Relations internationales de la Corée

Mardi 2 mars 2010 2 02 /03 /2010 22:50

Prévue le 4 avril 2010, l'inauguration du Monument de la Renaissance africaine, au Sénégal, marquera l'aboutissement de près de deux ans de travaux entre des sociétés française, sénégalaise et nord-coréenne. Haut de 50 mètres, situé sur une colline d'une hauteur de 100 mètres, l'ensemble monumental réalisé par les ouvriers nord-coréens du Groupe Mansudae de projets pour l'outre-mer  de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) constituera la plus haute statue au monde.

monument_renaissance_africaine.jpg

La réalisation du Monument de la Renaissance africaine, à Ouakam dans l'agglomération de Dakar, est un pari audacieux, sur les plans technique, économique et politique.

Cet ensemble imposant
représente d'abord une prouesse technique architecturale. Dû au cabinet d'architecture sénégalais Pierre Goudiaby Atepa, le projet comprend une statue en bronze haute de plus de 50 mètres à laquelle s'ajoutent un espace muséographique, un village artisanal, des boutiques et des bureaux. La maîtrise d’ouvrage, relevant du ministère du Patrimoine bâti, de l’Habitat et de la Construction du Sénégal, a été déléguée à la société française de prestation de services GEMO (Groupement d'études et de méthodes d'ordonnancement). La maîtrise d'oeuvre a été confiée à la société nord-coréenne Mansudae Oversas Projects Group (Groupe  Mansudae de projets pour l'outre-mer). Le choix d'ingénieurs et d'ouvriers nord-coréens s'explique par la spécialisation de la RPDC dans la statuaire géante, le Groupe Mansudae ayant déjà réalisé des monuments de grandes dimensions pour plusieurs dizaines de pays, notamment sur le continent africain. La durée de vie annoncée du monument est de 1.200 ans.

L'ensemble comprend un homme torse nu aux muscles saillants, enlaçant une femme et brandissant un enfant, qui s'élancent vers le ciel. Selon le président sénégalais Abdoulaye Wade qui l'a dessiné, "l’'homme, la femme et leur enfant feront face au soleil, symbolisant l’ouverture du continent au reste du monde. C’est une force de propulsion et d’attraction dans la grandeur, la stabilité et la pérennité de l’Afrique." Représentant une famille africaine tournée vers le Nord-Ouest, symbole de la "dignité du continent" africain, le monument figure "une Afrique sortant des entrailles de la terre, quittant l'obscurantisme pour aller vers la lumière."

Initialement prévue le 12 décembre 2009, l'inauguration de l'édifice a finalement été fixée au 4 avril 2010, date du cinquantième anniversaire de l'indépendance de plusieurs Etats africains anciennement colonisés par la France. Le 4 avril est ainsi la fête nationale du Sénégal.

Au-delà du choix technique d'une maîtrise d'oeuvre nord-coréenne, la sélection du Groupe Mansudae fait également écho au soutien apporté par la République populaire démocratique de Corée aux
mouvements de décolonisation du Tiers-Monde. Après les indépendances, les Nord-Coréens ont aussi contribué au développement des nouveaux Etats africains, en apportant une aide publique dans les domaines, notamment, de la santé et de l'éducation.

Représentant un budget de 18 millions d'euros (12 milliards de francs CFA), le projet a suscité de vives critiques, en particulier de l'opposition, auxquelles le président Wade a répondu : "Je suis l’auteur du monument. 35 % des retombées financières m’appartiendront, et 65 % à l’Etat." Les dividendes personnels qu'il tirera de cette infrastructure doivent être consacrés à une fondation dédiée à la construction d'écoles. Toujours selon le chef de l'Etat sénégalais, "j’ai décidé que toutes les recettes seront destinées à la construction de cases des tout-petits, pas seulement au Sénégal, mais dans toute l’Afrique, parce que ce monument n’est pas celui du Sénégal, mais de l’Afrique. Pas un seul franc ne sera destiné à autre chose. Mes droits, je les destine à la case des tout-petits." Par ailleurs, une partie du paiement a été effectuée en nature, avec la mise en valeur de 30 à 40 hectares de terrain par un homme d'affaires sénégalais.

La majorité au pouvoir au Sénégal balaie les critiques sur le coût de ce grand projet du président Wade, en observant que le monument d'une hauteur de plus de 50 mètres situé sur une des deux collines volcaniques des Mamelles - elles-mêmes hautes de 100 mètres - constituera la plus haute statue du monde, qui serait ainsi appelée à devenir aussi célèbre que la Statue de la Liberté ou la Tour Eiffel et à générer d'importantes retombées économiques.

Sources :
au-senegal.com, GEMO, Le Messager, Wikipédia

Par Association d'amitié franco-coréenne - Publié dans : Relations internationales de la Corée
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 22 février 2010 1 22 /02 /2010 23:00

Les Etats-Unis et leurs alliés tentent depuis plusieurs mois de ramener la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) à la table des négociations sur son programme nucléaire, négociations interrompues en avril 2009 après que le Conseil de sécurité de l'ONU eut sanctionné le lancement d'une fusée nord-coréenne. Après la visite en RPDC, courant février, de hauts responsables chinois et de l'Organisation des Nations Unies, certains médias ont cru déceler une tentative de relancer ces pourparlers en échange d'incitations économiques pour la RPDC. Par une dépêche datée du 19 février, l'agence de presse officielle nord-coréenne a apporté un démenti cinglant : ce ne sont pas les « récompenses économiques » qui pousseront la RPDC à abandonner sa force de dissuasion nucléaire.


WangJiarui-KimJongil 08022010Du 6 au 9 février 2010, Wang Jiarui, chef du département international du Comité central du Parti communiste chinois était en visite en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Au cours de ce déplacement  - présenté comme une « visite de courtoisie » -, Wang Jiarui a notamment rencontré le président de la Commission de la Défense nationale de la RPDC, Kim Jong-il. Le dirigeant coréen a redit à son interlocuteur chinois que la position constante de la RPDC est bien de réaliser la dénucléarisation de la péninsule coréenne. Kim Jong-il a aussi souligné que la sincérité des parties prenantes est importante pour reprendre les pourparlers à six  sur le programme nucléaire de la RPDC, laquelle s'est retirée des pourparlers en avril 2009 pour protester contre sa condamnation par le Conseil de sécurité des Nations Unies suite au lancement d'une fusée. Ces pourparlers réunissaient depuis 2003 les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon.


Wang Jiarui était porteur d'un message du président de la République populaire de Chine, Hu Jintao, indiquant que la Chine attache un intérêt particulier à ses relations avec la RPDC et est prête à approfondir l'amitié traditionnelle entre les deux pays, à renforcer la coopération et à déployer des efforts conjoints avec la RPDC pour maintenir la paix et la stabilité dans la péninsule coréenne. Le président chinois a d'autre part invité le dirigeant de la RPDC à se rendre en Chine.


Après la visite de Wang Jiarui, Lynn Pascoe, secrétaire général adjoint de l'ONU chargé des affaires politiques, était en RPDC du 9 au 12 février. Lynn Pascoe était le premier haut responsable de l'ONU à se rendre en RPDC depuis 2004, bien que l'ONU compte 39 employés en RPDC, travaillant pour des agences telles que le Programme alimentaire mondial, l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance, le Fonds des Nations Unies pour la population et le Programme des Nations Unies pour le développement.


LynnPascoe-KimYongnam 11022010Lynn Pascoe a eu des entretiens avec le président du présidium de l'Assemblée populaire suprême, Kim Yong-nam, et avec le ministre des Affaires étrangères, Pak Ui-chun. A l'issue de ces rencontres, Lynn Pascoe a reconnu que la RPDC n'était « pas pressée » de reprendre les pourparlers à six pays. La RPDC exige toujours, préalablement à la reprise de ces pourparlers, la levée des sanctions imposées par l'ONU, ainsi que la négociation d'un véritable traité de paix avec les Etats-Unis pour mettre officiellement fin à la guerre de Corée (1950-1953).


Après l'annonce par le gouvernement nord-coréen, en janvier 2010, de la création d'une banque de développement chargée d'attirer les investissements étrangers, certains médias ont cru déceler dans le « ballet » diplomatique du mois de février une tentative de ramener Pyongyang aux pourparlers à six en échange d'incitations économiques de la part de ses principaux alliés et partenaires. Apportant un démenti cinglant, l'agence de presse officielle nord-coréenne KCNA a réaffirmé dans une dépêche datée du 19 février que la RPDC n'était pas prête à renoncer à sa force de dissuasion nucléaire en échange de quelconques « récompenses économiques », mais bien en échange de relations normalisées avec les Etats-Unis (traduction : AAFC) :


« Ces jours-ci, des bruits en provenance des pays entourant la péninsule coréenne évoquent des 'récompenses économiques' qui seraient accordées à la RPDC si celle-ci démantèle ses armes nucléaires.


« Certains poussent l’absurdité jusqu’à dire qu’il faut arrêter de récompenser la RPDC avec des denrées alimentaires, du pétrole, des prêts, etc… si elle s’obstine à refuser de démanteler ses armes nucléaire et qu’ils 'n’auront pas recours à l’argent pour la persuader de retourner aux pourparlers à six'.


« En un mot, ces déclarations signifient un genre de 'récompense économique' accordée à la RPDC en échange de ses bombes nucléaires.


« Ce faux raisonnement ne peut être fait que par les pires imbéciles au monde qui ne savent pas comment les choses se déroulent ici.


« La RPDC a accédé à la dissuasion nucléaire en dépensant des sommes prodigieuses tout en se serrant la ceinture et en surmontant toutes sortes de difficultés et d’épreuves. Cette mesure d’autodéfense vise à faire face à la menace nucléaire des Etats-Unis. Elle n’est pas destinée à menacer quiconque ou à recevoir des 'faveurs économiques' ou des récompenses


« Ceux qui racontent les bêtises indiquées ci-dessus commettent une malheureuse erreur de jugement s’ils croient que la RPDC pourrait faire une chose aussi stupide que renoncer à ses armes nucléaires en prévision d’une 'récompense économique' de la part de l’étranger.


« La RPDC décide de tout elle-même en usant de son bon sens, pas en comptant sur les autres. C’est l’enseignement historique de sa construction socialiste.


« Il n’y a que les gens stupides qui peuvent penser que la RPDC pourrait troquer sa force de dissuasion nucléaire pour une 'aide économique' d’un montant dérisoire.


« Leur supposition a si peu de sens qu’il est difficile de dire si une attitude aussi idiote est due à leur ignorance de la raison pour laquelle la RPDC a renforcé sa force de dissuasion nucléaire ou s’ils affirment cette chose farfelue en feignant de l’ignorer.


« La RPDC a été contrainte d’accéder à la dissuasion nucléaire pour sa propre défense afin de protéger les intérêts suprêmes et la sécurité du pays face à la menace nucléaire croissante des Etats-Unis.


« Ce ne sont autres que les Etats-Unis qui ont poussé la RPDC à se doter d’une force de dissuasion nucléaire et ils sont donc entièrement responsables du problème nucléaire dans la péninsule coréenne.


« Les Etats-Unis, les plus grands criminels faisant peser une menace nucléaire sur la RPDC, obéissent à une logique de brigand en lui demandant de démanteler ses armes nucléaires.


« La RPDC n'abandonnera jamais ses armes nucléaires, même si la terre venait à se fendre, à moins qu'il soit mis fin à la politique hostile envers la RPDC et que la menace nucléaire soit éliminée.


« Tels ont toujours été la position et les principes d'indépendance de la RPDC.


« Les forces hostiles dont font partie les Etats-Unis travaillent actuellement d'arrache-pied pour contraindre la RPDC à se désarmer elle-même et poursuivent une confrontation extrême avec elle.


