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15 juin 2018 5 15 /06 /juin /2018 14:38

Le sommet de Sentosa, à Singapour, le 12 juin 2018 a donné lieu à une importante couverture médiatique : le matin du sommet, Benoît Quennedey, président de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC), est intervenu sur le plateau de RT France ; le soir même, il faisait partie des experts invités par France 24 pour s'exprimer dans le cadre du débat d'actualité The Debate. Nous rendons compte ci-après de ces deux émissions.

Intervention de Benoît Quennedey au journal télévision de RT France le 12 juin 2018, à 7h (heure de Paris), alors qu’une déclaration - dont le contenu n'était alors pas encore connue - était annoncée à l’issue du sommet (en cours).

La journaliste Dora Abdel Razic (DAR) interroge Benoît Quennedey (BQ), président de l’AAFC.

DAR : Kim Jong-un est apparu souriant face à Donald Trump, les deux hommes ont un caractère imprévisible, quel scénario prévoyez-vous pour les heures à venir ?

BQ : Ce sommet historique entre un président américain en exercice et le dirigeant suprême nord-coréen a été voulu par les deux parties. Rien n’a été laissé au hasard, compte tenu du passé d’hostilité entre les deux pays. Cette rencontre avec un président américain en exercice est un objectif de longue date de la Corée du Nord. Kim Jong-un est souriant mais le fait que Trump ait l’air grave a été étudié pour ne pas troubler une partie des Américains.

DAR : Un dirigeant va-t-il avoir l’ascendant sur l’autre ?

BQ : Non, car ce serait une humiliation pour chacun des deux. L’important est la déclaration qui va être signée. Elle comprendra sans doute l’objectif de dénucléarisation, mais s’agira-t-il de la seule Corée du Nord ou, comme dans la récente déclaration commune Nord-Sud, de l’ensemble de la péninsule, donc aussi du territoire sud-coréen ? Un signal concernant la levée des sanctions sera-t-il donné ? L’objectif d’une paix durable et peut-être aussi des annonces de visite de Kim Jong-un aux Etats-Unis ou de Donald Trump en RPDC peuvent être envisagés.

DAR : Sur ces différents dossiers quelle est la place des autres acteurs, Corée du Sud, Chine … ?

BQ : Jusqu’ici l’approche américaine était multilatérale jusqu’à ce que Donald Trump, à l’automne 2017, menace de détruire la RPDC. On mesure donc le chemin parcouru. Pour la Corée du Sud, comme l'a observé le Président Moon Jae-in,  c’est le début d’un long processus, car aujourd’hui ce sera la signature d’une déclaration de principes plus que la présentation d’une feuille de route. Bien sûr, la Chine dont le dirigeant a rencontré deux fois en 40 jours son homologue nord-coréen, ne peut qu’approuver cette démarche de dialogue qu’elle a toujours appelée de ses vœux. Si un traité de paix remplace l’armistice, la Chine sera partie prenante, ayant participé au conflit de 1950-1953. Elle aura aussi un rôle à jouer dans le système de garanties collectives de sécurité que la Corée du Nord exigera en contrepartie de sa dénucléarisation. La Russie a aussi un rôle à jouer dans un tel système et une rencontre est d’ailleurs prévue entre les dirigeants russe et nord-coréen.

DAR : On a vu la destruction du site d’essais nucléaires nord-coréen, est-ce un pas en avant, un signe positif ?

BQ : Oui, et les Nord-Coréens ont multiplié les gestes concrets avec aussi la libération des trois ressortissants américains qui étaient emprisonnés.  Maintenant la RPDC attend des gestes concrets des Américains et pas seulement des déclarations d’intentions. Elle attend de voir ce qu’ils vont mettre sur la table des négociations.

The Debate (Le débat) sur France 24 (version anglophone). Le 12 juin2018, le journaliste franco-américain François Picard anime une émission de 19h10 à 20h00 sur la « poignée de mains historique » à Singapour.

Deux participants en duplex depuis les Etats-Unis : Katharine Moon (KM) titulaire de la chaire d’études Asiatiques Wasserman au collège Wellesley (Massachusetts), d’origine coréenne, et Sam Nunberg (SN) ancien conseiller de la campagne électorale de Donald Trump.

Deux participants français sur le plateau : Antoine Bondaz, enseignant à l’Institut d’études politiques (IEP) de Paris, et Benoît Quennedey, président de l’AAFC. Compte tenu de la longueur de ce débat seuls des extraits sont repris ci-après.

L’animateur (A) s’adresse en premier à Katharine Moon pour lui demander, en entendant la voix de Kim Jong-un évoquer un avenir brillant pour la République populaire démocratique de Corée (RPDC), ce qu’elle en pense de cette déclaration.

KM : Cela fait deux fois que je l’entends parler et je dois dire qu’il manie la langue coréenne avec éloquence, avec gravité et en utilisant des mots très simples. Il est très efficace et j’ai été impressionnée ces deux foix. Il semble très à l’aise et très désireux d’être pleinement un nouvel acteur sur la scène internationale

A : Nous avons toujours du mal à comprendre la structure du pouvoir à Pyongyang. Est-il vraiment le seul à tenir les rênes du pouvoir ?

KM : Oui, c’est lui qui dirige mais la Corée du Nord est un pays complexe et il doit prendre en compte des intérêts différents. Il a des défis importants à relever. D’abord gérer le commandement militaire qui se voit mis de côté avec les pourparlers. Economiquement il doit aussi tenir compte de ceux qui se sont enrichis avec les réformes et qui se demandent s’ils vont être les gagnants ou les perdants des annonces qui ont été faites très clairement.

A : Antoine Bondaz, qu’en pensez-vous ?

AB : C’est une rencontre historique mais pas un accord technique de dénucléarisation, ni même quelque chose se rapprochant de ce qui été conclu dans le cadre de l’accord avec l’Iran. C’est une déclaration d’intentions qui est vague et ne reprend pas les termes de dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible. Mais au moins, nous allons dans la bonne direction.

A : Va-t-on dans la bonne direction Benoît Quennedey ?

