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30 septembre 2011 5 30 /09 /septembre /2011 14:38

PakKilyon_ONU_27092011.jpgDu 21 au 27 septembre 2011, à New York, s’est tenu le débat général de la 66ème session de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies, dont le thème était « le rôle de la médiation dans le règlement pacifique des conflits ». Lors de son intervention, Pak Kil-yon, vice-ministre des Affaires étrangères de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), a plaidé pour le respect de la Charte de l’Organisation des Nations Unies, notamment du principe d’égalité souveraine des Etats membres contenu dans la Charte, contre les doubles standards dans les relations internationales. Concernant plus spécifiquement la situation en Corée, le vice-ministre nord-coréen a une nouvelle fois tendu la main aux Etats-Unis pour que ceux-ci acceptent de négocier un véritable traité de paix, tout en réaffirmant la volonté de la RPDC de reprendre, sans condition préalable, les pourparlers sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne qui réunissent les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon. Il a également enjoint le gouvernement sud-coréen à revenir sur sa politique de confrontation à l’égard du Nord et à mettre en application les déclarations adoptées lors des sommets Nord-Sud de 2000 et 2007. Voici le texte intégral du discours prononcé par le vice-ministre Pak Kil-yon devant l'Assemblée générale des Nations Unies le 27 septembre 2011.



Monsieur le Président,

En premier lieu, je tiens à vous féliciter, M. Nassir Abdulaziz AINasser, pour votre élection comme Président de la 66ème session de l’Assemblée générale de l'Organisation des Nations Unies, et j’ai confiance dans vos capacités de président pour faire de cette session un succès.

Mes félicitations vont aussi à la République du Soudan du Sud pour son admission au sein de l'Organisation des Nations Unies.

Monsieur le Président,

Cette année, cela fait 20 ans que la République populaire démocratique de Corée (RPDC) est membre de l'Organisation des Nations Unies.

La RPDC a rejoint les Nations Unies en raison de son désir de défendre la paix mondiale et de parvenir à une prospérité commune pour l’humanité avec tous les membres des Nations Unies, et elle est depuis restée fidèle aux buts et principes de la Charte des Nations Unies comme elle l’avait promis.

Toutefois, dans les relations internationales actuelles la logique de puissance et la politique autoritaire deviennent d’autant plus évidentes qu’elles nient le principe d’égalité souveraine contre les efforts et souhaits des Etats membres des Nations Unies. Quelques pays cherchent à interférer dans les affaires internes et à user de la force contre des Etats souverains dans une tentative de dominer les régions qui représentent un intérêt stratégique pour eux, sous le prétexte de protéger les civils et de défendre la paix. Malheureusement, l’Organisation des Nations Unies est détournée dans ce processus.

La loi et l’ordre internationaux sont violés et sapés par les actions arbitraires et autoritaires de certaines grandes puissances. Cette réalité actuelle requiert que les Etats membres des Nations Unies réaffirment les principes de défense de la paix et d’égalité souveraine consacrés par la Charte des Nations Unies et accélèrent le processus de réforme des Nations Unies, dont le renforcement du pouvoir de l’Assemblée générale.

Il y a longtemps que l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté les résolutions demandant le démantèlement du « Commandement des Nations Unies » en Corée du Sud et la fin du blocus des Etats-Unis à l’encontre de Cuba, résolutions qui n’ont pas été appliquées à ce jour. Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres qui met en évidence le besoin urgent de renforcer l’autorité de l’Assemblée générale.

Pour un renforcement de l’autorité de l’Assemblée générale des Nations Unies, il est nécessaire de mettre en place de manière urgente un mécanisme par lequel les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies relatives à la paix et à la sécurité comme celles concernant les sanctions et l’usage de la force seront soumises à l’approbation de l’Assemblée générale avant de prendre effet.

Il y a un autre domaine où la logique de puissance se manifeste plus clairement dans les relations internationales. Il ne s'agit de rien d’autre que du Troisième Comité de l’Assemblée générale des Nations Unies et du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies.

Même si une réforme a été annoncée pour en finir avec la politisation, la sélectivité et les doubles standards dans le traitement des questions de droits de l'homme, la réalité qui prévaut encore est qu'on choisit certains pays pour discuter de leur situation quant aux droits de l'homme, alors qu'on passe sous silence ceux qui violent le plus les droits de l'homme, conformément aux objectifs et intérêts politiques de l'Occident et selon les critères des valeurs occidentales.

Nous pensons que le processus de réforme des organes dédiés aux droits de l'homme devrait s'intensifier de manière à parvenir à un système pouvant garantir d'authentiques droits et libertés aux peuples de tous les pays, dans le respect de la diversité des histoires et des cultures, des idées et des systèmes dans le monde.