« Ces forces sont sous la pression croissante de leurs propres pays et d'autres parties du monde pour retirer les armes nucléaires qu'elles ont déployées ici. Très contrariés par ces développements, les Etats-Unis font de plus en plus de bruit autour des activités nucléaires de la RPDC dans le but de s'en servir comme prétexte pour continuer à renforcer leur arsenal nucléaire.


« Tous les faits tendent à prouver que la clé essentielle pour sortir de l'impasse où se trouve le processus visant à régler le problème nucléaire dans la péninsule réside dans l'abandon par les Etats-Unis de leur politique hostile envers la RPDC.


« La force de dissuasion nucléaire de la RPDC pour sa propre défense demeurera et deviendra plus puissante pour protéger la souveraineté et la dignité de la nation aussi longtemps que persisteront la menace nucléaire et la politique hostile des Etats-Unis.


« Ceux qui parlent de 'récompense économique' pour la RPDC en échange du démantèlement de ses armes nucléaires seraient bien avisés d'arrêter de rêver. »


Sources : Xinhua (dépêches du 9 février et du 17 février 2010), KCNA (dépêche du 19 février 2010)

Photos : KCNA







Par Association d'amitié franco-coréenne - Publié dans : Relations internationales de la Corée
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 19 janvier 2010 2 19 /01 /2010 00:59

Après le séisme de magnitude 7 qui a ravagé Haïti le mardi 12 janvier 2010, les autorités coréennes, du Nord comme du Sud de la péninsule, ont adressé des messages de sympathie au gouvernement haïtien. La Corée du Sud a également envoyé une - modeste - aide financière et des équipes de secours.


800px-Haitian_Port_Damage1.jpg



Le séisme qui a gravement touché Haïti, le 12 janvier dernier, a donné lieu à un premier bilan provisoire de 45.000 victimes qui devrait encore s'alourdir (ci-dessus, le port de Port-au-Prince le 13 janvier). La catastrophe a entraîné des réactions de sympathie et de soutien dans l'ensemble de la péninsule coréenne.

Au Nord, Kim Yong-nam, président du praesidium de l'Assemblée populaire suprême de la République populaire démocratique de Corée, a adressé le jeudi 14 janvier un message de sympathie à son homologue haïtien, le Président d'Haïti René Préval. Selon l'agence officielle nord-coréenne KCNA, "exprimant sa profonde sympathie et son réconfort au président et aux habitants de la région gravement touchée, M. Kim a exprimé dans son message le souhait que le président et le gouvernement d'Haïti éradiquent les conséquences du désastre aussi vite que possible et ramènent à la normale la vie des victimes." Ce message - qui figurait en troisième place parmi les dépêches du KCNA du 15 janvier 2010, alors que la priorité est traditionnellement accordée à l'actualité coréenne - émane du chef d'Etat du pays qui, selon certaines analyses, a été le plus durement touché par les catastrophes naturelles (inondations, sécheresse...) depuis vingt ans.

Au Sud, lors d'un petit-déjeuner-débat avec les PDG des trente premiers conglomérats du pays qui s'est tenu le 15 janvier, le président Lee Myung-bak a également exprimé ses condoléances au peuple haïtien, en appelant les pays du G20 à coopérer. Une équipe de soutien du gouvernement sud-coréen est partie le 14 janvier pour Haïti, rejointe par un groupe de médecins et infirmiers dépêché le 15 janvier. L'assistance sud-coréenne immédiate a atteint un million de dollars, alors que des voix se sont élevé pour déplorer la modestie de ces actions au regard du potentiel économique de la Corée du Sud - membre de l'OCDE, celle-ci ne devrait accorder que 0,13 % de son PIB à l'aide publique au développement en 2010, contre une moyenne de 0,3 % au sein de l'OCDE, un chiffre lui-même très inférieur aux objectifs fixés, notamment, par la Conférence des Nations-Unies sur le commerce et le développement.

Le lundi 18 janvier, le gouvernement coréen a annoncé qu'il porterait le montant de son aide à 10 millions de dollars, tout en envisageant le déploiement de troupes dans le cadre d'une opération de maintien de la paix des Nations-Unies.

Sources :
KBS, KCNA, Xinhua

Par Association d'amitié franco-coréenne - Publié dans : Relations internationales de la Corée
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 6 janvier 2010 3 06 /01 /2010 00:01

Pendant la Seconde Guerre mondiale, des centaines de milliers de jeunes femmes asiatiques, dont de nombreuses Coréennes, ont été forcées de prostituer dans les bordels militaires japonais ou soumises aux travaux forcés dans les usines japonaises. Sept coréennes dont la jeunesse a été ainsi volée ont dû subir une nouvelle humiliation fin 2009 : à l'issue d'un procès de onze années, elles ont été indemnisées par le gouvernement japonais... à hauteur de 1 dollar américain. Alors que la lutte se poursuit, y compris sur le terrain judiciaire, cette aumône indigne a suscité une vague de protestations dans toute l'opinion publique coréenne, au Sud comme au Nord de la péninsule.

99-yen.jpg

Soumise aux travaux forcés dans les usines du groupe japonais Mitsubishi pendant la Seconde Guerre mondiale,

la Sud-Coréenne Yang Geum-deok (81 ans) exprime sa détresse au cours d'une manifestation

devant l'ambassade du Japon à Séoul, le 24 décembre 2009  (photo : Associated Press)

 

 

Le 24 décembre 2009, Yun Mi-hyang, représentant du Conseil sud-coréen pour une solution au Corps des volontaires (euphémisme désignant les travailleurs forcés), a publié une déclaration accusant les autorités japonaises d'insulter les femmes réduites en esclavage par le Japon pendant la Seconde Guerre mondiale, après qu'un procès de onze années se fut soldé par le versement d'une indemnisation d'un montant indigne à sept victimes : 99 yen (environ 1.200 won sud-coréens), soit 1 dollar américain. En l'absence d'excuses du gouvernement japonais pour les agissements passés du Japon impérial, le lourd préjudice physique et psychique subi par ses victimes est aggravé par le versement d'une aumône. Une huitième plainte a été déclarée irrecevable, au prétexte qu'elle avait été intentée par les descendants d'une femme décédée en 1944, et non par cette dernière.

 

Cette décision inacceptable s'explique notamment par le choix comme référence de la valeur du yen lors de la guerre, sans tenir compte de l'inflation. Mais 99 yen, en 1945, ne correspondaient déjà qu'au prix de deux écharpes...

Les plaignantes font partie d'un groupe de 138 femmes du Sud Jeolla, envoyées dans les industries lourdes du groupe Mitsubishi d'octobre 1944 à août 1945. L'agence de sécurité sociale japonaise, responsable du paiement des retraites, avait reconnu en septembre dernier que les sept femmes survivantes avaient droit au versement d'une pension évaluée à 99 yen par la préfecture de Aichi où se trouve le siège de Mitsubishi.

Le principe même d'une indemnisation a toutefois constitué un premier pas vers la réparation du lourd préjudice causé notamment aux "femmes de réconfort"
exploitées par les soldats japonais pendant la guerre : comme l'observe Chung Chin-sung, conseil des victimes, le gouvernement japonais rejetait jusqu'à présent le principe d'une indemnisation, en estimant la question réglée par le traité de San Francisco de 1952 et l'accord bilatéral nippo-sud-coréen de 1965.

Le 4 janvier, un groupe civique de soutien a tenu une conférence de presse devant le centre d'exposition automobile de Mitsubishi-Industries lourdes à Kwangju, pour exhorter les autorités japonaises à réexaminer leur décision, en fixant un délai au 15 janvier, sous peine sinon de poursuivre l'action engagée. Yang Geum-deok, victime aujourd'hui âgée de 81 ans, a déclaré : "si le gouvernement japonais avait eu de la sensibilité, il ne nous aurait pas donné cette somme de misère."

Alors que l'année 2010 marque le centième anniversaire du début de l'occupation japonaise de la Corée, et que le Premier ministre japonais 
Yukio Hatoyama a fait un geste en direction d'une reconnaissance des préjudices causés par le Japon impérial, l'AAFC juge comme un devoir moral pour les autorités japonaises de reconnaître sans délai les crimes commis pendant l'occupation, et de verser une juste indemnisation.

Sources : 
Agence de presse allemande, Hankyoreh, KCNA

Par Association d'amitié franco-coréenne - Publié dans : Relations internationales de la Corée
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 30 décembre 2009 3 30 /12 /2009 01:20

En déplacement à Pyongyang durant l'hiver 1964-1965, Che Guevara déclara, lors d'une conférence de presse, que la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) devait constituer un modèle pour Cuba. L'AAFC revient sur cette étape de la tournée internationale du "Che", à l'issue de laquelle il a prononcé à Alger, le 24 février 1965, un discours marquant contre l'impérialisme.

"Che Guevara a visité Pyongyang autour de 1965 et déclaré à la presse que la Corée du Nord était un modèle auquel Cuba révolutionnaire devrait aspirer". Dans son ouvrage de référence Korea’s Place in the Sun: A Modern History (W.W. Norton & Company, 2005, p. 404), l'historien Bruce Cumings, spécialiste de la Corée du Nord, a ainsi mentionné brièvement l'étape nord-coréenne lors de la tournée internationale de trois mois de Che Guevara, jusqu'à son discours d'Alger du 24 février 1965, où il déclara : "Il n'y a pas de frontières dans cette lutte à mort. Nous ne pouvons pas rester indifférents face à ce qui se passe dans n'importe quelle partie du monde. La victoire de n'importe quel pays contre l'impérialisme est notre victoire, tout comme la défaite de quelque pays que ce soit est notre défaite". 

Che-Guevara_Kim-Il-Sung.jpg Le Che en discussion avec le Président Kim Il-sung


Le voyage de Che Guevara en RPD de Corée, durant l'hiver 1964-1965, prend tout son sens au regard du discours d'Alger du 24 février 1965 : née de la guerre de libération contre la colonisation japonaise, la République populaire démocratique de Corée a également su faire face, pendant la guerre de Corée (1950-1953), aux forces des Nations-Unies sous commandement américain.
Soutien des mouvements de libération dans le Tiers-Monde, elle apparaît comme l'un des avant-postes de la lutte contre l'impérialisme à laquelle a appelé le Che à Alger.  

La mention de la Corée du Nord comme une référence pour la jeune République socialiste de Cuba doit enfin être resituée dans son contexte : en 1965, la République populaire démocratique de Corée enregistre des taux de croissance économique annuels supérieurs à 10 % et s'industrialise rapidement, après avoir été ruinée au sortir de la guerre de Corée. Le pays est également déjà en passe d'atteindre un taux d'alphabétisation de 100 %. A la fin des années 1980, la République populaire démocratique de Corée a été l'un des rares - voir le seul - pays en développement à être devenu une puissance industrielle en suivant un modèle de développement de type socialiste, avant les difficultés économiques nées notamment, dans les années 1990, de l'effondrement du bloc socialiste. 

Mais l'appréciation extrêmement positive du Che sur la Corée du Nord a peut-être encore une dernière raison : il prônait une éthique du travail volontaire et de l'effort individuel au service de la collectivité, ainsi que de l'exemple que doit donner le dirigeant vis-à-vis du peuple, qui a dû trouver des échos dans l'organisation politique et sociale de la République populaire démocratique de Corée, telle qu'il lui a été donné de la découvrir.

Autre source :
wikipédia

Par Association d'amitié franco-coréenne - Publié dans : Relations internationales de la Corée
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 29 novembre 2009 7 29 /11 /2009 11:01

Avant même sa nomination comme Premier ministre suite au succès du Parti démocrate (centriste, alors dans l'opposition) aux élections législatives du 30 août 2009, Yukio Hatoyama, avait fait part de sa volonté de dialogue et de coopération avec la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Cette approche plus souple et plus pragmatique que celle de ses prédécesseurs s'inscrit dans une démarche globale d'amélioration des relations entre le Japon et l'ensemble de la péninsule coréenne, Yukio Hatoyama ayant choisi la République de Corée (Corée du Sud) pour sa première visite à l'étranger comme Premier ministre.

