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20 octobre 2016 4 20 /10 /octobre /2016 17:41

En juillet 2016, les Etats-Unis ont annoncé leur intention de déployer en Corée du Sud un système antimissile dit de défense terminale en haute altitude (Terminal High Altitude Area Defense, THAAD), prétendument contre les missiles nord-coréens. Cette annonce a encore accru les tensions dans la région, la Chine et la Russie voyant dans la proximité de ce système américain antimissile une menace pour leurs propres intérêts stratégiques. En Corée du Sud même, de nombreux citoyens se mobilisent contre le déploiement du système THAAD. Dans cette lutte, il peuvent compter sur la solidarité de plusieurs organisations et personnalités, dont certaines sont réunies au sein de Task Force to Stop THAAD in Korea and Militarism in Asia and the Pacific ("Force d'intervention pour stopper THAAD en Corée et le militarisme en Asie et dans le Pacifique"), coalition initialement formée par cinq organisations basées aux Etats-Unis : Solidarity Committee for Democracy and Peace in Korea, Korea Policy Institute, Philadelphia Committee for Peace and Justice in Asia, Global Network Against Weapons & Nuclear Power in Space, et Veterans For Peace. Deux militantes de cette coalition ont d'ailleurs été récemment interdites d'entrée en Corée du Sud où elles devaient participer aux manifestations contre le déploiement du THAAD. La coalition a publié une déclaration maintenant soutenue par plus de 80 organisations dans le monde, dont l'Association d'amitié franco-coréenne. Voici la traduction française de cette déclaration.

L'AAFC rejoint la coalition contre le déploiement du système antimissile THAAD en Corée du Sud

Non à la défense antimissile américaine en Corée

Le 7 juillet 2016, les gouvernements américain et sud-coréen ont annoncé une décision conjointe de déployer en Corée du Sud le système américain antimissile de défense terminale en haute altitude (THAAD).

Les deux gouvernements prétendent, sans preuve sérieuse et contre l'avis des experts, que le système THAAD protègera la Corée du Sud de la menace des missiles nord-coréens. Par exemple, le Service de recherche du Congrès des Etats-Unis pense que le THAAD a peu de chances de mettre la Corée du Sud à l'abri puisqu'il est destiné à contrer des missiles à haute altitude, qui ne sont pas ceux que la Corée du Nord pourrait utiliser contre des cibles sud-coréennes.

En outre, la décision de déployer le THAAD en Corée du Sud, et de maintenir les jeux guerriers menés par les Etats-Unis et la Corée du Sud au cours de l'été dernier, a été prise en dépit des offres faites par la Corée du Nord de geler ses programmes d'armes nucléaires si Washington et Séoul arrêtent leurs manœuvres militaires. La Corée du Nord a depuis continué à tester des missiles balistiques, procédé à sa cinquième explosion nucléaire, le 9 septembre 2016, et poursuit toujours son objectif de placer une ogive nucléaire sur un missile balistique intercontinental.

Le déploiement du THAAD américain en Corée du Sud fait partie du « pivotement » des Etats-Unis vers l'Asie-Pacifique. Il étend le réseau déjà important de systèmes américains de « défense antimissile » encerclant la Chine et la Russie. Ces systèmes donnent aux Etats-Unis un avantage militaire significatif, bien que fugace, dans toute confrontation à venir puisqu'ils permettent à l'armée américaine de neutraliser la capacité d'un adversaire à répliquer. L'extension de ce réseau paraît refléter une décision plus large des Etats-Unis de faire évoluer leur posture militaire d'une posture de dissuasion à une posture de première frappe.

La détermination du gouvernement américain à utiliser et étendre sa présence militaire dans la région pour y renforcer son influence politique a un prix élevé. Par exemple, cette stratégie augmente les tensions militaires régionales, alimente une nouvelle course aux armements, et accroît la possibilité d'une nouvelle guerre dans la péninsule coréenne. En faisant cela, il fait aussi obstacle à la souveraineté nationale et aux aspirations du peuple des autres pays, en l'occurrence ici, de la Corée du Sud.

De plus en plus de Sud-Coréens luttent pour empêcher le déploiement du système THAAD dans leur pays. Ils craignent avec raison que son déploiement entraîne leur pays dans une alliance anti-chinoise aux côtés des Etats-Unis et du Japon, encourage les forces politiques militaristes et anti-démocratiques chez eux, et exacerbe les tensions entre la Corée du Nord et la Corée du Sud. Ils s'inquiètent aussi des effets nocifs pour la santé qui semblent associés à l'exploitation du système radar du THAAD. Une autre source d'inquiétude est le coût du système THAAD - estimé à 1,3 milliard de dollars, auxquels il faut ajouter 22 millions de dollars chaque année pour son fonctionnement et son entretien - que supporteront les contribuables sud-coréens et américains.

On sait très peu de choses aux Etats-Unis au sujet du THAAD et de l'opposition des Sud-Coréens à son déploiement dans leur pays, et des récentes ouvertures diplomatiques de la Corée du Nord visant à réduire les tensions dans la péninsule. Pourtant, son déploiement devrait être aussi une source d'inquiétude pour le peuple des Etats-Unis. Nous souffrirons aussi si notre pays entre à nouveau en guerre. Et même si le pire est évité, le développement ininterrompu de nouveaux systèmes d'armes toujours plus destructeurs détourne de précieuses ressources des programmes sociaux dont le pays a tant besoin.

Après des décennies d'engagements militaires désastreux à l'étranger, nous avons besoin d'une nouvelles approche. Nous pressons le gouvernement américain de renoncer aux politiques qui font monter la tension militaire et de redessiner les lignes de l'époque de la guerre froide en faveur de politiques cherchant à résoudre les conflits, pacifiquement, au travers de la diplomatie et du dialogue. A cette fin, nous pressons le gouvernement américain de revenir sur sa décision de déployer le THAAD en Corée du Sud, et de rechercher toutes les pistes possibles pour réduire les tensions dans la péninsule coréenne en se réengageant sur la voie de la diplomatie avec la Corée du Nord.


 

Organisations soutenant la déclaration "Non à la défense antimissile américaine en Corée" :

Act Now to Stop War and End Racism (ANSWER)

Alliance of Scholars Concerned about Korea, National Office, U.S.A.

