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17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 10:03

Le 15 avril 2017, l'Association d'amitié franco-coréenne a tenu son assemble générale annuelle à Paris. Après un retour sur l'année 2016, l'accent a été mis, en 2017, sur la nécessité de défendre la paix dans la péninsule coréenne, ainsi que sur l'organisation d'une conférence internationale à Paris les 23 et 24 juin 2017 - afin de renforcer la coopération entre associations d'amitié nationales. A la fin de l'assemblée générale, les participants ont été rejoints par les diplomates nord-coréens en poste en France et leurs familles, alors que la République populaire démocratique de Corée célébrait, ce même jour, la Fête du Soleil.

Organisant les débats, Guy Dupré a souligné les tensions particulièrement graves qui touchent la péninsule coréenne  en ce début d'année 2017 : dans ce contexte, l'AAFC défend avec force la paix et le retour à une solution diplomatique pour mettre fin à l'escalade. Pour reprendre une observation de l'écrivain Juliette Morillot, spécialiste de la Corée, dans le face-à-face américano-nord-coréen, le plus imprévisible est bien le président des Etats-Unis Donald Trump, comme l'a prouvé son attitude en Syrie.

Patrick Kuentzmann, secrétaire général de l'AAFC, a ensuite présenté le rapport d'activité de 2016. L'année passée a été marquée par la solidarité concrète des militants de l'AAFC avec les luttes des Sud-Coréens, en France et dans le monde, pour refuser une législation antiterroriste attentatoire aux libertés, jusqu'à la destitution de la Présidente Park Geun-hye, à la suite des manifestations de millions de Coréens. L'AAFC a agi de concert avec d'autres organisations, notamment le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud.

Le combat de l'AAFC pour la paix (impliquant notamment une forte mobilisation contre le déploiement du système antimissile américain THAAD en Corée du Sud), la réunification et la liberté en Corée s'appuie sur la structuration de l'association en comités spécifiques, deux nouveaux comités régionaux ayant été constitués en 2016 (en Bourgogne-Franche-Comté et en Nouvelle-Aquitaine, avec pour présidente d'honneur Camille Senon, survivante du tramway d'Oradour-sur-Glane) tandis que se sont formés un Comité Espéranto et un Comité jeunes et étudiants.

Au niveau médiatique, le site Internet de l'AAFC, toujours suivi par les journalistes, les ambassades et les experts de plusieurs pays, a connu une progression de 13 % de sa fréquentation en 2016, avec une moyenne mensuelle de 6 200 visiteurs uniques (sur une base quotidienne). Des représentants de l'AAFC se sont exprimés dans les médias, français et même sud-coréens.

Benoît Quennedey, vice-président de l'AAFC chargé des actions de coopération, a ensuite soumis aux participants le rapport d'orientation pour 2017. L'accent a été mis sur une conférence internationale qui sera organisée à Paris, les 23 et 24 juin 2017 : la première journée sera consacrée aux échanges universitaires franco-nord-coréens (l'AAFC ayant participé activement à des échanges en la matière dans les domaines linguistique, de l'architecture et des mathématiques), et la seconde à des échanges de vues et d'expériences avec les associations homologues de l'AAFC dans d'autres pays.

Outre la France, des délégués sont d'ores et déjà annoncés pour huit pays : la Belgique, le Danemark, Haïti, l'Irlande, le Mali, la Pologne, le Royaume-Uni et le Tchad. Une délégation du Comité coréen de solidarité avec les peuples du monde, de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), sera accueillie à cette occasion. A l'occasion du 40e anniversaire de la fondation du Comité international de liaison pour la paix et la réunification en Corée (CILRECO), dont le secrétaire général est Guy Dupré, il s'agit de favoriser à nouveau une solidarité internationale, alors que les risques de guerre en Corée ont atteint un point critique, avec le risque de frappes américaines sur la péninsule pour la première fois depuis 1994.

Le débat qui a suivi a abordé, notamment, les activités récentes et à venir du Comité Espéranto et du Comité jeunes et étudiants, ainsi que l'interpellation des candidats à l'élection présidentielle sur la question coréenne - quatre des onze candidats ayant répondu à l'AAFC.

Les rapports d'activité et d'orientation ont été adoptés à l'unanimité, de même que le rapport financier présenté par Jacky Lemeur, trésorier adjoint de l'AAFC : au 31 décembre 2016, compte tenu des charges restant à payer, le bilan de l'AAFC s'élevait à 9 540,96 euros, en augmentation de 1 118,78 euros sur un an. Ces sommes disponibles permettront de financer la conférence internationale de Paris des 23 et 24 juin 2017. Le renforcement des activités de l'AAFC requiert cependant d'augmenter encore le nombre d'adhérents, les dons et adhésions constituant 95 % des ressources de l'association, qui ne bénéficie d'aucunes subventions -  françaises ou étrangères -, ce qui est le gage de son indépendance.

Pour tenir compte de la création des comités thématiques (Espéranto, jeunes et étudiants...), plusieurs amendements ont été adoptés pour modifier les statuts de l'AAFC.

Les participants ont ensuite élu les nouvelles instances nationales de l'AAFC. Benoît Quennedey est devenu le nouveau président de l'AAFC, Patrick Kuentzmann étant secrétaire général et Jacky Lemeur trésorier.

A l'issue de leurs travaux, les participants ont été rejoints par S.E. M. Kim Yong-il, délégué général de la République populaire démocratique de Corée en France, ambassadeur auprès de l'UNESCO, les diplomates de la RPD de Corée en poste en France, leurs familles et d'autres membres de la communauté nord-coréenne à Paris.

Guy Dupré a rappelé que l'assemblée générale coïncidait avec le 105e anniversaire de la naissance du Président Kim Il-sung, fondateur de la RPD de Corée, célébré comme la Fête du Soleil au nord de la péninsule. S'exprimant au nom de l'AAFC, Benoît Quennedey a rappelé les contributions du Président Kim Il-sung à la lutte antijaponaise, à la réunification de la Corée et à la construction économique et politique du nouvel Etat. S.E. M. Kim Yong-il a remercié l'AAFC pour sa solidarité avec le peuple coréen pour la paix, la réunification de la Corée et la construction du socialisme, soulignant les risques de guerre que faisaient peser sur la péninsule coréenne les Américains et leurs alliés, ce qui a justifié le développement par la RPD de Corée d'une force de dissuasion nucléaire.

Les échanges se sont poursuivis autour d'un buffet franco-coréen, pour lequel l'AAFC remercie les familles des diplomates coréens et les membres de l'AAFC ayant participé à sa préparation.