Yukio Hatoyama connaît la Corée et apprécie la culture coréenne, tant traditionnelle que moderne : réputé fan de la culture pop sud-coréenne, il a rencontré avec son épouse Miyuki l'acteur sud-coréen Lee Seo-jin à Tokyo en septembre dernier (photo Korea Times). De fait, les propositions qu'il a formulées sur la question coréenne sont le fruit d'une politique mûrement réfléchie, sur un dossier qu'il connaît bien pour l'avoir suivi personnellement. Celles-ci sont néanmoins empreintes d'une extrême prudence : l'opinion publique japonaise reste en effet largement hostile à la Corée du Nord. Cette situation s'explique en partie par le militantisme très actif des associations de défense des Japonais enlevés par les services secrets nord-coréens dans les années 1970 et 1980, alors que les Coréens soulignent le bilan beaucoup plus lourd de la colonisation japonaise de la Corée (1910-1945), notamment la prostitution forcée des femmes de réconfort.

Alors député,
Yukio Hatoyama avait assisté en 2001 aux obsèques de Han Deok-su, président fondateur de l'Association des résidents coréens au Japon (Chongryon, proche de la RPD de Corée), et il avait visité la RPDC. Il est attendu qu'il s'inscrive dans la continuité de la Déclaration de Pyongyang signée en 2002 lors de la visite en RPDC de Jun'ichirō Koizumi, et qui prévoyait la normalisation des relations diplomatiques entre le Japon et la République populaire démocratique de Corée. Le Japon, partie aux pourparlers à six sur la question nucléaire coréenne, reste l'une des rares puissances mondiales (avec les Etats-Unis et la France) à ne pas avoir établi de relations diplomatiques complètes avec la RPDC.

En septembre 2009, après la victoire électorale du Parti démocrate du Japon (PDJ) ayant conduit à la désignation de Yukio Hatoyama comme Premier ministre, Song Il-ho, ambassadeur nord-coréen pour la normalisation des relations avec le Japon, avait déclaré à l'agence Kyodo :

"Avec une administration dirigée par le Parti démocrate du Japon, nous avons besoin d'avoir un nouveau départ (dans les discussions bilatérales pour un nouvel accord) basé sur l'esprit de la Déclaration de Pyongyang." Bien que le PDJ dispose d'une majorité absolue à la chambre basse, le nouveau gouvernement japonais s'appuie sur une coalition tripartite, comportant également une formation de droite, le Nouveau parti populaire (plus critique que le PDJ vis-à-vis de la RPDC) et le Parti social-démocrate (héritier du Parti socialiste du Japon, et qui a été le principal relais au Japon des positions en faveur de la normalisation des relations diplomatiques nippo-nord-coréennes, après l'entrée des deux Corée aux Nations-Unies en 1991).  

Ayant réservé à la République de Corée (du Sud) sa première visite officielle à l'étranger en tant que Premier ministre, Yukio Hatoyama a détaillé la nouvelle politique coréenne du Japon, fondée sur son projet d'une Communauté d'Asie de l'Est, lors de sa conférence de presse conjointe avec le Président sud-coréen Lee Myung-bak du 9 octobre 2009 (photo ci-dessus Pool/Getty images) :

"Le Japon et la République de Corée ont une importante relation en tant que nations voisines partageant des valeurs communes, et cette relation forme le coeur de la politique asiatique du Japon. En approfondissant notre coopération dans différents domaines, je pense que nous pouvons faire un pas vers la réalisation d'une Communauté d'Asie de l'Est (...). Il reste, bien sûr, plusieurs questions importantes entre la République de Corée et le Japon, mais le nouveau gouvernement japonais est un de ceux qui aura le courage de regarder l'histoire complètement", le nouveau Premier ministre japonais s'inscrivant sur ce point en rupture avec ses prédécesseurs du Parti libéral-démocrate (conservateur) qui, en honorant par leurs visites au sanctuaire de Yasukuni les criminels de guerre japonais de la Deuxième guerre mondiale, avaient soulevé un tollé de protestations dans les pays alors victimes du militarisme japonais, au premier rang desquels la Chine et la Corée.

Ce concept d'une communauté d'intérêts en Asie de l'Est est aussi conçu comme un mécanisme pour garantir la paix dans cette partie du monde, de nature à conduire à des coopérations renforcées avec la RPD de Corée : des garanties économiques et de sécurité pourraient être apportées à Pyongyang en réponse à de premiers gestes de la RPDC, comme l'a déclaré Yukio Hatoyama dans la suite de sa conférence de presse avec le président Lee Myung-bak :
  
"Lors de la réunion de ce jour, nous avons pu parler de la Communauté d'Asie de l'Est et de la question nord-coréenne (...). Des questions comme le programme nucléaire nord-coréen et le développement de missiles balistiques doivent être perçues sous un jour global. Tant que la Corée du Nord n'aurait pas pris des mesures concrètes [conduisant à la résolution de ces questions] et manifesté sa volonté [de rechercher leur résolution], nous ne développerons pas la coopération économique."

La proposition de Communauté d'Asie de l'Est rappelle, dans son principe, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), voire - si l'on intègre sa dimension économique - la réconciliation franco-allemande après 1945 et la construction européenne depuis la mise en place de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA). Elle n'est pas non plus éloignée des propositions de règlements de la question nucléaire coréenne esquissées par Jack Lang, envoyé spécial du Président de la République Nicolas Sarkozy pour la République populaire démocratique de Corée, dans les 
entretiens qu'il a donnés à la presse à son retour de Corée du Nord.

S'achemine-t-on vers un schéma de réconciliation et de coopération entre le Japon et les deux Corée en Asie du Nord-Est ? S'il est encore trop tôt pour y répondre, le contexte nouveau est historiquement l'un des plus favorables à une telle avancée depuis la libération de la Corée de la colonisation japonaise en 1945. Il n'est pas anodin que, contrairement à la proposition de "grand marchandage" du président sud-coréen Lee Myung-bak qu'elles ont rejetée, les autorités nord-coréennes continuent d'examiner la proposition japonaise de Communauté d'Asie de l'Est, qui suppose cependant le règlement d'autres questions bilatérales.

D'une part, l'opinion publique japonaise et son gouvernement sont extrêmement sensibles à la question des progrès nord-coréens dans les domaines balistique et nucléaire (dont l'opinion publique estime qu'il vise directement l'archipel), tandis que la réouverture par Pyongyang des enquêtes sur les citoyens japonais en RPDC reste attendue, en application de l'accord dit de Shenyang conclu en août 2008, mais non mis en oeuvre après la dégradation des relations bilatérales. D'autre part, la RPDC attend une condamnation claire par le Japon de la colonisation de la Corée, laquelle pourrait aussi donner lieu à des réparations japonaises, tandis que
l'application stricte par Tokyo des sanctions du Conseil de sécurité des Nations-Unies vis-à-vis de la RPDC, ainsi que la question des droits des citoyens nord-coréens au Japon, constituent d'autres dossiers à régler. S'il y a du "grain à moudre" pour le dialogue bilatéral, les sujets de désaccord restent nombreux jusqu'à la normalisation des relations bilatérales Tokyo-Pyongyang et, peut-être, l'accomplissement des premiers pas dans la réalisation d'une Communauté d'Asie de l'Est.

Sources principales : AAFC,
AP, site du Premier ministre du Japon 

Autres articles sur les relations entre la Corée et le Japon, sur les blogs de l'AAFC et de l'AAFC-Bourgogne :

(1) Relations diplomatiques entre les deux Corée et le Japon

-
Yukio Hatoyama, président du Parti démocrate du Japon, prône "le dialogue et la coopération" avec la Corée du Nord (article publié le 23 août 2009)
-
Le plus terrifiant des deux (24 octobre 2008)
-
Dokdo : rappel de l'ambassadeur sud-coréen au Japon (16 juillet 2008)
-
Relations avec Pyongyang : Tokyo allège les sanctions, Paris s'isole (14 juin 2008)
-
Reprise des pourparlers Japon - RPD de Corée (8 juin 2008)
-
Le Japon prolonge de six mois les sanctions contre la Corée du Nord (12 avril 2008)
-
Lee Myung-bak renforce les liens avec le Japon le jour de son investiture
(25 février 2008)

(2) Les Coréens du Japon

-
Un appel de la Chongryon (25 octobre 2009)
-
Han Duk-su, président fondateur de la Chongryon (22 septembre 2009)
-
Les footballeurs coréens du Japon (9 juillet 2009)
-
Les Coréens du Japon, frères ennemis pendant la guerre de Corée (18 juin 2009)
-
La Corée du Nord va aider les écoles de la Chongryon (12 avril 2009)
-
Il y a 50 ans... le rapatriement des Coréens du Japon (18 février 2009)
-
Les Coréens du Japon (8 août 2008)
-
Jong Tae-se, étoile montant du football nord-coréen (24 juin 2008)
-
Solidarité de l'AAFC avec les Coréens du Japon (8 mai 2008)
-
Un architecte coréen du Japon : Itami Jun (21 mai 2008)

Par Association d'amitié franco-coréenne - Publié dans : Relations internationales de la Corée
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 5 novembre 2009 4 05 /11 /2009 21:47

Le 15 octobre 2009, la commissaire européenne au Commerce, Mme Catherine Ashton, et le ministre sud-coréen du Commerce, M. Kim Jong-hoon, ont signé un accord de libre-échange qui, en prévoyant l'abolition des droits de douane sur 97 % des produits échangés dans un délai de vigueur, est le plus important accord de libre-échange depuis la conclusion, en 1994, de l'accord de libre-échange nord-américain (North American Free Trade Agreement, NAFTA) entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique. Si la Commission européenne estime - de manière optimiste - à 31 milliards d'euros les débouchés nouveaux pour les exportateurs européens et sud-coréens, les syndicats et certaines professions - comme les constructeurs automobiles européens - dénoncent les conséquences selon eux néfastes de cet accord, qui reste encore à être approuvé par le Parlement européen, l'Assemblée nationale coréenne (Gukhoe) et les Parlements des 27 Etats membres de l'Union europénne (UE).

A l'issue de plus de deux ans de négociations, et de huit séries de négociations, l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et la Corée du Sud a été signé à Bruxelles, le 15 octobre 2009, entre Mme Catherine Ashton, commissaire européenne au Commerce,  et M. Kim Jong-hoon, ministre du Commerce de la République de Corée (du Sud) (photo : service audiovisuel de la Commission européenne). La Commission européenne ne cache pas sa satisfaction d'avoir rattrapé les Etats-Unis dans leurs négociations commerciales avec la Corée du Sud : signé en avril 2007, l'accord de libre-échange entre les Etats-Unis et la Corée du Sud n'est toujours pas entré en vigueur, en raison notamment de l'opposition du Congrès américain. Si le nouvel accord doit encore être approuvé par le Parlement européen, l'Assemblée nationale sud-coréenne et les Parlements des 27 Etats membres de l'Union européenne (UE), l'optimisme prévaut : Mme Anne-Marie Idrac, secrétaire d'Etat française au Commerce, envisage une entrée en vigueur dès l'été 2010.

