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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 12:58
kang-dong_kyun_paris_france_15-10-2013.png
Le mercredi 16 octobre 2013, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) et la Gangjeong Village International Team, cofondée par Benjamin Monnet, ont organisé une réunion à Paris, à l'Espace international des arts sans frontières, pour soutenir les opposants au projet de construction d'une base navale dans l'île de Jeju. Kang Dong-kyun, le charimastique maire de Gangjeong, était présent. L'AAFC est pleinement partie prenante à ce combat, ayant relayé à de multiples reprises le combat des habitants de Jeju sur son site Internet, pour la paix en Asie du Nord-Est et dans le monde.

 Le combat contre la base navale de Jeju n'est pas une lutte régionale ou locale : la construction de la base aéronavale, à laquelle s'opposent massivement les habitants de l'île située à l'extrême Sud de la Corée, s'inscrit dans la stratégie militaire des Etats-Unis visant à constituer un "pivot" en Asie-Pacifique, comme l'a officiellement déclaré l'administration américaine en 2011, notamment pour y étendre leur système antimissile. Alors que l'objectif des Etats-Unis est de redéployer 60 % de leurs forces dans la zone Asie-Pacifique pour, de manière à peine voilée, contrer la montée en puissance de la Chine, la base de Jeju deviendrait l'épicentre d'une nouvelle confrontation mondiale à laquelle les Coréens seraient une nouvelle fois mêlés contre leur gré. Une fois achevée, la base deviendrait un "parking" pour l'armement nucléaire des Etats-Unis, à seulement 500 km de Shanghai et à 900 km de Pékin. Comme l'observe Mgr Kang U-il, évêque de Jeju : "Le port a été conçu pour accueillir un porte-avions que la marine sud-coréenne ne possède pas ! La base va provoquer d’importantes tensions entre la Chine, les Etats-Unis, le Japon et la Corée. Elle ne fait qu’aggraver les conflits. Il est de notre devoir de mettre fin à ce projet."

 La paix du monde implique de s'opposer à la construction de la base, qui apparaît de surcroît comme une provocation au regard de l'histoire de Jeju et de ses habitants, et fait peser une grave menace sur l'environnement de l'île. En effet, en 1948 puis pendant la guerre de Corée (1950-1953), l'île de Jeju avait déjà subi un massacre de sa population, qui aurait fait officiellement 30 000 morts (mais jusqu'à 80 000 victimes selon d'autres estimations), soit plus du quart de la population de l'île. En mémoire de ces événements, Jeju fut plus tard désignée comme "île de la paix mondiale". Jeju a aussi été classée par l'UNESCO comme réserve de biosphère, parc géologique et patrimoine naturel mondial, et désignée comme une des sept merveilles mondiales de la nature. La paix et l'écosystème exceptionnel de Jeju sont aujourd'hui menacés par la base militaire qui y est construite.

La réunion, coorganisée à Paris le 16 octobre 2013 par l'AAFC et la Gangjeong Village International Team, cofondée par Benjamin Monnet (de nationalité française), se tenait en présence de Kang Dong-kyun, maire du village de Gangjeong, qui accueillerait la future base et où plus de 700 personnes ont d'ores et déjà été arrêtées. Des personnalités du monde entier, comme Robert Redford, Noam Chomsky et, en août dernier, Oliver Stone, sont venues soutenir les habitants de Jeju. Le critique de cinéma Yang Yoon-mo est emprisonné depuis le 1er février 2013 pour son opposition à la base. D'autres artistes coréens, comme Koh Gilchun, se sont également engagés. En septembre 2012, une motion contre le projet de base américaine a été présentée dans le cadre de la réunion de l'Union internationale pour la conservation de la nature, qui se tenait à Jeju, mais non adoptée, ne faisant pas reculer les autorités sud-coréennes soutenues discrètement par les Etats-Unis.

La troisième Grande marche pour la paix et la vie de Gangjeong, pendant 6 jours, en août 2013, a réuni jusqu'à près de 1 000 personnes lors de la chaîne humaine qui s'est formée le 4 août.

La venue à Paris du maire de Gangjeong s'inscrivait dans une internationalisation du mouvement de solidarité, sa visite dans la capitale française clôturant la tournée qu'il a effectuée à Dublin, Liverpool, Leeds, Menwith et Londres. Plus tôt dans la journée, les opposants à la base s'étaient réunis devant l'arc de triomphe. A ses côtés se trouvaient Benjamin Monnet et plusieurs autres membres de l'équipe internationale de soutien à Gangjeong. Pour s'être opposé à la construction de la base de Jeju avec les habitants de l'île, Benjamin Monnet a été emprisonné à quatre reprises puis déporté, c'est-à-dire expulsé de l'île de Jeju, par les autorités sud-coréennes le 15 mars 2012 au motif d'"interaction avec les affaires du Gouvernement". Par l'intermédiaire de l'AAFC, il a accordé un entretien à la radio associative marseillais
e Radio Galère, diffusé le 15 octobre 2013 (disponible sur Internet).

En ouverture de la manifestation, les participants ont vu le film The Ghosts of Jeju de Régis Tremblay et Cha Son-bong, toujours en attente de diffusion en France, et qui retrace l'histoire de l'île depuis les massacres de 1948 jusqu'au mouvement de résistance actuel.

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La parole a ensuite été donnée à Kang Dong-kyun qui a exposé les enjeux de la lutte contre la construction de la base et dont il est l'un des fers de lance, ses implications géopolitiques et le mouvement de solidarité engagé en Corée et dans le monde. La violente répression des manifestations pacifistes à Jeju, devenue monnaie commune, est à la mesure de la volonté des autorités sud-coréennes de faire aboutir le projet coûte que coûte. A cet égard, il a été rappelé que la présidente Mme Park Geun-hye avait interpellé le Vatican pour faire cesser l'implication de militants catholiques qui, aux côtés notamment de bouddhistes, sont pleinement engagés depuis septembre 2011 dans ce combat. pour la paix et la justice. Les débats ont également porté sur le rôle que devrait jouer l'UNESCO, aujourd'hui soumise aux influences des groupes privés qui assurent une partie de son financement.

