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10 février 2013 7 10 /02 /février /2013 05:00

La réunion du comité national de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC), le 8 février 2013, est intervenue dans un contexte particulier pour la péninsule coréenne, marqué par une grave montée des tensions. L'AAFC a réaffirmé son attachement à la paix dans une région du monde qui a déjà payé un très lourd tribut à la guerre froide, il y a deux générations : la guerre de Corée avait non seulement enteriné la division d'un pays unifié depuis quatorze siècles, mais aussi causé trois millions de morts et d'irréversibles destructions. Le comité national de l'AAFC a également fixé les prochaines échéances pour l'activité de l'association, avant que les membres de l'AAFC ne soient rejoints par S.E. Yun Yong-il et ses collaborateurs, à l'occasion de la Fête de l'Etoile brillante qui marque, en République populaire démocratique de Corée, l'anniversaire de naissance du dirigeant Kim Jong-il.

Dans le lourd contexte d'escalade des tensions qui marque actuellement la péninsule coréenne, le comité national de l'AAFC, réuni le 8 février 2013 à la Maison des associations du 16ème arrondissement, siège de son comité régional pour l'Ile-de-France, a tout d'abord réaffirmé la position constante de l'AAFC en faveur de la paix et du dialogue dans la péninsule coréenne, et qui sont le corollaire nécessaire à une réunification de la Corée par les Coréens eux-mêmes.

Comite-national-AAFC_8-fevrier-2013.jpg

S'agissant des activités à venir au cours des prochains mois, le comité national de l'AAFC a notamment convenu d'une rencontre-débat pour la paix en Corée, à la fin du premier semestre. Les activités de solidarité doivent être marquées par l'organisation d'un concert de solidarité, envisagé au printemps. Enfin, il a été discuté les modalités d'accueil de deux délégations de l'AAFC en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) à l'occasion des commémorations de l'armistice ayant marqué la fin de la guerre, le 27 juillet 1953, et de la proclamation de la République, le 9 septembre 1948. Des membres et sympathisants belges de l'AAFC doivent se joindre aux délégations françaises à ces occasions. Les voyages seront ouverts aux membres de l'AAFC, qui recevront prochainement un coupon-réponse à renvoyer comportant des informations pratiques ; ils peuvent d'ores et déjà prendre contact avec le bureau de l'AAFC s'ils sont intéressés par ces déplacements, d'une durée chacun d'une quinzaine de jours. Par ailleurs, le comité coréen de solidarité des peuples du monde et l'Association d'amitié Corée-France, homologue coréen de l'AAFC, ont accepté, sur la demande de l'AAFC, de tenir compte de la situation financière et matérielle des étudiants adhérents à l'AAFC, en prévoyant pour ces derniers des frais de séjour réduits en RPDC.

Par ailleurs, des membres du comité régional Bretagne de l'AAFC ont pris l'initiative, avec les amitiés franco-chinoises, d'un déplacement en mai dans la province autonome de Yeonbyeon de Chine, où vit une minorité coréenne de plus de 2 millions de personnes. Le Président Kim Il-sung, fondateur de la RPDC, y a mené une lutte commune, avec les communistes chinois, contre l'occupation japonaise et pour la libération de la Mandchourie et de la Corée.

A l'issue de leur réunion, les membres du comité national de l'AAFC ont été rejoints par d'autres adhérents ainsi que S.E. Yun Yong-il, délégué général de la RPD de Corée en France, ambassadeur auprès de l'UNESCO, et ses collaborateurs, à l'occasion de la fête nationale du 16 février en RPDC. Il a été projeté un film sur le lancement réussi du satellite Kwangmyonsong-3 le 12 décembre 2012, et une exposition de photos a témoigné des changements en cours au Nord de la péninsule coréenne dans l'édification d'une nouvelle puissance économique.

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Dans son intervention au nom du bureau de l'AAFC, Patrick Kuentzmann, secrétaire général de l'AAFC, a souligné le combat permanent de l'AAFC pour la paix en Corée et la solidarité entre les peuples français et coréen dans tous les domaines, économique, politique et culturel. Plaidant pour de nouvelles actions bilatérales de coopération, il a souligné que la volonté d'indépendance des Coréens de la RPDC trouvait écho, en France, dans la politique menée par le général de Gaulle qui avait refusé un alignement sur les deux superpuissances de la guerre froide.

S.E. Yun Yong-il a souligné la fierté du peuple coréen d'avoir accédé au rang des dix puissances engagées dans la conquête spatiale. Il a souligné la volonté déterminée d'indépendance de la République populaire démocratique de Corée dans l'édification d'un pays puissant et prospère, sous la conduite du Président Kim Jong-un, Premier secrétaire du Parti du travail de Corée. Les doubles standards appliqués par les Etats-Unis, ennemi juré du peuple coréen, ne sont pas conformes au droit international : le peuple coréen de RPDC est prêt tant au dialogue avec les Etats-Unis en vue de signer un traité de paix si le gouvernement américain y est disposé, qu'à la guerre si les circonstances ne laissent pas d'autre issue.

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Photos Alain Noguès.

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 21:58

DSCN0761Le 3 janvier 2013, le bureau de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) a été reçu par Son Excellence Yun Yong-il, délégué général de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) en France, ambassadeur auprès de l'Unesco. Lors de cette audience, S.E. Yun Yong-il a évoqué le message de nouvel an du dirigeant Kim Jong-un, avant que la discussion ne se poursuive dans une ambiance amicale autour d'une collation franco-coréenne.

 

A l'occasion de l'audience qu'il a accordée le 3 janvier 2013 aux membres du bureau de l'Association d'amitié franco-coréenne, S.E. Yun Yong-il, délégué général de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) en France, ambassadeur auprès de l'Unesco, a souligné la réussite du lancement du satellite Kwangmyongsong-3 comme un motif de fierté nationale pour le peuple coréen de la RPD de Corée, analogue à celle du peuple français après la mise sur orbite du satellite Astérix le 26 novembre 1965 - qui avait permis à la France de devenir la troisième puissance spatiale autonome. Par le lancement de son premier satellite utilitaire, la RPDC, comme la France, avait souhaité exprimer sa volonté d'indépendance en en faisant un symbole et un exemple à suivre dans la construction d'un pays puissant et prospère.

 

Après avoir exprimé ses sincères remerciements à l'AAFC pour sa solidarité indéfectible avec la cause du peuple coréen, en priant le bureau d'adresser ce message tout particulièrement à l'équipe de rédaction du blog national de l'AAFC, S.E. Yun Yong-il a rappelé l'importance du soutien apporté en 2012 à l'effort de construction en Corée par l'envoi de casques de chantier et de chaussures de sécurité, alors que la priorité est donnée à l'élévation du niveau de vie de la population.

 

Au nom du bureau de l'AAFC, Guy Dupré, vice-président délégué, a souligné que la proposition du dirigeant Kim Jong-un pour relancer la coopération intercoréenne, conforme à la position constante de la RPD de Corée, répondait au voeu des Coréens du Nord, du Sud et de la diaspora d'oeuvrer pour la réunification de la péninsule, en délivrant un message d'espoir. Guy Dupré a observé que le message de nouvel an apportait aussi un puissant encouragement à la lutte des peuples du monde dans leur combat pour l'émancipation. 

 

Dans la discussion qui a suivi, l'AAFC a évoqué l'organisation de deux déplacements en RPD de Corée, à l'occasion des commémorations de la fin de la guerre de Corée le 27 juillet 1953 et de la fondation de la République le 9 septembre 1948, l'approfondissement des actions de solidarité après les catastrophes ayant endeuillé la péninsule en 2012, la perspective de nouveaux déplacements en province de S.E. Yun Yong-il et de ses collaborateurs, ainsi que l'organisation de cérémonies qui rappelleront les combats des pacifistes français contre la guerre de Corée, où des hommes trouvèrent la mort dans les affrontements avec les forces de l'ordre.

 

Photo Alain Noguès (archives AAFC) 

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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 00:53

Le 23 novembre 2012, M. Jon Hyong-jong, conseiller politique à la délégation générale de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) en France, et plusieurs membres de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC), dont Patrick Kuentzmann, secrétaire général, ont visité la sucrerie de Pithiviers, dans le département du Loiret. Cette visite s'est inscrite dans la continuité des actions entreprises par l'AAFC, après un don de semences de betterave en avril 2012, pour encourager la diversification de la production agricole en RPD de Corée. L'AAFC remercie le Foyer rural de Tousson, en Seine-et-Marne, qui avait déjà organisé un stage sur le cinéma de la RPD de Corée le 18 décembre 2011, pour avoir permis cet échange franco-coréen, et tout particulièrement André Mercier, planteur de betteraves à Césarville. L'AAFC revient sur cette visite.

 

Sucrerie Pithiviers 23nov2012 1


Alors que la campagne des betteraves bat son plein, la visite très bien organisée par la direction de l'usine a permis à chacun de disposer d’un casque audio sans fil, lui permettant de suivre les explications données au micro par Marc Brasseur, responsable technique de la sucrerie de Pithiviers-le-Vieil. 