Alternative News, County Westmeath, Ireland

Anakbayan USA, National Office, USA

Asian Americans for Peace and Justice, USA

Asian Americans United, Philadelphia, PA, USA

Association d'amitié franco-coréenne (France-Korea Friendship Association), Paris, France

Australian Anti-Bases Campaign Coalition, Sydney, Australia

BAYAN USA, National Office, USA

Blue Vigil in Solidarity with Okinawa in New York, New York, New York

Brandywine Peace Community, Philadelphia, PA, USA

Campaign for Nuclear Disarmament (CND), London, United Kingdom

Chicago Action Network for Peace, Chicago, Illinois, USA

Code Pink, National Office, USA

Comité Boricua Philadelphia-Camden, Philadelphia, PA, USA

Committees of Correspondence for Democracy and Socialism, National Office, USA

Eclipse Rising, National Office, USA

Ecumenical Peace Institute/Clergy and Laity Concern, Northern California, USA

Eyak Preservation Council, Cordova, Alaska, USA

Freedom Road Socialist Organization, National Office, USA

Foro Contra la Guerra Imperialista y la OTAN (Forum Against Imperialist War and NATO), Madrid, Spain

Global Network Against Weapons and Nuclear Power in Space

The Granny Peace Brigade, New York, New York

Green Party, US - National Office

Hawaiʻi Okinawa Alliance, Honolulu, Hawaiʻi

Hawaiʻi Peace and Justice, Honolulu, Hawaiʻi, Hawaiʻi

Hiroshima Day Committee, Sydney, Australia

Hope Alliance of New York, Metropolitan New York, USA

Ieumsae, Korean Drumming Group, Oakland, California, USA

International Action Center, National Office, USA

International Forum on Globalization, San Francisco, CA

International Peace Bureau, Geneva, Switzerland

June 15 U.S. Committee for Reunification of Korea, National Office, USA

Korea Policy Institute

Malu 'Aina Center for Non-violent Education & Action, Kurtistown, Hawaiʻi, Hawaiʻi

Marrickville Peace Group, Marrickville, NSW, Australia

MAUI PEACE ACTION, Pukalani, Maui, Hawaii, USA

Moana Nui Action Alliance, Los Angeles, CA

Nanum Corean Cultural Center, Los Angeles, California, USA

National Campaign for Nonviolent Resistance, National Office, USA

National Campaign to End the Korean War, National Office, USA

National Lawyers Guild, National Office, USA

NewsPro, Inc., Boston, Massachusetts, USA

New South Wales branch of the Independent and Peaceful Australia Network (IPAN-NSW), Sydney, Australia

New York Catholic Workers, New York, New York

The New York Catholic Worker, New York, New York

New York City War Resisters League, New York, New York

Nodutdol for Korean Community Development

NO NATO LIST, ITALY (National)

NO WAR NET, ROME, ITALY

Nuclear Age Peace Foundation - Santa Barbara, California, US

Okinawa Environmental Justice Project, Okinawa, Japan

One Heart for Justice, Northern California, USA

Pan-Korean Alliance for Reunification (PKAR), National Office, USA

Party for Socialism and Liberation, National Office, USA

Peace21, Los Angeles, California, USA

Peace Action, National Office, USA

Peaceful Skies Coalition - National Office (Taos, NM)

Peace Works, Brunswick, Maine, USA

Philadelphia Branch Workers World-Mundo Obrero Party, Philadelphia, PA, USA

Philadelphia International Action Center, Philadelphia, PA, USA

Philadelphia Committee for Peace and Justice in Asia, Philadelphia, PA, USA

Raging Grannies, New York, New York, USA

“Remembering Hiroshima, Imagining Peace”, Pittsburgh, Pennsylvania, USA

RootsAction.org, USA

Scientists for Peace & Sustainability, National Office, Germany

Solidarity Committee for Democracy and Peace in Korea

Stop Police Terror Project DC, Washington, D.C., USA

Support Committee for Korean Prisoners of Conscience US, National Office, USA

Swedish Peace Council, Stockholm, Sweden

TLtC (The Least of these Church): Justice and Peace Committee, New York, NY, USA

United for Justice with Peace (Boston), Cambridge, Massachusetts

United National Antiwar Coalition (UNAC), National Office, USA

U.S. Peace Council, National Office, USA

Veterans for Peace, NYC Chapter 34, New York, New York

Veterans for Peace, Santa Fe Chapter 055, Santa Fe, New Mexico, USA

Women Against Military Madness (WAMM), Minneapolis, Minnesota

Women Cross DMZ, National, USA

Women’s Fightback Network, Philadelphia, PA, USA

Women for Genuine Security, National Office, USA

World Beyond War, Charlottesville, VA, USA

Yorkshire Campaign for Nuclear Disarmament (CND), Bradford, United Kingdom


 

Personnes soutenant la déclaration "Non à la défense antimissile américaine en Corée" :

Noam Chomsky, Boston, Massachusetts

Ramsey Clark, New York, New York, USA

Bruce Cummings, University of Chicago, Chicago, Illinois, USA

Ann E. Ruthsdottir, Brunswick, Maine

Rob Mulford (War Resister) Write-In Candidate for United States Senate, Alaska, U.S.

Ronald Fujiyoshi, Hilo, Hawaii

Ramsay Liem, Chestnut Hills, Massachusetts

Seung-Hee Jeon, Belmont, MA

Dohee Lee, Oakland, California, USA

Joseph Gerson (PhD), Co-Convener, Peace & Planet Network & Vice-President, International Peace Bureau

Dave Webb, Leeds, UK

Tim Beal, Ph.D. Featherston, New Zealand

Jenny Clegg, Manchester, United Kingdom

Brinton Lykes, Ph.D. Chestnut Hill, Massachusetts, USA

Rev. Duk Jin Hong (DC Methodist Church), Fairfax, Virginia, USA

Simone Chun, Seattle, USA

Og Lim, Boston, USA

Dongseong Oh, Toronto, Ontario CANADA

Kelly Lee, Toronto, Ontario CANADA

Michelle Kim, San Diego, California, USA

Oh Sun Myung, Yongin, Kyungki-do, South Korea

So Young Jeon, Gimcheon, South Korea

Taewon Kwon, Beecroft NSW, Australia

Hyojung Kim, Strathfield NSW, Australia

Youngju Jun, Fremont, CA, USA

JaeHo Lee, Busan, South Korea

Hyungman Choi, Kimcheon, South Korea

Tom Boughan, Cowan, Tennessee, USA

Batur Talu, Istanbul, Turkey

Barbara and Jim Dale, Decorah, Iowa, USA

Rael Nidess, M.D., Marshall, Texas, USA

Lisa Grant, Ukiah, California, USA

Madeline Shaw, Slate Hill, New York, USA

Angelo Baracca, Florence, Italy

Cooang Moon Co, Kwangmyung-si, Kyungki-do, South Korea

Lee Sang Woong, Gyeonggi-do Goyang-si, South Korea

Ingeborg Breines, former Co-president International Peace Bureau and former director of UNESCO, Oslo, Norway