BQ : Oui. Je ne suis pas aussi sévère qu’Antoine Bondaz. Bien sûr c’est une déclaration d’intentions mais si nous considérons la déclaration commune de Panmunjom des deux dirigeants coréens le 27 avril 2018, nous voyons qu’elle incluait non seulement l’objectif de dénucléarisation mais aussi celui d’un traité de paix, qui sont cette fois repris dans une déclaration entre Américains et Nord-Coréens. La déclaration de ce jour prévoit aussi concrètement le rapatriement des restes de soldats américains morts en Corée entre 1950 et 1953. Le plus important est qu’il s’agit du début d’un processus qui sera long et difficile, mais si nous nous souvenons qu’il y a neuf mois Donald Trump menaçait à l’ONU de détruire la Corée du Nord nous pouvons apprécier le chemin parcouru depuis lors.

AB : Il n’y a rien de nouveau dans cette déclaration, par rapport aux engagements antérieurs de la Corée du Nord (notamment en 2005 et 2012), y compris la question du rapatriement des restes de soldats morts en Corée.

A : Sam Nunberg, êtes-vous d’accord ?

SN : Je suis en complet désaccord avec le dernier analyste qui vient de parler. Je sais que je parle à une audience européenne et vous devez mettre de côté votre aversion pour Donald Trump. Il a hérité d’une situation difficile, Barack Obama lui avait dit que c’était la menace numéro un et celui-ci a été très près d’un bombardement de la Corée du Nord. Donald Trump a une nouvelle approche et c’est ce que veulent les Américains. Les accords cités par l’analyste précédent comme celui de 2005 ont été des échecs constants de la diplomatie classique, ce dont nous ne voulons plus. Donald Trump ne lève pas les sanctions, il veut des gestes de Kim Jong-un. Si Kim Jong-un comprend qu’en échange de la dénucléarisation il obtiendra un  développement économique de son pays il acceptera cet accord.

A : Votre réaction, Katharine Moon ?

KM : Alors que Donald Trump avait annoncé un nouvel accord qui serait du jamais vu, celui qui a été conclu est inférieur aux attentes. Donald Trump a aussi cédé en renonçant aux manœuvres militaires conjointes avec les Sud-Coréens.

Puis le reporter de France 24 reprend la parole pour dire qu’au cours de la journée Donald Trump a été un « président normal », comme s’il avait rencontré Emmanuel Macron…

A : Trump parle du caractère provocateur des manœuvres. Etes-vous surpris Antoine Bondaz ?

AB : Je suis très surpris, il est en train d’affaiblir l’alliance avec la Corée du Sud, en mentionnant un possible retrait des troupes américaines de Corée du Sud sans réelles raisons alors qu’il parle d’exercices militaires qui sont plus que justifiés et défensifs par nature. Soyons clairs : Trump offre des concessions au Nord alors que celui-ci n’a rien fait. Le gel des essais nucléaires et des tirs de missiles ne veut rien dire.

SN : Nous n’abandonnons pas la Corée du Sud, nous installons là-bas le système THAAD. Ceux qui sur votre plateau critiquent l’abandon des manœuvres militaires doivent avoir à l’esprit qu’il s’agit des plus importants exercices militaires de l’histoire de l’humanité. Trump a fait un geste de bonne volonté, nous Américains ne voulons pas envoyer 300 000  soldats faire la guerre en Corée – car nous savons que ce serait à nous de le faire en cas de nécessité.

KM : Je vous interromps pour dire que c’est vrai que ces manœuvres sont devenues trop importantes, mais je précise qu’elles incluent 300 000 soldats sud-coréens et pas américains…Trump a fait cette annonce sans en informer son ministère de la Défense ni le gouvernement sud-coréen qui ont aussitôt déclaré qu’ils n’étaient pas au courant.

(…)

A : Benoît Quennedey, qu’en dites-vous ?

BQ : Il faut être clair. Comme cela a été dit, tout ce qui a été essayé avec la Corée du Nord n’a pas fonctionné. Je regrette d’avoir à le dire mais l’action de  Barack Obama a été un désastre au regard des objectifs visés, puisque  la Corée du Nord s’est équipée d’armes nucléaires et de missiles. Au moins Donald Trump a essayé et réussi à entamer un dialogue. L’arrêt des manœuvres n’affaiblit nullement l’alliance américano-sud-coréenne, mais par contre favorise le dialogue Nord-Sud que souhaite par ailleurs le président sud-coréen Moon Jae-in.

AB : Je ne suis pas sûr que les Japonais vont  penser ainsi. La diminution de l’ampleur des exercices militaires est différente de leur suspension, ce qui est une demande des Chinois et des Russes. Beijing aujourd’hui doit très content.

A : Katharine Moon, n’avez-vous pas l’impression que le leader japonais Shinzo Abe doit aujourd’hui se sentir un peu seul ?

KM : Les choses ne se passent pas comme il l’aurait voulu mais il envisage déjà un sommet avec Kim et je suis persuadée que ce sommet aura lieu car c’est une bonne période pour Kim.

Projection de la vidéo américaine montrant la future Corée du Nord en plein boom économique.

A : Benoît Quennedey, que peuvent penser les Nord-Coréens d’une telle vidéo ?

BQ : Depuis l’arrivée au pouvoir de Kim Jong-un l’opinion publique nord-coréenne s’est habituée à un changement de styles. Rappelons nous en 2012 l’apparition des  personnages de Walt Disney dans des représentations artistiques du groupe Moranbong, alors nouvellement constitué. La Corée du Nord est déjà en boom économique, mais bien sûr un boom d’ampleur limitée à cause des sanctions dont les Nord-Coréens souhaitent avant tout la levée - et probablement sur ce point ont-ils l’oreille de la Chine.

A : Sam Nunberg, voyez-vous l’avenir de la Corée du Nord comme une démocratie occidentale ou plutôt comme la Chine ?

SN : C’est un sujet que j’ai souvent abordé avec le président Trump, il offre à la Corée du Nord la possibilité de suivre un développement comparable à celui la Chine, où Kim Jong-un resterait au pouvoir et dans lequel les Nord-Coréens seraient prospères.

