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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 22:54

Le 25 février 1964, dans le cadre de la 8e session plénière du 4e Comité central du Parti du travail de Corée (PTC), le Président Kim Il-sung de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a présenté les Thèses sur la question rurale dans le cadre du socialisme dans notre pays. Alors que la RPD de Corée lutte toujours pour l'autosuffisance alimentaire, Kim Jong-un, Premier Secrétaire du PTC, a mis en exergue, dans son discours de nouvel an, que l'année 2014 marquait le 50 anniversaire de la publication des Thèses sur la question rurale. Cette référence n'est pas seulement la traduction de l'importance que revêt l'agriculture dans la priorité accordée à l'économie et à l'élévation du niveau de vie : elle signale également la recherche d'une continuité entre les mesures économiques prises aujourd'hui pour augmenter la production agricole et les orientations définies un demi-siècle plus tôt.

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En 1964, la RPD de Corée a entamé une nouvelle phase de son industrialisation, après avoir reconstruit son économie détruite par la guerre de Corée. C'est dans ce contexte que s'inscrit la publication des Thèses sur la question rurale dans le cadre du socialisme : l'objectif est d'assurer un développement concomitant ("harmonieux", pourrait-on aussi dire, suivant une formule usitée dans les pays de tradition confucéenne) des forces productives dans les domaines industriel et agricole, alors que l'industrialisation rapide s'est traduite par des transferts de main-d'oeuvre du secteur primaire vers le secteur secondaire.

L'augmentation de la production agricole doit être indissociable d'une élévation du niveau de vie dans les campagnes, comme l'affirment les Thèses sur la question rurale :

"Les questions paysanne et agricole sous le socialisme consistent, sur la base de la consolidation constante du système socialiste établi dans les campagnes, à porter les forces productives de l'agriculture à un niveau élevé, à rendre aisée la vie des paysans, à liquider le retard laissé dans les campagnes par la société de l'exploitation de l'homme par l'homme et à éliminer graduellement les différences entre la ville et la campagne".

Eviter la création de nouveaux clivages sociaux entre citadins et ruraux conduit à la généralisation de la couverture électrique du pays, ainsi qu'à la création de grandes unités agricoles (à l'échelle de l'arrondissement), suivant les recommandations des Thèses, dans ce qui pourrait être qualifié d' "agrovilles" (et qu'on retrouvait aussi en Union Soviétique). Comme l'a constaté l'AAFC lors de ses visites en RPD de Corée, les fermes collectives regroupent l'ensemble des services publics (éducation, santé, loisirs - comme les salles de cinéma), dans une même unité administrative, rendant la différence entre les villes et les campagnes relativement moins visible qu'en Occident - si l'on excepte cependant les cas particuliers de Pyongyang et des zones économiques spéciales.

La priorité alors accordée à l'essor de la production - dans le contexte des trois révolutions, technique, culturelle et idéologique - a conduit à une exploitation intensive des sols, pour pallier le manque de terres arables. Si ce choix a permis une mise en application des innovations technologiques et, aujourd'hui, une diversification de la production pour réduire les effets des aléas climatiques sur la production céréalière, les orientations des années 1960 et 1970 ont dû faire l'objet d'ajustements : s'il a été possible d'atteindre - et, dans les années 1980, de dépasser - l'autosuffisance alimentaire, à plus long terme il en a résulté une surexploitation et un appauvrissement des sols. Conscientes de ces lacunes après la sévère pénurie alimentaire de la "dure marche" dans les années 1990, les autorités nord-coréennes privilégient à présent une moindre utilisation des engrais chimiques dans le cadre d'une agriculture qui se veut biologique.

Par ailleurs, les choix d'organisation agricole ont toujours été empreints de pragmatisme. Depuis la guerre de Corée, les marchés paysans ont constamment permis d'échanger les surplus par rapport aux objectifs du plan, et ont ainsi été la matrice des actuels marchés généraux de biens et de services, encadrés, et qui ne sont plus limités aux produits agricoles. Enfin, en 2013, la diminution de la taille des exploitations agricoles - à l'échelle quasiment de la famille - rend compte d'une volonté d'accroissement de la production, alors que les lopins individuels, très visibles dans le paysage urbain (y compris à Pyongyang), présentent des rendements supérieurs à la moyenne, comme naguère en Union soviétique. 

Sources : AAFC, Kim Chang-ho et Kang Kun-jo (sous la direction de), Histoire générale de la Corée. Tome III, éditions en langues étrangères, Pyongyang, 1996, pp. 227-229. Image : source (le Président Kim Il-sung à Kangso, en 1945).
 

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Economie
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