Leonard and Ellen Zablow, New York, NY

Youchan Jeong, Seoul, South Korea

Yunju Nam, Buffalo, New York, USA

Hyun-Jin Jun, Baltimore, Maryland, USA

Seok Heo, Baltimore, Maryland, USA

Lee Bomi, Seong-ju, South Korea

Luke Zannes, London, United Kingdom

Thomas Burns, Conifer, Colorado, USA

Brian Park, Seattle, Washington, USA

Jungeun Lee, Seoul, South Korea

Yunju Nam, Buffalo, New York, USA

Dr. Owen Miller, UK

Geumsoon Yoon, Seongju, South Korea

Cho Rong Hwang, Seoul, Korea

Seung Soon Jang, Georgia Institute of Technology, Marietta, Georgia, USA

Logan Tamburo, West New York, New Jersey, USA

Dr. Moon Jae Pak, Columbus, Ohio, USA

Ki-Jung Moon, Taegu, South Korea

Brian Reynolds, Atlantic City, New Jersey, USA

Carl-Philippe Pierre-Paul, Pembroke Pines, Florida, USA

Jimmy Brash, Parsippany New Jersey, USA

Olivier Bouchard, Paris, France

HyunKyoung Jeong, Busan, South Korea

Veda Hyun-Jin Kim, Chicago, Illinois, USA

Pilar Castel, Rome, Italy

Ben Tao, Boston, Massachusetts, USA

Bon Chung closter, New Jersey, USA

Bill Adamski, Minneapolis, Minnesota, USA

Jaekeun Kwak, DaeJeon, South Korea

Hyeseon Kim, Port Matilda, PA, USA

Jae Barclay, Incheon, South Korea

Sora Ko, Changwon, South Korea


 

Source :

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19 octobre 2016 3 19 /10 /octobre /2016 18:42

Le 20 et (en cas de second tour) le 27 novembre 2016 sera désigné le candidat des Républicains, du Parti chrétien-démocrate et du Centre national des indépendants et paysans (CNIP) à l'élection présidentielle française de 2017. A cette occasion, le comité national de l'Association d'amitié franco-coréenne a décidé, lors de sa réunion du 30 août 2016, d'interroger les candidats à la primaire de la droite du centre - dans la continuité des démarches entreprises lors des élections présidentielles de 2007 et 2012, qui avaient conduit l'AAFC à interroger les candidats à la présidentielle sur les relations entre la France et les deux Corée. Nous reproduisons ci-après les questions posées dans la lettre envoyée le 22 septembre 2016 par le Bureau national de l'Association d'amitié franco-coréenne à chacun des candidats à l’élection primaire de la droite et du centre, Jean-François Copé, François Fillon, Alain Juppé, Nathalie Kosciusko-Morizet, Bruno Le Maire, Jean-Frédéric Poisson et Nicolas Sarkozy.

Malgré l’armistice de 1953, les deux Corée sont toujours « techniquement » en guerre, ce qui génère des tensions. Alors que les médias et certains pays se plaisent à souligner le programme nucléaire de la République populaire démocratique de Corée, les exercices militaires américains menés en République de Corée ne soulèvent aucune réprobation, alors qu’ils simulent clairement une invasion de la RPDC. Aux termes de l’article 39 de la Charte des Nations unies, de telles manœuvres peuvent pourtant être considérées comme une « menace contre la paix ». Estimez-vous nécessaire que la situation soit traitée dans sa globalité et que les comportements d’autres acteurs – à commencer par ceux des États-Unis d’Amérique - soient soulignés ?

Les sanctions internationales, mais aussi unilatérales, adoptées contre la RPDC n’ont nullement entamé la détermination des autorités nord-coréenne, tout en pénalisant en premier lieu la population de ce pays. Depuis des années, ces sanctions ont démontré leur inefficacité et ne font que détériorer la situation. Quelle est votre position sur les sanctions dont la RPDC fait l’objet ?

À l’exception de la France et de l’Estonie, tous les pays de l’Union européenne entretiennent des relations diplomatiques normales avec la RPDC. Cette situation est contraire à la tradition diplomatique de la France, qui est de reconnaître des États et non des régimes politiques, et nuit à la place de notre pays en Asie orientale, une des régions les plus dynamiques du monde. Après l’ouverture, en 2011, d’un premier bureau français de coopération à Pyongyang, comptez-vous faire évoluer cette situation pour normaliser les relations entre la République française et la RPDC, conformément à la pratique de nos principaux partenaires européens ?

La République de Corée connaît de vives tensions politiques, notamment depuis l’élection de la présidente Park Geun-hye en 2012. Le Parti progressiste unifié, un des principaux partis politiques sud-coréens, a fait l’objet d’une interdiction et on assiste à une répression accrue à l’encontre les syndicats. La République de Corée entend pourtant partager les mêmes valeurs et standards que les pays occidentaux. La répression en cours en Corée du Sud est peu soulignée, alors que les médias se plaisent à relayer la moindre rumeur sur la RPDC. Quelle est votre position sur les différentes restrictions apportées aux libertés démocratiques en Corée du Sud ?

Le dialogue intercoréen, que nous soutenons, reste peu connu à l’étranger. L’AAFC le soutient clairement comme seule voie possible dans le règlement des différends entre Coréens. Estimez-vous que la France doit encourager le dialogue entre les deux Corée et rappeler qu’il constitue le seul instrument sérieux pour trouver une solution pérenne à la crise coréenne ?

L'Association d'amitié franco-coréenne ne manquera pas de vous informer des réponses apportées à ces questions par les candidat(e)s.

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3 octobre 2016 1 03 /10 /octobre /2016 19:19

Les inondations qui ont frappé cet été le Nord-Est de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) ont été particulièrement meurtrières. Pour faire face à l'urgence de reloger des dizaines de milliers de sinistrés avant les premières neiges, attendues fin octobre, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) a décidé le versement de premiers dons, prélevés sur l'actif de l'AAFC, qui seront remis dans les prochains jours à la délégation générale de la RPD de Corée en France. Cette action de solidarité sera complétée par une aide à moyen terme, financée par un appel à dons auprès notamment des adhérents et sympathisants de l'AAFC, dont le produit sera directement versé aux ONG présentes dans le Nord de la péninsule avec lesquelles l'AAFC travaille de longue date - notamment le Secours populaire français. L'affectation de ces dons ultérieurs tiendra compte des besoins de reconstruction à plus long terme et des conséquences des inondations sur la production alimentaire et le besoin de sécuriser l'approvisionnement des populations pendant la période de "soudure" alimentaire, au printemps prochain. 

L'AAFC apporte une aide d'urgence aux sinistrés nord-coréens

Plus de 600.000 personnes touchées par les inondations, plus de 30.000 maisons détruites ou si gravement endommagées qu'elles sont devenues inhabitables : au-delà du très lourd bilan humain (plus de 130 morts et plus du triple de personnes portées disparues), une course contre la montre a été engagée par les autorités nord-coréennes, en liaison étroite avec les agences spécialisées des Nations Unies et les ONG présentes en RPD de Corée, pour faire face à l'urgence de reloger toutes les familles et répondre à leurs besoins élémentaires. Une aide a convergé de tout le pays pour apporter des réponses en termes d'hébergement, de nourriture et de soins médicaux.