C’est l’empereur Napoléon 1er qui a ordonné le 15 janvier 1812, la plantation de la betterave sucrière afin de contrer le blocus des Anglais qui privait la France du sucre de canne. En 1848, l’abolition de l’esclavage dans les colonies a entraîné le déclin du sucre de canne et un nouvel essor du sucre de betteraves. L’empereur Napoléon III soutiendra également cette production de sucre. La sucrerie a été ouverte en 1872 et connaîtra divers propriétaires jusqu’en 2012, année où elle se transforme en coopérative après le rachat du capital social par les planteurs, ceux-ci rejoignant le groupe Cristal Union.

Les betteraves proviennent de 613 planteurs,  ce qui représente près de  9.931 hectares de betteraves semées. La campagne des betteraves commence par l’allumage du four à chaux environ deux semaines avant l’arrivée des premières racines ; en effet la production de chaux vive, nécessaire pour clarifier le jus de sucre, est un processus long et le four restera en activité pendant les 80 jours que dure la campagne, 24h/24h et 7 jours sur 7.

Ce sont près de 10.000 tonnes de betteraves traitées par jour qui produisent environ 1.700 tonnes de sucre pur, soit environ 134.987 tonnes en tout en 2011. Pour alimenter la sucrerie, qui ne peut plus s’arrêter une fois que la production a commencé, 90 camions vont récupérer les betteraves dans les champs, dans un rayon de 30 km, selon un planning d’approvisionnement assurant l’arrivée de 15.000 tonnes par jour de betteraves. La sucrerie de Pithiviers emploie 176 salariés pendant la campagne, dont 123 permanents.  La puissance nécessaire tourne autour de 161 gigaWatt/h pendant la campagne. Elle dispose de deux puissantes chaudières pour la production d’électricité et de vapeur. Le sucre produit est destiné aux grandes marques de l’agroalimentaire pour les sodas, confitures, compotes, desserts de fruits, chocolat, produits laitiers et l’industrie chimique. Les sous produits non transformables en sucre pur sont distillés pour produire de l’alcool industriel ou alimentaire pour les liquoristes. Tout au long des processus de fabrication, de nombreux contrôles de qualité sont effectués.

L'Asssociation d'amitié franco-coréenne tient à remercier M. Eric Deneu, directeur de la sucrerie Pithiviers-le-Vieil et M. Marc Brasseur pour leur sympathique accueil.

 

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photos : AAFC

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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 00:30

RiJongHyok.jpgDu 30 octobre au 4 novembre 2012, une délégation parlementaire de l'Assemblée populaire suprême (APS) de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a visité la France, conduite par M. Ri Jong-hyok, président du groupe d'amitié Corée-France de l'APS de la RPDC. Ce déplacement se tenait à l'invitation du groupe d'étude et de contact France - République populaire démocratique de Corée du Sénat, présidé par le sénateur Jean-Claude Frécon (Parti socialiste, Loire). L'agence KCNA de la RPD de Corée a annoncé que la délégation parlementaire avait quitté la Corée pour visiter plusieurs pays européens le 30 octobre, et était rentrée le 13 novembre. A l'occasion de la venue des parlementaires en France, la direction de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) - président, vice-présidents, secrétaire général - a pu rencontrer la délégation parlementaire coréenne, notamment lors d'un déjeuner qui s'est tenu le 2 novembre, auquel ont également participé M. Jean-Claude Frécon, S.E. Yun Yong-il, délégué général, ambassadeur auprès de l'UNESCO, et ses collaborateurs, ainsi que le professeur Patrick Maurus, responsable du département de  coréen de l'Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO). Le 1er novembre, plusieurs responsables de l'AAFC avaient également été conviés à un dîner organisé dans les locaux de la délégation générale de Corée par S.E. Yun Yong-il, en présence des membres de la délégation parlementaire coréenne et du sénateur Jean-Claude Frécon.

Ouvrant le déjeuner du 2 novembre, le sénateur Jean-Claude Frécon s'est félicité des échanges noués avec l'AAFC. Il a souligné le besoin d'une meilleure compréhension mutuelle entre Français et Coréens de la RPDC, pour l'avènement d'un monde de paix, de justice et de solidarité.

Puis André Aubry, président de l'Association d'amitié franco-coréenne, a mis en exergue le rôle joué par M. Ri Jong-hyok, francophone et francophile, dans le développement des relations bilatérales entre la France et la RPD de Corée, ainsi que dans l'essor des échanges intercoréens. Président du groupe d'amitié Corée-France de l'Assemblée populaire suprême de la République populaire démocratique de Corée, M. Ri Jong-hyok a également dirigé la représentation diplomatique de la RPD de Corée à Paris entre 1978 et 1982. Il préside le sous-comité académique de la partie Nord du Comité pour la mise en oeuvre de la déclaration conjointe du 15 juin 2000. Lui-même ancien sénateur, de même qu'un autre vice-président de l'AAFC, également présent au déjeuner, l'ancien maire de Trappes Bernard Hugo, André Aubry a rappelé qu'il avait initié la création d'un groupe interparlementaire avec la RPD de Corée au Sénat, dans un courrier adressé en 1973 au président du Sénat Alain Poher, cosigné par plusieurs de ses collègues.

M. Ri Jong-hyok a salué l'engagement depuis quarante ans des dirigeants de l'AAFC aux côtés du peuple coréen, au premier rang desquels le président André Aubry et le vice-président délégué, secrétaire général du CILRECO, Guy Dupré. Il a également apprécié le renouvellement et le rajeunissement des instances dirigeantes de l'AAFC, en souhaitant plein succès à l'Association d'amitié franco-coréenne dans la conduite de ses activités.

Dans une atmosphère amicale, les participants ont ensuite évoqué la situation de la RPD de Corée, les relations bilatérales entre la France et la RPD de Corée, ainsi que les perspectives de renforcement des échanges culturels, un an après l'ouverture d'un bureau français de coopération à Pyongyang, qui avait suivi la visite en RPD de Corée, en juin 2011, d'une délégation sénatoriale conduite par M. Jean-Claude Frécon.

L'AAFC tient à remercier non seulement la délégation générale de la RPD de Corée en France, mais aussi et d'abord le groupe d'étude et de contact France-RPD de Corée du Sénat pour l'organisation de cette rencontre, qui témoigne des relations de confiance établies de longue date entre les membres de l'AAFC et les sénateurs du groupe d'étude et de contact. L'AAFC a notamment initié des questions parlementaires posées par des députés et des sénateurs, et elle a organisé une soirée de solidarité le 1er décembre 2007 dans les salons de Boffrand de la présidence du Sénat, pour apporter une aide aux victimes des inondations de l'été 2007. L'AAFC et les sénateurs oeuvrent de concert pour la promotion des échanges entre la France et la RPD de Corée, animés du même objectif d'encourager la paix et la prospérité en Asie du Nord-Est et personnellement partisans de l'établissement de relations diplomatiques complètes entre les deux pays.

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 23:13

Le 13 octobre 2012, le comité Nord de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) s'est réuni à Lille, en présence notamment de Patrick Kuentzmann, secrétaire général de l'AAFC. Daniel Rougerie, président du comité de l'AAFC pour les régions Nord - Pas-de-Calais et Picardie, a rappelé que cette manifestation coïncidait avec plusieurs dates anniversaires : la fondation du Parti du travail de Corée, le 10 octobre 1945, la proposition de créer la République confédérale démocratique de Koryo, le 10 octobre 1980, et la déclaration conjointe Nord-Sud du 4 octobre 2007. A cette occation, il a été projeté un classique du cinéma de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), La jeune bouquetière (diffusé en France sous le titre La Fille aux fleurs) : nous publions ci-après la critique parue sur le site Internet du comité Nord de l'AAFC, dans un article intitulé "La Fille aux Fleurs : les Misérables en Corée ?", pour cette première projection d'un long métrage nord-coréen à Lille, qui en appelle certainement d'autres.

 

La_Jeune_Bouquetiere_film-coreen.jpgIl y a des thèmes universels en ce sens qu’ils transcendent les époques et les cultures. Qui pourrait prétendre que les histoires d’amour ne constituent pas l’ordinaire et l’extraordinaire des écrivains et des cinéastes ? Les ravages de la guerre, de l’Iliade aux Bienveillantes, sont une autre valeur sûre des producteurs d’images mentales. Un autre classique de l’écriture littéraire et cinématographique se décline selon d’infinies variantes : le roman sur la pauvreté subie, acceptée ou rejetée. À cet égard, le cinéma nord-coréen recèle au moins un joyau: La Fille aux fleurs.

 

La Fille aux fleurs est l’un des incunables du cinéma de la Corée du Nord. Réalisé en 1972 par Pak Hak et Choe Ik-Kyu, il a en fait un auteur nettement plus illustre : Kim Il-Sung lui-même. Le Grand Leader aimait l’opéra et en aurait d’ailleurs composé un certain nombre dans les années 1930: La Fille aux fleurs serait la transcription de l’une de ces œuvres édifiantes que le chef révolutionnaire souhaitait proposer à ce qui serait un jour son peuple. Quand on sait que c’est Kim Jong-Il, le propre fils de Kim Il-Sung, grand amateur de cinéma, qui a supervisé en personne la production de La Fille aux fleurs, on se dit qu’on touche là à un maillon essentiel d’un répertoire appelé à délivrer une vision unanimiste de l’histoire et de la société de la Corée pré-communiste.

