE FEMMES ET DE PEINTURE  (voir dimanche 26)

20H30 :  OLD BOY (2003, 1h59) interdit – 16 ans de Park Chan-wook avec Choi Min-sik, Yoo Ji-tae, Kang Hye-Jeong. A la fin des années 80, un père de famille sans histoire, est enlevé un jour devant chez lui puis séquestré pendant plusieurs années, sans aucune explication. Son seul lien avec l'extérieur est une télévision. Par ce biais, il apprend le meurtre de sa femme, dont il apparaît comme le principal suspect. 15 ans plus tard, il est brutalement relâché. Un homme le contacte alors pour lui proposer de découvrir qui l'a enlevé et pourquoi… Un film noir halluciné qui allie intrigue labyrinthique, mise en scène explosive, violence ironique et interprétation fulgurante. Séance suivie d’un débat en présence de CHOI Min-sik.


Vendredi 7/11 :
13H45 :  UN JOUR*  (2001, 1h52) de Han Ji-seung avec Lee Sung-jae, Ko So-young. Un couple souffre de ne pas pouvoir avoir d’enfant. Grâce aux soins médicaux, l’épouse parvient enfin à tomber enceinte. Mais la joie des futurs parents est de courte durée car le médecin leur révèle après examen que l’enfant ne pourra survivre après la naissance...

15H50 :  LA LETTRE* (1998, 1h33) de Lee Jung-kook avec Choi Jin-sil, Park Sin-yang. Après le décès de son époux auquel elle était très attachée, une femme complètement désespérée reçoit plusieurs lettres écrites par celui-ci juste avant sa mort…

17H30 :  OASIS (2002, 1h55) de Lee Chang-dong avec Seol Kyung-goo, Moon So-ri. Sortant de prison pour avoir provoqué un accident de voiture, un marginal rend visite à la famille de sa victime et rencontre leur fille, une jeune handicapée dont il tombe amoureux. Prix de la Mise en scène, Prix de la Meilleure jeune actrice et Prix de la critique - Festival de Venise 2002.

19H50 :  THE PRESIDENT’S LAST BANG (2005, 1h42) d’ Im Sang-soo avec Han Suk-kyu, Baik Yoon-sik. Séoul 1979. Un dîner privé réunit pour une soirée le Président de la République et ses trois plus proches collaborateurs : son chef de la sécurité, son secrétaire, et le directeur de la CIA coréenne, tous trois se disputant ses faveurs. Une chanteuse pop et une autre jeune femme ont été conviées pour distraire ces messieurs... Pendant ce temps, le directeur de la CIA se prépare à assassiner le Président… Le récit passionnant d’une nuit de renversements d’alliance et de chaos politique qui joue avec virtuosité des unités de temps et de lieu. Le film est présenté pour la première fois dans la version voulue par le cinéaste, comportant des extraits coupés au moment de la sortie en raison d’un procès intenté par le propre fils du président.

21H50 :  «  Hommage à CHOI Min-sik » : LADY VENGEANCE (2005, 1h55) interdit – 16 ans de Park Chan-wook avec Choi Min-sik, Lee Young-ae. Une belle jeune femme devient un personnage public lorsqu'elle est accusée de l’enlèvement et du crime d'un garçon de 5 ans, qu’elle finit par avouer. Pendant ses treize années d'enfermement, elle prépare méticuleusement sa vengeance contre son ancien professeur...

Samedi 8/11 :
13H40 :  «  Hommage à LEE Doo-yong » : LE CHEMIN QUI MENE A CHUNGSONG* (voir mercredi 5)

15H40 :  «  Hommage à LEE Doo-yong » : LE FILS AINE* (1985, 1h55) avec Hwang Jeong-soon, Kim Il-hae, Sin Sung-il. Le portrait bouleversant d’une famille de Séoul qui essaye de conserver les liens traditionnels. Les vieux n’arrivent pas à accepter le mode de vie citadin. L’un des chefs-d’oeuvre de son auteur.