Chris Staines, qui dirige en Corée du Nord les activités de la Fédération Internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (acronyme anglais, FICR), a souligné pourquoi il fallait agir maintenant, alors que les premières neiges sont prévues fin octobre et que les températures tombent à - 30°C dans cette partie du pays au plus froid de l'hiver :

A de nombreux égards, la catastrophe a frappé au plus mauvais moment (...) Les conditions sont particulièrement difficiles et c'est pourquoi nous avons besoin de davantage de solutions permanentes en termes d'abri, de services de santé, d'accès à la nourriture, et de résoudre les questions touchant à l'eau potable.

http://www.huffingtonpost.com/entry/north-korea-floods_us_57f25e42e4b024a52d2faf4b

Face à l'urgence, la FICR a décidé de débloquer une aide immédiate de 15,2 millions de francs suisses (soit 13,9 millions d'euros). Les biens de première nécessité proviennent non seulement du reste du pays, mais aussi de la Chine et de la Russie frontalières (les autorités conservatrices sud-coréennes ayant pour leur part refusé d'apporter la moindre aide, brandissant une nouvelle fois l'arme alimentaire), alors que 300.000 personnes ont besoin d'une assistance humanitaire le plus rapidement possible.

L'Association d'amitié franco-coréenne a ainsi apporté une première contribution, modeste au regard de l'ampleur des besoins, sous forme de don prélevé sur l'actif dont dispose l'Association. Elle sera complétée par un appel à dons ultérieur, au regard des conséquences à plus long terme des inondations catastrophiques qui ont ravagé le Nord-Est de la Corée.

L'AAFC apporte une aide d'urgence aux sinistrés nord-coréens
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1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 18:31

Le 1er octobre 2016, le Professeur Robert Charvin, ancien doyen de la faculté de droit de Nice et par ailleurs vice-président de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC), est intervenu à l'amphithéâtre Lefebvre de la Sorbonne, dans le cadre du séminaire "Marx au XXIe siècle : l'esprit et la lettre", organisé notamment par le Professeur Jean Salem. En traitant le thème "Comment peut-on être Coréen du Nord... ou Russe ? L'escamotage de la géopolitique" devant un public de 80 personnes, Robert Charvin est revenu sur une question qu'il a abordée dans plusieurs de ses ouvrages, notamment Comment peut-on être Coréen (du Nord) ? et Faut-il détester la Russie ? Nous présentons ci-après le point de vue de Robert Charvin. 

"Comment peut-on être Coréen du Nord... ou Russe ?" Conférence de Robert Charvin à la Sorbonne

L'Occidental n'aime plus personne - ni le Chinois, ni l'Arabe, ni l'Africain. Mais dans la hiérarchie des détestations, les Nord-Coréens et les Russes occupent une place particulière - toute société n'a-t-elle pas besoin de se fabriquer des ennemis ? Dans un contexte de confusion idéologique, le discours sur les droits de l'homme se pare d'une indignation sélective : si le droit d'ingérence est invoqué pour justifier des interventions au nom de la liberté d'expression et de la démocratie, jamais il ne servira à libérer des syndicalistes emprisonnés ou à faire respecter les droits des travailleurs. Les régimes autoritaires alliés des Occidentaux peuvent continuer de bafouer impunément les libertés démocratiques.

La Russie, et depuis bien plus longtemps la Corée du Nord, sont soumises à des embargos occidentaux : ces peuples, assiégés, se sont dès lors constitués en citadelles. Leurs réactions sont logiques au regard des principes universels de la géopolitique, malheureusement oubliés dans les pays occidentaux. Ainsi, la Corée du Nord, pays de 25 millions d'habitants entouré de puissants voisins, marqué par le double drame de la colonisation japonaise et de la guerre de Corée, a développé des capacités d'autodéfense (y compris nucléaires), dans une logique obsidionale qu'on retrouve dans d'autres pays et à d'autres époques - par exemple en France dans les relations avec l'Allemagne entre 1871 et 1914. La géopolitique est ainsi la mise en oeuvre de ce qui est possible et souhaitable dans les relations entre puissances dans l'ordre international : pour garantir la paix, la sécurité internationale et le développement des nations, il est utile que se constituent des pôles de puissance qui garantissent des équilibres. La Russie aspire légitimement à constituer l'un de ces pôles, ce que contredit l'installation de troupes de l'OTAN directement à ses frontières. Moscou et Pyongyang ont ainsi mis l'accent sur la souveraineté des nations, qui n'est en aucun cas un repli sur soi mais l'affirmation par chaque Etat de son droit à maîtriser ses propres décisions de politique étrangère, sans ingérence extérieure. Contrairement aux Américains, les Russes et les Nord-Coréens n'entendent pas, quant à eux, imposer leur système politique à d'autres pays.

La reconstitution d'une puissance militaire russe n'a pas davantage à être condamnée que l'augmentation des budgets militaires américain ou français. Les Russes, contrairement aux Occidentaux, assument pour leur part pleinement leur histoire, qui s'inscrit dans un patriotisme incompris en Occident. Leur culture eurasiatique, spécifique, ne justifie pas qu'ils soient rejetés dans un autre "barbare", comme le font les prescripteurs d'opinion occidentaux. Manifestement, les Russes ne sont plus bolchéviques mais ont toujours le couteau entre les dents, étant stigmatisés comme "complices de la barbarie". Quand les victimes civiles des guerres occidentales (forcément des guerres justes et des guerres propres) sont escamotées par les médias, celles des interventions militaires russes sont mises au premier plan.

S'agissant des Nord-Coréens, qu'ils le veuillent ou non, qu'ils l'assument ou pas, leur culture politique est profondément empreinte de confucianisme - ce qui génère des relations paternelles entre les dirigeants et le peuple. Ils ont choisi de ne compter que sur leurs propres forces et ont érigé ce principe en règle majeure d'un travail idéologique jugé fondamental, refusant déjà, hier, d'être membre du Conseil économique d'assistance mutuelle (CAEM) ou de relier leur réseau d'électricité à celui soviétique, comme le leur proposait Nikita Khrouchtchev. Ils ont payé le prix de cette indépendance lors des difficultés des années 1990, mais ont maintenu leur système politique et social.

La Corée du Nord offre un terrain privilégié pour permettre à des journalistes d'affirmer n'importe quoi, sans risque d'être contredit. Le discours hostile à la République populaire démocratique de Corée a même gagné les rangs des partisans de ceux qui se disent partisans du socialisme, quitte à oublier que, par la propriété collective des moyens de production, la Corée du Nord est bien un Etat socialiste. La détestation de la Corée du Nord a aussi une logique qu'explique la géopolitique : la nécessité pour les Etats-Unis de maintenir des troupes dans des positions avancées en Asie de l'Est, à proximité de la Russie et de la Chine, au prix de compromissions avec les dirigeants sud-coréens en matière de droits de l'homme.

