Partager l'article ! Sommet Chine - Union européenne : désaccord sur la Corée du Nord: L'Union européenne a évoqué la question de la République populaire démo ...
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Association d'amitié franco-coréenne |
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L'Union européenne a évoqué la question de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée
du Nord), lors du sommet annuel avec la Chine, le 20 mai 2009. De fait, ce sommet attendu comme celui de la réconciliation a surtout montré l'état des divergences entre les deux pays, alors que
la Chine a mis en garde contre toute ingérence dans ses affaires intérieures.
"Je veux
souligner que pour mener une coopération stratégique (entre la Chine et l'Union européenne), la chose la plus importante est de bien s'en tenir aux principes du respect mutuel et de ne pas
interférer dans nos affaires intérieures réciproques" : la déclaration du Premier ministre chinois Wen Jiabao à l'issue du sommet entre l'Union européenne et la Chine, le 20 mai
2009 à Prague, ne pouvait être plus claire.
Le sommet annuel devait initialement se tenir à Lyon le 1er décembre 2008, pendant la présidence française de l'Union européenne, mais il avait été reporté après une rencontre entre le
président Nicolas Sarkozy et le dalaï-lama. La déclaration du Premier ministre chinois le 20 mai dernier apparaît comme une nouvelle mise en garde qui montre que
les relations sino-européennes ont été durablement affectées par les choix du président Nicolas Sarkozy pendant la présidence française, alors que le dirigeant religieux tibétain
est à nouveau attendu prochainement en France, au Pays-Bas et au Danemark.
Ce sommet, présenté comme celui de la "réconciliation", a surtout réaffirmé les divergences sur les sujets économiques et diplomatiques, alors que la méthode priviligiée
par les Européens - consistant à amener les dirigeants chinois sur leurs positions - ne répond pas vraiment au principe du "respect mutuel", évoqué par Wen Jiabao, ni à la recherche du
compromis. Dans le domaine économique, la Chine voulait obtenir un assouplissement des conditions d'exportation de ses produits de haute technologie vers l'Europe, et un appui à ses démarches
pour obtenir le statut d'économie de marché, dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce. Ces questions n'ont pas obtenu de réponse à Prague, dans l'attente du prochain sommet annuel qui
aura lieu au deuxième semestre de cette année en Chine.
L'Union européenne a échoué à obtenir de la Chine tant qu'elle fasse pression sur les dirigeants de la Birmanie (Myanmar) pour engager un dialogue avec l'opposition, que sur la question de la
Corée du Nord.
Sur ce dernier dossier, les Européens voulaient une condamnation du lancement de la fusée Unha-2 par les Nord-Coréens le 5 avril dernier, et que la Chine fasse pression pour la reprise des pourparlers à six. L'échec des dirigeants européens tend à
montrer que la Corée du
Nord ne peut pas faire avancer la mise en place d'une diplomatie européenne autonome, si la position des Européens consiste simplement à relayer la position américaine.
Sans doute y a-t-il eu une mauvaise évaluation des relations entre la Chine et la RPD de Corée, alors que l'année 2009 est celle de l'amitié sino-coréenne. La plupart des diplomates européens estiment en effet que l'adoption d'une déclaration "non
contraignante" (sic) du président du Conseil de sécurité des Nations-Unies
aurait fait l'objet d'une concertation préalable entre Pékin et Pyongyang. Or Pékin ne s'attendait pas à une réaction aussi ferme de Pyongyang, tandis que les sanctions prises contre plusieurs entreprises nord-coréennes, sur la base de cette déclaration,
montre qu'elle n'était pas "non contraignante".
La Chine, soucieuse de bonne relations avec Washington, a-t-elle été le jouet des Américains et des Européens sur la Corée du Nord ? Une de ses priorités de Pékin est
maintenant le rétablissement de la relation bilatérale avec Pyongyang. Par ailleurs, les déclarations bruyantes des Etats-Unis sur le prétendu consensus international à propos de Pyongyang
ne correspondent pas à la réalité, que les diplomates européens ont bien maladroitement rappelée en mettant eux-mêmes le dossier nord-coréen sur la table des négociations du sommet UE-Chine.
(Sources : AFP, y compris photo, et EarthTimes)