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18 décembre 2013 3 18 /12 /décembre /2013 22:57
manifestation_syndicat-des-enseignants_coree_novembre-2013.jpgRéunie en congrès à Dijon le 6 décembre 2013, la Fédération CGT de l'éducation, de la recherche et de la culture (FERC-CGT) a publié une motion de soutien au syndicat des enseignants coréens (acronyme anglais : KTU), dont l'interdiction récente témoigne du tournant autoritaire de la Corée du Sud depuis l'élection à la présidence de la République, il y a un an, de Mme Park Geun-hye. Pleinement solidaire du combat des enseignants coréens contre l'interdiction de leur syndicat et pour le respect des libertés syndicales, plaidant pour que la République de Corée (Corée du Sud) se conforme à ses obligation internationales en tant que membre de l'Organisation internationale du travail (OIT), l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) reproduit ci-après la motion de soutien à la KTU adoptée par la FERC-CGT.
1. Les syndicats de la Fédération CGT de l’Education, de la Recherche et de la Culture, réunis en Congrès à Dijon du 2 au 6 décembre 2013, souhaitent par la présente témoigner de leur soutien fraternel à la fédération Korean Teachers Union (KTU).

2.
Nous sommes très inquiets de la situation que vivent les syndicalistes de KTU et de la décision d’annulation de reconnaissance du syndicat par le Gouvernement de la République de Corée.

3.
La décision de supprimer le statut juridique de KTU, datée du 24 octobre 2013, va à l’encontre des normes internationales du travail et constitue pour la République de Corée un véritable déni de démocratie.

4.
En signant l’accord de libre-échange entre l’Union Européenne et la Corée en 2010, la République de Corée s’était engagée à s’impliquer activement dans un processus de ratification et de mise en œuvre des conventions fondamentales de l’OIT qui comprennent notamment la liberté d’association.

5.
Comme nos camarades de Corée, nous sommes convaincus du rôle central de l’éducation dans le développement de nos sociétés actuelles.

6.
Le congrès est conscient du rôle primordial que KTU a joué dans l’émancipation du peuple Coréen et la mise à bas de la dictature. Depuis la chute de la dictature,  KTU s’est donné la mission de promouvoir la « vraie éducation » : l’éducation qui forme les travailleurs de demain en les dotant de l’esprit critique du Citoyen.

7.
Le fait d’interdire à des enseignants révoqués ou retraités de se syndiquer est une atteinte à l’indépendance et à l’autonomie du syndicalisme.

8.
Nous voulons rappeler au gouvernement de Corée et à son Administration que nous ne pouvons imaginer acte politique plus inquiétant pour la démocratie.

Source : FERC-CGT. Image :  The Korea Times.
 
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23 novembre 2013 6 23 /11 /novembre /2013 14:38

464px-2010-03-20_13-08-02Ramseyclark.jpgLa procédure d'interdiction engagée par le gouvernement sud-coréen de Mme Park Geun-hye à l'encontre du principal parti de gauche sud-coréen, le Parti progressiste unifié (PPU), soulève une vague de condamnations grandissante dans le monde de la part des défenseurs de la démocratie et des droits de l'homme. Plusieurs dirigeants de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) ont ainsi cosigné une pétition dont les premiers signataires sont l'ancien procureur général des Etats-Unis Ramsey Clarke (photo à gauche, source) et Noam Chomsky.

De lourdes menaces pèsent sur la démocratie en Corée du Sud. C'est en ce sens qu'il faut resituer la procédure d'interdiction engagée par les autorités sud-coréennes à l'encontre du principal parti de gauche,  le Parti progressiste unifié (PPU), qui a recueilli plus de 10 % des voix aux dernières élections législatives du printemps 2012 et est représenté au Parlement. La procédure d'interdiction d'un parti politique disposant d'une assise parlementaire marque une régression des droits et libertés politiques sans précédent en Corée du Sud depuis le rétablissement de l'élection du chef de l'Etat au suffrage universel direct en 1987, à l'issue de luttes opiniâtres menées par les citoyens sud-coréens, dont plusieurs milliers ont payé cet engagement de leur vie.

La procédure d'interdiction engagée à l'encontre du PPU n'est que le dernier avatar d'une dérive inquiétante du pouvoir sud-coréen, devant laquelle les gouvernements occidentaux sont enfermés dans un silence comparable à celui qu'ils ont observé  vis-à-vis de Séoul pendant la guerre froide, quand une junte militaire était au pouvoir en Corée du Sud. En effet, après les intimidations à l'encontre des médias, les ingérences des services de renseignement (NIS) dans l'élection présidentielle ayant vu la victoire de la candidate conservatrice Mme Park Geun-hye et les protections dont bénéficie le NIS au plus haut niveau de l'Etat, le maintien en vigueur d'une loi anti-démocratique - la loi de sécurité nationale, qui sert à réprimer toute opposition sous le prétexte de soutiens imaginaires de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) - et l'inacceptable mise en cause soudaine d'un député du PPU, Lee Seok-ki, s'inscrivent bien dans une logique de sape des fondements de la démocratie sud-coréenne.

Tel est le contexte dans lequel a été lancée une pétition internationale contre l'interdiction du PPU et pour la démocratie en Corée du Sud, dont les premiers signataires sont l'ancien procureur général Ramsey Clarke, le professeur et linguiste Noam Chomsky et le militant pacifiste Brian Becker. Fidèles à la tradition de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) de soutien aux mouvements de défense de la démocratie en Corée du Sud, plusieurs dirigeants de l'AAFC figurent dans la liste des premiers signataires publiée par le quotidien coréen Saram Ilbo : Guy Dupré, vice-président délégué de l'AAFC et secrétaire général du CILRECO ; Benoît Quennedey, vice-président de l'AAFC chargé des actions de coopération ; Patrick Kuentzmann, secrétaire général de l'AAFC. D'autres Français se sont associés à cette démarche, dont le juriste Roland Weyl et le professeur Jean Salem.