17H45 :  THE HOST  (voir mardi 28)

20H : «  Hommage à LEE Doo-yong » : LE ROUET, L’HISTOIRE CRUELLE DES FEMMES* (voir mercredi 5)

21H50 :  SYMPATHY FOR Mr VENGEANCE (2003, 2h) interdit – 16 ans de Park Chan-wook avec Song Kang-ho, Shin Ha-kyun. Un ouvrier sourd et muet, dont la soeur est en attente d'une opération chirurgicale coûteuse, perd son emploi. Sa fiancée, une activiste gauchiste, lui propose alors de kidnapper la fille de son ancien patron pour toucher une rançon. Mais le plan parfait tourne à la catastrophe… Le premier volet de la trilogie de la vengeance, qui se poursuivra avec Old Boy et Lady Vengeance. Aussi violents que stylisés, ces trois thrillers remportèrent un triomphe en Corée et furent remarqués dans le monde entier.

Dimanche 9/11 :
14H10 :  LE ROI ET LE CLOWN (2008, 2h) de Lee Jun-ik avec Kam Woo-seong, Jeong Jin-yeong. Au XVIe siècle, un comédien menacé de prison, gagne sa liberté en faisant rire le roi. Une relation étonnante va alors s’instaurer entre le souverain et le saltimbanque. Une belle chronique d'époque, mise en scène dans un séduisant déploiement de costumes et de décors, mais aussi une réflexion sur les rapports entre le pouvoir et le théâtre. L’un des plus grands succès du box-office coréen.

16H40 :  «  Hommage à LEE Doo-yong » : LES EUNUQUES* (1985, 1h50) avec Ahn Song-gi, Lee Mi-suk. Film en costumes du XVIe siècle. Les eunuques sont les gardiens des concubines de la cour. Remarquable film à grand spectacle où la sexualité joue évidemment un rôle central.

18H45 :  UNE FEMME COREENNE (2003, 1h47) interdit –12 ans d’Im Sang-soo avec Moon So-ri, Hwang Jung-min. Une ancienne danseuse est mariée à un avocat de renom qui la trompe. Après la mort tragique de leur enfant unique, elle sort de sa torpeur de femme au foyer et décide de prendre son destin en mains. Le récit énergique et saisissant de l’émancipation d’une femme, témoignant des difficiles mutations d’une société nouvellement démocratique. Lotus d'or au Festival du film
asiatique de Deauville en 2004.

21H :  «  Hommage à LEE Doo-yong » : LE MURIER*  (voir jeudi 6)

Lundi 10/11 :
14H10 :  LA LETTRE*  (voir vendredi 7)
16H30 :  UN JOUR*  (voir vendredi 7)
18H45 :  LA TERRE*  (voir jeudi 6)
21H15 :  PRINTEMPS, ETE, AUTOMNE, HIVER… ET PRINTEMPS  (voir dimanche 2)

Mardi 11/11 :
14H10 :  «  Hommage à LEE Doo-yong » : LE FILS AINE*  (voir samedi 8)

16H40 :  «  Hommage à LEE Doo-yong » : LES EUNUQUES*  (voir dimanche 9)

18H45 :  « Hommage à IM Kwon-taek » : LE CHANT DE LA FIDELE CHUNHYANG (voir dim 26)

21H15 :  LE BROUILLARD* (1967, 1h16) de Kim Soo-yong avec Sin Sung-il, Yoon Jung-hee. Le drame psychologique d’un homme qui fuit la ville pour son village natal où il essaye en vain de retrouver l’innocence que la vie en ville a détruite en lui.

Mercredi 12/11 :
14H10 :  LES INSURGES* (1999, 1h40) de Park Kwang-soo avec Sim Eun-ha, Lee Jung-jae. Lors de l’insurrection dans l’île de Cheju en 1901, un jeune homme ne rêvant que de vivre heureux avec sa belle, devient commandant en chef des forces rebelles. Il sera touché de plein fouet par le vent violent de l’histoire…

16H40 :  « Hommage à IM Kwon-taek » : LE TICKET* (1986, 1h48) avec Kim Ji-mi, Jeon Se-young. Produit et interprété par la grande actrice Kim Ji-mi, un portrait sans complaisance de la vie des hôtesses de bar dans une ville portuaire.

19H : « Hommage à BAE Chang-ho » : BONJOUR, DIEU*  (1988, 1h47) avec Ahn Sung-gi, Kim Bo-yeun. Road movie drôle et tendre sur deux hommes et une femme qui traversent la Corée, à la recherche d’un bonheur impossible dans la grande ville.

