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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 16:02

Nucleaire_RPDC-USA.JPGDu 3 au 28 mai 2010, se tient à New York la 8eme Conférence de révision du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), à laquelle participent quelque 150 pays et destinée à examiner le fonctionnement du TNP et, selon le site Internet de l'Organisation des Nations unies, « aboutir à un accord sur une déclaration finale qui évaluerait l'application des dispositions du Traité et contiendrait des recommandations sur les mesures à prendre afin de consolider cette application. » Parmi les questions que doit aborder la Conférence de 2010 : le caractère universel du Traité; le désarmement nucléaire, y compris des mesures pratiques spécifiques; la non-prolifération des armes nucléaires, y compris la promotion et le renforcement des garanties; des mesures pour faire avancer l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire, la sûreté et la sécurité; le désarmement et la non-prolifération à l’échelle régionale; l’application de la résolution de 1995 sur le Moyen-Orient; des mesures pour gérer le retrait du Traité; des mesures pour renforcer davantage le processus d’examen; et des moyens pour promouvoir l’engagement auprès de la société civile en renforçant les normes du TNP et en faisant la promotion d'une éducation centrée sur le désarmement. Avant l'ouverture de la conférence, et en réponse à la nouvelle posture nucléaire des Etats-Unis, le ministère des Affaires étrangères de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a publié le 21 avril un mémorandum destiné à « donner une idée précise de la nature de dénucléarisation [de la péninsule coréenne] et trouver des moyens judicieux à emprunter pour y parvenir ». Voici des extraits de ce mémorandum dans la version française donnée par le site nord-coréen Naenara. 

 

« Il n'y a pas dans le monde de nation qui ait subi la menace nucléaire de la façon si cruelle et si constante depuis si longtemps comme la nation coréenne.

 

« Les Coréens ont vécu directement les affres des bombardements atomiques américains de Hiroshima et de Nagasaki et en ont eu le plus grand nombre de victimes après les Japonais.

 

« Pour notre peuple qui a subi les horribles calamités de la bombe A, le chantage nucléaire exercé sur lui par les Etats-Unis lors de la guerre de Corée a été vraiment le pire cauchemar.

 

« Le chantage nucléaire américain a alors provoqué même un exode de 'réfugiés de la bombe atomique' du Nord au Sud.

 

« Ce sont les Etats-Unis qui ont introduit les armes nucléaires pour la première fois dans la péninsule coréenne. Dans la seconde moitié des années 1950, comme le mouvement antinucléaire ne cessait de gagner en virulence au Japon et que le pouvoir japonais pro-américain d'alors en était mis à péricliter, les Etats-Unis ont choisi de déplacer en Corée du Sud leurs armes nucléaires déployées au Japon. Ainsi, en 1957, ils ont introduit en Corée du Sud leur première panoplie d'armes nucléaires tactiques qui avait été au Japon. Depuis, ils n'ont cessé d'accroître leur arsenal d'armes nucléaires en Corée du Sud de telle façon que le nombre de ces armes a atteint au milieu des années 1970 un millier.

 

« Depuis la fin des années 1960, ils se sont mis à effectuer fiévreusement des exercices militaires conjoints américano-sud-coréens pour l'essai de leurs armes nucléaires placées en Corée du Sud en vue d'une guerre d'agression contre notre République.

 

« La RPD de Corée a consenti d'intenses efforts pour éliminer la menace nucléaire américaine, ce par trois étapes.

 

« A une première étape, le gouvernement de notre République s'est efforcé de dissiper la menace nucléaire des Etats-Unis par voie de dialogue et de négociation et au moyen de la création d'une zone dénucléarisée.

 

« A la deuxième, il a travaillé dans le même temps à y parvenir par voie de recours au droit international.

 

« La dernière option qui nous restait a été de riposter par les 'armes nucléaires aux armes nucléaires'.

 

« Ainsi, c'est la menace nucléaire constante des Etats-Unis qui a poussé notre République à penser à disposer de ses propres armes nucléaires.

 

Yongbyon_5MWe_Magnox_reactor.jpg« Le 10 janvier 2003, le gouvernement de notre République a arrêté une mesure d'autodéfense résolue, celle de mise en vigueur de son retrait du Traité de non-prolifération des armes nucléaires qu'il a suspendu pendant dix ans, pour quitter définitivement ce traité.* Et libre de toute contrainte du traité, il a mis légitimement et au vu et au su de tout le monde à la fabrication d'armes toute la quantité de plutonium sortie au cours de la production d'électricité de sa centrale nucléaire-pilote [de Yongbyon].

 

« En octobre 2006, trois ans après son retrait du traité, il a effectué un premier essai nucléaire, puis, en mai 2009, un second.

 

« De cette façon, a été mis enfin un terme au déséquilibre de forces nucléaires prévalant en Asie du Nord-Est bourrée d'armes nucléaires et sous des parapluies nucléaires excepté seulement la RPD de Corée exempte de toute arme nucléaire. Grâce à la force de dissuasion de notre République, soit sa détention d'armes nucléaires, a diminué sensiblement le danger de nouvelle guerre dans la péninsule coréenne. C'est là les efforts que nous tendons pour éliminer la menace nucléaire à l'étape actuelle, non seulement par les paroles, mais aussi par des actions réelles en opposant aux armes nucléaires américaines les nôtres propres.