 

Rapports d'activité et d'orientation 2016-2017

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13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 11:36

L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) a interrogé le 18 mars 2017 les onze candidats à l'élection présidentielle sur la question coréenne, après avoir interrogé les candidats aux primaires. Alain Juppé et Bruno Le Maire, candidats à la primaire de la droite et du centre, nous avaient alors répondu, de même que Manuel Valls, candidat à la primaire de la "Belle alliance populaire" (réunissant le Parti socialiste, le Parti radical de gauche et diverses formations écologistes). Après les réponses de Philippe Poutou et de Nicolas Dupont-Aignan, voici celles de Jean Lassalle et de Nathalie Arthaud.

Réponse de Jean Lassalle

Présidentielle 2017 : des candidats répondent à l'AAFC (2)

Paris, le 05/04/2017

Monsieur le Président,

Votre courrier du 24 mars dernier nous est bien parvenu.
Conscient de la gravité et de l'intérêt des questions que vous soulevez, Jean Lassalle, dont je me fais l'interprète, vous remercie de votre contribution sur le maintien de la paix. Cette dernière occupe une place prépondérante dans son projet, dont le programme est consultable sur le site internet jeanlassalle2017.fr
Je vous prie d'agréer, monsieur le Président, l'expression de mes sentiments distingués.

Philippe Metzger

Puisque le secrétaire général de campagne de Jean Lassalle nous y renvoie, voici la proposition du candidat en matière de politique étrangère figurant sur son site Internet et susceptible d'intéresser l'Association d'amitié franco-coréenne :

Relancer la diplomatie française sur les objectifs de paix, de défense, de rayonnement de la France et de développement des partenariats économiques

L'AAFC est d'accord avec cette grande orientation, comme elle est d'accord avec la "place prépondérante" que doit occuper la question de la paix dans le projet d'un candidat à l'élection présidentielle française. Il est cependant à regretter que Jean Lassalle n'ait pas répondu sur la question spécifique des relations franco-coréennes, notamment l'établissement de relations diplomatiques complètes entre la France et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), ni sur les atteintes aux libertés en République de Corée (Corée du Sud), ni au sujet de la responsabilité des grandes puissances dans les tensions en Corée.

Par la voix d'un de ses plus proches collaborateurs, Jean Lassalle se dit "conscient de la gravité et de l'intérêt" de ces questions, et des réponses précises auraient été les bienvenues, à l'heure où la péninsule coréenne redevient un foyer de tensions majeur où pourrait éclater un conflit de première ampleur.

Réponse de Nathalie Arthaud

Messieurs, mesdames

C’est évidemment sans la moindre réserve que je partage totalement vos aspirations et à la réunification de la Corée et à la paix non seulement dans cette région mais partout ailleurs dans le monde.
C’est à ce titre que je partage votre indignation pour ce qui concerne la présence et les exercices de la marine américaine dans cette région comme votre réprobation des sanctions envers la Corée du Nord.
Cela dit, si je comprends parfaitement que votre association cherche à obtenir l’appui de la France pour un "dialogue entre les deux Corée", je suis bien obligée d’émettre quelques réserves concernant ce qu’on peut attendre d’une grande puissance comme la France dont les actions ne peuvent guère être considérées comme neutres et bienveillantes…
En tant que partisane du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, je suis évidemment pour que le peuple coréen s’émancipe de toutes les dominations étrangères mais en tant que communiste je suis aussi pour qu’il se libère des régimes autoritaires qui l’oppriment. Et ce aussi bien au nord qu’au sud.

Recevez, mesdames, messieurs, mes salutations.

Nathalie Arthaud

courrier électronique du 10 avril 2017

L'AAFC se félicite que la candidate de Lutte ouvrière partage pleinement ses positions pour la paix et la réunification en Corée, en condamnant les exercices militaires conduits par les Etats-Unis et les sanctions internationales. Cependant, Nathalie Arthaud ne répond pas quant à l'établissement de relations diplomatiques complètes entre la France et la République populaire démocratique de Corée.

L'AAFC prend note que la candidate ne souhaite pas une implication de la France sur le dialogue intercoréen, conformément au principe de non-ingérence. Par ailleurs, concernant la situation des droits de l'homme, Nathalie Arthaud pose comme principe l'émancipation du peuple coréen vis-à-vis des "régimes autoritaires qui l'oppriment [...] aussi bien au nord qu'au sud", ne répondant pas précisément sur les atteintes aux libertés publiques (politiques et syndicales) en Corée du Sud. S'agissant de la RPD de Corée, comme l'AAFC l'avait déjà indiqué à Philippe Poutou, elle est, pour sa part, favorable à une démarche de dialogue, en menant des actions concrètes - notamment celles menées pour venir en aide aux personnes handicapées, ou encore pour lutter contre l'insécurité alimentaire.

 

A suivre...

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3 avril 2017 1 03 /04 /avril /2017 17:41

L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) a interrogé le 18 mars 2017 les onze candidats à l'élection présidentielle sur la question coréenne, après avoir interrogé les candidats aux primaires. Alain Juppé et Bruno Le Maire, candidats à la primaire de la droite et du centre, nous avaient alors répondu, de même que Manuel Valls, candidat à la primaire de la "Belle alliance populaire" (réunissant le Parti socialiste, le Parti radical de gauche et diverses formations écologistes). Voici les premières réponses reçues de Philippe Poutou et de Nicolas Dupont-Aignan.

Réponse de Philippe Poutou

Présidentielle 2017 : des candidats répondent à l'AAFC

Montreuil, le 22/03/2017

En réponse aux questions posées par l’Association d’amitié franco-coréenne (AAFC)