 

Car enfin, de quoi est-il question ? D’une jeune fille qui vend des fleurs pour venir en aide à sa mère malade et exploitée par un couple d’épouvantables nobliaux collaborateurs des Japonais : même si l’époque où se situe l’action n’est pas clairement identifiée et si les Japonais eux-mêmes n’apparaissent pour ainsi dire pas, le film tire son sujet et sa substance des épreuves subies par le peuple coréen à l’époque de la colonisation japonaise (1905-1945). Le pathos le plus déchirant est convoqué dans cette œuvre où, comme dans la tragédie grecque, les malheurs de l’héroïne prennent la dimension d’un drame cosmique grâce aux chœurs qui scandent le film, évoquant au passage son caractère initial d’opéra : la petite sœur de l’héroïne devient aveugle du fait des mauvais traitements infligés par ses maîtres, la mère meurt d’épuisement et de chagrin, le frère en révolte est condamné au bagne. Notre héroïne sanglote, subit en silence jusqu’à ce que l’enlèvement de sa petite sœur éveille en elle un désir vengeur, qui se donne libre cours quand son frère, qui réapparaît dans la peau d’un révolutionnaire, renverse la tyrannie des féodaux et engage les maquisards qui l’escortent à bâtir un avenir meilleur. Toute coïncidence de l’action et des personnages avec des individualités historiques aussi évidentes en l’espèce que Kim Il-Sung et Mao ne relève évidemment pas du hasard.

 

Le film est très beau sur le plan formel : l’esthétique relève à la fois de l’univers chromatique propre au monde chinois et du clair-obscur plus classique dans l’hémisphère culturel occidental. La rhétorique est en revanche un peu lourde et fait parfois regretter la modernité et la noble grandeur des films d’Eisenstein, chefs-d’œuvre du cinéma de propagande. Tel quel, La Fille aux fleurs n’en présente pas moins une histoire propre à susciter l’identification et l’adhésion d’un public large à qui il s’agissait d’indiquer, avec les renforts idéologiques et esthétiques nécessaires, la direction à suivre.

 

La Fille aux fleurs a fait l’objet de la première projection publique organisée par le comité Nord de l’Association d’amitié franco-coréenne le samedi 13 octobre 2012. Il inaugure un cycle qui semble avoir déjà trouvé son public.

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7 octobre 2012 7 07 /10 /octobre /2012 12:26

Un ensemble de manifestations - démonstration de Taekwon-Do, conférence, projection de longs métrages nord-coréens... - ont été organisées par l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) autour d'un buffet coréen le samedi 6 octobre 2012, pour le dernier jour de la semaine de la culture coréenne. L'événement avait commencé le 2 octobre à l'Espace des arts sans frontières (EASF), dans le 19ème arrondissement de Paris, à l'occasion du 5ème anniversaire de la Déclaration conjointe Nord-Sud du 4 octobre 2007, qui a marqué la deuxième rencontre au plus haut niveau entre les dirigeants du Nord et du Sud de la péninsule en vue de la réunification de leur pays. Tous les participants ont pu découvrir l'originalité et l'unité de la culture coréenne. L'AAFC souhaite remercier toutes celles et tous ceux qui ont permis le déroulement avec succès de cet événement, au premier rang desquels les responsables de l'Espace des arts sans frontières, les artistes dont les photographie ont été exposées et les Taekwon-doïstes, sans oublier les épouses des diplomates nord-coréens en France pour le somptueux buffet qu'elles ont préparées, offrant ainsi une belle illustration de la cuisine coréenne.

Du 2 au 6 octobre 2012, un ensemble de manifestations permanentes se sont tenues à l'Espace des arts sans frontières, à Paris, à l'occasion de la semaine de la culture coréenne organisée par l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC). Cet événement célébrait le 5ème anniversaire de la Déclaration conjointe Nord-Sud du 4 octobre 2007, dont le texte intégral était affiché en français et en coréen. Les visiteurs ont pu découvrir une exposition de photos, prises d'une part par Alain Noguès, cofondateur de l'agence Sygma, lors de ses quatre séjours en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), et d'autre part par Choe Yong-chol, Coréen de Chine, présentant les caractéristiques culturelles de la vie quotidienne de la province autonome de Yeonbyeon, qui abrite une forte minorité coréenne. Une affiche expliquait d'ailleurs les origines de la présence coréenne en Chine, reproduisant un article du comité régional Bourgogne de l'AAFC, qui s'est spécialisé sur les Coréens d'outre-mer. Il était ainsi rappelé que les déclarations conjointes Nord-Sud s'adressent à l'ensemble des Coréens, qu'ils soient du Nord ou du Sud de la péninsule ou d'outre-mer, pour réaliser l'unité nationale à partir d'une même culture plurimillénaire. La présentation d'une collection d'affiches nord-coréenne donnait également à découvrir une forme artistique très développée au Nord de la péninsule, dans un style réaliste socialiste spécifique à la RPD de Corée. Enfin, des longs métrages nord-coréens étaient projetés en permanence : ils provenaient d'un coffret intitulé "Regards sur le cinéma nord-coréen", paru fin 2010, et comprenant quatre classiques du cinéma de la République populaire démocratique de Corée au format DVD.

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Le samedi 6 octobre, journée de clôture de la manifestation, Laurent Nucera de la librairie Apo(k)lyps a présenté une importante série de manhwas (bandes dessinées) sud-coréens, dont plusieurs dédiés à la réunification de la Corée, comme Le visiteur du Sud. Très fréquenté, un stand de l'AAFC proposait également à la vente l'ouvrage de Robert Charvin et Guillaume Dujardin La Corée vers la réunification, qui a été dédicacé par Guillaume Dujardin, le livre de Robert Charvin Comment peut-on être Coréen (du Nord) ?, des timbres, des insignes, des affiches et des brochures. Parmi les personnes présentes l'après-midi et le soir, ont comptait S.E. Yun Yong-il, délégué général de la République populaire démocratique de Corée en France, ambassadeur de la RPDC auprès de l'UNESCO, accompagné de diplomates de la délégation générale nord-coréenne en France et de leurs familles, les adhérents et sympathisants de l'AAFC, dont son président André Aubry et son premier vice-président délégué Guy Dupré, des personnalités parmi lesquelles le sénateur de la Loire Jean-Claude Frécon, président du groupe d'études et de contact France-RPDC du Sénat, et l'universitaire Edmond Jouve, professeur émérite de sciences politiques de la faculté de droit de l'Université René Descartes et directeur général de la Société européenne pour l'étude des idées du Juche, ainsi que des Coréens de Chine vivant en France et des amateurs d'art, dont de nombreux habitués de l'Espace des arts sans frontières.

A 16 h, trois Taekwon-doïstes conduits par Pierre Sabbah, instructeur 5ème dan, ont fait une démonstration de Taekwon-Do, le sport de combat coréen, tel qu'il a été créé par son fondateur, le général Choi Hong-hi, né au Sud. Il s'agit du Taekwon-Do pratiqué au sein de la Fédération internationale de Taekwon-Do (ITF). Les débats intercoréens pour l'unification du Taekwon-Do, dont les formes sont aujourd'hui différentes au Nord et au Sud de la péninsule, constituent d'ailleurs une des composantes du rapprochement Nord-Sud. La démonstration comportait notamment des exercices de casse, toujours impressionnants, qui ont reçu de vifs applaudissements.

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La manifestation s'est poursuivie par une conférence consacrée à la question de la Corée dans les médias. Elle a été donnée par Guillaume Dujardin (voir texte ci-après), co-auteur avec le professeur Robert Charvin de La Corée vers la réunification, qui était le conférencier initialement prévu mais excusé pour des raisons personnelles.

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Guillaume Dujardin a expliqué que les superlatifs utilisés pour désigner la Corée du Nord dans les médias proviennent du sentiment erronné, conscient ou inconscient, du visiteur occidental qu'il serait le premier à entrer en RPDC. Cette focalisation sur une supposée exception nord-coréenne traduit un phénomène récent, apparu dans les années 1990 avec la disparition des démocraties populaires en URSS et dans l'Est de l'Europe, et accentué par une quête effrénée du scoop pour exister dans un paysage médiatique plus morcelé et davantage concurrentiel. Les services secrets américains et sud-coréens jouent également un rôle dans l'image médiatique négative de la Corée du Nord, alors qu'il est possible de traiter la question coréenne en accédant au pays et en diversifiant ses sources d'information. Cette présentation à l'emporte-pièce de la Corée du Nord a comme corollaire une quasi-ignorance de la Corée du Sud, vue à tort comme un pays entièrement distinct de la Corée du Nord, alors que les traits propres à la culture coréenne dans son ensemble offrent une grille de lecture particulièrement opérationnelle. Un débat s'est ensuivi, abordant des questions aussi diverses que l'élection présidentielle sud-coréenne du 19 décembre 2012, la place des religions en Corée du Nord ou encore les conséquences de la situation au Proche-Orient sur le traitement médiatique de la RPD de Corée.

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La journée s'est poursuivie par un buffet coréen, offrant aux nombreux Français présents la possibilité de découvrir pour la première fois la cuisine du Pays du Matin calme, et permettant de continuer les échanges franco-coréens dans une ambiance chaleureuse et conviviale.

