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16 janvier 2009 5 16 /01 /janvier /2009 15:05

Du 6 au 9 décembre 2008, s'est tenu à Paris le forum de politique internationale Paris21, à l'initiative de plusieurs organisations progressistes sud-coréennes, dont la section parisienne du comité européen du Parti démocratique du travail et l'Institut de recherches coréennes du 21ème siècle. L'AAFC a été invitée à intervenir les 7 et 8 décembre. Nous publions ci-après l'intervention prononcée le 7 décembre par Benoît Quennedey, secrétaire général de l'AAFC, sur la réunification de la Corée et le rôle joué par l'AAFC en tant qu'organisation d'amitié et de solidarité entre les peuples français et coréen.

Soixante ans après la fondation des Etats rivaux de la République de Corée (au Sud) et de la République populaire démocratique de Corée (au Nord), et dix-sept ans après la fin de la guerre froide, la persistance de la division de la Corée apparaît aujourd’hui comme un anachronisme.

 

En effet, le processus de division de la Corée après la Libération de l’occupation japonaise a été largement le fait des grandes puissances, et non du peuple coréen qui aspirait à conserver une unité politique ancienne de treize siècles. Les forces d’occupation américaines, au Sud, ont joué un rôle essentiel dans l’échec des discussions de la commission soviéto – américaine après 1945, pour rechercher une solution politique de compromis avec les Soviétiques, présents au Nord de la péninsule. Les Américains ont également appuyé Syngman Rhee dans sa prise de pouvoir autoritaire, pour laquelle il n’a pas hésité à s’appuyer sur les anciens collaborateurs des colonisateurs japonais : le premier acte de la division de la Corée a été la proclamation à Séoul de la République de Corée, le 15 août 1948, à l’issue d’élections séparées tenues dans la seule partie Sud de la péninsule, et boycottées par la plupart des partis d’opposition, de la gauche à la droite nationaliste.

 

L’antagonisme Est-Ouest disparu, n’était-il donc pas légitime d’espérer un processus rapide de réunification de la Corée ? Le peuple coréen partage une histoire, une langue et une culture communes plurimillénaire, au-delà des différences de systèmes politique, économique et social. Tout Européen ayant des contacts à la fois avec des  Sud et  des Nord-Coréens ne peut que confirmer sa surprise d’observer chez tous les Coréens les mêmes comportements, les mêmes réactions, la même aspiration à la réunification de leur patrie.

 

La division a perduré car elle s’est institutionnalisée, nourrie pendant des décennies par des relations de méfiance et d’hostilité, alimentées par l’effroyable guerre civile et internationale qu’a été la guerre de Corée. On ne surmonte pas aisément la peur de l’autre, surtout dans un pays marqué par une importance toute particulière pour les réseaux de solidarité régionaux, sociaux et familiaux. Quels que soient aujourd’hui les progrès sur le chemin de la réunification et de la compréhension mutuelle, il ne faut pas oublier que des millions de familles divisées sont sans nouvelles de leurs proches restés de l’ « autre côté », que les Coréens du Nord et du Sud ne peuvent pas se déplacer sans autorisation dans l’autre partie de la péninsule, ni même communiquer entre eux. En Corée du Sud, la loi de sécurité nationale punit pénalement de tels actes. Par ailleurs, la conduite régulière d’exercices militaires conjoints avec les Américains dans le Sud, où stationnent toujours près de 30.000 G.I., est une pomme de discorde persistante dans les relations intercoréennes.

 

Dans cet exposé liminaire aux travaux de notre atelier de travail, je souhaiterais simplement rappeler brièvement

 

(1)  les bases juridiques des échanges entre le Nord et le Sud, ainsi que les résultats déjà obtenus ;

(2)  la situation actuelle des relations intercoréennes après l’élection de Lee Myung-bak en Corée du Sud ;

(3)  le rôle que peuvent jouer les organisations progressistes, comme l’AAFC, pour encourager la réunification de leur patrie par les Coréens eux-mêmes.