Dans le même temps, certains progrès ont été accomplis dans le domaine du développement durable, un des trois objectifs fixés par les Nations Unies pour les deux décennies ayant suivi la Déclaration de Rio sur l'environnement et le développement. Cependant, nous faisons toujours face à d'immenses défis.

Nous considérons que la Conférence des Nations Unies sur le développement durable qui se tiendra en 2012 doit adopter des mesures pratiques concernant des questions telles que la création d'un environnement pacifique pour le développement, l'instauration de relations économiques et commerciales équitables, le retrait des sanctions, la mise en application des engagements pour l'Aide publique au développement (APD), le transfert de technologies bonnes pour l'environnement et une assistance financière accrue pour les pays en voie de développement.

C'est un droit inaliénable du peuple palestinien de mettre fin à l'occupation israélienne et de fonder lui-même un Etat indépendant. C'est aussi une obligation pour la communauté internationale d'admettre la Palestine comme Etat membre à part entière de l'Organisation des Nations Unies.

La RPDC qui a reconnu l'Etat palestinien en 1988 soutient son admission au sein de l'Organisation des Nations Unies et exprime sa conviction que les aspirations du peuple palestinien deviendront réalité.

Monsieur le Président,

Aujourd'hui en RPDC, la marche est générale et bat son plein pour mener à bien la cause de l'édification d'un pays prospère sous la sage direction du grand Général Kim Jong-il.

Le gouvernement de la RPDC concentre toutes ses ressources sur la construction économique en insistant principalement sur l'amélioration sensible des conditions de vie du peuple, parvenant ainsi à des succès remarquables et sans précédent.

La construction économique de la RPDC apportera une contribution significative aux efforts de la communauté internationale pour réaliser le développement régional et atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) fixés par les Nations Unies.

Dans ce contexte, un environnement stable et pacifique constitue aujourd'hui un préalable indispensable pour la RPDC et son peuple dans leur lutte pour la construction économique.

Nous regrettons toutefois que la péninsule coréenne ne connaisse pas encore de mécanisme de paix permanente et durable.

La division de la nation imposée par les forces extérieures et le fragile armistice qui n'est ni la guerre ni la paix persistent depuis maintenant plus d'un demi siècle. Telle est la triste réalité de la péninsule coréenne.

En dépit des aspirations et désirs unanimes de tous les peuples qui, dans le pays et à l'étranger, veulent la paix et la stabilité, l'augmentation des armements et les exercices en vue d’une guerre nucléaire dirigés contre la RPDC se poursuivent dans la péninsule coréenne et dans ses environs. Pour ces raisons, une situation dangereuse se répète dans la péninsule coréenne qui est souvent amenée au bord de la guerre.

La situation qui prévaut ne présente pas seulement une grave menace pour la souveraineté et la sécurité de notre République, mais elle fait aussi obstacle à tous les efforts de notre peuple en vue d'un développement pacifique.

Sans la politique de Songun déployée par le grand dirigeant de notre peuple, le Général Kim Jong-il, et sans notre puissante force de dissuasion, la péninsule coréenne serait devenue un théâtre de guerre des douzaines de fois et notre construction économique pacifique aurait été inimaginable.

le gouvernement de la RPDC a maintenu sa position et désire garantir la paix, la stabilité et la dénucléarisation de la péninsule coréenne à travers le dialogue et les négociations.

Les circonstances présentes dans la péninsule coréenne exigent que toutes les parties concernées saisissent l’opportunité du dialogue et prennent la décision courageuse d’agir franchement pour résoudre les questions fondamentales.

La situation tendue persistant dans la péninsule coréenne est imputable aux relations hostiles entre la RPDC et les Etats-Unis qui accroissent la méfiance et la confrontation.

Aussi longtemps qu’il y aura de l’hostilité entre la RPDC et les Etats-Unis et que les parties à l’accord d’armistice pointeront leurs armes les unes sur les autres, la méfiance et la confrontation ne disparaîtront pas et la dénucléarisation de la péninsule coréenne ne trouvera pas de solution satisfaisante.

C’est dans cette intention que la RPDC a une nouvelle fois proposé l’année dernière de tenir des négociations pour remplacer l’accord d’armistice par un traité de paix.

La signature d’un traité de paix, en tant que mise en application de la résolution 3390 adoptée en 1975 à la 30ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies, est la mesure la plus efficace pour bâtir la confiance et éloigner la méfiance entre la RPDC et les Etats-Unis, et servira en outre de moteur pour assurer la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

La dénucléarisation de toute la péninsule coréenne est la dernière instruction du Président Kim Il-sung, le grand dirigeant du peuple coréen.

