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11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 09:00

Alors que la politique étrangère sera un thème majeur du débat des échéances électorales à venir, c'est l'ambassadeur de Corée du Sud en France qui a annoncé - lors d'un passage à Séoul - que le gouvernement français n'ouvrirait pas de bureau de coopération humanitaire et culturelle en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Interrogé à ce sujet par des parlementaires tout au long de l'année 2010, le gouvernement français n'avait pas donné de réponse, laissant donc la primeur de cette annonce au représentant d'une puissance tierce. Face à de telles pratiques de nature à faire douter de l'indépendance de la diplomatie française, en Corée et ailleurs, l'Association d'amitié franco-coréenne a publié le communiqué suivant.

 

 

Communiqué de presse

Paris, 9 mars 2011

 

CORÉE: UN AUTRE FIASCO POUR LA DIPLOMATIE FRANÇAISE

 

Le gouvernement français a sacrifié la défense des intérêts de la France à ceux d’une puissance étrangère, la Corée du Sud.

 

En ce début d’année 2011, les bouleversements politiques en Afrique du Nord et au Proche-Orient ont montré l’incapacité de la diplomatie française à anticiper et comprendre les évolutions dans cette partie du monde. A ce propos, dans une tribune publiée le 22 février, des diplomates français, réunis dans le collectif « Marly », ont dénoncé l’« amateurisme » , l’« impulsivité »,les « préoccupations médiatiques » et le « manque de cohérence » de la diplomatie française.

 

Œuvrant depuis 1969 pour que la France entretienne des relations équilibrées avec les deux parties de la Corée divisée, l’Association d’amitié franco-coréenne (AAFC) ne peut que prendre acte d’un autre fiasco de la diplomatie française : sur la question nord-coréenne, le gouvernement français a sacrifié la défense des intérêts de la France à ceux d’une puissance étrangère.

 

Du 9 au 13 novembre 2009, Jack Lang, représentant spécial du président Nicolas Sarkozy, s'est rendu en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) avant de proposer l'ouverture d'un bureau de coopération humanitaire et culturelle à Pyongyang, première étape vers l’établissement de relations diplomatiques complètes entre la République française et la RPDC. Dans ses échanges avec l’AAFC, Jack Lang s’était réjoui d'une convergence de points de vue.

 

Un an et demi plus tard, cette proposition est restée lettre morte, malgré les questions écrites répétées, sans réponse à ce jour, de parlementaires de diverses sensibilités politiques.

 

Pire : la réponse aux questions des députés et sénateurs français est venue de Séoul.

 

Le 25 février 2011, dans un entretien à l'agence de presse sud-coréenne Yonhap, Park Heung-shin, ambassadeur de la République de Corée (du Sud) en France, a donné publiquement le « la » de la diplomatie française : « la France est notre allié fidèle et a fait savoir qu’elle a suspendu les négociations avec Pyongyang pour l’ouverture d’un bureau permanent de coopération culturelle et scientifique après les provocations nord-coréennes contre le Sud, à savoir le torpillage duCheonan en mars 2010 et l’attaque sur l’île de Yeonpyeong en novembre dernier. »

 

« Torpillage du Cheonan » ? Tel n’est pas l’avis de la Chine, de la marine russe, de scientifiques indépendants, ni d’un ancien expert de la commission d’enquête officielle américano-sud-coréenne. Mais la France veut-elle seulement se donner les moyens d’une expertise indépendante ?

 

Aujourd’hui, la politique de la France à l'égard de la Corée du Nord ne se décide plus à Paris, mais à Séoul, faisant de la France un des deux derniers pays de l’Union européenne à ne pas avoir reconnu la RPDC. Cette situation n’est pas favorable aux intérêts économiques et stratégiques de la France, laquelle est réduite au rôle de supplétif de la Corée du Sud dont le gouvernement en place depuis 2008 cherche des soutiens pour remettre en cause le rapprochement inter-coréen initié par ses prédécesseurs.

 

En Corée comme dans le reste du monde, l’Association d'amitié franco-coréenne appelle au retour à une politique étrangère française indépendante et souveraine, dans le respect de la tradition diplomatique de la France, qui est de reconnaître les États et non les gouvernements, et du rôle que la France aspire à jouer comme membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies.

 

 

Contact : Association d'amitié franco-coréenne (AAFC)

téléphone : +33 6 48 69 81 89

courrier électronique : amitiefrancecoree@gmail.com

site Internet : www.amitiefrancecoree.org

 

CP AAFC 09032011

Cliquez sur l'image pour télécharger le communiqué (format PDF)

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations France-Corée
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commentaires

fanch 15/03/2011 19:16



avez vous entendu parler de ce jeu vidéo "homefront".


caricature scandaleuse et de très mauvais gout de la république populaire de corée


j'espere que ce jeu sera boycotté par les distributeurs...



Association d'amitié franco-coréenne 16/03/2011 09:54



Oui, nous y avions fait une référence il y a quelques mois dans un ancien article... Un psychologue expliquera qu'il n'est pas innocent que l'objectif soit de tuer le maximum de (Nord-) Coréens.
Nous y reviendrons dans nos prochaines éditions



Paris Pyongyang 12/03/2011 00:31



Bien envoyé, l'AAFC ! La diplomatie française part en quenouille et est devenu un sujet de ricanements chez nos voisins. C'est navrant. Il est pourtant évident que l'intérêt de la France (et
celui de la paix dans la péninsule coréenne) passe par l'établissement de rapports normaux entre tous les pays.



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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)