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25 juin 2016 6 25 /06 /juin /2016 15:47

Le 23 juin 2016 à Paris, Benoît Quennedey, vice-président de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) chargé des actions de coopération, a prononcé une conférence sur l'engagement des intellectuels français (artistes, scientifiques, journalistes, juristes) contre la guerre de Corée. Retour sur un combat pour la paix et la vérité toujours d'actualité, qui coïncide cette année avec les actions engagées par l'AAFC dans le cadre du mois de solidarité internationale avec le peuple coréen pour sa réunification, du 25 juin (date du début de la guerre en Corée, en 1950) au 27 juillet (1953, signature du traité d'armistice mais n'ayant pas conduit à la conclusion d'un traité de paix pour laquelle milite l'AAFC).

Les intellectuels français engagés contre la guerre de Corée : un combat toujours d'actualitéLes intellectuels français engagés contre la guerre de Corée : un combat toujours d'actualité

Premier conflit de la guerre froide, et aussi première guerre où sont intervenues militairement les Nations Unies en prenant fait et cause pour l'une des parties contrairement au mandat de la Charte des Nations Unies, la guerre de Corée a causé des millions de morts et entériné la partition de la péninsule. Outre les militants pacifistes et progressistes qui ont refusé la guerre, des intellectuels se sont engagés pendant et après le conflit, y compris en France, subissant les foudres de la répression.

Peint en janvier 1951, sept mois après le déclenchement des hostilités, le tableau cubiste et expressionniste de Pablo Picasso Massacre en Corée s'inspire, dans son organisation, du Tres de Mayo de Goya et de L'Exécution de Maximilien par Manet : l'espace de la toile sépare clairement, à gauche, les victimes (des Coréens nus) et les bourreaux, à droite (des soldats occidentaux prenant les traits de robots déshumanisés, abusant de la supériorité de leur armement). De fait, non seulement l'armée américaine a envisagé le recours à l'arme nucléaire, moins de dix ans après les bombardements d'Hiroshima et Nagasaki, mais elle a utilisé des armes chimiques et batériologiques, en méconnaissance de la convention de Genève de 1925.

"Massacre en Corée" de Pablo Picasso. Cette huile sur toile (110 x 210 cm) est conservée au Musée Picasso, à Paris.

"Massacre en Corée" de Pablo Picasso. Cette huile sur toile (110 x 210 cm) est conservée au Musée Picasso, à Paris.

L'opposition aux armes chimiques et batériologiques, marquée par les premiers bombardements massifs au napalm en période de guerre, et dont l'usage reste farouchement nié jusqu'à nos jours par le gouvernement américain malgré des preuves multiples (y compris dans les archives de la CIA relatives au dossier Frank Olson), a donné lieu à la constitution d'une Commission d'enquête internationale, dirigée par l'entomologiste britannique Joseph Needham et constituée notamment de Français. Ce refus de la guerre chimique a aussi été au coeur des combats menés par le Congrès mondial de la paix présidé par le Nobel français Frédéric Joliot-Curie.

Plusieurs oeuvres d'artistes français témoignent de la poursuite du combat pacifiste après l'armistice du 27 juillet 1953. Les Coréens a été la première pièce de Michel Vinaver, écrite en 1955 et mise en scène une seule fois à Lyon en 1956 par Roger Planchon avant un long purgatoire pour cette oeuvre censurée comme portant atteinte au moral des troupes françaises (elle met en scène des soldats perdus du bataillon français de Corée, qui découvrent l'humanité des Nord-Coréens) - elle sera toutefois en coréen en 1991, alors que la Corée du Sud se démocratise, puis publiée en France par Actes Sud en 1993.

Un autre moment essentiel de l'engagement des intellectuels français contre la guerre en Corée prend place autour du voyage à Pyongyang, en 1958, d'Armand Gatti et Jean-Claude Bonnardot, Claude Lanzmann, Chris Marker et Francis Lemarque. Le livre de photos de Chris marker intitulé Coréennes rend compte de son admiration pour le courage du peuple coréen, alors confronté aux difficultés de la reconstruction d'après guerre dans un pays toujours soumis à de sévères pénuries. Pour sa part, Claude Lanzmann narre une histoire d'amour contrariée avec une Nord-Coréenne dans Le lièvre de Patagonie. Bien que particulièrement critique vis-à-vis des autorités de la RPD de Corée pendant son séjour (comme l'indique un essai d'Antoine Coppola sur le voyage des intellectuels français de mai 1958), le cinéaste auteur de Shoah, aujourd'hui nonagénaire, est retourné en Corée du Nord au début des années 2000, et était encore récemment aux réceptions de la délégation générale de la RPD de Corée à Paris.

La création artistique la plus remarquable suite au voyage de mai 1958 est toutefois sans doute le film Moranbong, qu'on peut considérer comme la première - et seule, à ce jour - coproduction franco - nord-coréenne. Le premier long-métrage de Jean-Claude Bonnardot, sur un scénario d'Armand Gatti, est un film à valeur documentaire, axé sur la vie d'une troupe de théâtre sous la guerre et les bombes, reprend la forme coréenne traditionnelle du pansori. Il a donné lieu à de multiples difficultés de tournage, dont rend compte Antoine Coppola dans Ciné-voyage en Corée du Nord : l'expérience du film Moranbong, et a été frappé par la censure dès sa sortie en France en 1960 (pour l'anecdote, la signature de la décision d'interdiction avait été prise sous la signature du ministre de l'Information du général de Gaulle, Louis Terrenoire, qui allait devenir président de l'AAFC quelques décennies plus tard). Le film resortira finalement en 1964, avant d'être perdu, puis retrouvé, et enfin diffusé et primé au Festival international du film de Pyongyang en septembre 2010.

Puis la mémoire de l'engagement contre la guerre en Corée s'est affaiblie en France, du fait notamment du changement de cap du Parti communiste français (PCF), organisateur de la manifestation parisienne du 28 mai 1952 contre "Ridgway la Peste", quand le PCF prônait une ligne prête à l'affrontement au paroxysme de la guerre froide.

Mais l'AAFC a repris le flambeau du combat non seulement pour une paix durable en Corée, mais aussi pour la mémoire et la vérité - face aux tentatives grossières de certains gouvernements engagés en Corée sous le drapeau des Nations Unies, au premier rang desquels le gouvernement américain, de nier l'évidence de l'utilisation d'armes chimiques et bactériologiques - dont avaient pourtant rendu compte, dès l'époque de la guerre, des journalistes comme Wilfried Burchett, un des tout premiers à avoir alerté l'opinion publique mondiale sur les conséquences des bombardements nucléaires d'Hiroshima et Nagsaki, initialement niées en bloc par le gouvernement et l'armée américains. Cette constance des positions et des luttes de l'AAFC apparaît d'ailleurs dans la liste de ses membres fondateurs en 1969 : parmi eux nous retrouvons le compositeur-interprète Francis Lemarque, membre de la délégation d'intellectuels français ayant visité Pyongyang en mai 1958 et rencontré le Président Kim Il-sung, auteur de chansons pacifistes et antimilitaristes (notamment "Quand un soldat", interprétée également par Yves Montand, cf. ci-dessous). Et le film Moranbong sera projeté par l'AAFC dans les années suivant sa fondation, au tournant des années 1960 et 1970 : s'engager pour la paix et le dialogue entre les peuples, en refusant les idées reçues et le diktat de la majorité qui entretiennent la haine de l'autre et la guerre, tel est le sens de l'action que mène l'AAFC depuis près d'un demi-siècle.