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En soirée, deux longs métrages nord-coréens ont été projetés, apportant un aperçu sur le cinéma de la RPD de Corée, encore trop largement méconnu en France.  Sorti en salles en 1980, La légende de Chunhyang de Yun Ryong-gu et Yu Won-jun raconte l'amour impossible dans la Corée du 18ème siècle entre un prince et la fille d'une courtisane, la jeune femme étant emprisonnée et condamnée à mort par le gouverneur aux avances duquel elle a refusé de céder. Ce récit, propre à l'ensemble de la Corée et adapté sous des formes contemporaines tant au Nord qu'au Sud de la péninsule (une version du Sud-Coréen Im Kwon-taek est sortie en 2000), comporte dans son adaptation cinématographique nord-coréenne de nombreux éléments chantés, rappelant que sa première version moderne était d'abord celle d'un opéra traditionnel coréen, le pansori. Les sentiments sont exprimés avec force, et le message est didactique, ce qui constitue des caractéristiques de l'oeuvre narrative propres à toute la Corée, où l'artiste a un rôle d'éducateur.

Il a ensuite été projeté Le journal d'une jeune nord-coréenne de Jang In-hak, sorti en 2006 et premier long métrage nord-coréen diffusé en salles en France, à Paris et à La Rochelle, en décembre 2007 et janvier 2008. Le journal d'une jeune nord-coréenne est représentatif de la production cinématographique nord-coréenne actuelle, très ancrée sur les problèmes du quotidien et les relations inter-individuelles. Le film raconte les doutes et les hésitations d'une jeune fille, délaissée par son père absorbé dans ses recherches scientifiques, quant à la voie professionnelle qu'elle va suivre.

 

Photos : Alain Noguès

 

 

 

La Corée dans les médias - conférence de Guillaume Dujardin

 

La question de la seule République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) dans les médias pourrait être un sujet en soi, tant le traitement médiatique de la RPDC en France appelle les superlatifs

Des superlatifs, d'abord, dans la présentation du pays par les médias : "pays le plus fermé au monde", "dernier pays stalinien de la planète"... autant de formules à l'emporte-pièce et qui donnent un faux sentiment d'évidence (certaines tribus de Papouasie-Nouvelle-Guinée ne sont-elles pas, par exemple, beaucoup plus fermées du reste du monde ? Peut-on considérer que la RPDC, qui se réclame des idées du Juche, est correctement qualifiée de "pays stalinien" ?). Mais ces formules, répétées à l'envi, doivent induire l'idée d'une exceptionnalité - car si le pays est exceptionnel, alors son traitement médiatique pourra être exceptionnel. Les superlatifs concernent aussi le traitement médiatique : on peut dire de la Corée du Nord que c'est le pays le plus vilipendé au monde. Et c'est aussi un "bon client", dont l'évocation assure de bonnes audiences et de bonnes recettes publicitaires pour les médias privés : il n'est pas anodin que la chaîne M6, qui n'accorde pas la priorité à la culture dans sa grille de programme, ait pu choisir, en guise de programme culturel, un documentaire sur la Corée du Nord qui lui donnera un record d'audience pour sa série.

A côté de la Corée du Nord, la Corée du Sud fait figure de parent pauvre en termes de visibilité dans les médias. Cette situation est regrettable car ce pays membre du G20, dont l'économie est en pleine croissance, devrait donner lieu à davantage de reportages, bien qu'une chaîne du service public ait choisi, pour la première fois depuis longtemps, de lui consacrer une case de sa grille en deuxième partie de soirée, dans l'émission Un oeil sur la planète, en janvier 2011.

Le but de cette conférence n'est évidemment pas de faire le procès des médias, ni de distribuer les bons et les mauvais points, mais de rechercher les origines de ce traitement médiatique si particulier, puis de montrer qu'il est possible d'effectuer un vrai travail d'information, approfondi, et de recherche documentaire.

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Tout d'abord, force est de constater que parler de la Corée (du Nord) dans les médias conduit à atteindre un point Godwin.

La loi de Godwin, rappelons-le, a été énoncée en ces termes en 1990 par l'avocat américain Mike Godwin : "plus une discussion [en l'occurrence, une discussion en ligne] dure longtemps, plus la probabilité d'y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Hitler approche de 1".

De même, dans le cas de la RPD de Corée, plus un lecteur, un auditeur ou un spectateur suivra les informations internationales, plus la probabilité qu'il entende parler de la Corée du Nord - décrit comme un pays à nul autre pareil, suivant les superlatifs, toujours les mêmes, rappelés plus haut - approchera de 1.

Cet état de fait semble aujourd'hui tellement évident qu'il est bon de rappeler qu'il s'agit d'un phénomène récent. Jusque dans les années 1980, les émissions sur la Corée du Nord étaient assez rares dans les médias français, pour lesquels ce n'était en général qu'une démocratie populaire parmi d'autres. Ce n'est que dans les années 1990 que la notion d'exceptionnalité nord-coréenne apparaît, car pouvant se doter de nouveaux éléments à sensation : un contexte international ayant conduit à la disparition de l'URSS et à la fin des démocraties populaires d'Europe, même si - ce qui n'est pas assez souligné - les régimes de démocratie populaire d'Asie (la Chine, le Vietnam et le Laos et la RPDC) se sont tous maintenus ; enfin, un contexte propre marqué par la question nucléaire coréenne et le problème alimentaire.

Pourtant, l'examen approfondi de la RPD de Corée fait plutôt ressortir des éléments de continuité, depuis la fondation du pays en 1948. Alors, comment expliquer un changement brutal dans l'approche des médias ? Il faut y voir un intérêt nouveau, qui est à mon sens étroitement lié aux règles mêmes de la société du spectacle.

On peut ainsi parler d'une fascination nouvelle, sur fond de renouvellement de ce que j'appellerai faute de mieux - j'y reviendrai - la lutte internationale pour l'information.

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Le contexte médiatique a été profondément bouleversé : l'émergence de nouveaux médias, qui se sont développés sur Internet, et la diversification des acteurs avec la multiplication des chaînes de télévision à la faveur des changements technologiques ont aiguisé la lutte entre médias à la recherche du sujet nouveau, le scoop.

De ce point de vue, la RPDC est un cas d'espèce idéal : l'accès médiatique au pays a été longtemps relativement facile, et le coût d'un reportage, lié à l'éloignement, encourageait les médias anciens traditionnels à s'y rendre, dans leur quête d'une diversification de l'information pour garder une position dominante en termes de parts d'audience. Au demeurant, le public ne connaissant généralement rien au pays était peu exigeant, et prêt à accepter ce qu'on lui donnerait comme information, tout en évitant aux journalistes les fastidieux efforts de vérification des sources, toujours consommateurs de temps et donc d'argent.

Il ne faut pas non plus négliger un phénomène de miroir. Comme le patinage artistique, l'information a ses figures imposées : on montrera au public ce qu'il veut voir. Du sang et des larmes : le témoignage du réfugié sera bouleversant. Du pain et des jeux : alors que Guy Debord a montré que, dans les pays socialistes, la société du spectacle ne cherchait pas à se dissimuler comme telle, y a-t-il plus époustouflant que les spectacles de gymnastiques de masse d'Arirang, répertoriés au livre Guinness des records comme le plus grand spectacle humain au monde ? Certes, le travail d'information pâtira de ces biais mais, du point de vue des rédactions en chef, le risque est limité en termes de crédibilité : les contradicteurs sont peu ou pas nombreux.

Ici intervient un sentiment très répandu chez ceux qui vont en Corée du Nord ou recherchent des informations sur le pays : la Corée du Nord ferait partie des dernières terra incognita, celles que découvraient les explorateurs européens des siècles passés - dans une attitude d'ailleurs méprisante de la culture des populations autochtones. Le visiteur occidental, qu'il soit journaliste ou non, croit bien trop souvent être le premier à découvrir la Corée du Nord. Ce sentiment est erroné, bien évidemment, mais l'illusion - volontaire ou non - du scoop constitue une puissante incitation à vouloir témoigner. Dès lors, la frontière entre la fiction et la réalité n'en devient que plus incertaine, et ce n'est pas un hasard que la RPDC ait été le cadre d'un docu-fiction des plus navrants, Voir le pays du matin calme, d'un Gilles de Maistre qu'on a connu mieux inspiré.

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La lutte autour de l'enjeu que constitue l'information renvoie aux comportements des Etats pour gagner la bataille de l'opinion publique. Ce n'est pas un phénomène nouveau : on se souvient, au temps de la guerre froide, du Congrès pour la liberté de la culture ou du lancement de la revue Est-Ouest, avec les encouragements et les appuis financiers de la CIA. La guerre de Corée faisait de même l'objet de points de vue diamétralement antagonistes et irréconciliables selon le camp dans lequel se situait le média rendant compte de l'information. Avec la fin de la guerre froide, les réseaux de la CIA ont dû se reconvertir : ce qui était perçu comme l'ennemi communiste avait en grande partie disparu. Heureusement, il restait la Corée du Nord et quelques Etats sur lesquels allaient se focaliser des spécialistes, ou prétendus tels, en mal de repères.