21H15 :  LE JOUR OU LE COCHON EST TOMBE DANS LE PUITS  (voir vendredi 31)

Jeudi 13/11 :
14H10 :  « Hommage à IM Kwon-taek » : LA FILLE DU FEU* (1983, 1h54) avec Park Gun-hyung, Pang Hui. Une femme chamane apprend son art à son fils. Un témoignage sur les conflits entre les différentes religions dans la Corée d’aujourd’hui.

16H40 :  LES POMMES DE TERRE* (1968, 1h23) de Kim Sung-ok avec Park No-sik, Hu Jang-gang. Dans le milieu rural, l’odyssée d’une femme de plus en plus soumise au despotisme des hommes. Adaptation d’un classique de la littérature coréenne et unique film du scénariste Kim Sung-ok.

19H :  Mr MAMMA*  (1992, 1h41) de Kang Woo-suk avec Choi Jin-sil, Choi Min-soo. Un homme rentre à la maison et n’y trouve plus sa femme qui a quitté le domicile conjugal. Il est obligé d’emmener avec lui au bureau son petit garçon, ce qui n’est pas sans lui poser problème… Il s’en sort grâce à l’aide d’une collègue compatissante dont il tombe amoureux. Mais celle-ci est malheureusement déjà prise…

21H15 :  OASIS  (voir vendredi 7)

Vendredi 14/11 :
13H45 :  LE BROUILLARD*  (voir mardi 11)

15H40 :  VOYAGE D’HIVER*  (1986, 1h52) de Kwak Ji-gyun avec Kang Suk-woo, Lee Mi-sook. Histoire d’amour, de haine, d’amitié trahie et de violence, relatant le destin de trois jeunes confrontés à la mort, à la séparation, et aux soubresauts tragiques de l’existence…

17H45 :  « Hommage à IM Kwon-taek » : LE TICKET*  (voir mercredi 12)

19H40 :  LE ROI ET LE CLOWN (voir dimanche 9)

21H50 :  SYMPATHY FOR Mr VENGEANCE  (voir samedi 8)

Samedi 15/11 :
13H45 :  « Hommage à BAE Chang-ho » : BONJOUR, DIEU*  (voir mercredi 12)

«  Hommage à IM Sang-soo » :


15H45 :  LE VIEUX JARDIN (voir mercredi 5)

17H50 :  UNE FEMME COREENNE (voir dimanche 9)

20H30 :  THE PRESIDENT’S LAST BANG (version “director’s cut”)
Séance suivie d’un débat en présence de IM Sang-soo.

Dimanche 16/11 :
14H10 :  LE POUVOIR DE LA PROVINCE DE KANG-WON  (voir vendredi 31)

16H30 :  « Hommage à BAE Chang-ho » : LE REVE* (1990, 1h31) avec Shin Young-kyun, Kim Hye-jeong. Film historique qui se déroule sous la dynastie Sila. Un moine s’éprend d’une femme et abandonne la religion. Il vit avec elle une vie de plus en plus tragique. Mais toute sa vie n’a-t-elle été qu’un rêve ?

18H30 :  LA VIERGE MISE A NU PAR SES PRETENDANTS  (voir vendredi 31)

21H :  « Hommage à BAE Chang-ho » : LES GENS DU QUARTIER KO-BANG* (1982, 1h48) avec Kim Bo-youn, An Song-gi. Ce premier film du cinéaste fut la surprise du cinéma coréen au début des années 80. Différentes histoires drôles, sentimentales et dramatiques s’entremêlent dans un bidonville de Séoul.

Lundi 17/11 :
13H45 :  Mr MAMMA*  (voir jeudi 13)
15H40 :  LES INSURGES*  (voir mercredi 12)
17H30 :  VOYAGE D’HIVER*  (voir vendredi 14)
19H40 :  OLD BOY  (voir jeudi 6)
21H50 :  LADY VENGEANCE  (voir vendredi 7)

Mardi 18/11 :
14H10 :  LES POMMES DE TERRE*  (voir jeudi 13)
16H40 :  « Hommage à BAE Chang-ho » : LES GENS DU QUARTIER KO-BANG*  (voir dimanche 16)
19H :  « Hommage à BAE Chang-ho » : LE REVE* (voir dimanche 16)
21H15 :  « Hommage à IM Kwon-taek » : LA FILLE DU FEU*  (voir jeudi 13)