A : Antoine Bondaz, pensez-vous aussi que Donald Trump offre à la Corée du Nord de suivre la voie empruntée par le modèle chinois ?

AB : Le Nord aura beaucoup de mal à mener de vraies réformes économiques. Leur dilemme est de savoir comment obtenir un développement économique tout en gardant un contrôle de la population.

KM : Toute voie qui sortirait ce pays de la voix nucléaire serait la bienvenue. Je ne suis pas sûre qu’ils aient le désir de suivre la voie chinoise. Ils sont très fiers, surtout par rapport aux grandes puissances. Ils vont  choisir  leur propre modèle et jouer des contradictions entre les grandes  puissances  pour obtenir un soutien économique. C’est ce que tout dirigeant conscient dans un pays souverain devrait faire. Les Sud-Coréens sont soulagés que le sommet se soit passé sans anicroches mais les Sud-Coréens conservateurs sont inquiets, ce qui pourrait se refléter dans les élections à venir [NdA : les élections locales du 13 juin 2018 ont au contraire été un désastre pour les conservateurs sud-coréens].

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11 juin 2018 1 11 /06 /juin /2018 11:29

Annoncé par le président américain Donald Trump, annulé par ce dernier puis finalement confirmé après une série d'échanges diplomatiques ayant notamment impliqué la République de Corée (Corée du Sud) et la République populaire de Chine, la rencontre au sommet entre les présidents Kim Jong-un et Donald Trump devrait finalement bien avoir lieu, sauf accident, ce mardi 12 juin 2018 à Singapour, où les deux dirigeants sont déjà arrivés. Nous revenons sur les enjeux de cette première rencontre entre un président américain en exercice et un dirigeant suprême nord-coréen, en joignant un compte rendu de deux interventions de Benoît Quennedey, président de l'AAFC, sur France 24 (canal anglophone et canal francophone) le 11 juin 2018.

Qu'attendre du sommet entre Kim Jong-un et Donald Trump ?

Les sceptiques en ont été pour leurs frais : sauf accident, le sommet de Singapour aura bien lieu, entre deux dirigeants dont les pays avaient été au bord d'une guerre nucléaire en 2017 - même si les réactions du président américain à l'époque doivent être resituées dans le contexte d'une montée des enchères, conformément à son style de négociations, fort peu diplomatique, qu'il avait exposé dans L'Art de la négociation - et dont Dennis Rodman se targue d'avoir offert un exemplaire au dirigeant nord-coréen.

Les Nord-Coréens ont mis sur la table le principe d'une dénucléarisation dont les modalités et le terme devront encore faire l'objet de négociations, tout en multipliant les geste de bonne volonté. Les Américains ont pris conscience que les négociations sur la dénucléarisation de la Corée du Nord, en contrepartie d'engagements tangibles de sécurité collective (dans le cadre d'un processus multilatéral appelé à impliquer la Chine et la Russie) et d'une nécessaire levée par étapes (et non in fine) des sanctions internationales, seront nécessairement longues et feront l'objet de discussions ultérieures - où les menaces de rupture, exprimées par l'une ou l'autre parties, sont à attendre. Mais le Président Donald Trump, homme de communication plus que de dossiers, laissera à ses collaborateurs le soin de négocier des détails qui s'avèreront pourtant décisifs, en écartant les "faucons" de son administration (comme son conseiller John Bolton) de ce dossier sensible. Dans un premier temps, il s'agit d'abord pour lui d'établir un climat de confiance en montrant qu'une entente est possible avec les Nord-Coréens, à contre-courant des précédentes administrations présidentielles américaines qui ont laissé pourrir une situation de tensions.

Si un communiqué conjoint devait être publié à l'issue de la rencontre (et les deux parties ne peuvent que le souhaiter), il devrait réaffirmer des principes qui ne sont pas sans portée réelle : l'objectif de la signature d'un traité de paix, avec en contrepartie des engagements de sécurité pour Pyongyang (et un possible sommet trilatéral avec le président sud-coréen Moon Jae-in, voir quadripartite avec le président chinois Xi Jinping) ; une invitation de Kim Jong-un aux Etats-Unis et de Donald Trump à Pyongyang ; la perspective de l'établissement de relations diplomatiques bilatérales ; des échanges culturels et sportifs ; la venue symbolique d'entreprises américains à Pyongyang (on évoque McDonald's), la possible restitution aux Etats-Unis, à terme, du navire espion Pueblo, capturé par les Nord-Coréens il y a 50 ans... Les thèmes de convergences sont nombreux, même si d'autres sujets de désaccord peuvent envenimer un processus qui n'en est qu'à ses débuts et reste fragile : la mise en place du dispositif THAAD en Corée du Sud et la poursuite des manoeuvres américano-sud-coréennes d'un côté, les programmes balistiques (et les autres programmes d'armements conventionnels) et spatiaux de la Corée du Nord de l'autre... Mais Donald Trump est résolu à aller de l'avant - refusant désormais le terme de "pression maximale" sur la Corée du Nord auquel les Japonais et les Français restent attachés - comme l'a montré leur prise de position lors du dernier sommet du G7 - quitte à ne pas comprendre les évolutions diplomatiques en cours dans cette partie du monde, en ayant un train de retard.

Annexe - SOMMET HISTORIQUE DE SINGAPOUR J-1, France 24 invite l’AAFC à commenter l’actualité.

Le lundi 11 juin à 8h30 le présentateur (P) de la chaine France 24 (version anglophone) pose trois questions à Benoit Quennedey (BQ), président de l’AAFC, lors du journal télévisé.

P- Le monde attend beaucoup de cette rencontre. Que pensez-vous qui puisse être réellement atteint ?

BQ- Il faut être modeste car nous avons vu que le président Donald Trump peut changer très rapidement de position. Les deux leaders vont sans doute essayer de se tester mutuellement afin de voir jusqu’où l’autre est prêt à aller. Nous pouvons attendre d’importantes déclarations comme l’affirmation de la recherche d’un traité de paix et la réaffirmation par Pyongyang de sa dénucléarisation. Entre deux pays techniquement toujours en état de guerre c’est très important.