 

« Etablir un système de paix durable et réaliser la dénucléarisation de la péninsule coréenne, c'est la position invariable du gouvernement de notre République.

 

« Comme il est indiqué dans la déclaration commune du 9 septembre adoptée et publiée lors des pourparlers à six de 2005 [RPDC, Corée du Sud, Etats-Unis, Chine, Russie, Japon], la dénucléarisation de la péninsule coréenne consiste à éliminer complètement la menace nucléaire réelle provenant de l'extérieur, ce avec tous les moyens de vérification possibles, et à transformer la péninsule coréenne en une zone sans armes nucléaires. Or, cela présuppose la création d'une confiance mutuelle. Plus tôt est conclu un traité de paix dans la péninsule coréenne en état d'armistice, plus rapidement sera créée cette confiance nécessaire à la dénucléarisation.

 

« Les forces armées nucléaires de la RPD de Corée n'ont pour mission que de dissuader et de refouler l'agression et l'attaque nucléaire étrangère contre notre pays et notre nation tant que ne soit réalisée la dénucléarisation de la péninsule coréenne et du reste du monde.

 

« Nous sommes prêts à nous joindre sur un pied d'égalité avec les autres pays nucléaires à l'effort international de non-prolifération des armes nucléaires, à celui de gestion sécuritaire des matières nucléaires et de réduction des armes nucléaires.

 

« Nous ne fabriquerons qu'une quantité strictement nécessaire d'armes nucléaires et nous ne participerons pas à la course aux armements nucléaires.

 

« Nous participerons à l'égal des autres pays nucléaires à l'effort international de démantèlement des armes nucléaires.

 

« A l'avenir comme par le passé, la RPD de Corée consentira des efforts inlassables pour réaliser la dénucléarisation de la péninsule coréenne et du reste du monde, indifféremment à ce que les pourparlers à six soient repris ou non. »


Nombre d'essais nucléaires effectués dans le monde entre 1945 et 2010

Israël et l'Afrique du Sud auraient effectué un essai en commun en 1979

  (source : Wikipedia - photo : test atomique XX-12 GRABLE effectué le 25 mai 1953 dans le Nevada)

 

Le 3 mai 2010, lors de la Conférence de révision du TNP, les  Etats-Unis ont annoncé que l'arsenal américain était composé de 5 113 têtes nucléaires à fin septembre 2009,  une information jusqu'ici « secrète ». Le 9 avril 2010, par la voix de la secrétaire d'Etat Hillary Clinton, l'administration américaine affirmait que la RPDC possédait « entre une et six armes nucléaires ».

 

Compte tenu du déséquilibre des forces en présence, face aux  nouvelles menaces proférées l'encontre de la RPDC par les Etats-Unis dans leur nouvelle posture nucléaire, et gardant en mémoire l'histoire tourmentée de la Corée au 20eme siècle, l'Association d'amitié franco-coréenne appuie les principes énoncés dans le mémorandum du ministère des Affaires étrangères de RPDC. Alors qu'approche le soixantième anniversaire du déclenchement de la Guerre de Corée (25 juin 1950), l'Association d'amitié franco-coréenne appelle une fois de plus à mettre un terme définitif à cette guerre en remplaçant l'accord d'armistice de 1953 par un véritable traité de paix entre les Etats-Unis et la RPDC, ce que refusent toujours les Etats-Unis sous les prétextes les plus divers. La négociation d'un tel traité de paix est pourtant de nature à rétablir la confiance entre les anciens belligérants, et constitue un nécessaire premier pas vers la dénucléarisation totale de la péninsule coréenne.

 

* Le retrait d'un pays du Traité de non-prolifération est prévu dans l'article 10 dudit traité : « Chaque Partie, dans l'exercice de sa souveraineté nationale, aura le droit de se retirer du Traité si elle décide que des événements extraordinaires, en rapport avec l'objet du présent Traité, ont compromis les intérêts suprêmes de son pays. » En se retirant du TNP en 2003, la RPDC entendait donc préserver ce qu'elle considérait être ses « intérêts suprêmes » face aux Etats-Unis qui refusaient de remplacer l'accord d'armistice de 1953 par un véritable traité de paix en Corée, maintenaient des moyens aéronavals - y compris nucléaires - en Asie du Nord-Est, et usaient d'une rhétorique hostile à l'égard de la RPDC (cf discours du président Bush sur l' « axe du mal » en janvier 2002).

 

Sources :

« Mémorandum du ministère des AE de la RPD de Corée à propos du problème nucléaire », Naenara, 24 avril 2010

« Armes nucléaires : le Pentagone dévoile le nombre de ses ogives ». RIA-Novosti, 4 mai 2010

« Pour Hillary Clinton, la Corée du Nord aurait 'entre une et six armes nucléaires' », Libération, 10 avril 2010

Site de la Conférence des Parties chargée de l’examen du Traité de non-prolifération des armes nucléaires (3-28 mai 2010)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations Etats-Unis-Corée
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* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)