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24 août 2008 7 24 /08 /août /2008 14:43

Le huitième long métrage du Sud-Coréen Hong Sangsoo Night and day, sorti en France le 23 juillet 2008, est le récit de la découverte de Paris par un jeune peintre coréen ayant dû quitter son pays et son épouse pour échapper à une arrestation. Ignorant presque tout de la France, le héros, Sung-nam, hébergé dans une pension coréenne, rencontre la communauté coréenne de la capitale française, dans un tableau réaliste et sans concessions des sentiments humains. L'AAFC s'est plus particulièrement intéressée à un détail original du film : la rencontre de Sung-nam avec un étudiant nord-coréen à Paris.

La rencontre, à Paris, entre le Sud-Coréen Sung-nam et un de ses compatriotes du Nord n'occupe que deux scènes du film Night and day de Hong Sangsoo (ci-contre à Paris, le 5 septembre 2007, lors du tournage de Night and day), sorti en France le 23 juillet 2008 avec, dans les rôles principaux, les acteurs Kim Young-ho, Hwang Soo-jeong et Park Eun-hye. Mais ce sont deux scènes particulièrement émouvantes, sur un sujet rarement abordé dans le cinéma sud-coréen, et qu'a eu le courage d'aborder le réalisateur de Le jour où le cochon est tombé dans le puits (1996) et Le pouvoir de la province de Kangwon (1998).

Dans la première scène, Sung-nam rencontre son compatriote du Nord à une soirée entre jeunes Coréens où il lui demande si celui-ci, trahi par son accent, est un Coréen chinois de la préfecture autonome coréenne de Yeonbyeon (en chinois Yanbian)... pour apprendre que ce dernier est originaire de la capitale nord-coréenne, Pyongyang, et étudiant aux Beaux-Arts. Emu, Sung-nam lui demande immédiatement, sans réfléchir, ce qu'il pense du président Kim Il-sung... mais sans utiliser les formules de politesse attendues. L'étudiant nord-coréen répond, irrité, s'il parlerait de façon aussi peu polie de son grand-père. Décontenancé, Sung-nam n'a d'autre choix que de quitter la soirée.

Les deux hommes se retrouvent ensuite par hasard, dans Paris, et c'est Sung-nam qui va accourir pour parler à l'étudiant nord-coréen qui l'avait salué poliment sans s'arrêter... Lequel lui demande tout à trac pourquoi il le "déteste" : Sung-nam l'invite à prendre un verre et les deux Coréens sympathiseront, sans se revoir.

Il y a des touches manifestement très réalistes dans le récit de cette rencontre intercoréenne : la confusion crédible entre les Coréens de Chine et les Nord-Coréens, dont l'accent est proche ; la maladresse et la curiosité du Sud-Coréen qui rencontre pour la première fois un Nord-Coréen et pose une question politique pour laquelle il n'y a pas de dialogue possible ; le sentiment erroné du Nord-Coréen croyant qu'il est détesté pour ce qu'il est ... Ou encore la volonté déterminée du Nord-Coréen à l'emporter - mais sans succès - sur son compatriote du Sud dans une partie de bras-de-fer, spécialité de Sung-nam. Et enfin la capacité très rapidement à sympathiser de deux hommes qui partagent en commun la même culture, la même langue.

Quelques détails ne sont toutefois pas justes : pourquoi l'étudiant en beaux-arts porte-t-il un badge à l'effigie du président Kim Il-sung lorsque Sung-nam le revoit dans les rues de Paris ? Sauf contexte officiel, les Nord-Coréens à l'étranger n'ont pas vocation à porter en permanence le badge du Président, pour d'évidentes raisons de discrétion. De même, la démarche un peu rigide de l'étudiant nord-coréen renvoie à un cliché des Sud-Coréens sur les Nord-Coréens : leur attitude moins décontractée les rendrait aisément reconnaissables parmi d'autres Coréens...

