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2 mai 2016 1 02 /05 /mai /2016 15:22

En Corée du Sud, les manœuvres militaires annuelles Foal Eagle ont pris fin le 29 avril 2016, un jour avant la date initialement prévue. Menés dans un contexte de tensions exacerbées dans la péninsule coréenne, ces exercices militaires - d'une ampleur inédite cette année - ont une nouvelle fois constitué une véritable menace pour la paix en Corée, en Asie et dans le monde, amenant l'Association d'amitié franco-coréenne à intervenir directement auprès des membres du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Conseil de sécurité des Nations Unies

Conseil de sécurité des Nations Unies

Lancées le 7 mars 2016 en même temps que les exercices de simulation Key Resolve (qui ont pris fin le 18 mars), les manœuvres militaires américano-sud-coréennes Foal Eagle ont été historiques par leur ampleur : mobilisation de 10 000 soldats américains et de 300 000 soldats sud-coréens, déploiement d'armes stratégiques américaines en Corée, telles qu'un porte-avion, un sous-marin nucléaire, deux bâtiments de projection, un bombardier et un avion de combat furtifs.

Surtout, les armées des Etats-Unis et de la Corée du Sud (sous commandement américain en temps de guerre) ont appliqué pour la première fois le plan d'opération 5015. Ce plan consistant à frapper en premier les installations de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a donné lieu à des opérations amphibies et aériennes renforcées dirigées contre la RPDC.

Ces exercices militaires ont eu lieu dans un contexte de tensions dans la péninsule coréenne encore exacerbées par les sanctions visant la RPDC prévues dans la résolution 2270 adoptée le 2 mars 2016 par le Conseil de sécurité des Nations Unies (CSNU), suite à l'essai nucléaire du 6 janvier 2016 et au lancement d'un satellite le 7 février 2016.

Comme décidé lors de la réunion de son Conseil national du 5 avril 2016, l'Association d'amitié franco-coréenne a adressé une lettre à tous les membres du Conseil de sécurité, à l'exception de la représentante des Etats-Unis, pour demander que les manœuvres militaires à répétition dans la péninsule coréenne, en tant que menace pour la paix, fassent, au moins, l'objet d'un débat au sein du CSNU.

Les exercices militaires américano-sud-coréens, auxquels s'ajoutent le refus de dialoguer avec la RPDC et le recours systématique à une « diplomatie des sanctions » de la part des Etats-Unis, font que ces derniers ont une large part de responsabilité dans la montée des tensions dans la péninsule coréenne. L'AAFC avait déjà fait part de son inquiétude face à cette situation dans une lettre adressée à l'ambassadeur des Etats-Unis en France le 28 janvier 2013, en se montrant disposée à en discuter avec lui ou ses collaborateurs. Cette lettre est restée sans réponse.

Texte de la lettre adressée, en français, le 19 avril 2016 aux représentants au Conseil de sécurité des Nations Unies de la France (membre permanent) et du Sénégal :

Excellence,

L’attention du Conseil de sécurité des Nations Unies est souvent appelée sur les démarches militaires ou scientifiques entreprises par la République populaire démocratique de Corée (RPDC).

Le résultat est que le Conseil de sécurité a été conduit par certains de ses membres à adopter des résolutions contraignantes qui donnent l’impression que les difficultés dans la péninsule coréenne ne sont imputables qu’à une seule partie. En outre, elles imposent à la RPDC et à sa population des sanctions qui tendent à aggraver encore les tensions. Elles encouragent d’autres pays à adopter des sanctions, cette fois-ci unilatérales, dans le plus grand mépris de la Charte des Nations Unies et de la compétence du Conseil de sécurité.

Aux termes de l’article 39 de la Charte des Nations Unies et dans le cadre de ses attributions exclusives en matière de sécurité collective, « le Conseil de sécurité constate l'existence d'une menace contre la paix, d'une rupture de la paix ou d'un acte d'agression et fait des recommandations ou décide quelles mesures seront prises conformément aux Articles 41 et 42 pour maintenir ou rétablir la paix et la sécurité internationales ».

Or, au regard des qualifications employées par le Conseil de sécurité par le passé, il est patent que la notion de « menace contre la paix » dans la péninsule coréenne est susceptible de concerner un grand nombre de situations et de démarches entreprises, pas seulement du fait de la République populaire démocratique de Corée.

À ce titre, les exercices militaires conjoints des États-Unis d’Amérique et de la République de Corée sont clairement constitutifs d'une « menace contre la paix », dans la mesure où ils créent un climat de tension, susceptible d’entraîner un conflit.

Il est regrettable que les exercices militaires conjoints des États-Unis d’Amérique et de la République de Corée n’aient jamais été inscrits à l’ordre du jour du Conseil de sécurité, ni traités afin que des mesures soient adoptées par les Nations Unies, alors qu'ils constituent un véritable problème : ils mobilisent des troupes et simulent clairement un affrontement armé avec la RPDC, fragilisent la situation et créent des tensions. En outre, leurs initiateurs s’inscrivent ouvertement dans l’optique d’un conflit avec la RPDC et envisagent l’hypothèse d’une invasion et d’une occupation de cette dernière.

Le Conseil de sécurité doit aborder ces exercices, car la « menace contre la paix » est clairement établie. En omettant de traiter cette situation, le Conseil de sécurité donne une impression de partialité, ce qui ne peut que fragiliser les buts qu’il est supposé poursuivre au titre du chapitre VII de la Charte des Nations Unies. La sécurité collective suppose une approche globale et honnête de la situation, non une position n’obéissant qu’à un seul point de vue.

Il est de la responsabilité de chaque membre du Conseil de sécurité de soulever tout ce qui pourrait menacer la paix dans la péninsule coréenne, et non de se focaliser sur les actions d’un seul protagoniste.

La cause de la paix dans le monde suppose que les provocations récurrentes et réitérées ne soient pas tues et passées sous silence au motif que certains pays, aussi puissants soient-ils, s’y opposent.

Les Nations Unies doivent s’engager dans une démarche qui associe tous les Coréens afin que, pacifiquement, ils soient les seuls à prendre leur destin en mains, conformément aux principes du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et de non-ingérence exprimés par la Charte des Nations Unies.