Alors que les échanges commerciaux entre l'Union européenne et la Corée du Sud ont atteint 65 milliards d'euros en 2008 (se répartissant entre 39,4 milliards d'euros d'exportations sud-coréennes vers l'UE, et 25,6 milliards d'euros d'exportations européennes vers la Corée du Sud, plaçant ainsi l'UE au deuxième rang des partenaires commerciaux de la Corée du Sud, derrière la Chine), la Commission européenne estime que le nouvel accord, en prévoyant la suppression des droits de douane sur 97 % des produits échangés (ainsi que la levée de barrières dites non tarifaires, correspondant notamment à des normes sanitaires et techniques) dans un délai de cinq ans, génèrera 19 milliards d'euros de débouchés commerciaux nouveaux pour les entreprises européennes, et 12 milliards d'euros d'exportations supplémentaires pour les entreprises sud-coréennes. Ces prévisions sont fondées sur la suppression attendue de 1,6 milliard d'euros de droits de douane sud-coréens et de 1,1 milliard d'euros de droits de douane européens. Ces chiffres ont toutefois été établis au début des négociations, et sont considérés comme particulièrement optimistes par de nombreux experts, d'autant plus qu'ils seront difficilement vérifiables : dans l'évolution des échanges commerciaux entre l'Union européenne et la Corée du Sud, quelle sera la part imputable à l'effet-prix dû exclusivement à la diminution des droits de douane, ou à la levée de barrières non-tarifaires ? Seules les pertes de recettes fiscales sont certaines.

Au moment où la crise internationale vient rappeler les limites des fondamentaux du libre-échangisme (à l'origine, par exemple, de la dépendance économique de nombreux pays du Tiers-Monde anciennement colonisés), l'accord de libre-échange soulève de nombreuses critiques. Alors que la balance commerciale entre la Corée du Sud et l'Union européenne est déjà lourdement déficitaire (- 13,8 milliards d'euros en 2008) au détriment de l'UE, les constructeurs automobile européens - qui forment l'un des principaux secteurs industriels pourvoyeurs d'emplois, et sont aussi l'un des plus sensibles à la conjoncture économique - considèrent qu'ils seront lourdement pénalisés par la suppression annoncée de 10 % des droits de douane sur les voitures coréennes, et de 8 % sur les voitures européennes. A l'appui de leurs analyses, ils observent que, en 2008, l'Union européenne a importé 450.000 voitures sud-coréennes, et exporté seulement 33.000 véhicules (soit seulement 3 % du marché automobile domestique) au pays du Matin calme.

Les menaces ne portent pas seulement sur l'emploi, mais également sur les services publics :
selon la centrale syndicale sud-coréenne KCTU, l'accord de libre-échange va livrer à la concurrence européenne les services publics sud-coréens de l'eau, de l'électricité, du gaz, de la santé et de l'éducation. La KCTU rappelle, par exemple, que la privatisation de l'eau a conduit à une explosion des prix dans de nombreux pays en développement, tout en menaçant la santé et la vie des citoyens : en Philippines, l'accès à l'eau potable est désormais limité à quatre heures par jour, et le manque d'entretien du réseau d'assainissement a entraîné la mort de 300 personnes, victimes du choléra.

Enfin, les services culturels seront davantage soumis à la logique de profit du secteur marchand, en application d'un protocole sur la coopération culturelle pour le moins ambigu.

Si les gouvernements européens espèrent coiffer sur le fil les Etats-Unis dans la ratification de l'accord de libre-échange avec la Corée du Sud, les critiques attendues de larges pans de l'opinion publique vont compliquer la procédure parlementaire dans l'ensemble des Etats membres de l'Union européenne et en Corée du Sud, hypothéquant tout pronostic d'entrée en vigueur de l'accord.

Sources : AAFC, Les Echos (édition du 15 octobre 2009), Europa (édition du 15 octobre 2009), Le Figaro (édition du 16 octobre 2009)

Autres articles sur les relations entre l'Union européenne et la Corée :
-
Sommet Chine - Union européenne : désaccord sur la Corée du Nord (21 mai 2009)
-
La Corée du Nord, test pour une politique étrangère commune de l'UE (1er novembre 2008)
-
Le "non" de la KCTU à l'accord de libre-échange Europe-Corée (28 juin 2008)

Par Association d'amitié franco-coréenne - Publié dans : Relations internationales de la Corée
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 31 octobre 2009 6 31 /10 /2009 12:59

Le 30 octobre 2009, le gouvernement sud-coréen a annoncé l'envoi de 300 soldats et policiers en Afghanistan, deux ans après l'enlèvement par les taliban et la mort de missionnaires sud-coréens, qui avait entraîné le retrait des troupes sud-coréennes. Alors que la décision formelle ne doit intervenir qu'après un rapport d'une équipe qui doit se rendre prochainement sur place, puis l'accord du Parlement, le gouvernement sud-coréen s'est efforcé de désamorcer les critiques attendues de l'opinion publique. Il a déclaré qu'il s'agirait seulement de protéger des travailleurs civils participant à la reconstruction du pays. Son annonce intervient avant la rencontre prévue en novembre entre Lee Myung-bak et Barack Obama : les Etats-Unis, qui considèrent l'Afghanistan comme un des principaux champs de bataille de la "guerre contre le terrorisme", ont salué l'annonce de Séoul, tout en s'évertuant à réfuter tout arrangement américano - sud-coréen avant le sommet du mois prochain.

Alors que la
participation sud-coréenne aux opérations menées en Irak sous commandement américain avait soulevé de nombreuses protestations dans le Sud de la péninsule, le gouvernement a multiplié les précautions pour l'annonce du retour de troupes sud-coréennes en Afghanistan. Cette décision, apparemment d'ores et déjà prise, à la veille d'un sommet en novembre entre Lee Myung-bak et Barack Obama, témoigne de l'étroitesse des relations entre les deux pays, suivant une tradition de soutien constant de la Corée du Sud aux guerres des Etats-Unis : entre 1965 et 1973, 312.853 soldats sud-coréens ont combattu au Vietnam aux côtés des troupes américaines, faisant de la Corée du Sud le deuxième pays étranger le plus impliqué dans le conflit.

Si la présence militaire annoncée en Afghanistan, avec plus de 200 soldats et une trentaine de policiers (300 hommes au total, selon d'autres sources), est plus modeste, elle n'en témoignerait pas moins d'un spectaculaire retour des troupes sud-coréens dans l'un des principaux foyers de la "guerre contre le terrorisme" menée par les Etats-Unis. En effet, en 2007, les troupes sud-coréennes s'étaient retirées d'Afghanistan sur la demande des taliban, après que ces derniers eurent capturé un groupe de missionnaires protestants sud-coréens, dont deux avaient été tués.

De multiples précautions ont été prises par Yu Myung-hwan, ministre des Affaires étrangères, pour cette annonce, intervenue lors d'une audition par les députés de la commission des affaires étrangères, le 30 octobre 2009. Le ministre a déclaré attendre le rapport d'une équipe qui se rendra bientôt sur place, avant l'accord final du Parlement. Cette prudence traduit une inquiétude face aux protestations attendues, tant de l'opinion publique que de l'opposition. Lors d'une rencontre avec M. Yu, Chung Se-kyun, dirigeant du Parti démocrate (principale force d'opposition, centriste) a déclaré que son parti avait une "perception fondamentalement négative" des actions conduites en dehors des opérations de maintien de la paix.

Selon Moon Tae-young, porte-parole du ministre des Affaires étrangères, le mandat des troupes sud-coréennes serait limité à la protection de travailleurs civils participant aux équipes de reconstruction provinciale (dans le cadre d'un programme plus connu par son acronyme anglais : PRT, pour Provincial reconstruction team), dont les effectifs seraient eux-mêmes portés de 25 à 130. Cette équipe, composée de médecins et de personnels spécialisés dans la formation, se trouve aujourd'hui dans la base aérienne américaine de Bagram. Trois sites sont envisagés comme base des troupes sud-coréennes : Kaboul, Day Kundi et Nimroz. Le choix de Kaboul est le plus souvent cité, du fait de sa proximité avec la base américaine de Bagram (photo ci-dessous).


La Corée du Sud rejoindrait ainsi les 14 autres pays de la coalition participant aux opérations de reconstruction du pays, conduites en application d'une résolution des Nations-Unies dans les zones frappées par la guerre, en répondant ainsi à la demande du gouvernement afghan. Les personnesl civils travaillent en étroite coopération avec les troupes de la Force internationale d'assistance et de sécurité (FIAS, ou International Security Assistance Force : ISAF, ci-dessous carte des commandemants régionaux de l'ISAF et des opérations PRT en septembre 2008) qui opère en Afghanistan sous l'égide de l'OTAN. Dans un communiqué en date du 31 octobre, Robert Gibbs, secrétaire à la presse de la Maison-Blanche, a salué l'annonce du gouvernement sud-coréen :  "C'est une contribution importante à l'effort international en Afghanistan et pour encourager la stabilité et la reconstruction de la région".

Selon le gouvernement sud-coréen, il ne s'agirait pas de troupes de combat, mais les soldats pourraient être "obligés" d'intervenir dans des "tirs croisés involontaires", ce qui justifierait le déploiement d'équipements lourds - dont des tanks.

Les soldats et les policiers déployés seront deux fois plus nombreux que les civils avec, en théorie,  pour seul mandat d'assurer la protection. L'autre annonce faite simultanément par le gouvernement sud-coréen est que le nombre de ces personnels serait multiplié par cinq, alors que leur protection pouvait jusqu'à présent être assurée par les seules troupes américaines. En outre, comme le montre l'expérience d'autres opérations en principe strictement civiles, la frontière est poreuse avec des actions ouvertement militaires. Malgré les démentis des deux parties, tout indique que Séoul entend apporter sa contribution à la guerre américaine contre le terrorisme, à la veille de la rencontre prévue en novembre entre Barack Obama et Lee Myung-bak.

Le président sud-coréen a fait du
resserrement des liens avec Washington l'un des axes majeurs de sa politique étrangère.

Sources :
CCTV, Hindustantimes, The Korea Herald, Kuwait News Agency (KUNA)

Par Association d'amitié franco-coréenne - Publié dans : Relations internationales de la Corée
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 8 octobre 2009 4 08 /10 /2009 17:08
La visite du Premier ministre chinois, Wen Jiabao, en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), du 4 au 6 octobre 2009, a été l'occasion de réaffirmer la solidarité entre la République populaire de Chine (RPC) et la RPDC, forgée notamment pendant la Guerre de Corée (1950-1953). Désolidariser ces deux alliés traditionnels fait d'ailleurs partie de la stratégie des partisans d'un étouffement de la Corée du Nord qui aboutirait à son effondrement. Suite à l'essai nucléaire nord-coréen du 25 mai, l'adoption d'un nouveau train de sanctions à l'encontre de la RPDC par le Conseil de sécurité des Nations Unies, dont la Chine est un des membres permanents, avait pu laisser croire que la Chine "lâcherait" la RPDC. La visite du Premier ministre Wen démontre qu'il n'en est rien, au grand dam des Etats-Unis et de leurs alliés. Mieux, l'approche chinoise semble à même de  faire avancer de manière décisive la résolution de la crise nucléaire dans la péninsule coréenne. Les Etats-Unis, l'autre principal protagoniste de cette crise, sont ainsi poussés à enfin accepter des discussion bilatérales avec une Corée du Nord qui peut compter sur un soutien de la Chine. Signe supplémentaire d'une stabilisation de la situation en Asie du Nord-Est, la France vient d'entamer un processus historique de rapprochement avec la RPDC.
 
A l'occasion du 60eme anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre la République populaire de Chine et la République populaire démocratique de Corée, le 6 octobre 1949, le Premier ministre chinois Wen Jiabao a effectué une visite en RPDC du 4 au 6 octobre 2009. La dernière visite d'un Premier ministre de la République populaire de Chine en RPDC remontait à 1991.