Selon toute évidence, le modèle psychologique de Hong Sangsoo a été tiré parmi les Nord-Coréens qui ont quitté le Nord de la péninsule pour s'établir illégalement au Sud, après être passés par la Chine puis un pays tiers. Si ces derniers se voient procurer un logement, un emploi (manuel) et un pécule (en diminution constante) lors de leur arrivée au Sud - de la même façon que les Sud-Coréens passant au Nord bénéficient d'avantages matériels, mais comparativement beaucoup plus importants - ils sont victimes de discriminations, y compris légales. En particulier, ils sont enregistrés sous un numéro de sécurité sociale qui les identifient comme originaires du Nord, et ils ne peuvent pas de déplacer à l'intérieur de la Corée du Sud sans autorisation de police. Dépourvus de tout réseau de sociabilité au Sud, ils choisissent parfois de retourner au Nord.  

En tout état de cause, Night and day a le mérite de comporter une (discrète) touche de subversion, et d'éviter la caricature du Nord-Coréen communiste assoiffé de sang et de violence comme dans Frères de sang (Taegukgi hwinalrimyeo, 2004) de Kang Je-gyu. Un choix qui mérite d'autant plus d'être salué que la loi de sécurité nationale, toujours en vigueur à Séoul, interdit aux Sud-Coréens d'entrer en contact avec des Nord-Coréens, alors que de telles rencontres, même fortuites, sont inévitables en dehors de la péninsule coréenne.

 

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15 juillet 2008 2 15 /07 /juillet /2008 15:15

Après les projections en avant-première du film de Fabien Adam "Where are you going ?", suivies de débats sur la réunification ferroviaire de la Corée animés par l'AAFC, les 16 avril et 7 mai 2008, Adrien Gombeaud, spécialiste du cinéma coréen, a apprécié "Where are you going", dont il donne un compte rendu dans le numéro n° 569-570 (juillet-août 2008) du mensuel de cinéma "Positif". Par ailleurs, une nouvelle projection en avant-première, à Dijon, sera organisée par le comité régional de l'AAFC en Bourgogne le 23 août 2008, alors que le DVD du film est dès à présent disponible auprès de l'AAFC. 

Extrait du "Bloc Note d’Adrien Gombeaud (*)", paru dans Positif, n° 569-570 (juillet-août 2008)
 

Vidéo de 40 minutes réalisée par Fabien Adam, Where are you going ? est un voyage en train de Marseille à Pusan (Corée du Sud) : d’un TGV à l’autre. A la fin on retrouve les wagons du début à l’autre bout de la terre. Et, jolie symétrie, Pusan ressemble à Marseille comme tous les grands ports, mêmes gestes, mêmes bruits…

En espérant que bientôt on puisse emprunter les rails qui traversent la ligne de démarcation entre le Nord et le Sud du pays. A voir, peut-être dans un festival près de chez vous.

Rens : http://whereareyou.going.free.fr

(*) Adrien Gombeaud : Docteur en langue et civilisation coréennes (il a travaillé sur « L’organisation de l’espace dans le cinéma coréen des années 80 à nos jours ») est rédacteur à la revue Positif, journaliste aux Echos et à Paris-Match. Il tient chaque mois une chronique dans le magazine coréen Cine 21 et collabore au site koreanfilm.org. Il a publié Séoul Cinéma aux Éditions L’Harmattan et a participé à un livre sur Kim Ki-duk  aux Éditions Dis-voir. Il enseigne également le cinéma à l’INALCO.

Nouvelle projection de "Where are you going ?" en avant-première, le samedi 23 août 2008 à Dijon

Une nouvelle projection du film en avant-première, mais cette fois, à Dijon, sera organisée par Art in'motion et le comité Bourgogne de l'AAFC le samedi 23 août 2008 à 19h, à Dijon, au café Les Trois Coups, 10 rue Condorcet.

Retrouvez tous les détails sur l'avant-première à Dijon sur le blog du comité régional Bourgogne de l'AAFC.

Le DVD du film disponible auprès de l'AAFC

Le DVD du film "Where are you going" de Fabien Adam est disponible auprès de l'AAFC au prix de 14 euros (10 euros pour les adhérents à l'AAFC).

Adresser votre courrier, accompagné de votre règlement, au siège de l'AAFC  : C/O CILRECO - 119, rue Jean Jaurès - 92320 Chatillon.