Nous abordons dans sa globalité la situation en Asie du Nord-Est. Nous n’ignorons pas la responsabilité historique des Etats-Unis dans la géopolitique de crise qui domine cette région du monde – en particulier sa militarisation – ; une responsabilité qui remonte à leur volonté de briser les luttes de libération en Chine, au Vietnam ainsi qu’en Corée et dans bien d’autres pays d’Asie orientale. Cette politique a notamment abouti à la division durable de la péninsule coréenne, division qui est devenue un facteur de crise chronique.
Nous n’ignorons pas non plus la responsabilité présente de Washington qui organise de grandes manoeuvres aéronavales avec Tokyo et Séoul et qui implante de façon précipitée, en Corée du Sud, une base de missiles d’interception Thaad – sans attendre le résultat des prochaines élections sud-coréennes. Les Etats-Unis font ici fort peu de cas du droit démocratique de la population à décider de la politique à mettre en oeuvre sur la question de la réunification ou sur le rôle de leur pays dans la situation de crise régionale.
Les forces d’extrême droite, militaristes, sont puissantes en Corée du Sud et la démocratie certainement imparfaite, comme l’a confirmé le scandale d’Etat qui a conduit à la destitution de Park Geun-hye. Nous condamnons en particulier l’interdiction du Parti progressiste unifié, l’arrestation des dirigeants syndicaux combatifs, les attaques contre le droit syndical, la protection dont bénéficient les nantis (y compris après un événement aussi grave que le naufrage du ferry Sewol). Cependant, démocratie il y a. Des millions de personnes ont pu se mobiliser pendant plus de 300 jours, imposant la destitution de Park Geun-hye et l’appel à de nouvelles élections. Rien de tel en Corée du Nord.
Vous nous demandez ce que nous pensons des restrictions démocratiques en Corée du Sud. Etrangement, vous ne nous posez pas la même question concernant la Corée du Nord. Il faut dire que dans ce cas, il n’y a pas « restriction » de la démocratie, des libertés démocratiques. Il n’y a pas de démocratie du tout.
Notre opposition à la politique impérialiste des Etats-Unis ou de Tokyo n’implique en aucun cas un soutien au régime bureaucratique et népotique en vigueur en Corée du Nord. Nous considérons que ce régime n’incarne en rien la tradition communiste coréenne, qui était si vivace au lendemain de la Seconde Guerre mondiale ; au contraire, il l’a trahie (et même réprimée). Problème majeur, la politique du pouvoir nord-coréen rend plus difficile le rassemblement des forces progressistes contre les dynamiques de guerre en Asie orientale, contre une course folle aux armements (y compris nucléaires). Elle favorise en revanche le renforcement des courants nationalistes militaristes.
L’Asie orientale est aujourd’hui le théâtre d’un conflit majeur entre puissances capitalistes anciennes et nouvelles : les Etats-Unis et le Japon, la Russie et la Chine. La péninsule coréenne est probablement le principal « point chaud » dans cette géopolitique de confrontation. Pékin a gagné durablement l’initiative en mer de Chine du Sud. Washington tente de la garder au nord-est. Le gouvernement japonais poursuit son entreprise de réarmement, à l’encontre de la Constitution et des convictions pacifistes de la population.
Face à ces dynamiques guerrières, nous soutenons tous les efforts engagés dans la région par des mouvements populaires pour définir une politique de paix et de sécurité du point de vue des peuples et non plus du point de vue des puissances. C’est, pour nous, la meilleure façon d’oeuvrer à la réduction des tensions, puis d’aider à la recherche d’une solution durable aux conflits territoriaux et maritimes actuels dans toute l’Asie orientale.

Philippe Poutou

Philippe Poutou est le premier à nous avoir adressé une réponse détaillée, ce dont nous le remercions. Nous partageons très largement les analyses du candidat en ce qui concerne la nécessité de promouvoir la paix et la réunification, de s'opposer aux exercices militaires américano-sud-coréens et au déploiement du système de missiles antibalistiques THAAD au sud de la Corée. De même, nous nous félicitons du soutien de Philippe Poutou aux luttes des Sud-Coréens pour la démocratie et les libertés publiques, même si le candidat ne mentionne pas le rôle de l'appareil répressif d'Etat sud-coréen (notamment des services de renseignement et des forces armées promouvant une culture militariste et emprisonnant les objecteurs de conscience). 

En revanche, le candidat n'a pas répondu à nos questions sur la levée des sanctions à l'encontre de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) et sur l'établissement de relations diplomatiques complètes entre la France et la RPD de Corée.

Enfin, Philippe Poutou s'est auto-saisi d'un sujet, les droits de l'homme en Corée du Nord, qui le conduit à un rejet catégorique du système politique et social de la RPD de Corée. Son analyse omet, entre autres, la propriété publique des grands moyens de production, l'éducation et la santé publiques et la généralisation de l'enseignement public gratuit pendant douze ans.

Pour sa part, l'Association d'amitié franco-coréenne juge inutiles, voire contre-productives, les incantations d'observateurs ne s'étant jamais rendus dans le pays, mais dont les prises de position convergent en tout état de cause avec celles des néoconservateurs américains et de leurs alliés sud-coréens, lesquels n'hésitent pas, pour ce faire, à manipuler les témoignages de réfugiés dont la propension à parler dans les médias est inversement proportionnelle à leur fiabilité et à leur impartialité.

En ce qui la concerne, loin des postures moralistes, l'AAFC a choisi de s'engager pour une amélioration concrète des droits de l'homme et des conditions de vie dans la partie nord de la Corée, en apportant, par exemple, son soutien aux personnes handicapées et une aide alimentaire en cas de catastrophes naturelles  tout en dénonçant l'impact des sanctions sur la vie quotidienne de 25 millions de femmes, d'hommes et d'enfants.

 

Réponse de Nicolas Dupont-Aignan

Bonjour,

Nous avons bien reçu votre document présentant votre action pour l’unité de la Corée, et nous vous en remercions.
Celui-ci a été transmis à Nicolas Dupont-Aignan qui a pris bonne note des éléments qu’il contient et des mesures qu’il lui semble utile de mettre en place.
Nous tenons à vous assurer que son projet présidentiel, que vous pouvez retrouver sur le site internet http://www.nda-2017.fr/ répond à nombre des interrogations et constats que vous avez formulés et qu’il partage.
Nous vous remercions à nouveau pour votre envoi.
Bien cordialement,

L’équipe de campagne NDA 2017

courrier électronique du 26 mars 2017

Puisque, dans son courrier électronique du 26 mars, l'équipe de campagne de Nicolas Dupont-Aignan nous y renvoie, voici les propositions du candidat en matière de politique étrangère figurant sur son site Internet et susceptibles d'intéresser l'Association d'amitié franco-coréenne :

- Retrouver une politique étrangère indépendante qui sert les seuls intérêts du pays.
- Développer notre outil diplomatique qui joue un rôle inestimable dans la diffusion de nos valeurs et le soutien de nos entreprises.
- Réaffirmer le principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
[...]
- Développer notre coopération avec les Etats d’Asie, mais établir des taxes anti-dumping quand il est avéré qu’un Etat comme la Chine nous soumet à une concurrence déloyale.
[...]
- Soutenir et développer à grande échelle la francophonie, levier de l’influence française : pour l’action culturelle française hors de France
[...]

L'Association d'amitié franco-coréenne est d'accord avec ces grandes orientations. Toutefois, ces quelques éléments sont loin de répondre aux "interrogations et constats" de l'AAFC concernant plus spécifiquement la Corée et les relations franco-coréennes. Cette absence de réponses précises aux questions posées dans le courrier du 18 mars est d'autant plus regrettable que Nicolas Dupont-Aignan avait, à l'occasion de la campagne pour l'élection présidentielle de 2012, répondu à une précédente lettre de l'AAFC en déplorant que le sujet des relations internationales ait été si peu abordé durant la campagne. La qualité du débat est-elle devenue à ce point satisfaisante en 2017?