Quand la France se permet de donner des leçons sur le nucléaire nord-coréen, alors qu'elle assume l'héritage gaullien de l'arme nucléaire comme garantie de son indépendance, l'histoire des négociations sur la question nucléaire en Corée montre le besoin de dialogue et de négociations, pour anticiper et prévenir les conflits - selon des principes conformes au droit international - et non l'invocation de pseudo-négociations après des interventions militaires et des ingérences dans les affaires intérieures d'autres pays.

"Comment peut-on être Coréen du Nord... ou Russe ?" Conférence de Robert Charvin à la Sorbonne

Regarder la conférence de Robert Charvin

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31 août 2016 3 31 /08 /août /2016 12:43

Le comité national de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) s'est réuni à Paris le 30 août 2016. Outre un point sur les activités conduites en juillet et août 2016 et la préparation d'une conférence internationale à Paris en juin 2017, la réunion du comité national coïncidait avec l'anniversaire de la fondation de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) le 9 septembre 1948 : alors que la France reste l'un des deux derniers pays de l'Union européenne (avec l'Estonie) à ne pas avoir établi de relations diplomatiques complètes avec la RPD de Corée, l'AAFC juge cette situation préjudiciable tant pour défendre les intérêts de la France et de la paix qu'au regard de la nécessité de favoriser la paix et les échanges en Asie du Nord-Est. Les membres du comité national de l'AAFC ont ainsi débattu des actions à entreprendre en direction des pouvoirs publics et des partis politiques en France. 

Dans un contexte de montée des tensions dans la péninsule coréenne lourdes de menaces de guerre, au moment de nouvelles manoeuvres militaires conjointes américano - sud-coréennes, l'AAFC plaide à nouveau pour le retour au dialogue et la négociation d'un traité de paix dans la péninsule coréenne. A cette fin, le comité national a souhaité encore renforcer les échanges avec les pouvoirs publics. Si M. Jean-François Fitou, directeur du bureau français de coopération à Pyongyang, qui avait exprimé le souhait de rencontrer les membres de l'AAFC, n'a pas pu honorer l'invitation qui lui avait été faite de venir à la réunion du comité national de l'AAFC ce 30 août 2016, les échanges avec le ministère des Affaires étrangères ont donné lieu à un riche débat : l'AAFC poursuivra son dialogue avec le Quai d'Orsay sur les actions de coopération qu'elle mène ou soutient en RPD de Corée (dans le domaine, notamment, du handicap et des échanges universitaires), tout en continuant à plaider pour une reconnaissance diplomatique pleine et entière de la RPD de Corée par la France, conformément à la tradition diplomatique française de reconnaître les Etats et non les régimes. Les membres du comité national de l'AAFC ont aussi pris acte de la volonté du gouvernement français de ne pas porter de jugement sur les atteintes aux droits de l'homme en Corée du Sud, au nom du respect de la souveraineté nationale de la République de Corée : ils invitent donc la France à faire preuve de cohérence en respectant de manière analogue la souveraineté de la République populaire démocratique de Corée, et en arrêtant par conséquent de poser le critère des droits de l'homme comme condition à l'établissement de relations diplomatiques complètes avec la RPD de Corée. Enfin, si la diplomatie française entend invoquer les travaux du Conseil des Droits de l'Homme des Nations Unies sur la RPD de Corée, elle doit alors tenir aussi compte des vives critiques formulées par les Nations Unies sur les droits de l'homme en Corée du Sud.

Le comité national de l'AAFC estime donc indispensable que la diplomatie française obéisse à des principes clairs et retrouve sa cohérence, laquelle a contribué au rayonnement international de notre pays sous les présidences, notamment, du général de Gaulle et de François Mitterrand, avant même d'engager un débat de fond sur la pertinence des choix diplomatiques de notre pays : si le ministère français des Affaires étrangères considère que les droits de l'homme sont une priorité de son action, il ne doit pas en faire une application à géométrie variable ; si au contraire le principe de respect des souverainetés nationales est apprécié comme la pierre angulaire de notre action diplomatique, le Quai d'Orsay doit l'appliquer avec sincérité. Pleinement conscients que ces choix doivent relever d'orientations politiques au plus haut niveau, les membres du comité nationale de l'AAFC ont donc décidé d'interroger par écrit sur la question coréenne les candidats à l'élection primaire des Républicains, avant de solliciter l'avis de tous les candidats qui se présenteront aux suffrages des citoyens français à l'élection présidentielle de 2017, comme lors des scrutins de 2007 et 2012 (pour l'élection de 2012, Nicolas Dupont-Aignan et Jacques Cheminade avaient répondu à l'AAFC).

Enfin, le comité national de l'AAFC s'est félicité de la poursuite de l'organisation nationale de l'Association sur l'ensemble du territoire national, avec la création d'un nouveau comité régional en Nouvelle-Aquitaine le 13 août 2016 et la constitution du comité régional Bourgogne - Franche-Comté le 16 juillet 2016. Alors que les échanges se poursuivent pour la création de comités régionaux en Auvergne - Rhône-Alpes et en Provence - Alpes - Côte d'Azur, Henri Boudin a été choisi par le comité national de l'AAFC comme correspondant régional dans les Pays de la Loire. Enfin, la création d'un premier comité thématique - le comité Espéranto de l'AAFC, le 27 août 2016 - vise à organiser et coordonner les actions de l'AAFC dans des domaines d'action spécifiques au sein de comités thématiques. Alain Serres, trésorier du comité Nouvelle-Aquitaine, et Nathalie Kesler, secrétaire du comité Espéranto, ont rendu compte de la création de leurs comités respectifs et des projets d'actions futures devant les membres du comité national de l'AAFC.

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29 août 2016 1 29 /08 /août /2016 19:31

Les espérantistes membres de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) se sont réunis le 27 août 2016 à Paris, en présence de Benoît Quennedey, membre du bureau national : ils ont constitué un nouveau comité Espéranto de l'AAFC avec pour objectif de développer les échanges dans le domaine de l'Espéranto entre la France et toute la Corée - Nord comme Sud.

Le bureau du nouveau comité Espéranto de l'AAFC : de gauche à droite, François Lo Jacomo, Nathalie Kesler et Marianne Dunlop

Le bureau du nouveau comité Espéranto de l'AAFC : de gauche à droite, François Lo Jacomo, Nathalie Kesler et Marianne Dunlop

L'AAFC a constitué un comité Espéranto

Créé en 1887 comme langue internationale par le Docteur Zamenhof, l'Espéranto compte aujourd'hui de 3 à 10 millions de locuteurs dans le monde selon les associations espérantistes, qui en France sont regroupées principalement au sein d'Espéranto-France et de SAT Amikaro. Par ailleurs, Europe Démocratie Espéranto a présenté des listes pour la diffusion et l'apprentissage de l'Espéranto comme langue européenne aux élections européennes de 2004, 2009 et 2014.