 

I.          Indépendance, paix, grande union nationale : trois principes fondateurs des relations intercoréennes vers la réunification

 

A – Des principes communs

 

Le premier communiqué commun Nord-Sud a été signé dix-neuf ans après l’armistice marquant la fin de la guerre de Corée, le 4 juillet 1972. Bien que le programme qu’il prévoyait n’ait alors pas pu être mis en œuvre, il a défini les principes qui restent, jusqu’à nos jours, la pierre angulaire des relations intercoréennes, en vue de la réunification de la péninsule :

 

-    le principe d’indépendance : la réunification doit être l’œuvre des Coréens eux-mêmes, sans ingérence extérieure d’un autre pays ou d’une organisation internationale ;

-     le principe de paix : la réunification doit être réalisée de manière pacifique, sans recours aux armes ;

-     la grande union nationale : chacun des deux Etats s’engage à respecter les différences de systèmes politique, économique et social de l’autre partie.

 

Après la rupture du dialogue intercoréen suite à l’interruption des travaux du Comité de coordination Nord-Sud, dès juin 1973, il faudra attendre quinze ans pour une reprise des échanges, d’abord informels, à la fin de l’année 1988. La percée opérée en 1972 s’expliquait en effet largement par le besoin du général Park Chung-hee, président du Sud, d’affermir son pouvoir, avant un nouveau tournant autoritaire marqué par la proclamation de la Constitution « Yusin » en octobre 1972 et l’enlèvement par les services sud-coréens de l’opposant Kim Dae-jung durant l’été 1973.

 

En 1990, les « Pourparlers de haut niveau entre le Nord et le Sud de la Corée », tenus au niveau des Premiers ministres, conduisent à l’Accord de base intercoréen en 1991 et à la reconnaissance réciproque des deux Corée, qui font leur entrée aux Nations-Unies. Les principes posés en 1972 sont réaffirmés et précisés, en particulier la non-ingérence dans les affaires de l’autre partie.

 

L’alternance politique au Sud, après l’élection à la présidence de la République des candidats démocrates Kim Dae-jung (1997-2002) et Roh Moo-hyun (2002-2007), crée un climat favorable à l’approfondissement du dialogue intercoréen. La première rencontre au plus haut niveau entre les dirigeants du Nord, Kim Jong-il, et du Sud, Kim Dae-jung, se tient à Pyongyang, du 13 au 15 juin 2000. La déclaration commune du 15 juin 2000 conduit à un ensemble de projets concrets :

 

-    les échanges de personnes, y compris les réunions de familles séparées par la division ;

-    le développement des échanges économique, culturel, sportif et environnemental, de nature à créer des relations de « confiance mutuelle » ; 

-    l’institutionnalisation du dialogue intergouvernemental. 
   

La seconde rencontre au sommet Nord-Sud s’est tenue à Pyongyang, du 2 au 4 octobre 2007, entre le président Roh Moo-hyun et le dirigeant Kim Jong-il, président de la commission de la défense nationale de la RPD de Corée. La déclaration commune du 4 octobre 2007 prévoit des efforts conjoints de chaque partie pour inciter les autres protagonistes de la guerre de Corée (en premier lieu, les Etats-Unis et la Chine) à remplacer le régime d’armistice de 1953 par un traité de paix permanent. Par ailleurs, de nouveaux projets de coopération sont lancés dès la fin de l’année 2007 : l’ouverture au tourisme intercoréen de la ville de Kaesong, au Nord, et le rétablissement des liaisons ferroviaires intercoréennes.

 

B – Des politiques nationales différentes au Nord et au Sud

 

Les progrès du dialogue intercoréen depuis 1998 ont été rendus possibles par la mise en œuvre de mesures qui répondent à l’intérêt de tout le peuple coréen, malgré les projets différents des gouvernements sud et nord-coréens.

 

En Corée du Sud, les présidents démocrates Kim Dae-jung et Roh Moo-hyun ont défini la politique du « rayon de soleil » (Sunshine policy), souvent comparée à l’Ostpolitik de Willy Brandt. Les Coréens du Nord, du Sud et de la diaspora forment une seule communauté ayant des intérêts communs. Dans cette perspective, il s’agit de développer des projets mutuellement avantageux, comme l’encouragement à un progrès économique commun. Cette approche a été théorisée et mise en œuvre alors que la Corée du Sud venait d’être ébranlée par la crise financière de 1997.