A suivre...
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22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 23:44

Dans la continuité de la lettre qu'elle avait envoyée aux candidats aux primaires de la droite et du centre et de la "Belle Alliance populaire" (gauche), l'Association d'amitié franco-coréenne a posé le 18 mars 2017 cinq questions aux onze candidats à l'élection présidentielle française : Nathalie Arthaud, François Asselineau, Jacques Cheminade, Nicolas Dupont-Aignan, François Fillon, Benoît Hamon, Jean Lassalle, Marine Le Pen, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon et Philippe Poutou. La paix dans la péninsule coréenne est un enjeu vital pour la paix du monde. Il apparaît donc important de recueillir l'opinion des candidats sur les questions coréennes, le président de la République étant l'acteur principal dans la politique étrangère de la France.

Palais de l'Elysée

Palais de l'Elysée

Les cinq questions posées aux candidats à l'élection présidentielle sont les suivantes :

 

1) Malgré l’armistice de 1953, les deux Corée sont toujours « techniquement » en guerre, et la péninsule coréenne connaît régulièrement des tensions. Alors que les médias et certains pays se plaisent à souligner le programme nucléaire de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), les exercices militaires américains menés en République de Corée (Corée du Sud) ne soulèvent aucune réprobation, alors qu’ils simulent clairement une invasion de la RPDC. Aux termes de l’article 39 de la Charte des Nations unies, de telles manœuvres peuvent pourtant être considérées comme une « menace contre la paix ». Estimez-vous nécessaire que la situation dans la péninsule coréenne soit traitée dans sa globalité et que les comportements d’autres acteurs – à commencer par les États-Unis d’Amérique - soient soulignés ?

 

2) Les sanctions internationales et unilatérales adoptées contre la RPDC n’ont nullement entamé la détermination des autorités nord-coréennes, tout en pénalisant en premier lieu la population de ce pays. Depuis des années, ces sanctions ont démontré leur inefficacité et ne font que détériorer la situation. Quelle est votre position sur les sanctions dont la RPDC fait l’objet ?

 

3) À l’exception de la France et de l’Estonie, tous les pays de l'Union européenne entretiennent des relations diplomatiques normales avec la RPDC. Cette situation est contraire à la tradition diplomatique de la France, qui est de reconnaître des États et non des régimes politiques, et nuit à la place de notre pays en Asie orientale, une des régions les plus dynamiques du monde. Après l'ouverture, en 2011, d’un premier bureau français de coopération à Pyongyang, comptez-vous faire évoluer cette situation pour normaliser les relations entre la République française et la RPDC, conformément à la pratique de nos principaux partenaires européens ?

 

4) La République de Corée connaît de vives tensions politiques, notamment depuis 2012 et l’élection de la présidente Park Geun-hye récemment destituée. Le Parti progressiste unifié, un des principaux partis politiques sud-coréens, a fait l’objet d’une interdiction en 2014 et on a assisté à une répression accrue à l'encontre des syndicats ou encore des familles des victimes du naufrage du ferry Sewol (304 morts et disparus le 16 avril 2014), manifestant pacifiquement pour exiger la vérité sur cette tragédie. La République de Corée entend pourtant partager les mêmes valeurs et standards que les pays occidentaux. La répression en cours en Corée du Sud est peu soulignée, alors que les médias se plaisent à relayer la moindre rumeur sur la Corée du Nord. Quelle est votre position sur les différentes restrictions apportées aux libertés démocratiques en Corée du Sud ?

 

5) Le dialogue intercoréen reste peu connu et encouragé à l’étranger. L’AAFC soutient clairement ce dialogue comme seule voie possible pour le règlement des différends entre Coréens et l'apaisement des tensions dans la péninsule coréenne. Estimez-vous que la France doit appuyer le dialogue entre les deux Corée et rappeler qu’il constitue le seul instrument sérieux pour trouver une solution pérenne à la crise coréenne ?

 

L'Association d'amitié franco-coréenne publiera les réponses reçues. L'élection présidentielle aura lieu les 23 avril et 7 mai.

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20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 21:02

À l'heure où une intervention guerrière des États-Unis est envisagée en Corée, il faut dénoncer le conditionnement des opinions publiques et appeler à une solution pacifique.

Toutes les interventions militaires occidentales (Irak, Libye, Syrie...) sont désormais des guerres qui ne disent plus leur nom : débutant par des « frappes préventives » et menées au nom d'un prétendu « droit d'ingérence humanitaire », ces guerres sont longuement préparées par un conditionnement des opinions publiques occidentales, conditionnement qui voit le gouvernement du pays visé dénoncé, à longueur d'articles et de reportages à charge dans les médias, comme odieux et devant nécessairement être renversé. Il s'agit de la forme moderne de la propagande de guerre, où tout est bon pour justifier une guerre à outrance contre l'ennemi.

Pour la première fois depuis 1994, une guerre est ouvertement envisagée contre la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). En visite en Corée du Sud le 17 mars 2017, le secrétaire d'État américain Rex Tillerson a déclaré qu'un conflit militaire avec la Corée du Nord était une option. Ces déclarations bellicistes s'accompagnent d'actions très concrètes : les manœuvres militaires américano-sud-coréennes en cours, d'une durée de deux mois, sont les plus grands exercices militaires au monde. Elles s'accompagnent du déploiement par les États-Unis du dispositif antimissile THAAD (Terminal High Altitude Area Defense) en Corée du Sud, lequel accélère la course aux armements en Asie du Nord-Est.

En 1994, lorsque l’administration Clinton était sur le point d’attaquer les installations nucléaires de la Corée du Nord, le département de la Défense des États-Unis avait estimé qu'un futur conflit en Corée pourrait faire jusqu'à un million de morts. Mais une telle guerre ne sera pas limitée à la péninsule coréenne et, en décembre 2015, le chef de l’état-major interarmées des États-Unis, le général Joseph Dunford, a déclaré que tout conflit avec la Corée du Nord serait inévitablement « trans-régional, multi-domaine et multifonctionnel », c’est-à-dire une guerre mondiale impliquant d’autres puissances et l’utilisation de toutes les armes, dont des bombes nucléaires.

Fondée en 1969 pour défendre la paix et la réunification de la Corée, l'Association d'amitié franco-coréenne appelle à la cessation immédiate de l'escalade des tensions et des sanctions, en encourageant le retour à un dialogue multilatéral pour résoudre pacifiquement la question des armes nucléaires – de toutes les armes nucléaires - en Corée.

