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23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 10:49

    UFG2011 1Alors que les représentants des deux gouvernements coréens tiennent une réunion de travail le 23 août 2013 à Panmunjom suite à l'accord sur la reprise des activités de la zone intercoréenne de Kaesong, et que la réouverture du tourisme intercoréen des Monts Kumgang (suspendu depuis 2008) est en débat, des manoeuvres militaires conjointes américano - sud-coréennes Ulji Freedo Guardian (UFG) de grande ampleur intervennent au même moment, menaçant les chances de reprise des discussions multilatérales dans la péninsule. L'AAFC plaide pour que cessent les exercices UFG, afin de permettre l'avènement d'une ère de paix et de prospérité dans la péninsule coréenne en prévenant tout risque d'escalade, soixante ans après la fin des combats de la guerre de Corée ayant causé trois millions de morts.       



Conduits chaque année depuis 1976, les exercices conjoints américano - sud-coréens Ulji Freedom Guardian (UFG, qui portent ce nom depuis 2008) sont devenus les plus grandes manoeuvres militaires au monde utilisant les dernières innovations en matière d'informatique militaire.

Conduits en 2013 du 19 au 31 août, les exercices UFG sont dénoncés par le gouvernement de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) comme les préparatifs d'une "guerre nucléaire". Selon l'agence nord-coréenne KCNA, "[c]es tentatives d'intimidation constituent un mouvement irresponsable qui révèle ouvertement le plan des Etats-Unis et de la Corée du Sud de capturer la RPDC par la force des armes, et une tentative extrêmement dangereuse de déclencher une nouvelle guerre dans la péninsule coréenne à n'importe quel prix".

Les progressistes sud-coréens dénoncent également ces exercices comme entravant les chances d'une reprise des discussions multilatérales pour parvenir à un accord de paix dans la péninsule. Le Parti progressiste unifié (PPU, gauche) sud-coréen a ainsi appelé à faire cesser immédiatement les exercices, et exhorté le gouvernement sud-coréen à se concentrer sur la reprise des échanges et du dialogue Nord-Sud.

Alors que 28.500 soldats américains stationnent toujours au Sud de la péninsule, en méconnaissance des termes de l'accord d'armistice de 1953 qui prévoyait le retrait de toutes les troupes d'occupation étrangères, l'édition 2013 des exercices UFG mobilise 56.000 soldats sud-coréens et 30.000 GIs américains, dont 3.000 sont ordinairement stationnés sur le territoire américain et dans d'autres bases militaires de la région Pacifique. En outre, 400.000 civils appartenant à 3.600 institutions gouvernementales sont également impliqués dans les manoeuvres UFG.

Par ailleurs, sept autres pays du commandement des Nations Unies en Corée participent aux exercices officiellement comme observateurs : l'Australie, le Canada, le Danemark, la France, la Norvège, la Nouvelle-Zélande et le Royaume-Uni.

Les exercices UFG sont d'autant plus un mauvais signal pour la reprise du dialogue multilatéral dans la péninsule coréenne qu'ils ne sont pas isolés : au même moment ont été conduits, jusqu'au 23 août, des manoeuvres aériennes au-dessus de l'Alaska impliquant 60 appareils et 2.600 hommes de trois pays (Etats-Unis, Corée du Sud, Japon) - signalant l'accord implicite des Etats-Unis pour une remilitarisation du Japon, en contradiction avec sa Constitution pacifiste japonaise qui exclut la participation de troupes sur des théâtres d'opérations extérieurs. Il s'agissait de la première participation sud-coréenne à ces exercices, suivant une démarche américaine qui préfigure la constitution d'une alliance militaire de type OTAN dans le Pacifique. Par ailleurs, l'inclusion du Japon dans cette configuration méconnaissait la visite, la semaine précédente, de deux ministres japonais au sanctuaire Yasukuni, qui présente une version révisionniste de l'histoire militaire nippone, soulevant une tempête de protestations en Corée, en Chine et dans les pays victimes du militarisme japonais pendant la Seconde guerre mondiale.

 

Enfin, la poursuite de la construction de la base navale dans l'île de Jeju, au Sud de la péninsule intervient contre l'avis de ses habitants et de nombreux citoyens sud-coréens, dont les manifestations pacifiques ont été réprimées avec violence. La future doit permettre l'accueil de troupes et d'équipements militaires supplémentaires américains.

 

Les manoeuvres américaines confortent la RPDC dans la poursuite de ses programmes d'autodéfense pour, suivant les circonstances, parer à une attaque américaine ou négocier dans les meilleures conditions possibles avec la superpuissance américaine. Pour mémoire, le budget militaire des Etats-Unis atteint cent fois celui de la RPDC et les Etats-Unis ont conduit quatre cent fois plus d'essais nucléaires que la RPD de Corée.  


Sources : AAFC, Japan Today, KCNA (dont dépêche du 20 août 2013),  The Korea Times.

 

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations Etats-Unis-Corée
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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)