L'Institut d'histoire sociale, dont le journaliste d'investigation Frédéric Charpier a montré dans La CIA en France qu'il était l'une des officines anticommunistes ayant le plus fortement bénéficié de fonds américains dans notre pays, a joué ici un rôle fondamental. La CIA a apporté capitaux, relais et notoriété à des organisations qui auraient sinon végété, et dont les publications n'auraient jamais eu le moindre impact. Car la Corée du Nord est un ennemi à abattre pour les croisés néo-conservateurs américains (George W. Bush ne l'a-t-il pas classée dans l'axe du mal après les attentats du 11 septembre, pourtant condamnés sans ambiguïté par Pyongyang ?), pas tant en raison de sa puissance militaire intrinsèque que parce que la politique nord-coréenne constitue une contestation de la volonté hégémonique américaine, notamment au regard de la non-prolifération nucléaire.

Un des auteurs de l'Institut d'histoire sociale s'est spécialisé dans la Corée du Nord : Pierre Rigoulot, un ancien militant d'extrême-gauche, dont le profil est très recherché dans les milieux anticommunistes, car ayant une connaissance plus intime de l'ennemi à abattre et de ses références. Il publie en 2000 un ouvrage de témoignage d'un défecteur nord-coréen qui, en quelques années, devient le livre sur la Corée du Nord le plus vendu en France : Les aquariums de Pyongyang. Que la personne interrogée, Kang Chol-hwan, soit devenue un journaliste qui se situe ouvertement à la pointe du combat néoconservateur pour abattre la RPDC en dit long : ce qui est présenté comme un témoignage est en réalité un ouvrage de combat, et pas une source documentaire à la neutralité incontestable. Le fait que les propos aient été recueillis en coréen, puis traduits en anglais et enfin en français, ajoute une distance supplémentaire entre la version accessible au lecteur français et ce que son auteur a dit ou pu dire. Mais malgré ces biais méthodologiques, Pierre Rigoulot a eu un accès privilégié aux médias français pour parler de "sa" Corée du Nord : plus d'une fois, le sentiment qu'il n'existerait aucune information sur la Corée du Nord a conduit le journaliste paresseux à se contenter d'une unique source.

Aujourd'hui, ce sont d'autres défecteurs nord-coréens apportant d'autres témoignages qui ont temporairement occupé le devant de la scène médiatique française s'agissant de la Corée du Nord. Qu'il y ait en Corée du Nord ce qu'on appelle communément des "camps" ou, selon un terme moins connoté, des "zones de relégation", est une évidence que nul ne conteste, pas même les Nord-Coréens. Mais on oublie trop souvent une observation faite par Foucaut dans Surveiller et punir : dans tout pays, le système de relégation exige, pour être efficace, qu'y règnent des conditions d'existence plus difficiles que pour le reste de la population, non punie. C'est vrai en Corée du Nord comme en France et aux Etats-Unis, et pourtant les camps de prisonniers de Guantanamo ne sont pas considérés comme la quintessence du système politique et social américain. Pourquoi un traitement aussi différencié pour la Corée du Nord ? Pour ma part, je serais tenté d'y voir une contre-offensive des milieux néo-conservateurs - tant américains que sud-coréens - pour riposter à l'indéniable succès d'image qu'avait été, pour la RPDC, la venue à Paris de l'Orchestre Unhasu, la première manifestation culturelle nord-coréenne de cette ampleur en France depuis quarante ans. C'est en effet dans les semaines qui ont suivi qu'ont fleuri les témoignages des anciens des "camps" nord-coréens, avec une attention toute particulière à la France dans la promotion à l'étranger de leurs ouvrages, laquelle n'a pas manqué de moyens pour l'organisation de séjours, de conférences de presse et d'accès aux plus hautes personnalités, en mettant à disposition interprètes et véhicules. L'énergie consacrée à la promotion des ouvrages a été sans commune mesure avec un objectif financier de vente. 

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Une telle approche médiatique, fondée sur la recherche du scoop avec le soutien inespéré de groupes poursuivant des objectifs ouvertement politiques, a des aspects particulièrement néfastes pour qui cherche à connaître la RPD de Corée de manière objective. Elle se focalise en outre sur les aspects politiques, négligeant l'économie, la culture, l'art, l'histoire et la société, alors même que les évolutions sociales ont un impact considérable sur les politiques intérieures de la Corée du Nord comme de tout pays. A cet égard, le mot d'ordre gouvernemental de promouvoir l'édification d'un pays puissant et prospère, en offrant à tous les citoyens la possibilité d'améliorer leurs conditions de vie au quotidien, répond à une aspiration légitime : celle des 24 millions de Nord-Coréens de bénéficier des fruits d'années de sacrifices et d'efforts.

Le parti pris médiatique à l'égard de la Corée du Nord ignore aussi les caractéristiques propres à l'ensemble de la Corée, pays homogène ethniquement et linguistiquement, partageant 5 000 d'une histoire commune qui n'est celle ni de la Chine, ni du Japon, et dont l'unité nationale a été réalisée dès le septième siècle de notre ère.

Enfin, il faut être conscient d'un biais médiatique inclinant au catastrophisme. Les événements qu'on pourra qualifier d'heureux - comme les deux rencontres au sommet Nord-Sud, de juin 2000 entre le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il et le président sud-coréen Kim Dae-jung, puis d'octobre 2007 entre Kim Jong-il et Roh Moo-hyun - ne sont pas mises à la une des journaux télévisés et ne font pas davantage les gros titres de la presse. En revanche, les essais nucléaires nord-coréens d'octobre 2006 et avril 2009 - qui ont été à la fois l'aboutissement et l'expression des tensions dans la péninsule coréenne - sont, eux, placés au premier rang de l'actualité. Cette asymétrie crée, dans l'esprit du lecteur et du spectateur occidental, peu familier de la Corée, une tendance à associer la Corée du Nord à des situations de crise. 

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Cependant, il n'est pas de fatalité à une approche superficielle de la Corée du Nord. La posibilité existe d'un traitement médiatique plus approfondi.

Parmi les médias, les médias d'opinion - certes en déclin en France - n'ont jamais caché qu'ils s'inscrivaient dans le cadre d'une ligne politique clairement revendiquée et affichée. Toutefois, les médias dominants prétendent simplement donner de l'information, envisageant leur rôle comme celui d'éclairer les consciences, en permettant à chaque citoyen de se forger sa propre opinion. La neutralité n'existe pas - pour s'en convaincre, il suffit de lire les enquêtes post-électorales indiquant pour quels partis votent les lecteurs de tel journal, ou les auditeurs de telle chaîne de télévision - mais elle n'en constitue pas moins un idéal-type dans la conception occidentale des médias.

En particulier, un genre, le documentaire, mérite de retenir l'attention. Se fondant sur un critère scientifique d'objectivité, le documentaire offre non seulement la possibilité, mais répond aussi à l'exigence de donner les différents points de vue. A la différence du journaliste, l'auteur de documentaire a davantage de temps - il n'est pas contraint par l'actualité, ni par l'exiguïté de l'espace qui est laissé au journaliste (qui se mesure en nombre de caractères dans un texte ou en secondes de reportage) pour développer une information où il n'y a guère de place à une analyse approfondie.

A cet égard, il est symptomatique que l'AAFC ait été contactée ou soit en contact avec tout le spectre des grands médias français - pour citer les principaux, TF1, France Télévisions et ARTE, Le Figaro, Le Monde et Libération, ou encore Paris Match. Elle a donné suite à tous ceux qui viennent d'être cités, ses responsables intervenant même au journal d'ARTE ou sur le plateau de BFM Business à plusieurs reprises depuis moins d'un an. En effet, son sentiment est que l'approche superficielle, unilatérale, de la Corée du Nord ne convainc plus l'opinion publique, et encore moins des journalistes qui prennent conscience que la crédibilité de leurs analyses peut être mise en doute. A cet égard, Pierre Rigoulot est peut-être un "bon client", assurant de bonnes audiences et de bonnes recettes publicitaires, mais n'est-il pas gênant qu'il ne se soit jamais rendu en Corée du Nord, et que les seuls Nord-Coréens qu'ils connaissent soient des personnes ayant fait défection et militant désormais à droite ou à l'extrême-droite ?

Il peut donc être utile d'indiquer quelques ingrédients nécessaires pour réaliser un reportage, un article de presse ou une étude sur la Corée du Nord.

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Tout d'abord, les autorités nord-coréennes ont parfaitement compris qu'elles peuvent avoir un dialogue fructueux avec des médias connus, sur des sujets choisis d'un commun accord. Si l'obtention d'un visa par un journaliste est une procédure nettement plus longue que pour le visiteur lambda, elle lui offre l'avantage de pouvoir bénéficier, une fois le visa obtenu, de conditions de séjour plus souples que pour les groupes de touristes. Au sein d'une association d'amitié avec l'AAFC, nous avons ainsi pu observer que les guides nord-coréens des journalistes étaient souvent plus ouverts à leurs demandes multiples, en étant conscients de l'impact qu'aurait le bon déroulement du séjour sur les comptes rendus de presse qui en seraient ensuite faits. Evidemment, cela nécessite une acceptation par les journalistes de conditions de travail qui ne sont pas celles qu'ils connaissent en Europe, et seule les autorités nord-coréennes décideront in fine de la décision d'octroi du visa. Quoi qu'il en soit, l'accès à l'information est plus large que pour les journalistes qui choisissent de voyager incognito dans un groupe de touristes, et qui ne voient que ce à quoi ont déjà eu accès les millions de Sud-Coréens, Chinois et Occidentaux s'étant rendus en RPD de Corée ces quinze dernières années.