La liste des premiers signataires fait apparaître une forte représentation des milieux universitaires et scientifiques de par le monde, contre la démarche engagée par le gouvernement sud-coréen à l'encontre du PPU, celle-ci ne pouvant s'apparenter à aucune procédure admise dans les démocraties parlementaires occidentales : aux Etats-Unis, le professeur Changbo Chee et le chercheur (spécialiste du nucléaire) Dr. Lucas Whitefield Hixson ; en dehors des Etats-Unis, on trouve ainsi les noms du professeur d'économie de l'Université d'Ottawa Michel Chossudovsky, du professeur Long Xinming de l'Université Fundan (et fondateur du site www.bearcanada.com), du professeur d'économie Atsushi Fujioka (Université Ritsumeikan, Kyoto, Japon), du professeur malais Murray Hunter et d'Henri Féron (Université Tsinghua, à Pékin). Figurent aussi, parmi les premier signataires, des militants comme Suzanne Majo de Kuyper (Ligue internationale des femmes pour la paix et la démocratie), Patrick McCann, président de l'association des Vétérans pour la paix, Manik Mukherjee, secrétaire général du Comité international de coordination anti-impérialiste, la quaker Renie Lindley, les anciens missionnaires en Corée George et Dorothy Ogle, l'exilé israélien Tov Roy et le syndicaliste Mike Gimbel, ancien membre du bureau de l'AFL-CIO, un représentant de l'Unesco pour le bureau régional d'Afrique de l'Est, Yayoi Segi (Kenya), des spécialistes de relations internationales (Gregory Elich, Institut de recherche Jasenovac et Institut de politique coréenne, Columbus, Ohio ; Sara Flounders, co-directrice du Centre d'action internationale ; Bruce K. Gagnon, coordinateur du Réseau global contre les armes et le nucléaire dans l'espace ; les Dr. Alexandre Vorontsov et Igor Alexeev, de la Fondation pour la culture stratégique, Moscou), des représentants des médias et de la culture, comme l'écrivain et réalisateur Andre Vltchek, qui a récemment visité la Corée du Nord et le journaliste palestinien Jamal Kanj.

Parmi les Coréens des Etats-Unis, on retrouve notamment les noms du Révérend Syngman Rhee, ancien président du Conseil national des Eglises, du Révérend Kil Sang Yoon (directeur du projet Corée du Centre d'étude des procédures, Université Claremont Lincoln), de Daniel Kim (association Nodutdol pour le développement de la communauté coréenne) et du Dr Moon J. Pak (Michigan).

Sources : AAFC, Saram Ilbo.

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17 juillet 2013 3 17 /07 /juillet /2013 23:08

manifestation_seoul_2008_objecteurs-de-conscience_droits-de.jpgLe Conseil des droits de l'homme des Nations Unies a critiqué la situation des objecteurs de conscience en République de Corée (du Sud), où 669 personnes sont emprisonnées parce qu'elles refusent d'accomplir le service militaire pour des raisons religieuses ou philosophiques. L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) plaide pour que le gouvernement sud-coréen mette en oeuvre la recommandation des Nations Unies de développer des formes de service national autres que militaires.

 

En matière de droits de l'homme, la Corée du Sud est pointée du doigt par les Nations Unies sur la situation des objecteurs de conscience : comme l'a fait apparaître un récent rapport du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies (acronyme anglais : UNHRC), sur 723 personnes emprisonnées de par le monde en tant qu'objecteurs de conscience au service militaire pour des raisons religieuses ou philosophiques, 669 (soit 92,5 %) sont sud-coréennes, la République de Corée devançant très largement l'Arménie (31 prisonniers), l'Erythrée (15) et le Turkménistan (8).

 

Le gouvernement sud-coréen est aussi mis en cause par le UNHRC pour ne pas mettre en oeuvre ses recommandations tendant à développer des formes de service national autres que militaires.

 

Selon le rapport du UNHRC, 50 cas dont il est saisi proviennent de Témoins de Jéhovah.

 

L'avocat des objecteurs de conscience sud-coréens Oh Doo-jin déplore que non seulement la Corée du Sud continue d'ignorer les recommandations du UNHRC, mais qu'elle ne tienne pas compte des normes de droit international, qui doivent s'appliquer à tous les Etats parties, pour les jugements rendus par ses tribunaux en matière de droits de l'homme.

 

Source : Hankyoreh (dont photo : manifestation le 6 juillet 2008 de militants des droits de l'homme et d'objecteurs de conscience contre la décision du ministère de la Défense sud-coréen de refuser de reconnaître des formes de service national autres que militaires ; la manifestation a eu lieu devant l'hôtel Hyatt à Séoul, où le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon rencontrait Ahn Gyeong-hwan, président de la Commission nationale des droits de l'homme de Corée [du Sud])

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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 20:00

NoBase_Jeju.jpgLe 12 novembre 2011, à l'issue d'un vote mondial (par Internet et téléphone) organisé par la fondation suisse New7Wonders, l'île sud-coréenne de Jeju a été retenue pour faire partie de la liste des « sept merveilles de la nature ». En raison de son écosystème remarquable, l'île de Jeju avait déjà été classée par l'UNESCO réserve de biosphère en 2002, site du patrimoine mondial en 2007 et parc géologique mondial en 2010.  En 2006, suite aux travaux de la Commission Vérité et Réconciliation, le gouvernement sud-coréen a désigné Jeju comme « île de la paix » pour tenter d'apaiser la douleur laissée par le massacre de 30.000 de ses habitants (sur 300.000) après le soulèvement du 3 avril 1948. Jeju est donc un site exceptionnel à plus d'un titre, mais un site aujourd'hui menacé par la construction d'une base navale sur la côte de Jungdeok, au sud de l'île, destinée à accueillir les navires de la marine sud-coréenne mais aussi des bâtiments de guerre américains. Les habitants du village de Gangjeong, dont le mode de vie est en péril, sont à la pointe du mouvement de résistance contre ce projet de base navale. Le 9 novembre 2011, la chaîne de télévision Al Jazeera a consacré à ce mouvement un reportage que nous vous proposons ci-après. Vous pouvez soutenir les habitants de Jeju en lutte en signant la pétition qui sera remise au président sud-coréen Lee Myung-bak.

 

Dans un modeste village d'une petite île au large de la côte de la Corée du Sud, toute une communauté défie la puissance de la marine et du gouvernement sud-coréens en s'opposant à la construction d'une des plus grandes bases navales de la région.

 

Le village de Gangjeong sur l'île de Jeju compte moins de 2.000 habitants mais il est devenu l'épicentre d'un mécontentement croissant face à une des plus importantes courses aux armements dans le monde.