L'Association d'amitié franco-coréenne dénonce la propagande de guerre diffusée par les médias occidentaux, reprenant les éléments de langage de l'administration américaine pour conditionner les opinions publiques et faire avancer les peuples vers la guerre tels des somnambules.

Profondément attachée à la paix, l'Association d'amitié franco-coréenne appelle à la fin des manœuvres militaires américano-sud-coréennes et à interrompre le déploiement du système THAAD en Corée du Sud, en laissant le peuple coréen décider librement de son avenir, sans ingérence étrangère et alors que, suite à la destitution de la présidente sud-coréenne Park Geun-hye, une élection présidentielle anticipée se tiendra le 9 mai 2017 en Corée du Sud.

 

Paris, le 20 mars 2017

 

 

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 18:00

Début avril 2016, à la veille d'élections législatives finalement perdues par les conservateurs au pouvoir à Séoul, la défection groupée d'employés nord-coréens d'un même restaurant en Chine a soulevé de nombreuses interrogations quant à la volonté réelle de tout ou partie de ces personnes de rejoindre la Corée du Sud. La question du consentement de toute personne de vivre dans le pays qu'elle a choisi  est une question élémentaire de respect des droits de la personne humaine. C'est pourquoi le bureau national de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) a décidé d'interpeler le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme, dans une lettre adressée le 5 mars 2017 à S.E. M. Zeid Ra'ad Al Hussein, Haut-Commissaire, et dont nous proposons le texte ci-après.

Palais Wilson, à Genève, siège du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme

Palais Wilson, à Genève, siège du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme

Excellence,

Fondée en 1969 pour encourager les relations d'amitié entre la France et l'ensemble de la péninsule coréenne, l'Association d'amitié franco-coréenne a l'honneur d'attirer votre attention sur la situation d'un groupe de citoyens de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) qui sont arrivés en République de Corée (RdC) depuis la République populaire de Chine où ils travaillaient dans un restaurant, au début du mois d'avril 2016.
Selon les autorités de la RPDC, la plupart des membres de ce groupe – sinon tous – ont été emmenés de force en République de Corée. Des juristes et des journalistes de la RdC ont aussi souligné la coïncidence entre cet événement, la façon dont le service national de renseignement de la RdC a pris en charge ce groupe sans le laisser entrer en contact avec d'autres personnes, et les élections législatives à venir en République de Corée.
En mai 2016, huit avocats, membres de l'organisation des Juristes pour une société démocratique (Minbyun) de la République de Corée, ont déposé une pétition en habeas corpus. Néanmoins, les autorités de la RdC ont refusé tout contact entre ces citoyens de la RPDC et leurs familles restées dans leur pays, et ces personnes ne sont pas apparues elles-mêmes à l'audience.
La République de Corée est partie à des conventions internationales, en vertu desquelles les personnes qui arrivent sur son territoire ont le droit de choisir elles-mêmes, sans influence extérieure, dans quel pays elles veulent vivre, en choisissant leurs propres avocats et après avoir pu contacter leur famille ou les autorités de leur pays, si nécessaire. De telles règles ont été appliquées pour d'autres citoyens de la RPDC qui sont arrivés en République de Corée, en particulier des marins dont les embarcations ont dérivé en mer.
C'est la raison pour laquelle nous demandons au Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme d'user de son influence pour l'application des droits de de l'homme des citoyens de la RPDC qui sont arrivés en République de Corée en avril 2016.
Dans l'attente d'une réponse positive à notre lettre, nous vous prions d'accepter, Excellence, l'assurance de notre très haute considération.

Le Bureau national de l'Association d'amitié franco-coréenne
Paris, le 5 mars 2017

Excellency,

Founded in 1969 to promote friendly relations between France and the whole Korean peninsula, the France-Korea Friendship Association has the honour of focusing your attention on the situation of a group of Democratic People's Republic of Korea (DPRK) citizens who arrived from the People's Republic of China, where they were working in a restaurant, to the Republic of Korea (ROK) in early April 2016.
According to the DPRK authorities, most – if not all – of the members of this group were forcibly abducted to the Republic of Korea. ROK lawyers and journalists also insisted on the coincidence between this event, the way how the ROK National Intelligence Service took charge of the group without letting them contact other persons, and the upcoming legislative elections in the Republic of Korea.
In May 2016, 8 lawyers, members of the Lawyers for a Democratic Society organization (Minbyun) of the Republic of Korea, submitted a habeas corpus petition. Nevertheless, the ROK authorities refused any contact between the DPRK citizens and their families still living in their country, and the persons did not appear themselves in the court.
The Republic of Korea is part to international conventions, according to which persons who arrived on its territory have the right to chose by themselves, without external influence, in which country they want to live, by selecting their own lawyers - after having been able to contact their own familities or the authorities of their country, if necessary. Such rules have been enforced concerning other DPRK citizens who arrived in the Republic of Korea, in particular sailors whose boats had been drifting at sea.
It is the reason why we ask to the United Nations High Commission for Human Rights to use its influence for enforcing human rights of the DPRK citizens who arrived in the Republic of Korea in April 2016.
We look forward your positive reply to our letter.
We ask you to accept, Excellency, the assurances of our most respectful feelings.

The National Board of the France-Korea Friendship Association
Paris, March 5, 2017

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 14:02

Le 7 mars 2017 de 19h10 à 19h50, la chaîne française d’information internationale France 24 (version anglaise) a organisé son débat d’actualité The debate sur le thème « La RPDC : l’escalade ». Le présentateur François Picard a ainsi animé un débat en anglais de 40 minutes où sont intervenus : en duplex depuis Denver (Etats-Unis) Christopher Hill, ancien ambassadeur américain en Corée du Sud de 2004 à 2005 et ancien assistant au secrétaire d’Etat de 2005 à 2009, actuellement doyen de l’Ecole d’études internationales Joseph Korbell de l’université de Denver ; en duplex depuis Leeds (Grande-Bretagne) Adam Cathcart, enseignant d’histoire de la Chine à l’université de Leeds et coauteur de l’ouvrage Change and Continuity in North Korean Politics ; en duplex de Manchester (Grande-Bretagne) Jihyun Park, militante de l’Alliance européenne pour les droits de l’homme en Corée du Nord ; seul présent sur le plateau à Paris, Benoît Quennedey, vice-président de l’Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) chargé des actions de coopération.

La chaîne de télévision France 24 (version anglaise) a consacré un nouveau débat d’actualité à la Corée du Nord

Le journaliste animateur du débat a commencé par présenter l’actualité avec les relations compliquées entre la Malaisie et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), les récents tirs de missiles nord-coréens et l’attitude selon lui réservée de l’administration Trump.