Nous vous prions d’agréer, Excellence, l’expression de nos sentiments les plus respectueux.

Le Bureau national de l'Association d'amitié franco-coréenne

Texte de la lettre adressée, en anglais, le 19 avril 2016 aux représentants au Conseil de sécurité des Nations Unies de l'Angola, de la Chine (membre permanent), de l'Egypte, du Japon, de la Malaisie, de la Nouvelle-Zélande, du Royaume-Uni (membre permanent), de la Russie (membre permanent) et de l'Ukraine :

Excellency,

The attention of the UN Security Council is often drawn to the military or scientific actions taken by the Democratic People's Republic of Korea (DPRK).

As a result, the Security Council has been led by some of its members to pass binding resolutions which give the impression that difficulties in the Peninsula are imputable only to one side. Moreover, they impose on the DPRK and its people sanctions that tend to aggravate tensions. They encourage other countries to adopt unilateral sanctions, in total disregard of the UN Charter and the authority of the Security Council.

In accordance with Article 39 of the Charter of the United Nations and considering its exclusive powers for ensuring collective security, “the Security Council shall determine the existence of any threat to the peace, breach of the peace, or act of aggression and shall make recommendations, or decide what measures shall be taken in accordance with Articles 41 and 42, to maintain or restore international peace and security.

But in terms of qualifications used by the Security Council in the past, it is clear that the notion of "threat to the peace" in the Korean Peninsula is likely to involve a large number of situations and actions, not only as a result of initiatives taken by the Democratic People's Republic of Korea.

As such, the joint military exercises of the United States of America and the Republic of Korea clearly constitute a "threat to the peace", since they create a climate of tension which may result in a conflict.

It is regrettable that the joint military exercises of the United States of America and the Republic of Korea have never been on the agenda of the Security Council, or treated so that measures could be adopted by the United Nations while they are a real problem: they mobilize troops and clearly simulate an armed confrontation with the DPRK, undermining the situation and creating tensions. In addition, their initiators clearly act in the context of a dispute with the DPRK and consider the hypothesis of an invasion and an occupation of the latter.

The Security Council must address these exercises because a "threat to the peace" is clearly established. By failing to address this situation, the Security Council gives an impression of bias, which can only undermine the goals it is supposed to proceed under Chapter VII of the UN Charter. Collective security requires a comprehensive and honest approach to the situation, and not a position corresponding to only one point of view.

Each member of the Security Council has the responsibility to prevent anything that might threaten peace on the Korean peninsula, and not to focus on the actions of a single protagonist.

The cause of world peace demands that recurrent and repeated provocations should not be silently received or ignored on the grounds of the opposition of some countries, howsoever powerful they are.

The United Nations should engage in a process that unites all Koreans so that they could take their destiny into their own hands peacefully, according to the principles of the right of nations to self-determination and non-interference as expressed by the Charter of the United Nations.

We ask you to accept, Excellency, the assurances of our most respectful feelings.

The National Board of the France-Korea Friendship Association

Texte de la lettre adressée, en espagnol, le 19 avril 2016 aux représentants au Conseil de sécurité des Nations Unies de l'Espagne, de l'Uruguay et du Venezuela :

Excelencia,

La atención del Consejo de seguridad de las Naciones Unidas esta regularmente volcada hacia las actividades militares o científicas elaboradas por la República Popular Democrática de Corea (RPDC).

Resultando que el Consejo de seguridad haya adoptado resoluciones vinculando las dificultades de la península coreana a una sola de las partes. Además imponen a la RPDC y a su población sanciones que tienden a acentuar las tensiones. Estimulan la adopción, por parte de otras naciones, de sanciones, esta vez unilaterales, despreciando así la Carta de las Naciones Unidas y las competencias del Consejo de seguridad.

Según el articulo 39 de la Carta de las Naciones Unidas y en el ámbito de sus competencias exclusivas acerca de la seguridad colectiva : « El Consejo de seguridad constata la existencia de una amenaza contra la paz, de una ruptura de la paz o un acto de agresión y hace recomendaciones o decide de las medidas que serán tomadas conforme a los Artículos 41 y 42 para mantener la paz y la seguridad internacional. »

Sin embargo, teniendo en cuenta las calificaciones empleadas por el Consejo de seguridad en el pasado, queda patente que la noción de « amenaza contra la paz » en la península coreana es susceptible de incumbir a un gran numero de situaciones y de posturas tomadas no solamente por parte de la República Popular Democrática de Corea.

En dicho sentido, los ejercicios militares conjuntos de Estados Unidos y de la República de Corea son claramente elementos que constituyen una « amenaza contra la paz » en la medida en que alimentan un clima de tensión susceptible de provocar un conflicto.

Lamentamos que los ejercicios militares conjuntos de Estados Unidos y de la República de Corea no hayan sido nunca inscritos a la orden del día en el Consejo de seguridad, ni objeto de discusión de manera a que se tomen medidas necesarias por parte de las Naciones Unidas, cuando constituyen un autentico problema: movilizan tropas y simulan claramente un enfrentamiento armado con la RPDC, haciendo más frágil la situación y creando tensiones. Asimismo sus instigadores se inscriben abiertamente en la posibilidad de un conflicto con la RPDC y plantean la hipótesis de una invasión y ocupación de esa última.

El Consejo de seguridad debe atender a dichos ejercicios, puesto que la « amenaza contra la paz » esta claramente establecida. Omitiendo el trato de dicha situación el Consejo de seguridad dejaría suponer un trato parcial de la situación, lo que favorecería el debilitamiento de los objetivos que supuestamente ha de seguir si nos referimos al capítulo VII de la Carta de las Naciones Unidas. La seguridad colectiva implica un trato global y honesto de la situación, y no un posicionamiento que obedece a un solo punto de vista.

Incumbe a la responsabilidad de cada miembro del Consejo de seguridad de señalar cualquier elemento que podría amenazar la paz en le península coreana y no centrarse en las acciones de uno solo de los protagonistas.

La causa de la paz en el mundo implica que las provocaciones recurrentes y reiteradas no sean calladas y sofocadas debido a que ciertos países, por muy poderosos que sean, se opongan a ello.

