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19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 12:09

 

logo-CILRECO.gifAlors que la Corée du Sud s'apprête à reprendre ses tirs d'artillerie à partir de l'île de Yeonpyeong, les précédents exercices de ce type étant à l'origine de la crise actuelle en Corée, l'Association d'amitié franco-coréenne publie une déclaration du professeur Robert Charvin, vice-président de l'AAFC et membre de la présidence du Comité international de liaison pour la paix et la réunification en Corée (CILRECO). Robert Charvin réaffirme l'urgence d'un traité de paix en Corée. Il revient aussi sur l'enquête préliminaire lancée le 6 décembre 2010 par la Cour pénale internationale au sujet du naufrage de la corvette sud-coréenne Cheonan , le 26 mars, imputé à la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), et des tirs nord-coréens contre l’île de Yeonpyeong, le 23 novembre.

 

 

Pour la paix en Corée :

la négociation et la conclusion d'un traité de paix

 

Les États-Unis et leurs alliés sud-coréens n'ont aucun complexe. Ils ont les moyens d'instrumentaliser toutes les institutions internationales pour obtenir le soutien à leur politique.

 

A l'heure où aux États-Unis même des historiens revisitent les origines de la guerre de 1950-1953, en révélant les massacres sud-coréens dès 1948 et l'appui des États-Unis apporté sans réserve aux autorités de Séoul, le Parquet de la Cour pénale internationale mène une enquête préliminaire sur l'affaire du Cheonan et sur celle de l'île de Yeonpyeong.

 

En droit, ce type d'affaires ne relève pas de la compétence de la Cour pénale internationale. Dans les faits, l'affaire du Cheonan a été montée de toutes pièces par Séoul tandis que celle de Yeonpyeong résulte d'une ligne « frontière » tracée unilatéralement par la marine américaine en 1953 et contestée par la RPDC depuis un demi-siècle !

 

Dans cette zone maritime, les incidents et les manœuvres militaires américano-sud-coréennes se multiplient, à quelques kilomètres des côtes de la RPDC et l'île de Yeonpyeong est une base militaire sud-coréenne dont la population civile travaille pour une part au service de l'armée, tout en servant de « bouclier humain » aux militaires.

 

Depuis des décennies, c'est-à-dire depuis 1953, la RPDC réclame une négociation véritable avec les États-Unis en faveur de la conclusion d'un traité de paix, créant les conditions d'une détente et d'une coopération, y compris pour résoudre la question nucléaire que les États-Unis mettent systématiquement en avant.

 

Ces négociations, Washington, Séoul et Tokyo les refusent : on préfère dénoncer les prétendues « provocations » de la Corée du Nord, essayer de la dissocier de la Chine, tout en constituant simultanément un front anti-chinois. On invente des explications fantaisistes pour expliquer les réactions de Pyongyang, sans jamais mettre en cause la responsabilité de Séoul !

 

Ces négociations RPDC-États-Unis et la conclusion d'un traité de paix sont plus que jamais urgentes : elles sont possible puisqu'elles avaient commencé avec le Président Clinton, qu'elles étaient appuyées par l'ancien Président Carter et qu'elles avaient commencé avec Séoul lorsque le gouvernement sudiste y était favorable.

 

Aujourd'hui, c'est le retour à la guerre froide et à une volonté affirmée de la part des États-Unis et de la Corée du Sud d'une rupture totale. Depuis 2008, les gouvernements sud-coréens ne cessent d'aggraver la situation sans que les gouvernements européens et leurs médias ne tentent de les freiner.

 

Pour rétablir un climat de paix, il est nécessaire de négocier un traité entre ceux qui sont depuis plus d'un demi-siècle en état de belligérance. Cette négociation pourrait créer les conditions d'un désarmement et le départ des troupes étrangères de la zone. Pour y parvenir, les États-Unis doivent maintenir une politique stable et cohérente : ce n'est pas le cas au fil des élections américaines et des différents présidents. L'ancien ambassadeur Gregg à Séoul entre 1989 et 1993 l'a lui-même souligné, l'ambassadeur Laney à Séoul (1993-1997) a ajouté qu'un « traité de paix fournirait une base de référence pour nos relations ». Si l'on recense les diverses propositions d'hier et d'aujourd'hui de la RPDC, on ne peut que constater que Pyongyang est prête à la discussion.

 

Le 9 décembre 2010

 

Robert Charvin

Professeur Émérite des Facultés de Droit

 

 

A lire aussi :

Robert Charvin, Guillaume Dujardin, La Corée vers la réunification, L'Harmattan, 2010

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans CILRECO
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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)