 

Le gouvernement sud-coréen maintient que la base navale de Gangjeong, dont la construction a commencé en 2007, renforcera la sécurité nationale. Mais ceux qui s'y opposent craignent que ce projet de 920,5 millions de dollars pour la défense déstabilise la région, provoquant des affrontements armés non voulus entre pays voisins. Nombreux sont ceux qui soutiennent qu'une installation militaire de 48 hectares, accueillant jusqu'à 20 navires de guerre, sera un site stratégique pour le déploiement naval des Etats-Unis dans la région, susceptible d'envenimer les relations avec la Chine.

 

Choi Sung-hee et Song Kang-ho font partie des nombreux villageois et militants qui consacrent désormais leurs vies à sauver le village de Gangjeong. Ils ont tous les deux purgé de longues peines de prison pour leur activisme, mais continuent à risquer une nouvelle arrestation en s'interposant entre le village et les autorités. Avec plus de 90% des villageois rejetant la construction de la base navale, il s'agit d'une communauté qui refuse de plier.

 

Depuis le début de la construction, un imposant mur entouré de fil de fer barbelé coupe les villageois de la mer et des terres bordant la côte. Il est interdit aux résidents de Gangjeong de franchir cette barrière et pénétrer sur le site vaut une amende de 2.000 euros et est passible d'une peine de prison.

 

Mais ce littoral volcanique inhabituel et étrange est un lieu de pratique spirituelle pour les villageois et la riche vie marine et les récifs de coraux colorés sont une source essentielle de subsistance pour le village. Les villageois et les militants venus du continent sont engagés dans des actions quotidiennes non-violentes – s'asseoir face aux bulldozers et s'enchaîner aux portes du site de construction, par exemple - dans le but de préserver l'environnement unique de leur côte, lequel est sous la protection des lois internationales.

 

Ce long combat a laissé des traces sur les villageois. La communauté a éclaté. Le maire est en prison pour s'être opposé à la construction et des études ont révélé une augmentation spectaculaire des problèmes psychologiques parmi les villageois. Ce village autrefois paisible résiste désormais pour sa survie.

 

Un appel contre les armes

 novembre 2011 – 25 mn (en anglais)

Source : Al Jazeera 

 

Pour en savoir plus sur la lutte contre la base navale de Jeju : savejejuisland.org (en anglais)

 

Soutenez les habitants de Jeju

en ajoutant votre nom à la liste des signataires de la pétition

contre la base navale à l'adresse :

signon.org/sign/save-jeju-island-no-naval

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1 août 2011 1 01 /08 /août /2011 01:31

Les habitants du village de Gangjeong sur l'île de Jeju en Corée du Sud organisent des manifestations non-violentes pour empêcher la construction d'une immense base navale qui détruira leur communauté, leur mode de vie et un riche écosystème marin dont dépendent pour leur subsistance des pêcheurs, des fermiers et les célèbres Haenyo- les femmes plongeuses de Jeju. En raison de sa beauté naturelle et de son environnement immaculé, Jeju peut aspirer à devenir une des sept nouvelles merveilles de la nature. Pour préserver ce cadre aujourd'hui menacé, l'Association d'amitié franco-coréenne vous appelle à signer la pétition adressée au président sud-coréen Lee Myung-bak, disponible (en anglais) ici. Voici la traduction française du texte de cette pétition :

 

Petition_Jeju.jpg

 

En tant que membres concernés de la communauté internationale, nous vous exhortons à arrêter la construction de la base navale de l'île de Jeju, à laquelle s'opposent farouchement les habitants de Gangjeong en manifestant tous les jours et en risquant leurs vies et leur liberté personnelle. Depuis que les plans pour cette base navale ont été annoncés il y a cinq ans, 95% des habitants de Jeju ont voté contre la base et utilisé tous les moyens démocratiques possibles pour bloquer sa construction. Pourtant, votre gouvernement est resté sourd à leurs protestations.

 

Nous partageons l'indignation des habitants face à la volonté du gouvernement sud-coréen de sacrifier la sécurité de ceux qui résident sur l'île afin de construire un poste avancé pour la défense antimissile des Etats-Unis, élément d'une stratégie provocante d'encerclement de la Chine. Les habitants de Jeju rejettent l'idée que cette base navale améliorera la sécurité du peuple coréen ; ils savent qu'elle déstabilisera davantage la région Asie-Pacifique et fera de l'île une cible prioritaire en cas de riposte militaire. La résistance du peuple de Jeju à la militarisation de leur île découle du massacre du 3 avril 1948 dans lequel jusqu'à 80.000 civils - et une large partie de leur famille - ont été abattus par les soldats sud-coréens au cours d'un soulèvement démocratique. En 2006, l'ancien président Roh Moo-hyun a présenté des excuses officielles pour ce massacre en faisant de Jeju une "île de la Paix". Cette base navale viole l'engagement de votre gouvernement envers le peuple de Jeju et leur désir de paix.

 

Les citoyens d'autres pays ont visité Gangjeong et sont en communication constante avec ceux qui y habitent. Nous sommes profondément inquiets pour la santé et la sécurité de plusieurs militants pacifistes, dont le professeur Yang Yoon-mo et Choi Sung-hee, qui ont fait la grève de la faim pendant soixante jours et ont été arrêtés pour avoir manifesté sans violence. Le vieux professeur Yang est aujourd'hui hospitalisé et Mme Choi reste derrière les barreaux, risquant jusqu'à cinq ans de prison. Nous sommes alarmés par le cas d'un autre militant, Frère Song, qui a récemment été battu jusqu'à perdre conscience pour avoir tenté d'empêcher un navire de construction de déverser du béton sur les récifs coralliens. En autorisant l'usage de la violence contre des militants pacifistes non-violents, vous sapez la réputation de votre gouvernement et vous donnez au monde des raisons de s'interroger sur votre engagement en faveur de la démocratie durement acquise en Corée du Sud.

 

Réputée pour sa beauté extraordinaire et son environnement immaculé, Jeju abrite trois sites de l'héritage mondial de l'UNESCO et fait partie des 28 finalistes retenus pour devenir une des sept nouvelles merveilles de la nature. Cela nous rend perplexes que, en dépit des efforts de la Première dame Kim Yoon-ok dans la "Campagne pour Jeju parmi les sept nouvelles merveilles", votre gouvernement compromette les chances de Jeju en autorisant la construction de cette base navale. En raclant la côte de Jeju pour pouvoir accueillir les croiseurs Aegis américains, la marine sud-coréenne et la société Samsung menacent déjà le délicat habitat du corail et la riche vie marine de l'île.