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Opérant des amalgames, les autorités sud-coréennes ont accusé les opposants au Jeju, comme les opposants au projet d'aménagement des quatre fleuves, d'être "pro-Corée du Nord" afin d'appliquer à leur encontre les dispositions antidémocratiques de la Loi de sécurité nationale, en vigueur en Corée du Sud depuis 1948 pour réprimer tout mouvement d'opposition.

L'histoire des luttes montre que les mobilisations peuvent faire reculer les gouvernements dans leurs projets d'implantation de bases militaires, comme hier au Larzac et dans les Philippines. Pour la paix du monde, la préservation de l'île de Jeju et le respect de ses habitants, l'Association d'amitié franco-coréenne appelle chacune et chacun à soutenir le mouvement international de résistance.

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 Photos : Alain Noguès  


Comment agir en solidarité avec les habitants de Jeju ?

En faisant des donations, en écrivant des lettres aux prisonniers de conscience détenus à Jeju, en rejoignant les pages Facebook "No naval base on Jeju !" (www.facebook.com/groups/nonavalbase, en anglais) et "Save Jeju !" (www.facebook.com/SaveJeju, en anglais et en coréen), en protestant auprès des ambassades sud-coréennes dans le monde, en envoyant des courriers au gouverneur de Jeju Woo Keun-min pour faire cesser la construction de la base (lmw2828@jeju.go.kr ou jejumaster@jeju.go.kr) ou en organisant des manifestations de solidarité (concerts, projections de films, débats, manifestations sur la voie publique).

Pour toute information, contacter la Gangjeong Village International Team : gangjeongintl@gmail.com
 
Sites Internet : www.savejejunow.org (anglais, chinois, japonais) et twitter.com/SaveJejuNow (anglais)

 

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6 octobre 2013 7 06 /10 /octobre /2013 16:51

Le 4 octobre 2013, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) s'est réunie à Paris pour faire le compte rendu du déplacement d'une délégation de l'Association d'amitié franco-coréenne en République populaire démocratique de Corée (RPD de Corée, Corée du Nord) du 6 au 16 septembre 2013, à l'occasion du 65ème anniversaire de la fondation de la RPD de Corée le 9 septembre 1948 : l'importance consacrée aux visites d'équipements sportifs et de loisirs témoigne, selon le gouvernement de la RPD de Corée, d'un "saut de civilisation" avec l'entrée des citoyens de RPDC dans une société de loisirs. La manifestation, qui s'est tenue en présence des représentants de la délégation générale de la RPD de Corée en France, coïncidait avec plusieurs anniversaires significatifs pour la Corée.

Yun-Yong-Il 04102013 (2)En ouverture de la réunion, Guy Dupré, vice-président délégué de l'Association d'amitié franco-coréenne, secrétaire général du Comité international de liaison pour la réunification et la paix en Corée (CILRECO), a rappelé que le 10 octobre 2013 marquerait prochainement l'anniversaire de la fondation du Parti, à savoir le comité organisationnel du Parti communiste de Corée du Nord, plus tard le Parti du travail de Corée (PTC). Le PTC est fondé sur les idées du Juche, une doctrine originale visant à l'émancipation des masses laborieuses et selon laquelle l'homme est le maître de son destin. Les idées du Juche guident l'édification en RPD de Corée d'une nation puissante et prospère, vers la réunification du pays. Par ailleurs, la manifestation coïncidait très exactement avec le 6ème anniversaire de la déclaration conjointe Nord-Sud du 4 octobre 2007 qui, dans la continuité de la déclaration du 15 juin 2000, a posé les bases du rapprochement entre les deux partie de la Corée en vue de sa réunification.

Prenant ensuite la parole, Son Excellence Yun Yong-il (photo : Alain Noguès), délégué général de la République populaire démocratique (RPD) de Corée en France, ambassadeur de la RPD de Corée auprès de l'UNESCO, a souligné le rôle joué par le PTC dans les transformations politiques, économiques et sociales de la RPD de Corée. Il a observé que la prospérité du pays constituait l'objectif majeur des politiques conduites par les autorités nord-coréennes, alors que les relations intercoréennes sont à un tournant après s'être fortement détériorées sous la présidence, à Séoul, du conservateur Lee Myung-bak.

AAFC 04102013Puis Patrick Kuentzmann, secrétaire général de l'AAFC, a fait le compte rendu du déplacement en RPDC de la délégation de l'AAFC qu'il a conduite, du 6 au 16 septembre 2013, en projetant des photos du voyage, alors qu'Alain Noguès, photographe cofondateur de l'agence Sygma, présentait des recueils des photos prises lors du voyage de la délégation de l'AAFC en Corée en juillet-août derniers. Par ailleurs, les participants pouvaient consulter des ouvrages sur la Corée et signer les pétitions relayées par l'AAFC pour un traité de paix en Corée et mettre fin à la règle du "deux poids, deux mesures" dans le traitement de la Corée du Nord par les médias. Enfin, l'AAFC avait apporté la banderole en faveur de la paix et de la réunification de la Corée (photo : Alain Noguès), déployée à Panmunjom, dans la zone démilitarisée séparant les deux Corée, par la délégation de l'AAFC le 31 juillet dernier.

Après avoir remercié Mmes Jong Un-a et Kim Sol-hyong, respectivement guide et interprète de l'Association d'amitié Corée-France, pour l'excellent accueil réservé à la délégation de l'AAFC, Patrick Kuentzmann et Daniel Rougerie, président du comité Nord de l'AAFC et membre de son comité national, ont présenté la RPD de Corée avant de répondre aux questions de la salle sur des sujets aussi divers que les ressources naturelles du pays, la question de l'autosuffisance alimentaire, le système de soins et les actions de coopération conduites ou encouragées par l'AAFC, qui constituent sa raison d'être depuis sa création en 1969.

Tout d'abord, les changements très visibles dans l'architecture et l'urbanisme de Pyongyang témoignent d'un nouveau dynamisme économique. Les réseaux de transports sont également en voie de modernisation, la capitale de la RPD de Corée s'étant notamment dotée de nouveaux trolleybus.