Christopher Hill a répondu le premier en assurant qu’il n’avait aucun doute sur l’identité du mort de l’aéroport de Kuala Lumpur et sur le fait qu’il s’agissait d’un meurtre de sang-froid perpétré à l’instigation du régime de Pyongyang. Sur l’insistance du journaliste quant aux circonstances très particulières de ce décès, Christopher Hill a déclaré que la traque et l’assassinat avaient été menés de façon très professionnelle.

Adam Cathcart, après avoir rappelé le mode de vie de Kim Jong-nam et les circonstances d’accession au pouvoir de Kim Jong-un, a déclaré que le fait que la RPDC ait attendu 5 jours pour mentionner (en la niant) l’utilisation supposée du neurotoxique VX après l’annonce des autorités de Malaisie pourrait être le signe que la RPDC veut faire savoir au monde qu’elle possède un stock d’armes neurotoxiques.

Jihyun Park a utilisé son tour de parole non pas pour répondre aux questions posées mais pour revenir sur le thème des droits de l’homme en RPDC (reprenant notamment le chiffre contestable et contesté de 3 millions de morts de la famine à la fin des années 1990), en entonnant les couplets habituels de la propagande des services secrets sud-coréens dont elle est très proche. Mieux vaut, sur cette question, aller voir le film de Jero Yun actuellement diffusé dans les salles françaises Madame B, histoire d’une Nord-Coréenne.

Benoît Quennedey a replacé l’attitude des autorités de RPDC dans leur contexte. Tout d’abord pour elles il s’agit d’un citoyen porteur d’un passeport diplomatique nord-coréen répondant au nom de Kim Chol. A ce titre elles estiment que, en application du droit international, le corps aurait dû leur être rendu, ce que n'ont pas fait les autorités malaisiennes - ce qui a entraîné les protestations de l’ambassadeur de la RPD de Corée à Kuala Lumpur puis son expulsion. Enfin il a rappelé les mystères entourant cette affaire car le neurotoxique VX qui aurait été utilisé est si dangereux que les deux femmes arrêtées auraient dû subir des séquelles.

Christopher Hill a approuvé la manière de procéder des autorités de Malaisie face à l’attitude irresponsable d’un «Etat voyou » (sic). En tant qu’ancien haut dignitaire de l’administration Bush qui avait fait usage de ce concept il apparait tout à fait légitime pour utiliser cette expression. Il a terminé son intervention en assurant que d’ici quatre ans la RPDC aurait des missiles dotés de têtes nucléaires, ce qui amèneraient les Etats-Unis « à un point de crise absolue ». Quant aux manoeuvres militaires en cours, il a déclaré : « je regrette seulement qu’elles n’aient pas eu lieu au printemps 1950 ce qui aurait empêché l’invasion nord-coréenne. » Pour lui les protestations du Nord contre ces manoeuvres  relèvent de la manipulation. Reprenant une antienne du discours néo-conservateur, il a déclaré : « nous allons réellement arriver à une crise et il nous faut être préparés à tout. » S'agissant de l’installation des missiles THAAD au sud, selon lui, les Chinois ne comprennent pas qu’ils ne sont pas visés et il faut les convaincre qu’une péninsule coréenne réunifiée sous la houlette de Séoul serait dans l’intérêt de la Chine… Pour lui, la Corée va être le problème numéro un de l’administration Trump, plus que la Syrie ou d'autres régions, mais il faut du temps pour mettre en ordre de bataille une nouvelle administration américaine.

Concernant l’installation des missiles THAAD, Adam Cathcart a répondu que, plus qu’une pression accrue sur Pyongyang de la part du gouvernement chinois, c’est envers Séoul que s'exerce une pression accrue de la part de la Chine, en particulier dans le domaine économique. Il est allé jusqu’à dire qu’à cet égard le déploiement du système THAAD était une aubaine pour Pyongyang.

La deuxième intervention de Jihyun Park a été sans aucun rapport avec les questions posées. Ce faisant, Christopher Hill en a profité pour féliciter les autorités sud-coréennes de leur activité dans le champ des droits de l’homme et pour assurer ce pays de l’alliance indéfectible des Etats-Unis. Selon lui si l’administration Trump se lance dans une guerre commerciale avec la Chine ce ne sera pas le bon moment pour les amener à revoir leur position sur la Corée.

Benoît Quennedey a élargi le propos sur l’installation du système THAAD. Tout d’abord il n’y a pas que les Chinois qui s’y opposent et qui se sentent visés, car les Russes, pour les mêmes raisons, n’en veulent pas non plus. Il a aussi rappelé la position de faiblesse de l’actuel gouvernement de Corée du Sud qui cherche à mettre en place THAAD dès que possible alors que le principal parti d’opposition est contre ce déploiement et en position de regagner le pouvoir en remportant l'élection présidentielle à venir très prochainement. Il a été le premier intervenant à mentionner aussi l’opposition de l’opinion publique sud-coréenne au dispositif THAAD. Il a également rappelé que la situation restait ouverte pour les Etats-Unis et qu’il ne fallait pas négliger le rôle éventuel d'intermédiaire et de négociateur de la Russie.

Puis Adam Cathcart s’est étendu sur la campagne contre les intérêts économiques sud-coréens mené en Chine, et qui vise notamment le groupe sud-coréen Lotte (qui possède dizaines de supermarchés en Chine..) et a cédé un terrain de golf pour l’installation du radar et des missiles THAAD.



Revoir l'intégralité du débat sur le site de France 24 :

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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 14:15

L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) soutient la diffusion du film documentaire de Jero Yun Madame B., histoire d'une Nord-Coréenne - qui raconte la vie d'une réfugiée nord-coréenne et de sa famille, sorti en salles le 22 février 2017 en France. Le film a donné lieu à des avant-premières, à l'initiative notamment de membres de l'AAFC, à Tousson et à Pithiviers le 18 février 2017, en présence du réalisateur Jero Yun. Le cinéma d'art et d'essai "Les 3 Luxembourg", à Paris, a projeté deux séances suivies de rencontres-débats : le 22 février avec Jero Yun, et le 27 février avec Benoît Quennedey, vice-président de l'AAFC chargé des actions de coopération. Nous revenons sur la séance-débat du 27 février. 