Las Naciones Unidas deben fomentar un enfoque que asocie a todos los coreanos con el objetivo de que, pacíficamente, sean los únicos que puedan tomar en mano su destino conforme a los principios del derecho de los pueblos a disponer de ellos mismos y a la no-injerencia expuesta en la Carta de las Naciones Unidas.

Le saluda atentamente.

Oficina nacional de la Asociación de amistad Francia-Corea

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1 mai 2016 7 01 /05 /mai /2016 12:26

Le 30 avril 2016, la cellule Albert Maton du Parti communiste français (PCF) à Maubeuge organisait sa 4e Fête internationaliste. L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) était présente par la tenue d'un stand et son intervention sur la situation dans les deux Corée. 

L'AAFC présente à la 4e Fête internationaliste de la cellule Albert Maton du PCF à Maubeuge

Les interventions au cours de la journée ont été à la hauteur de l'exigence de qualité des organisateurs tout en répondant aux nombreuses questions d'un public assidu et motivé. En ouverture de cette journée, Gérard Streiff, auteur de romans policiers et directeur de La revue du projet, s'est exprimé sur le thème "Polar et politique", en montrant la forte présence des thèmes politiques et historiques dans le roman policier. L'après-midi, l'association France-Kurdistan a plaidé pour la solidarité avec les Kurdes, alors qu'ils sont victimes d'une répression et d'une politique de nettoyage ethnique en Turquie dont les autorités françaises se rendent complices en coopérant avec le régime autoritaire d'Ankara. Le professeur Pierre Outteryck a donné une conférence sur l'histoire du Premier mai, profondément liée aux combats ouvriers du Nord de la France. Enfin, la situation politique et sociale au Maroc et en Algérie a été abordée lors d'une dernière conférence animée par l'organisation communiste marocaine La Voie démocratique - le représentant du Parti algérien pour la démocratie et le socialisme ayant été excusé. Au Maroc, La Voie démocratique est victime de la répression et a expliqué son choix du boycott des élections organisée par la monarchie chérifienne, tout en étant le seul parti à porter certains combats politique au Maroc - par exemple, le soutien aux Sahraouis

La conférence donnée par l'Association d'amitié franco-coréenne a quant à elle rappelé le contexte historique, politique et social de la Corée, divisée après la fin de l'occupation japonaise du fait du jeu des grandes puissances et après l'organisation d'élections séparées dans la moitié Sud de la péninsule. Puis l'AAFC a rappelé les principaux objectifs de l'action qu'elle mène depuis 1969 : organisation de solidarité avec les Coréens de toute la péninsule, elle ne considère aucun des deux régimes en place dans la péninsule comme un modèle de démocratie à reproduire dans d'autres pays. Elle oeuvre à encourager dans tous les domaines la coopération avec toute la Corée, donc y compris le Nord - ayant notamment fait aboutir des projets dans les domaines universitaire et humanitaire - afin de permettre une meilleure compréhension entre Français et Coréens, au-delà du prêt-à-penser et des clichés médiatiques. L'AAFC contribue ainsi, à son niveau, au dialogue, à la paix et à la réunification en Corée.  Enfin, l'évolution autoritaire du pouvoir conservateur à Séoul a conduit l'AAFC, aux côtés d'autres organisations comme le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD), à renforcer les actions de solidarité avec les militants politiques et syndicaux victimes de la répression en Corée du Sud, ce qui n'est d'ailleurs pas sans conséquences pour certains dirigeants de l'AAFC devenus des cibles en France des services de renseignement sud-coréens, bras armé de toutes les atteintes aux libertés publiques en Corée du Sud - le combat pour la justice et la liberté étant à ce prix.

Présente aux côtés d'autres organisations de solidarité internationale (notamment avec le Kurdistan et la Palestine), l'AAFC proposait par ailleurs sur son stand des publications, des timbres, des monnaies, des cartes postales et des badges. Rendez-vous a été donné aux membres de l'AAFC présents à Maubeuge de participer à d'autres rassemblements régionaux - proposition qu'ils ont bien sûr acceptée.

L'AAFC remercie les militants du PCF de Maubeuge pour leur invitation qui a permis de nourrir des échanges constructifs et utiles, riches de promesses d'actions futures pour favoriser la paix et les libertés dans l'ensemble de la péninsule coréenne.

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6 avril 2016 3 06 /04 /avril /2016 19:55

Le 5 avril 2016 le Comité national de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC), renouvelé lors de la dernière assemblée générale, s'est réuni à Paris. Alors que la montée des tensions dans la péninsule coréenne suscite questions et débats, cette réunion, qui s'est tenue exceptionnellement en présence de MM. Ri Ho-yong et Hyon Ki-chol, conseillers à la délégation générale de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) en France, a permis d'aborder en détail la situation actuelle et aussi de souligner le rôle qui incombe à l'AAFC, fondamentalement attachée à la paix et à la réunification. Dans le contexte actuel, compte tenu de la complexité de la situation qui prévaut dans la péninsule coréenne, il convient, plus que jamais, d'analyser, comprendre et expliquer.

Réunion du Comité national de l'AAFC : expliquer et analyser

En ouverture des travaux du Comité national de l'AAFC, Guy Dupré, président de l'AAFC, a rappelé qu'il était d'usage pour l'AAFC de s'associer aux fêtes nationales de la RPD de Corée. Alors que la RPD de Corée fêtera le 15 avril prochain la naissance de son fondateur, le Président Kim Il-sung, Benoît Quennedey, vice-président de l'AAFC chargé des actions de coopération, a souligné que l'histoire des relations intercoréennes montrait que des progrès dans les relations Nord-Sud pouvaient être initiés dans des périodes de fortes tensions, et que c'était le rôle de l'AAFC d'encourager toute initiative pour la paix et le dialogue. A cet égard, il a rappelé que le Président Kim Il-sung avait joué un rôle majeur dans l'adoption du communiqué conjoint Nord-Sud du 4 juillet 1972, pierre angulaire du rapprochement Nord-Sud, malgré les tensions internationales à une période marquée par la guerre au Vietnam. Monsieur Ri Ho-yong, conseiller à la délégation générale de la RPD de Corée en France, a remercié l'AAFC pour ses activités, en soulignant les contributions du Président Kim Il-sung à la paix dans le monde et à la réunification de la Corée.