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Nouveaux trolleybus de Pyongyang, le 14 septembre 2013 (photo : AAFC-PK)

La délégation de l'AAFC présente aux cérémonies du 65ème anniversaire de la fondation de la RPD de Corée a pu apprécier à cette occasion, le défilé non pas de l'Armée populaire de Corée (comme le 27 juillet dernier, à l'occasion de la célébration de l'armistice), mais de la Garde rouge ouvrière et paysanne, les populations civiles étant pleinement impliquées dans l'effort de défense de la nation par la constitution d'unités spécifiques aux côtés de l'armée.

Poursuivant ses actions de coopération, l'AAFC a transmis de la documentation à l'Université d'architecture de Pyongyang. La délégation a rencontré So ho-won, président de l'Association d'amitié Corée-France, homologue de l'AAFC, et vice-président du Comité coréen des relations culturelles avec les pays étrangers, qui a le positionnement d'un département ministériel spécifique. Outre Pyongyang, elle a visité des installations industrielles (céramique) à Nampo, la zone démilitarisée et Kaesong, où l'annonce récente par une entreprise allemande qu'elle souhaite s'y implanter atteste de l'internationalisation de la zone économique dont les activités ont repris le 16 septembre dernier.

Une part importante du programme de visite a été consacrée aux nouvelles activités sportives et de loisirs offertes aux Coréens : visite du delphinarium de l'île Rungna, de la nouvelle patinoire de Pyongyang, du centre de fitness du quartier Tongil ou encore du parc folklorique de Pyongyang, tous inaugurés en 2012. Ces équipements nouveaux, de même que les nouveaux terrains de basketball qui fleurissent un peu partout dans la capitale (au même moment, le basketteur américain Dennis Rodman était d'ailleurs en RPDC), traduisent la volonté des autorités nord-coréennes de permettre à la population d'avoir accès à des loisirs nouveaux après les difficultés et les sacrifices de la "dure marche" des années 1990. Ce qui est qualifié par le gouvernement de la RPDC de "progrès de civilisation" témoigne de l'entrée dans une ère nouvelle, celle de la société de loisirs, à l'image d'autres pays de l'Est de l'Asie, dans une zone qui concentre aujourd'hui le plus fort potentiel de croissance au monde. Il y a là, manifestement, un argument supplémentaire pour s'intéresser à l'ensemble de la péninsule coréenne, en France et en Europe, au-delà des seuls enjeux géopolitiques.

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 Piste de roller à Pyongyang, le 9 septembre 2013 (photo : AAFC-PK)


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30 septembre 2013 1 30 /09 /septembre /2013 20:14

imagesRéuni le 30 septembre 2013, le bureau de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) a adopté la déclaration suivante exigeant la levée immédiate de toutes les poursuites engagées contre le député progressiste Lee Seok-ki accusé de "complot" contre l'Etat sud-coréen, ainsi que l'arrêt des poursuites contre les patriotes coréens persécutés en raison de leur combat pour la réunification.

Liberté pour Lee Seok-ki et tous les patriotes coréens persécutés en raison de leur combat pour la réunification

Le 26 septembre 2013, le parquet sud-coréen a confirmé l'engagement de poursuites à l'encontre du député Lee Seok-ki sur la base de la loi de sécurité nationale, en invoquant une prétendue tentative de coup d'Etat.

 
Cette chasse aux sorcières, qui rappelle les atteintes aux libertés des régimes autoritaires au pouvoir à Séoul jusqu'en 1993, apparaît comme le fruit d'une manœuvre de diversion des services secrets sud-coréens, sur la sellette pour leur ingérence dans la campagne présidentielle, en faveur de la candidate conservatrice Mme Park Geun-hye.

Il ne s'agit pas d'un événement isolé. Ainsi, le 16 septembre 2013, un citoyen sud-coréen, Nam Young-ho, a été abattu par les militaires de la République de Corée alors qu'il tentait de rejoindre le Nord. D'autres patriotes, comme Roh Su-hui, ont été jetés en prison pour le seul motif d'avoir visité le Nord sans autorisation.

 
Dépourvues de tout fondement sérieux, les accusations à l'encontre de Lee Seok-ki et d'autres militants du Parti progressiste unifié, lesquelles mettent également en cause la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), ont déjà eu comme graves conséquences le report sine die des rencontres de familles coréennes séparées de part et d'autre du trente-huitième parallèle. La restauration d'un climat de confiance entre les deux Corée requiert une rupture sans équivoque avec la politique de criminalisation des militants favorables à la réunification de la péninsule.
 
Les accusations contre Lee Seok-ki apparaissent contraires aux règles fondamentales de l'Etat de droit, en méconnaissant le principe d'inviolabilité du mandat parlementaire et en se fondant sur une législation d'exception, la loi de sécurité nationale, aux contours incertains, héritée du régime autoritaire et servant à réprimer toute opposition.

L'AAFC exige l'abrogation immédiate de la loi de sécurité nationale et la libération de l'ensemble des prisonniers de conscience détenus au Sud de la péninsule. Par ailleurs, elle soutient les initiatives des démocrates sud-coréens qui
exigent un contrôle politique des services de renseignement  de leur pays, conformément aux standards des démocraties parlementaires. Elle demande également à Mme Park Geun-hye, Présidente de la République de Corée (RDC, Corée du Sud) de prendre ses responsabilités en faisant cesser toute protection, implicite ou explicite, au plus haut niveau de l'Etat, des responsables des services de renseignement impliqués dans des activités partisanes. 

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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 23:08

Le 27 mai 2013, S.E. Yun Yong-il, délégué général de la République populaire démocratique (RPD) de Corée en France, ambassadeur auprès de l'Unesco, M. Jon Hyong-jong, conseiller politique à la délégation générale de la RPD de Corée et son épouse ont visité le Limousin à l'invitation de Liliane Boussel, membre du comité national de l'AAFC, correspondante régionale pour le Limousin. Une visite haute en couleur qui a mis en valeur le patrimoine économique de la région et permis de nouer des échanges, en vue d'un essor futur des relations franco-coréennes.

