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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 23:47

0609-edward-snowden_jpg_full_600.jpgLe scandale Prism - du nom du système d'interceptions électroniques mis en place par l'Agence de sécurité nationale américaine (NSA) - n'en finit pas de faire des vagues, depuis les révélations d'Edward Snowden (photo à gauche), un ancien consultant de la NSA réfugié à Hong Kong ayant mis à jour le plus vaste système de surveillance de la vie privée jamais mis en place dans l'histoire de l'humanité. La liste des entreprises américaines compromises - Microsoft, Yahoo!, Google, Facebook, PalTalk, AOL, Skype, YouTube, Apple... - n'en finit pas de s'allonger. Si tous les services de renseignement tentent d'infiltrer les réseaux, les Etats-Unis disposent en ce domaine d'une puissance de frappe incomparable, ayant directement accès aux serveurs d'entreprises américaines en position dominante. Face  l'ampleur du scandale, le renseignement américain a riposté sur le double front de la minimisation et du déni d'une part, du prétexte de la lutte contre le terrorisme d'autre part. Un quart de siècle après la fin de la guerre froide, on sait désormais que Big Brother est américain. Dans ce contexte, il est intéressant de rappeler les positions de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) qui, en refusant d'intégrer le réseau Internet mondial, a sans doute mis en place la protection la plus efficace qui soit contre les intrusions et les opérations de déstabilisation du renseignement américain.

 

Il est de bon ton, en Occident, de railler la Corée du Nord parce ses citoyens ne sont pas reliés au réseau Internet mondial, mais relèvent d'un réseau Intranet. Toutefois, en pratique, les étudiants et les chercheurs de la RPD de Corée ont des possibilités d'accès à Internet, sur demande, et les étrangers résidant en Corée du Nord peuvent également se connecter à Internet, tout comme les visiteurs de passage (dans les cafés Internet ou certains hôtels) - bien que, pour ces derniers, à des prix dissuasifs car élevés.

 

Une explication basique réside sans doute non seulement dans le refus des autorités nord-coréennes de laisser la porte ouverte à une propagande étrangère qui vilipende la RPD de Corée comme aucun autre pays au monde, mais aussi dans une conscience aiguë des moyen d'accès des services américains aux réseaux informatiques. Internet n'est-il pas, à l'origine, une invention de l'armée américaine ? Les révélations actuelles autour du scandale Prism donnent une coloration toute particulière à ces craintes, en montrant qu'elles sont loin d'être infondées de la part d'un pays naguère classé par George W. Bush comme relevant de l' "axe du mal" et pouvant faire l'objet de toutes les déstabilisations. Et le premier outil américain des politiques de changement de régime se fonde, d'abord, sur une pénétration à l'intérieur des lignes ennemies. De ce point de vue, le "trou noir" que constitue la Corée du Nord signe de graves échecs répétés du renseignement américain et sud-coréen, ces deux services ayant été incapables d'avoir appris le décès du dirigeant Kim Jong-il avant l'annonce officielle par la RPDC, de déterminer la nature du troisième essai nucléaire nord-coréen (à base de plutonium ou d'uranium enrichi ?) ou encore s'étant trompés sur l'identité de Ri Sol-ju, épouse du dirigeant Kim Jong-un, avant que les médias nord-coréens ne révèlent qui est la jeune femme. Le pare-feu qu'oppose la Corée du Nord aux tentatives d'intrusion du renseignement étranger apparaît comme l'un des plus efficaces au monde.

 

Dans le domaine informatique, la RPD de Corée a préféré développer son propre système d'information, basé sur Linux. Et si le nombre de souscripteurs de téléphones portables a atteint la barre des 2 millions d'utilisateurs dans un pays comptant près de 25 millions d'habitants, on ne voit pas d'images de Kim Jong-un, Premier secrétaire du Parti du travail de Corée, un portable à la main. Enfin, la mésaventure d'un des petits-fils de Kim Jong-il, étudiant en Europe et dont la page Facebook avait été décortiquée pour étaler sa vie privée sur la place publique, suffit sans doute à expliquer pourquoi les autorités nord-coréennes redoublent de conseils de prudence vis-à-vis de leurs ressortissants à l'étranger lorsqu'ils veulent se positionner sur les réseaux sociaux.

 

Dans le contexte actuel où la Corée du Nord cherche à développer les nouvelles technologies de l'information et de la communication, celles-ci prennent place dans la vie quotidienne de ses habitants, mais à un rythme et selon des modalités contrôlés par le gouvernement.

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations Etats-Unis-Corée
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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)