P- Pourquoi Pyongyang a-t-il changé de ton et de position et pourquoi avec ce président américain en particulier ?

BQ- Les Nord-Coréens ont déjà eu affaire aux diplomates américains mais ceux-ci n’envisageaient pas vraiment un processus de paix. Donald Trump a une diplomatie non-conventionnelle et les Coréens se sont dit pourquoi ne pas essayer avec ce président, même s’il a menacé de détruire leur pays à la tribune des Nations unies à l'automne 2017.

P- Et le rôle de la France et des puissances occidentales dans ce contexte ?

BQ- La France n’a pas, jusqu’à présent, joué un grand rôle et elle perdu une occasion de le faire. En particulier au Conseil de Sécurité de l’ONU entre le bloc anglo-saxon et celui des Chinois et Russes elle aurait pu avoir un rôle utile. L’Union Européenne, comme dans le cas de la Palestine, peut jouer un rôle dans le futur en matière d’aide économique et d’investissements.
 

A 9h00 changement de plateau c’est le journal « Paris Direct », la version francophone de France 24, avec deux journalistes Pauline Godart et Florent Rodo (J).

J- Quelles sont les intentions réelles de Kim Jong Un ? Recherche-t-il réellement un accord ?

BQ- la Corée du Nord obtient ce qu’elle a recherché depuis des années, un dialogue direct avec un président américain en exercice et ne peut pas sortir du sommet sans au moins un accord a minima sur les principes à savoir l’avancée vers des garanties de sécurité et la levée des sanctions.

J- Kim Jong -un obtient un statut diplomatique international..

BQ- C’est certain avec la multiplication des rencontres avec les présidents de Corée du Sud de Chine Populaire, une invitation en Russie il passe du rôle du méchant à celui de faiseur de paix.

J- Sur quoi peut déboucher ce sommet ?

BQ-  Le sommet débouchera probablement sur un début de clarification sur le terme de dénucléarisation, car les conceptions des deux parties sont différentes à ce sujet, et sur l’obtention de garanties de sécurité collective par Pyongyang. Les Etats-Unis veulent aller plus loin et prévoir d’autres rencontres mais les Nord-Coréens attendent de voir ce que les Américains mettront sur la table.

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8 juin 2018 5 08 /06 /juin /2018 22:32

Dans son édition du 7 juin 2018, Lina Sankari, spécialiste de la Corée à L'Humanité, a fait une présentation de l'ouvrage La Corée du Nord, cette inconnue (publié en 2017 aux éditions Delga) dans le quotidien communiste. Nous publions ci-après des extraits de sa critique. 

Lina Sankari présente "La Corée du Nord, cette inconnue" dans "L'Humanité"

Lina Sankari a cité à plusieurs reprises l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) dans ses articles. Sa recension d'un des deux ouvrages publiés par Delga et consacrés à la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) - avec Comment peut-on être Coréen (du Nord) ? de Robert Charvin, vice-président de l'AAFC, est toutefois la première publiée à notre connaissance dans un quotidien national français. 

D'emblée, Lina Sankari souligne la nécessité de dépasser les clichés et les idées reçues : 

Il est des images inévitables. À propos de la Corée du Nord, le cliché confine aux défilés militaires, aux foules endoctrinées et éplorées à la mort de chacun de ses dirigeants et à une famine que l’on voudrait endémique. Dans un essai pédagogique, Benoît Quennedey, président de l’Association d'amitié franco-coréenne confronte données fiables et travaux universitaires afin de comprendre le pays et ses évolutions.

Lina Sankari observe que l'ouvrage "passe au crible le système politique, économique et social" et aborde les enjeux militaires et diplomatiques, tout en concluant que 

[il] explique comment les agressions extérieures, l'impasse diplomatique et les sanctions ont jusqu'alors bloqué toute ouverture et développement du pays. A méditer à l'aune des sommets à venir entre les deux Corées puis entre Donald Trump et Kim Jong-un.

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5 juin 2018 2 05 /06 /juin /2018 19:16

Dans un contexte de revirements de l'administration américaine sur la tenue ou non sur le sommet du 12 juin 2018 à Singapour entre Donald Trump et Kim Jong-un - qui sera une première entre un président américain en exercice et le dirigeant suprême nord-coréen - Benoît Quennedey, président de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC), est intervenu à ce titre dans plusieurs médias : RT France le 31 mai 2018 puis France 24 (canal francophone et canal anglophone) le 1er juin 2018. Nous rendons compte ci-après de ses interventions sur RT France et sur le canal francophone de France 24. 

La Corée du Nord au centre de tractations diplomatiques. RT France invite le président de l'AAFC dans son journal télévisé du jeudi 31 mai 2018 à 19h. 

Stéphanie de Muru, (SdM) journaliste à RT France après avoir travaillé sur FR3, I-Télé et BFM TV, a posé trois questions à Benoît Quennedey (BQ).

SdM : Ce sommet a été annoncé puis annulé et enfin réannoncé à moitié. Aura-t-il lieu ?

BQ : Je suis un sempiternel optimiste et je pense qu’il aura lieu. Dans cette séquence il y a un temps record pour régler un certain nombre de questions. Des deux côtés on n’entend pas arriver à un accord défavorable. L’agacement nord-coréen suivi de l’épisode de l’annulation du sommet par les Américains a permis le retour dans le jeu de la Corée du Sud avec le deuxième sommet intercoréen tenu à la demande des Nord-Coréens. D’ailleurs le président sud-coréen Moon Jae-in n’a pas exclu un sommet tripartite si l’on devait, en particulier, discuter d’un traité de paix.

SdM : Qu’est ce qui peut sortir de ce sommet qui a un peu mal commencé ?

