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8 mars 2009 7 08 /03 /mars /2009 17:26

Le 27 février 2009, le ministre sud-coréen de la Réunification a refusé la visite au Nord de trois délégués du Comité pour la mise en oeuvre de la déclaration conjointe du 15 juin. Une décision qui s'inscrit dans une politique claire de limitation des échanges intercoréens de personnes du gouvernement Lee Myung-bak et de son nouveau ministre "de la Réunification", Hyun In-taek.

Opposé à la politique du rayon de soleil qui a permis de traduire en actes concrets le dialogue intercoréen il y a déjà plus de dix ans, le nouveau ministre "de la Réunification" de Lee Myung-bak, Hyun In-taek, entré en fonctions le 12 février 2009, n'a pas tardé à imprimer sa marque dans la remise en cause d'un des fondements des relations Nord-Sud : les échanges de personnes. 

Le 27 février, le ministère de la Réunification a en effet refusé la visite au Nord d'une délégation de trois personnes du Comité sud-coréen pour la mise en oeuvre de la déclaration du 15 juin, dont le président de la section des jeunes et des étudiants. Il s'agissait d'une traditionnelle rencontre de travail annuelle. La fédération des conseils universitaires d'étudiants a dénoncé cette décision, dans un communiqué publié le 2 mars. L'AAFC se joint pleinement à ces protestations.

Cette décision illustre la duplicité du discours des autorités sud-coréennes : tout en se prétendant attachées aux droits de l'homme, elles remettent en cause un principe fondamental : la liberté de circulation. Plus encore, alors que la séparation de millions de familles, du fait d'une division imposée aux Coréens par les grandes puissances il y a plus de soixante ans, constitue le problème humain le plus urgent à résoudre dans la péninsule coréenne, le gouvernement Lee Myung-bak conduit une politique de négation du droit humain à vivre ensemble. En visant les échanges intercoréens de personnes, les autorités sud-coréennes sapent les bases d'une réunification de la Corée : celle-ci ne peut se fonder que sur une meilleure compréhension réciproque, par des échanges toujours plus nombreux entre Sud et Nord-Coréens.

Il ne s'agit pas d'une question politique, mais de répondre aux aspirations profondes des Coréens du Sud, du Nord et de la diaspora, qui forment un seul peuple, une seule communauté au-delà des différences de systèmes économique, social et politique, ainsi que le proclame le troisième point de la déclaration commune Nord-Sud du 15 juin 2000, en affirmant la volonté "
d'échanger des groupes de visite de familles et de proches dispersés et de résoudre au plus tôt le problème des anciens prisonniers de guerre non convertis et d'autres problèmes humanitaires."

La décision ayant visé le Comité sud-coréen pour la mise en oeuvre de la déclaration du 15 juin n'est pas isolée. De fait, les statistiques du ministère sud-coréen de la Réunification traduisent un net repli des échanges intercoréens de personnes en 2008 :

- après la décision du Sud de suspendre les visites dans les monts Keumgang, en juillet dernier, ceux-ci ont atteint 199.966 sur l'ensemble de l'année 2008 (contre 345.006 en 2007), soit le niveau le plus bas depuis 2003 ; cette baisse n'a pas été compensée par la hausse du tourisme intercoréen à Kaesong (103.122 en 2008), qui n'a commencé qu'en fin d'année 2007, à l'initiative du précédent gouvernement (démocrate) de Roh Moo-hyun ;

- les réunions de familles séparées, qui ont cessé en 2008 au niveau intergouvernemental, sont restées à un niveau très faible s'agissant des initiatives du secteur privé.

- la seule évolution favorable concerne les échanges globaux de personnes : 186.775 en 2008 (contre 159.214 en 2007), sous la seule réserve - de taille - que les visites de Nord-Coréens au Sud ont été divisés par trois (de 1.044 à 332).

Non seulement Lee Myung-bak refuse politiquement le dialogue intercoréen, mais il mène une politique de négation des droits humains qui ne peut que déchirer le coeur de tout militant progressiste, sincèrement attaché à la réunification. (Sources : AAFC,
KCNA, ministère sud-coréen de la Réunification)


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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations intercoréennes
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* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)