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19 juin 2016 7 19 /06 /juin /2016 15:42

Le 14 octobre 2015, la délégation de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) en déplacement à Pyongyang a visité la brasserie Taedonggang. Nous publions ci-après un compte rendu de cette visite par l'un des membres de la délégation de l'AAFC, Pierre Beltante, par ailleurs président du foyer rural de Tousson, en Seine-et-Marne. Pierre Beltante apporte un éclairage technique extrêmement éclairant sur l'une des plus célèbres brasseries nord-coréennes, dont le matériel est d'origine britannique... Avis aux brasseries intéressées par une coopération avec la brasserie Taedonggang, pour faire connaître une bière coréenne de qualité !

Vue extérieure de la brasserie Taedonggang (photo : AAFC)

Vue extérieure de la brasserie Taedonggang (photo : AAFC)

Lors du voyage en Corée organisé par l’AAFC, nous avons pu visiter la brasserie Taedonggang où nous avons été accueillis par M. Ham Hyong-chol, directeur de la qualité. Ses explications ont été traduites par notre guide Mme Jong  Un-a.

La brasserie Taedonggang a été construite avec du matériel anglais acheté dans une très ancienne brasserie fermée, Ushers  à Wiltshiretown of Trowbridge datant de 1824 !  Entièrement démontée et numérotée par une équipe d’ouvriers coréens, elle a été transportée par bateau. La reconstruction dans la banlieue de Pyongyang  a duré un an. Elle a été très suivie par le leader Kim Jong-il. 

Le maître brasseur anglais Peter Ward, de la brasserie Thomas Hardy, a également apporté sa contribution à l’installation du matériel. Il a témoigné de sa satisfaction tant dans le travail des ouvriers et des techniciens coréens que du résultat des premiers brassins nous précise M. Ham.
La production de bière  a démarré  en février 2002. Le Leader Kim Jong-il est venu visiter la brasserie en activité le 17 juin 2002 et a donné des instructions pour augmenter la production et la qualité des bières. Il a été décidé d’ajouter une malterie à la brasserie et celle-ci a été mise en route rapidement au mois de novembre 2002 avec l’installation de machines allemandes.

Comme dans toutes les brasseries, une agréable senteur de malt est présente et embaume cette visite, je ne suis pas donc dépaysé. Une odeur qui flatte les sens ici comme en France, sorte de communion internationale s’il en est.

Pierre Beltante, Jong Un-a et Ham Hyong-chol (photo : AAFC)

Pierre Beltante, Jong Un-a et Ham Hyong-chol (photo : AAFC)

On y trouve les cuves d’empâtage (30 kg à 40 kg de malt par litre / 70hl), une cuve de filtrage et une cuve d’ébullition (70 hl) puis un circuit de refroidissement rapide à 8° avant de remplir les cuves de fermentation cylindro-coniques réfrigérées.  Un circuit des plus classiques dans une grande salle carrelée se montre à nous avec un matériel conforme à une brasserie industrielle qui brasse jusqu’à 6 fois par jour et toute la semaine. La production annuelle tourne autour de 40 à 70 millions de litres.

Les opérations sont très automatisées et dirigées par un ordinateur central et quelques opérateurs. Le niveau technique de la production a reçu le certificat ISO 9001. Il est certain pour cela que le matériel d’origine a été complété et modernisé depuis 2002. De ce point de vue, les brasseurs coréens se montrent très compétents et ingénieux pour utiliser toutes les capacités de ce matériel d’âge vénérable.

Le houblon est coréen et l’orge vient des provinces du Sud principalement, mais de l’orge australienne complète l’approvisionnement.  Cette orge est maltée à la brasserie. A quand l’orge de brasserie du Gâtinais français et de Tousson ?

La brasserie en utilise 5000 tonnes par an. Les brasseurs coréens  sont demandeurs d’aide pour découvrir les différentes sortes de houblon et leur culture mais aussi d’échanges techniques sur les manières de brasser. 

La brasserie Taedonggang est motivée par ces échanges professionnels avec les brasseurs français et l’association AAFC facilitera, à la hauteur de ses moyens, ces contacts professionnels… 

Installations de la brasserie Taedonggang (photos : AAFC)

Installations de la brasserie Taedonggang (photos : AAFC)

Dans le brassage,  la matière première est fonction des approvisionnements et son utilisation en Corée est différente de ce que l’on connaît en France en raison de la quantité de céréales disponibles. Il est vrai que dans les grandes brasseries artisanales françaises (citons la brasserie de Saint Germain ou encore la brasserie Rabourdin), il est courant d’utiliser une importante quantité de malt de provenances diverses, de France, d’Europe et même de plus loin, selon les recettes. 

La brasserie Taedonggang  doit compenser cette difficulté à la fois de la qualité et de la quantité disponibles des orges de brasserie. C’est pourquoi est ajouté de l’oxygène purifié pour aider la levure (8 à 40 mg/litre), qui triple ainsi de cette façon et elle peut travailler tout le brassin à sa disposition. Il y a donc un travail technique très pointu pour obtenir des levures une fermentation correcte la plus complète possible et obtenir des goûts différents. Il y a des levures qui « montent » et d’autres qui « descendent » au cours de la fermentation, précise M. Ham.  Les premières donnent des goûts tendant vers le fruité et les secondes des saveurs plus sèches. 

La brasserie propose 7 types de bières différentes, blonde, ambrée et brune, ainsi qu’une bière de riz,  mais elles ne portent pas de nom, ce qui est un peu déroutant.  Le taux d’alcool est autour de 5° et des indications comme  11° ou 12° correspondent à la quantité de malt utilisée.

La salle d’embouteillage ressemble à toutes les salles d’embouteillage des grandes brasseries, avec ses bruits caractéristiques de tintements de verrerie.  Le personnel est étonné, voir amusé de nous voir ici et témoigne souvent de petits gestes amicaux.

La production est principalement destinée aux débits de boissons locaux qui sont plutôt nombreux,  aux épiceries, boutiques d’hôtels  et supermarchés. Ces derniers sont en plein développement dans divers quartiers de la capitale et sont bien approvisionnés.  Et les bars à bières gérés par la brasserie Taedonggang  sont en plein essor avec des enseignes qui les distinguent dans les avenues de la capitale. Ils sont ouverts aux Pyongyangais comme aux étrangers de passage. Outre la bière Taedonggang, on y déguste aussi les bières de la brasserie Ryongsang qui se déclinent en plusieurs qualités.

Il est possible que quelques cartons soient exportés, particulièrement à Berlin semble-t-il. En effet, les relations diplomatiques avec l’Allemagne sont très développées,  ce qui n’est, hélas, pas le cas de la France.  Des suggestions ont été tentées auprès de quelques importateurs décalés … mais la mode hexagonale, particulièrement parisienne, est aux bières style India Pale Ale, c'est-à-dire fortement houblonnées. Il faudra attendre.