Un exemple peut être donné du choix du gouvernement nord-coréen de s'ouvrir aux médias étrangers. Lors de la conférence du Parti du travail de Corée (PTC), en septembre 2010, puis de la commémoration, le 10 octobre 2010, du 65ème anniversaire de la fondation du PTC, les journalistes étrangers ont eu un large accès à la Corée du Nord. Alors qu'ils se préparaient à leur visite en attendant en Chine les réponses à leurs demandes de visas, une fois en RPD de Corée pour la fête du 10 octobre, ils ont pu non seulement photographier le dirigeant Kim Jong-il - dont jusqu'alors l'image était quasi exclusivement assurée par l'agence nord-coréenne KCNA - mais aussi le général Kim Jong-un, actuel Premier secrétaire du Parti du travail de Corée. Précisons que les autres délégations étrangères alors présentes n'avaient droit ni aux appareils photo, ni aux caméras... le régime particulier de visa des journalistes n'offre pas toujours que des inconvéniens. La couverture médiatique du rôle nouveau joué sur la scène politique par le camarade Kim Jong-un a alors été plutôt neutre, en tout cas très éloignée des vives critiques qui touchent souvent tout ce qui a trait à la RPDC.

Tel en revanche n'était pas le cas lors de la disparition du président Kim Jong-il, le 17 décembre 2011 - alors que, cette fois, il n'y avait pas de média étranger, ni même de délégation étrangère, au cours de la période de deuil national. Le quotidien Le Monde faisait son titre sur la disparition du n° 1 nord-coréen en des termes très critiques, tandis qu'en pages intérieures la tonalité des articles était plus mesurée. Philippe Pons, du Monde, est probablement un des meilleurs experts de la RPDC dans les médias français : les articles étaient pour la plupart signés de son nom, mais le titre en une et les intertitres relèvent d'une ligne éditoriale, décidée par la rédaction du journal, qui en était restée à la position habituelle de faire de la Corée du Nord le pays le plus vilipendé au monde.

Une conclusion peut être tirée de l'exemple d'octobre 2010 : les sources nord-coréennes sont accessibles, y compris en se rendant dans le pays. Se rendre sur place donne bien sûr une crédibilité supplémentaire, ce dont rend d'ailleurs compte le proverbe coréen selon lequel mieux vaut avoir vu une fois qu'entendu parler cent fois.

Pour autant, il ne faut pas perdre de vue que la notion de médias n'est pas la même en Corée et en Occident. En Europe, il est fréquent qu'un ton narquois, maniant le double sens et les sous-entendus, soit utilisé dans la couverture médiatique de la Corée du Nord. En Corée, il n'existe aucun équivalent, et ce dans l'ensemble de la péninsule :le journaliste s'inscrit dans une tradition, celle de l'écrivain, de l'artiste et de l'intellectuel, qui a un rôle social. Suivant cette conception imprégnée d'un lointain héritage confucéen, le journaliste a la mission d'éveiller les consciences et exerce un rôle d'éducateur - et le maître est clair et direct, il ne manie pas le sous-entendu ni l'ironie. Qu'on lise une dépêche nord-coréenne de KCNA ou sud-coréenne de Yonhap, l'information est brute, et s'il y a un commentaire, la prise de position est sans ambiguïté pour que le lecteur sache ce qu'il doit penser de l'information qui lui est délivrée.

Au Nord, ce sont par ailleurs des médias officiels qui écrivent les articles ou réalisent les reportages pour former l'opinion nord-coréenne. Récemment, un journaliste me demandait ce qu'il fallait penser de l'apparition, aux côtés du Premier secrétaire du PTC Kim Jong-un, de son épouse Ri Sol-ju, en cherchant à savoir si on pouvait y lire un message en direction de l'Occident. Je lui ai répondu qu'il fallait partir du point de vue que KCNA s'adressait d'abord à un public nord-coréen, montrant un dirigeant en symbiose avec le peuple et qui, en président normal, en quelque sorte, avait lui aussi une épouse l'accompagnant lors de ses inspections de terrain. Ainsi diffusée, son image était également mieux connue, alors qu'il n'avait pas été associé pendant des décennies à l'exercice du pouvoir, à la différence de l'ancien dirigeant Kim Jong-il. La démarche adoptée par KCNA relevait bien de la communication interne, rien ne permettant de supposer la poursuite d'objectif de communication externe, vis-à-vis des pays étrangers.

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Si les sources nord-coréennes sont un matériau premier pour la recherche d'information et l'analyse, la diversification des sources est une exigence pour tout travail d'investigation, qu'il s'inscrive dans la démarche du chercheur ou celle de l'auteur de documentaire.

Avec 950 articles publiés en octobre 2012, le blog de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) s'inscrit clairement dans une démarche d'information, en mettant notamment l'accent sur des sujets peu ou pas traités par les médias traditionnels. Le blog de l'AAFC est ouvertement un média d'opinion, au sens où il a été défini plus haut : l'Association ayant pour but la réunification de la Corée et étant convaincue que, pour atteindre cet objectif, il faut développer les échanges bilatéraux et favoriser la connaissance réciproque entre Français et Coréens, elle ne présente pas son site comme ayant une vocation universitaire, qui prétendrait à l'objectivité ou à l'exhaustivité. Mais la prise de position n'exclut pas la rigueur intellectuelle dans le traitement de l'information : si des dizaines d'articles ont été écrits sur le dramatique naufrage du Cheonan, ayant conduit à la mort de quarante-six marins sud-coréens, c'est avec la conviction, étayée par un travail de recherche mené le plus largement possible, que la thèse officielle sud-coréenne de la responsabilité nord-coréenne cache la vérité. Tout indique - examen des preuves par des scientifiques indépendants, enquête de la Marine russe - que c'est bien un accident interne aux forces sud-coréennes - et éventuellement américaines - qui est à l'origine de la catastrophe.

Ces preuves de la non-implication nord-coréenne ont notamment été publiées par le Hankyoreh, un quotidien sud-coréen de centre-gauche qui n'est pas le journal le plus lu au Sud de la péninsule mais est néanmoins considéré comme le plus fiable par l'opinion publique. Car, dans ce qui a trait à la Corée du Nord, les publications sud-coréennes et américaines sont abondantes. Elles méritent d'être prises en considération, mais sans jamais oublier de se demander d'où elles viennent ni quels objectifs elles poursuivent : dans leur écrasante majorité, les médias sud-coréens sont de droite et hostiles à la RPDC. Si, par exemple, la bibliothèque du Congrès américain est à l'origine de la seule étude approfondie en langue occidentale sur l'économie nord-coréenne, c'est avec un point de vue qui est conforme à celui de la politique américaine vis-à-vis de la RPDC.

Quand la Banque centrale de Corée du Sud a publié avec des mois en retard, en octobre 2011, son estimation de la croissance de l'économie nord-coréenne pour l'année 2010, en faisant disparaître de ses tableaux statistiques nombre de données qui paraissaient encore un an plus tôt, un fort soupçon de manipulation règne sur la fiabilité d'un organisme dépendant du gouvernement sud-coréen, et dont les données sont pourtant reprises sans discussion par les chercheurs et les journalistes du monde entier, faute de données complètes nord-coréennes. Il n'est tout simplement pas crédible de penser que la Banque centrale de Corée du Sud ait publié avec le même état d'esprit des séries statistiques montrant un rebond de l'économie nord-coréenne presque chaque année quand le centre-gauche, favorable à la discussion avec le Nord, était au pouvoir à Séoul, et un recul quasiment ininterrompu de l'économie nord-coréenne depuis que la droite est revenue à la présidence sud-coréenne.

Dans cette diversification des sources d'information, les médias chinois et russes sont particulièrement précieux. Ainsi, si l'on a besoin de ne connaître que les faits sur une question touchant à la Corée, l'agence chinoise Chine nouvelle (Xinhua) s'en tiendra effectivement aux seuls éléments factuels ; s'il faut comprendre que le point de vue donné est celui de la Corée du Nord ou de la Corée du Sud, Xinhua l'indiquera clairement - alors que les médias occidentaux, allant à la facilité, se contenteront souvent de répéter la position de l'agence officielle sud-coréenne, ce qui pose un vrai problème de neutralité sur des questions donnant lieu à des divergences ou des oppositions entre les deux Corée. Quant à la Russie, ses Instituts de recherche sur l'Extrême-Orient comptent quelques-uns des meilleurs spécialistes de la Corée au monde. L'un d'entre eux, Leonid Petrov, qui parle couramment coréen après avoir étudié à Pyongyang, a d'ailleurs été un temps professeur à la chaire de coréen de l'Institut d'études politiques de Paris. 

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Pour finir, il est utile de dire aussi quelques mots du traitement médiatique de la Corée du Sud. Des pans entiers de l'histoire du pays sont méconnus et passés sous silence : non seulement l'occupation militaire japonaise mais aussi le fait que, de 1945 à 1987, à l'exception d'une courte période (1960-1961), le pays a connu une succession de régimes très autoritaires, à l'origine notamment du massacre de centaines de civils lors du soulèvement populaire de Kwangju en 1980. Ce passé a laissé des séquelles dans la société actuelle : la loi de sécurité nationale interdit toujours les contacts entre Nord et Sud-Coréens. Pendant le service militaire des Sud-Coréens, il leur est indiqué qu'ils seront libérés de leurs obligations dans l'hypothèse où des Nord-Coréens seraient tués suite à un accrochage : on comprend comment de tels ordres peuvent conduite à des escalades dangereuses, comme celles de novembre 2010 près de l'île Yeonpyeong.