Guy Dupré, président de l'AAFC, et Benoît Quennedey, vice-président de l'AAFC chargé des actions de coopération

Guy Dupré, président de l'AAFC, et Benoît Quennedey, vice-président de l'AAFC chargé des actions de coopération

Le Comité national de l'AAFC a commencé par condamner la partialité du Conseil de sécurité des Nations Unies, prompt à critiquer la RPDC sur son programme balistique et nucléaire mais silencieux en ce qui concerne les manoeuvres militaires américano-sud-coréennes, bien qu'il ait été saisi officiellement de cette question par les autorités nord-coréennes.

S'est ensuite engagé un échange de vues sur la situation internationale. Une des membres du Comité national, absente car résidant en province, a fait part dans un message écrit de son hostilité à toute menace de guerre atomique au regard de l'attachement fondamental de l'AAFC à la paix en Asie du Nord-Est et dans le monde. En réponse à ces inquiétudes, M. Hyon Ki-chol, conseiller à la délégation générale de la RPD de Corée en France, a déploré la reprise par les médias occidentaux de citations tronquées des autorités de la RPDC : la Corée du Nord a parlé d'attaque nucléaire si et seulement si les Etats-Unis menacent d'utiliser leurs propres armes atomiques contre la RPDC. Les armes nucléaires détenues par la RPDC ont exclusivement un rôle d'autodéfense. Alors que les Coréens sont un peuple pacifique qui n'a jamais attaqué d'autre peuple, la RPDC n'envisage en aucun cas d'attaquer en premier les Etats-Unis, ce qui n'aurait guère de sens au regard du déséquilibre des forces stratégiques jouant en faveur de la superpuissance américaine.

MM. Ri Ho-yong et Hyong Ki-chol, de la délégation générale de la RPD de Corée à Paris

MM. Ri Ho-yong et Hyong Ki-chol, de la délégation générale de la RPD de Corée à Paris

Maurice Cukierman a souligné que le peuple coréen avait le droit de construire la société socialiste qu'il souhaitait, sans ingérence extérieure, et que l'aggravation des tensions devait être mise en parallèle avec la dérive autoritaire en cours en Corée du Sud qui apparaissait comme la préparation à une situation de guerre, dans laquelle les oppositions n'auraient plus droit de cité.

S'agissant des tâches à accomplir par l'AAFC, dans une contribution écrite adressée au Comité national, Djimadoum Ley-Ngardigal, président du comité régional Bretagne de l'AAFC, a notamment évoqué l'intérêt de se saisir d'événements culturels et sportifs en France associant les Nord-Coréens pour donner une autre image d'un pays volontiers décrié. La discussion a ainsi porté sur la politique de communication de la RPDC, en évoquant l'intérêt que la délégation générale de Corée organise des conférences de presse pour faire valoir ses positions, et en rappelant la disponibilité de l'AAFC pour nourrir le débat, aller à la rencontre des médias et de l'opinion publique, pour apporter une capacité d'analyse au-delà du prêt-à-penser et des idées reçues, en permettant ainsi d'appréhender la situation de l'ensemble de la Corée dans toute sa complexité.

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3 avril 2016 7 03 /04 /avril /2016 20:20

C'est un rassemblement exceptionnel qui a eu lieu à Paris, le 2 avril 2016 place du Châtelet, à l'appel du Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD), à la hauteur des atteintes gravissimes aux libertés publiques que comporte la nouvelle loi antiterroriste en Corée du Sud : pour le retrait de cette loi et pour la libération de tous les prisonniers politiques en Corée du Sud, la manifestation du 2 avril a réuni des Français et des Coréens unis dans une même volonté de ne pas laisser la répression politique et antisyndicale s'exercer en toute impunité dans la Corée du Sud de Mme Park Geun-hye.

Rassemblement exceptionnel à Paris pour les droits de l'homme en Corée du Sud

Confier aux services de renseignement sud-coréens, fer de lance de la répression au Sud de la péninsule coréenne, la responsabilité de la lutte antiterroriste contre un ennemi terroriste créé de toutes pièces ce serait comme confier à un pyromane la responsabilité des services d'incendie : c'est pourtant ce que fait la loi antiterroriste, adoptée dans la nuit du 2 au 3 mars 2016 en Corée du Sud, sans consensus partisan - les députés d'opposition ayant boycotté la séance publique après s'être engagés dans une obstruction parlementaire sans précédent dans l'histoire du pays.

Fidèle à son combat historique en faveur des droits de l'homme et des libertés publiques en Corée du Sud, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) a soutenu la manifestation du CILD place du Châtelet à Paris le 2 avril 2016, pour le retrait de la loi antiterroriste et la libération de tous les prisonniers politiques en Corée du Sud - dont des portraits géants étaient affichés par les membres de l'Alliance coréenne présents.

Patrick Kuentmann, secrétaire général de l'AAFC, refoulé de Corée du Sud, a rappelé la façon dont l'Agence nationale de renseignement sud-coréennes (NIS), non contente de s'immiscer dans la vie politique intérieure de la Corée du Sud (ce qui a entraîné la condamnation d'un ancien dirigeant des services du NIS), cherche également à empêcher la libre expression des étrangers qui, comme les militants de l'AAFC, ont le mauvais goût de pointer du doigt la dérive autoritaire et sécuritaire des autorités conservatrices au pouvoir à Séoul.

Rassemblement exceptionnel à Paris pour les droits de l'homme en Corée du Sud

Alors que l'année croisée France-Corée semble avoir anesthésié toute velléité des autorités françaises de porter la moindre critique à l'encontre des atteintes grandissantes aux droits de l'homme en Corée du Sud, pratiquant un mensonge dans lequel même le Département d'Etat américain n'ose pas se fourvoyer, les élections législatives du 13 avril 2016 en Corée du Sud offrent une chance historique de stopper la descente aux enfers de la démocratie sud-coréenne, en soutenant les démocrates et l'opposition victimes des atteintes aux droits de l'homme : il appartient à toutes celles et tous ceux qui, en France et dans le monde, ne veulent pas voir resurgir les années de plomb de la junte militaire, naguère dirigée par le général Park Chung-hee, père de l'actuelle présidente sud-coréenne Mme Park Geun-hye, de tout faire pour empêcher que l'irréparable ne survienne à Séoul.