Les dirigeants des deux pays avaient auparavant échangé des messages dans lesquels ils s'engageaient à renforcer leur relations pour le bien de la paix et de la stabilité en Asie du Nord-Est. "L'histoire démontre que le développement des relations entre la Chine et la RPDC répond aux intérêts fondamentaux et aux voeux partagés des peuples de nos deux pays", était-il écrit dans le message adressé conjointement par les dirigeants chinois, le président de la RPC, Hu Jintao, le président du Comité permanent de l’Assemblée populaire nationale, Wu Bangguo, et le Premier ministre, Wen Jiabao. "Cela contribue aussi à préserver la paix et la stabilité de la région."

Dans ce message, la Chine se déclarait également prête à travailler main dans la main avec la RPDC pour faire davantage avancer les relations de bon voisinage, d'amitié et de coopération, Pékin étant déjà le premier partenaire commercial de Pyongyang.

De son côté, le dirigeant Kim Jong-il, président de la Commission de la Défense nationale de la RPDC, a qualifié d'événement mémorable l'établissement des relations entre la RPDC et la République populaire de Chine, affirmant que la RPDC était bien déterminée à consolider et à développer l'amitié avec la Chine et à travailler avec elle pour promouvoir les relations d'amitié et de coopération.

Pendant sa visite en Corée, Wen Jiabao a notamment visité un cimetière dans le district de Hoechang de la province de Phyongan, à 100 km à l'est de Pyongyang, où reposent 134 soldats de l'Armée des volontaires du peuple chinois tombés pendant la Guerre de Corée, dont le propre fils du président Mao Zedong. Entre 1950 et 1953, 2,4 millions soldats chinois se sont battus aux côtés de l'Armée populaire de Corée.

En plus de souligner l'amitié entre la Chine et la RPDC, proches comme "les lèvres et les dents" selon la vieille expression, la visite du Premier ministre chinois a permis d'exposer les positions chinoise et nord-coréenne quant à la dénucléarisation de la péninsule coréenne. Le dirigeant coréen Kim Jong-il a ainsi rappelé que la dénucléarisation de la péninsule coréenne était une volonté du président Kim Il-sung. Pour y parvenir, il est nécessaire de pacifier les relations hostiles entre la RPDC et les Etats-Unis grâce à des discussions bilatérales. En fonction du résultat de ces discussions, la RPDC est prête à participer à des négociations multilatérales, y compris aux pourparler à six. "Nos efforts pour atteindre l'objectif d'une péninsule dénucléarisée restent inchangés", a conclu le dirigeant coréen.

De 2003 à 2008, les pourparlers à six sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne ont réuni les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon. En avril 2009, après sa condamnation par le Conseil de sécurité des Nations Unies pour avoir lancé un satellite de télécommunications, la RPDC s'est retirée de ces pourparlers devenus, selon elle, une simple "tribune servant à porter atteinte à sa souveraineté à la forcer à désarmer." Il est à noter que l'envoyé chinois aux pourparlers à six, le vice-ministre des Affaires étrangères Wu Dawei, faisait partie de la délégation emmenée par Wen Jiabao en RPDC.

A l'issue de leurs entretiens, Kim Jong-il et Wen Jiabao "sont parvenus à un consensus fondamental" sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne, a rapporté l'agence officielle Xinhua (Chine nouvelle).

Du côté des autres parties aux pourparlers, la Russie, par la voix de son vice-ministre des Affaires étrangères, Alexandre Borodavkine, a salué l'intention de la RPDC d'avoir un dialogue bilatéral avec les Etats-Unis en prélude à la reprise du processus des négociations à six.

Selon plusieurs experts russes, malgré le retrait de la RPDC des pourparlers à six - annoncé comme définitif - la position nord-coréenne sur ces pourparlers reste inchangée. Tout dépend désormais de l'attitude adoptée par les Etats-Unis qui n'ont jusqu'à présent manié que l'intimidation et les sanctions vis-à-vis de la Corée du Nord. Sans résultats. Selon Evgueni Kim, du Centre d'études coréennes à l'Institut russe de l'Extrême-Orient, "Washington ne sait que trop bien que Pyongyang ne se décidera jamais au démantèlement unilatéral de son programme nucléaire tant qu'il n'aura pas de garanties solides. Le durcissement des sanctions n'effraie pas outre mesure la Corée du Nord."

Pour sa part, le Japon, où le nouveau Premier ministre, Yukio Hatoyama, prône le dialogue et la coopération, a salué la volonté de la Corée du Nord de reprendre, sous condition, les pourparlers à six. "Des discussions bilatérales sont attendues entre les Etats-Unis et la Corée du Nord", a noté avec satisfaction le ministre japonais des Affaires étrangères Katsuya Okada. Il a toutefois ajouté que celles-ci "doivent avoir lieu dans le cadre strict des négociations à six." Quoi qu'il en soit, ce discours marque une rupture avec l'intransigeance du gouvernement japonais précédent, lequel a soulevé le problème de la disparition de plusieurs de ses ressortissants - sans rapport avec la question du nucléaire nord-coréen - pour ne pas respecter les accords signés en février et octobre 2007 lors des pourparlers. [1]

Face à la bonne volonté manifestée par la RPDC à l'issue de la visite du Premier ministre chinois, la satisfaction affichée par la Russie et, dans une moindre mesure, par le Japon tranche avec la méfiance des Etats-Unis et de la Corée du Sud.

Traditionnellement opposés à des discussions directes avec Pyongyang, les Etats-Unis ont fini par accepter le principe de discussions bilatérales avec la RPDC mais seulement dans le cadre multilatéral des pourparlers à six. Ainsi, l'administration américaine hésite toujours à envoyer à Pyongyang son émissaire pour la Corée du Nord, Stephen Bosworth. "Aucune décision n'a été prise à ce sujet", déclarait encore le 5 octobre le porte-parole du département d'Etat américain cité par l'agence sud-coréenne Yonhap.

Le gouvernement américain soutient le "grand marchandage" proposé par le président sud-coréen Lee Myung-bak, des incitations économiques et politiques pour la Corée du Nord, notamment des garanties de sécurité, en échange du démantèlement de son programme nucléaire en une seule phase au lieu de plusieurs étapes. La RPDC a qualifié la proposition sud-coréenne de "bêtise" et "ridicule", accusant Lee Myung-bak de chercher à "s'interposer dans la question nucléaire" qui concerne au premier chef Pyongyang et Washington, comme rappelé le 28 septembre par Pak Gil-yon, vice-ministre des Affaires étrangères de RPDC. S'exprimant devant la 64eme Assemblée générale de l'Organisation des Nations Unies, le vice-ministre nord-coréen a une nouvelle fois exposé la doctrine de son pays qui entend être une puissance nucléaire "responsable". Il a ainsi déclaré que tant que les Etats-Unis ne changeront pas leur politique nucléaire, la RPDC n'aura "pas d'autre option que de s'appuyer sur [des] moyens nucléaires fiables pour assurer l'équilibre nucléaire dans la région [de l'Asie du Nord-Est]." Pour la partie nord-coréenne, la question nucléaire est à régler avec les Etats-Unis qui doivent d'abord renoncer à leur attitude de confrontation. "Nous ne participons pas à une course aux armements nucléaires", a encore déclaré Pak Gil-yon. "Notre arsenal nucléaire a pour mission d'empêcher une guerre."

Mais le plus irrité par la visite de Wen Jiabao en RPDC a été le gouvernement sud-coréen. Séoul est très agacé d’être mis à l’écart des négociations sur le nucléaire nord-coréen. Le gouvernement conservateur du président Lee Myung-bak est ainsi pris à son propre piège puisqu'il a décidé, depuis son arrivée au pouvoir en février 2008, de ne plus respecter la lettre et l'esprit des déclarations Nord-Sud du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007, réduisant au maximum les contacts avec le Nord, supprimant notamment la coopération  humanitaire et économique avec la RPDC tant que celle-ci n’aura pas renoncé à ses programmes nucléaires. Or, la question du nucléaire n'est pas évoquée dans les déclarations Nord-Sud de 2000 et 2007.

Le gouvernement sud-coréen s'indigne aussi des accords de coopération signés pendant la visite du Premier ministre chinois. Les accords sino-coréens rendus publics portent sur plus de 200 millions de dollars. Ils concernent  l'assistance économique, le soutien aux secteurs de l'éducation et des technologies, des accords touristiques ou encore la construction d'un nouveau pont sur le fleuve Amnok (en chinois, Yalu) séparant la Chine et la Corée. Des experts chinois estiment que Pékin fournira du pétrole brut et des produits alimentaires pour une valeur d'au moins 50 millions de dollars. Proposée par la Chine, la construction d'un nouveau pont sur le fleuve Amnok/Yalu permettra de développer une zone économique spéciale autour de la ville frontalière nord-coréenne de Sinuiju et facilitera les échanges entre la RPDC et la Chine, lesquels s'élèvent à 2,7 milliards de dollars par an.

La Chine a aussi promis une assistance militaire à la RPDC avec laquelle la lie déjà un accord de défense mutuel depuis 1961. La visite du Premier ministre Wen dans le cimetière de Hoechang, en rappelant l'engagement de 2,4 millions soldats chinois aux côtés des Coréens du Nord entre 1950 et 1953, pourrait signifier la volonté de la Chine d'assister militairement la RPDC en cas de crise dans la péninsule coréenne. 

Pour le gouvernement sud-coréen, de tels accords prennent le contre-pied des sanctions votées en juin par le Conseil de sécurité de l’ONU à l’encontre de la Corée du Nord. Néanmoins, tournant résolument le dos à la stratégie d'étouffement de la Corée du Nord, prônée par les Etats-Unis et leur alliés et sans grands effets sur le développement du programme nucléaire nord-coréen, la solidarité entre la République populaire de Chine et la République populaire démocratique de Corée, réaffirmée pendant la visite du Premier ministre Wen, semble parvenir à de meilleurs résultats. Les nouvelles perspectives de résolution de la crise nucléaire coréenne, les discussions bilatérales entre les deux principaux protagonistes, la RPDC et les Etats-Unis, qui pourraient précéder une reprise des pourparlers à six, ont même des effets induits inattendus puisque ce moment a été choisi par la France pour, enfin, étudier sérieusement les conditions de l'établissement de relations diplomatiques avec la RPDC.
 


[1] Le 13 février 2007, aux termes de l'accord intervenu à Pékin à l'issue des négociations à six (Corée du Nord, Corée du Sud, Etats-Unis, Chine, Russie, Japon) sur le programme nucléaire nord-coréen, la Corée du Nord s'est engagée à désactiver son programme nucléaire en échange d'une aide énergétique et alimentaire et de garanties de sécurité par les Etats-Unis. Le 3 octobre 2007, un nouvel accord a été signé par les gouvernements des six pays, concernant le processus de démantèlement des installations nucléaires nord-coréennes : la Corée du Nord acceptait de démanteler ses trois principales installations nucléaires à Yongbyon avant le 31 décembre 2007, sous la supervision d'un groupe d'experts. Elle s'engageait dans le même temps à donner la liste complète de ses programmes nucléaires en échange d'une aide énergétique équivalente à un million de tonnes de fioul lourd.