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15 mai 2008 4 15 /05 /mai /2008 18:46
L'Association d'amitié franco-coréenne a rencontré Jérémy Segay, membre du comité de sélection de la Quinzaine des Réalisateurs, principale section parallèle du Festival de Cannes, qui fête cette année son quarantième anniversaire. Jérémy Segay revient sur l'évolution récente du cinéma nord-coréen, sans doute un des moins connus au monde.


Jérémy Segay, bonjour. Membre du comité de sélection de la Quinzaine des Réalisateurs de Cannes, vous êtes un des meilleurs spécialistes français du cinéma coréen. En septembre 2006, vous avez participé au Festival international du film de Pyongyang où vous avez découvert Le journal d’une jeune Nord-Coréenne, de Jang In-ak. Quelle place occupe ce film dans le cinéma nord-coréen actuel ?


Jérémy Segay : D’abord quelques mots sur le Festival international du film de Pyongyang qui a lieu tous les deux ans.

J’avais rencontré en 2003 un délégué de ce festival lors du marché du film de Hong-Kong. Il m’avait passé quelques documents sur la production de son pays, documents qui dataient tous des années 1980, et je lui avais fait part de ma curiosité de découvrir les productions récentes de la République populaire démocratique de Corée [RPDC, Corée du Nord].

Quelques mois plus tard je recevais une invitation pour participer au Festival de Pyongyang en 2004. A l’époque un peu méfiant et pas informé sur le côté pratique pour effectuer un tel voyage – on ne trouve pas d’aller-retour Paris-Pyongyang dans l’agence de voyage du coin de la rue – j’avais refusé mais en promettant de reconsidérer une future proposition pour une prochaine édition du festival.

Une rencontre avec le documentariste Daniel Gordon m’a grandement rassuré sur ce pays, moi qui ne connaissais que la partie sud de la péninsule coréenne. Et c’est comme ça que je me suis retrouvé en route pour Pyongyang.

Le contact passant bien avec mon interlocuteur du festival et pour ma part conscient de l’isolement du pays et de son cinéma, j’ai suggéré au festival de proposer à d’autres professionnels de m’accompagner. Le festival a accepté, et c’est ainsi que Derek Elley, de Variety, et James Velaise, distributeur de nombreux films sud-coréens en France, se sont joints à moi.

Le festival présente des films du monde entier (à l’exception des Etats-Unis, de la Corée du Sud et du Japon) et se tient dans deux lieux principaux, très impressionnants par leur taille, puisque ce sont des salles de 3.000 et 2.000 places. Sauf pour l’ouverture et la clôture du festival, les séances sont remplies par des habitants de Pyongyang de tous horizons sociaux. A ce que m’ont dit des habitués, le festival est très populaire, car c’est la seule façon de voir officiellement des films étrangers récents, et les Nord-Coréens sont très curieux.

Seuls deux films récents nord-coréens étaient présentés : Pyongyang Nalpharam et Le Journal d’une jeune Nord-Coréenne [Han nyeohaksaengeui ilgi].

Ce dernier film occupe une place particulière car son action est contemporaine, l’autre étant un film d’arts martiaux anti-japonais se déroulant pendant la période de la colonisation japonaise.

Le Journal d’une jeune Nord-Coréenne a été, nous dit-on, un grand succès en Corée du Nord, mais il faut savoir qu’aller au cinéma fait parti de l’éducation politique que suivent les travailleurs, donc le but premier du cinéma n’est pas le divertissement mais l’enseignement de la pensée révolutionnaire et juchéenne.

Néanmoins, le film a le mérite de décrire une situation réaliste et le quotidien d’une famille. En Corée, le film tisse des connivences avec le public, notamment sur la situation économique du pays ou encore en montrant que la société nord-coréenne n’est pas hermétique vis-à-vis des influences extérieures et des biens de consommation du monde capitaliste, puisqu’on y voit des sacs Mickey Mouse, une casquette Nike, un portefeuille Hello Kitty, etc...

Le film est également rempli de paraboles, en particulier lors de la première moitié lorsque l’héroïne rejette l’autorité paternelle. Bien entendu tout rendre dans l’ordre à la fin du film qui est une ode au sacrifice de soi et à la vertu consistant à faire passer l’intérêt collectif avant les aspirations personnelles.


Le Journal d’une jeune Nord-Coréenne est le premier film nord-coréen diffusé en salles, en France, depuis le 26 décembre dernier. Comment expliquez-vous cette première ?