BQ : On peut arriver soit à un accord global prévoyant la dénucléarisation de la Corée et en contrepartie des garanties de sécurité pour la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) avec différentes étapes de mise en oeuvre, soit rester dans un cadre plus général avec tout un nuancier possible d'accords. Nous assistons actuellement à une multiplication des rencontres diplomatiques marquée dernièrement par la rencontre du ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie Sergueï Lavrov et du Président Kim Jong-un. La dénucléarisation de la RPDC que demande Washington doit être complète, vérifiable et irréversible mais les garanties de sécurité qu'apportera Washington doivent elles aussi être complètes, vérifiables et irréversibles - vérifiables par des parties tiers comme la Chine et la Russie. Sergueï Lavrov a mentionné également à Pyongyang la levée des sanctions au cours de ce processus, et pas in fine  comme le veulent certains faucons américains. L'accord sera global ou pas : il s’agit d’assurer non seulement la dénucléarisation mais aussi la paix dans cette région du monde.

SdM : Cette rencontre de Kim Jong-un et de Lavrov est aussi un évènement historique. En quoi peut-elle peser sur ce sommet ?

BQ : Lors des discussions des sanctions au Conseil de sécurité de l’ONU on a pu voir que progressivement la Russie a fait davantage valoir son point de vue. La Russie faisait partie des pourparlers à six. La Russie en dehors de son intérêt politique ne peut pas laisser passer l’occasion d’accords économiques dans les domaines des réseaux gaziers et ferroviaires. La Russie a d'ailleurs été l’une des principales victimes des sanctions sud-coréennes avec la suspension des projets de rétablissement des liaisons ferroviaires intercoréennes en mars 2016.

 

Message de Kim Jong-un à Donald Trump. Le vendredi 1er juin 2018, la chaîne de télévision France 24 (en français) dans son journal de 23h apporte un éclairage sur l'actualité en invitant Benoît Quennedey, président de l'AAFC

Sommet Kim Jong-un - Donald Trump : l'AAFC sur RT France et France 24

Après avoir montré les images de Donald Trump qui, après sa rencontre avec Kim Yong-chol, annonce que le sommet est en bonne voie, la première question a porté sur le sommet à venir entre Washington et Pyongyang.

France 24 : Le sommet est un début. Comment avez-vous réagi à l’annonce de Donald Trump ?

BQ : C’est un grand soulagement, car après des semaines de confrontation le sommet était réellement en danger. L’élément très important est le rôle de la Corée du Sud. Elle a fait tout ce qui était possible pour que ce sommet ait lieu. Kim Yong-chol reçu au Bureau Ovale, c’est déjà tout un symbole. Rappelons qu’il est personnellement sous le coup de sanctions américaines. Il y a 18 ans le processus engagé par l’administration Clinton n’avait pas été mené jusqu’au bout par souci, à la demande des républicains, de ne pas lier les mains de son successeur, à la veille d'une élection présidentielle. Les Nord-Coréens ont su se positionner par rapport à la politique extérieure atypique de Donald Trump et ont compris qu’il y avait une opportunité. Nous avons donc une configuration extrêmement favorable, mais comme l’a dit Donald Trump lui-même, « c’est le début d’un long processus ».

France 24 : Quel est l’intérêt des Coréens du Nord à cette rencontre ? La lettre de Donald Trump à Kim Jong-un était assez dure.

BQ : Le président américain nous avait habitué à un style encore moins diplomatique... Sinon, on ne connaît pas le contenu de la lettre de Kim Jong-un à Donald Trump. Ce qui apparaît actuellement en Corée du Nord est un regard différent par rapport aux étrangers, une réelle volonté d’ouverture, avec un intérêt pour les modèles chinois et plus encore vietnamien. Il y a une réelle volonté de développer le pays. Si des garanties de sécurité sont obtenues dans le cadre d’un processus de sécurité collective dont les contours restent à définir, et où la Chine et la Russie auront leur place, si les sanctions sont levées, alors Pyongyang n'aura aucune raison de refuser un processus qui garantirait son développement économique. Pour les Nord-Coréens cela vaut le coup d’essayer.

France 24 : Votre association est parfois jugée un peu trop complaisante à l’égard de la Corée du Nord. Est-ce que pour vous c’est une démocratie ? Est-ce qu’il faut négocier avec elle ?

BQ : C’est un régime né d’une guérilla militaire, avec une grande concentration des pouvoirs qui rappelle celui de la Chine. Il faut aussi tenir compte de l’influence du confucianisme. Le régime politique n’a rien à voir avec une démocratie de type occidental au sens où nous l’entendons ici.

La diplomatie relève d'un autre domaine, l'intérêt des Etats et le réalisme. Quand la France négocie avec l’Arabie Saoudite qui a des principes très éloignés des nôtres on ne pose pas cette question…

La paix en Corée est possible car les deux parties ont des intérêts qui convergent. Kim Jong-un représente une nouvelle génération et la Corée du Nord n’est pas un pays statique.

Les choses évoluent, et si le processus en cours aboutit peut-être verra-t-on un jour à Pyongyang, après des décennies de confrontation, les enfants d'expatriés américains jouer avec les enfants nord-coréens.

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31 mai 2018 4 31 /05 /mai /2018 07:39

Le 22 mai 2018, la chaîne RT France a consacré son magazine L'échiquier mondial à la question de la paix et de la dénucléarisation dans la péninsule coréenne. En fin d'émission, Oleg Shommer (OS) a interrogé Benoît Quennedey (BQ), président de l'AAFC, déjà intervenu à plusieurs reprises sur la chaîne. Nous reproduisons ci-après leur échange.

L’animateur, après avoir présenté la succession rapide des évènements, rencontres et déclarations, demande à son invité si le leader Kim Jong-un est sincère dans son intention de renoncer à son programme nucléaire ou s’il s’agit d’une manoeuvre politique.

BQ - Si demain la Corée du Nord obtient des garanties des Etats-Unis dans le domaine économique, notamment la levée des sanctions, si elle obtient également des garanties dans le domaine de la sécurité, alors oui les conditions sont réunies pour avoir un accord qui fasse avancer la cause de la paix dans la péninsule coréenne.

OS - Au vu des dernières manœuvres militaires les Nord-Coréens peuvent-ils avoir confiance dans la bonne volonté Américaine affichée dans l’agenda?

BQ - La Corée du Nord veut tester la bonne volonté américaine ce qui n’est pas anodin quand on voit que l’accord sur l’Iran a été rayé d’un coup de crayon par les Etats-Unis. Elle attend des gestes concrets en contrepartie de ses efforts, dans le cadre d’un accord diplomatique reposant sur le principe action pour action, chaque partie avançant simultanément

OS- La rencontre entre les deux leaders coréens marque-t-elle le début d’un processus de réunification ?

