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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 22:58

La question palestinienne est emblématique des différences d'approche diplomatique entre la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), qui a toujours soutenu la Palestine, et la République de Corée (du Sud) qui, invoquant son alliance avec les Etats-Unis, évite de prendre position. De plus en plus de voix s'élèvent toutefois dans le Sud de la péninsule pour que Séoul reconnaisse la Palestine, comme la grande majorité des Etats membres de l'Organisation des Nations unies (ONU).

 

L'Autorité palestinienne dispose d'une représentation diplomatique permanente à Pyongyang. Dans le cadre de son soutien aux luttes d'indépendance des peuples du Tiers Monde, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a en effet toujours pris position en faveur des Palestiniens. Le 23 novembre 2012, le ministère des Affaires étrangères (MAE) de la RPD de Corée a ainsi condamné "l'attaque militaire à grande échelle" conduite par Israël sur la bande de Gaza, qui "a tué de nombreux civils innocents". Toujours selon le MAE nord-coréen, il s'agit d'un "acte criminel impardonnable" "violant la souveraineté nationale de la Palestine", et qui met en cause la paix et la sécurité au Proche-Orient. Pyongyang a appelé à la cessation de "l'agression israélienne" et souligné le droit légitime du peuple palestinien à fonder un Etat souverain.

 

Pour sa part, la Corée du Sud dirigée par le Président conservateur Lee Myung-bak a évité de prendre position sur Gaza. Selon un responsable gouvernemental sud-coréen, "le Hamas a été désigné comme une organisation terroriste par les Etats-Unis, et comme il ne participe pas à l'Autorité palestinienne, il est difficile pour notre gouvernement de prendre clairement position". En octobre 2009, la Corée du Sud s'était déjà abstenue lors du vote sur le rapport Goldstone, qui tenait Israël pour responsable des crimes de guerre commis lors de l'attaque de Gaza en décembre 2008. Le rapport avait été adopté par une majorité d'Etats.

 

 

Réactions internationales à la guerre de Gaza de 2008-2009

 

reactions_internationales_guerre-de-gaza_2008-2009.JPG

  •  
  •      Israel-Gaza
  •      Pays ayant soutenu la position israélienne ou soutenu le droit d'Israël à se défendre.
  •      Pays ayant condamné l'action du Hamas seulement.
  •      Pays ayant soutenu le droit du Hamas à résister.
  •      Pays ayant condamné l'action d'Israël seulement.
  •      Pays ayant appelé à la fin des hostilités et ayant condamné les deux ou aucun des belligérants.
  •      Pays n'ayant pas pris officiellement position.

La Corée du Sud s'était encore abstenue lors du vote d'adhésion de la Palestine à l'UNESCO. Evoquant les débats au Conseil de sécurité des Nations unies (CSNU), le ministre des Affaires étrangères sud-coréen avait clairement affirmé que l'alliance américano - sud-coréenne déterminait la position de son pays, en ajoutant qu'au demeurant la Corée du Sud n'était pas membre du CSNU : "nous devons prendre en considération notre alliance avec les Etats-Unis, et comme nous ne votons pas nous ne prenons pas position".

 

Mais cette "politique de la chaise vide" ne pourra pas être éternellement reconduite, au moment notamment où l'accession de la République de Corée au statut de membre non permanent du CSNU doit l'amener à assumer ses responsabilités d'Etat national souverain, et à ne plus fonder sa politique étrangère au regard des seuls intérêts états-uniens.

 

Des responsables du ministère sud-coréen des Affaires étrangères ont reconnu qu'il y avait un débat sur une possible évolution de la position de Séoul, en tant que membre du CSNU. Alors que l'histoire de la Corée n'a été que trop marquée par une subordination aux grandes puissances, il serait logique que la République de Corée devienne un Etat pleinement souverain et indépendant sur l'ensemble des questions de politique internationale. L'issue du scrutin présidentiel du 19 décembre 2012 jouera à cet égard un rôle déterminant. Alors que la candidate conservatrice Park Geun-hye incarne la continuité de l'alliance resserrée avec les Etats-Unis du président sortant Lee Myung-bak, le candidat d'opposition Moon Jae-in a été un des collaborateurs de l'ancien président Roh Moo-hyun qui a montré qu'il ne prenait pas ses ordres à Washington, notamment - mais pas seulement - sur la question nord-coréenne.

 

Principales sources : AAFC, KCNA, Kyunghyang Shinmun. Carte Wikipédia.

 

 

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations internationales de la Corée
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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)