En Corée, l'Espéranto a une longue histoire qui recoupe celle de la péninsule : des intellectuels résistants à l'occupation japonaise avaient choisi un nom en Espéranto, la Korea Artista Proleta Federacio (KAPF), dont nombre de membres rejoindront, après la Libération, le Nord de la péninsule, fidèle aux engagements de la Résistance, quand les anciens collaborateurs de l'occupant japonais revenaient au pouvoir au Sud de la péninsule, sous le régime autoritaire de Syngmann Rhee. Un dictionnaire coréen-espéranto a été édité à Pyongyang, et des espérantistes étaient présents au Festival mondial de la jeunesse qui s'est tenu dans la capitale nord-coréenne en 1989. Les graves difficultés des années 1990 ont ensuite désorganisé le mouvement espérantiste en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), et c'est dans ce contexte que les revues internationales d'Espéranto ont cessé de pouvoir être envoyées à leurs abonnés en RPD de Corée.

Dans le Sud de la péninsule, les espérantistes sont très actifs, et le prochain Congrès mondial d'Espéranto se tiendra d'ailleurs à Séoul en juillet 2017.  Un premier congrès mondial d'Espéranto s’étant déjà tenu en 1994 à Séoul, avec 1776 participants. De 1995 à 1998 le Sud-Coréen Lee Chong-Yeong, disparu en 2008, a été Président de l’Association Universelle d’Espéranto, qui a le statut d’ONG auprès de l’UNESCO. Le Sud-Coréen Lee Jung-kee est membre du Bureau de l’Association Universelle d’Espéranto depuis 2013. La République de Corée (Corée du Sud) compte en outre plusieurs instituts et universités spécialisées en Espéranto.

Dans ce contexte, les espérantistes membres de l'AAFC se sont constitués en comité Espéranto de l'AAFC afin de développer les relations et les échanges dans le domaine de l'Espéranto entre la France et l'ensemble de la Corée, et pour contribuer également à la réunification et à la paix dans la péninsule. Ils ont envisagé le déplacement d'une délégation espérantiste de l'AAFC en RPD de Corée fin 2016 et début 2017, en liaison avec les espérantistes nord-coréens, membres notamment de l'Académie des sciences sociales.

Marianne Dunlop, auteure, professeure de russe, de chinois et d'espéranto, basée à Arras, a été élue présidente du comité Espéranto de l'AAFC. Les autres membres du bureau de l'AAFC-Espéranto sont François Lo Jacomo, trésorier, espérantiste depuis 1971, membre de l'Académie d'Espéranto, ancien président (2010-2016) de la Maison Culturelle de l'Espéranto, château de Grésillon, en Anjou. La secrétaire du comité Espéranto de l'AAFC est Nathalie Kesler, actuelle présidente de la Maison Culturelle de l'Espéranto, ancienne présidente du comité régional Bretagne de l'AAFC, jusqu'à son récent déménagement en région parisienne.

Ceux qui souhaitent rejoindre le comité Espéranto de l'AAFC, dont les membres doivent être adhérents de l'AAFC, peuvent contacter l'AAFC à l'adresse suivante : marianne.dunlop@laposte.net.

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28 août 2016 7 28 /08 /août /2016 16:47

Dans son édition du 18 août 2016, le quotidien L'Echo (anciennement L'Echo du Centre) a rendu compte de la création, à Limoges, du comité régional Nouvelle-Aquitaine de l'AAFC, qui regroupe les anciennes régions administratives Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes. Nous reproduisons ci-après l'article d'Adrien Ayffre.

"Faire tomber les barrières" : le quotidien "L'Echo" rend compte de la création de l'AAFC - Nouvelle Aquitaine

L'assemblée générale du comité régional de l'association d'amitié franco-coréenne (AAFC) vient de se tenir à la maison des associations de Beaubreuil. La réunion était d'importance puisqu'il s'agissait notamment de former un nouveau comité régional englobant toute la région Nouvelle-Aquitaine, chargé de prendre la succession du comité régional limousin de l'association.

Et si le comité englobe maintenant les régions Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes, il est néanmoins question de "faire en sorte que le pôle Limousin soit plus actif qu'aujourd'hui", assure Benoît Quennedey, vice-président de l'AAFC chargé des actions de ccopération.

Fondé en 1986, le comité Limousin a eu "une forte activité jusqu'au début des années 2000", précise Benoît Quennedey, qui voudrait donc qu'il retrouve ces belles années.

CONSOLIDER LES ACQUIS

Mais attention : le comité Limousin a tout de même de belles actions à son actif. Nombre d'étudiants coréens ont pu visiter Oradour-sur-Glane grâce à l'AAFC. "Oradour marque toujours beaucoup les Coréens. Cela leur rappelle la colonisation de la Corée par le Japon, dont elle garde encore aujourd'hui beaucoup de séquelles", souligne le vice-président de l'association.

De telles actions, comme l'accueil d'étudiants coréens dans l'optique de développer les échanges entre la France et la Corée, dans son ensemble, doivent être maintenues. Au-delà, il s'agissait notamment pour l'AAFC (au niveau national comme à l'échelle de la nouvelle grande région) de tâcher de renforcer les coopérations entre la Corée du Sud et la Corée du Nord. "Par le dialogue, on fait tomber les barrières, d'autant que les Coréens ont horreur de ce clivage Nord-Sud" dit Benoît Quennedey.

L'association a également comme fer de lance de lutter contre l'emprisonnement arbitraire des opposants en Corée du Sud. "Que l'on soit syndicaliste, journaliste ou autre, on risque l'emprisonnement dès qu'on critique la politique du gouvernement sud-coréen" ajoute Benoît Quennedey, "c'est un fléau contre lequel on doit lutter".

UN NOUVEAU BUREAU

Au terme de l'assemblée générale, Liliane Boussel a été élue présidente du comité régional AAFC Nouvelle-Aquitaine. Les autres membres du bureau du comité régional sont Hugues Mathieu, secrétaire, et Alain Serres, trésorier, venu de Dordogne.

Camille Senon, militante syndicale et survivante du tramway stoppé avant Oradour-sur-Glane le 10 juin 1944, a quant à elle été élue présidente d'honneur.

Avec ce nouveau bureau, l'AAFC Nouvelle-Aquitaine compte bien poursuivre ses actions, et continuer les "opérations" menées jusqu'à présent. D'autres visites à Oradour-sur-Glane sont notamment prévues.

Il est intéressant de noter pour finir qu'environ 15 000 Coréens sont présents en France, et sont généralement organisés en associations. Parmi eux, la plupart sont des étudiants.

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16 août 2016 2 16 /08 /août /2016 14:03

Le 13 août 2016, les adhérents de l’Association d’amitié franco-coréenne (AAFC) dans la nouvelle région Nouvelle-Aquitaine - regroupant les anciennes régions Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes - se sont réunis à Limoges. Ils ont formé un nouveau comité régional de l’AAFC qui a pris la succession du comité régional Limousin de l’Association d’amitié franco-coréenne. L’assemblée générale constitutive du comité régional Nouvelle-Aquitaine de l'AAFC a eu lieu en présence d’une délégation du bureau national de l’AAFC, qui a visité plusieurs lieux de mémoire en Haute-Vienne, faisant ainsi ressortir, à la veille de ce 15 août, 71e anniversaire de la libération de la Corée, le parallèle des combats pour la résistance et l’indépendance nationale menés en France contre l’occupant allemand et en Corée contre l'occupant japonais.