La dénucléarisation de la péninsule coréenne figurant dans la Déclaration conjointe du 19 septembre 2005 est un processus visant à transformer toute la péninsule coréenne en une zone exempte d’armes nucléaires, basé sur l’élimination complète et vérifiable de la menace nucléaire pesant actuellement de l’extérieur sur la péninsule coréenne.

La question de la dénucléarisation de la péninsule coréenne découle à tous égards de la politique hostile et de la menace de guerre nucléaire des Etats-Unis contre la RPDC. Pour cette raison, les Etats-Unis en sont les principaux responsables et ont la capacité d’éliminer la racine du problème. La question nucléaire n’aurait jamais été soulevée si les Etats-Unis n’avaient pas déployé d’armes nucléaires dans la péninsule coréenne ni menacé la RPDC avec leur arsenal nucléaire.

Dans les circonstances actuelles qui voient la péninsule coréenne se tenir au carrefour de l’apaisement des tensions ou du cercle vicieux de l’aggravation des tensions, les Etats-Unis devraient abandonner franchement leur politique hostile à l’encontre de la RPDC et aller vers un dialogue complet, conformément à leur vision stratégique de long terme.

Dans le futur, la RPDC déploiera aussi d'énormes efforts pour établir un mécanisme de paix durable et soutenue dans la péninsule coréenne de continuera de coopérer avec toutes les parties concernées pour la reprise sans condition préalable des négociations à six parties.

Monsieur le Président,

Les relations inter-coréennes avaient évolué favorablement dans la péninsule coréenne après la publication de la Déclaration du 15 juin. Il est cependant extrêmement regrettable que les relations Nord-Sud se soient détériorées au point d’atteindre aujourd’hui leur pire niveau avec une atmosphère générale de guerre et de confrontation entre compatriotes après l’entrée en fonction des autorités sud-coréennes actuelles.

Il y a derrière tout cela un grave problème qui est la question de l’antagonisme et de la contradiction fondamentale dans les approches de la réunification de la péninsule coréenne.

Des idées et systèmes différents existent aujourd’hui au Nord et au Sud de la Corée. Compte tenu de cette réalité, le choix de la méthode de réunification est en lui-même une question essentielle qui mènera à une réunification nationale ou à un désastre national.

Le Nord et le Sud de la Corée, par la Déclaration conmune du 15 juin 2000, ont reconnu qu’il y a des points communs entre la formule fédérale proposée par le Nord et la formule confédérale proposée par le Sud pour la réunification, et ils ont convenu de faire progresser la réunification dans cette direction à l’avenir. 

Cet accord du Nord et du Sud a été accueilli et soutenu chaleureusement par tous les compatriotes comme par la communauté internationale, y compris l’Organisation des Nations Unies.

Mais les autorités sud-coréennes actuelles ont totalement renié la Déclaration du 15 juin sur la méthode convenue pour la réunification et ont présenté ce qu’elles appellent la théorie de l’ « unification par absorption », laquelle présuppose l’effondrement de l’autre partie, faisant ainsi entrer les relations inter-coréennes dans une phase critique de confrontation et accroissant chaque jour qui passe le danger de guerre.

Au vu de la réalité qui prévaut dans la péninsule coréenne, la dénommée « unification par absorption » est la route menant à la guerre alors que la formule fédérale conduit à la paix.

La formule fédérale est une proposition réaliste pour une réunification reposant sur la coexistence et la meilleure méthode possible pour une réunification pouvant empêcher une guerre. Elle est aussi une proposition raisonnable pour une réunification qui s’accorde avec les intérêts de la région et des pays voisins en ce qu’elle présuppose la neutralité de l’Etat réunifié.

Si les autorités sud-coréennes actuelles veulent vraiment voir la situation se détendre dans la péninsule coréenne et les relations inter-coréennes s’améliorer, elles doivent abandonner leur attitude provocatrice contre la paix et la réunification et changer de politique pour respecter et appliquer totalement la Déclaration du 15 juin et la Déclaration du 4 octobre, adoptées au sommet par le Nord et le Sud.

Monsieur le Président

Dans le futur, aussi, la RPDC renforcera et développera les relations d’amitié et de coopération avec tous les Etats membres des Nations Unies conformément aux idées d’indépendance, de paix et d’amitié qui sous-tendent sa politique étrangère, et fera de son mieux pour défendre la paix et la sécurité dans la péninsule coréenne et dans le reste du monde et pour promouvoir le développement conjoint et la prospérité commune de l’humanité.

Je vous remercie.



Source : Organisation des Nations Unies (traduction : AAFC)
 

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations internationales de la Corée
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