Aujourd'hui, l'élection présidentielle du 19 décembre 2012 en Corée du Sud aura un impact majeur sur l'avenir des relations intercoréennes, si l'on se rappelle que l'arrivée au pouvoir du conservateur Lee Myung-bak, élu en décembre 2007, a entraîné la disparition des principaux acquis du dialogue intercoréen. Si cette échéance électorale ne suscite guère d'intérêt en Occident, tel n'est pas le cas en Corée du Nord. Ainsi, si la RPDC a toujours soutenu les revendications sud-coréennes sur les îles Dokdo, contestées par le Japon mais contrôlées par les garde-côte sud-coréens, elle n'en a pas moins suivi l'opposition sud-coréenne dans sa critique de la visite du président sud-coréen dans l'archipel, comme une manoeuvre destinée à faire oublier le rapprochement militaire esquissé avec le Japon quelques mois plus tôt.

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En conclusion, les sources aujourd'hui plus nombreuses offrent un large champ d'accès pour tous ceux qui voudraient connaître la Corée du Nord, qu'ils soient journalistes, experts ou simples curieux.

Si pour sa part l'Association d'amitié franco-coréenne a consacré beaucoup d'énergie à mieux connaître l'actualité coréenne, c'est parce qu'elle estime que c'est une tâche prioritaire pour saisir pleinement la réalité de la péninsule, ce qui est un préalable à la conduite d'actions de coopération ou de solidarité avec le peuple coréen. A cet égard, les catastrophes naturelles ayant frappé la Corée - toute la Corée - l'été dernier, avec notamment le passage des pires typhons de la décennie, ont soulevé la question d'une aide à apporter aux populations : compte tenu des témoignages recueillis et des informations collectées, la décision a ainsi été prise d'organiser un concert de solidarité, qui visera à répondre non pas aux besoins immédiats, mais à tenir compte des conséquences sur la production de riz, de blé et de maïs et à répondre à la nécessité de faire face à la période de soudure, qui constitue le moment critique entre deux récoltes céréalières.

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4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 00:00

Cor-eUnie-copie-1.pngEn octobre 2007 se tenait, à Pyongyang, le second sommet entre les dirigeants du Nord et du Sud de la Corée. La déclaration conjointe Nord-Sud, signée le 4 octobre 2007 entre le Président Kim Jong-il de la Commission de la défense nationale de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) et le Président Roh Moo-hyun de la République de Corée (du Sud), annonçait une ère nouvelle sur la voix de la coopération et du rapprochement inter-coréen. Malgré les aléas, les principes ainsi posés ont constitué une pierre angulaire sur la voie du dialogue et de la paix, à l’instar du communiqué conjoint Nord-Sud du 4 juillet 1972 et de la déclaration commune Nord-Sud du 15 juin 2000.

Pour commémorer cet événement et mieux faire connaître la culture propre à la Corée, et singulièrement la culture de la Corée du Nord, l’Association d’amitié franco-coréenne vous convie à

la Semaine de la culture coréenne

à l’Espace des Arts sans Frontières

44, rue Bouret

75019 Paris

du 2 au 6 octobre 2012

(entrée libre et gratuite)

En permanence, du mardi 2 au samedi 6 octobre 2012, de 15 h à 19 h

  • exposition des photographies d’Alain Noguès, co-fondateur de l’agence Sygma, sur la vie quotidienne en Corée du Nord (www.alain-nogues.com)

  • exposition de photographies de la province autonome de Yeonbyeon, en Chine, où vit une importante minorité coréenne

  • projection de longs métrages de la RPD de Corée

Des manifestations exceptionnelles le samedi 6 octobre

  • de 15 h à 18 h, présentation et vente d'une sélection de BD coréennes (manhwas) consacrées à l'histoire et à la société en Corée, par la librairie Apo(k)lyps (www.apoklyps.com)

  • à 16 h, démonstration de Taekwon-Do (ITF) par Pierre Sabbah, instructeur 5ème dan (taekwondoitf.tripod.com/pierresabbahitftaekwondo)

  • à 17 h, conférence sur le thème « la Corée et les médias », par le professeur Robert Charvin, ancien doyen de la faculté de droit de Nice, suivie d’une dédicace de l'ouvrage La Corée : vers la réunification de Robert Charvin et Guillaume Dujardin*

  • à 19 h, dégustation de spécialités coréennes

  • à 20 h, projection du film Le journal d’une jeune Nord-Coréenne (RPDC, 2006)

 

Espace des Arts sans Frontières - 44, rue Bouret - 75019 Paris (métro : Jaurès, Bolivar)
tél. : 01 42 01 27 74 - courriel : espacedesartssf@gmail.com
site Internet : espacedesartssf.blogspot.fr

Suite à un empêchement de Robert Charvin, la conférence du samedi 6 octobre sera assurée par Guillaume Dujardin, co-auteur avec le professeur Charvin de l'ouvrage La Corée : vers la réunification. L'AAFC vous prie de bien vouloir l'excuser pour ce changement de programme.

 

Annonce EASF-AAFC oct2012

Cliquer sur l'image pour télécharger l'annonce (format Pdf)

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30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 23:02

Les 27 et 28 septembre 2012, Son Excellence Yun Yong-il, ambassadeur de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) auprès de l'Unesco, délégué général de la RPD de Corée auprès de la République française, a visité la Côte d'Or à l'invitation du comité régional Bourgogne de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC). Alors que sa première visite en Côte d'Or avait mis l'accent sur les échanges économiques, son deuxième déplacement en Bourgogne en moins d'un an, toujours à l'invitation des militants locaux de l'AAFC, a été riche en contacts institutionnels. En particulier, la délégation nord-coréenne a rencontré les étudiants en première année de mastère communication de l'Université de Bourgogne ainsi que le docteur François-André Allaert, conseiller municipal de Dijon, vice-président de la communauté d'agglomération dijonnaise. L'AAFC-Bourgogne remercie une fois encore, pour leur excellent accueil et leur disponibilité, l'ensemble des personnes rencontrées qui ont donné de leur temps pour recevoir la délégation coréenne de manière très chaleureuse, au cours d'entretiens riches de promesses en coopérations futures.

 

Tout au long de sa visite en Côte d'Or les 27 et 28 septembre 2012 à l'invitation du comité régional Bourgogne de l'AAFC, S.E. Yun Yong-il, ambassadeur de la RPD de Corée auprès de l'Unesco, délégué général de la RPD de Corée auprès de la République française, et son conseiller M. Jon Hyong-jong, ont été accompagnés par Benoît Quennedey, président du comité Bourgogne de l'AAFC.

 

ambassadeur_nord-coreen_yun-yong-il_universite_bourgogne.jpgLe jeudi 27 septembre 2012, la délégation coréenne a été accueillie à l'Université de Bourgogne par Mme Marie-Geneviève Gerrer, première vice-présidente de l'Université, doyenne de la faculté de langues et de communication, et M. Stéphane Dufour, maître de conférences. Après une visite du campus, S.E. Yun Yong-il est intervenu devant les étudiants en première année de mastère communication (photo à gauche). C'était son deuxième échange en France avec des étudiants et des professeurs d'université en l'espace d'un an, après celui intervenu le 18 novembre 2011 à l'Université de Toulouse-1 Capitole avec les étudiants en sciences politiques.

 

La rencontre a commencé par la projection d'un film présentant la République populaire démocratique de Corée, avant de se poursuivre par un exposé préliminaire de S.E. Yun Yong-il et une série de questions-réponses. Très attentifs, ouverts aux cultures extra-européennes par leur formation même, les étudiants, visiblement impressionnés par ce qui était, pour beaucoup d'entre eux, leur première rencontre avec un ambassadeur étranger en poste en France, ont posé de nombreuses questions sur les relations diplomatiques entre la France et la RPD de Corée, l'apprentissage du français et la place de la culture française au Nord de la péninsule coréenne. Ils ont aussi voulu connaître les possibilités de tourisme en Corée du Nord, ainsi que les programmes d'échanges universitaires en cours.

 

S.E. Yun Yong-il a souligné que, dans le cadre d'un partenariat entre l'INALCO et l'Université Kim Il-sung, deux professeurs nord-coréens viendraient prochainement enseigner le coréen en France, tandis qu'une nouvelle promotion de dix étudiants nord-coréens suivait une formation dans des écoles françaises d'architecture. Il a invité ceux des étudiants intéressés à visiter la RPD de Corée, et a plaidé pour l'approfondissement des échanges culturels et éducatifs. L'AAFC se félicite de cette rencontre, basée sur le dialogue interculturel, qui permet une meilleure compréhension mutuelle.