Images-E-9758.JPGLa délégation coréenne a tout d'abord visité un artisan dans les monts d'Ambazac, ancien policier qui a choisi de reprendre avec succès le métier de sa grand-mère : la production d'une bière, la Lémovice, commercialisée en bouteilles de 33 et 75 cl et qui contient 7 % d'alcool. Après une dégustation, chacun des membres de la délégation a reçu un pack de bière. La bière du village de Folles ne doit cependant pas non plus éclipser le combat mené avec succès par ses habitants contre l'implantation d'une porcherie industrielle.

S.E. Yun Yong-il s'est ensuite rendu à la Jauchère, ferme de M. Trentalaud, sa fille et son fils, qui ont rendu ses lettres de noblesses à la viande de race limousine, reconnue comme l'une des meilleures viandes bovines au monde - ce dont ont témoigné les nombreux prix ornant le salon de M. Trentalaud, par ailleurs conseiller général communiste. Une de ses bêtes venait d'ailleurs de remporter un premier prix à Bordeaux. Alors que la RPD de Corée cherche à développer l'élevage, les diplomates coréens ont posé de nombreuses questions et sont repartis avec une importante documentation.

Après un déjeuner à Saint-Laurent-les-Eglises, la délégation a visité les carrières d'Ambazac, qui ont reçu les labels français et européen au titre de la protection de l'environnement : le patron des carrières, venu spécialement accueillir ses visiteurs, a pu souligner l'absence de poussières, la climatisation des cabines et le recyclage des eaux. Au sommet de la carrière, un magnifique point de vue sur la campagne a permis d'apprécier la qualité des paysages. Les diplomates coréens ont également posé des questions sur la production d'uranium, ininterrompue en France depuis 1945, qui a cessé en 2001.

La visite s'est poursuivie sur le site de l'usine Novapierre Granulats, entièrement automatisée, où quelques sacs ont été offerts à la délégation, qui a pu également découvrir les laboratoires de recherche.

Cette visite d'une délégation de la RPD de Corée en Limousin, la première organisée par l'AAFC dans la région depuis 2004, a ainsi permis des échanges fructueux sur les méthodes de production et ouvert des perspectives de coopérations économiques futures.

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3 septembre 2013 2 03 /09 /septembre /2013 08:06

Le lundi 2 septembre 2013, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) s'est réunie à la Maison des associations du 16ème arrondissement, siège de son comité régional Ile-de-France, pour commémorer le 65ème anniversaire de la fondation de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), alors qu'une délégation de l'AAFC partira prochainement pour la Corée à cette occasion.  Son Excellence (S.E.) Yun Yong-il, délégué général de la RPD de Corée en France, ambassadeur auprès de l'UNESCO, était présent à cette manifestation, qui s'est poursuivie par un compte rendu du voyage de la délégation de l'AAFC présente en RPDC lors des cérémonies du 60ème anniversaire de l'armistice de la guerre de Corée, célébré au Nord de la péninsule comme la victoire dans la guerre de libération de la patrie. Des photos d'Alain Noguès, projetées sur grand écran, offraient un témoignage en images de cette visite.

En ouverture de la soirée, Patrick Kuentzmann, secrétaire général de l'AAFC, a souligné le combat constant mené par le Président Kim Il-sung, fondateur de la République populaire démocratique de Corée, pour surmonter la division du pays après sa libération de l'occupation japonaise en 1945. Il a mis en exergue que "la politique ferme et invariable de paix, mais également de souveraineté et de dignité, conduite par le Président Kim Il-sung et poursuivies par les Dirigeants Kim Jong-il puis Kim Jong-un, (...) a mis en échec les manoeuvres contre la nation coréenne tout en préservant le caractère socialiste - un socialisme "à la coréenne" - du pays". Il a réaffirmé le soutien constant de l'AAFC au dialogue intercoréen, alors que les conservateurs ont stoppé le processus de réconciliation et de coopération sous la présidence Lee Myung-bak.

 S.E. Yun Yong-il, délégué général de la RPD de Corée en France, ambassadeur auprès de l'UNESCO, a remercié l'AAFC pour sa solidarité avec le peuple coréen. Il a souligné que les idées du Juche et la politique de Songun développées par les dirigeants de la République populaire démocratique de Corée guidaient la construction d'un pays puissant et prospère, dont la délégation de l'AAFC avait pu apprécier les réalisations lors de sa visite en RPDC en juillet-août à l'occasion des cérémonies du 60ème anniversaire de la victoire. Sous la direction du Maréchal Kim Jong-un, la politique de la RPDC répond à l'aspiration de tous les Coréens à la réunification de leur patrie.

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La manifestation s'est poursuivies, photos d'Alain Noguès projetées sur écran à l'appui, par le compte rendu de voyage de la délégation de l'AAFC qui avait été présente en Corée du 24 juillet au 6 août. Entouré des autres participants à ce déplacement, Benoît Quennedey, vice-président de l'AAFC, a tout d'abord remercié la délégation générale de l'AAFC en France, et le Comité coréen des relations culturelles avec les pays étrangers - et tout d'abord la secrétaire générale de l'Association d'amitié Corée-France, Mme Jong Un-a, et Kim Chun-il, interprète - pour l'excellente préparation de cette visite. La taille de la délégation de l'AAFC (huit membres prévus, mais l'un d'entre eux n'avait finalement pas pu venir pour raisons de santé, alors que les autres associations d'amitié en Europe n'avaient compté que de deux à quatre représentants pour les cérémonies), la possibilité de rester une semaine de plus après les cérémonies officielles et l'accord pour faire venir des étudiants à des conditions préférentielles témoignaient, de même que le niveau de responsabilité des personnalités rencontrées, de l'importance accordée par les autorités coréennes à l'AAFC parmi les associations de solidarité dans le monde. Tenant compte des informations recueillies sur place, les projets de coopération concrets, notamment dans le domaine de l'architecture et de l'urbanisme, grâce à la présence d'un architecte et d'un étudiant en architecture dans la délégation, ont figuré en bonne place dans le programme de visite.

