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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 23:46

Fin juin 2011, Swissinfo a interrogé Katharina Zellweger, représentante de la Coopération suisse en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), que les délégations de l'AAFC ont aussi eu l'occasion de rencontrer lors de leurs visites en Corée. Katharina Zellweger a fait état de ses inquiétudes sur la précarité de la situation alimentaire et elle a également détaillé les projets de coopération conduits par la Suisse en Corée du Nord. Ceux-ci peuvent constituer un modèle pour que l'aide publique au développement de la France en RPDC s'élève au niveau de la Suisse, alors que l'ouverture prochaine d'un bureau français de coopération à Pyongyang représente un premier pas vers la normalisation des relations diplomatiques, qui mérite d'être salué mais relativisé : la présence d'officiels français (hors ONG) en RPD de Corée ne passerait que de une à deux personnes, et la France reste encore l'un des deux derniers pays de l'Union européenne - avec l'Estonie - à ne pas avoir établi de relations diplomatiques complètes avec la RPD de Corée.

 

Campagne_Coree_du_Nord.jpg"On voit de plus en plus de gens qui cherchent des racines, des herbes et d’autres plantes comestibles pour se nourrir. Ou alors, ils abattent des arbres pour planter du maïs ou des pommes de terre sur le terrain ainsi gagné", tel est le constat dressé par Katharina Zellweger sur la précarité de la situation alimentaire en Corée du Nord, où elle vit depuis 2006, lors d'entretiens conduits le 27 juin 2011 aux Nations Unies à New York. Les conséquences de la pénurie sont plus fortes dans les villes (sauf à Pyongyang), faute de lopins individuels.

 

Katharina Zellweger explique que plusieurs facteurs se combinent : les conséquences du froid sur les récoltes des céréales de printemps et de pommes de terre, ainsi que la diminution de l'aide alimentaire internationale, une responsabilité particulière incombant au gouvernement sud-coréen du président conservateur Lee Myung-bak, qui a également choisi d'interrompre les livraisons d'engrais en mettant des critères politiques à la fourniture de l'aide intercoréenne. Cette position est critiquée par Katharina Zellweger qui observe qu' "un enfant affamé ne connaît pas de politique".

 

Pour remédier à des difficultés structurelles - les terres arables ne représentent qu'un sixième du territoire de la RPD de Corée, dont la production agricole reste aussi dépendante des aléas climatiques - le bureau de la Direction du développement et de la coopération de la Confédération helvétique mène sur place un ensemble d'actions de coopération.

 

Le gouvernement suisse a mis l'accent sur des programmes éducatifs renforçant les échanges de la RPD de Corée avec le reste du monde. Fin juin, des Nord-Coréens étaient formés au fonctionnement des institutions européennes et internationales. Comme le précise Swissinfo, "leur programme comprend des visites à Strasbourg et à Bruxelles, ainsi qu’à Genève auprès de l’ONU et du Comité international de la Croix-Rouge". Par ailleurs, la Suisse a ouvert à Pyongyang une école de commerce qui "offre une sorte de mini-MBA", comme l'explique Katharina Zellweger. L'enseignement comporte un cours de gestion d’entreprise, le travail individuel et collectif des étudiants étant sanctionné par l'obtention d'un certificat.

 

L'essentiel des actions de coopération suisses porte toutefois sur des projets agricoles, ainsi décrits par Swissinfo : "au centre des projets agricoles suisses, il y a la lutte antiparasitaire biologique, surtout dans la culture du maïs et du chou. En outre, la Suisse mène des projets afin de stabiliser les terres arables des coteaux, où les pentes ont été entièrement déforestées, ce qui a provoqué une érosion des sols.

 

Grâce à ces projets, les habitants apprennent à stabiliser les coteaux et à gagner des terres arables. Les projets s’opèrent en collaboration avec des groupes d’utilisateurs (user groups). Il est important que la population locale participe, car ces personnes ne doivent pas seulement consommer eux-mêmes les aliments ainsi cultivés, mais aussi en vendre sur les marchés ou encore les troquer contre d’autres biens."

 

La Suisse a aussi livré des bovins à la RPD de Corée.

 

Enfin, les difficultés agricoles ne doivent pas occulter les signes visibles de changement, ainsi soulignés par Katharina Zellweger : "Aujourd’hui, on voit plus de voitures et les gens portent de plus en plus des vêtements colorés." Les marchés généraux de biens et de services se développent et les téléphones mobiles sont de plus en plus nombreux, alors qu'une classe moyenne dispose désormais de capacités d'épargne. Ces évolutions, peu perceptibles par le visiteur occasionnel ou l'expatrié qui reste moins d'un an, sont le fait des seuls Nord-Coréens et ne peuvent être imposées de l'extérieur. Comme l'observe Katharina Zellweger, "le changement se produira tôt ou tard. Dans tous les cas, il devra venir de l’intérieur".

 

Sources : AAFC, Swissinfo (article publié le 30 juin 2011). Photo Reuters.

 

Pour en savoir plus sur la coopération entre la Suisse et la RPDC : site de la Direction du développement et de la coopération du Département fédéral des Affaires étrangères de la Confédération helvétique

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations internationales de la Corée
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Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)