Salle d'embouteillage de la brasserie Taedonggang (photo : AAFC)

Salle d'embouteillage de la brasserie Taedonggang (photo : AAFC)

Pour les amateurs français curieux de cette mousse inconnue, elle est selon notre dégustation, proche des pils allemandes – certains évoquent aussi des ales anglaises…  j’ai trouvé une ressemblance  avec la Kölsch par sa douceur et sa finesse. Très classique et réussi pour ce type de bière. Bien sûr,  nous sommes un peu loin de la mode des IPA qui font fureur chez nous, et encore plus loin des vieillissements en fûts de second remplissage, cognac, whiskies, vins etc.  Mais ce ne saurait tarder,  les micros brasseries sont présentes dans les grands hôtels, une taille qui pourrait permettre des brassins collaboratifs ce qui n’est guère possible avec la dimension industrielle de la brasserie Taedonggang par exemple. Les Coréens sont curieux et passionnés et ce serait vraiment heureux de rassembler ces compétences dans un brassin de l’amitié. En effet, les brassins collaboratifs se développent parmi les brasseries artisanales françaises et les micros brasseries permettraient d’aller dans ce sens. Une piste à creuser.

Nous avons goûté une pils particulièrement fine et rafraîchissante pour terminer cette visite très intéressante qui témoigne de la maîtrise des ingénieurs et ouvriers de la brasserie Taedonggang. 

Au cours de ce moment de convivialité, j’ai remis à M. Ham quelques bières artisanales françaises. Un choix cornélien imposé par le poids des bagages : La Véliocasse, bière au miel de la Brasserie du Vexin (Ile de France), La Ch’ti blonde et triple de la Brasserie Castelain (Nord), la Telenn Du, bière bio au blé noir de la Brasserie Lancelot (Bretagne), la Carnutes triple de la Brasserie des Carnutes (Centre) et l’Anosteke India Pale Ale de la Brasserie du Pays Flamand (Nord). 

J’ai rapporté deux bières différentes trouvées dans le magasin de notre hôtel, l’une de la brasserie Taedonggang (étiquette verte) et l’autre de la brasserie Ryongsong (étiquette blanche).  Pour cette dernière voici ce qu’en dit M. Gilbert Delos, le président des Amis de la Bière Ile de France : « Couleur ambrée pâle, mousse blanche, bulles moyennes à grosses. Nez céréalier, sur le biscuit et la levure. De la fraîcheur en bouche, avec une agréable finesse. Arômes fondus sur la céréale maltée, avec petites notes de caramel et de noisette. De la douceur sans amertume notable. Agréable et désaltérante de par sa légèreté, avec peu d’originalité au total. » Il faut sans doute comprendre par peu d’originalité, le côté standard en regard des innovations des brasseries artisanales auxquelles nous sommes habitués.
La Corée n’a pas fini de nous surprendre question bières puisqu’une brasserie récente s’est ouverte dans la zone portuaire de Rason avec l’aide d’une brasserie tchèque.

 

A la découverte de la brasserie Taedonggang de Pyongyang
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25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 19:20

16 avril 2014, la Corée du Sud est sous le choc : un ferry fait naufrage en Corée du Sud. A l'issue d'une gestion calamiteuse de la crise, sur laquelle les familles des victimes exigent que toutes les zones d'ombres soient levées par l'administration Park Geun-hye, 304 personnes ont trouvé la mort, dont plus de 250 lycéens en voyage scolaire. Rapidement, il apparaît que le propriétaire du navire, le Sewol, dont l'équipage a fui, appartient, par famille interposée, à un sulfureux homme d'affaires et prédicateur évangéliste sud-coréen, Yoo Byung-eun, plus connu sous son nom d' "artiste" : Ahae. L'identité de Ahae comme Yoo Byung-eun a été révélée par Bernard Hasquenoph, journaliste français, animateur du blog louvre pour tous.fr, qui a publié aux éditions Max Milo un livre d'enquête édifiant intitulé Ahae, mécène gangster. L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC), en contact dès le printemps 2014 avec Bernard Hasquenoph, l'a invité à prononcer à Paris, le 24 mai 2016, une conférence autour de son ouvrage, qui révèle le gangrènement de certaines des plus prestigieuses institutions culturelles françaises dans leur quête de trouver, par tous les moyens, des financements privés "innovants", alternatifs à des subventions publiques durablement orientées à la baisse.

Bernard Hasquenoph, lors de la conférence donnée le 24 mai 2016 à Paris

Bernard Hasquenoph, lors de la conférence donnée le 24 mai 2016 à Paris

L'enquête minutieuse menée par Bernard Hasquenoph se lit comme un roman policier, à partir de l'étonnant surgissement sur la scène artistique - non seulement française mais internationale (Prague, New York, Florence, Venise, Londres dans la résidence privée du prince Charles...) - d'un mystérieux photographe, à l'identité tenue secrète, qui a soudain exposé avec d'importants moyens de communication des images naturalistes banales au Jardin des Tuileries, qui dépend du Musée du Louvre, et à l'Orangerie du château de Versailles, en 2013.

Ce qu'a découvert Bernard Hasquenoph n'est pas seulement l'identité de Yoo Byung-eun, alias Ahae ("enfant" en coréen), mais aussi une méthode éprouvée de promotion avec la complicité d'établissements culturels prestigieux : des versements à ces établissements au titre du mécénat, des locations d'espaces auprès de ces mêmes établissements avec ses propres deniers, l'achat de numéros spéciaux dans les suppléments de revues culturelles de renom... et des commentaires dithyrambiques de Catherine Pégard, qui dirige depuis 2011 l'établissement public du château de Versailles, et d'Henri Loyrette, président-directeur du Musée du Louvre de 2001 à 2013 mais aussi président de l'Année France-Corée (du Sud) 2015-2016. La société américaine qui promeut Ahae, Ahae Press, dirigée par l'un de ses fils, avait auparavant acquis aux enchères en France un hameau abandonné, Courbefy, avec le projet - qui ne s'est pas concrétisé - d'en faire une résidence d'artistes.

Quand survient le drame du Sewol, le 16 avril 2014, le passé trouble de Yoo Byung-eun, alias Ahae, à la famille duquel le navire appartient, apparaît : condamnation pour fraude fiscale, gourou d'une secte dont les membres commettent un suicide collectif en 1987...

Bernard Hasquenoph, dont l'enquête, dès 2013, sur l'identité de Ahae - ainsi que la supercherie artistique qu'il constitue - n'avait pas suscité tout l'intérêt qu'elle mérite, devient soudain la coqueluche des médias sud-coréens, qui l'invitent à témoigner et le citent, tandis que Ahae, en fuite, devient l'homme le plus recherché de Corée du Sud... jusqu'à ce qu'un cadavre en décomposition soit découvert et présenté comme celui de Yoo Byung-eun. Cette très opportune découverte suscitera de forts doutes parmi l'opinion publique sud-coréenne.

L'AAFC invite chacune et chacun à lire le livre-enquête édifiant de Bernard Hasquenoph, qui révèle tout un réseau de complicités, politiques, diplomatiques (le beau-frère de Ahae est ambassadeur de Corée du Sud à Prague...), économiques et "culturelles", autour de ce qui apparaît comme un des plus grands scandales culturels contemporains.