 

La côte de Jungdeok voit non seulement arriver les dauphins migrant depuis l'Alaska au cours de l'été, mais ses eaux sont aussi connues pour les centaines de femmes coréennes, les haenyo, qui y plongent pour chercher les fruits de mer et les algues, à la base de l'alimentation coréenne. En 2005, le New York Times a publié un article au sujet de ces extraordinaires femmes plongeuses. La base navale détruira les eaux dont dépendent les haenyo et les pêcheurs pour leur survie. Elle a déjà déplacé les producteurs d'agrumes de Gangjeong dont les terres ont été confisquées, les serres démolies, et les arbres fruitiers arrachés. Les villageois de Gangjeong ne se font pas d'illusions sur les fausses affirmations de la marine sud-coréenne selon lesquelles la base n'aura qu'un impact minimal sur l'environnement, et nous non plus. Ils savent que la base met en péril leur communauté, leurs moyens de subsistance et l'environnement naturel de Jeju.

 

Nous nous tenons aux côtés des habitants de Jeju dans leurs manifestations non-violentes pour protéger non seulement le riche écosystème marin de Jeju et leur mode de vie, mais aussi la paix dans cette région du monde de plus en plus fragile et militarisée. Nous vous demandons d'agir immédiatement pour que cesse la construction de la base navale de Jeju.

 

(traduction : AAFC)

 

Soutenez les habitants de Jeju

en ajoutant votre nom à la liste des signataires de la pétition,

à l'adresse : signon.org/sign/save-jeju-island-no-naval

 

 

Manif_Jeju.JPG

Pour en savoir plus sur la lutte contre la base navale de Jeju :

 

site No Base Stories of Korea (en anglais)

 

site Save Jeju Island (en anglais)

 

page Facebook Save Jeju

 


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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 00:50

 

Depuis plusieurs années, une base navale est en construction sur l'île de Jeju, au sud de la péninsule coréenne, près du village de Gangjeong. Une fois achevée, cette base militaire sud-coréenne sera aussi utilisée par la marine des Etats-Unis pour se déployer en Asie du Nord-Est, créant de nouvelles tensions dans cette région. La construction de cette base navale portera également un coup fatal à l'écosystème remarquable, mais fragile, de Jeju. Face à ces menaces pour la paix et l'environnement, les citoyens de Corée du Sud sont plus que jamais mobilisés, certains n'hésitant pas à risquer leur vie pour interpeller l'opinion sur la situation de Jeju et ainsi sauver leur île d'un nouveau martyr. L'Association d'amitié franco-coréenne soutient la lutte des habitants de Jeju, en particulier de Gangjeong, et propose ci-après la traduction d'un appel lancé le 13 juillet par le Réseau national de la société civile coréenne pour s'opposer à la base navale de l'île de Jeju.

 

Jeju.jpg

 

Nous appelons à sauver Gangjeong !

 

La côte de Jungdeok du village de Gangjeong sur l'île de Jeju est en train de souffrir. En 2006, l'île de Jeju a été désignée comme île de la paix afin d'apaiser la profonde douleur laissée par le massacre du 3 Avril [1948]*. Quant à la côte de Jungdeok, elle a été reconnue réserve de biosphère, site du patrimoine mondial et parc géologique mondial par l'UNESCO. Il s'agit d'une zone à préserver absolument qui est actuellement menacée par la construction d'une base navale.

 

Insistant sur le fait que cette base navale est vitale pour la sécurité nationale, le gouvernement [sud-]coréen et la marine imposent sa construction. Cependant, le plan d'expansion de la marine vers l'océan qui justifie la construction de la base a été écarté suite à la révision de la loi sur la défense nationale concernant les menaces récentes sur la sécurité, ne laissant aucune justification pour cette nouvelle base. En outre, l'argument initial du gouvernement quand le budget a été voté à l'Assemblée nationale était que serait construit un site à la fois civil et militaire destiné à être utilisé pour le tourisme et pour les besoins de l'armée. Pourtant, ce plan n'existe plus et seule la base militaire est aujourd'hui en construction.

 

En maintenant des alliances militaires avec le Japon, l'Australie, la Corée du Sud et l'Inde, et en menant des exercices militaires conjoints avec les Philippines, le Vietnam et Taiwan, les Etats-Unis tentent de renforcer leur ligne de défense contre la Chine. Si la base navale de Jeju est construite, les Etats-Unis, lesquels disposent du droit d'y stationner en application de l'Accord de défense mutuelle signé par la République de Corée et les Etats-Unis, utiliseront sûrement cette base pour lutter contre la Chine. Dans ce cas, l'île de Jeju, île de paix, deviendra le centre d'un conflit militaire entre les Etats-Unis et la Chine, menaçant la sécurité nationale de la Corée du Sud.

 

Les autorités gouvernementales et militaires, cependant, font la sourde oreille aux protestations des habitants de Gangjeong et des organisations civiques militant pour la paix, comme aux demandes de suspendre la construction venant des partis d'opposition de la commission d'enquête de l'Assemblée nationale. La marine a même usé de la violence contre un civil qui protestait. Le 11 juillet, le gouvernement du pays a recommandé à la municipalité de barrer la route d'une ferme sur la côte de Jungdeok, laquelle est la dernière parcelle de terrain administrée par la ville de Seogwipo sur le site de la construction de la base navale. Cette action répondait à une demande du ministère de la Défense nationale visant à décourager toute tentative de manifestation contre la construction de la base navale. Toutefois, de tels efforts de la part du gouvernement pour forcer la construction n'aboutissent qu'à une plus forte résistance et à des affrontements avec les habitants de Gangjeong et les militants pour la paix. La construction doit être stoppée avant que surviennent des accidents malheureux.

 

Nous lançons un appel aux autorités gouvernementales et militaires.

Les arguments avancés pour la construction de la base par le gouvernement et la marine ne sont plus valables. En outre, les moyens et procédés utilisés pour promouvoir la construction ont été si violents et trompeurs qu'ils n'ont fait que provoquer davantage de résistance et de ressentiment. Faire avancer la construction de manière unilatérale, au nom du pays, n'est clairement pas une voie judicieuse. Nous appelons les autorités gouvernementales et militaires à renoncer à leur plan de fermer la route de la ferme et à réexaminer complètement le projet de construction de la base navale de Jeju.

 

Nous lançons un appel au gouverneur de Jeju Woo Keun-min.