Rassemblement exceptionnel à Paris pour les droits de l'homme en Corée du Sud

Lire le compte rendu détaillé de la manifestation sur le site du Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud :

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27 mars 2016 7 27 /03 /mars /2016 18:28

Samedi 19 mars 2016, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) organisait un compte-rendu de son voyage d’octobre 2015 en République populaire démocratique de Corée (RPDC) dans le sympathique village de Tousson (Seine-et-Marne), au Foyer rural de Tousson et au café La Tête des trains. L'animateur du Foyer rural de Tousson, Pierrot Beltante, faisait partie de la délégation de l'AAFC en visite en RPDC en octobre 2015. Ce n’est pas que la première fois qu’un évènement de l’AAFC a lieu à Tousson. On peut même dire qu'une véritable tradition s'est créée avec un rendez-vous chaque année chez nos amis de Tousson depuis 2011. Ce fut l’occasion d’une rencontre qui a permis aux participants de se retrouver et d’échanger. Plusieurs vidéos et diapositives du voyage d’octobre 2015 ont été présentées. Ainsi, certains participants ont pu se familiariser avec les côtés insolites et inconnus de la RPDC, loin des clichés facilement éculés. Un débat a ensuite eu lieu. Comme toute bonne chose a une fin, un sympathique repas a permis aux participants de conclure la soirée, avec kimchi et nouilles froides (une des spécialités culinaires de Pyongyang). Nous remercions Pierrot Beltante et La Tête des trains pour leur accueil toujours chaleureux. À l’année prochaine, à… Tousson évidemment ! L'AAFC revient, en images, sur cette réunion.

La réunion de compte rendu du voyage de l'AAFC avait été placardé dans tout Tousson...

La réunion de compte rendu du voyage de l'AAFC avait été placardé dans tout Tousson...

... et relayée dans la presse locale !

... et relayée dans la presse locale !

Nouilles froides et kimchi au menu

Nouilles froides et kimchi au menu

Films et photos, débat, buffet franco-coréen : une organisation de main de maître par Pierrot Beltante

Films et photos, débat, buffet franco-coréen : une organisation de main de maître par Pierrot Beltante

Compte-rendu à Tousson du voyage d’octobre 2015 de l’AAFC
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28 février 2016 7 28 /02 /février /2016 21:09

Le 27 février 2016, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) a tenu son assemblée générale annuelle au siège national du Secours populaire français à Paris - avec lequel elle mène de longue date une action de solidarité en direction des populations coréennes. Dans un contexte marqué par un regain de tensions dans la péninsule coréenne, l'AAFC joue plus que jamais un rôle irremplaçable, en France, pour favoriser le dialogue, la paix et la réunification dans la péninsule coréenne où la guerre froide n'a jamais pris fin.

Assemblée générale 2016 : l'AAFC à l'avant-garde du combat pour la paix et la réunification en Corée

En ouverture des travaux de l'assemblée générale, Guy Dupré, président de l'AAFC, a rappelé le contexte où s'inscrivait son action, dans un contexte lourd de menaces de conflit dans la péninsule coréenne. Pour sa part, l'AAFC a toujours été fidèle à ses idéaux depuis sa fondation en 1969 : favoriser le dialogue, les échanges et la coopération entre la France et l'ensemble de la Corée, avec la certitude qu'il s'agit de la meilleure garantie pour la paix en Asie du Nord-Est et la réunification de la péninsule.

Présentant le rapport d'activité 2015, Patrick Kuentzmann, secrétaire général de l'AAFC, a relevé les attaques dont l'association avait été la cible de la part des services secrets sud-coréens - ce qui devait s'interpréter comme une rançon de son succès, alors que l'année écoulée avait vu une intensification des activités de l'AAFC, en soutien notamment aux démocrates et aux défenseurs des libertés publiques en Corée du Sud, et aux pacifistes - coréens comme japonais - à l'occasion du soixante-dixième anniversaire de la fin de la Seconde guerre mondiale. L'engagement de l'AAFC aux côtés du Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD), présidé par Jean Salem, ainsi que du collectif Solidarité pour les libertés et la démocratie en Asie (SOLIDA), constitué notamment par des Japonais et des Coréens opposés à la révision de l'article 9 de la Constitution japonaise, constituent ainsi des axes majeurs des actions passées et futures de l'AAFC.

L'année 2015 a aussi été marquée par un renforcement des activités de coopération, en particulier avec l'accueil en France d'une délégation de jeunes artistes handicapés en février 2015, et le soutien au déplacement en RPD de Corée de Damien Jamet, maître de conférences à l'IUT de Saint-Dié (Université de Lorraine), qui a inauguré une coopération universitaire inédite entre la France et la Corée du Nord dans le domaine scientifique.

Enfin, l'AAFC a déployé une importante action de communication et de conférences publiques, notamment en direction des milieux étudiants et universitaires. Celle-ci s'appuie sur une connaissance privilégiée de la RPD de Corée, loin des clichés et du prêt-à-penser véhiculés par les médias, grâce notamment au séjour régulier de délégations de l'AAFC dans le Nord de la péninsule - un déplacement ayant eu lieu à l'occasion du soixante-dixième anniversaire de la fondation du Parti du travail de Corée, le 10 octobre 1945.

Présentant ensuite le rapport d'orientation 2016, Benoît Quennedey, vice-président de l'AAFC chargé des actions de coopération, a souligné les enjeux que constituait l'encouragement à la paix et à la réunification en Corée dans le contexte actuel de graves tensions alimentées par les Etats-Unis et un pouvoir sud-coréen de plus en plus autoritaire. A cet égard, le soutien aux défenseurs des droits de l'homme en Corée du Sud représente un objectif prioritaire des activités de l'AAFC, compte tenu des prochaines échéances électorales au Sud de la péninsule (législatives d'avril 2016 et présidentielle de décembre 2017) : le contexte actuel exige un renforcement de la solidarité avec les militants politiques et syndicaux emprisonnés, ainsi qu'un appui toujours croissant à l'exercice de libertés fondamentales d'expression et de réunion de plus en plus menacées.