 

AHAE, mécène gangster, par Bernard Hasquenoph, éditions Max Milo, 2015

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2 mai 2016 1 02 /05 /mai /2016 15:22

En Corée du Sud, les manœuvres militaires annuelles Foal Eagle ont pris fin le 29 avril 2016, un jour avant la date initialement prévue. Menés dans un contexte de tensions exacerbées dans la péninsule coréenne, ces exercices militaires - d'une ampleur inédite cette année - ont une nouvelle fois constitué une véritable menace pour la paix en Corée, en Asie et dans le monde, amenant l'Association d'amitié franco-coréenne à intervenir directement auprès des membres du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Conseil de sécurité des Nations Unies

Conseil de sécurité des Nations Unies

Lancées le 7 mars 2016 en même temps que les exercices de simulation Key Resolve (qui ont pris fin le 18 mars), les manœuvres militaires américano-sud-coréennes Foal Eagle ont été historiques par leur ampleur : mobilisation de 10 000 soldats américains et de 300 000 soldats sud-coréens, déploiement d'armes stratégiques américaines en Corée, telles qu'un porte-avion, un sous-marin nucléaire, deux bâtiments de projection, un bombardier et un avion de combat furtifs.

Surtout, les armées des Etats-Unis et de la Corée du Sud (sous commandement américain en temps de guerre) ont appliqué pour la première fois le plan d'opération 5015. Ce plan consistant à frapper en premier les installations de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a donné lieu à des opérations amphibies et aériennes renforcées dirigées contre la RPDC.

Ces exercices militaires ont eu lieu dans un contexte de tensions dans la péninsule coréenne encore exacerbées par les sanctions visant la RPDC prévues dans la résolution 2270 adoptée le 2 mars 2016 par le Conseil de sécurité des Nations Unies (CSNU), suite à l'essai nucléaire du 6 janvier 2016 et au lancement d'un satellite le 7 février 2016.

Comme décidé lors de la réunion de son Conseil national du 5 avril 2016, l'Association d'amitié franco-coréenne a adressé une lettre à tous les membres du Conseil de sécurité, à l'exception de la représentante des Etats-Unis, pour demander que les manœuvres militaires à répétition dans la péninsule coréenne, en tant que menace pour la paix, fassent, au moins, l'objet d'un débat au sein du CSNU.

Les exercices militaires américano-sud-coréens, auxquels s'ajoutent le refus de dialoguer avec la RPDC et le recours systématique à une « diplomatie des sanctions » de la part des Etats-Unis, font que ces derniers ont une large part de responsabilité dans la montée des tensions dans la péninsule coréenne. L'AAFC avait déjà fait part de son inquiétude face à cette situation dans une lettre adressée à l'ambassadeur des Etats-Unis en France le 28 janvier 2013, en se montrant disposée à en discuter avec lui ou ses collaborateurs. Cette lettre est restée sans réponse.

Texte de la lettre adressée, en français, le 19 avril 2016 aux représentants au Conseil de sécurité des Nations Unies de la France (membre permanent) et du Sénégal :

Excellence,

L’attention du Conseil de sécurité des Nations Unies est souvent appelée sur les démarches militaires ou scientifiques entreprises par la République populaire démocratique de Corée (RPDC).

Le résultat est que le Conseil de sécurité a été conduit par certains de ses membres à adopter des résolutions contraignantes qui donnent l’impression que les difficultés dans la péninsule coréenne ne sont imputables qu’à une seule partie. En outre, elles imposent à la RPDC et à sa population des sanctions qui tendent à aggraver encore les tensions. Elles encouragent d’autres pays à adopter des sanctions, cette fois-ci unilatérales, dans le plus grand mépris de la Charte des Nations Unies et de la compétence du Conseil de sécurité.

Aux termes de l’article 39 de la Charte des Nations Unies et dans le cadre de ses attributions exclusives en matière de sécurité collective, « le Conseil de sécurité constate l'existence d'une menace contre la paix, d'une rupture de la paix ou d'un acte d'agression et fait des recommandations ou décide quelles mesures seront prises conformément aux Articles 41 et 42 pour maintenir ou rétablir la paix et la sécurité internationales ».

Or, au regard des qualifications employées par le Conseil de sécurité par le passé, il est patent que la notion de « menace contre la paix » dans la péninsule coréenne est susceptible de concerner un grand nombre de situations et de démarches entreprises, pas seulement du fait de la République populaire démocratique de Corée.

À ce titre, les exercices militaires conjoints des États-Unis d’Amérique et de la République de Corée sont clairement constitutifs d'une « menace contre la paix », dans la mesure où ils créent un climat de tension, susceptible d’entraîner un conflit.

Il est regrettable que les exercices militaires conjoints des États-Unis d’Amérique et de la République de Corée n’aient jamais été inscrits à l’ordre du jour du Conseil de sécurité, ni traités afin que des mesures soient adoptées par les Nations Unies, alors qu'ils constituent un véritable problème : ils mobilisent des troupes et simulent clairement un affrontement armé avec la RPDC, fragilisent la situation et créent des tensions. En outre, leurs initiateurs s’inscrivent ouvertement dans l’optique d’un conflit avec la RPDC et envisagent l’hypothèse d’une invasion et d’une occupation de cette dernière.

Le Conseil de sécurité doit aborder ces exercices, car la « menace contre la paix » est clairement établie. En omettant de traiter cette situation, le Conseil de sécurité donne une impression de partialité, ce qui ne peut que fragiliser les buts qu’il est supposé poursuivre au titre du chapitre VII de la Charte des Nations Unies. La sécurité collective suppose une approche globale et honnête de la situation, non une position n’obéissant qu’à un seul point de vue.

Il est de la responsabilité de chaque membre du Conseil de sécurité de soulever tout ce qui pourrait menacer la paix dans la péninsule coréenne, et non de se focaliser sur les actions d’un seul protagoniste.

La cause de la paix dans le monde suppose que les provocations récurrentes et réitérées ne soient pas tues et passées sous silence au motif que certains pays, aussi puissants soient-ils, s’y opposent.

Les Nations Unies doivent s’engager dans une démarche qui associe tous les Coréens afin que, pacifiquement, ils soient les seuls à prendre leur destin en mains, conformément aux principes du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et de non-ingérence exprimés par la Charte des Nations Unies.

Nous vous prions d’agréer, Excellence, l’expression de nos sentiments les plus respectueux.

Le Bureau national de l'Association d'amitié franco-coréenne

Texte de la lettre adressée, en anglais, le 19 avril 2016 aux représentants au Conseil de sécurité des Nations Unies de l'Angola, de la Chine (membre permanent), de l'Egypte, du Japon, de la Malaisie, de la Nouvelle-Zélande, du Royaume-Uni (membre permanent), de la Russie (membre permanent) et de l'Ukraine :

Excellency,

The attention of the UN Security Council is often drawn to the military or scientific actions taken by the Democratic People's Republic of Korea (DPRK).

As a result, the Security Council has been led by some of its members to pass binding resolutions which give the impression that difficulties in the Peninsula are imputable only to one side. Moreover, they impose on the DPRK and its people sanctions that tend to aggravate tensions. They encourage other countries to adopt unilateral sanctions, in total disregard of the UN Charter and the authority of the Security Council.

In accordance with Article 39 of the Charter of the United Nations and considering its exclusive powers for ensuring collective security, “the Security Council shall determine the existence of any threat to the peace, breach of the peace, or act of aggression and shall make recommendations, or decide what measures shall be taken in accordance with Articles 41 and 42, to maintain or restore international peace and security.