"Madame B. histoire d'une Nord-Coréenne" : projection-débat avec l'AAFC au cinéma "Les 3 Luxembourg"

Madame B. histoire d'une Nord-Coréenne est un film d'accès apparemment difficile : filmé dans un style dépouillé, parfois brut, à mille lieues des clichés sur les réfugiés nord-coréens véhiculés par des stars (ou supposées telles) ayant des besoins de reconnaissance et/ou financiers, le long métrage invite les spectateurs à se forger leur propre opinion et ne délivre pas d'autre message que celle de l'humanité d'une femme, Mme B., qui, comme des dizaines de milliers de Nord-Coréens, a quitté son pays à la recherche d'une vie économique meilleure. Son récit devient, par extension, celui de nombreux réfugiés de par le monde. Comme l'observe Isabelle Regnier du quotidien Le Monde,

La force du film tient à la tension qu’il instaure entre le tableau cataclysmique des conditions de vie de ces migrants d’Asie extrême et la personnalité fascinante de son personnage, bloc de volonté qui oppose aux coups de massue du destin un désir de vivre dévorant, et une capacité de résilience qui laisse pantois.

http://www.lemonde.fr/cinema/article/2017/02/21/madame-b-le-periple-d-une-battante-entre-les-deux-corees_5082797_3476.html#g45ZObYMiz8lUArg.99

Animé par Benoît Quennedey, vice-président de l'AAFC, le très riche débat qui a suivi la projection, en présence de Coréens et de spécialistes de la Corée, a permis d'aborder de multiples autres questions qui touchent à la société coréenne dans son ensemble, Nord comme Sud : les représentations réciproques entre Coréens du Nord et du Sud ; l'intégration (ou non) des Nord-Coréens en Corée du Sud, confrontés à l'anticommunisme viscéral d'une société où ils souffrent de l'absence de réseaux, essentiels pour réussir au Pays du Matin Calme ; la question des femmes dans la société coréenne, marquée par une culture patriarcale d'origine néo-confucéenne... Car Mme B. traduit aussi l'émancipation de millions de femmes (nord-)coréennes, à la faveur de l'ouverture économique du pays, à la mesure des positions privilégiées qu'elles occupent souvent dans les activités commerciales privées, légales ou non, qui permettent aujourd'hui à la RPD de Corée de poursuivre son développement économique et social.

Jero Yun a réussi le tour de force d'accepter que parle, sous l'oeil de sa caméra, toute une famille de réfugiés nord-coréens - alors que les réfugiés coréens, qu'ils soient du Nord ou du Sud, sont le plus souvent réservés à témoigner. Par la force de sa volonté, Mme B. a d'ailleurs aujourd'hui réussi à ouvrir un café en Corée du Sud, tandis que son fils aîné enchaîne tous les travaux, ne rechignant pas devant les tâches les plus difficiles, et que son fils cadet est engagé dans des études pour devenir acteur - ce qui répond en partie aux interrogations qui se font jour à la fin du film.

A travers un récit individuel, c'est aussi une certaine histoire de la Corée que nous raconte la vie de Mme B. - et qui fait plus que jamais ressortir la nécessité de réunifier un pays divisé depuis sept décennies. Quant à lui, Jero Yun a pour sa part exprimé sa reconnaissance envers les réfugiés nord-coréens qui l'ont soutenu, lorsqu'il les accompagnait lors de leur périple express (cinq jours !) de la Chine du Nord-Est jusqu'en Thaïlande, lui qui était blessé, découragé parfois, mais avait promis à Mme B. de transcrire dans un film l'histoire d'une vie peu banale. 

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23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 20:10

Le 21 février 2017 à partir de 19h10, la chaîne française d’information internationale France 24 (version anglaise) a organisé son débat d'actualité sur le thème « La RPDC Etat voyou et la mort de Kim Jong-nam ». Le présentateur François Picard a ainsi animé un débat en anglais de 40 minutes où sont intervenus, sur le plateau, Dorian Malovic, chef du service Asie au quotidien La Croix et co-auteur (avec Juliette Morillot) d’un ouvrage intitulé La Corée du Nord en 100 questions, paru en 2016, Benoît Quennedey, vice-président de l’Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) chargé des actions de coopération et, en duplex depuis Washington, Harry Kazianis éditorialiste au think tank conservateur The National Interest.

Après avoir rappelé les faits sur le décès présumé de Kim Jong-nam à l’aéroport de Kuala Lumpur la parole a été donnée à Dorian Malovic qui a rappelé que la victime se déplaçait seule, sans gardes du corps, dans la partie low cost de l’aéroport. Selon lui « nous ne savons rien » de sûr ni sur l’identité de la victime ni sur la cause du décès. C’est également ce qu’a dit Harry Kazianis sans oublier de ressortir, ainsi qu’il le fera pendant le reste du débat, tous les poncifs néo-conservateurs sur la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Benoît Quennedey a resitué le débat en mettant en lumière le rôle des services de renseignement sud-coréens (acronyme anglais, NIS) dans la propagation de fausses informations « fake news », alors que la publicité donnée  à cet événement provient des milieux gouvernementaux de la République de Corée (Corée du Sud). Il a également expliqué la position de la RPD de Corée qui n’est pas associée à l’enquête et qui, quant à la demande du prélèvement d'ADN de proches, craint une manipulation. Dans la situation d’un pouvoir conservateur affaibli en Corée du Sud, le NIS et la droite sud-coréenne tirent opportunément profit de cet événement.

Le gouvernement malais qui essaie de maintenir une position équilibrée entre les deux Etats coréens apparaît gêné. Signe des bonnes relations entre la RPD de Corée et la Malaisie, l’entrée des citoyens nord-coréens en Malaisie se fait sans visa.

Sur le motif possible de l’assassinat, Benoît Quennedey a rappelé qu’il ne fallait pas anticiper les conclusions d’une enquête encore à ses début, et a mentionné le fait que Kim Jong-nam (s'il est effectivement la victime) a des liens avec les mafias chinoises et qu’aucune piste ne devait être privilégiée ou exclue a priori. Harry Kazianis a dit que Kim Jong-nam pouvait avoir été éliminé car représentant une menace pour le pouvoir nord-coréen. En effet, selon lui, il aurait pu être utilisé par la Chine dans le cadre d’un changement de régime en RPDC. Sur ce point, Dorian Malovic a répliqué que Kim Jong-nam, amateur de femmes et jet-setter, âgé de 45 ans, était désengagé du débat politique, et n'avait aucun poids en RPD de Corée.

Le débat s’est ensuite orienté sur l’annonce, le 19 février dernier par le gouvernement chinois, de l’arrêt des importations de charbon en provenance de RPDC, et ce jusqu’au 31 décembre 2017.

Benoît Quennedey a expliqué la position constante de la Chine sur la recherche de la stabilité dans la péninsule coréenne. La Chine applique les sanctions découlant des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies. D’une part, cette annonce intervient quelques jours après le lancement d'un missile nord-coréen, et d’autre part la mise en oeuvre de mesures très pénalisantes pour la RPDC vient en réponse aux propos du président américain Donald Trump, celui-ci ayant dit que la Chine ne faisait pas le nécessaire pour trouver une solution au problème nucléaire nord-coréen.

