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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 14:23

Le 16 juin 2013, la Commission de la défense nationale de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a proposé au gouvernement américain d'engager des discussions sur un champ très large, incluant la signature d'un traité de paix dans la péninsule coréenne et la question nucléaire. Cette offre de dialogue intervient après des échanges entre la RPDC et le Japon d'une part, la RPDC et la Chine d'autre part, alors que les contacts préparatoires à une rencontre intercoréenne, également proposée par Pyongyangviennent d'échouer. La question coréenne a aussi été à l'agenda des rencontres entre Barack Obama et Park Geun-hye, puis entre les présidents chinois et américain, alors que le président Xi Jinping doit recevoir à Séoul son homologue sud-coréenne le 20 juin prochain. L'initiative des autorités nord-coréennes est saluée par l'AAFC, qui milite en faveur d'un traité de paix dans la péninsule coréenne et de garanties de sécurité, en lieu et place de l'accord d'armistice ayant mis un terme aux combats de la guerre de Corée, en 1953 : deux générations plus tard, il est temps d'assurer la paix et la prospérité dans cette région du monde.

 

Kim-Jong-Un_North-Korea.jpg

 

Dans sa récente offensive tous azimuts en faveur du dialogue et de la paix en Asie du Nord-Est, impliquant des contacts bilatéraux ou des offres de discussion avec toutes les parties impliquées dans les pourparlers à six sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) vient de s'adresser aux Etats-Unis, qui détiennent les clés d'un accord de paix dans cette partie du monde. En effet, c'est sous commandement américain que les forces des Nations Unies ont combattu en Corée entre 1950 et 1953, et c'est à ce titre que les généraux américains ont été, avec la Corée du Nord et la Chine, l'une des trois parties signataires de l'accord d'armistice du 27 juillet 1953 ; par ailleurs, plus de 28.000 soldats stationnent aujourd'hui encore dans le Sud de la péninsule coréenne, et en cas de conflit les troupes sud-coréennes seraient placées sous l'autorité du commandement américain.

 

Les réactions hostiles des observateurs sud-coréens à cette offre de dialogue de Pyongyang, où ils disent craindre l'isolement de Séoul, ignorent que ce sont les mêmes qui ont refusé le transfert du commandement des troupes sud-coréennes des Etats-Unis à la Corée du Sud en temps de guerre. De même, la déclaration conjointe Nord-Sud du 4 octobre 2007 ouvrait la voie à la présence de la Corée du Sud comme signataire d'un traité de paix, alors qu'elle n'était pas assise en tant que telle à la table des négociations en 1953. En empêchant la mise en oeuvre de la déclaration du 4 octobre 2007, la droite sud-coréenne a créé elle-même les conditions de sa marginalisation sur les dossiers de sécurité alors que, en 2007, la Corée du Nord était prête à faire entrer la Corée du Sud dans le champ de ces discussions, qui auraient donc rompu le face-à-face traditionnel entre Washington et Pyongyang.

 

Dans un communiqué publié le 16 juin 2013, la Commission de la défense nationale de la RPD de Corée invite les autorités américaines à fixer les modalités, notamment l'heure et le lieu, de "discussions sur une grande série de sujets, y compris le but des Etats-Unis de parvenir à un monde libéré de son arsenal nucléaire", tout en précisant que la RPD de Corée conserverait ses armes nucléaires tant qu'elle serait l'objet de menaces par des puissances extérieures. Le champ potentiel de discussions s'avère donc très large - de la signature d'un traité de paix à la dénucléarisation, en passant par des nécanismes garantissant une sécurité collective.

 

La perspective d'un monde sans armes nucléaires répond à un des objectifs affichés de la diplomatie américaine, qui a toutefois une lecture partisane du Traité de non-prolifération (TNP) : si le TNP prévoit qu'aucun nouvel Etat ne se dote de l'arme nucléaire, c'est en contrepartie que les Etats qui en sont déjà dotés s'engagent, eux aussi, sur la voie de la dénucléarisation. Les Etats-Unis retiennent seulement la première proposition, et pour les seuls pays qui ne sont pas leurs alliés (comme la RPDC et l'Iran), mais pas la deuxième proposition qui impliquerait qu'ils renoncent, avec la Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni, à leur monopole de l'arme nucléaire.

 

Pendant la guerre froide, les Etats-Unis ont toutefois accepté de réduire, de manière négociée avec l'Union soviétique, leur arsenal nucléaire. Ne pourrait-on pas envisager une négociation globale autour des questions de paix et de sécurité en Asie du Nord-Est ? Une promesse des Etats-Unis de ne pas déployer d'armes nucléaires au Sud de la Corée, ou encore leur engagement sur la voie de négociations pour un traité de paix seraient des signaux positifs qu'ils acceptent de bonne foi des discussions avec la RPDC, en renonçant à la politique du coup de force - dont les manoeuvres américano - sud-coréennes ont, malheureusement, encore fourni récemment une illustration.

 

Par le passé, Washington a accepté des discussions avec Pyongyang, quitte à les inscrire dans un cadre multilatéral (à quatre avec la Corée du Sud et la Chine, puis à six avec la Russie et le Japon). Pour la paix, la sécurité et la prospérité de l'Asie du Nord-Est, l'AAFC espère que les Etats-Unis prendront le soin d'examiner une offre de dialogue qui pourrait permettre de sortir, enfin, de l'actuelle impasse diplomatique et militaire dans cette région du monde. 

 

Sources : AAFC, KCNA (dont photo), Le Monde, Bloomberg.

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations Etats-Unis-Corée
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Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)