 

La délégation coréenne a ensuite rencontré le Docteur François-André Allaert, conseiller municipal de Dijon responsable du commerce extérieur, vice-président de la communauté d'agglomération dijonnaise chargé des relations internationales, à l'occasion d'une visite des caves du domaine Derey Frères, à Couchey. Elle avait la chance de venir au moment des vendanges, ce qui lui a permis de prendre connaissance des différentes étapes du processus de vinification. Le Docteur Allaert a également évoqué ses activités professionnelles, notamment en tant que président de Cenbiotech, dans l’évaluation des médicaments et des dispositifs médicaux. Il est notamment à l'origine d'une filière centrée sur l’évaluation des compléments alimentaires et des aliments fonctionnels. Ces questions revêtent une importance vitale pour les populations nord-coréennes, alors que la RPD de Corée lutte toujours pour retrouver le seuil de l'autosuffisance alimentaire, qui avait été atteinte et dépassée jusqu'aux catastrophes climatiques ayant frappé le pays à partir de 1992.

 

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La journée du 27 septembre s'est terminée par un dîner en l'honneur de la délégation offert par le bureau du comité régional Bourgogne de l'AAFC, dont le président a souligné qu'elle coïncidait avec la commémoration de deux dates importantes dans la péninsule coréenne : le 5ème anniversaire de la déclaration conjointe Nord-Sud du 4 octobre 2007 et le 67ème anniversaire de la fondation du Parti du travail de Corée le 10 octobre 1945.

 

Le vendredi 28 septembre, après une visite du Musée des Beaux-Arts de Dijon, la délégation conduite par S.E. Yun Yong-il a rencontré les adhérents de l'AAFC en Bourgogne et dans la région. L'après-midi, elle a eu un long entretien avec Jacques Milder, ingénieur, responsable du service des espaces verts et de l'environnement de la ville de Dijon, dont l'ancien maire Robert Poujade a été le premier ministre français en charge de l'environnement, avant une visite des serres municipales. Dans la capitale bourguignonne, le service des espaces verts emploie 170 personnes et gère 800 hectares. De la documentation a été remise aux visiteurs coréens. Au terme d'échanges nourris abordant des questions techniques comme les différences de sols et de climats, cette première rencontre a permis d'envisager les axes d'une coopération concrète franco-coréenne dans le domaine de la protection de l'environnement et des espaces verts. L'AAFC-Bourgogne, qui a déjà engagé des échanges avec la RPD de Corée dans le domaine de l'horticulture et de l'arboriculture par des dons de semences et l'envoi de documentation.

 

 

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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 23:25

Le 21 septembre 2012, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) a tenu son assemblée générale annuelle à la maison des associations du 16ème arrondissement de Paris. Lors des débats conduits par Bernard Ferrand, vice-président, puis par André Aubry, président, les participants ont fait le bilan des activités de l'année 2011 et du premier semestre 2012 et décidé des orientations pour l'année à venir : alors que l'ouverture du bureau français de coopération à Pyongyang, en octobre 2011, a ouvert des perspectives nouvelles d'échanges, membres et sympathisants de l'AAFC doivent plus que jamais être à la hauteur de la tâche historique de l'AAFC d'oeuvrer pour le rapprochement, l'amitié et la solidarité entre les peuples français et coréen.

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Réalistes, exigeants, ambitieux : les adhérents de l'AAFC réunis en assemblée générale à Paris, au siège du comité régional Ile-de-France de l'association, le 21 septembre 2012, ont pleinement tenu compte du nouveau contexte international pour renforcer toujours davantage la solidarité et les coopérations entre Français et Coréens, dans le combat pour la réunification de la Corée, la paix et la prospérité dans la péninsule.

AG-AAFC 21092012 2Dans le rapport d'activité faisant le bilan de la période 2011-2012, Patrick Kuentzmann, secrétaire général, a souligné que l'ouverture du bureau français de coopération à Pyongyang représentait une première étape sur la voie de l'établissement de relations diplomatiques complètes entre la France et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Se félicitant du renforcement de l'AAFC en province, marqué par la création de deux nouveaux comités régionaux, en Bretagne et en Languedoc-Roussillon, ainsi que de l'augmentation du nombre d'adhérents et de visiteurs du site Internet, il a observé la présence croissante de l'AAFC dans les médias locaux, nationaux et étrangers. Sollicitée pour son expertise sur la question coréenne, l'AAFC avait aussi renforcé ses actions de coopération avec le peuple coréen et mis l'accent sur les échanges culturels.

L'adoption, également à l'unanimité, du rapport d'orientation présenté par Benoît Quennedey, vice-président chargé des actions de coopération, a permis de dresser un programme d'action à court et à moyen termes. Dans l'immédiat, il a été décidé d'organiser une semaine de la culture coréenne, à l'occasion du cinquième anniversaire de la déclaration conjointe Nord-Sud du 4 octobre 2007, pour faire connaître la diversité et l'originalité de la culture coréenne. Par ailleurs, pour aider les populations coréennes touchées par de nouvelles catastrophes naturelles menaçant le fragile équilibre alimentaire, le principe d'une opération de solidarité avec les populations coréennes a été acté, avec le soutien du Secours populaire français, dans le cadre d'un concert qui sera organisé par Elizabeth Cooper, chef d'orchestre de renommée internationale.

 AG AAFC 21092012 3Enfin, les contacts institutionnels seront encore renforcés, un courrier devant être adressé à Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, pour l'établissement de relations diplomatiques complètes avec la RPD de Corée, dans l'intérêt mutuel de nos deux pays.

Suite à l'adoption du bilan financier, sur le rapport de Jacky Lemeur, trésorier adjoint, il a été décidé une cotisation supplémentaire de 10 euros par an pour les adhérents souhaitant recevoir le bulletin trimestriel de l'AAFC par voie postale, le prix d'un bulletin augmentant de 1,52 à 2 euros (hors affranchissement). L'impression et l'envoi du bulletin constituent en effet un poste pesant de plus en plus dans le budget de l'AAFC, laquelle devrait plutôt mobiliser davantage ses modestes ressources pour l'organisation de manifestations et d'actions de solidarité.

Lors du renouvellement des instances nationales, André Aubry, ancien sénateur des Hauts-de-Seine, ancien maire d'Antony, a été réélu à l'unanimité président de l'AAFC. Les membres de l'AAFC ont ensuite été rejoints par S.E. Yun Yong-il, délégué général de la RPD de Corée en France, ambassadeur auprès de l'UNESCO, et M. Jon Hyong-jong, conseiller politique de la délégation générale de la RPD de Corée en France. Benoît Quennedey, vice-président de l'AAFC, a rappelé la solidarité de l'AAFC avec le peuple coréen en lutte pour sa réunification, à l'occasion de la célébration du cinquième anniversaire de la déclaration conjointe Nord-Sud du 4 octobre 2007 et du 67ème anniversaire de la fondation du Parti du travail de Corée, le 10 octobre 1945. S.E. Yun Yong-il a assuré l'AAFC du soutien constant du gouvernement et du peuple de la RPD de Corée, en souhaitant plein succès aux amis français dans la conduite de leurs activités.

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18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 23:53

LivresAAFC-2_don.jpgLors de la venue en France de délégations de professeurs nord-coréens de français, dans le cadre de stages au Centre universitaire d'études françaises de Grenoble, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) avait offert des livres et des manuels de français aux professeurs coréens en visite dans notre pays, à trois reprises, en 2008, 2009 et 2010. Si le programme a malheureusement été interrompu, l'AAFC a jugé indispensable de poursuivre son action en faveur de la francophonie en République populaire démocratique de Corée (RPDC) : tel est le sens du don de 500 ouvrages, remis en mains propres à la délégation générale de la RPD de Corée en France le 11 septembre 2012.

 

Principalement de nombreux romans qui sont des classiques de la littérature française (essentiellement du 18ème et du 19ème siècles), mais aussi du théâtre, de la poésie ou encore des dictionnaires. C'est un choix très disparate d'ouvrages, correspondant à environ 400 titres différents, qui ont été remis par l'AAFC à la délégation générale de la RPD de Corée en France le 11 septembre 2012. Au total, ce sont 500 ouvrages de français qui concourront à promouvoir la francophonie au Nord de la péninsule coréenne, alors qu'il y a urgence à enrayer le déclin de l'apprentissage de notre langue. A cet égard, le fait que la dernière version du guide nord-coréen de voyage en RPDC ait été traduite et publiée en plusieurs langues, mais pas en français, est un indice tant du recul de l'apprentissage de la langue de Molière à Pyongyang, que du trop faible nombre de francophones parmi les visiteurs en RPDC susceptibles d'acheter ce guide.

 

Comme pour les précédents dons de livres de l'AAFC, auxquels il a été procédé à trois reprises lors d'actions de formation de professeurs coréens en France, mais aussi lors de chaque visite de délégations de l'AAFC en République populaire démocratique de Corée, les bénéficiaires sont les professeurs et les étudiants de français : ceux de l'école des langues étrangères de Pyongyang (qui forme des collégiens et lycéens, et comprend une section de français) et de l'Université des langues étrangères de Pyongyang, ainsi que du département de français de l'Université Kim Il-sung, mais aussi les lecteurs du Palais des études du peuple, dont les collections comportent 30 millions de livres.

 

En visitant en 2008 l'école secondaire n° 1 de Moranbong, à Pyongyang, les membres de la délégation de l'AAFC avaient eu la surprise de rencontrer une lycéenne qui avait fait le choix d'apprendre, seule, le français. Les livres envoyés en RPDC sont aussi un témoignage de notre volonté d'encourager tous ceux qui refusent le "tout-anglais", en encourageant la diversité des langues et des modes de pensée qu'elles expriment.

 

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Photos AAFC.

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