Gouverneur Woo, vous étiez conscient des conséquences négatives qui résulteraient de la construction de la base navale et vous aviez raison. Nous vous pressons de renoncer à l'illusion futile des bénéfices du développement et d'écouter les voix désespérées des habitants. Nous vous demandons aussi d'user de votre autorité pour annuler le retrait de la qualification de "zone à préserver absolument" de la côte de Jungdeok. Si vous le faites, l'histoire se souviendra de vous comme d'une personne ayant protégé la paix de Jeju et de la péninsule coréenne.

 

Nous lançons un appel à l'Assemblée nationale.

En tant qu'entité représentant les citoyens, l'Assemblée nationale a le devoir d'écouter les voix des citoyens et de leur répondre. Nous appelons les partis de l'opposition à être plus actifs pour annuler le projet de construction de la base navale de Jeju. Le Grand Parti national, en tant qu'actuel parti au pouvoir, devrait examiner sérieusement si la base est réellement nécessaire et si le budget du pays doit être consacré à gonfler les forces armées et à alimenter les capitaux de la construction.

 

Nous lançons un appel aux citoyens.

Les citoyens de Gangjeong se battent seuls depuis quatre longues années. Pendant ce temps, la communauté villageoise a été déchirée, laissant des cicatrices indélébiles. Les citoyens sombrent aussi dans la peur des diverses poursuites lancées par le gouvernement et les sociétés de construction, ainsi que des amendes pouvant atteindre des dizaines de millions de won. Ils souffrent aussi car le rocher de Gureombi, qui représente leurs rêves et leurs souvenirs, pourrait être recouvert de blocs de ciment.

S'il vous plaît, exprimez votre solidarité et apportez leur votre consolation. Et, si vous le pouvez, visitez le village de Gangjeong. Vous pourriez alors être en mesure de comprendre plus clairement pourquoi la construction doit être stoppée. Utilisez aussi votre sagesse et votre énergie pour faire ce que vous pouvez là où vous êtes afin d'empêcher la construction de la base navale de Jeju.

 

Nous lançons un appel aux défenseurs de la paix dans le monde entier.

Les encouragements, les soutiens et la solidarité du monde entier pour arrêter la construction de la base navale de Jeju donnent aux habitant de Gangjeong et aux militants pour la paix de la force et du courage. S'il vous plaît, diffusez autour de vous les informations sur les questions liées à la construction de la base navale de Jeju et témoignez de votre soutien et de votre solidarité.

Nous essaierons de faire de notre mieux pour empêcher la construction de la base navale de Jeju, laquelle met en danger la péninsule coréenne et l'Asie du Nord-Est et est en train de détruire les vies des habitants de Gangjeong et l'environnement naturel, ce don du ciel. Nous croyons fermement que cette lutte est notre devoir envers l'île de Jeju, où la douleur du massacre du 3 Avril est profondément inscrite, qu'elle est une expression de la conscience que nous avons des souffrances des habitants de Gangjeong, et que c'est l'exigence de l'époque de préserver et garantir la paix pour nos enfants. Nous appelons sincèrement chacune et chacun à se tenir à nos côtés pour protéger le village de Gangjeong et l'île de Jeju.

 

13 juillet 2011

Réseau national de la société civile coréenne

pour s'opposer à la base navale de l'île de Jeju

 

 

Source : Peace Network  (traduction : AAFC)

 

*NdT : A partir du 3 avril 1948, les habitants de l'île de Jeju manifestèrent pour protester contre la tenue d'élections séparées en Corée du Sud et pour le départ des troupes américaines. La vague de répression qui suivit ces manifestations fit, d'après la Commission Vérité et Réconciliation de Corée du Sud, 30.000 morts (sur les 300.000 habitants que comptait l'île de Jeju à l'époque), tués par les forces de police et les milices de droite sud-coréennes, avec le soutien - au moins tacite - de l'armée américaine. L'assemblée sud-coréenne élue le 10 mai 1948 à l'issue d'un scrutin boycotté par la majorité des partis et s'étant tenu dans la seule partie du sud de la Corée (à l'exception de Jeju), porta Syngman Rhee à la présidence. La République de Corée (du Sud) était née, scellant la division de la péninsule coréenne. 

 

Pour en savoir plus sur la lutte contre la base navale de Jeju : Lee Yoo-eun, "Corée du Sud: Lutte pour protéger une réserve naturelle de la contruction d'une base navale", Global Voices, 21 juin 2011 

 

Signez la pétition

contre le projet de base navale sur l'île de Jeju

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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 15:35

Militant pour la réunification, le pasteur sud-coréen Han Sang-ryol a séjourné en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) du 12 juin au 20 août 2010. Inculpé dès son retour en République de Corée (du Sud) pour violation de la loi de sécurité nationale, il vient d'être condamné à cinq ans de prison. L'Association d'amitié franco-coréenne appelle à sa libération et, au-delà, à celle de tous les prisonniers politiques en Corée du Sud, ainsi qu'à l'abrogation de la loi de sécurité nationale.

 

_48807395_010008774-1.jpgHan Sang-ryol vient d'être condamné à cinq ans de prison, alors que le procureur demandait une peine de dix ans. Selon la Cour du district central de Séoul, "il est allé au Nord sans l'approbation du ministère de la Réunification et il aurait dû être conscient que les médias du Nord rendraient largement compte de ses activités pour la propagande du régime". Les juges de Séoul créent ainsi une bizarrerie juridique, en invoquant non seulement les actes de l'inculpé, mais aussi l'interprétation qui en est faite (en l'occurrence, par les médias nord-coréens). La Cour en déduit que Han Sang-ryol a fait l'éloge de la politique du Nord, notamment de la politique de songun donnant la priorité aux affaires militaires.

 

De fait, la loi de sécurité nationale, adoptée par les régimes autoritaires sud-coréens et jamais remise en cause depuis la fin du pouvoir militaire, est une loi de circonstance, utilisée à des fins répressives. Elle interdit non seulement aux Sud-Coréens tout contact avec des Nord-Coréens sans autorisation gouvernementale préalable, mais elle est aussi régulièrement invoquée pour réprimer les manifestations antigouvernementales ou les actions en faveur de la réunification de la Corée.