Au regard du rôle joué par l'AAFC dans le mouvement international de solidarité pour la paix et la réunification en Corée, exprimé notamment lors de la participation d'une délégation à la conférence internationale tenue à Helsinki en septembre 2015, le rapport d'orientation a proposé que l'AAFC prenne l'initiative d'une réunion internationale à Paris au début de l'année 2017, qui marquera le quarantième anniversaire de la fondation du Comité international pour la paix et la réunification en Corée (CILRECO).

Jacky Lemeur a ensuite présenté le rapport financier : alors que les cotisations et dons représentent la quasi-totalité des ressources de l'AAFC, la hausse de 18 % du produit des cotisations en 2015, pour encourageante qu'elle soit, ne doit toutefois pas masquer la nécessité d'un renforcement de l'association pour accroître sa visbilité, son audience et ses moyens d'action.

De gauche à droite : Benoît Quennedey, Guy Dupré et Patrick Kuentzmann

De gauche à droite : Benoît Quennedey, Guy Dupré et Patrick Kuentzmann

Les débats sur les trois rapports ont notamment porté sur la solidarité avec les militants des droits de l'homme au Sud, le soutien aux pacifistes en Asie de l'Est et les contacts avec le ministère français des Affaires étrangères.

Après une adoption à l'unanimité des rapports d'activité, d'orientation et financier, l'AAFC a renouvelé ses instances nationales.

Enfin, S.E M. Kim Yong-il, délégué général de la RPD de Corée en France, ambassadeur auprès de l'UNESCO, et M. Ri Ho-yong, conseiller politique à la délégation générale de la RPDC, ont rejoint les participants, autour d'un pot convivial ayant clôturé des travaux riches d'ambitions et d'espoirs.

De gauche à droite : André Aubry, président d'honneur de l'AAFC, MM. Kim Yong-il et Ri Ho-yong

De gauche à droite : André Aubry, président d'honneur de l'AAFC, MM. Kim Yong-il et Ri Ho-yong

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17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 17:36

Dans un contexte d'hostilité croissante des Etats-Unis, et de leurs alliés, à l'égard de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), et face au déferlement médiatique que subit ce pays, le Professeur Robert Charvin,  doyen honoraire de la Faculté de droit et sciences économiques de Nice, et vice-président de l'Association d'amitié franco-coréenne, a fait une mise au point que nous reproduisons ci-après. Ce texte a été rédigé après l'essai nucléaire nord-coréen du 6 janvier 2015 et avant la mise sur orbite du satellite Kwangmyongsong-4 par la RPDC le 7 février.

Certains événements montrent que des situations qui s'éternisaient peuvent être réglées positivement. L'embargo qui pesait sur Cuba a été levé par les Etats-Unis ; celui qui voulait isoler l'Iran vient de cesser. La persévérance des victimes et les intérêts des grandes puissances ont décidé de ces mutations.

Par contre, d'autres problèmes, particulièrement inéquitables pour les peuples concernés, ne sont pas en voie d'être résolus. Parmi ces problèmes, il y a la domination quasi-coloniale d'Israël sur le peuple palestinien qui dure depuis 70 ans. Il y a aussi le refus par les Etats-Unis d'ouvrir des négociations de paix avec la RPD de Corée et de cesser les menées d'ingérence mettant en cause sa souveraineté. L'hostilité ouverte des Etats-Unis, du Japon, de la Corée du Sud et des Etats européens (dont la France, incapable de mettre en œuvre une simple reconnaissance diplomatique de la RPDC), sans aucun fondement, est une mesure discriminatoire vis-à-vis d'un Etat membre des Nations Unies, comme cela a été le cas dans le passé à l'égard de la Chine.

L'ONU, pourtant directement concernée par la question coréenne, étant donné son intervention directe lors de la guerre de 1950-1953, reste inerte.

L'Agence internationale de l'énergie atomique, pratiquant la politique du « deux poids, deux mesures », à l'instigation des grandes puissances nucléaires, et  contrairement à la légalité internationale, est plus rigoureuse vis-à-vis de la RPDC (qui s'est légalement retirée du Traité de non prolifération) qu'à l'égard de pays comme Israël (qui n'a jamais adhéré à ce même traité).

Les dispositions fondamentales de la Charte des Nations Unies, de multiples résolutions de l'Assemblée générale, sont violées : chaque peuple est en droit de choisir sans ingérence son régime. Le principe de l'égale souveraineté des Etats est toujours en vigueur ! L'affirmation explicite des grandes puissances de vouloir détruire le régime de la RPDC est une forme d'agression et de provocation permanente, de même que l'image donnée en Occident sur Pyongyang.

La question des droits de l'Homme, mis en avant par la France, notamment, est irrecevable de la part d'un Etat qui a des relations étroites avec nombre de régimes totalement indifférents aux conceptions occidentales des droits humains, comme l'Arabie saoudite, le Qatar et diverses dictatures africaines soutenues par des réseaux d'intérêts français.

La résistance que manifeste le peuple coréen depuis 1950, c'est-à-dire depuis plus d'un demi-siècle, est digne de respect. La Corée se veut coréenne, n'en déplaise à nombre d'occidentaux. L'originalité de sa société est une contribution à la richesse politico-culturelle du monde.

Les amis de la RPDC s'engagent, une fois de plus, à exprimer leur solidarité au peuple coréen, à sa réunification, au maintien de la paix dans la région et à tous les efforts de développement que réalise Pyongyang malgré toutes les difficultés que la RPDC doit surmonter. 2016 sera une nouvelle année de luttes et de résistance victorieuses.

 

Paris, le 5 février 2016

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13 février 2016 6 13 /02 /février /2016 12:11

Le 12 février 2016, le bureau élargi de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) a reçu, à Antony, MM. Ri Ho-yong et Hyon Ki-chol, conseillers à la délégation générale de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), à l'occasion de la fête de l'Etoile brillante qui commémore, en RPD de Corée, l'anniversaire de naissance du Dirigeant Kim Jong-il - et a coïncidé cette année avec le lancement réussi, le 7 février 2016, du satellite "Kwangmyongsong 4" dont le nom signifie, précisément, "étoile brillante". Ces échanges, organisés à l'initiative d'André Aubry, président d'honneur de l'AAFC et ancien sénateur des Hauts-de-Seine, ancien maire d'Antony, ont aussi été l'occasion de revenir sur l'actualité récente - marquée par la hausse récente des tensions dans la péninsule coréenne qui ont conduit, malheureusement, à la fermeture de la zone industrielle de Kaesong - qui était un symbole de la coopération intercoréenne.