But in terms of qualifications used by the Security Council in the past, it is clear that the notion of "threat to the peace" in the Korean Peninsula is likely to involve a large number of situations and actions, not only as a result of initiatives taken by the Democratic People's Republic of Korea.

As such, the joint military exercises of the United States of America and the Republic of Korea clearly constitute a "threat to the peace", since they create a climate of tension which may result in a conflict.

It is regrettable that the joint military exercises of the United States of America and the Republic of Korea have never been on the agenda of the Security Council, or treated so that measures could be adopted by the United Nations while they are a real problem: they mobilize troops and clearly simulate an armed confrontation with the DPRK, undermining the situation and creating tensions. In addition, their initiators clearly act in the context of a dispute with the DPRK and consider the hypothesis of an invasion and an occupation of the latter.

The Security Council must address these exercises because a "threat to the peace" is clearly established. By failing to address this situation, the Security Council gives an impression of bias, which can only undermine the goals it is supposed to proceed under Chapter VII of the UN Charter. Collective security requires a comprehensive and honest approach to the situation, and not a position corresponding to only one point of view.

Each member of the Security Council has the responsibility to prevent anything that might threaten peace on the Korean peninsula, and not to focus on the actions of a single protagonist.

The cause of world peace demands that recurrent and repeated provocations should not be silently received or ignored on the grounds of the opposition of some countries, howsoever powerful they are.

The United Nations should engage in a process that unites all Koreans so that they could take their destiny into their own hands peacefully, according to the principles of the right of nations to self-determination and non-interference as expressed by the Charter of the United Nations.

We ask you to accept, Excellency, the assurances of our most respectful feelings.

The National Board of the France-Korea Friendship Association

Texte de la lettre adressée, en espagnol, le 19 avril 2016 aux représentants au Conseil de sécurité des Nations Unies de l'Espagne, de l'Uruguay et du Venezuela :

Excelencia,

La atención del Consejo de seguridad de las Naciones Unidas esta regularmente volcada hacia las actividades militares o científicas elaboradas por la República Popular Democrática de Corea (RPDC).

Resultando que el Consejo de seguridad haya adoptado resoluciones vinculando las dificultades de la península coreana a una sola de las partes. Además imponen a la RPDC y a su población sanciones que tienden a acentuar las tensiones. Estimulan la adopción, por parte de otras naciones, de sanciones, esta vez unilaterales, despreciando así la Carta de las Naciones Unidas y las competencias del Consejo de seguridad.

Según el articulo 39 de la Carta de las Naciones Unidas y en el ámbito de sus competencias exclusivas acerca de la seguridad colectiva : « El Consejo de seguridad constata la existencia de una amenaza contra la paz, de una ruptura de la paz o un acto de agresión y hace recomendaciones o decide de las medidas que serán tomadas conforme a los Artículos 41 y 42 para mantener la paz y la seguridad internacional. »

Sin embargo, teniendo en cuenta las calificaciones empleadas por el Consejo de seguridad en el pasado, queda patente que la noción de « amenaza contra la paz » en la península coreana es susceptible de incumbir a un gran numero de situaciones y de posturas tomadas no solamente por parte de la República Popular Democrática de Corea.

En dicho sentido, los ejercicios militares conjuntos de Estados Unidos y de la República de Corea son claramente elementos que constituyen una « amenaza contra la paz » en la medida en que alimentan un clima de tensión susceptible de provocar un conflicto.

Lamentamos que los ejercicios militares conjuntos de Estados Unidos y de la República de Corea no hayan sido nunca inscritos a la orden del día en el Consejo de seguridad, ni objeto de discusión de manera a que se tomen medidas necesarias por parte de las Naciones Unidas, cuando constituyen un autentico problema: movilizan tropas y simulan claramente un enfrentamiento armado con la RPDC, haciendo más frágil la situación y creando tensiones. Asimismo sus instigadores se inscriben abiertamente en la posibilidad de un conflicto con la RPDC y plantean la hipótesis de una invasión y ocupación de esa última.

El Consejo de seguridad debe atender a dichos ejercicios, puesto que la « amenaza contra la paz » esta claramente establecida. Omitiendo el trato de dicha situación el Consejo de seguridad dejaría suponer un trato parcial de la situación, lo que favorecería el debilitamiento de los objetivos que supuestamente ha de seguir si nos referimos al capítulo VII de la Carta de las Naciones Unidas. La seguridad colectiva implica un trato global y honesto de la situación, y no un posicionamiento que obedece a un solo punto de vista.

Incumbe a la responsabilidad de cada miembro del Consejo de seguridad de señalar cualquier elemento que podría amenazar la paz en le península coreana y no centrarse en las acciones de uno solo de los protagonistas.

La causa de la paz en el mundo implica que las provocaciones recurrentes y reiteradas no sean calladas y sofocadas debido a que ciertos países, por muy poderosos que sean, se opongan a ello.

Las Naciones Unidas deben fomentar un enfoque que asocie a todos los coreanos con el objetivo de que, pacíficamente, sean los únicos que puedan tomar en mano su destino conforme a los principios del derecho de los pueblos a disponer de ellos mismos y a la no-injerencia expuesta en la Carta de las Naciones Unidas.

Le saluda atentamente.

Oficina nacional de la Asociación de amistad Francia-Corea

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1 mai 2016 7 01 /05 /mai /2016 12:26

Le 30 avril 2016, la cellule Albert Maton du Parti communiste français (PCF) à Maubeuge organisait sa 4e Fête internationaliste. L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) était présente par la tenue d'un stand et son intervention sur la situation dans les deux Corée. 

L'AAFC présente à la 4e Fête internationaliste de la cellule Albert Maton du PCF à Maubeuge

Les interventions au cours de la journée ont été à la hauteur de l'exigence de qualité des organisateurs tout en répondant aux nombreuses questions d'un public assidu et motivé. En ouverture de cette journée, Gérard Streiff, auteur de romans policiers et directeur de La revue du projet, s'est exprimé sur le thème "Polar et politique", en montrant la forte présence des thèmes politiques et historiques dans le roman policier. L'après-midi, l'association France-Kurdistan a plaidé pour la solidarité avec les Kurdes, alors qu'ils sont victimes d'une répression et d'une politique de nettoyage ethnique en Turquie dont les autorités françaises se rendent complices en coopérant avec le régime autoritaire d'Ankara. Le professeur Pierre Outteryck a donné une conférence sur l'histoire du Premier mai, profondément liée aux combats ouvriers du Nord de la France. Enfin, la situation politique et sociale au Maroc et en Algérie a été abordée lors d'une dernière conférence animée par l'organisation communiste marocaine La Voie démocratique - le représentant du Parti algérien pour la démocratie et le socialisme ayant été excusé. Au Maroc, La Voie démocratique est victime de la répression et a expliqué son choix du boycott des élections organisée par la monarchie chérifienne, tout en étant le seul parti à porter certains combats politique au Maroc - par exemple, le soutien aux Sahraouis