BQ - La réunification est le serpent de mer des relations intercoréennes depuis la division en 1945. Aujourd’hui il faut recréer les conditions d’un dialogue, combler le fossé économique et culturel entres les deux Corées. Quand Donald Trump parle du possible avenir brillant de la Corée du Nord, il met l’accent sur un écart devenu très important. N’oublions pas que jusque dans les années 1970, la Corée du Nord était plus développée que la Corée du Sud. Déjà, revenir à la politique de dialogue qui a été suivie par le Sud jusqu’en 2008 représente un espoir. Ensuite, créer un processus de réunification est ce que souhaite tout le peuple coréen. Ce sera un processus long dont les modalités seront à définir par les Coréens eux-mêmes. Il est trop tôt pour dire s’il s’agira d’un modèle confédéral ou d’une solution comme entre la Chine et Hong-Kong « un pays deux systèmes  ». En tout cas le rapprochement intercoréen est à nouveau sur les rails.

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21 mai 2018 1 21 /05 /mai /2018 14:18

Les 18, 19 et 20 mai derniers, la fédération du Pas-de-Calais du Parti communiste français (PCF) a organisé l'édition 2018 du Festival de l'Humain d'abord à Avion. Le 20 mai après-midi, un débat sur la Corée a été organisé sous le grand chapiteau, animé par Benoît Quennedey, président de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC), Daniel Rougerie, président du comité Hauts-de-France de l'AAFC, et Aymeric Monville, membre du Comité international pour les libertés démocratiques (CILD) en Corée du Sud, qui revenait de Séoul et a ainsi pu témoigner des évolutions récentes dans la péninsule, quelques semaines après le troisième sommet intercoréen du 27 avril 2018 et avant la rencontre attendue entre les Présidents Kim Jong-un et Donald Trump à Singapour le 12 juin 2018. Pour la bonne organisation de ces échanges, l'AAFC remercie les organisateurs du festival, la section PCF d'Arras, qui avait proposé la tenue de ce débat, ainsi que Marianne Dunlop, membre de l'AAFC dans le Pas-de-Calais, présidente de son comité Espéranto, en contact avec les militants communistes de l'Arrageois.

De gauche à droite : Aymeric Monville et Benoît Quennedey

De gauche à droite : Aymeric Monville et Benoît Quennedey

A titre liminaire, Benoît Quennedey a rappelé la création de l'AAFC, fondée en 1969, et ses objectifs : encourager la réunification pacifique et indépendante de la Corée par les Coréens eux-mêmes, favoriser les échanges entre la France et l'ensemble de la Corée (en prenant comme exemples récents des coopérations dans le domaine du handicap, la mise en contact d'universitaires ou encore les actions de solidarité, en particulier avec la fédération du Nord du Secours populaire français), faire pièce à une information sur la Corée du Nord trop souvent erronée et/ou donnée en termes systématiquement négatifs, en réunissant dès l'origine des militants venus de divers horizons politiques.

Aymeric Monville a fait état de la situation en Corée du Sud, longtemps dirigée par une junte militaire, et où la mobilisation populaire dans le cadre de la révolution des bougies a chassé du pouvoir, durant l'automne et l'hiver 2016-2017, la très autoritaire présidente Park Geun-hye. Pour autant, des droits politiques et syndicaux restent à conquérir : il y a une interdiction de facto de se syndiquer dans les entreprises et les sous-traitants du conglomérat Samsung, qui représente plus d'un cinquième de l'économie sud-coréenne ; la loi de sécurité nationale interdit non seulement l'expression d'opinions jugées communistes ou pro-Corée du Nord, mais est utilisée pour réprimer les mouvements d'opposition ; l'homologue sud-coréen de Philippe Martinez, le dirigeant de la KCTU Han Sang-gyun, a écopé d'une peine de trois ans de prison, avant d'être libéré en ce mois de mai 2018 sous l'effet, notamment, de la mobilisation internationale - y compris à l'initiative du CILD.

Le nouveau cours diplomatique dans la péninsule coréenne est le fruit de la volonté partagée des Coréens d'oeuvrer pour la réunification de leur pays, divisé après la Seconde guerre mondiale par le jeu des grandes puissances (Etats-Unis en tête) et détruit par les bombes américaines pendant la guerre de Corée (1950-1953), laquelle a causé quelque 3 millions de morts. Le retour au dialogue a aussi été rendu possible par la volonté des autorités nord-coréennes de discuter d'égal à égal avec les Américains, dès lors qu'elles disposent de la dissuasion nucléaire qui a créé une forme de parité stratégique, mais à condition d'avoir des garanties de sécurité et que les sanctions internationales soient levées au fur et à mesure de la dénucléarisation de la Corée du Nord - et non à l'issue d'un processus qui donnera probablement lieu à des discussions longues et difficiles. A cet égard, l'administration américaine ne forme pas un bloc homogène, et des faucons - comme John Bolton - parient sur l'échec des négociations.

Les discussions qui ont suivi ont porté notamment sur le rôle de la Chine, le refus de la France d'établir des relations diplomatiques complètes avec la RPD de Corée, ou encore le caractère du socialisme coréen, qui s'inscrit dans le cadre des luttes de libération nationale.

La Corée en débat au Festival de l'Humain d'abord à Avion

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16 mai 2018 3 16 /05 /mai /2018 19:04

L'Association nationale des communistes (ANC) a été constituée pour regrouper des militants communistes au-delà de leurs engagements partisans respectifs et sans se substituer aux organisations existantes. Le 15 mai 2018, le cercle Manouchian de Paris de l'ANC s'est réuni pour un débat au bistro La Maison, 65 boulevard de la Villette (Paris 10e) sur le thème "La CGT, le syndicalisme et la politique". L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) ayant été invitée, elle a été représentée par son président, Benoît Quennedey, qui a présenté l'AAFC ainsi que les enjeux politiques dans la péninsule coréenne.

