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21 mai 2009 4 21 /05 /mai /2009 11:02

L'Union européenne a évoqué la question de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), lors du sommet annuel avec la Chine, le 20 mai 2009. De fait, ce sommet attendu comme celui de la réconciliation a surtout montré l'état des divergences entre les deux pays, alors que la Chine a mis en garde contre toute ingérence dans ses affaires intérieures.

"Je veux souligner que pour mener une coopération stratégique (entre la Chine et l'Union européenne), la chose la plus importante est de bien s'en tenir aux principes du respect mutuel et de ne pas interférer dans nos affaires intérieures réciproques" : la déclaration du Premier ministre chinois Wen Jiabao à l'issue du sommet entre l'Union européenne et la Chine, le 20 mai 2009 à Prague, ne pouvait être plus claire.

Le sommet annuel devait initialement se tenir à Lyon le 1er décembre 2008, pendant la présidence française de l'Union européenne, mais il avait été reporté après une rencontre entre le président Nicolas Sarkozy et le dalaï-lama. La déclaration du Premier ministre chinois  le 20 mai dernier apparaît comme une nouvelle mise en garde qui montre que les relations sino-européennes ont été durablement affectées par les choix du président Nicolas Sarkozy pendant la présidence française, alors que le dirigeant religieux tibétain est à nouveau attendu prochainement en France, au Pays-Bas et au Danemark.

Ce sommet, présenté comme celui de la "réconciliation", a surtout réaffirmé les divergences sur les sujets économiques et diplomatiques, alors que la méthode priviligiée par les Européens - consistant à amener les dirigeants chinois sur leurs positions - ne répond pas vraiment au principe du "respect mutuel", évoqué par Wen Jiabao, ni à la recherche du compromis. Dans le domaine économique, la Chine voulait obtenir un assouplissement des conditions d'exportation de ses produits de haute technologie vers l'Europe, et un appui à ses démarches pour obtenir le statut d'économie de marché, dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce. Ces questions n'ont pas obtenu de réponse à Prague, dans l'attente du prochain sommet annuel qui aura lieu au deuxième semestre de cette année en Chine.

L'Union européenne a échoué à obtenir de la Chine tant qu'elle fasse pression sur les dirigeants de la Birmanie (Myanmar) pour engager un dialogue avec l'opposition, que sur la question de la Corée du Nord.

Sur ce dernier dossier, les Européens voulaient une condamnation du
lancement de la fusée Unha-2 par les Nord-Coréens le 5 avril dernier, et que la Chine fasse pression pour la reprise des pourparlers à six. L'échec des dirigeants européens tend à montrer que la Corée du Nord ne peut pas faire avancer la mise en place d'une diplomatie européenne autonome, si la position des Européens consiste simplement à relayer la position américaine.

Sans doute y a-t-il eu une mauvaise évaluation des relations entre la Chine et la RPD de Corée, alors que l'année 2009 est celle de l'amitié sino-coréenne. La plupart des diplomates européens estiment en effet que
l'adoption d'une déclaration "non contraignante" (sic) du président du Conseil de sécurité des Nations-Unies aurait fait l'objet d'une concertation préalable entre Pékin et Pyongyang. Or Pékin ne s'attendait pas à une réaction aussi ferme de Pyongyang, tandis que les sanctions prises contre plusieurs entreprises nord-coréennes, sur la base de cette déclaration, montre qu'elle n'était pas "non contraignante".

La Chine, soucieuse de bonne relations avec Washington, a-t-elle été le jouet des Américains et des Européens sur la Corée du Nord ? Une de ses priorités de Pékin est maintenant le rétablissement de la relation bilatérale avec Pyongyang. Par ailleurs, les déclarations bruyantes des Etats-Unis sur le prétendu consensus international à propos de Pyongyang ne correspondent pas à la réalité, que les diplomates européens ont bien maladroitement rappelée en mettant eux-mêmes le dossier nord-coréen sur la table des négociations du sommet UE-Chine. (Sources :
AFP, y compris photo, et EarthTimes

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations Chine-Corée
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* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)