La conférence donnée par l'Association d'amitié franco-coréenne a quant à elle rappelé le contexte historique, politique et social de la Corée, divisée après la fin de l'occupation japonaise du fait du jeu des grandes puissances et après l'organisation d'élections séparées dans la moitié Sud de la péninsule. Puis l'AAFC a rappelé les principaux objectifs de l'action qu'elle mène depuis 1969 : organisation de solidarité avec les Coréens de toute la péninsule, elle ne considère aucun des deux régimes en place dans la péninsule comme un modèle de démocratie à reproduire dans d'autres pays. Elle oeuvre à encourager dans tous les domaines la coopération avec toute la Corée, donc y compris le Nord - ayant notamment fait aboutir des projets dans les domaines universitaire et humanitaire - afin de permettre une meilleure compréhension entre Français et Coréens, au-delà du prêt-à-penser et des clichés médiatiques. L'AAFC contribue ainsi, à son niveau, au dialogue, à la paix et à la réunification en Corée.  Enfin, l'évolution autoritaire du pouvoir conservateur à Séoul a conduit l'AAFC, aux côtés d'autres organisations comme le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD), à renforcer les actions de solidarité avec les militants politiques et syndicaux victimes de la répression en Corée du Sud, ce qui n'est d'ailleurs pas sans conséquences pour certains dirigeants de l'AAFC devenus des cibles en France des services de renseignement sud-coréens, bras armé de toutes les atteintes aux libertés publiques en Corée du Sud - le combat pour la justice et la liberté étant à ce prix.

Présente aux côtés d'autres organisations de solidarité internationale (notamment avec le Kurdistan et la Palestine), l'AAFC proposait par ailleurs sur son stand des publications, des timbres, des monnaies, des cartes postales et des badges. Rendez-vous a été donné aux membres de l'AAFC présents à Maubeuge de participer à d'autres rassemblements régionaux - proposition qu'ils ont bien sûr acceptée.

L'AAFC remercie les militants du PCF de Maubeuge pour leur invitation qui a permis de nourrir des échanges constructifs et utiles, riches de promesses d'actions futures pour favoriser la paix et les libertés dans l'ensemble de la péninsule coréenne.

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6 avril 2016 3 06 /04 /avril /2016 19:55

Le 5 avril 2016 le Comité national de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC), renouvelé lors de la dernière assemblée générale, s'est réuni à Paris. Alors que la montée des tensions dans la péninsule coréenne suscite questions et débats, cette réunion, qui s'est tenue exceptionnellement en présence de MM. Ri Ho-yong et Hyon Ki-chol, conseillers à la délégation générale de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) en France, a permis d'aborder en détail la situation actuelle et aussi de souligner le rôle qui incombe à l'AAFC, fondamentalement attachée à la paix et à la réunification. Dans le contexte actuel, compte tenu de la complexité de la situation qui prévaut dans la péninsule coréenne, il convient, plus que jamais, d'analyser, comprendre et expliquer.

Réunion du Comité national de l'AAFC : expliquer et analyser

En ouverture des travaux du Comité national de l'AAFC, Guy Dupré, président de l'AAFC, a rappelé qu'il était d'usage pour l'AAFC de s'associer aux fêtes nationales de la RPD de Corée. Alors que la RPD de Corée fêtera le 15 avril prochain la naissance de son fondateur, le Président Kim Il-sung, Benoît Quennedey, vice-président de l'AAFC chargé des actions de coopération, a souligné que l'histoire des relations intercoréennes montrait que des progrès dans les relations Nord-Sud pouvaient être initiés dans des périodes de fortes tensions, et que c'était le rôle de l'AAFC d'encourager toute initiative pour la paix et le dialogue. A cet égard, il a rappelé que le Président Kim Il-sung avait joué un rôle majeur dans l'adoption du communiqué conjoint Nord-Sud du 4 juillet 1972, pierre angulaire du rapprochement Nord-Sud, malgré les tensions internationales à une période marquée par la guerre au Vietnam. Monsieur Ri Ho-yong, conseiller à la délégation générale de la RPD de Corée en France, a remercié l'AAFC pour ses activités, en soulignant les contributions du Président Kim Il-sung à la paix dans le monde et à la réunification de la Corée.

Guy Dupré, président de l'AAFC, et Benoît Quennedey, vice-président de l'AAFC chargé des actions de coopération

Guy Dupré, président de l'AAFC, et Benoît Quennedey, vice-président de l'AAFC chargé des actions de coopération

Le Comité national de l'AAFC a commencé par condamner la partialité du Conseil de sécurité des Nations Unies, prompt à critiquer la RPDC sur son programme balistique et nucléaire mais silencieux en ce qui concerne les manoeuvres militaires américano-sud-coréennes, bien qu'il ait été saisi officiellement de cette question par les autorités nord-coréennes.

S'est ensuite engagé un échange de vues sur la situation internationale. Une des membres du Comité national, absente car résidant en province, a fait part dans un message écrit de son hostilité à toute menace de guerre atomique au regard de l'attachement fondamental de l'AAFC à la paix en Asie du Nord-Est et dans le monde. En réponse à ces inquiétudes, M. Hyon Ki-chol, conseiller à la délégation générale de la RPD de Corée en France, a déploré la reprise par les médias occidentaux de citations tronquées des autorités de la RPDC : la Corée du Nord a parlé d'attaque nucléaire si et seulement si les Etats-Unis menacent d'utiliser leurs propres armes atomiques contre la RPDC. Les armes nucléaires détenues par la RPDC ont exclusivement un rôle d'autodéfense. Alors que les Coréens sont un peuple pacifique qui n'a jamais attaqué d'autre peuple, la RPDC n'envisage en aucun cas d'attaquer en premier les Etats-Unis, ce qui n'aurait guère de sens au regard du déséquilibre des forces stratégiques jouant en faveur de la superpuissance américaine.

MM. Ri Ho-yong et Hyong Ki-chol, de la délégation générale de la RPD de Corée à Paris

MM. Ri Ho-yong et Hyong Ki-chol, de la délégation générale de la RPD de Corée à Paris

Maurice Cukierman a souligné que le peuple coréen avait le droit de construire la société socialiste qu'il souhaitait, sans ingérence extérieure, et que l'aggravation des tensions devait être mise en parallèle avec la dérive autoritaire en cours en Corée du Sud qui apparaissait comme la préparation à une situation de guerre, dans laquelle les oppositions n'auraient plus droit de cité.

S'agissant des tâches à accomplir par l'AAFC, dans une contribution écrite adressée au Comité national, Djimadoum Ley-Ngardigal, président du comité régional Bretagne de l'AAFC, a notamment évoqué l'intérêt de se saisir d'événements culturels et sportifs en France associant les Nord-Coréens pour donner une autre image d'un pays volontiers décrié. La discussion a ainsi porté sur la politique de communication de la RPDC, en évoquant l'intérêt que la délégation générale de Corée organise des conférences de presse pour faire valoir ses positions, et en rappelant la disponibilité de l'AAFC pour nourrir le débat, aller à la rencontre des médias et de l'opinion publique, pour apporter une capacité d'analyse au-delà du prêt-à-penser et des idées reçues, en permettant ainsi d'appréhender la situation de l'ensemble de la Corée dans toute sa complexité.

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3 avril 2016 7 03 /04 /avril /2016 20:20

C'est un rassemblement exceptionnel qui a eu lieu à Paris, le 2 avril 2016 place du Châtelet, à l'appel du Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD), à la hauteur des atteintes gravissimes aux libertés publiques que comporte la nouvelle loi antiterroriste en Corée du Sud : pour le retrait de cette loi et pour la libération de tous les prisonniers politiques en Corée du Sud, la manifestation du 2 avril a réuni des Français et des Coréens unis dans une même volonté de ne pas laisser la répression politique et antisyndicale s'exercer en toute impunité dans la Corée du Sud de Mme Park Geun-hye.