 

HanSangryeol 20082010L'AAFC rappelle que Han Sang-ryol, arrivé le 12 juin 2010 à l'aéroport de Pyongyang, avait dénoncé la politique anti-réunification du président conservateur sud-coréen Lee Myung-bak. Il avait franchi la ligne de démarcation entre les deux Corée le 20 août au village de la trêve à Panmunjom, en brandissant le drapeau de la réunification. Dès son retour, il avait était arrêté et inculpé. 

 

Le pasteur Han Sang-ryol avait déjà été arrêté lors des manifestations de 2008 contre la reprise des importations de boeuf américain, restant interdit de sortie du territoire après sa libération en novembre 2009.

 

La condamnation de Han Sang-ryol intervient alors que le gouvernement sud-coréen vient de refuser la proposition du Nord d'engager des échanges parlementaires intercoréens.

 

Plus que jamais, l'Association d'amitié franco-coréenne demande la libération du pasteur Han Sang-ryol et de tous les prisonniers politiques en Corée du Sud, ainsi que l'abrogation de la loi de sécurité nationale.

 

Sources : AAFC, BBC

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15 janvier 2011 6 15 /01 /janvier /2011 00:46

Au nom de la loi de sécurité nationale, de nombreux militants associatifs, politiques ou syndicaux ont été arrêtés en Corée du Sud depuis plus de soixante ans, au motif qu'ils seraient en lien avec la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) et/ou membres d'une organisation désignée comme favorisant l'ennemi. L'Association d'amitié franco-coréenne dénonce la loi de sécurité nationale de plus en plus souvent invoquée par le gouvernement Lee Myung-bak depuis 2008 pour réprimer l'opposition, comme portant atteinte aux libertés publiques. L'AAFC plaide également pour la libération de toutes celles et de tous ceux toujours emprisonnés au nom de la loi de sécurité nationale, en saluant leur courage. L'AAFC a pu rencontrer Hwang Sun qui nous a raconté l’histoire de son mari, M. Yoon Ki-jin, ancien président de Hanchongryon, militant pour la liberté et la réunification, aujourd'hui en prison pour ses idées. Hanchongryon, syndicat national des étudiants en Corée du Sud,  a été désigné comme une organisation favorisant l’ennemi, la Corée du Nord, par le gouvernement sud-coréen dans les années 1990.

 

YoonKijin.jpg

  Yoon Ki-jin (source : Jajuminbo)


Madame Hwang, bonjour. Votre mari, Yoon Ki-jin, a été président de Hanchongryon et, à ce titre, emprisonné au nom de la loi de sécurité nationale. Pouvez-nous nous présenter brièvement Hanchongryon et le parcours de votre mari ? 

 

hwang_IMG_2775.JPGYoon Ki-jin a été arrêté en 1996, à l’université Yonsei. Hanchongryon avait organisé un grand congrès national pour la réunification de la Corée à l'occasion du 15 août. Le gouvernement Kim Young-sam a interdit ce congrès et bloqué l'accès à l’université Yonsei, la police a écrasé des dizaines de milliers de participants tres violemment et les a arrêtés.

 

Après avoir été libéré de prison en décembre 1998, Yoon Ki-jin a été élu président du syndicat des étudiants de l’universite Myung-Ji. La police a considéré le syndicat comme une organisation illégale et l'a recherché, alors même qu’il avait légitimement été élu par les étudiants. L’année suivante, il a été élu président de Hanchongryon. Il est devenu le leader du mouvement étudiant pour la démocratie et la réunification de la Corée et a envoyé une délégation de Hanchongryon à Pyongyang en 1999.  A partir de 2000, après la déclaration commune du 15 juin, il s’est engagé dans un large mouvement populaire et légitime pour la réunification, en organisant des visites collectives en Corée du Nord.

 

Après la mise en place du gouvernement Roh Moo-hyun, tous les partis progressistes et leurs militants ont multiplié leurs efforts pour abroger la loi de sécurité nationale et il ont presque atteint ce but. Mais le jeu politique l’a déjoué. Lee Myung-bak a renforcé la loi de sécurité nationale et accru la répression sur les militants. Le 27 février 2008, deux jours après l'entrée en fonctions de Lee Myung-bak, la police a lancé un mandat d'arrêt contre Yoon Ki-jin en violation de la loi sur les réunions et les communications au regard de la loi de sécurité nationale. Il a dû se cacher chez un ami. Mon idée est que la police n’a pas osé l’arrêter sous le gouvernement Roh dans une ambiance de détente entre les deux Corée, mais dès l'avènement d'un gouvernement conservateur, elle a mis en oeuvre un plan préétabli. En plus la police a frappé l’ami qui a hébergé M. Yoon d'une amende de 5.000.000 won [environ 3.350 euros] pour avoir caché et aidé un criminel. C’est un acte honteux qu’on ne voyait même pas à l’époque de la dictature millitaire.

 

Prisonnier d'opinion, M. Yoon doit être libéré prochainement, mais un article qu’il a écrit en prison est retenu contre lui. De quels pouvoirs dispose le procureur ? N'avez-vous pas le sentiment que le but du gouvernement Lee Myung-bak est d'obtenir une conversion à des idées qui ne sont pas les siennes ?

 

Oui, l’objectif quand sont enfermés les militants est d’affaiblir et de limiter leur action et d'obtenir leur conversion. La liberté d’expression est opprimée, et on ne peut pas écrire en prison. Actuellement le procureur a accusé M. Yoon d'avoir écrit et diffusé des textes favorisant la Corée du Nord au regard de la loi de sécurité nationale ; à cause des lettres qu’il a écrites en prison, M. Yoon est harcelé sous prétexte d’une enquête. Mais il devrait sortir comme prévu et cette affaire se poursuivra sans mise en détention. En fait, il s'agit de gêner et limiter son travail après sa libération. Je vois cela comme une sorte de menace.

 

Le procureur examine également les trois destinataires des lettres pour avoir retapé des lettres manuscrites et les avoir distribuées. Il a appliqué à nouveau la loi de sécurité nationale pour diffusion de textes favorisant l’ennemi.

 

Le rôle de la loi en général est de garantir l’ordre de la société, mais en Corée du Sud, la loi de sécurité nationale correspond à un fonctionnement anormal. Lorsque M. Yoon  a été arrêté, la police a censuré son carnet où il avait inscrit des dates nationales de la Corée du Nord. Ce carnet est devenu une production favorisant l’ennemi. Cette loi contrôle même les idées, les pensées dans la tête des gens. Par exemple, si quelqu’un a écrit "Je veux tuer quelqu’un" dans son journal, la loi de sécurité nationale peut l’inculper de meurtre. 

