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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 00:09

Kim Geun-tae nous a quittés le 30 décembre 2011, à l'âge de 64 ans, des suites des actes de torture dont il avait été victime dans son combat contre le régime militaire sud-coréen. L'Association d'amitié franco-coréenne salue la mémoire et les luttes d'un militant pour la démocratie et les droits de l'homme en Corée du Sud.

 

522px-Kim_Keun-Tae.jpgNé le 14 février 1947 à Bucheon, Kim Geun-tae s'est engagé dans les luttes contre les régimes militaires de Park Chung-hee et Chun Doo-hwan. Président de la Fédération de la jeunesse démocratique, puis dirigeant de l'Alliance nationale démocratique de la Corée (Chunminryon), il a été torturé et emprisonné à plusieurs reprises dans les années 1970, 1980 et 1990. Dans son roman Namyungdong, il a décrit la torture policière des généraux sud-coréens.

 

Il a gardé des séquelles des actes de tortures qu'il a subis, en particulier lors de son emprisonnement de 1985 où il a été pratiquement laissé pour mort après avoit été battu à dix reprises, étant notamment atteint de la maladie de Parkinson. La torture électrique aurait créé un choc au cerveau, à l'origine de sa mort, selon les médecins.

 

Il a été lauréat, avec se femme In Chae-keun, du prix Robert F. Kennedy des droits de l'homme en 1987.

 

Il a été à nouveau emprisonné en 1990, soi-disant pour infraction à la loi de sécurité nationale, qui interdit les contacts avec le Nord mais reste largement utilisée en 2012 pour combattre tous les opposants au pouvoir sud-coréen. Le gouvernement militaire, au pouvoir à Séoul jusqu'en 1993, voulait faire taire cet avocat de la liberté d'opinion et d'expression. Une campagne internationale, conjuguée aux pressions de la commission des Nations Unies pour les droits de l'homme, lui rend la liberté en 1992.

 

Ses combats pour la démocratie, la paix avec le Nord, l'intégration sociale et l'égalité entre les sexes lui ont valu le surnom de "grand-père de la démocratie".

 

S'engageant en politique, il a été député depuis 1996. A partir de 2003, il a dirigé le Parti Uri favorable au Président Roh Moo-hyun, après avoir été un de ses adversaires malheureux à l'investiture du Parti démocratique du millénaire à l'élection présidentielle de 2002.

 

Ministre de la Santé et des affaires sociales du Président Roh Moo-hyun de juin 2004 à avril 2006, il s'est aussi engagé dans le combat en faveur de réunification de la Corée, en se rendant dans la zone industrielle de Kaesong, au Nord, en octobre 2006, deux semaines seulement après le premier essai nucléaire nord-coréen. En 2001, il avait été élu président de la Fondation pour la paix et le développement économique de la Corée.

 

Dans un message laissé sur son blog le 18 octobre 2011, avant de tomber gravement malade, il avait appelé à "Occuper 2012", en exhortant les démocrates coréens à s'inspirer des printemps arabes pour que le peuple reprenne le pouvoir politique. Partisan dès les années 1980 de la réforme contre la révolution, il avait ainsi pris acte du blocage du système politique sud-coréen. En 2009, il avait créé un groupe de travail pour donner du contenu à un programme d'opposition au Président Lee Myung-bak.

 

Ses funérailles auront lieu le 3 janvier. Il sera enterré au cimetière des Martyrs de la démocratie au parc Moran de Maseok, dans la province de Gyeonggi.

 

Sources :

- Hankyoreh ;

- biographie sur le site de l'OCDE ;

- wikipédia (versions anglaise, dont photo, et française) ;

- Yonhap.

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Politique sud-coréenne
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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)