Rassemblement exceptionnel à Paris pour les droits de l'homme en Corée du Sud

Confier aux services de renseignement sud-coréens, fer de lance de la répression au Sud de la péninsule coréenne, la responsabilité de la lutte antiterroriste contre un ennemi terroriste créé de toutes pièces ce serait comme confier à un pyromane la responsabilité des services d'incendie : c'est pourtant ce que fait la loi antiterroriste, adoptée dans la nuit du 2 au 3 mars 2016 en Corée du Sud, sans consensus partisan - les députés d'opposition ayant boycotté la séance publique après s'être engagés dans une obstruction parlementaire sans précédent dans l'histoire du pays.

Fidèle à son combat historique en faveur des droits de l'homme et des libertés publiques en Corée du Sud, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) a soutenu la manifestation du CILD place du Châtelet à Paris le 2 avril 2016, pour le retrait de la loi antiterroriste et la libération de tous les prisonniers politiques en Corée du Sud - dont des portraits géants étaient affichés par les membres de l'Alliance coréenne présents.

Patrick Kuentmann, secrétaire général de l'AAFC, refoulé de Corée du Sud, a rappelé la façon dont l'Agence nationale de renseignement sud-coréennes (NIS), non contente de s'immiscer dans la vie politique intérieure de la Corée du Sud (ce qui a entraîné la condamnation d'un ancien dirigeant des services du NIS), cherche également à empêcher la libre expression des étrangers qui, comme les militants de l'AAFC, ont le mauvais goût de pointer du doigt la dérive autoritaire et sécuritaire des autorités conservatrices au pouvoir à Séoul.

Rassemblement exceptionnel à Paris pour les droits de l'homme en Corée du Sud

Alors que l'année croisée France-Corée semble avoir anesthésié toute velléité des autorités françaises de porter la moindre critique à l'encontre des atteintes grandissantes aux droits de l'homme en Corée du Sud, pratiquant un mensonge dans lequel même le Département d'Etat américain n'ose pas se fourvoyer, les élections législatives du 13 avril 2016 en Corée du Sud offrent une chance historique de stopper la descente aux enfers de la démocratie sud-coréenne, en soutenant les démocrates et l'opposition victimes des atteintes aux droits de l'homme : il appartient à toutes celles et tous ceux qui, en France et dans le monde, ne veulent pas voir resurgir les années de plomb de la junte militaire, naguère dirigée par le général Park Chung-hee, père de l'actuelle présidente sud-coréenne Mme Park Geun-hye, de tout faire pour empêcher que l'irréparable ne survienne à Séoul.

Rassemblement exceptionnel à Paris pour les droits de l'homme en Corée du Sud

Lire le compte rendu détaillé de la manifestation sur le site du Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud :

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27 mars 2016 7 27 /03 /mars /2016 18:28

Samedi 19 mars 2016, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) organisait un compte-rendu de son voyage d’octobre 2015 en République populaire démocratique de Corée (RPDC) dans le sympathique village de Tousson (Seine-et-Marne), au Foyer rural de Tousson et au café La Tête des trains. L'animateur du Foyer rural de Tousson, Pierrot Beltante, faisait partie de la délégation de l'AAFC en visite en RPDC en octobre 2015. Ce n’est pas que la première fois qu’un évènement de l’AAFC a lieu à Tousson. On peut même dire qu'une véritable tradition s'est créée avec un rendez-vous chaque année chez nos amis de Tousson depuis 2011. Ce fut l’occasion d’une rencontre qui a permis aux participants de se retrouver et d’échanger. Plusieurs vidéos et diapositives du voyage d’octobre 2015 ont été présentées. Ainsi, certains participants ont pu se familiariser avec les côtés insolites et inconnus de la RPDC, loin des clichés facilement éculés. Un débat a ensuite eu lieu. Comme toute bonne chose a une fin, un sympathique repas a permis aux participants de conclure la soirée, avec kimchi et nouilles froides (une des spécialités culinaires de Pyongyang). Nous remercions Pierrot Beltante et La Tête des trains pour leur accueil toujours chaleureux. À l’année prochaine, à… Tousson évidemment ! L'AAFC revient, en images, sur cette réunion.

La réunion de compte rendu du voyage de l'AAFC avait été placardé dans tout Tousson...

La réunion de compte rendu du voyage de l'AAFC avait été placardé dans tout Tousson...

... et relayée dans la presse locale !

... et relayée dans la presse locale !

Nouilles froides et kimchi au menu

Nouilles froides et kimchi au menu

Films et photos, débat, buffet franco-coréen : une organisation de main de maître par Pierrot Beltante

Films et photos, débat, buffet franco-coréen : une organisation de main de maître par Pierrot Beltante

Compte-rendu à Tousson du voyage d’octobre 2015 de l’AAFC
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28 février 2016 7 28 /02 /février /2016 21:09

Le 27 février 2016, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) a tenu son assemblée générale annuelle au siège national du Secours populaire français à Paris - avec lequel elle mène de longue date une action de solidarité en direction des populations coréennes. Dans un contexte marqué par un regain de tensions dans la péninsule coréenne, l'AAFC joue plus que jamais un rôle irremplaçable, en France, pour favoriser le dialogue, la paix et la réunification dans la péninsule coréenne où la guerre froide n'a jamais pris fin.

Assemblée générale 2016 : l'AAFC à l'avant-garde du combat pour la paix et la réunification en Corée

En ouverture des travaux de l'assemblée générale, Guy Dupré, président de l'AAFC, a rappelé le contexte où s'inscrivait son action, dans un contexte lourd de menaces de conflit dans la péninsule coréenne. Pour sa part, l'AAFC a toujours été fidèle à ses idéaux depuis sa fondation en 1969 : favoriser le dialogue, les échanges et la coopération entre la France et l'ensemble de la Corée, avec la certitude qu'il s'agit de la meilleure garantie pour la paix en Asie du Nord-Est et la réunification de la péninsule.

Présentant le rapport d'activité 2015, Patrick Kuentzmann, secrétaire général de l'AAFC, a relevé les attaques dont l'association avait été la cible de la part des services secrets sud-coréens - ce qui devait s'interpréter comme une rançon de son succès, alors que l'année écoulée avait vu une intensification des activités de l'AAFC, en soutien notamment aux démocrates et aux défenseurs des libertés publiques en Corée du Sud, et aux pacifistes - coréens comme japonais - à l'occasion du soixante-dixième anniversaire de la fin de la Seconde guerre mondiale. L'engagement de l'AAFC aux côtés du Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD), présidé par Jean Salem, ainsi que du collectif Solidarité pour les libertés et la démocratie en Asie (SOLIDA), constitué notamment par des Japonais et des Coréens opposés à la révision de l'article 9 de la Constitution japonaise, constituent ainsi des axes majeurs des actions passées et futures de l'AAFC.

L'année 2015 a aussi été marquée par un renforcement des activités de coopération, en particulier avec l'accueil en France d'une délégation de jeunes artistes handicapés en février 2015, et le soutien au déplacement en RPD de Corée de Damien Jamet, maître de conférences à l'IUT de Saint-Dié (Université de Lorraine), qui a inauguré une coopération universitaire inédite entre la France et la Corée du Nord dans le domaine scientifique.