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La présence de trois vice-présidents aux cérémonies organisées à Pyongyang - dont le vice-président chinois - avait témoigné du réseau d'alliances sur lesquelles peut s'appuyer la RPD de Corée dans le monde. Ayant renoué avec une dynamique de développement économique, le pays s'est doté, à Pyongyang, de nouveaux bâtiments publics ultra-modernes visités par la délégation : restaurant Haeddonghwa le long de l'avenue Changjon, qui a vocation à devenir "les Champs-Elysées" nord-coréens ; centre de sport Tongil ; Institut du cancer du sein dans la maternité de Pyongyang... sans oublier les grandes tours d'immeubles aux formes arrondies et torsadées. Les nouvelles institutions de loisirs - delphinarium, parc d'attraction folklorique... - également inaugurées dans la période récente attestent aussi de l'entrée de la capitale nord-coréenne dans une nouvelle ère de consommation.

      Compte-rendu-voyage_2.JPG

Les riches discussions qui ont suivi ont souligné l'originalité de la culture coréenne et ses différences avec l'Occident. Elles ont abordé la question des télécommunications et d'Internet, de l'importance nouvelle accordée à l'environnement ou encore la nécessaire modernisation des transports en commun et les défis restant à relever dans l'édification d'une nouvelle puissance économique. 

 

Photos Alain Noguès   

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1 août 2013 4 01 /08 /août /2013 10:36

Alors qu'à Pyongyang commençaient les cérémonies officielles marquant le 60ème anniversaire de la fin de la guerre de Corée, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) s'est réunie à Paris, à la maison des Associations du 16ème arrondissement, le lundi 22 juillet 2013, en présence de S.E. Yun Yong-il, délégué général de la République populaire démocratique de Corée en France, et de ses collaborateurs. Cette manifestation a réaffirmé l'engagement de l'AAFC pour un traité de paix en Corée qui mette fin au cycle de phases de tensions et de dialogue dans la péninsule.

 

La manifestation a commencé par la projection d'un film nord-coréen retraçant l'engrenage ayant conduit à la guerre, en soulignant les responsabilités incombant aux Etats-Unis dans la division de la péninsule coréenne et l'escalade des tensions jusqu'à l'ouverture des hostilités.

 

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Les participants ont ensuite rendu hommage à Henri Alleg en observant une minute de silence. Le combattant anticolonial avait été un membre actif de l'AAFC.

 

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Puis Benoît Quennedey, vice-président de l'AAFC, a souligné la différence de points de vue sur l'armistice du 27 juillet 1953 ayant mis fin aux combats de la guerre de Corée (1950-1953) : en Occident, il s'agit d'un retour au statu quo ante, même si dans les faits le tracé de la ligne de séparation entre le Nord et le Sud de la péninsule a été modifié ; en RPD de Corée, le 27 juillet est célébré comme un jour de victoire, l'Armée populaire de Corée et les volontaires du peuple chinois ayant réussi l'exploit de repousser la plus puissante armée au monde, dotée d'une écrasante supériorité technologique et ayant envisagé, à plusieurs reprises, le recours à l'arme nucléaire.

Yun-Yong-il_22-juillet-2013.JPGIntervenant ensuite, S.E. Yun Yong-il, délégué général de la RPD de Corée en France, ambassadeur auprès de l'UNESCO, a observé que, pour la première fois de leur histoire, les Etats-Unis avaient été mis en échec sur un théâtre d'opérations extérieures. Il a souligné l'engagement de plusieurs des personnalités qui allaient ensuite fonder l'AAFC, en 1969, dans les manifestations organisées en France contre la guerre. Il a remercié l'AAFC pour son soutien constant dans la lutte du peuple coréen pour la paix et la réunification.

 

Procédant à l'aide d'un Powerpoint, Patrick Kuentzmann, secrétaire général de l'AAFC, a présenté les enjeux stratégiques et géopolitiques autour de la péninsule coréenne. Il a mis en exergue la concentration de forces américaines dans la région Asie-Pacifique, nouveau centre du monde. Fondamentalement attachée à la défense de sa souveraineté nationale, la RPDC a développé une théorie de la dissuasion nucléaire qui se rapproche de la doctrine nucléaire française définie et mise en oeuvre par le général de Gaulle. Si la Corée du Nord a procédé à trois essais nucléaires depuis 2006, ce sont plus de 1 000 essais auxquels ont procédé les Etats-Unis, dont le budget militaire dépasse de cent fois celui de la RPDC.

 

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La réunion s'est achevée par des discussions nourries sur la situation en Corée, l'AAFC réaffirmant son engagement pour un traité de paix qui remplacerait l'accord d'armistice de 1953 et permettrait de créer les conditions d'une paix durable dans la péninsule.

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Photos Alain Noguès

 

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19 juillet 2013 5 19 /07 /juillet /2013 21:05

Henri-Alleg_AAFC_Champlan.JPGLe journaliste et militant communiste Henri Alleg nous a quittés le 17 juillet 2013, quelques jours avant son quatre-vingt-douzième anniversaire. L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) salue la mémoire de l'auteur de La question, qui avait dénoncé la torture en Algérie et s'était engagé dans le combat anticolonial. Il était également membre de l'AAFC.

 

Harry Salem - qui avait pris le nom de plume de Henri Alleg quand il avait dû entrer dans la clandestinité - était né le 20 juillet 1921 à Londres, de parents juifs russo-polonais. Devenu français quand sa famille s'est installée au Nord de Paris, il a finalement rejoint l'Algérie où il a embrassé une carrière de journaliste et est devenu directeur d'Alger républicain.

 

Un an après le déclenchement du mouvement d'indépendance en Algérie le 1er novembre 1954, la double interdiction à l'automne 1955 d'Alger républicain et du Parti communiste algérien, dont il était membre, plonge Henri Alleg dans la clandestinité. Continuant de faire paraître Alger républicain, il est arrêté par les parachutistes français le 12 juin 1957 au domicile de Maurice Audin, qui devait mourir neuf jours plus tard sous la torture. Henri Alleg, lui, survit à la torture - gégène, étouffement par l'eau, brûlures - et fait face avec stoïcisme à ses geôliers qui menacent sa famille.