L’Association d'amitié franco-coréenne a eu une longue histoire en Limousin où un comité régional a été fondé en 1986 autour, notamment, de l’ancien ministre Marcel Rigout. Sous la présidence de Michel Gautier (jusqu’en 1993), puis autour d’une équipe locale animée notamment par Hugues Mathieu, militant politique, syndical et associatif, et Michel Sage (disparu en 2003), le comité régional Limousin de l'AAFC a conduit de nombreuses activités, parmi lesquelles l'accueil à Limoges du cirque de Pyongyang. Si le comité régional ne s’est plus réuni après 2003, les adhérents de l’AAFC sont restés très actifs dans la région Limousin, grâce notamment à l’action de Liliane Boussel, correspondante régionale de l’AAFC, et de Hugues Mathieu, qui ont accueilli en Haute-Vienne des groupes d’étudiants sud-coréens visitant l’Europe, recueilli des signatures pour un traité de paix en Corée, ou encore soutenu le combat pour la liberté syndicale en Corée du Sud.

Le comité régional Nouvelle-Aquitaine de l’AAFC prend ainsi la suite du comité régional Limousin de l’AAFC "Paris-Pyongyang", ainsi nommé car créé avant que l’AAFC ne prenne son nom actuel en 1989, en supprimant la référence “Paris-Pyongyang” afin d’exprimer qu’elle est une association de solidarité avec tous les Coréens, du Nord, du Sud et de la diaspora.

Le comité régional Nouvelle-Aquitaine de l’AAFC devient le septième comité régional de l’AAFC formellement constitué, avec les comités Bourgogne-Franche-Comté, Bretagne, Hauts-de-France, Ile-de-France, Languedoc-Roussillon et Normandie.

Les membres du comité régional Nouvelle-Aquitaine et du bureau national de l'AAFC répondent aux questions de la presse locale

Les membres du comité régional Nouvelle-Aquitaine et du bureau national de l'AAFC répondent aux questions de la presse locale

Liliane Boussel a été élue présidente du comité régional Nouvelle-Aquitaine de l'AAFC. Les autres membres du bureau du comité régional sont Hugues Mathieu, secrétaire, et Alain Serres, trésorier, venu de Dordogne. Le nouveau comité régional a ensuite discuté des actions à entreprendre pour favoriser la paix et la réunification en Corée, développer les échanges entre la France et l’ensemble de la Corée et soutenir le combat pour la démocratie et les libertés politiques et syndicales.

Camille Senon, militante syndicale, a été élue présidente d’honneur du comité régional Nouvelle-Aquitaine de l’AAFC. Camille Senon est une survivante du tramway stoppé avant Oradour-sur-Glane le 10 juin 1944, au moment où les soldats nazis massacraient 642 personnes dans ce village. Camille Senon a ainsi perdu 25 membres de sa famille.

Présidente nationale de l'Association du souvenir des fusillés du Mont-Valérien de 1975 à 1980 et présidente nationale de l'Association nationale des familles des fusillés et massacrés de la Résistance française de 1981 à 1986, Camille Senon milite pour la mémoire de la Résistance et de la déportation. Elle a ainsi rencontré à de nombreuses reprises les délégations coréennes (Nord comme Sud) invitées par l’AAFC en Limousin depuis 1986, étant également solidaire du combat mené en Corée du Sud pour défendre les libertés politiques et syndicales. Elle a longuement rencontré plusieurs membres de la direction nationale et de la direction régionale de l’Association d'amitié franco-coréenne qui entend désormais conduire ses activités sur l’ensemble de la région, dans les anciennes régions administratives Limousin, Aquitaine et Poitou-Charentes où des adhérents de l’AAFC sont partout présents.

 

 

 

Camille Senon, présidente d'honneur du comité régional Nouvelle-Aquitaine de l'AAFC, entourée de Benoît Quennedey, Liliane Boussel et Alain Serres

Camille Senon, présidente d'honneur du comité régional Nouvelle-Aquitaine de l'AAFC, entourée de Benoît Quennedey, Liliane Boussel et Alain Serres

Camille Senon fait aussi le lien entre le passé et le présent, entre la France et la Corée, en Limousin, terre de résistance et de luttes. Car la constitution du comité régional Nouvelle-Aquitaine de l'AAFC a eu lieu à l’occasion du 71e anniversaire de la libération de la Corée de l’occupation japonaise, le 15 août 1945. Les membres de la délégation du bureau national de l’AAFC, Benoît Quennedey, vice-président chargé des actions de coopération, et Patrick Kuentzmann, secrétaire général, ont pu apprécier les similitudes entre le travail de mémoire en France et en Corée, lors de leurs visites au Musée national de la Résistance à Limoges et au village martyr d’Oradour-Sur-Glane, où les atrocités commises rappellent les souffrances endurées par le peuple coréen pendant la guerre de 1950-1953 : jusqu'à 35 000 habitants du comté de Sinchon, en Corée du Nord, furent massacrés entre octobre et décembre 1950, pendant l'occupation américaine de cette zone. Le souvenir de tant de morts et de destructions démontre l’actualité du combat pour la paix et la nécessaire solidarité internationale dans ce combat.

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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 17:41

L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) a engagé de manière ancienne des coopérations dans le domaine du cinéma, que nous rappelons ci-après en présentant les liens anciens, mais aujourd'hui distendus, entre la France et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) sur les sujets cinématographiques. Contactée par la Korfilm, l'AAFC a d'ores et déjà pris de nouveaux contacts, et remis de la documentation à ses interlocuteurs coréens.

En relation avec le Festival International du Film de Pyongyang, l’AAFC encourage les échanges culturels autour du cinéma

L’intérêt que portent les Coréens pour le cinéma français ne date pas d’aujourd’hui puisque l’on connaît dès 1958 le célèbre Moranbong une aventure coréenne, coproduction RDPC-France de Jean-Claude Bonnardot et Armand Gatti. 

En 2010, ce film a fait l’objet d’une ressortie et présentation au festival de Pyongyang  grâce à l’action de Jérémy Segay, membre du comité de sélection de la Quinzaine des Réalisateurs au festival de Cannes. L’AAFC a ainsi accompagné, efficacement et sans ostentation, divers projets et rencontres sur le thème du cinéma nord-coréen, particulièrement méconnu en France.