JS : La société de distribution Pretty Pictures, qui est à l’origine de cette sortie en salles, a connu plusieurs succès avec le cinéma chinois et sud-coréen. Le dirigeant de cette société, James Velaise, était assez courageux pour se lancer dans ce genre d’aventure. J’ai cru comprendre que les négociations et surtout la livraison du matériel ne furent pas faciles.

La sortie de ce film est quand même la première exploitation commerciale d’un film de la RPDC en Occident. Malheureusement, le film n’a pas trouvé son public.


Il y a beaucoup d’émotion dans Le Journal d’une jeune Nord-Coréenne, qu’on peut rattacher à la tradition littéraire du réalisme social, en littérature et au cinéma. Est-ce que ce sont des traits communs au cinéma coréen en général, y compris sud-coréen ?


JS : Le film s’inscrit clairement dans le genre du mélodrame. Le style très appuyé du Journal d’une jeune Nord-Coréenne présente beaucoup de similitudes avec d’autres mélodrames produits dans les années 1960 en Corée du Sud ou à Taïwan. Depuis, les cinémas de ces derniers pays ont beaucoup évolué.


Diriez-vous, comme le critique cinématographique spécialiste du cinéma asiatique Antoine Coppola, que le cinéma nord-coréen est le plus occidentalisé des cinémas d’Asie ?


JS : Je ne sais pas ce que "le plus occidentalisé" veut dire exactement, mais il est vrai que derrière le discours officiel sur la fonction du cinéma et comment les films doivent être conçus et fabriqués (je renvoie ici aux écrits sur le sujet du dirigeant Kim Jong-il), on trouve dans la cinématographie de RPDC des remakes de grands succès hollywoodiens ou japonais : Top Gun, Titanic, Godzilla, etc...


Comment Le Journal d’une jeune Nord-Coréenne peut-il, selon vous, permettre de mieux comprendre la République populaire démocratique de Corée ?


JS : Ce film permet de voir une certaine réalité de ce pays qui est ainsi représentée, surtout les aspects de la vie quotidienne. Le film est une sorte de fenêtre sur ce pays que l’on connaît si mal. Bien entendu, il ne faut pas tout prendre dans le film pour argent comptant mais on pourrait en dire autant des reportages toujours exagérément négatifs que nous voyons en France.

Le film permet de découvrir de nombreuses similitudes culturelles avec le Sud (et d’autres pays d’Asie) en premier lieu, ce qui surprend toujours le spectateur européen, cette préférence à vouloir vivre dans un grand ensemble de logement collectif et non pas dans une maison individuelle !


Une dernière question. Vous avez participé au dernier festival international du film de Pyongyang. Comment voyez-vous la diffusion internationale du cinéma nord-coréen ?


JS : Les difficultés économiques ont durement affecté le nombre de films produits.

Les standards techniques sont assez mauvais, un film comme La Jeune Bouquetière [Kotpanun Chonio] du début des années 1970 est largement supérieur techniquement aux productions récentes.

En dehors des cinéphiles curieux ou des gens qui s’intéressent à la Corée, je ne pense pas qu’il y ait un potentiel énorme pour le cinéma de RPDC en dehors de ce ses frontières.

Les films nord-coréens s’adressent à un public néophyte, sont toujours un peu basés sur le même moule et très similaires. Je rappelle qu’une petite poignée de films tous tirés d’opéras révolutionnaires du président Kim Il-sung, et dont l’adaptation à l’écran a été supervisée par son fils, servent d’exemples suprêmes et de mètre étalon pour le cinéma nord-coréen. Ce qui revient à dire que le cinéma d’auteur n’existe pas vraiment en RPDC et donc, mis à part des cas spéciaux, on peut difficilement envisager la participation de films dans les grands festivals internationaux.

Néanmoins, par ses techniciens expérimentés, sa main d’œuvre bon marché et qualifiée et surtout par son cadre naturel superbe et très préservé, le pays pourrait avoir de nombreux atouts pour accueillir des tournages étrangers et développer des projets de coproductions.


Merci, Jérémy Segay.