 

C'est sur la suggestion de son avocat, Léo Matarasso, que Henri Alleg écrit le récit autobiographique de son calvaire enduré à El Biar, dans La Question, publié en février 1958 par Jérôme Lindon aux Editions de Minuit. La réalité de la torture en Algérie éclate au grand jour et soixante mille exemplaires sont vendus en quelques semaines. Mais la censure veille et interdit l'ouvrage, malgré les démarches de plusieurs écrivains : Malraux, Martin du Gard et Sartre, auteur d'une postface lors de la réédition du titre en Suisse.

 

En 2005, Henri Alleg avait publié Mémoire algérienne chez Stock. En 2000, il avait été cosignataire, aux côtés notamment de Germaine Tillion, de l'Appel des douze pour la reconnaissance par l'Etat français de la torture en Algérie.

 

Combattant anticolonial inlassable, Henri Alleg était toujours resté solidaire de l'URSS et des démocraties populaires, y compris de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) qui porte également l'héritage de la lutte anticoloniale. Membre de l'Association d'amitié franco-coréenne, Henri Alleg se déplaçait encore occasionnellement à nos réunions, comme lors de la fête de l'AAFC à Champlan en 2008, dont nous reproduisons ici plusieurs photos prises par Alain Noguès (deuxième photo en bas : avec André Aubry, président de l'AAFC).

 

L'AAFC salue la mémoire de l'un des siens dans sa lutte contre l'injustice et pour l'indépendance des peuples. Elle présente ses condoléances à sa famille et à ses amis.

 

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Source : Le Monde. Photos Alain Noguès.

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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 22:39

Le 29 juin 2013, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) a organisé une réunion publique salles Pierre Nicole, à Paris, pour rappeler l'urgence d'un traité de paix dans la péninsule coréenne, soixante ans après la fin des combats ayant causé des millions de morts mais qui se sont soldés par un simple accord d'armistice, et non par un traité de paix. Revenant sur l'épisode douloureux de notre histoire contemporaine qu'a été la guerre de Corée, à travers des témoignages et un film documentaire, les participants ont débattu des moyens de parvenir à une paix durable dans la péninsule coréenne, pour que plus jamais la guerre ne se déchaîne dans cette partie du monde.

 

manifestation 29062013 salle

 

1953-2013 : soixante ans après la fin des combats de la guerre de Corée, celle-ci est en France un conflit oublié, enfoui dans le passé de la guerre froide. Pourtant, sur le sol de la péninsule coréenne, la division nationale reste une plaie béante qui rappelle que, là-bas, la guerre froide n'a jamais pris fin, et qu'aucun traité de paix n'a jamais été signé. Des affrontements sporadiques meurtriers ont continué d'opposer Coréens du Nord et du Sud, soulignant la nécessité de garanties de sécurité, d'une dénucléarisation de toute la péninsule coréenne et d'un retrait des troupes américaines du Sud du pays. Tel est le sens de la pétition internationale pour un traité de paix que continue de relayer l'AAFC en France, et qu'elle a signée et fait signer lors d'une manifestation qu'elle a organisée en France le 29 juin 2013.

 

Accueillis par des photos d'Alain Noguès, cofondateur de l'agence Sygma, prises lors de ses voyages au Nord de la péninsule et diffusées sur grand écran qui leur rappelaient le souvenir vivant du conflit dans la péninsule, les participants ont tout d'abord pris part à un déjeuner-buffet franco-coréen, dont l'organisation incombait largement à S.E. Yun Yong-il, délégué général de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) en France, ambassadeur auprès de l'Unesco, ses collaborateurs et leurs familles, présents tout au long de la journée, et que l'AAFC souhaite remercier pour leur participation à cet événement. Des livres sur la Corée et des objets étaient proposés à la vente sur le stand de l'AAFC.

 

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Un film documentaire de la RPD de Corée a ensuite été diffusé, rappelant les origines du conflit et le rôle des forces armées américaines, dans une guerre ayant causé 3 millions de morts, civils comme militaires, mais n'ayant jamais pris fin en l'absence de traité de paix soixante ans après la fin des combats. Au nom de l'AAFC, Guy Dupré, vice-président délégué, a rappelé que les manifestations contre la guerre en Corée avaient marqué les militants progressistes, en France et dans le monde, et notamment les fondateurs de l'Association d'amitié franco-coréenne en 1969. Il a souligné combien les causes de la paix et de la réunification avaient été intimement liées dans les combats menés par l'AAFC depuis plus de quarante ans.Remerciant les militants de l'AAFC pour leur solidarité constante avec le combat du peuple coréen pour la paix, S.E. Yun Yong-il a rappelé que les forces de l'Armée populaire de Corée avaient tenu tête avec succès à la première puissance militaire du monde, jusqu'à la victoire sous la conduite du Président Kim Il-sung. 

 

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Plusieurs orateurs sont ensuite intervenus pour témoigner de leur vécu de la guerre et expliquer les enjeux du conflit. Procédant à l'aide d'un vidéo-projecteur, Maurice Cukierman, membre du bureau de l'AAFC, a replacé dans son contexte la toile militante de Picasso Massacre en Corée, peinte en 1951 dans un style expressionniste et cubiste, qui dans des tons gris souligne les malheurs de la guerre en dénonçant l'intervention des forces des Nations Unies sous commandement américain. Peter Burchett a souligné que la notion d'opération de police, niant le principe même d'un conflit, avait été forgé à l'occasion de la guerre. Enfin, Guy Dupré a rappelant sa participation aux manifestations contre la guerre de Corée en France, manifestations soutenues par le Mouvement de la paix et le Parti communiste français dont la répression violente s'est soldée par des morts. Dans un message qu'elle a lu au nom du Pôle de renaissance communiste en France (PRCF), Madeleine Dupont a exprimé sa solidarité avec les partisans de la paix dans la péninsule, contre l'impérialisme américain.

 

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Cofondateur de l'Association internationale des juristes démocrates, Roland Weyl, qui ne pouvait être présent, a fait parvenir un message où il a souligné la nécessité d'un règlement pacifique de la question coréenne et d'un retrait des troupes américaines, tout en observant que, du point de vue juridique, les troupes des Nations Unies n'ayant pas vocation à participer à une guerre elles ne pouvaient pas signer un traité de paix. De fait, leur intervention a marqué la première violation de la charte des Nations Unies.