 

A combien estime-t-on ne nombre de prisonniers d'opinion emprisonnés, comme Yoon Ki-jin, en Corée du Sud, au nom de la loi de sécurité nationale ? Quelles actions sont entreprises pour sa libération et l'abrogation de l'anachronique loi dite de sécurité nationale ?

 

On ne peut pas estimer exactement le nombre de prisonniers d’opinion. Mais pour les prisonniers arrêtés en lien avec la réunification, un Américain, M. Jang Min-ho, a été impliqué dans une affaire manipulée par les services de renseignement. Han Sang-ryol, qui a aussi visité la Corée du Nord, est également en prison. Apres la division, en Corée du Sud, il y a toujours eu beaucoup de prisonniers d’opinion qui ont lutté contre la dictature et pour démocratiser la Corée du Sud et parvenir à la réunification de la Corée. 

 

Le gouvernement Lee Myung-bak n'a eu de cesse de réprimer les militants et les partis d'opposition. Il a effectué de nombreuses perquisitions aux domiciles des particuliers et dans les bureaux des partis. Outre la loi de sécurité nationale, il applique également la loi concernant les rassemblements et les manifestations pour bloquer les manifestations contre sa politique et arrêter les manifestants. Il applique aussi cette loi aux syndicats ouvrier en cas de grève, et la police arrête également souvent des ouvriers après les grèves pour des actes de violence criminelle. Des citoyens qui refusent le service militaire pour des raisons religieuses ou en raison de leur orientation sexuelle sont aussi en prison. Tous sont des prisonniers d’opinion, produit de la situation de division de la Corée.

 

Le gouvernement actuel applique également la loi sur les médias et la loi sur l'information et la communication pour réprimer les manifestations d'opinion publique sur Internet et contrôler les médias. En promulguant ces nouvelles lois, Lee Myung-nak renforce la loi de sécurite nationale et produit massivement des prisonniers d’opinion.

 

Mais avec le gouvernement Lee Myung-bak, il y a de nombreuses luttes à mener aux plans politique et économique, et la répression des militants progressistes s'est beaucoup renforcée. Dans ces conditions, il est difficile de concentrer les luttes contre la loi de sécurité nationale.

 

Le gouvernement a ordonné à M. Yoon de supprimer un texte critiquant le gouvernement sur le site de l’association, bien qu’il n’ait pas de rapport avec la publication de ce texte. Cet exemple témoigne de la grossièreté des méthodes gouvernementales. Avec une politique de ce niveau, il est difficile d’espérer abroger la loi de sécurité nationale dans les institutions.

 

Votre mari a-t-il pu voir ou contacter sa famille en prison ? Les dispositions ainsi prises sont-elles conformes aux conventions internationales dont la République de Corée est partie prenante ?

 

Oui, il y a beaucoup de problèmes. D’abord, quand il était recherché par la police, pour le voir, je devais changer de bus, de métro ou de taxi pour déjouer la poursuite des policiers qui me surveillaient en permanence. La police a bloqué aussi notre mariage, mais grâce aux invités nous avons pu célébrer notre mariage et mon mari a alors pu échapper aux policiers.

 

Dans la prison où il est détenu, les visites ont lieu dans une cellule séparée par une planche. On peut se parler au micro, mais on ne peut pas avoir de contact physique.

 

Des visites spéciales ont lieu certains jours comme les anniversaires, on peut se voir dans une chambre sous la surveillance d’un gardien, et cette chambre est aussi séparée par une fenêtre grillagée. On peut se tenir par la main, mais il n’a jamais pris dans ses bras nos enfants nés pendant son incarcération. Nos deux enfants pleurent à chaque visite, en prenant ses mains ils lui demandent de rentrer à la maison ensemble. Cela me rend très triste.

 

La loi de sécurité nationale viole la liberté de pensée et les droits de l’Homme, étant contradictoire avec la déclaration universelle des droits de l'Homme et du citoyen. Cette loi contrôle même des notes prises dans un carnet ou des idées dans la tête des gens.

 

Actuellement, à la prison de Dae-jeon, il n’y a aucun chauffage pour les prisonniers. Ils doivent rester dans une cellule avec seulement une couverture, par des températures de moins 10 degrés. Les conditions de détention sont déplorables. Le ministère de la Justice a installé des moustiquaires en fer pour éviter les suicides des détenus. Mais ce dispositif bouche la fenêtre de la cellule. On ne peut plus voir dehors et les courants d’air sont bloqués. Alors les prisonniers restent l'été dans des cellules surchauffées. Les prisonniers d’opinion avaient obtenu le droit d’écrire en prison après un long combat, mais maintenant ce droit est nominal. Ils dénoncent leurs mauvaises conditions de détention par l'intermédiaire de leurs avocats et de leurs familles, mais le ministère de la Justice ignore leurs demandes.

 

En Corée du Sud, la prison est entendue comme un lieu où on purge une peine, plutôt que comme un lieu de rééducation. Alors les conditions de détention restent toujours aussi mauvaises que pendant l’époque de l’occupation par le Japon.

 

En Europe du Nord, j’ai appris qu'un suivi psychologique est proposé aux prisonniers après la sortie de prison. Je demande l'application d'un tel système en Corée.

 

Merci, Mme Hwang.

 

 

Propos recueillis le 12 janvier 2011 à Séoul (Corée du Sud)

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29 novembre 2010 1 29 /11 /novembre /2010 02:01

ANSWER-27112010.jpgAux Etats-Unis, la Campagne nationale pour mettre fin à la Guerre de Corée (National Campaign to End the Korean War) regroupe des organisations de citoyens américains d'origine coréenne, de vétérans et de défense des droits de l'homme ainsi que des personnes individuelles qui travaillent ensemble pour promouvoir un traité de paix dans la péninsule coréenne et une nouvelle politique américaine à l'égard de la Corée. Suite à l'incident de Yeonpyeong du 23 novembre, et face au regain de tension autour de la péninsule coréenne, la Campagne nationale pour mettre fin à la Guerre de Corée a lancé une vaste campagne de mobilisation sur Internet en faveur de la paix, en demandant à l'Association d'amitié franco-coréenne de la relayer. Voici la traduction française de cet appel .

