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24 avril 2009 5 24 /04 /avril /2009 21:41

Avec le plus faible indice de fécondité au monde, la Corée du Sud a connu une chute de la natalité spectaculaire en trente ans, laquelle constitue aujourd'hui un des plus graves défis auxquels est confronté le pays dans un futur proche. La faiblesse de la protection sociale et un manque de confiance en l'avenir sont quelques-unes des explications de cette situation, à laquelle le gouvernement entend remédier.

D'après l'Etat de la population mondiale 2008, publiée par le Fonds des Nations-Unies pour la population (acronyme anglais : UNFPA), la Corée du Sud a le plus faible indice de fécondité au monde. Sous l'effet des politiques antinatalistes menées pendant le régime militaire (1961-1987), qui voyait dans un taux élevé de natalité une menace pour le développement économique, l'indice de fécondité a chuté de manière spectaculaire entre 1970 (en moyenne 4,53 enfants par femme) et 2008 (1,08 enfant par femme). Dans les années 1970 et 1980, il n'était d'ailleurs pas rare que des familles (ou des femmes seules) choisissent de placer en orphelinat des enfants dont elles estimaient ne pas pouvoir prendre en charge l'éducation, nombre d'entre eux ayant été adoptés par des couples occidentaux. L'année 2008 a marqué une rechute du taux de fécondité(1,19 enfant par femme, correspondant à 466.000 naissances), après l'amélioration des années 2006 (1,12) et 2007 (1,25), réputées favorables selon l'astrologie chinoise.

Selon le professeur d'Oxford David Coleman, si cette tendance se poursuivant, la Corée du Sud serait le premier pays au monde à disparaître de la planète, faute d'habitants : le maintien d'un taux de fécondité à 1,1 conduirait à ce que le pays ne compte plus que 50.000 habitants en 2305 !

En Corée du Sud, l'investissement dans l'éducation est très élevé afin d'assurer le meilleur avenir possible pour ses enfants  : alors que le système public d'éducation marque le pas face aux écoles privées, faute de moyens suffisants, le soutien scolaire est une pratique généralisée, pour peu que les familles disposant des ressources nécessaires, conduisant de nombreux enfants à des rythmes de travail sans équivalent dans les autres pays industrialisés. Les dépenses d'éducation ont atteint 7,5 % du budget des ménages sud-coréens en 2008. Le manque de protection sociale - elle  est la moins développée parmi les pays de l'OCDE - est également un frein puissant à la natalité, de nombreuses familles invoquant les frais de garde et d'éducation comme la première cause les décourageant à avoir plus d'enfants. Beaucoup de couples optent ainsi pour la politique de l'enfant unique. Les naissances sont également de plus en plus tardives, une certaine libéralisation des moeurs conduisant les Sud-Coréennes à retarder le choix d'un partenaire pour le mariage, qui reste ici encore largement corrélé à la fondation d'une famille.

Le vieillissement démographique, et la diminution de la population active, sont des conséquences directes de la dénatalité. Ils pourraient impliquer une politique plus favorable à l'accueil des étrangers, alors que la Corée du Sud ne reconnaît pas aujourd'hui la bi-nationalité.

Face à une situation aussi préoccupante, Mme Jeon Jae-lee, ministre de la santé, du bien-être et des affaires familiales s'intéresse aux politique familiales mises en place en France, notamment les allocations familiales. De fait, avec un indice de fécondité de 1,94, la France est devenu l'un des pays d'Europe où la natalité est la plus dynamique.  

Mais il restera encore à convaincre les familles coréennes, qui estiment qu'une aide de l'Etat ne sera pas suffisante face aux coûts que représentent l'éducation et la garde d'un enfant, alors que les sombres perspectives économiques pour 2009 (l'économie sud-coréenne pourrait se contracter de 2 % à 4 %) mettent en évidence un facteur autant structurel que conjoncturel : une plus grande confiance en l'avenir est un atout déterminant pour assurer une natalité élevée si, comme l'assurait Voltaire, la richesse d'un pays se mesure d'abord pour son nombre d'habitants et son dynamisme démographique.

Sources : Sim Son-hye, "Corée du Sud cherche enfants désespérement", paru dans Courrier international, n° 962 (9-15 avril 2009), p. 27, The Korea Times, AAFC

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Société
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Didier 22/10/2010 22:49



Pourquoi toujours ce natalisme effrayant ? Peut-être que la Corée du Sud fait preuve de sagesse en faisant moins d'enfants.
Le monde va à sa perte avec la surpopulation. On devrait au contraire se féliciter des faibles taux de natalité, c'est la meilleure façon de préserver la planète.



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