Sources :
AFP, China Daily, Choson Ilbo, ITAR-TASS, KCNA, Kyodo News, ONU, Radio France Internationale, RIA-Novosti
Par Association d'amitié franco-coréenne - Publié dans : Relations internationales de la Corée
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 28 septembre 2009 1 28 /09 /2009 12:03

L'agence officielle KCNA de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a annoncé, le lundi 28 septembre 2009, la visite officielle en RPDC de Wen Jiabao les 4 et 5 octobre prochains. La venue du Premier ministre de la République populaire de Chine, qui s'inscrit par ailleurs dans le cadre de l'année de l'amitié sino-coréenne après la visite du Premier ministre nord-coréen en Chine plus tôt cette année, a relancé les spéculations sur une possible reprise des pourparlers sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

Est-ce le signal d'une reprise des pourparlers bilatéraux (RPDC - Etats-Unis), voire multilatéraux (les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon) concernant la dénucléarisation de la péninsule coréenne ? En tout état de cause, l'annonce de la visite officielle en RPD de Corée, du 4 au 6 octobre, du Premier ministre chinois Wen Jiabao clôt une période d'intenses consultations diplomatiques, officielles ou officieuses, depuis le début du mois de septembre, ayant conduit le gouvernement américain à déclarer qu'il n'était pas hostile à des pourparlers bilatéraux directs avec Pyongyang, en vue de la reprise du dialogue à six. Plus tôt en septembre, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il aurait dit à un envoyé du gouvernement chinois qu'il était prêt à des discussions multilatérales sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

Dans le contexte de ces échanges diplomatiques de haut niveau, une rencontre a eu lieu, à New York, entre Pak Gil-yon, vice-ministre des affaires étrangères de la RPD de Corée, et le secrétaire général des Nations-Unies, le Sud-Coréen Ban Ki-moon. Le communiqué diffusé par les Nations-Unies à l'issue de cette réunion a fait état des discussions sur des sujets d'intérêt commun, "les relations entre les Etats-Unis et la RPDC, et les questions nucléaires, humanitaires et des droits de l'homme", M. Ban ayant plaidé pour une reprise des pourparlers à six.

Si la visite officielle à Pyongyang du Premier ministre chinois fait suite à celle de son homologue nord-coréen Kim Yong-il en Chine, en mars, dans le cadre de l'année de l'amitié sino-coréenne, elle a ainsi relancé les spéculations sur l'annonce d'une possible reprise des pourparlers lors de la visite de Wen Jiabao, alors que Pékin est l'hôte des discussions à six.

Mais si Pyongyang a multiplié les gestes d'ouverture et de dialogue depuis la visite de l'ancien président américain Bill Clinton à Pyongyang en août, rien n'indique que les Etats-Unis, les autres membres du Conseil de sécurité des Nations-Unies, la Corée du Sud et le Japon soient prêts, en contrepartie, à alléger les
sanctions contre la RPDC. Si cette ligne de fermeté devait être maintenue, le risque serait grand d'un nouvel échec diplomatique, imputable à l'intransigeance de Washington, Tokyo et Séoul.


Sources : AAFC, AFPAl Jazeera
Par Association d'amitié franco-coréenne - Publié dans : Relations internationales de la Corée
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 15 septembre 2009 2 15 /09 /2009 08:30

Alors que la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a célébré le 9 septembre sa fête nationale, l'actualité de la Corée, durant la première quinzaine du mois de septembre 2009, a été marquée par une intense activité diplomatique sur le dossier nucléaire. Les rencontres bilatérales entre les Etats-Unis et les autres membres des pourparlers à six ont conduit à l'annonce, le 11 septembre, que Washington était prêt à un dialogue direct avec Pyongyang, en vue toutefois de relancer les discussions multilérales. Ce revirement de la diplomatie américaine, manifestement concertée avec ses alliés, est intervenu alors que la Corée du Nord a déclaré avoir conduit avec succès une phase expérimentale d'enrichissement de l'uranium. Toute la difficulté des prochains pourparlers, préparés par les initiatives diplomatiques de ces deux derniers mois, consistera pour les Etats-Unis à accepter le statut de Pyongyang comme puissance nucléaire, celle-ci considérant l'arme atomique comme la garantie ultime de sa sécurité contre toute attaque américaine. 

 

1er septembre 2009


Départ pour la Chine d'une délégation nord-coréenne du ministère des Affaires étrangères, conduite par Kim Yong-il, vice-ministre. (source : New York Times, d'après KCNA) 

 

La Corée du Nord rétablit pleinement les liaisons routières intercoréennes de marchandises et de personnes, pour les entreprises sud-coréennes opérant dans la zone industrielle de Kaesong. (source : New York Times)


2 septembre 2009


Hyun In-taek, ministre sud-coréen de la Réunification, décrit l'attitude conciliante de Pyongyang comme un changement "tactique". (source : Xinhuanet)

Rétablissement de la liaison téléphonique militaire Ouest entre les deux Corée, qui était suspendue depuis mai 2008. (source :
ITAR TASS)

 

4 septembre 2009


Dans une lettre de sa représentation permanente aux Nations-Unies, adressée au Président du Conseil de sécurité, la RPDC annonce avoir conduit avec succès un programme nucléaire expérimental d'enrichissement à base d'uranium, en réaction à la résolution 1874 prise par le Conseil de sécurité des Nations-Unies après l'essai nucléaire nord-coréen du 25 mai 2009.  (sources : KCNA)

Pak Myong-son est nommé vice-Premier ministre en Corée du Nord. (source :
KCNA)

En visite à Pyongyang, Bruno Rodriguez, ministre des Affaires étrangères cubain, rencontre son homologue nord-coréen, Pak Ui-chun. (source :
Xinhuanet)


5 septembre 2009


En visite à Séoul, Stephen Bosworth, représentant spécial américain pour la Corée du Nord, rencontre Wi Sung-lac, chef de la délégation sud-coréenne des pourparlers à six sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne. (source : Manila Times)

 

7 septembre 2009


Après une montée des eaux du fleuve Imjin ayant entraîné, selon un premier bilan, trois morts et trois disparus en Corée du Sud, la Corée du Nord explique avoir dû libérer d'urgence les eaux d'un barrage sur le fleuve pour des raisons de sécurité. Séoul réclame des excuses de Pyongyang, qui s'engage, pour l'avenir, à infomer plus amplement Séoul. (source :  AP)

Stephen Bosworth, représentant spécial américain pour la Corée du Nord, déclare à Akitaka Saiki, directeur général du bureau des affaires d'Asie et d'Océanie du ministère japonais des Affaires étrangères, qu'un dialogue bilatéral direct avec la RPD de Corée est subordonné au respect par Pyongyang de ses engagements pris dans le cadre des pouparlers à six. (source :
Kyodo News

 

8 septembre 2009


Les Etats-Unis annoncent le gel des avoirs de deux nouvelles entités nord-coréennes, le Bureau général de l'Energie Atomique et la Compagnie commerciale de Corée Tangun. (source : Xinhua)


Selon les médias sud-coréens, Pyongyang aurait invité en octobre Stephen Bosworth, représentant spécial américain pour la Corée du Nord, pour des discussions sur le nucléaire. (source : Reuters)


9 septembre 2009


Cérémonies du 61ème anniversaire de la fondation de la République populaire démocratique de Corée, marquées par la priorité accordée à l'économie dans l'objectif de construire un pays "puissant et prospère" à l'horizon 2012, année du centième anniversaire de la naissance du Président Kim Il-sung. (source : KCNA)

 

11 septembre 2009


Le département d'Etat américain se déclare prêt à un dialogue bilatéral direct avec Pyongyang, en vue de reprendre les pourparlers à six. (source : BBC)

Le ministre sud-coréen de la Réunification annonce que la Corée du Nord aurait accepté, dans un courrier adressé à Hyundai Asan, une hausse de 5 % des salaires des 40.000 ouvriers nord-coréens employés dans la zone industrielle intercoréenne de Kaesong, retirant de facto sa demande initiale d'un
quadruplement des salaires, de 75 à 300 dollars par mois. (source : Xinhua)

 

12 septembre 2009


Selon le Mainichi Shimbun, le Premier ministre chinois Wen Jiabao participerait début octobre à la cérémonie de clôture, à Pyongyang, de l'année de l'amitié sino-coréenne. Le Premier ministre nord-coréen Kim Yong-il avait participé à la cérémonie d'ouverture à Pékin, en mars (source : Chosun Ilbo)

 

15 septembre 2009


Echange de listes de personnes entre les Croix-Rouge des deux Corée, en vue de réunions de familles séparées entre le 26 septembre et le 1er octobre (source : AFP)

 








 

 


Par Association d'amitié franco-coréenne - Publié dans : Relations internationales de la Corée
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 6 septembre 2009 7 06 /09 /2009 21:32

Les 21 et 22 février 1977 s'est tenue, à Bruxelles, la Conférence mondiale pour la réunification pacifique de la Corée, à laquelle participait notamment le sénateur André Aubry, chef de la délégation française, aujourd'hui président de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC). Les changements politiques intervenus en Europe de l'Est après 1989 ont conduit à rendre publics des documents d'archives diplomatiques jusqu'alors tenus secrets : publié depuis janvier 2009, le rapport en date du 3 mars 1977 rédigé par Lajos Lelkes, premier secrétaire de l'ambassade de Hongrie à Pyongyang, et adressé à Frigyes Puja, ministre hongrois des Affaires étrangères, est un document exceptionnel pour comprendre la position d'un pays membre du Pacte de Varsovie vis-à-vis de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Il montre que les principes défendus par Pyongyang sur la réunification de la Corée, avec le soutien de nombre d'organisations internationales tiers-mondistes et de pays non alignés, ainsi que par les Partis communistes s'inscrivant dans la mouvance eurocommuniste (soucieux de se démarquer de Moscou), ont été regardées comme "nationalistes" par l'ambassade de la Hongrie en RPDC.  

Ayant réuni à Bruxelles, les 21 et 22 février 1977, 160 délégués originaires de 50 pays, la Conférence mondiale pour la réunification pacifique de la Corée a été un événement fondateur du mouvement de solidarité avec la Corée, avec la création du
Comité international de liaison pour la réunification et la paix en Corée (CILRECO), auquel est affiliée l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC).

Document secret aujourd'hui déclassifié (dans une traduction en anglais comportant quelques coquilles, notamment sur la graphie des noms propres), le rapport alors rédigé par le premier secrétaire de l'ambassade de Hongrie à Pyongyang apporte des éclairages intéressants sur les participants à la Conférence mondiale de Bruxelles, ainsi que sur la position de Budapest, alors membre du Pacte de Varsovie, l'alliance militaire constituée en Europe autour de l'Union Soviétique.

La liste des organisations internationales présentes à la Conférence montre le soutien des mouvements tiers-mondistes et non-alignés, le Premier secrétaire de l'ambassade de Hongrie 
Lajos Lelkes mentionnant plus particulièrement :
- le
Conseil mondial de la paix, qui a réaffirmé en avril 2008 sa solidarité avec le peuple coréen pour une réunification pacifique et indépendante ;
- la
Fédération syndicale mondiale ;
- le Comité de solidarité Afro-Asiatique ;
- la
Conférence chrétienne pour la paix, évoquant la position de solidarité pour la réunification de la Corée adoptée par le Conseil oécuménique des Eglises, le 1er juiller 2008 ;
- l'Organisation de solidarité des peuples, d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine (OSPAAAL), plus connue sous le nom de
Conférence tricontinentale.

Le comité international ayant parrainé la conférence fait apparaître le soutien actif de chefs d'Etat étrangers (l'amiral Ratsiraka, Madagascar ; Gnassingbé Eyadema, Togo ; le général Kérékou, Bénin) mais aussi de personnalités de divers horizons politiques (le leader socialiste japonais Narida Domi et le gouverneur socialiste de Tokyo Ryokichi Minobe ; Santiago Carrillo, secrétaire général du Parti communiste d'Espagne ; Romulo Escobar Bethancourt, alors président de l'Université de Panama, conseiller du chef de l'Etat, et qui allait devenir le président du Parti révolutionnaire démocratique). De même, comme l'observe le diplomate hongrois, le comité préparatoire en Belgique comprenait non seulement des responsables du Parti socialiste et du Parti communiste belges, mais aussi des personnalités de sensibilité démocrate-chrétienne. Le chef de la délégation de la RPD de Corée était le ministre de l'Education, Kim Sun-ki.