Rencontre entre l'AAFC et l'Association nationale des communistes (ANC)

Le très riche débat consacré au rôle des militants communistes dans les luttes politiques et syndicales s'est conclu par un rappel de l'importance de la solidarité internationale dans le mouvement ouvrier, en évoquant la situation palestinienne. Ce thème a permis de faire la transition avec la question coréenne : fondée en 1969 pour favoriser la paix et la réunification dans la Corée, l'Association d'amitié franco-coréenne s'intéresse également de longue date aux combats pour les droits politiques et syndicaux dans le sud de la péninsule.

Les nombreuses questions posées par les participants ont témoigné de la volonté de mieux comprendre les enjeux de la Corée, au-delà des clichés entretenus par les médias : comme l'a observé Francis Arzalier, le spectaculaire rapprochement intercoréen est aussi le fruit d'une situation politique marquée par l'alternance en Corée du Sud après la destitution de la présidente Park Geun-hye, et de l'aspiration de tous les Coréens à la réunification de leur pays.

Ayant lui-même visité la Corée du Sud, et en lien avec les militants politiques et syndicaux sud-coréens en France (rencontrés à l'occasion d'une manifestation à Paris, en décembre 2016, de membres du syndicat - interdit - de Samsung), Charles Hoareau, principal intervenant dans les débats, qui avait été invité par le cercle Manouchian de l'ANC, a mis en exergue le courage des militants coréens dans leur combat pour les libertés démocratiques, qui n'a pas pris fin avec la destitution de l'ancienne présidente Park Geun-hye.

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14 mai 2018 1 14 /05 /mai /2018 21:25

Le 1er mai 2018, M. Ho Jong-man, président de l'Association générale des résidents coréens au Japon (Chongryon) nous a écrit, en amont de la 24e assemblée générale de la Chongryon, qui s'ouvrira le 24 mai 2018. En réponse, Benoît Quennedey, président de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC), a écrit au Président Ho Jong-man, en soulignant à cette occasion la solidarité de l'AAFC avec les luttes de la Chongryon pour les droits des résidents coréens au Japon, et contre les discriminations dont ils sont victimes. Nous reproduisons ce courrier ci-après (rédigé en anglais), ainsi que sa traduction en français. 

L'AAFC écrit à la Chongryon

Paris, le 12 mai 2018


Monsieur le Président,


En mon nom propre et en celui de l'Association d'amitié franco-coréenne, je vous exprime mes plus vives félicitations à l'occasion de la 24e assemblée générale de l'Association générale des résidents coréens au Japon (Chongryon). Nous sommes certains que votre assemblée sera couronnée de succès.

La Chongryon a joué un rôle moteur dans la promotion de la langue et de la culture coréennes au Japon, ainsi que dans le soutien à la réunification de la patrie coréenne. Comme vous, nous avons salué les pas de géant accomplis tant par le Président Kim Jong Un que par le Président Moon Jae In lors de leur récente rencontre à Panmunjom, le 27 avril. Fondée en 1969, l'Association d'amitié franco-coréenne soutient pleinement ces objectifs et poursuivra son combat pour la paix et la réunification, vers la dénucléarisation de toute la péninsule coréenne. Les réunions de familles séparées prévues le 15 août seront la pierre angulaire pour le renouveau des relations Nord-Sud.

Pour nous, construire la paix doit aussi être corrélé à la fin des sanctions économiques, qui ont un impact très négatif sur la situation économique du peuple coréen en République populaire démocratique de Corée.

Parmi nos objectifs figure la défense des droits des citoyens coréens en dehors de la péninsule. En particulier, nous sommes extrêmement inquiets de la poursuite des discriminations contre la communauté coréenne au Japon, comme l'a montré la récente attaque en février du siège de votre organisation par deux individus de droite qui étaient armés. En outre, la récente décision des autorités de la préfecture de Gunma, au Japon, de suspendre le versement des subventions aux écoles coréennes constitue une autre atteinte aux droits fondamentaux des Coréens vivant au Japon. Les autorités japonaises envisagent aujourd'hui un sommet avec le Président Kim Jong Un : la question des droits des citoyens coréens au Japon doit figurer à l'ordre du jour.

Sur ces sujets et d'autres questions d'intérêt mutuel, nous serions ravis d'avoir un large échange de vues, y compris par des visites de délégation dans chacun de nos deux pays.

Avec tous nos voeux à l'Association générale des résidents coréens au Japon,

Benoît Quennedey
Président de l'Association d'amitié franco-coréenne

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30 avril 2018 1 30 /04 /avril /2018 21:20

Sommet historique intercoréen du 27 avril 2018, démantèlement annoncé du site d’essais nucléaires nord-coréen dès le mois de mai, avant le sommet entre les présidents Kim Jong-un et Donald Trump (que ce dernier envisage désormais dans un délai de 3 à 4 semaines)... CNews en parlait le 29 avril 2018, à partir de 21h15, lors d'un débat avec Benoît Quennedey, président de l’Association d’amitié franco-coréenne (AAFC), dans l’émission de Harold Hyman « L’Actu à la carte ». Quelques jours plus tôt, le président de l'AAFC avait par ailleurs répondu aux questions de Claire Tervé pour le Huffington Post sur ce qu'un traité de paix changerait dans la péninsule coréenne.

Comprendre le sommet intercoréen : retour sur l'émission « L'Actu à la carte » sur CNews du 29 avril 2018

Sur le plateau pour parler de l’actualité concernant la Corée, après un sujet sur la situation en Arménie, se trouvait également Kim Souya, artiste plasticienne vivant à Paris, et active dans la communauté sud-coréenne en France.

Pendant dix minutes Harold Hyman a donné la parole aux deux intervenants en commençant par l’émotion soulevée par la rencontre entre Moon-Jae-in et Kim Jong-un.

D’abord Kim Souya a déclaré avoir passé une nuit blanche, compte tenu du décalage horaire, pour regarder en direct cette rencontre, et en a été émue au point d’en pleurer et a assuré « ne pas être la seule ». C’est la première fois qu’elle entendait la voix du leader du Nord qu’elle a décrite « avec un petit accent charmant ».