 

Un débat s'est ensuivi sur la mémoire de ce conflit en France et les moyens les plus appropriés pour faire de la Corée une zone de paix. A cet égard, une campagne pour la paix a le mérite de resituer l'action dans un cadre politique. Les causes de la division, engendrées par des élections séparées organisées au Sud et boycottées par la majorité de l'opposition, méritent également d'être mieux connues, tout comme l'interprétation du conflit : le régime autoritaire alors au pouvoir à Séoul ne pouvait aucunement être assimilé à une démocratie libérale à l'occidentale, son manque de soutien populaire ayant joué un rôle dans l'avancée initiale des troupes du Nord qui, sans le débarquement des troupes alliées à Pusan, auraient réunifié la péninsule. Enfin, l'utilisation des armes chimiques - à l'origine des manifestations contre le commandant en chef, le général américain Ridgway ("Ridgway la peste") - montre la cruauté d'un conflit qui, par son utilisation massive du napalm, préfigurait déjà les moyens qu'emploieraient les Etats-Unis pendant la guerre du Vietnam.

 

Dans ce cadre, le choix de la RPD de Corée de se doter de l'arme nucléaire à des fins défensives, tout en réaffirmant sa position de principe en faveur d'un péninsule dénucléarisée dans sa totalité, Nord comme Sud, a nourri le début d'une autre discussion, mais qui sera l'objet de futurs débats.

 

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Photos : Alain Noguès 

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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 21:30

Les 22 et 23 juin 2013, une délégation composée de S.E. Yun Yong-il, ambassadeur de la République populaire et démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) à l’UNESCO et délégué général auprès de la République française, et de son conseiller politique, M. Jon Hyong-jong, a visité la région Basse-Normandie à l’invitation du comité régional Normandie de l’Association d’amitié franco-coréenne (AAFC).

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C’est sous une pluie fine typiquement normande que Maryvonne Bayet, présidente du comité régional Normandie de l’AAFC, créé le 27 avril 2013, a accueilli S.E. Yun Yong-il et M. Jong Hyong-jong, lesquels avaient répondu favorablement à son invitation de découverte de la région Basse-Normandie sous ses différents aspects, aussi bien historiques que culinaires ou agricoles. Le séjour de la délégation nord-coréenne en Normandie a débuté par une visite de la distillerie Busnel, située à Cormeilles, dans l’Eure. Fondée à la fin du XIXeme siècle, elle produit un calvados de grande qualité, reposant sur une méthode de chauffage complexe et sur un vieillissement dans des fûts de chêne pouvant aller jusqu’à 31 ans. La délégation coréenne a été particulièrement impressionnée par la quantité de pommes utilisées par la distillerie : dans la cour de la distillerie peuvent s'entasser jusqu’à 15 000 tonnes de pommes permettant de produire un million de litres de calvados par an. Ce calvados, possédant entre 40 et 43 degrés d’alcool, est commercialisé sous deux marques : Anée, qui vend l’appellation d’origine contrôlée (AOC) Calvados, et Busnel, qui commercialise l’AOC Calvados Pays d’Auge. A l’issue de la visite des structures de la distillerie, les représentants coréens ont pu déguster les différents types de calvados ainsi que du pommeau, composé à trois-quarts de jus de pomme et à un quart de calvados. 

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Le samedi après-midi, l’ambassadeur coréen et son conseiller politique ont visité le Mémorial de Caen, musée retraçant l’histoire politique de l’Europe depuis la Première Guerre mondiale. Le musée propose également une exposition sur la Guerre Froide, avec des documents d’époque. La délégation coréenne a montré un grand intérêt, notamment pour les photos exposées de la Guerre de Corée (1950-1953). A cette occasion, S.E. Yun Yong-il a pu livrer aux participants sa propre perception de cette guerre fratricide – au sens propre du terme – alors que la plupart des analyses de cette guerre se basent sur la version occidentale des faits. La journée s’est conclue par une visite du centre-ville de Caen, en particulier l’église Saint-Pierre et le château de Guillaume le Conquérant, surplombant la ville.

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Le lendemain, l’ambassadeur de RPDC et son conseiller politique ont pris la route du Bessin afin de rencontrer Christophe Bunel, agriculteur à Putot-en-Bessin. Disposant d’une surface cultivable de 150 hectares, il a diversifié ses cultures, et produit désormais du blé, de la betterave ou encore du lin, culture méconnue en Corée. Les représentants coréens ont été particulièrement attentifs au matériel utilisé par M. Bunel pour maximiser le rendement de ses cultures. Le territoire de la RPDC est en effet composé à seulement 15 % de terres arables, et les agriculteurs locaux doivent s’assurer que chaque parcelle de culture est exploitée au mieux. En particulier, S.E. Yun Yong-il a assuré vouloir revenir accompagné d’un ingénieur agronome de son pays et lui montrer les techniques de moisson de M. Bunel, afin que les agriculteurs coréens puissent s’inspirer des techniques françaises. La délégation a également pu observer les élevages de M. Bunel : des vaches charolaises produisant de la viande, ainsi que des chevaux de course, dont certains ont même gagné des prix sur l’hippodrome de Vincennes. Les diplomates coréens ont pu établir une comparaison avec leur pays, où les courses de chevaux sont encore peu développées. La visite de l’exploitation s’est terminée chaleureusement autour d’un verre de poiré normand, et Christophe Bunel a pu offrir aux diplomates coréens un échantillon de ses semences de blé et de lin, dont les agriculteurs de Corée sauront certainement faire le meilleur usage. Pour témoigner de sa gratitude, S.E. Yun Yong-Il a offert en retour à M. Bunel un CD de musique de l’orchestre Unhasu, venu se produire à Paris en mars 2012 pour un concert conjoint avec l’orchestre philharmonique de Radio France.