Réunion de l'AAFC avec les diplomates de la délégation générale de la RPD de Corée en France

S'exprimant au nom de l'AAFC, Benoît Quennedey, vice-président chargé des actions de coopération, a rappelé l'attachement fondamental de l'AAFC à la paix et à la réunification de la Corée, qui sont les objectifs de l'association depuis sa fondation en 1969 : il n'y a pas d'alternative à une solution négociée, par la voie diplomatique, car qui souhaiterait sincèrement une nouvelle guerre de Corée dévastatrice ? Les récentes initiatives de Washington et Séoul ont par ailleurs montré que l'objectif des sanctions internationales n'était ni de limiter les programmes nucléaire et balistique nord-coréens, ni de viser les produits de luxe, mais bien d'étrangler économiquement la RPDC, suivant un programme défini de longue date par les néoconservateurs américains - qui utilisent par ailleurs le prétexte nord-coréen pour une escalade militaire visant, en fait, à endiguer la Chine. A cet égard, l'absence de sanctions par le Conseil de sécurité des Nations Unies depuis l'essai nucléaire nord-coréen du 6 janvier 2016 est révélateur des divergences d'intérêts et d'interprétations entre les Etats-Unis et leurs alliés d'une part, la Chine et la Russie d'autre part.

Il a également souligné la réussite technologique que représentait la mise sur orbite du satellite Kwangmyongsong-4 - reconnue même par les Etats-Unis et la Corée du Sud - alors que le programme spatial de la RPD de Corée a été initié au plus haut niveau de l'Etat nord-coréen. Les experts américains avaient aussi convenu que l'orbite du satellite artificiel était "stable" - après qu'eut, un temps, circulé, la rumeur d'un échec sur ce point.

S'appuyant ensuite sur les travaux de l'expert indépendant John Schilling, cité par le site spécialisé 38 North, il a démontré que la thèse des gouvernements américain et sud-coréen, tendant à assimiler lancement de satellite et test de missile balistique intercontinental (ICBM) et reprise quasi-unanimement par les médias occidentaux, ne résistait pas à une analyse factuelle : le lanceur Unha 3, très différent de celui d'un ICBM, apparaît comme un vecteur particulièrement inadapté à l'envoi de missile intercontinentaux.

Comparaison entre une fusée Unha 3 et un missile balistique KN-08. Selon John Schilling pour "38 North", seule la troisième partie de la fusée et peut-être une partie des appareils de pilotage sont communs avec ceux du missile balistique intercontinental nord-coréen KN-08.

Comparaison entre une fusée Unha 3 et un missile balistique KN-08. Selon John Schilling pour "38 North", seule la troisième partie de la fusée et peut-être une partie des appareils de pilotage sont communs avec ceux du missile balistique intercontinental nord-coréen KN-08.

Pour John Schilling, même si les enseignements retirés de la réussite de la mise sur orbite du satellite Kwangmyongsong-4 ne sont pas sans intérêt pour le programme de missiles ICBM de la RPD de Corée, le lancement opéré le 7 février 2016 s'inscrit selon toute vraisemblance dans un programme de recherche spatiale, comme le revendique la RPD de Corée :

Si la Corée du Nord dit que son programme vise au lancement de satellite, il tend probablement au lancement de satellites. L'intérêt de tels lancements pour améliorer les missiles balistiques est extrêmement limitée. Bien sûr, nous voudrons savoir de quels sortes de satellite if s'agit ; il y a certainement de possibles dimensions militaires au programme spatial nord-coréen. Mais c'est un autre sujet.

M. Hyon Ki-chol, conseiller de la RPD de Corée en France, a remercié l'AAFC pour ses actions et ses analyses, visant notamment à mieux faire comprendre la situation coréenne, remerciant la direction de l'AAFC pour avoir pris l'initiative de cette rencontre et de ces échanges qui ont ensuite porté, notamment, sur la dérive autoritaire de la Corée du Sud marquée par une chasse aux sorcières à l'encontre des opposants politiques et syndicaux - et qui est de nature à expliquer l'agressivité nouvelle de l'administration sud-coréenne dans son approche des relations intercoréennes.

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6 février 2016 6 06 /02 /février /2016 16:18

Lors de son assemblée générale du 19 septembre 2015, les adhérents de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) en Bretagne ont élu le Docteur Djimadoum Ley-Ngardigal comme le nouveau président de leur comité régional. Originaire du Tchad, en Afrique centrale, Djimadoum Ley-Ngardigal est docteur en biologie-biochimie de l’Université de Nancy. Militant communiste, secrétaire général du Parti communiste de l’opposition radicale du Tchad ACTUS/PRPE (Action tchadienne pour l’unité et le socialisme/Parti révolutionnaire populaire et écologique), il est un militant panafricaniste convaincu et actif à travers ses nombreux articles et interviews. Dans un entretien qu'il a accordé à l'AAFC, il explique pourquoi il est "un fervent défenseur de la République populaire démocratique de Corée" (RPDC).

Le principe de la défense de l’indépendance, de la souveraineté, du modèle de société juche conforme à la culture du peuple de la RPDC, doit être respecté. Cette règle est aussi valable pour tout pays quel qu’il soit. Pourquoi la charte des Nations Unies est-elle constamment violée par les puissances impérialistes occidentales, qui imposent aux pays du sud la primauté du droit de la force militaire sur la force du droit international ? Au demeurant, rappelons que l’Article 1 de la charte des Nations Unies stipule en ses alinéas 1 et 2 respectivement :

1- Maintenir la paix et la sécurité internationales et à cette fin : prendre des mesures collectives efficaces en vue de prévenir et d'écarter les menaces à la paix, et réaliser, par des moyens pacifiques, conformément aux principes de la justice et du droit international, l'ajustement ou le règlement de différends ou de situations, de caractère international, susceptibles de mener à une rupture de la paix ;

2- Développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect du principe de l'égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d'eux-mêmes, et prendre toutes autres mesures propres à consolider la paix du monde ;

Ne parle-t-on pas de l’exception culturelle française face à l’impérialisme culturel anglo-saxon? Le Général de Gaulle n’avait-il pas fermé les bases militaires des Etats-Unis pour des raisons de souveraineté ? Reprochera-t-on alors aux gouvernements français de défendre ces droits inaliénables ?