Le parrainage de Santiago Carrillo est également significatif de l'appui des Partis communiste européens s'inscrivant dans la mouvance eurocommuniste : outre le PC espagnol, les Partis communistes français et italien, dont il est souligné la participation active aux travaux de la Conférence, étaient représentés par des membres de leur Comité central, à l'instar d'ailleurs du Parti communiste cubain et de l'Alliance communiste yougoslave.

Le chef de la délégation française était le sénateur communiste André Aubry, actuel
président de l'AAFC. Son rapport a porté sur les relations internationales, le danger de guerre, et le retrait des troupes américaines et de leurs armes nucléaires en Corée, thèmes toujours d'actualité dans le combat du CILRECO. Le rapport présenté par la chef de la délégation italienne a présenté les violations des droits de l'homme en Corée du Sud, alors gouvernée par les militaires. L'opposition sud-coréenne, non invitée à la Conférence, n'était pas présente.

Signe supplémentaire de l'indépendance de Pyongyang, très impliqué dans le mouvement des pays non-alignés, vis-à-vis de Moscou, les représentations diplomatiques à Pyongyang des pays membres du Pacte de Varsovie étaient invitées à la conférence comme observateurs. Il aurait été convenu qu'ils ne soient pas présents au niveau de leurs ambassadeurs : la Hongrie, comme d'ailleurs la Chine, était ainsi représentée par son Premier secrétaire. En revanche, la Yougoslavie et Cuba avaient envoyé des délégations officielles. 
 
Alors que la RPD de Corée a toujours refusé de rejoindre le Conseil d'assistance économique mutuelle, les 30 contributions sont décrites comme "ayant de profondes résonances anti-impérialistes", le rapport soulignant les échos de la lutte du peuple coréen pour sa réunification aux
combats d'indépendance dans le Tiers-Monde, notamment au Sahara Occidental et en Palestine, dans la continuité de la conférence de Colombo des pays non-alignés, en 1976.

Le rapport de l'ambassade de Hongrie souligne la réussite de la conférence et le soutien "tout à fait remarquable" obtenu parmi des partis communistes et socialistes influents, en envisageant que la réunification de la Corée prenne une place accrue dans les travaux des pays non-alignés, ainsi qu'au sein de l'Internationale socialiste : de fait, les organisations internationales progressistes, présentes en 1977, ont globalement maintenu, depuis cette date, leurs positions sur la question de la réunification de la Corée, alors que la participation de dirigeants socialistes au mouvement international de solidarité, aujourd'hui au sein du CILRECO, a été acquise à la même période. Toujours selon le rapport de l'ambassade de Hongrie, un des objectifs principaux était de sensibiliser l'opinion internationale, et d'abord celle ouest-européenne et nord-américaine, à la question de la réunification de la Corée, dans un mouvement plus organisé.   

Si l'ambassade hongroise  juge "positive" la tonalité anti-impérialiste, l'indépendance vis-à-vis des grandes puissances dans la réunification de la Corée est déplorée : elle "fait ressortir le caractère nationaliste des concepts de la réunification de la RPDC" (cette mention de la seule RPDC est importante, dans la mesure où il est observé que la RPDC aurait guidé l'ensemble des travaux). Pour Budapest, cette position serait illusoire sans le soutien de la Chine et de l'URSS. Dans le débat interne au mouvement communiste international, il est cependant fait une mention - critique - de l'influence chinoise qui s'exercerait sur certaines délégations africaines et asiatiques.

Les divergences de la Hongrie peuvent aussi refléter celles de l'URSS et d'autres pays socialistes, sans qu'elles ne s'expriment alors ouvertement. En effet, la solidarité entre pays socialistes conduisait, à cette époque, à un soutien de principe à Pyongyang sur la question de la réunification. Mais la pérestroïka en URSS, ainsi que les réformes menées dans plusieurs pays d'Europe centrale, créèrent ensuite le contexte politique opportun au relâchement des liens de certains pays socialistes avec la RPD de Corée, avant même la disparition de l'URSS et des démocraties populaires d'Europe de l'Est. De fait, des relations diplomatiques officielles ont été établies entre Moscou et Séoul en septembre 1990, un an avant la dissolution de l'Union soviétique.  

Source :
Centre de recherches de Budapest sur l'histoire de la guerre froide

Par Association d'amitié franco-coréenne - Publié dans : Relations internationales de la Corée
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Dimanche 30 août 2009 7 30 /08 /2009 00:01

La politique étrangère de l'Australie est ambivalente, marquée à la fois par l'alliance avec Washington et la recherche d'un multilatéralisme qui permette à Canberra d'assumer ses responsabilités de grande puissance indépendante, notamment en Extrême-Orient et en Océanie. Dans ce contexte, l'ouverture d'une ambassade australienne en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) est un des serpents de mer de la diplomatie australienne. Si l'Australie a été l'une des premières puissances occidentales à ouvrir une ambassade en Corée du Nord au printemps 1975, les tensions nées de la première - et à ce jour, unique - ambassade australienne à Pyongyang (avril-novembre 1975) ont affecté durablement les relations bilatérales, en interrompant la plupart des canaux diplomatiques pendant un quart de siècle.
Les relations diplomatiques entre l'Australie et la République populaire démocratique de Corée ont fait l'objet de plusieurs études : nous avons utilisé notamment un
article de Leonid Petrov, l'un des meilleurs universitaires actuels spécialistes de la Corée du Nord et chercheur associé à l'Université nationale d'Australie. L'épisode de 1975 nous a semblé toutefois mériter une analyse plus approfondie pour comprendre les réticences actuelles des Australiens à revenir à Pyongyang, au-delà des arguments diplomatiques officiels du ministère australien des Affaires étrangères. A cette fin, nous avons utilisé le témoignage, apparu inconnu de Leonid Petrov, du premier ambassadeur occidental en Corée du Nord (1975-1977), le Suédois Erik Cornell, qui accorde quelques pages du récit de sa mission à Pyongyang à décrire "l'intermezzo australien".  

L'alliance entre Séoul et Canberra, obstacle aux relations diplomatiques avec Pyongyang

Au lendemain de la libération de la Corée en 1945, l'Australie a été l'un des huit pays représentés au sein de la Commission temporaire des Nations-Unies pour la Corée. Après avoir voté contre la tenue d'élections séparées dans la seule moitié Sud, et appelé à ce que la Commission se retire de la péninsule coréenne, l'Australie s'est finalement ralliée aux positions américaines, dans le contexte de la guerre froide. L'Assemblée générale des Nations-Unies était présidée par le ministre australien des Affaires étrangères, le Docteur Herbert Evatt, lorsqu'elle a approuvé la
tenue d'élections séparées, boycottées par l'opposition, dans la seule moitié Sud, en 1948.

L'alliance de Canberra et de Séoul a été scellée par l'active participation australienne à la guerre de Corée (1950-1953) : 17.000 soldats ont combattu dans les troupes des Nations-Unies sous commandement américain, notamment le 77ème escadron des forces royales aériennes australiennes (Royal Australian Air Force's 77th Squadron) qui a bombardé Pyongyang, presque entièrement détruite par les bombes à l'issue du conflit. Pendant la guerre, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et les Etats-Unis ont signé à San Francisco, le 1er septembre 1951, le pacte d'alliance militaire ANZUS.

Lors de sa visite de la zone démilitarisée en 1967, à l'invitation du gouvernement sud-coréen, le Premier ministre australien Harold Holt, partisan résolu de l'alliance avec les Etats-Unis au Vietnam (à gauche, avec le président américain Harold Johnson), a été accueilli par les hauts-parleurs nord-coréens avec comme message "Retournez à la maison, Harold Holt !".

L’émergence de la Corée du Sud comme l’une des principales puissances économiques en Asie a ajouté l’argument commercial aux liens traditionnels de solidarité politique : la Corée du Sud est aujourd’hui le troisième partenaire commercial de l’Australie.

L'intermède de 1975

Le retour aux affaires des travaillistes australiens, après les élections de 1972, conduisit le gouvernement Gough Whitlam à rechercher l'ouverture de relations diplomatiques avec les Etats socialistes d'Asie, en prenant ainsi en compte la normalisation des relations entre les Etats-Unis et la Chine. Cette ouverture était audacieuse dans le contexte de la guerre du Vietnam. Le processus fut toutefois plus long avec la République populaire démocratique de Corée qu'avec le Vietnam. La reconnaissance de la RPDC par l'Australie intervint le 1er août 1973, après la visite d'une délégation commerciale nord-coréenne de haut rang en juillet de la même année. L'établissement de relations diplomatiques eut lieu le 31 juillet 1974. Une ambassade nord-coréenne s’ouvrit à Canberra le 31 décembre 1974. L’ambassade australienne à Pyongyang fut établie le 30 avril 1975. En mai-juin, 1975, une rencontre eut lieu à Pyongyang entre le ministre australien des affaires étrangères, Don Willesee, et son homologue nord-coréen, Ho Dam.

Après la Suède, qui avait ouvert une ambassade à Pyongyang quelques mois plus tôt, l’Australie était donc la deuxième puissance occidentale à mettre en place une représentation permanente auprès de la République populaire démocratique de Corée, avec cette différence notable que, contrairement à la Suède, pays neutre, l'Australie était un allié politique et militaire des Etats-Unis. Pourtant, six mois plus tard, les diplomates australiens recevaient l’ordre de quitter le pays dans les 48 heures : après leur départ le 6 novembre 1975, Canberra n’a toujours pas de représentation diplomatique permanente en Corée du Nord, trente-quatre ans plus tard. L'intermède de 1975 a donc pesé durablement dans les relations bilatérales. Quelques jours plus tôt, le 30 octobre 1975, la RPDC avait décidé de fermer son ambassade à Canberra, suite à une lettre dont les autorités australiennes ne prirent connaissance qu’a posteriori.

A qui imputer la faute de cet échec diplomatique, aux conséquences aussi durables ? Deux éléments sont à prendre en compte : les frictions permanentes entre les personnels diplomatiques coréens et australiens, notamment à Pyongyang et, plus substantiellement, un désaccord de fond sur la question coréenne.

Les explications du gouvernement nord-coréen furent laconiques, selon les archives diplomatiques australiennes consultées par le professeur Petrov : furent invoquées les "restrictions de voyager excessives imposées à son personnel d’ambassade à Canberra", ainsi que l’attitude des diplomates australiens qui donnaient une mauvaise image de la vie quotidienne en RPDC en "prenant délibérément des photos d’enfants jouant dans la boue". Le livre de témoignage de l’ancien ambassadeur suédois à Pyongyang fait une description plus précise des problèmes causés par l’attitude des diplomates australiens à Pyongyang, ainsi que les difficultés rencontrées par les diplomates nord-coréens à Canberra, tout en mentionnant une circulaire du ministère coréen des Affaires étrangères plus explicite que les archives australiennes (gestes inamicaux répétés de nature à troubler l'ordre public, activités subversives, impossibilité pour les diplomates nord-coréens en Australie d'assumer leur mission) :

- dans l’attente – pendant plusieurs mois – d’une installation dans leur ambassade, les Australiens déménagèrent de nuit du mobilier dans les chambres d’hôtel où ils séjournaient, pour les adapter à leurs activités professionnelles ; après avoir emménagé dans leurs locaux, ils organisèrent une fête dont les invités devaient venir costumés en Romains de l’Antiquité, offrant le spectacle peu ordinaire de personnes se déplaçant en chemise, le soir, dans les rues de la capitale nord-coréenne ;

- l'affectation à Pyongyang d'un secrétaire d'ambassade parlant coréen, après avoir passé plusieurs années en Corée du Sud, fut regardée avec suspicion par les Nord-Coréens ;

- alors que les jupes courtes des Australiennes choquèrent les Coréens, les diplomates, qui utilisaient un modèle luxueux de voiture Mercedes Benz, prirent l'habitude d'organiser des sorties impromptues sans autorisation, notamment des visites du métro auxquelles ils conviaient les représentants des autres ambassades ;

- à Canberra, en réponse aux restrictions aux déplacements des diplomates australiens en poste à Pyongyang, les Nord-Coréens se virent imposer l'obligation de déclarer préalablement leurs déplacements ; par ailleurs, l'achat par l'ambassade nord-coréenne de pages de publicité dans les journaux australiens, et la diffusion de tracts, entraînèrent l'achat de pages de publicité et la diffusion de tracts également par l'ambassade sud-coréenne à Canberra, et surtout la demande du gouvernement australien de faire cesser ces activités ;

- des problèmes administratifs réels existaient aussi : comme le relève l'ancien ambassadeur suédois Erik Cornell, "l’approvisionnement en devises locales ne se fit facilement, parce que la banque refusait de changer l’argent, à cause du fait que les Nord-Coréens avaient raté le passage au dollar et soutenaient que les Australiens utilisaient toujours la livre".