 

 

Chers soutiens de la Campagne nationale pour mettre fin à la Guerre de Corée


Appel à l'action - Manifestation en ligne pour la paix en Corée - dimanche 28 novembre et mercredi 1er décembre

 

Le Président Obama envoie le porte-avion à propulsion nucléaire USS George Washington (transportant 75 avions et un équipage de 6 000 hommes) et d'autres bâtiments de guerre pour des manoeuvres militaires supplémentaires avec l'armée sud-coréenne à partir du dimanche 28 novembre.

 

Cela ne fait qu'aggraver la situation déjà tendue dans la péninsule coréenne et nous rapprocher dangereusement d'une guerre totale.

 

Quant à la blogosphère, elle est déjà pleine de discours haineux appelant à des "représailles" suite au tragique incident survenu plus tôt cette semaine sur l'île de Yeongpyong.

 

Deux civils et deux soldats sud-coréens sont morts. Nous disons : ASSEZ DE VIES PERDUES.

 

Nous avons besoin que tous ceux qui tiennent à la paix appellent à une désescalade dans la péninsule coréenne et à une fin immédiate des manoeuvres militaires entre les Etats-Unis et la Corée du Sud.

Le dimanche 28 novembre, de 18 heures à 21 heures (heure de France métropolitaine)

et le jeudi 2 décembre, de 1 heure à 4 heures (heure de France métropolitaine)

 

Rejoignez la Campagne nationale pour mettre fin à la Guerre de Corée (www.endthekoreanwar.org) pour une "manifestation en ligne" coordonnée.

 

 

1. Envoyez une pluie de courriers électroniques à la Maison Blanche et au Département d'Etat pour presser le Président Obama et la secrétaire d'Etat Clinton d'arrêter immédiament les manoeuvres militaires conjointes américano-sud-coréennes, et de signer un traité de paix pour mettre fin à l'état de guerre qui dure depuis soixante ans dans la péninsule coréenne.

 

www.whitehouse.gov/contact

contact-us.state.gov

 

 

2. Envoyez des réponses sur les sites Internet des médias et sur les blogs qui parlent de cette question et repoussez les discours haineux en appelant à une désescalade et à une solution pacifique. Vous trouverez des informations de base et de contexte dans le dossier  ci-dessous (téléchargeable ici dans la version française traduite par l'AAFC et téléchargeable ici dans sa version originale en anglais).

 

Nous vous suggérons les sites suivants : 

www.cnn.com
www.nytimes.com
www.washingtonpost.com
www.huffingtonpost.com
www.npr.org
www.bbc.co.uk
www.news.yahoo.com
www.voanews.com
www.abcnews.go.com
www.foreignpolicy.com

 

 

3.  Envoyez des liens, grâce aux listes de diffusion, aux blogs, à Facebook, à Twitter, vers les articles suivants favorables à la diplomatie

 
• Jimmy Carter, ancien président des Etats-Unis,  "North Korea's Consistent Message to the U.S.",  Washington Post, 24 novembre 2010

www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2010/11/23/AR2010112305808.html

• Paul Liem, “Retaliation, Retaliation", Korea Policy Institute, 25 novembre 2010
www.kpolicy.org/documents/interviews-opeds/101125paulliemretaliationretaliation.html

• John Feffer, co-directeur de Foreign Policy in Focus,  "Crisis in Korea?", Huffington Post, 23 novembre 2010
www.huffingtonpost.com/john-feffer/crisis-in-korea_b_787639.html

• Tim Shorrock,   "Obama's Only Choice on North Korea", Daily Beast, 24 novembre 2010
www.thedailybeast.com/blogs-and-stories/2010-11-24/korea-standoff-barack-obama-only-has-one-choice/?cid=hp:mainpromo1

• Tim Shorrock, "Direct Talks With North Korea Are the Only Answer to End Korean War", Democracy Now, 24 novembre 2010
www.democracynow.org/2010/11/24/tim_shorrock_direct_talks_with_north

• Siegfried S. Hecker,  “A Return Trip to North Korea’s Yongbyon Nuclear Complex", Center for International Security and Cooperation, 22 novembre 2010
www.nautilus.org/publications/essays/napsnet/reports/a-return-trip-to-north-korea2019s-yongbyon-nuclear-complex

• Bob Carlin et John Lewis, “Review U.S. Policy toward North Korea", Washington Post,  22 novembre 2010
www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2010/11/21/AR2010112102276.html

 

 

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Source : Campagne nationale pour mettre fin à la Guerre de Corée

Traduction : AAFC 

 


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12 septembre 2010 7 12 /09 /septembre /2010 19:16

HanSangryeol.jpgMilitant pour la réunification, le pasteur sud-coréen Han Sang-ryol a séjourné en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) du 12 juin au 20 août 2010. Arrêté dès son retour en République de Corée (du Sud), il a été inculpé pour violation de la loi de sécurité nationale. L'Association d'amitié franco-coréenne exige sa libération.

 

Si le pouvoir militaire a été abattu en Corée du Sud, la loi de sécurité nationale n'a jamais été abrogée : elle interdit aux Sud-Coréens tout contact avec des Nord-Coréens sans autorisation gouvernementale préalable. Régulièrement invoquée pour réprimer les manifestations antigouvernementales ou les actions en faveur de la réunification de la Corée, la loi de sécurité nationale a de nouveau servi de base à l'inculpation d'un militant sud-coréen pro-réunification, le pasteur Han Sang-ryol.

 

HanSangryeol 20082010Han Sang-ryol était arrivé le 12 juin dernier à l'aéroport de Pyongyang. Ayant dénoncé au cours de son séjour en RPD de Corée la politique anti-réunification du président conservateur sud-coréen Lee Myung-bak, il avait franchi la ligne de démarcation entre les deux Corée le 20 août au village de la trêve à Panmunjom, en brandissant le drapeau de la réunification. Arrêté dès son retour au Sud, il vient d'être inculpé pour violation de la loi de sécurité nationale.

 

Le pasteur Han Sang-ryol est également un opposant déterminé au régime conservateur du président Lee Myung-bak. Partisan du retrait des troupes américaines de Corée du Sud, il avait été arrêté lors des manifestations de 2008 contre la reprise des importations de boeuf américain, n'étant libéré qu'en novembre 2009, tout en étant interdit de sortie du territoire.

 

L'Association d'amitié franco-coréenne exige la libération du pasteur Han Sang-ryol et l'abrogation de l'anachronique loi de sécurité nationale.

 

Sources : AAFC, KBS

 

 

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