La RPDC, issue de la plus meurtrière guerre en Asie des années 1950, est l’un des rares pays du Sud qui défend jalousement son indépendance et sa souveraineté face aux 30 000 soldats états-uniens campés à sa porte en Corée du Sud. Face à ce danger permanent états-unien qui pèse sur la RPDC et en l’absence d’un traité de paix en bonne et due forme depuis la fin de la Guerre de Corée, la RDPC devrait-elle objectivement accepter que les USA lui imposent un désarmement unilatéralement ?

Les récentes guerres impérialistes en Irak et en Libye ne sont pas de nature à inciter la RPDC à baisser la garde en matière de défense de sa souveraineté.

L’amitié entre les peuples et la coopération pacifique mutuellement avantageuse sont les seuls gages pour une paix pérenne dans la péninsule coréenne et dans le monde.

Le récent rétablissement des relations diplomatiques entre les Etats-Unis et Cuba socialiste est un exemple édifiant. En effet, le président états-unien Barack Obama a reconnu que 54 ans d’embargo économique contre Cuba ont été contre-productifs, et qu’il fallait tourner la page pour écrire une nouvelle ère. (Cf. Le Monde avec AFP, AP et Reuters 17 décembre 2014)

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5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 13:07

Le 31 décembre 2015, 50 étudiants sud-coréens et leurs accompagnateurs se sont rendus sur le site d'Oradour-sur-Glane, dans le cadre du quatrième tour d'Europe pour la paix. Comme lors des précédents tours d'Europe, ce déplacement sur un haut lieu symbolique de l'histoire de France a été soutenu et organisé par Liliane Boussel, correspondante régionale de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) en Limousin, que nous remercions pour sa grande disponibilité, avant - notamment - un rassemblement à Paris qui a eu lieu le 1er janvier 2016. Nous reproduisons ci-après (y compris les photos et leurs commentaires) un article de compte rendu de Gwennaelle Guedj publié dans L'Echo, intitulé "Peace Tour un Europe" ; Tour d'Europe pour la paix, suivant le message inscrit sur l'anorak que portaient les étudiants coréens.

Des mots porteurs d'espoir écrits en noir sur des anoraks jaunes

Des mots porteurs d'espoir écrits en noir sur des anoraks jaunes

Quelle émotion de voir réunis en ce jour, étudiants sud-coréens, militants de l'association amitié France-Corée, de la CGT et Camille Senon.
Rencontre entre la mémoire et les combats actuels ; rencontre entre des volontés de montrer et de dire l'horreur.
Pour visiter le village, Camille Senon, survivante du massacre du 10 juin 1944, les accompagne et témoigne. La quiétude et l'intérêt règnent. Tous ces jeunes "venus de si loin" prennent des notes, des photos, des vidéos et donnent l'impression de ne pas en perdre une goutte. La visite se termine au monument aux Morts. Tous réunis face à la stèle, les Sud-Coréens déposent les uns après les autres une rose blanche tout en se recueillant. Moment bouleversant de reconnaissance et d'empathie.
Leur visite en Europe se déroule en vingt jours sur les lieux vestiges de la Seconde guerre mondiale, tels que Champigny-sur-Marne, les camps de concentration en Allemagne, etc.
Ce 4e tour d'Europe pour la paix a été organisé par l'association "Les papillons de l'espoir" et le Conseil coréen pour les femmes de réconfort (collectif de 38 associations), et coordonné en France par l'AAFC (Association d'amitié franco-coréenne).

1945, une même année pour deux histoires

1945, c'est la fin de la seconde guerre mondiale et la fin de la colonisation de la Corée par le Japon. Quarante ans de colonialisme, plus de deux millions de Coréens réduits en esclavage pendant la Seconde guerre mondiale, et plus de 200 000 femmes de réconfort (esclaves sexuelles)...
Les pourparlers entre les gouvernements coréen et japonais font d'ailleurs l'actualité ce lundi 28 décembre : Fumio Kishia, ministre des Affaires étrangères du Japon, a conclu avec son homologue sud-coréen Yun Byung-se un accord tendant à résoudre "de manière finale et irréversible" la question des "femmes de réconfort" ; texte que les associations jugent clairement insuffisant et marque un recul sans précédent par rapport aux positions jusqu'alors défendues par la Corée du Sud - et a même été qualifié "d'humiliant" par la République populaire démocratique de Corée. Suites à cet accord, les jeunes du tour pour la paix se rassemblent ce 1er janvier, place du Trocadéro à Paris pour signifier leur mécontentement et montrer qu'ils continueront à être présents dans ce combat. "Nous, participants du voyage en Europe pour la paix, nous nous sommes lancés dans ce voyage afin d'exprimer notre opposition à la guerre, tout en espérant la résolution du problème de l'esclavage sexuel par l'armée japonaise pendant la Seconde guerre mondiale. Les blessures de la Seconde guerre mondiale ne pourront être cicatrisées tant qu'il ne sera pas mis fin au problème de l'exploitation sexuelle". Les étudiants s'intéressent d'ailleurs de près aux réactions des gouvernements français et allemand suite au massacre. Camille Senon explique que "le gouvernement français a reconstruit mais les SS sont restés impunis et le gouvernement allemand, via le Président de la République fédérale en visite à Oradour en 2013, a demandé pardon pour ce crime". L'espoir de paix en ressortira-t-il grandi de ce voyage ?

Une citation était par ailleurs en exergue dans l'article :

"La paix est précaire et fragile, les atteintes aux libertés, les injustices, les inégalités et les répressions sont de tous nos combats", Camille Senon. Ici comme ailleurs, nous aspirons à la paix, utopie ou réalité ?

Les étudiants coréens avec Camille Senon et Liliane Boussel

Les étudiants coréens avec Camille Senon et Liliane Boussel

Dépôt de rose blanche et recueillement

Dépôt de rose blanche et recueillement

Article reproduit de L'Echo :

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