Toujours selon Erik Cornell, l'incompréhension des Australiens leur est imputable : selon lui, les Nord-Coréens "essayèrent, à l'aide de subtiles messages propres aux Orientaux, d'encourager les nouveaux arrivants à prendre les choses un peu plus simplement, cependant ces signaux ne furent pas reconnus comme tels, mais considérés comme les tracas incompréhensible et irritants qu'ils étaient pour un regard d'Occidental". Ce refus de comprendre n'est d'ailleurs pas sans rappeler, toutes choses égales par ailleurs, celui d'un
Guy Delisle dans sa BD Pyongyang.

S'il s'agissait d'irritants notables dans les relations bilatérales, le motif le plus sérieux a été, selon Erik Cornell et la plupart des diplomates alors en poste à Pyongyang, la position de Canberra sur la question coréenne. L'année 1975 voit la présentation concurrente aux Nations-Unies de deux résolutions par la Corée du Nord et la Corée du Sud : en annonçant qu'il voterait pour la résolution sud-coréenne et contre la résolution nord-coréenne, le gouvernement australien aurait précipité le départ de l'ambassade de la RPDC à Canberra. Cependant, Canberra décida en définitive de s'abstenir sur la résolution nord-coréenne... mais le départ des Nord-Coréens aurait alors déjà été programmé. Suivant cette explication dont il reconnaît qu'elle n'est qu'une hypothèse, Erik Cornell conclut comme suit : "mais l'erreur avait déjà été commise, et pour ne pas perdre la face il fallait aller jusqu'au bout, c'est-à-dire expulser l'ambassade australienne". S'il peut sembler effectivement contraire aux intérêts des Nord-Coréens de rompre les liens avec un gouvernement qui avait finalement choisi de ne pas voter contre leur résolution, ce mode de raisonnement est cohérent d'un point de vue asiatique.

Plus fondamentalement, le ministre des Affaires étrangères Willesee recherchait un rôle de médiateur, en appelant chaque partie à surmonter les différences et en cherchant à favoriser les contacts. Erik Cornell estime que cette position, conforme à la tradition diplomatique occidentale, n'était pas acceptable pour les Nord-Coréens, "seulement intéressés dans un soutien loyal et inconditionnel des autres Etats" et refusant toute ingérence extérieure dans les affaires intercoréennes. Compte tenu de l'embarras que créait l' "inopportune" propostion australienne de médiation, "les Nord-Coréens ne pouvaient pas faire autrement que de rompre tous les contacts". En d'autres termes, la rupture de 1975 aurait pu se produire à un autre moment et en d'autres circonstances, mais elle était inévitable dans le contexte de l'époque.

Une normalisation aujourd'hui inachevée, malgré l'établissement de relations diplomatiques

En 1975, les relations diplomatiques ne furent pas officiellement rompues, mais de fait entièrement gelées. Il faudra attendre la Conférence de l'Union interparlementaire, dont la session du printemps 1991 se tint à Pyongyang, pour une reprise des échanges officiels. Le parlementaire Clive Holding conduisait la délégation parlementaire australienne à cette conférence, et en novembre de la même année une délégation du Parti du travail de Corée (PTC), conduite par Kim Yong-sun (photo), secrétaire aux relations internationales du Comité central du PTC, fut accueillie en Australie.

De même que ces premiers échanges de l'après guerre-froide avaient précédé l'entrée simultanée des deux Corée aux Nations-Unies, l'Australie n'attendit pas le sommet intercoréen de juin 2000 pour approfondir le dialogue avec Pyongyang, anticipant une nouvelle fois les prises de position des autres gouvernements occidentaux, en évitant le suivisme des Etats-Unis ou de Séoul. Deux parlementaires australiens, le sénateur Gareth Evans et le député Kevin Rudd (futur Premier ministre), visitèrent Pyongyang du 1er au 4 mai 1999, tandis que l'ancien Premier ministre Downer rencontra à New York, le 27 septembre 1999, son homologue de la RPD de Corée Paek Nam-sun (photo).

L'Australie avait tiré les leçons de l'échec de 1975 en ne cherchant plus à imposer à Pyongyang des propositions qu'elle ne souhaitait pas, mais en jouant son propre rôle, au sein des pays occidentaux. Membre depuis 1995 de l'Organisation pour le développement énergétique de la Corée (plus connue sous son acronyme anglais, KEDO), devant approvisionner la Corée du Nord en nucléaire civil en contrepartie du renoncement au nucléaire militaire, l'Australie annonça une contribution d'un million de dollars australiens au KEDO le 11 avril 2000, avant de renouer les relations diplomatiques le 8 mai 2000. En juillet 2000, l'ambassadeur australien à Pékin, David Irvine, fut accrédité à Pyongyang, et l'ambassadeur nord-coréen aux Philippines, Kim Pyong-hong, accrédité auprès du gouvernement australien. M. Downer, ministre australien des Affaires étrangères, visita la RPD de Corée du 14 au 16 novembre 2000, et Paek Nam-sun, ministre des Affaires étrangères de la RPD de Corée, l'Australie du 28 au 30 juin 2001. En mai 2002, la RPD de Corée ouvrit une ambassade à Canberra, dans le quartier de O'Malley. Le premier ambassadeur fut S.E. Chon Jae-hong.

L'achèvement du processus de normalisation diplomatique aurait alors dû conduire à l'ouverture d'une ambassade australienne à Pyongyang. Le souvenir de 1975 a-t-il joué ? Ce n'est pas sûr. En tout cas, pour le professeur Petrov, l'absence de réciprocité "tend à soutenir l'idée que l'intérêt de Canberra de réétablir des liens diplomatiques n'était pas tant guidé par le désir de s'engager dans une coopération sérieuse, que par le besoin d'acquérir un levier supplémentaire dans la discussion avec [les Nord-Coréens] sans risquer en fait quoi que ce soit". Les échanges économiques restèrent limités, après avoir atteint un pic de 48 millions de dollars australiens, ne constituant pas un argument supplémentaire pour développer les relations bilatérales. Au demeurant, les tensions internationales ne favorisèrent pas l'approfondissement du dialogue politique, tandis que l'Australie poursuivait son action de solidarité avec les populations coréennes.

En mai 2003, l'incident du Pong Su - du nom d'un navire australien intercepté par l'armée australienne avec de l'héroïne à bord - entraîna le rappel de l'ambassadeur Chon Jae-hong  Le verdict rendu dans cette affaire par la Cour suprême de Victoria, le 6 mars 2006, aboutit toutefois à l'acquittement du capitaine et des autres membres d'équipage.

Après l'essai nucléaire nord-coréen d'octobre 2006, Canberra appliqua de manière extensive les sanctions prévues par la résolution 1718 du Conseil de sécurité des Nations-Unies, portant un coup d'arrêt aux échanges commerciaux bilatéraux : les importations australiennes de RPDC oscillent entre 6 et 11 millions de dollars australiens par an, classant la Corée du Nord au 125ème rang des partenaires commerciaux de l'Australie.

Suite aux élection législatives du 25 octobre 2007, la formation d'un gouvernement travailliste, dirigé par Kevin Rudd qui avait autrefois visité Pyongyang comme député, a nourri des attentes manifestement déçues chez les Nord-Coréens quant à la réouverture, tant attendue, d'une ambassade à Pyongyang. C'est en ce sens qu'on peut interpréter la décision de Pyongyang de fermer son ambassade à Canberra, le 31 janvier 2008. En choisissant comme ambassadeur accrédité à Pyongyang son ambassadeur en poste à Séoul (et non plus à Pékin), en août 2008, l'Australie a accompli un pas supplémentaire qui l'éloigne de la Corée du Nord.

L'Australie a-t-elle abandonné toute ambition de jouer un rôle dans la péninsule coréenne ? Manifestement non : lorsque Pyongyang a fait savoir qu'il ne considérait plus le Japon comme un partenaire des pourparlers à six sur le nucléaire, Canberra a manifesté son intérêt de remplacer Tokyo, damant le pion à l'Union européenne, alors présidée par la France,
qui avait perdu une nouvelle occasion d'exister sur la scène diplomatique extrême-orientale. L'aide humanitaire australienne a atteint 8 millions de dollars sur la période 2007-2008. Ce maintien d'un vecteur d'influence est de nature aujourd'hui à peser, alors que Pyongyang a envoyé des signaux en direction de Washington et de Séoul.
 
Sources :
- Erik Cornell, "Australian intermezzo", in North Korea under communism : report of an envoy to paradise, RoutledgeCurzon, Londres, 2002, pp. 57-61. 
- Leonid A. Petrov, "Australia and DPRK : the Sixty Years of relationship", in
Policy Forum Online (Nautilus Institute), 9 septembre 2008. Article publié dans Pacific Focus en décembre 2008.
- Chronologie des relations entre l'Australie et la RPDC, sur le site du
ministère australien des Affaires étrangères et du commerce (DFAT).

Par Association d'amitié franco-coréenne - Publié dans : Relations internationales de la Corée
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Traduction automatique

Google-Translate-French to Albanian  Google-Translate-French to Arabic  Google-Translate-French to Bulgarian  Google-Translate-French to Chinese (Simplified)  Google-Translate-French to Croatian   Google-Translate-French to Czech  Google-Translate-French to Danish

Google-Translate-French to Dutch  Google-Translate-French to English   Google-Translate-French to Estonian  Google-Translate-French to Finnish  Google-Translate-French to German  Google-Translate-French to Greek  Google-Translate-French to Hebrew

Google-Translate-French to Hindi  Google-Translate-French to Hungarian  Google-Translate-French to Indonesian  Google-Translate-French to Italian  Google-Translate-French to Japanese  Google-Translate-French to Japanese  Google-Translate-French to Lithuanian

Google-Translate-French to Norwegian  Google-Translate-French to Polish  Google-Translate-French to Portuguese  Google-Translate-French to Romanian  Google-Translate-French to Russian   Google-Translate-French to Russian   Google-Translate-French to Slovak

Google-Translate-French to Slovene   Google-Translate-French to Spanish   Google-Translate-French to Swedish  Google-Translate-French to Thai  Google-Translate-French to Turkish  Google-Translate-French to Ukrainian  Google-Translate-French to Vietnamese

Attention !
Une traduction automatique
peut contenir des erreurs...

Présentation

Retrouvez l'AAFC sur

Recherche

Calendrier

Mars 2010
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31        
<< < > >>

Recommander

D'où venez-vous?

Aujourd'hui

Depuis le début de ce mois
Locations of visitors to this page

Syndication

  • Flux RSS des articles
Créer un blog gratuit sur OverBlog - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés