Culture

Jeudi 27 mars 2014 4 27 /03 /Mars /2014 16:24

La Corée - tant du Nord que du Sud - est à l'honneur dans le numéro 7 (printemps-été 2014) de la revue de journalisme et de photo 6 Mois : le regard porté sur la société coréenne dans son ensemble, à travers deux reportages consacrés à David Guttenfelder (p. 18-25) et Jeon Mong-gag (p. 292-303), permet de mieux en comprendre les structures - notamment l'importance accordée à la famille, à la nation et à l'insertion de l'individu dans des structures collectives, qui constituent autant de traits originaux différents de ceux des sociétés occidentales.
 
"Bons baisers de Pyongyang"

Responsable photo de l'agence Associated Press (AP) pour l'Asie, installé à Tokyo, l'Américain David Guttenfelder est un spécialiste des zones de conflit, dont le fil Instagram (voir photo ci-dessous, source, qui évoque à certains égards la cité du film "Metropolis" de Fritz Lang) - une plateforme de partage de photos - est suivi par plus de 275.000 abonnés. En République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), où il passe un quart à un tiers de son temps suite à l'ouverture d'un bureau de l'AP à Pyongyang en 2012, David Guttenfelder a choisi de mettre l'accent sur la vie quotidienne, en se démarquant d'un certaine vision esthétisante qui tend à caractériser bon nombre de reportages photos sur la Corée du Nord.

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De ses fréquents voyages en RPD de Corée, David Guttenfelder a su nouer une relation de
confiance avec ses guides nord-coréens : comme il l'observe dans l'article que lui a consacré la revue 6 Mois, intitulé "Bons baisers de Pyongyang", la "seule condition posée par les autorités [est] l'objectivité. Leur définition du mot n'est pas nécessairement la nôtre, mais ils ne m'ont jamais demandé d'effacer une photo". Il est caractéristique de la société coréenne que, une fois la confiance accordée à une personne, cette confiance ne sera pas retirée, sauf si la personne coréenne juge, à un moment donné, que vous avez trahi sa confiance.

Pour prendre ses clichés, David Guttenfelder utilise son smartphone, plus discret et moins intimidant pour les Nord-Coréens qu'un appareil photo. Les résultats sont intéressants, par l'aperçu inhabituel qu'ils offrent de la société nord-coréenne, loin des clichés basés sur des images à fort contenu politique ou militaire. La figure humaine y occupe généralement une place centrale, dans des compositions d'ensemble (entre plusieurs personnes, ou entre une personne et son décor ou son occupation). Parmi les photos publiées par 6 Mois, nous accorderons une mention spéciale à ce gros plan sur des vétérans de la guerre de Corée, pris le 25 juillet 2013 lors des cérémonies du 60e anniversaire de la fin du conflit, où le sens du devoir s'imprime sur les visages des anciens soldats - en reléguant au second plan les nombreuses décorations, qui constituent une autre figure obligée de la présentation médiatique de la Corée du Nord.

L'album de Yunmi, du berceau au mariage, de Jeon Mong-gag

A priori rien ne prédestinait Jeon Mong-gag (1931-2006), ingénieur devenu professeur puis vice-président de l'Université de Séoul, à publier un album de photos consacré à sa fille - de sa naissance à son mariage - en renouvelant le genre des photos de famille à partir d'un regard intime, empli d'amour, sur ses proches, en saisissant sur le vif des poses, des situations ou des moments d'émotion, qui éveillent insensiblement une nostalgie considérée comme si propre à l'âme coréenne.

La photographie a été une passion contrariée chez Jeon Mong-gag, sa famille décourageant vivement son penchant pour les études artistiques. Yunmi - dont le nom signifie "belle" et "sincère" - est née en 1964 de son union avec Lee Moon-kang, et a été la première de leurs trois enfants (viendront ensuite deux fils, Yunho et Yunseok). Jeon Mong-gang, qui a été orphelin de mère très jeune dans une société coréenne marquée par la dévotion familiale, a photographié sa femme et leurs enfants au quotidien pour, selon ses mots, "garder une trace de l'ambiance de la maison". En 1989, Yunmi se marie et part aux Etats-Unis. Son père lui offre en cadeau L'album de Yunmi.
   
Parmi les photos qu'a retenus la revue 6 Mois (ci-dessous, "Nous nous amusons avec maman, Yunbo et moi. Nous lui chuchotons des choses à l'oreille", photo exposée au Musée de la photographie de Séoul, source), le jeu de ballon dans une maison plus grande concrétise les jours heureux, le rêve - accompli - de prospérité dans un mouvement saisi sur le vif. Le recueil de photos, publié en 1990 et réédité en 2010, atteint toujours une traduction étrangère, dans ce qui est aussi un témoignage émouvant des décennies où la Corée du Sud a connu une industrialisation accélérée et est devenue un pays développé, tout en subissant de profondes mutations sociales qui ont marqué une société traditionnelle empreinte de confucianisme.

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Dimanche 16 février 2014 7 16 /02 /Fév /2014 17:42
Alors que la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) célèbre le 72ème anniversaire de la naissance du Dirigeant Kim Jong-il (16 février 1942-17 décembre 2011), nous publions ci-après des extraits de l'ouvrage De l'art musical, rédigé par l'ancien président nord-coréen et publié le 17 juillet 1991, consacrés aux instruments nationaux et européens. Comme dans d'autres disciplines artistiques, la RPD de Corée a combiné des formes et des moyens traditionnels avec d'autres inspirés de la culture occidentale pour créer des styles qui lui sont propres. 

okryugum.jpg"A la lumière de la nécessité du développement de notre musique nationale, nous nous étions atelés à cette tâche dès la fin des années 1960, après une longue période de préparation et d'essai, et l'avons menée à bien pour l'essentiel en peu de temps.

En ayant soin de conserver les sonorités spécifiques de nos instruments, nous en avons modifié les formes, avons utilisé des matériaux nouveaux sur la base des plus récentes réalisations de la science et de la technique pour en rendre plus clairs encore les timbres et accroître sensiblement le volume sonore. Nous en avons amélioré la performance et en avons étendu l'échelle de façon à leur permettre de se prêter à toutes les nécessités de l'interprétation moderne. Nous avons eu soin cependant de ne pas les européaniser, de ne pas modifier, par exemple, notre kayagum [vidéo ci-dessous : "Jeu avec des fleurs", de Mun A-yeong] en une sorte de guitare, mais de mettre mieux en valeur les particularités de nos instruments, dont les cordes-microtons (...). Nous avons redécouvert, entre autres, un instrument datant de la haute antiquité, l'avons modifié et amélioré pour en faire un instrument moderne inédit, parfait à tous les égards, et l'avons baptisé okryugum [photo à gauche] (...).


Donner préséance aux instruments nationaux ne signifie pas accroître simplement leur nombre dans l'orchestre, mais mettre nettement en évidence le trait spécifique de leur timbre et équilibrer leurs volumes (...).


[dans les orchestres] Pour combiner les instruments à cordes, il convient de mettre dans la proportion de 1 à 1 nos instruments de la famille du haegum et ceux de la famille du violon. On pourra, ce faisant, obtenir un tierce timbre tout à fait nouveau. En effet, nos orchestres étant formés selon ce principe, les instruments à cordes produisent des sons très agréables, qui ne sont ni ceux du haegum ni ceux du violon.

Pour combiner les instruments à vent en bois, il faut veiller à en assurer un strict équilibre de façon à obtenir des sons inédits. Dans le cas de nos instruments à vent en bambou [tanso, jottae...], il est préférable de mettre en valeur leurs sonorités gracieuses, sans faire appel outre mesure aux instruments à vent européens.

Pour les cuivres, pas la peine d'en fabriquer de nouveaux pour imiter le modèle occidental. Nous n'avons qu'à l'utiliser tel quel. Or, si l'on abuse des sons métalliques, on peut nuire à la douceur et à l'élégance du son de nos instruments.

Quand on forme un ensemble avec nos instruments tels que kayagum, yanggum et okryugum, on peut bien se passer de la harpe, instrument européen. Pour les instruments à percussion, l'important est de tirer parti des instruments nationaux dont janggo et kwaenggwari. Nous devons consolider et développer les réalisations déjà enregistrées dans l'orchestre et améliorer encore notre musique au moyen de l'orchestre mixte (...)".

Source : Kim Jong-il, OEuvres complètes, volume 11 (janvier-juillet 1991). Citations pp. 393 sq.
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Samedi 28 décembre 2013 6 28 /12 /Déc /2013 20:01
Le 27 décembre 2013, la chaîne France 3 a diffusé la 37ème édition du festival international du cirque de Monte Carlo, qui avait été organisée à Monaco du 17 au 22 janvier 2013. A cette occasion, les spectateurs ont pu découvrir ou redécouvrir le cirque de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), qui depuis des décennies collectionne les prix internationaux à l'occasion des tournées de ses artistes.

Le dernier festival international du cirque de Monte Carlo, en janvier 2013, a présenté plus de 40 numéros réalisés par des artistes originaires de 21 pays. La médaille d'argent a été attribuée au numéro de trapèze "Vol au trapèze sur une barre horizontale" des athlètes de la République populaire démocratique de Corée, tandis qu'une "Etude sur corde" a reçu un prix spécial.  

Les numéros de trapèze volant s'inscrivent dans la tradition coréenne du cirque, qui excelle dans les numéros de voltige.


En janvier 2009, les acrobates nord-coréens avaient décroché l'or au 33ème festival international du cirque de Monte Carlo. Auparavant, les artistes coréens avaient déjà obtenu la plus haute distinction à Monaco en 1998, 2003 et 2005.

Les acrobates coréens ont également reçu le premier prix au 12ème festival international du cirque organisé à Grenoble du 21 au 24 novembre 2013, pour le numéro de voltige "Flying girls".

Principale source : KCNA (dépêche du 25 janvier 2013).
 
 
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Jeudi 5 décembre 2013 4 05 /12 /Déc /2013 16:02

448px-Yann Moix 21 Mai 2011L'écrivain et réalisateur Yann Moix s'intéresse à la Corée, et plus particulièrement à la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), où il a voyagé. Le pays - celui qu'il a visité dans le cadre du Festival international du fim de Pyongyang, mais aussi celui qu'a visité l'écrivain Marc-Astophe Oh près de quarante ans avant lui - occupe plusieurs pages de son roman Naissance, prix Renaudot 2013. Extraits d'un récit gouleyant, dans une charge en règle contre la bêtise et les lieux communs qui ont la particularité de se déchaîner avec force dès lors qu'il est question de la RPDC.

Un prochain roman consacré à la Corée

"Quantité de choses m'effraient toujours, tandis que j'écris ces lignes à Pékin, attendant mon vol pour Pyongyang : je n'ai pas achevé ce roman que je pense au suivant. Il sera consacré à la Corée. Celle-du-Sud. Celle-du-Nord. Un beau titre, pour deux volumes : Celle-du-Sud, tome I ; Celle-du-Nord, tome II. La Corée découpée en deux livres, rangée en deux nations dans la bibliothèque. Autre titre possible : La Corées.

- La Corée du Nord, "pays le plus fermé au monde", ha ha ho ho ! Mon derrière ! Mon paf ! Mon aisselle ! Mon ongle ! avait lancé Marc-Astolphe le dimanche 9 février 1975 (il avait effectué le voyage à Pyongyang en avril 1974). "Etat voyou", "endroit le plus dangereux de la planète" ! Et mes roupettes ? Sont-elles voyoutes mes roupinettes ? Et mon entrefesse ? Il est le plus dangereux de la planète ? Deux prostrés clébards sont décédés à Pyongyang, et alors ? Je l'ai lu dans La Gazette des roubignoles ! La République populaire démocratique de Corée, c'est aussi et d'abord le pays le plus enfermé du monde et de la planète dans le cliché, dans le déjà-dit, dans le déjà-tout-dit, dans le plus-rien-à-dire ! C'est personnellement ma contrée favorite ! Je m'y sens aussi heureux qu'un poussah dans un lupanar. Enfin un rigolo lieu ! Je suis ami pour toujours de cette nordique Corée honnie par les fripons et les autres frigides polichinelles des droits de l'homme ! Pyongyang nous détend de Paris-sur-Chienlit. On râle moins qu'ici. Quant aux paysages, ils me font trembler d'émoi.

Comme Marc-Astolphe quarante ans plus tôt, je pars sans vaccin, sans immunité, sans bouclier, sans avertissement, sans ordonnance, sans raison : dans cette gratuite gratuité qui n'appartient à personne. Je pars loin de la française France, lourde de trouilles rebattues, de diffuse lâcheté, de sale ironie, de jalousies mortifères, de dépressions lancinantes, de mou courage, de couinements mécaniques, de permanent suicide, de moral à zéro, de compliqués protocoles, d'usure sempiternelle, d'apitoiement généralisé, de parole empêchée, de misère cérébrale, d'immédiate agressivité, de violence à la petite semaine, de mépris souriant, d'acariâtre chaos.

- C'est le propre d'un voyage en République populaire démocratique de Corée, avait poursuivi Marc-Astolphe : qu'on la comprend mieux quand on n'y met jamais les pieds que lorsqu'on en revient. Oui da ! On vit d'abord la Corée du Nord par procuration, par aimantation, par imagination ! C'est un pays imaginaire mais seulement une fois qu'on s'y trouve réellement ! C'est la réalité de la République populaire démocratique de Corée qui est imaginaire ! Un orteil en République populaire démocratique de Corée, et vous voilà contaminé : l'incapacité à comprendre s'est emparée de votre corps, de votre cerveau. Plus jamais vous ne serez pertinent au sujet du pays ! Il fallait y naître ou ne jamais venir. Vous voilà piégé par une bâtarde expérience, par du trop qui n'en sera jamais assez, par du suffisamment qui ne suffira pas, par du presque rien qui agira comme un opaque voile. (...)".

"Quel peuple !"

"Quel peuple ! Mes amis quel peuple ! Rhhâ da ! Peuple cent fois humilié, mille fois méprisé, peuple arraisonné, peuple phagocyté, valetaillisé, et debout pourtant, sans plus aucun complexe dans sa fierté intacte, dans son immuabilité têtue. Peuple qui a rongé son frein. Peuple qu'on a soumis, peuple qu'on a souillé. Mais peuple conservé, peuple sans rancune. Peuple qui avance malgré son passé. Et qui avance grâcé aux "malgré" de ce passé. Petit, tout petit peuple devenu grand, en train de devenir très grand. Peuple sans rancune, car il n'a pas le temps, car il n'a plus le temps d'être rancunier. Peuple au passé si abîmé, au passé si malmené, au passé si torturé, qu'il habite désormais le futur, qu'il est enfin seul maître à bord. Peuple pékinisé, puis peuple nipponisé : peuple enfin recoréanisé. Peuple divisé, peuple écartelé : mais peuple qui a décidé qu'il déciderait. Peuple qui s'est enfin décidé à décider. Quand nous pleurons, à superjuste titre, quand nous nous lamentons, à mégajuste raison, sur les quatre ans d'occupation qui ont humilié la France, et qui l'ont violée, souvenons-nous, même dix-huit secondes, que les Coréens ont subi l'occupation japonaise - dont la barbarie n'eut strictement rien à envier à celle de l'Allemagne nazie - pendant quarante ans. Quarante ans à être Coréen sans l'être, à se marraniser : les Coréens furent les marranes de l'Asie ! J'ai dit ! Moi Astolphe Ier ! Sans doute, ils le sont encore."

Dans le hall d'embarquement

"Avachie, allongée sur quatre sièges, une hystérique de 26 ans, déguisée en adolescente, écoute de la musique sur son iPod à s'en rendre sourde. Elle m'éclabousse de ses sons. Elle se secoue. Sa "destination Pyongyang" à elle n'est pas une habitude obéissante et docile comme une vieille maîtresse, mais une "destination Pyongyang" à la coolitude surjouée. Elle fait, comme le trentenaire pointu, comme si Pyongyang (la destination) avait été matée par elle, comme si c'était là la destination la plus indifférente du monde (du globe, de la planète, du planisphère) : elle fait comme si Pyongyang (la destination) était la plus fun, la plus destroy, celle qui promet le plus d' "éclate" à l'arrivée. Elle exagère, à mort, en une sorte de démonstratif déni, l'attractivité pyongyanguesque comme lieu de divertissement, sinon de débauche. Elle voudrait annoncer, par sa grotesque gestuelle et munie de ses vibrants écouteurs, envoyant des bribes de beats de boîte, qu'aucun endroit au monde, à commencer par Goa, à commencer par Ibiza, à commencer par Berlin, ne saurait être davantage branché. Ne manque plus que le tee-shirt - et le tee-shirt "I LOVE DPRK" je le verrai, plus tard, dans quelques jours, sur le corps avachi, blanc, maladif, d'une vénéneuse Autrichienne aux godasses à moitié lacées (...).

Le couple me fixe, mais jamais franchement. De biais. Puis entre eux chuchotent. Ils parlent de moi, en mal. De ces bouches, de ces gueules, ne peuvent sortir, ne peuvent jaillir que des serpents. Que vont-ils faire exactement en RPDC ? Prendre des notes ? Pas sûr. Filmer ? Je ne crois pas. Participer au festival ? Possible : avec, peut-être, un petit foireux film sur la faim dans le monde ou les varices des grabataires. Qui sont les touristes qui se rendent dans ce pays ? Moi, je sais ce qui m'y pousse : un film à faire, un livre à écrire, une vie à vivre, un destin à accomplir, une folie à achever, une ambiance familiale à recréer, une névrose à combler. Mais eux ? Et les autres, tous les autres ? Pourquoi aller là-bas ?

Le pire de tout : les journalistes camouflés. Ceux qui s'introduisent en Corée du Nord déguisés en touristes et qui, s'écrasant sur place comme des lopettes, courbant l'échine et souriant à la lune, reviennent vengeurs et méchants, une fois le risque dissipé, la méchante représaille impossible. Moutons petits qui bégaient de trouille à Pyongyang, et foireux assassins Zorros, de retour dans leurs respectives capitales, pour dénoncer un régime devant lesquels ils se sont faits plus petits que le plus zélé des apparatchiks. Je hais de mille forces cette catégorie des courageux bien rentrés, des téméraires du retour, des vengeurs au chaud. Une navette arrive, je monte. Je suis un être sain : je pars pour Pyongyang parce que je pars pour Pyongyang. - C'est la capitale des enfants battus ! s'était exclamé un collègue de mon père".

Source : Yann Moix, Naissance, Grasset, 2013. Extraits des pages 249 à 260.
 

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Vendredi 11 octobre 2013 5 11 /10 /Oct /2013 00:03

Le compositeur sud-coréen Ryu Jae-joon (photo ci-dessous) a refusé de se voir remettre le prix que lui avait décerné l'Association commémorative Nanpa, en observant que celle-ci honore la mémoire d'un musicien coréen, Hong Nan-pa, ayant collaboré avec le Japon pendant la colonisation de la péninsule par l'empire nippon (1910-1945). Cette décision mérite d'être saluée, alors que des héritiers des collaborateurs avec le Japon, qui détiennent aujourd'hui les leviers du pouvoir économique et politique en l'absence d'épuration à la libération, freinent le nécessaire travail de mémoire sur cette période douloureuse de l'histoire coréenne.

 

Il n'y aura pas de récipiendaire des 46èmes récompenses musicales Nanpa, après le refus du lauréat, le compositeur Ryu Jae-joon, de se voir décerner le prix puis, à sa suite, la décision analogue de la soprano Im Seon-ae.

Cette décision a choqué certains conservateurs, qui ont dénoncé une "politisation" de l'art. Il est intéressant de constater que les mêmes poursuivent de leurs foudres tout ce qui s'apparenterait, selon eux, à une compromission avec l'art de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord)... Manifestement, l'ouverture d'esprit qu'ils prônent est à géométrie variable.

Les récompenses sont décernées par une association nommée en mémoire du compositeur coréen Hong Nan-pa, connu notamment pour Bongseonhwa, une dénonciation des souffrances du peuple coréen au cours de son histoire. Hong Nan-pa a pris une part active à la lutte antijaponaise quand il était étudiant aux Etats-Unis.

Mais, au plan politique, il y a deux Hong Nan-pa. L'auteur, né en 1898 et décédé en 1941, avait retourné sa veste à la fin de sa vie, après avoir été arrêté par la police japonaise.  En 2009, le Comité présidentiel pour l'inspection des collaborations avec l'impérialisme japonais l'a qualifié de "collaborateur pro-japonais et anti-national", après qu'eut été révélée son implication au sein de la Mobilisation générale pour la ligue d'esprit national, groupe très actif dans la collaboration avec le Japon et à l'origine de chansons pro-japonaises comme Le matin de l'espoir et Le chant du soldat partant combattre.

Plus connu à l'étranger que dans son propre pays, Ryu Jae-joon a travaillé au conservatoire de Cracovie avec le maestro Krzysztof Penderecki et est l'auteur, entre autres, de Sinfonia da Requiem et d'un Concerto pour violon. Sans doute cette ouverture internationale lui a-t-elle permis de prendre conscience de la chape de plomb qui pèse sur la lecture de l'histoire en Corée du Sud, où par exemple les symboles nazis ont pignon sur rue, le plus souvent par ignorance politique, quand les ouvrages de Karl Marx restent interdits.

Ryu Jae-joon a d'abord déploré l'instrumentalisation des activités de collaboration par certains groupes à des fins personnelles, en soulignant le rôle social de l'artiste, alors que des figures éminentes du monde artistique ont, elles, choisi, de combattre pour la liberté, au péril de leur vie. Il y a bien, comme l'a conclu Ryu, un échec dans le regard de la Corée du Sud sur sa propre histoire : quel pays indépendant au monde honorerait quelqu'un qui a été un traître à sa patrie ?

Sources : AAFC, Hankyoreh (dont photo).
 

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Jeudi 27 juin 2013 4 27 /06 /Juin /2013 00:07

----1.JPGLe 25 juin 2013, date anniversaire du début des combats de la guerre de Corée, l'écrivain Kim Saryang a reçu, de manière posthume, le titre de héros de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) en tant qu'écrivain de guerre, tué au combat en octobre 1950. L'oeuvre et le parcours de Kim Saryang sont emblématiques d'une génération coréenne d'écrivains engagés, dans le combat contre la colonisation japonaise et pour l'indépendance de la Corée, puis dans la mise en place d'une production artistique nouvelle après la Libération.

 

Né le 3 mars 1914 à Pyongyang, Kim Sichang, plus connu sous son nom d'écrivain de Kim Saryang, a connu la colonisation japonaise de la Corée (1910-1945) et reçu une éducation en japonais. Agé de seulement 17 ans, il a été expulsé de son lycée en 1931 pour actions jugées subversives, c'est-à-dire favorables à la culture et à l'indépendance de la Corée.

 

Entré à l'Université de Tokyo en 1936, il a d'abord publié en japonais une nouvelle, Hikari no naka ni (Dans la lumière) en 1939, qui est le récit d'un étudiant coréen au Japon soumis à des pressions pour être assimilé.

 

De retour en Corée en 1941, Kim Saryang choisit dès lors d'écrire en coréen. Il rejoint ensuite les combattants coréens pour l'indépendance en Mandchourie chinoise, dont la lutte lui inspire Hojop (Le papillon).

 

Après la libération de l'occupation japonaise en 1945, comme de nombreux artistes coréens engagés dans les combats pour l'indépendance il rejoint le Nord de la péninsule, où il devient vice-président de la Fédération des arts et de la littérature. Il prône alors une écriture sur la vie du peuple et pour le peuple, tout en appelant à travailler aux côtés des ouvriers et des paysans pour connaître les conditions de vie des travailleurs.

 

Devenu écrivain de guerre après le déclenchement des combats en juin 1950, il est mort dans une attaque près des Monts Jiri après que son unité eut été encerclée par l'ennemi, en octobre 1950. Lui et ses camarades sont tombés en criant "Vive le Président Kim Il-sung !". Ses écrits de cette dernière période ont été publiés à Moscou, en russe, en 1952, sous le titre "Notices d'un correspondant de guerre" dans Koreia boretsia (traduit du russe en français par : La Corée est en difficulté).

 

En s'étant vu décerner le titre de héros de la République populaire démocratique de Corée, sur la demande de Kim Jong-un, Premier secrétaire du Parti du travail de Corée, Kim Saryang a reçu la plus haute distinction en RPD de Corée, pour ses travaux en tant qu'écrivain de guerre.

 

Principales sources : KCNA, wikipédia et daum (pour l'image).

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Dimanche 23 juin 2013 7 23 /06 /Juin /2013 11:14

A l'occasion de la 37ème session du comité du patrimoine mondial de l'UNESCO tenue à Phnom Penh, le 23 juin 2013 le site historique de la ville de Kaesong, ancienne capitale coréenne du royaume de Koryo (918-1392), a été classé au patrimoine mondial de l'UNESCO - neuf ans après le classement des tombes royales du Koguryo, également situées en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Dix autres sites, dans le Sud de la péninsule, sont également inscrits au patrimoine mondial de l'humanité. Cette décision témoigne de la valeur historique et archéologique, et dans la formation de la culture et de l'identité coréenne, des vestiges de l'ancienne capitale de Koryo.

La demande d'inscription du site historique de Kaesong au patrimoine mondial de l'UNESCO avait été formulée mi-2012 : elle a abouti un an plus tard, dans le cadre des travaux de la 37ème session du comité du patrimoine mondial, le 23 juin 2013. Le Conseil international des monuments et des sites (plus connu sous son acronyme anglais, ICOMOS) basé à Paris, qui a un rôle consultatif, avait émis une recommandation en ce sens.

 

kaesong_tombe-royale_kongmin.jpgDouze vestiges de l'ancienne capitale de Koryo (918-1392), aujourd'hui situés dans la zone urbaine de Kaesong, aux pieds des montagnes, à l'ouest de la ville, ont été classés au patrimoine de l'humanité : cinq sections de l'ancienne forteresse royale (dont les fouilles font par ailleurs l'objet de travaux de coopération conjoints franco-coréens entre l'Ecole française d'Extrême-Orient et les archéologues de la RPD de Corée) ; le site de l'ancien palais Manwoldae et les vestiges de l'observatoire astronomique et météorologique de Chomsongdae ; la porte Namdaemun, au Sud de l'ancienne capitale royale, qui constituait son principal accès ; l'ancien institut royal Songgyungwan, qui formait les fonctionnaires royaux ; l'école confucéenne Sungyang Sowon ; le pont Sonjuk et les stèles de Phyochung ; le mausolée du roi Wang Geon, fondateur de la dynastie Koryo, et sept autres tombes situées sur le même site, ainsi que l'ensemble de tombes de Myongrung ; le mausolée du roi Kongmin (photo à gauche).

 

Le Conseil international des monuments et des sites a déclaré que les vestiges témoignaient des valeurs culturelles, spirituelles et politiques des Etats unifiés sous la dynastie Koryo et des échanges entre ces Etats et leurs voisins. Toujours selon l'ICOMOS, le site constitue également un exemple remarquable de la transition d'une capitale du bouddhiste au néo-confucianisme comme principe directeur du système politique.

 

Source principale : The Korea Herald. Photo : source www.travel-earth.com

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Jeudi 9 mai 2013 4 09 /05 /Mai /2013 22:52

Il est commun en Europe de penser que Gutenberg fut l’inventeur de l’imprimerie, déclenchant ainsi par ses prouesses technologiques une vague intellectuelle qui touchera plus ou moins tout l’Occident : l’humanisme. Si une telle assertion ne fait aucun doute dans le contexte européen, force est de constater qu’en Asie, et en Corée en particulier, l’imprimerie est une invention plus ancienne, témoignant très tôt d’une vie intellectuelle particulièrement vive. Retour sur un aspect méconnu de la culture asiatique.

 

dunhuang-mogao-caves-grottes.jpgJohann Gutenberg, le célèbre imprimeur allemand, édite au cours des années 1450 plusieurs exemplaires de la Vulgate, la fameuse bible traduite en latin par Saint-Jérôme. Malheureusement pour lui, sa première presse dotée de caractères métalliques mobiles n’a pas le succès escompté auprès de la population et il finira ruiné. Cette version, répétée à l'envi dans les écoles primaires européennes, ne constitue que la partie occidentalo-centrée de l’histoire. En effet, pour qui décentre son regard vers l’Asie, on s’aperçoit que les Chinois ont maîtrisé l’imprimerie à caractères fixes (impression page par page, à la différence de la presse de Gutenberg qui permettait de recomposer des textes avec les mêmes caractères) beaucoup plus tôt puisque les premiers textes imprimés datent de la très raffinée dynastie Tang, soit entre 618 et 907 de notre ère. Le Sutra du Diamant, texte bouddhique considéré comme le premier texte imprimé connu, aurait été édité en 868. Ce texte sacré, destiné à être diffusé gratuitement (à une certaine strate sociale de lettrés, cela s’entend) a été retrouvé dans la splendide grotte de Dunhuang (actuelle province chinoise du Gansu, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, photo ci-dessus, source TravelChinaGuide) et a connu une histoire rocambolesque, à l’image de l’empire Chinois. D’abord possession chinoise (Dunhuang est devenue une circonscription impériale sous la dynastie des Han antérieurs, en 117 avant JC), puis sous contrôle d’un roitelet tibétain (le Tibet n’a été unifié que lorsqu’il est devenu un vassal chinois, en 1244) et enfin possession mongole (dynastie Yuan), le Sutra du Diamant ne doit sa longévité qu’au fait que chacun de ses possesseurs successifs se réclame du bouddhisme. Malheureusement, comme beaucoup de trésors nationaux chinois, le Sutra du Diamant a été pillé par des Occidentaux lors de la « découverte » occidentale des grottes de Dunhuang. En 1907, le célèbre linguiste français Paul Pelliot parvient à racheter de nombreux imprimés – dont le Sutra de Dunhuang, et ces manuscrits sont toujours actuellement visibles à la Bibliothèque Nationale de France (BNF).

 

Livre coréen-Jikji-Selected Teachings of Buddhist Sages anDu côté coréen, l’histoire semble se répéter : si les Chinois peuvent se targuer d’avoir été les premiers à utiliser des presses à caractères fixes, les Coréens de la dynastie Koryo auraient été les premiers à utiliser les caractères mobiles et ce presque un siècle avant Gutenberg… Le plus vieux texte imprimé coréen, le Jikji (abréviation de baegun hwasang chorok buljo jikji simche yojeol, « Anthologie des enseignements zen des grands prêtres bouddhistes », photo à droite, source wikimedia) aurait été édité en 1377, soit 78 ans avant la Bible en 42 lignes de Gutenberg. Tout comme le Sutra du Diamant, un tel trésor historique ne pouvait qu’attirer les convoitises et ce sont les colonisateurs français qui, une fois de plus, ont pillé cette relique nationale. Ce texte est d’ailleurs lui aussi visible à la BNF ; alors que la situation des archives royales pillées par la France lors de la campagne coloniale de 1866 connaît des avancées, la question du Jikji, plus vieux texte imprimé (au sens moderne du terme) du monde semble patiner. Pour l’AAFC, il apparaît fondamental de régler les contentieux historiques (qui n’en finissent pas d’empoisonner les relations interasiatiques et Orient-Occident) avant de chercher à établir des relations politiques saines et stables.

 

Pour les lecteurs les plus attentifs de notre blog, un détail n’aura pas manqué de piquer leur curiosité : dans le reportage de David Pluth sur son voyage en République populaire et démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), traduit par l’AAFC, il est fait mention du plus vieux texte imprimé au monde conservé à la Bibliothèque du Peuple de Pyongyang, datant de… 1377, soit exactement la date d’édition du Jikji.  Nul doute que la question des reliques nationales coréennes risque encore de faire parler d’elle.

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Vendredi 1 mars 2013 5 01 /03 /Mars /2013 09:56

foyer-rural-tousson_stage-cuisine-coreenne.jpgLe 23 février 2013, par l'intermédiaire de l'Association d'amitié franco-coréenne le foyer rural de Tousson en Seine-et-Marne a organisé un stage de cuisine coréenne, donné par des épouses des diplomates de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) en poste en France. Une expérience originale, qui a permis de découvrir un autre aspect de la culture commune à l'ensemble de la péninsule coréenne.

 

Il y a un peu plus d'un an, le 18 décembre 2011, le foyer rural de Tousson organisait un stage de cinéma pour faire découvrir les longs métrages de la RPD de Corée. C'est un autre aspect de la culture coréenne qu'ont pu découvrir une trentaine de Français membres du foyer rural lors du stage de cuisine organisé, toujours à Tousson, le 23 février 2013. Une participation importante pour le village de Seine-et-Marne - même si les membres du Foyer rural dépassent la seule commune de Tousson - et qui témoigne de l'engouement pour les plats coréens, qui peuvent aujourd'hui être dégustés dans quelque 70 restaurants coréens de la capitale et une demi-douzaine d'épiceries exclusivement coréennes - même si d'autres épiceries asiatiques, comme Tang Frères, proposent également des ingrédients coréens.

 

Les épouses de diplomates nord-coréens en poste à Paris ont successivement expliqué, démonstration à l'appui, la préparation du kimchi (ce plat traditionnel coréen, à base de chou fermenté dans une sauce de saumure, est devenu un des symboles de la cuisine du Pays du matin calme), puis des crêpes coréennes et enfin des raviolis. Les généreuses quantités préparées, sur place ou préalablement (dans le cas du kimchi, qu'il faut laisser reposer deux jours) permettaient d'allier le plaisir de la préparation et celui de la dégustation.

 

Les participants ont pu découvrir qu'il existait autant de recettes de kimchi que de foyers en Corée - chaque ménage ayant la sienne propre - mais aussi, non sans une pointe de déception chez certains - que les ingrédients indispensables - comme le chou chinois - ne peuvent pas être remplacés par n'importe quel produit des épiceries européennes.Si la cuisine coréenne est réputée épicée, cela n'a manifestement pas gêné les convives... même s'il est vrai que l'ajout de sucre dans le kimchi donne un mélange sucré-salé détonnant et moins étranger aux papilles européennes.

 

La manifestation s'est terminée dans une ambiance chaleureuse et conviviale, avant que la musique coréenne diffusée pendant l'ensemble du stage ne laisse la place à des extraits du concert du Nouvel an 2012. Alors que la précédente démonstration de cuisine coréenne organisée par l'AAFC, dans le Limousin, remonte à dix ans, l'Association d'amitié franco-coréenne félicite le foyer rural de Tousson pour son initiative (plusieurs de ses adhérents étaient d'ailleurs conviés et présents le 23 février), et remercie encore la délégation générale de la RPD de Corée pour avoir donné de son temps afin de mieux faire connaître l'un des aspects les plus sympathiques de la culture coréenne.

 

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Photos Foyer rural de Tousson (sur Facebook)

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Samedi 29 décembre 2012 6 29 /12 /Déc /2012 17:49

Concours international ouvert aux jeunes interprètes de piano, de violon et de chant, portant les noms de la pianiste Marguerite Long, du violoniste Jacques Thibaud, qui l'ont créé en 1943, et depuis 2011 de la soprano Régine Crespin, le concours Long Thibaud Crespin a distingué plusieurs pianistes sud-coréens lors de son édition qui s'est tenue à l'Opéra Comique de Paris, le 6 décembre 2012. Parmi les artistes récompensés, An Jong-do a obtenu le deuxième grand prix Marguerite Long, le premier prix n’ayant pas été décerné cette année.

 

An_Jong_Do_1.JPGLes pianistes coréens ont dominé le palmarès de la dernière édition du concours Long Thibaud Crespin, rendu par le jury que présidait Menahem Pressler :

- premier, An Jong-do (à gauche, saluant le public) a été récompensé du deuxième grand prix Marguerite Long (prix Denise Giraud) ;

- à la seconde place s'est classé un Français, Ismaël Margain (troisième prix, prix de la Ville de Nîmes) ;

- deux autres Coréens ont occupé les places suivantes : Park Ju-young (22 ans), quatrième prix (prix Groupe Henner), et Won Jae-won (24 ans), cinquième prix (prix des Amis du concours). 

 

An Jong-do, déjà lauréat du prix de la SACEM, a également obtenu le prix de SAS le prince Albert II de Monaco pour le meilleur récital, ainsi que le prix de la meilleure interprétation de l'œuvre "Rivers" de Bechara El-Khoury.

 

Laissons la parole à Françoise Ferrand, dans un article publié sur le site ResMusica, pour décrire l'émotion qui s'est dégagée du jeu d'An Jong-do :

 

 "Evoquons quelques sommets : An Jong-do, lors de la finale récital, proposa la sonate de Schubert en si b majeur D. 960, avec beaucoup de simplicité et, dans l’allure, une binarité rythmique lui conférant son unité, (recherches comparables à celles de Leif Ov Andsnes), avec des sonorités venues des lointains du rêve. Cela, avant la mystique interprétation de l’œuvre d’Olivier Messiaen, le cosmique Regard sur l’Enfant Jésus « Par Lui tout a été fait ». Dans le concerto de Schumann ; magistral, on était loin de la lutte entre un orchestre et un piano : il s’agissait bien au contraire, d’une osmose de tous les instants, dans les dynamiques et les couleurs, entre le soliste et les musiciens, donnant une force inouïe au sens propre, à cette œuvre, avec des phrasés rarement aussi intelligemment discursifs et aussi libérés".

 

Agé de 26 ans, An Jong-do  est étudiant en Allemagne à l’université de musique de Hambourg, pour devenir premier concertiste. Alors qu'il était encore lycéen à Séoul, il a poursuivi des études au Mozarteum de Salzbourg, où il a été diplômé en mastère.

 

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An Jong-do a déclaré : "Je suis très heureux et c’est un honneur de pouvoir offrir à mon pays natal une si bonne nouvelle (...) Voir trois jeunes pianistes coréens en finale est quelque chose que personne n’avait prévu. En tant que Coréen, j’éprouve donc une grande fierté". Les Coréens figurent régulièrement aux tout premiers rangs dans les concours internationaux de musique classique, mais une telle domination dans l'un des principaux concours mondiaux est peu banale.

 

Sources : Res Musica, Yonhap (dont photos), palmarès de 2012 sur le site du concours

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Dimanche 18 novembre 2012 7 18 /11 /Nov /2012 22:01

orchestre-de-chambre-de-munich_coree-du-nord_9-novembre-20.jpgLe 9 novembre 2012, un concert conjoint a été donné au conservatoire de Pyongyang par l'Orchestre de chambre de Munich (à gauche, sous la direction d'Alexander Liebreich) et le Conservatoire Kim Won-gyun. Son organisation traduit l'intérêt porté par la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) aux coopérations internationales dans le domaine de la musique classique, huit mois après le concert conjoint de l'Orchestre Unhasu et de l'Orchestre de Radio France à Paris.

 

Fondé en 1950 par Christoph Stepp, marqué par la forte personnalité de Hans Stadlmair qui en a été le directeur artistique pendant près de quarante ans, entre 1956 et 1995, l'Orchestre de chambre de Munich (en allemand, Münchener Kammerorchester, MKO), aujourd'hui dirigé par Alexander Liebreich, a un répertoire varié, ouvert à la musique contemporaine.

 

C'est dans ce même  esprit d'ouverture,  non seulement  artistique  mais aussi  diplomatique, que l'Orchestre de chambre de Munich, à l'occasion d'une visite en RPD de Corée du 5 au 10 novembre 2012, a donné un concert conjoint avec l'un des meilleurs orchestres nord-coréens contemporains, celui du Conservatoire Kim Won-gyun, à Pyongyang, le 9 novembre 2012.

 

Devant une assistance où avait notamment pris place une délégation allemande conduite par Stefan Dreyer, directeur du bureau régional de l'Asie du Nord-Est de l'Institut Goethe, les musiciens ont interprété la symphonie n° 44 en E mineur de Joseph Haydn, la Musique Funèbre pour Streicher de Witold Lutosławski et le classique coréen Arirang. Plusieurs pièces pour musique de chambre avaient également donné lieu à des répétitions de l'orchestre allemand spécialement pour cet événement.

 

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Le concert prenait place dans le cadre d'une coopération culturelle menée par l'Institut Goethe qui, pour des raisons budgétaires, a dû fermer son bureau à Pyongyang, mais continue de s'investir dans les échanges avec la Corée du Nord. Il a également donné lieu à des master class pour chacune des sections instrumentales, à des classes de musique de chambre et des conférences autour des morceaux joués. Par ailleurs, l'Institut Goethe a offert deux cors d'harmonie au Conservatoire Kim Won-gyun.

 

 

 

 

Un documentaire à l'occasion de la visite en RPDC de l'Orchestre de chambre de Munich a été réalisé par le photographe et réalisateur Nils Clauss (photo ci-dessous à Pyongyang).

 

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Sources : Arirang News, KCNA (dépêche du 9 novembre, dont photos) ; site de l'Institut Goethe.

 

 

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Jeudi 11 octobre 2012 4 11 /10 /Oct /2012 22:30

Koguryo_UNESCO_3.jpgDepuis 2001, l’Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) œuvrent pour la préservation de l’ensemble des tombes et peintures murales de Koguryo, témoignage exceptionnel de la culture de ce royaume ancien, de sa vie quotidienne, de ses croyances et de ses coutumes funéraires. Les tombes recèlent d’ingéniosité dans leur technique de construction, et abritent de vrais chefs-d’œuvre de peintures murales. En une décennie, les efforts conjoints de l’UNESCO et de la RPD de Corée - par le financement du projet Fonds-en-dépôt UNESCO/République de Corée (du Sud) - ont permis la formation de personnels sur les aspects techniques et scientifiques de la restauration et de la préservation ainsi que le renforcement des moyens financiers, humains et technologiques nécessaires à la sauvegarde de ce patrimoine culturel inestimable. Cette collaboration a largement contribué à l’inscription de l'ensemble des tombes et peintures murales de Koguryo sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO en 2004. Cette double histoire est relatée en 70 photographies exposées au Palais de l'UNESCO, à Paris, du 12 au 26 octobre 2012.

Koguryo_carte.JPGKoguryo était l’un des royaumes les plus puissants de la Chine du nord-est et de la moitié nord de la péninsule coréenne entre le 3ème siècle avant J.-C. et le 7ème siècle après J.-C. Les vestiges les mieux connus de ce patrimoine culturel sont des tombes construites en pierre et surmontées de tumulus en pierre ou en terre. Ces tombes, qui datent de la dernière période du Royaume de Koguryo, sont pour beaucoup ornées de magnifiques peintures murales et constituent pratiquement les seuls vestiges laissés par cette culture. Sur les quelque 10 000 tombes de Koguryo découvertes jusqu’à présent en Chine et en République populaire démocratique de Corée, une centaine seulement comporte des peintures murales, dont 80 en RPD de Corée. Parmi les tombes de Koguryo recensées en RPDC, 63 tombes individuelles dont 16 ornées de peintures murales font partie du bien inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO en 2004.

L’ensemble des tombes de Koguryo est un bien en série qui comprend plusieurs groupes de tombes et des tombes isolées situées pour la plupart au pied des montagnes et quelques-unes dans des villages. Situées à Pyongyang et dans les provinces voisines, ces tombes étaient vraisemblablement destinées aux rois, à la famille royale et à l’aristocratie.

On trouve plusieurs types de tombes, selon le nombre des chambres funéraires – chambre unique, deux chambres, plusieurs chambres et chambres secondaires. Elles illustrent la typologie complète des tombes de Koguryo et représentent des exemples remarquables d’un type d’édifice et de technologie. Les tombes sont constituées d’imposants tumulus avec des chambres funéraires en pierre. Leur construction révèle un grand savoir-faire et les plafonds ont été habilement conçus pour supporter la lourde charge du tumulus. La technologie utilisée repose sur une solution d’ingénierie très étudiée et novatrice, qui répond de manière originale aux problèmes techniques rencontrés dans la construction de tombes souterraines.

Koguryo UNESCO 2Les peintures murales constituent des chefs d’œuvre du genre. Les sujets représentés – vêtements traditionnels, aliments, cadre de vie, pratiques funéraires, ainsi que pratiques religieuses et imagerie associées au bouddhisme, au taoïsme et aux quatre déités - offrent un témoignage exceptionnel de la richesse et de la complexité de la culture de Koguryo aujourd’hui disparue. Les pratiques funéraires propres à cette culture ont exercé une influence importante sur d’autres cultures d'Asie du nord-est, comme celle du Japon.

L'Association d'amitié franco-coréenne vous convie à une exposition photographique exceptionnelle consacrée aux vestiges du Royaume de Koguryo et à leur préservation :

 

« Préservation des tombes et peintures murales de Koguryo, site du patrimoine mondial, en République populaire démocratique de Corée, 2001-2012 »

Palais de l'UNESCO

Salle des pas perdus

7, place de Fontenoy

75007 Paris

du 12 au 26 octobre 2012

de 10h à 18h30

contacts

Mme Han Jun-hi : 01 45 68 14 74 - j.han@unesco.org

Mme Shim Hye-seung : 01 45 68 18 21 - hs.shim@unesco.org

 

Pour en savoir plus sur l'ensemble des tombes et peintures murales de Koguryo inscrit sur la Liste du patrimoine mondial, consulter le site Internet de l'UNESCO

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Dimanche 19 août 2012 7 19 /08 /Août /2012 13:59

concert_groupe_moranbong_7_juillet_2012_1.jpgLe 6 juillet 2012 s'est tenu, à Pyongyang, le premier grand concert du groupe Moranbong, nouvellement créé à l'initiative du dirigeant Kim Jong-un, et retransmis à la télévision (cf. vidéo intégrale du concert ci-dessous). Le groupe Moranbong a donné un autre concert, le 28 juillet, à l'occasion de la fin de la guerre de Corée, en présence des représentations diplomatiques étrangères. Tout en respectant les formes traditionnelles en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), le groupe Moranbong - exclusivement féminin, et dirigé par Sonu Hyang-hui - a procédé à une adaptation de chansons coréennes traditionnelles et a repris des airs étrangers, suivant des arrangements musicaux novateurs. Ce faisant, il a fait le pari d'un mariage audacieux entre musique classique et styles plus contemporains. Selon l'agence nord-coréenne KCNA, la volonté du dirigeant Kim Jong-un est d'opérer cette année "un tournant spectaculaire dans le domaine des arts et de la littérature", à l'aube du deuxième centenaire de l'ère Juche.

 

Si l'AAFC ne partage pas les conclusions et les orientations d'Adam Cathcart, ses analyses - qui, au demeurant, se réfèrent occasionnellement à nos articles - offrent un éclairage intéressant sur la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Dans un article publié le 12 juillet 2012, il observe ainsi avec pertinence que les préoccupations musicales de Kim Jong-un, Premier secrétaire du Parti du travail de Corée, sont réelles, et héritées du dirigeant Kim Jong-il et du Président Kim Il-sung, qui avait été "organiste et pouvait parler avec finesse du sens de la modulation".

 

Dans ce contexte, le premier grand concert du groupe Moranbong, créé à l'initiative du dirigeant Kim Jong-un, donné le 6 juillet 2012, offre une illustration des évolutions artistiques en cours en RPD de Corée. Une symbiose est opérée entre la tradition musicale de la RPD de Corée et des novations, tant formelles que dans le contenu même du concert. La guitare électrique et les synthétiseurs sont largement utilisés, en combinaison avec les violons, les violoncelles et le piano, en l'absence des instruments coréens traditionnels. Les réaménagements d'airs traditionnels (comme Baeouja, qu'on peut traduire par Apprenons) ou le classique Arirang, qui fait partie du patrimoine commun à toute la Corée, donnent un style enjoué qui rompt l'habituelle progression des spectacles en Corée du Nord. En effet, ceux-ci suivent une dynamique historique ternaire, où alternent les souffrances de la colonisation japonaise, la construction glorieuse du socialisme - interrompue par l'épisode douloureux de la guerre de Corée - et la perspective ultime de la réunification.

 

concert_groupe_moranbong_7_juillet_2012_2.jpg

 

Le chant des adieux Arirang est ainsi placé en début de concert et les références historiques sont peu présentes. La structure du concert se fonde essentiellement sur une double alternance :

- d'une part, entre des compositions plus légères et des morceaux de bravoure, au lyrisme révolutionnaire ;

- d'autre part, entre des chants à la sensibilité aiguë et des moments de détente, où les reprises de chansons étrangères occupent une place importante et sont présentés comme tels - jusque dans la scénographie. A 59'50", on pourra ainsi reconnaître quelques notes de My Way (Comme d'habitude). Suivant le voeu du dirigeant Kim Jong-un, il ne s'agit donc pas de rejeter les cultures étrangères, mais de les intégrer au patrimoine coréen en tenant compte de la sensibilité des Coréens.

 

Contrairement à une idée reçue, la culture de la RPD de Corée n'est pas - et n'a jamais été - hermétique aux influences étrangères. Ainsi, dès ses origines, le cinéma nord-coréen, né de la résistance à l'occupation japonaise, a grandi parallèlement au jeune cinéma soviétique, comme l'a notamment montré Antoine Coppola. Les grands opéras révolutionnaires, créés par le dirigeant Kim Jong-il au début des années 1970, ont introduit dans la culture nord-coréenne des influences héritées non seulement de la culture traditionnelle coréenne, mais aussi russes et chinoises. Cette ouverture s'est aussi traduite, par exemple, par la traduction de l'histoire de Dumbo dans les livres pour enfants nord-coréens. L'apparition des personnages de Walt Disney lors du concert du 6 juillet dernier - qui a tant surpris les médias étrangers - n'est que l'aboutissement d'une évolution progressive, ces personnages faisant partie de longue date de la culture populaire nord-coréenne.

 

concert_groupe_moranbong_7_juillet_2012_3.jpg

 

Si la création du groupe Moranbong répond d'abord à une volonté de politique intérieure, elle pourrait toutefois également devenir une composante du soft power nord-coréen. Les commentaires des vidéos des concerts diffusés sur Youtube montrent ainsi un accueil plutôt favorable du public occidental, à laquelle la beauté des artistes du groupe Moranbong n'est pas totalement étrangère. Toutefois, à notre sens les pays d'Asie de l'Est devraient être les plus réceptifs aux nouvelles formes musicales de la culture pop nord-coréenne. L'exacerbation des sentiments, une sensibilité à fleur de peau - si propres à la sensibilité coréenne, dans toute la péninsule - trouvent des échos favorables tant en Chine qu'en Asie du Sud-Est, où un certain style mélodramatique imprègne la culture populaire. En célébrant la participation des volontaires chinois aux combats de la guerre de Corée, le second concert du groupe Moranbong, le 28 juillet (photo ci-dessous), a ainsi repris la musique d'une série télévisée chinoise, Mao Anying, du nom du fils aîné du Président Mao, mort sur le front coréen.

 

concert_groupe_moranbong_28_juillet_2012.jpg

 

Quelle conclusion tirer de l'implication personnelle du Premier secrétaire Kim Jong-un dans la constitution du groupe Moranbong ? La musique est partie intégrante de la société nord-coréenne : elle rythme les journées de travail comme les loisirs et les rassemblements de masse. Elle imprime sa marque à la construction du socialisme dans un pays où le collectif prime sur l'individu. Après les années de souffrances de la dure marche, où le Premier secrétaire Kim Jong-un a loué le stoïcisme du peuple coréen, le nouveau dirigeant est sincèrement attaché à ce que s'ouvre une nouvelle ère de prospérité, où les travailleurs pourraient jouir des fruits des efforts accomplis depuis trois générations. Une aspiration profonde des Nord-Coréens s'exprime en ce sens, notamment parmi les générations les plus jeunes. Pour autant, ce n'est pas "la fin de l'histoire" : le concert du groupe Moranbong s'achève sur une note d'héroïsme révolutionnaire, vers de nouveaux lendemains qui chantent : un nouvel élan doit régénérer la révolution coréenne, en imprimant sa marque dans les arts. La révolution est inachevée, le processus révolutionnaire doit se poursuivre, en exigeant, à présent, l'avènement d'une nouvelle ère de prospérité : tel est bien le message politique délivré par le concert du 6 juillet.

 

concert_groupe_moranbong_7_juillet_2012_4.jpg

 

 

 

 

Principale source : KCNA (dont photos). Vidéo du concert : Youtube

 

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