Fresque murale à l'entrée des studios de cinéma, à Pyongyang (photo : AAFC)

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9 mai 2008 5 09 /05 /mai /2008 23:01

Le mercredi 7 mai 2008, l'espace Dune affichait complet pour la projection en avant-première du film Where are you going ?, réalisé par Fabien Adam. Cette projection a été suivie d'un débat sur la réunification ferroviaire de la Corée animé par l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC).


Deux avant-premières, deux succès : à Paris, à l'espace culturel Han Seine le 16 avril 2008, puis à l'espace Dune le 7 mai 2008, la projection en avant-première du premier film de Fabien Adam, Where are you going ?, a attiré un public nombreux. Lors de la seconde avant-première organisée à l'espace Dune, plus de 100 personnes, dont près de la moitié étaient d'origine coréenne, ont assisté à la projection puis au débat qui a suivi, animé par l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) et consacré à la réunification ferroviaire de la Corée.


Une réussite qui en annonce d'autres, puisque des projections sont d'ores et déjà prévues à Bruxelles, Dijon, Marseille et Pusan, alors que la critique commence à découvrir un film dont l'esthétique sobre combine variations sonores, effets de vitesse et de lumière, non sans rappeler l'élan créatif du manifeste futuriste rédigé au moment où se jouait l'épopée ferroviaire dans les pays industrialisés.


A mi-chemin entre documentaire et vidéo d'art, Where are you going ?, est le récit du trajet en train entre deux villes, Marseille et Pusan (Corée du Sud), que tout rapproche : cités portuaires hautes en couleur, secondes villes de leur pays et terminus TGV de ce qui pourrait être, demain, la plus longue ligne ferroviaire du monde. Comme l'ont souligné les participants au débat qui a suivi sur le film, le parallèle entre les deux villes est enfin établi, pour la première fois, et avec éclat.


La musique sobre aux tonalités électroniques souligne l'élan technologique de la Corée du Sud qui s'est hissée, en moins d'une génération, au rang de dixième puissance économique mondiale, tout en adoptant la technologie du TGV... trente ans après que la Corée du Nord a été un des premiers pays asiatiques en voie de développement à construire ses propres locomotives électriques et ce, dès le début des années 1960.


Where are you going ? est aussi le récit de rencontres à travers un voyage qui donne corps à notre destin commun eurasiatique, où se mêlent les récits individuels, tels ceux de ce groupe de Coréens qui ont choisi de voyager en Europe pour la cérémonie du soixantième anniversaire (hwangab) ou ce témoignage d'une jeune Coréenne qui va rendre visite à son ami emprisonné.


Des destins individuels segmentés, fragmentés, qui reflètent également le sort d'un pays, la Corée, cruellement divisé par le jeu des grandes puissances après sa libération de l'occupation japonaise, le 15 août 1945.


Le débat animé par l'AAFC sur la réunification ferroviaire de la Corée a mis en perspective la touche d'espoir qui clôt le film : pour la première fois depuis 1951, un train test a franchi la zone de démarcation qui sépare les deux Etats coréens, le 17 mai 2007. Depuis le 11 décembre 2007 une liaison ferroviaire régulière relie le nord et le sud de la Corée. Enfin, un accord entre la Russie et la République populaire démocratique de Corée (RPDC), signé le 24 avril 2008, ouvre la voie à une réhabilitation du trajet entre la Corée et la Russie.

 

Comme l'ont souligné les intervenants dans le débat, les défis restent toutefois nombreux, qu'il s'agisse du choix du tracé dans le nord de la Corée (liaison avec les réseaux transsibérien ou  transmandchourien ?), du partage des gains attendus par les industriels sud-coréens (l'économie en coût et en temps de transport est de l'ordre de 25 %), ou de la modernisation du réseau, compte tenu des difficultés économiques de la RPD de Corée toujours soumise à un embargo américain après la disparition de l'URSS.

Mais, pour la première fois, les Sud-Coréens peuvent ne plus se décrire comme vivant sur une île, coupée du reste du continent. Pour la première fois, Coréens du Nord et du Sud sont reliés physiquement par une ligne qui porte les espoirs de réunification de toute une nation et qui, selon le mot de l'ancien président sud-coréen Kim Dae-jung, trace une "Route ferroviaire de la Soie", faisant entrer l'Eurasie dans une ère nouvelle de prospérité.

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Copyright © photos : José Moya

D'autres photos de la soirée à l'espace Dune.

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