Ensuite Benoît Quennedey a donné son sentiment sur « l’emballement des évènements ». Il a fait le parallèle avec l’année 2017 et le contraste avec la situation d’aujourd’hui, en mettant l’accent sur la prise en mains par les deux parties coréennes de leur destin commun et sur l’importance de la déclaration commune qui va bien au-delà des rencontres au sommet de 2000 et 2007 en abordant à présent la question de la paix. « Cette fois-ci il semble que ce soit la bonne » et « on est peut-être sur une nouvelle ère ».

Harold Hyman a repris l’historique de la question nucléaire dans la péninsule en présentant une illustration récapitulative et a demandé en quoi cette fois-ci cela déboucherait positivement.

Benoît Quennedey a expliqué que la Corée du Nord maintenant possède un armement qui lui permet de discuter sur un pied d’égalité avec les Etats-Unis évoquant la « sérénité des Nord-Coréens » qui veulent désormais passer à un stade de prospérité et de développement économique.

L’animateur s’adressant à Kim Souya lui a demandé si en tant que Sud-Coréenne elle était prête à payer plus d’impôts pour aider ses frères du Nord a obtenu une réponse immédiate « Bien sûr et ce n’est pas seulement moi », puis ajoutant que « ce n’est pas vrai » qu’au Sud on se désintéresse de la situation au Nord. Une séquence d’émotion qui a poussé l’expert de l’Arménie encore présent sur le plateau à s’exprimer « il y a une fierté coréenne qui aujourd’hui est amenée à s’exprimer de manière très forte ».

Kim Souya a repoussé les craintes concernant l’avenir de « la démocratie sud-coréenne » et « l’arrivée d’idées néfastes en provenance du Nord ».

Enfin les deux intervenants ont insisté sur le sentiment d’unité entre les deux parties divisées de la Corée et sur la marche vers la paix et la dénucléarisation.

Conclusion de Harold Hyman « la sincérité sera le mot-clé de l’avenir ».

On peut remarquer que cette émission, pas seulement par ses intervenants, mais aussi par l’attitude presque bienveillante de son animateur témoigne d’un nouveau souffle dans la présentation médiatique en France de la situation dans et autour de la péninsule coréenne.

 

Revoir l'émission « L’Actu à la carte » du 29 avril 2018 (le sujet coréen est évoqué à partir de 11'07") : 

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29 avril 2018 7 29 /04 /avril /2018 21:28

Le troisième sommet intercoréen, qui s'est tenu pour la première fois au sud de la péninsule coréenne, le 27 avril 2018, a conduit à l'adoption d'un communiqué conjoint qui a évoqué non seulement le développement des relations Nord-Sud, mais dressé aussi la perspective de la paix et l'objectif d'une dénucléarisation de la Corée. Le bureau national de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC), qui a plaidé inlassablement pour un traité de paix, même lorsque la montée des tensions pouvait sembler nous désavouer, a maintenu le cap et tient aujourd'hui à saluer une rencontre historique, en publiant le communiqué que nous reproduisons ci-après. 

Bureau national de l'Association d'amitié franco-coréenne

Paris, le 28 avril 2018

 

La déclaration de Panmunjom a ouvert une ère nouvelle pour la paix et la réunification en Corée

 

Le 27 avril 2018 à Panmunjom, dans la zone démilitarisée séparant la péninsule coréenne en deux, s'est tenue une rencontre riche en émotions et en symboles entre Kim Jong-un, Président de la Commission des Affaires d'État de la République populaire démocratique de Corée, et Moon Jae-in, Président de la République de Corée.

À l'issue de ce sommet inter-coréen, les deux dirigeants ont adopté une déclaration conjointe.

En soulignant qu'il n'y aurait plus jamais de guerre dans la péninsule coréenne et qu'une ère nouvelle de paix avait débuté, ils ont signifié la volonté des Coréens de tourner la page d'un conflit fratricide et de reprendre en main leur destin en exerçant eux-mêmes leur souveraineté, dans le respect des principes du droit international proclamé par la Charte des Nations unies : l'escalade des tensions et des confrontations doit désormais cesser et les sanctions internationales être levées, conformément et concomitamment à la mise en œuvre de l'engagement d'une dénucléarisation de toute la péninsule coréenne.

La déclaration de Panmunjom détaille les moyens de préserver la paix et d'empêcher la survenue des incidents de frontière meurtriers qui ont trop souvent endeuillé la péninsule coréenne : diminution annoncée des armements, transformation de la zone démilitarisée en zone de paix, échanges militaires réguliers, cessation de l'envoi de messages de propagande hostile.

Les Présidents Kim Jong-un et Moon Jae-in ont également relancé les échanges Nord-Sud : reprise des projets de rétablissement des liaisons ferroviaires et terrestres, nouvelles réunions de familles séparées, organisation d'événements conjoints... La voie est donc ouverte pour une institutionnalisation des échanges et des rencontres régulières, avec l'invitation faite au Président Moon Jae-in de visiter le Nord dès cet automne.

L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) salue une déclaration historique, fruit des efforts de tout le peuple coréen, qui jette les bases pour établir une paix durable, promouvoir les échanges et favoriser la réunification entre les deux parties divisées de la péninsule coréenne.

L'AAFC appelle désormais l'ensemble des acteurs de la communauté internationale à favoriser effectivement la mise en place d'un système de sécurité collective, corollaire indispensable à une prévention efficace des conflits, au désarmement et à la démilitarisation.

Militant depuis sa fondation, en 1969, pour la paix et la réunification de la Corée, l'Association d'amitié franco-coréenne a toujours refusé la voie de l'escalade militaire et de l'isolement de la République populaire démocratique de Corée sur la scène internationale. Confortée dans ses choix pour la paix et la réunification de la Corée, elle ne militera que plus activement encore, en réitérant son appel aux autorités françaises pour qu'elles établissent des relations diplomatiques complètes avec la République populaire démocratique de Corée, mais aussi pour qu'elles jouent un rôle positif afin d'appuyer le processus en cours.

 

Contact : M. Benoît Quennedey, président de l'AAFC, 06 87 24 93 00

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