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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 23:53

Après l'armistice de la guerre de Corée, le 27 juillet 1953, des combats se sont poursuivis dans plusieurs régions isolées de la péninsule. Au Sud de la péninsule, un groupe de partisans communistes, favorables à la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), ont combattu jusqu'en 1963. Parmi eux, une femme, Jong Sun-dok (정순덕), a été capturée et emprisonnée jusqu'en 1985. Décédée en 2004, elle était la dernière partisane coréenne au Sud de la péninsule.

 

Dans le comté de Sancheong, aux pieds des Monts Jiri dans la province du Gyeongsang du Sud, deux musées rappellent le combat mené par des partisans de gauche contre le gouvernement sud-coréen, de 1948 à 1963.

 

Partisan-Struggle_Jirisan.jpgAvant le déclenchement de la guerre de Corée en juin 1950, des guérillas de gauche, dans le Sud de la péninsule, avaient pris les armes pour lutter contre le gouvernement de droite autoritaire de Syngman Rhee, soutenu par les Etats-Unis. Fin octobre 1948, des guérilleros s'étaient soulevés à Yeosu. Rapidement défaits, plus de 1.000 combattants se réfugièrent dans les Monts Jiri, où ils rejoinrent d'autres guérilleros : l'historien américain Bruce Cumings considère cette date comme le début de la guerre de guérilla organisée sur le sol de la péninsule coréenne, après le soulèvement de l'île de Jeju. La guérilla des Monts Jiri parvint à se maintenir jusqu'au début de la guerre de Corée, lorsque les premiers succès de l'Armée populaire de Corée (du Nord) permirent son renforcement. Malgré le recul des forces communistes du Nord, la situation propre aux Monts Jiri entraîna la poursuite de combats particulièrement violents, ayant touché largement les populations civiles. De nombreux partisans, coupés des soldats nord-coréens, furent tués lors de l'opération appelée "Dératisation" conduite en 1951 par le général sud-coréen Paik Sun-yup (ci-dessus à gauche, statues dans le parc du musée illustrant l'élimination des combattants communistes). Toutefois, quelque 8.000 guérilleros continuèrent le combat dans les Monts Jiri, et ne rendirent pas les armes lors de l'armistice du 27 juillet 1953. Les derniers partisans furent capturés à l'aube du 12 novembre 1963. Parmi eux, une femme Jong Sun-dok, âgée de 30 ans, fut blessée lors de sa capture, alors qu'elle s'était cachée sous le système de chauffage par le sol ondol - dans un endroit où la chaleur était telle qu'elle pensait que les troupes sud-coréennes ne s'aventureraient pas. Touchée par balles, elle fut amputée d'une jambe.

 

L'endroit où Jong Sun-dok a été blessée et capturée constitue la pièce centrale du Musée mémorial Nambugun.

 

Jong Sun-dok avait combattu plus de douze ans dans les forêts des Monts Jiri, où elle avait suivi son mari. Emprisonnée à vie, elle ne fut libérée qu'en 1985. Sans avoir pu rejoindre la République populaire démocratique de Corée, elle est restée fidèle aux idéaux communistes jusqu'à sa mort, survenue le 1er avril 2004.

 

Jeong-Sun-deok.jpg

Sources :

- Axis History Forum, discussion "Inchon Landing Operation and Liberation of Seoul" ;

- Philippe Gowman, "Remembering the struggle against the partisans", sur le site London Korean Links, article publié le 6 août 2010 ;

- portrait sur le site Oreum.net ;

- wikipédia (article en coréen consacré à 정순덕).

 

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Histoire de la Corée
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