Enfin, l'AAFC a déployé une importante action de communication et de conférences publiques, notamment en direction des milieux étudiants et universitaires. Celle-ci s'appuie sur une connaissance privilégiée de la RPD de Corée, loin des clichés et du prêt-à-penser véhiculés par les médias, grâce notamment au séjour régulier de délégations de l'AAFC dans le Nord de la péninsule - un déplacement ayant eu lieu à l'occasion du soixante-dixième anniversaire de la fondation du Parti du travail de Corée, le 10 octobre 1945.

Présentant ensuite le rapport d'orientation 2016, Benoît Quennedey, vice-président de l'AAFC chargé des actions de coopération, a souligné les enjeux que constituait l'encouragement à la paix et à la réunification en Corée dans le contexte actuel de graves tensions alimentées par les Etats-Unis et un pouvoir sud-coréen de plus en plus autoritaire. A cet égard, le soutien aux défenseurs des droits de l'homme en Corée du Sud représente un objectif prioritaire des activités de l'AAFC, compte tenu des prochaines échéances électorales au Sud de la péninsule (législatives d'avril 2016 et présidentielle de décembre 2017) : le contexte actuel exige un renforcement de la solidarité avec les militants politiques et syndicaux emprisonnés, ainsi qu'un appui toujours croissant à l'exercice de libertés fondamentales d'expression et de réunion de plus en plus menacées.

Au regard du rôle joué par l'AAFC dans le mouvement international de solidarité pour la paix et la réunification en Corée, exprimé notamment lors de la participation d'une délégation à la conférence internationale tenue à Helsinki en septembre 2015, le rapport d'orientation a proposé que l'AAFC prenne l'initiative d'une réunion internationale à Paris au début de l'année 2017, qui marquera le quarantième anniversaire de la fondation du Comité international pour la paix et la réunification en Corée (CILRECO).

Jacky Lemeur a ensuite présenté le rapport financier : alors que les cotisations et dons représentent la quasi-totalité des ressources de l'AAFC, la hausse de 18 % du produit des cotisations en 2015, pour encourageante qu'elle soit, ne doit toutefois pas masquer la nécessité d'un renforcement de l'association pour accroître sa visbilité, son audience et ses moyens d'action.

De gauche à droite : Benoît Quennedey, Guy Dupré et Patrick Kuentzmann

De gauche à droite : Benoît Quennedey, Guy Dupré et Patrick Kuentzmann

Les débats sur les trois rapports ont notamment porté sur la solidarité avec les militants des droits de l'homme au Sud, le soutien aux pacifistes en Asie de l'Est et les contacts avec le ministère français des Affaires étrangères.

Après une adoption à l'unanimité des rapports d'activité, d'orientation et financier, l'AAFC a renouvelé ses instances nationales.

Enfin, S.E M. Kim Yong-il, délégué général de la RPD de Corée en France, ambassadeur auprès de l'UNESCO, et M. Ri Ho-yong, conseiller politique à la délégation générale de la RPDC, ont rejoint les participants, autour d'un pot convivial ayant clôturé des travaux riches d'ambitions et d'espoirs.

De gauche à droite : André Aubry, président d'honneur de l'AAFC, MM. Kim Yong-il et Ri Ho-yong

De gauche à droite : André Aubry, président d'honneur de l'AAFC, MM. Kim Yong-il et Ri Ho-yong

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17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 17:36

Dans un contexte d'hostilité croissante des Etats-Unis, et de leurs alliés, à l'égard de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), et face au déferlement médiatique que subit ce pays, le Professeur Robert Charvin,  doyen honoraire de la Faculté de droit et sciences économiques de Nice, et vice-président de l'Association d'amitié franco-coréenne, a fait une mise au point que nous reproduisons ci-après. Ce texte a été rédigé après l'essai nucléaire nord-coréen du 6 janvier 2015 et avant la mise sur orbite du satellite Kwangmyongsong-4 par la RPDC le 7 février.

Certains événements montrent que des situations qui s'éternisaient peuvent être réglées positivement. L'embargo qui pesait sur Cuba a été levé par les Etats-Unis ; celui qui voulait isoler l'Iran vient de cesser. La persévérance des victimes et les intérêts des grandes puissances ont décidé de ces mutations.

Par contre, d'autres problèmes, particulièrement inéquitables pour les peuples concernés, ne sont pas en voie d'être résolus. Parmi ces problèmes, il y a la domination quasi-coloniale d'Israël sur le peuple palestinien qui dure depuis 70 ans. Il y a aussi le refus par les Etats-Unis d'ouvrir des négociations de paix avec la RPD de Corée et de cesser les menées d'ingérence mettant en cause sa souveraineté. L'hostilité ouverte des Etats-Unis, du Japon, de la Corée du Sud et des Etats européens (dont la France, incapable de mettre en œuvre une simple reconnaissance diplomatique de la RPDC), sans aucun fondement, est une mesure discriminatoire vis-à-vis d'un Etat membre des Nations Unies, comme cela a été le cas dans le passé à l'égard de la Chine.

L'ONU, pourtant directement concernée par la question coréenne, étant donné son intervention directe lors de la guerre de 1950-1953, reste inerte.

L'Agence internationale de l'énergie atomique, pratiquant la politique du « deux poids, deux mesures », à l'instigation des grandes puissances nucléaires, et  contrairement à la légalité internationale, est plus rigoureuse vis-à-vis de la RPDC (qui s'est légalement retirée du Traité de non prolifération) qu'à l'égard de pays comme Israël (qui n'a jamais adhéré à ce même traité).

Les dispositions fondamentales de la Charte des Nations Unies, de multiples résolutions de l'Assemblée générale, sont violées : chaque peuple est en droit de choisir sans ingérence son régime. Le principe de l'égale souveraineté des Etats est toujours en vigueur ! L'affirmation explicite des grandes puissances de vouloir détruire le régime de la RPDC est une forme d'agression et de provocation permanente, de même que l'image donnée en Occident sur Pyongyang.

La question des droits de l'Homme, mis en avant par la France, notamment, est irrecevable de la part d'un Etat qui a des relations étroites avec nombre de régimes totalement indifférents aux conceptions occidentales des droits humains, comme l'Arabie saoudite, le Qatar et diverses dictatures africaines soutenues par des réseaux d'intérêts français.

La résistance que manifeste le peuple coréen depuis 1950, c'est-à-dire depuis plus d'un demi-siècle, est digne de respect. La Corée se veut coréenne, n'en déplaise à nombre d'occidentaux. L'originalité de sa société est une contribution à la richesse politico-culturelle du monde.

Les amis de la RPDC s'engagent, une fois de plus, à exprimer leur solidarité au peuple coréen, à sa réunification, au maintien de la paix dans la région et à tous les efforts de développement que réalise Pyongyang malgré toutes les difficultés que la RPDC doit surmonter. 2016 sera une nouvelle année de luttes et de résistance victorieuses.

 

Paris, le 5 février 2016

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  • : Association d'amitié franco-coréenne
  • : Soutenir une réunification indépendante et pacifique de la Corée, conformément à l'aspiration légitime du peuple coréen et dans l’intérêt de la sécurité et de la paix dans le monde
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