Il a ensuite répondu à la question des raisons de ce tir de missile en le replaçant dans le cadre de la politique de la Corée du Nord, constante depuis 20 ans, visant à se protéger des Etats-Unis par la dissuasion nucléaire (dans une stratégie de dissuasion du faible au fort), tout en étant prête in fine à dialogue avec le pouvoir américain, mais en position de force.

Dorian Malovic a interprété cet essai comme un message à Donald Trump pour demander un dialogue sur la base du respect mutuel. Harry Kazianis, tout en expliquant la politique américaine de force, a dit que « les Etats-Unis devaient parler à la Corée du Nord » y compris sur le sol américain - ce qui témoigne d'une inflexion de la politique coréenne des républicains américains.

Le dernier thème du débat a porté sur la situation économique actuelle en RPDC, les réformes déjà engagées ne pouvant être approfondies du fait des sanctions et de la tension internationale selon Benoît Quennedey. Dorian Malovic a aussi évoqué ce thème en ajoutant que ceux qui quittent la Corée du Nord ne le font pas pour des raisons de dissidence politique mais pour des motifs économiques, traduisant l'aspiration des Nord-Coréens à accéder à une société de consommation, alors que les progrès économiques sont par ailleurs visibles en RPDC.

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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 14:08

L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) soutient la diffusion du film documentaire de Jero Yun Madame B., histoire d'une Nord-Coréenne - qui raconte la vie d'une réfugiée nord-coréenne et de sa famille, Madame B., loin des clichés sur les réfugiés nord-coréens en Corée du Sud, avant une sortie en salles le 22 février 2017 en France. Le long métrage produit par ZORBA a été présenté à Cannes en 2016 à la sélection de l'ACID (Association du cinéma indépendant pour sa diffusion). Plusieurs avant-premières en France ont eu lieu avec la participation de membres des comités régionaux de l'AAFC, le comité régional Bourgogne-Franche-Comté ayant par ailleurs relayé la diffusion en avant-première au Festival international du film de Belfort. Le 18 février 2017, deux avant-premières suivies d'un débat avec le réalisateur ont eu lieu, à l'initiative de Pierrot Beltante, animateur du foyer rural de Tousson "La tête des trains", le foyer rural de Tousson ayant une longue tradition de présentation de la culture coréenne et du cinéma de et sur la Corée, en partenariat avec l'AAFC : à Tousson (en présence de 25 participants, la capacité maximale d'accueil de la salle de projection) et au cinéma Le Mail à Pithiviers, devant 120 spectateurs. Des délégations du bureau national de l'AAFC étaient présentes lors des projections-débats à Tousson et Pithiviers. L'AAFC remercie Pierrot Beltante (qui avait découvert le film et rencontré Jero Yun lors de la sélection à Cannes), l'équipe du foyer rural de Tousson et le cinéma Le Mail à Pithiviers pour l'organisation de ces avant-premières, suivies d'excellents buffets, et relayées dans les médias locaux (journaux, site de la mairie de Pithiviers et web-télévision).

Projection en avant-première à Pithiviers

Projection en avant-première à Pithiviers

Comment parler du film Madame B., histoire d'une Nord-Coréenne ? On peut retenir une approche sociale et politique, mettant l'accent sur les raisons qui ont conduit des dizaines de milliers de Nord-Coréens à quitter définitivement leur pays - essentiellement pour des raisons économiques, comme Madame B., qui pensait initialement revenir en Corée du Nord après un an - avant souvent de déchanter lors de l'arrivée au sud de la péninsule - où nombre d'entre eux sont accusés d'espionnage et doivent purger de longues peines de prison.

On peut aussi s'intéresser à l'esthétique du film, sobre, dépouillée, qui évite tout jugement de valeur, et à ses conditions de réalisation particulièrement difficiles pour Jero Yun, qui avait fait à Madame B. la promesse de porter son histoire à l'écran - une promesse qu'il mettra trois ans à honorer. Ayant suivi le groupe de fugitifs nord-coréens dont faisait partie Madame B. dans leur périple de la Chine du Nord-Est jusqu'en Thaïlande (d'où ils rejoindront la Corée du Sud), Jero Yun a déclaré :  

Marcher avec les autres clandestins tout en filmant et en prenant le son seul m’était cependant devenu impossible tant j’avais moi-même du mal à survivre. Des réfugiés nord-coréens m’aidaient, c’était une relation très étrange, car j’étais pour ma part incapable de les aider physiquement. Parfois, les passeurs soutenaient quelques groupes épuisés en portant leurs sacs. Il y avait des moments d’entraide et de partage. Durant le périple, j’ai donc filmé tout ce que je pouvais filmer, mais dans certaines situations, c’était impossible. Un passeur laotien, notamment, avait un visage qui ne m’incitait pas à sortir la caméra… D’autres fois, ma blessure et la faim m’empêchaient de filmer. Quand je suis arrivé en Thaïlande, je ressemblais à un clochard. Sur place, je me suis fait contrôler quatre fois par les autorités, tant ma situation de clandestin était évidente.

http://www.allocine.fr/film/fichefilm-246814/secrets-tournage/

On peut, enfin, retenir une approche centrée sur la leçon d'humanité que délivre le film, né de la relation exceptionnelle qui s'est créée entre Jero Yun et Madame B., mais aussi la famille de cette dernière - notamment ses deux fils, dont le plus jeune a commencé des études pour devenir acteur de cinéma. Comme l'a déclaré une spectatrice de l'avant-première à Tousson, le film est une histoire d'amour - ou plutôt une histoire d'amours. Celles de Madame B. pour son mari nord-coréen, pour son mari chinois et pour ses deux fils, son départ pour la Corée du Sud tenant à sa seule volonté de gagner mieux sa vie pour leur offrir la possibilité de poursuivre des études universitaires, très coûteuses en Corée du Sud. Alors que le film se termine sur les questions que se pose Madame B., elle a aujourd'hui créé un café à Séoul, où elle vit toujours, en ayant par ailleurs obtenu la nationalité et un passeport sud-coréens.

Femme exemplaire, déterminée à lutter pour obtenir ses droits, Madame B. témoigne du rôle nouveau joué par les femmes dans la société nord-coréenne (ce sont d'ailleurs elles qui tiennent les échoppes des marchés généraux de biens et de services), le portrait que dresse d'elle Jero Yun dépassant le cadre strict du contexte coréen pour gagner une portée universelle.

Pour aller plus loin, quelques critiques du film : 

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