Cependant, quelques audacieux ont tenté des aventures…. Comme par exemple le distributeur français Pretty Pictures avec Le journal d’une jeune nord-coréenne sorti en Corée en 2006 (8 millions d’entrées). Présenté au 10e  festival de Pyongyang où était présent le distributeur qui en a acheté les droits, le film a pu être montré au marché du film au Festival de Cannes 2007. Il est ensuite sorti en France en décembre de la même année, marquant pour la première fois la distribution en salles d'un film nord-coréen dans un pays occidental (si l'on excepte Pulgasari, sorti dans les salles japonaises). On peut rectifier sans doute l’affirmation sachant que nombre de films nord-coréens ont été projetés dans les pays de l’Est pour les raisons qu’on imagine.

Sans doute déçu par le faible intérêt commercial, le distributeur, en partenariat avec Wild Side, sort en décembre 2010 un coffret réunissant 4 films sous le titre accrocheur Regards sur le cinéma nord-coréen, dont Le journal d’une jeune nord-coréenne. Il s'agit d'un excellent coffret dont les 4 films de différentes époques sont commentés par Antoine Coppola, spécialiste du cinéma asiatique qui ne laisse pas indifférents les cinéphiles. Cette sortie a interpelé les cinéphiles.
 

Pour le 14e festival international du film de Pyongyang (FIFP), l’AAFC a tenté de mobiliser à la fois des jeunes réalisateurs dans l’entourage du ciné-club du Foyer Rural de Tousson (77), via les réseaux sociaux et des professionnels notamment des distributeurs commerciaux comme associatifs. Hélas, les 4 courts et moyens métrages n’ont pas été retenus.

La présence d’une petite délégation de l’AAFC au 14e FIFP  a permis de conforter les liens existants et surtout du côté français de prolonger un travail relationnel en direction de professionnels du cinéma avec l’expérience des premiers contacts.

Les cinéastes coréens à travers l’agence Korfilm (le CNC coréen en quelque sorte), espèrent, au-delà de simples projections, proposer la distribution de leurs films récents, engager des co-productions, associer des techniciens sur des tournages, rencontrer des professionnels français, organiser des présentations de films nord-coréens récents.

Par le biais de circuits associatifs telle la cinémathèque INTERFILMS, que l'AAFC a invitée, la découverte des films récents serait envisageable mais il est certain que, dans un premier temps, ces échanges seraient menés en dehors de tout aspect commercial pour lever les obstacles.

Le 15e festival international du film de Pyongyang aura lieu du 16 au 24 septembre 2016.  L’AAFC a été contactée un peu tardivement pour encourager des distributeurs français à présenter des longs métrages récents ou obtenir les retours de contacts professionnels.

Les responsables de la Korfilm, en cinéphiles avertis, avaient retenu une liste de films français pour leur sélection. Tous les contacts (Unifrance, distributeurs…)  ne leur ont pas répondu, ce qui est assez regrettable sachant que la plupart des pays européens envoient des films pour la compétition ou les autres sections, ainsi que d’autres pays dans le monde - Australie, Inde, Mexique, Asie, ... - accompagnés de délégations officielles. Cette situation est doublement regrettable lorsque l'on sait que les Coréens portent une grande estime pour le cinéma hexagonal.

Lorsque l'AAFC a été contactée, il était bien trop tard pour engager des contacts avec le Festival de Cannes ou bien le Marché du film. A l'intention de la Korfilm, une abondante documentation (presse professionnelle, etc.) a toutefois été collectée par l'AAFC et remise à M. Kim Jong-chol, secrétaire à la délégation générale de la RPD de Corée en France, au retour du festival de Pierrot Beltante, suscitant un vif intérêt de M. Kim. L’idée était de sensibiliser nos interlocuteurs sur le niveau international et commercial du Festival et du Marché, de rappeler les questions techniques de projections, notamment, et les diverses sections du festival. Une section comme « Cannes Classics » pourrait très bien accueillir un film ancien.

L’autre festival majeur de référence en France est le festival du film asiatique de Vesoul où une ouverture semble possible. Un premier échange avec ce festival ouvrirait sans doute des portes…

L’AAFC est fortement sollicitée par la Korfilm pour développer une coopération avec les professionnels du cinéma français, jouant l’artisan des mises en relations possibles et développant un secteur d’activité moins présent par le passé. Cependant des rencontres animées par les diplomates coréens de la rue Asseline avec différents professionnels, voire des personnalités des festivals, enrichiraient les connaissances mutuelles et aideraient à ces échanges sur le thème du cinéma. La coopération en matière de cinéma est décidément riche de promesses pour les activités de l'AAFC.

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26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 17:14

Le dimanche 26 juin 2016, les étudiants coréens participant au cinquième voyage international pour la paix de l'association "Papillons de l'espoir" (et au quatrième voyage en Europe) ont fait une halte place du Trocadéro, à Paris, sur le parvis des Droits de l'Homme, pour réaffirmer leur exigence d'une Corée en paix et pour que les crimes du passé ne se reproduisent plus - le Japon devant notamment formuler des excuses pour le crime de l'esclavage sexuel des "femmes de réconfort" coréennes (et d'autres pays d'Europe et d'Asie) commis pendant la Seconde guerre mondiale. Comme pour les précédents voyages en Europe pour la paix, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) a participé au rassemblement place du Trocadéro.

Pour la paix !

Comme toujours, les spectacles chorégraphiques et les chants des jeunes Coréens ont attiré un public nombreux, place du Trocadéro, témoignant - si besoin était - que l'attention des Parisiens n'étant pas entièrement accaparée par la coupe d'Europe de football en ce dimanche estival...

Au-delà de son caractère festif, l'étape parisienne du voyage en Europe était également lourde de sens : faire connaître la situation de la Corée à une opinion publique occidentale qui n'ignore que trop souvent que la guerre de Corée (1950-1953) ne s'est malheureusement toujours pas conclue par un traité de paix, et que le crime de guerre des "femmes de réconfort" ne peut être soldé par le peu glorieux accord intergouvernemental Corée du Sud - Japon du 28 décembre 2015. La dénonciation de cet accord était d'ailleurs au coeur des interventions des orateur japonais et coréen, tandis que les participants continuaient à réunir des soutiens dans le cadre de la campagne internationale des "100 millions de signatures" pour obtenir des excuses officielles des autorités japonaises.

Ayant fait de la conclusion d'un traité de paix en Corée l'un de ses combats majeurs, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) était représentée par Benoît Quennedey, vice-président en charge des actions de coopération, qui a également souligné le besoin d'une dénucléarisation de toute la péninsule coréenne, d'un départ de l'ensemble des troupes étrangères et de la mise en place de mécanismes internationaux assurant une sécurité collective. Il a également rappelé l'engagement de l'AAFC aux côtés des anciennes victimes de l'esclavage sexuel militaire japonais, la dénonciation des crimes du passé contribuant à ce que ceux-ci ne se reproduisent plus à l'avenir : les femmes ne doivent plus être les premières victimes des conflits !

Pour la paix !
Pour la paix !
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  • : Association d'amitié franco-coréenne
  • : Soutenir une réunification indépendante et pacifique de la Corée, conformément à l'aspiration légitime du peuple coréen et dans l’intérêt de la sécurité et de la paix dans le monde
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