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Le week-end normand de la délégation coréenne s’est terminé par une rencontre avec Mme Régine Curzydlo, maire de la commune de Vauville (300 habitants), où est organisée chaque année, au mois d’août, la Picturale, exposition artistique (tableaux, sculptures...) qui se veut à la fois ancrée en Normandie et ouverte sur le monde. Très intéressé par cet événement, S.E. Yun Yong-il a exprimé son soutien à l’initiative de Mme le maire et sa volonté de participer à cette manifestation, dans le but de jeter les bases d’une coopération durable entre les artistes coréens et la commune de Vauville. L’idée d’une manifestation consacrée à la cuisine coréenne dans la commune, sur le modèle de l’événement organisé en février 2013 par l’AAFC avec le foyer rural de Tousson (Seine-et-Marne), a également été évoquée. Après avoir visité l’église de Vauville récemment restaurée, où se tient la Picturale, la délégation coréenne a remercié Mme Curzydlo de son accueil avant de repartir pour Paris, au terme d’une visite en Normandie réussie et prometteuse quant aux échanges à venir entre la France et la Corée, dans des domaines variés.

 

Photos : AAFC

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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 23:26

peace_tree_1.jpgA l'occasion du 13ème anniversaire de la déclaration conjointe Nord-Sud du 15 juin 2000, adoptée lors de la première rencontre au sommet entre les dirigeants des deux Etats coréens,  trois membres du bureau de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) - Benoît Quennedey, Patrick Kuentzmann et Maurice Cukierman - ont donné le 11 juin 2013 un entretien sur la situation en Corée à l'Alliance coréenne pour la réunification et la démocratie. Ils ont exprimé leur espoir que l'avenir du peuple coréen soit placé sous le sceau de la paix et de la réunification.

 

La métaphore de l'arbre est riche de symboles, puisqu'il puise ses racines dans un avenir partagé par tous les Coréens et que, au fur et à mesure de sa croissance et de son développement, ses branches expriment les promesses fructueuses de futures coopérations intercoréennes, fondées sur la déclaration historique du 15 juin 2000. L'arbre est aussi un symbole de paix, dans la mesure où il représente la nature reprenant ses droits sur des territoires naguère meurtris par la guerre.  

 

C'est devant un arbre de la paix rappelant que la Corée est une, et sur lequel ils avaient placé des messages de prospérité pour le peuple coréen, que trois membres du bureau de l'AAFC ont déployé des banderoles en coréen et en anglais où étaient inscrits des messages en faveur de la paix dans cette région du monde durement touchée par les conflits de l'époque contemporaine : plusieurs millions d'hommes, de femmes et d'enfants ont péri lors de la guerre de Corée (1950-1953). Celle-ci s'est conclue par un simple accord d'armistice, rendant urgente la signature d'un traité de paix pour que, à l'avenir, plus jamais des Coréens n'affrontent d'autres Coréens.

 

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peace-tree_conference-15-juin-2000_AAFC.jpgDonnant une interview qui sera diffusée sur Internet à l'occasion du 13ème anniversaire de la déclaration conjointe Nord-Sud du 15 juin 2000, Benoît Quennedey, Patrick Kuentzmann et Maurice Cukierman ont rappelé les espoirs soulevés par une décennie de "politique du rayon de soleil", de 1998 à 2008, ensuite mise à mal par la politique nord-coréenne du Président conservateur Lee Myung-bak (2008-2013). Sa successeur, Mme Park Geun-hye, était face à un dilemme, affichant sa volonté de renouer avec le dialogue intercoréen mais sans se départir de l'équipe politique de son prédécesseur, dont elle avait reconduit plusieurs des ministres. Le 11 juin 2013, l'échec au dernier moment de la reprise des pourparlers interministériels Nord-Sud, en raison de divergences sur le niveau de représentation jugé insuffisant par chacune des deux parties, témoignait de l'ampleur de la tâche à accomplir pour restaurer un climat de confiance et d'échanges - Pyongyang ayant accusé Séoul, le 13 juin, d'un manque de sincérité dans sa réponse à son offre de dialogue.

 

Les Coréens du Nord, du Sud et de la diaspora partagent une histoire, une langue et une culture communes anciennes de plus de 4.000 ans, la péninsule coréenne ayant réalisé son unité politique dès le 7ème siècle de notre ère. En 1991-1992, l'entrée conjointe des deux Corée aux Nations Unies et la signature du traité de base intercoréen avait ouvert la voie à des échanges économiques, culturels et humains accrus, dont la zone industrielle de Kaesong, jusqu'à la suspension récente de ses activités, était l'un des symboles les plus marquants. Après 2008, la fin du tourisme des Monts Kumgang, la suspension des réunions de familles séparées par la guerre et la division du pays ainsi que la fin des échanges intercoréens (à l'exception de la zone de Kaesong), suite au dramatique incident du Cheonan (imputé, sans preuves matérielles satisfaisantes, à la RPDC par la Corée du Sud), avaient toutefois signalé le naufrage des coopérations nouées pendant la politique du rayon de soleil, sous les présidences démocrates, à Séoul, de Kim Dae-jung (1998-2003) et Roh Moo-hyun (2003-2008). Les deux chefs d'Etat avaient rencontré à Pyongyang Kim Jong-il, président de la commission de la défense nationale de la RPD de Corée, permettant la signature des déclarations communes Nord-Sud du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007. En liant dialogue intercoréen et question nucléaire (laquelle concerne en fait les relation nord-coréano - américaines), et en proposant un "plan 3 000" perçu comme une aumône par les autorités nord-coréennes et une ingérence dans leur politique économique,le Président Lee Myung-bak avait aussi tenté, sans succès, de modifier les paradigmes des relations intercoréennes.

 

Pour l'avenir, les relations intercoréennes dépendront des Coréens eux-mêmes, qui sauront certainement faire preuve de créativité, alors que les expériences récentes de réunification d'Etats divisés - au Vietnam, en Allemagne ou au Yémen - ne correspondent pas aux modèles les plus prévisibles, ni nécessairement les plus souhaitables.

 

Photos Alain Noguès

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  • : Soutenir une réunification indépendante et pacifique de la Corée, conformément à l'aspiration légitime du peuple coréen et dans l’intérêt de la sécurité et de la paix dans le monde
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