 

Pour prendre un exemple très concret, les entreprises sud-coréennes sont intéressées par des investissements au Nord, car elles peuvent ainsi bénéficier d’une main-d’œuvre hautement qualifiée et moins coûteuse qu’au Sud, à quelques dizaines de kilomètres de Séoul. Pour sa part, le Nord acquiert des devises et développe des projets industriels de modernisation. A cet égard, il faut prendre en compte la situation économique de la Corée du Nord difficile depuis 1990, après la disparition des liens économiques privilégiés avec l’URSS et les démocraties populaires, et suite aux catastrophes climatiques (sécheresse et inondations entre 1994 et 1998, inondations de 2007) qui ont entraîné de graves pénuries alimentaires.

 

Dans cette perspective de dialogue, les autorités sud-coréennes s’efforcent d’éviter les sujets de confrontation – conformément au principe de non-ingérence dans la politique intérieure du Nord – pour mener des projets communs et réduire ainsi  progressivement les différences économiques, politiques et culturelles entre les deux Corée. Cette politique est notamment inspirée du précédent allemand, plus perçu comme un repoussoir que comme un modèle à suivre : la « réunification » allemande a été en fait une absorption de la République démocratique allemande par la République fédérale d’Allemagne, qui n’a pas comblé l’écart culturel entre les deux anciens Etats, tandis qu’une partie de l’opinion ouest-allemande a eu le sentiment de devoir payer un prix élevé pour la réunification.

 

En Corée du Nord, le Président Kim Il-sung et le Parti du travail de Corée ont appelé, dès 1948 puis à nouveau en 1950, à la formation d’un organe législatif unique, puis ont proposé en 1954 et 1958 de développer les échanges intercoréens et de permettre la liberté de circulation à travers l’ensemble du pays. Ces propositions ont été formalisées dans le projet de République (con)fédérale démocratique de Koryo (RFDK), lors du VIème Congrès du Parti du Travail de Corée, en octobre 1980 :

 

-     un comité permanent fédéral dirigeant l’Etat fédéral et devant conduire des projets communs au Nord et au Sud ;

-     une seule assemblée (formée à parité de représentants du Nord et du Sud, ainsi que de représentants des Coréens d’outre-mer) ;

-     une seule armée, réduite à 100.000 hommes.

 

La RFDK serait un Etat neutre, indépendant des blocs politiques et militaires (ce qui suppose le retrait des troupes américaines du Sud), respectant l’autonomie des gouvernements régionaux du Nord et du Sud.

 

Les déclarations communes du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007 sont compatibles tant avec les principes de la communauté, définie par le Sud, que de la confédération, proposée par le Nord, en retenant le noyau commun de ces deux propositions : le développement de politiques concrètes intercoréennes. De même, les comités conjoints – représentant en nombre égal le Nord et le Sud – respectent le principe de parité défini dans le projet de RFDK. La parité Nord-Sud semble toutefois plus difficile à accepter pour la Corée du Sud si elle devait s’appliquer à des organes communs de représentation, comme une assemblée délibérante, au regard  des différences de population entre le Sud (49 millions d’habitants) et le Nord (23 millions d’habitants), non compris les Coréens de la diaspora (dont le nombre peut être estimé à au moins 5 millions).

 

C – L’essor des relations intercoréennes depuis 1998

 

L’essor spectaculaire des relations intercoréennes depuis 1998 a atteint un niveau tel qu’il est aujourd’hui difficile d’envisager un retour à la situation antérieure, marquée par la quasi-absence de relations entre les deux pays :

 

-     s’agissant des visites entre les deux Etats, outre la réunion de plusieurs milliers de familles séparées, près de 2 millions de Sud-Coréens ont visité les montagnes de Diamant (monts Kumgang), au Nord, depuis 1998 ; par ailleurs, en moins d’un an, plus de 100.000 Sud-Coréens ont déjà visité Kaesong, l’ancienne capitale du royaume de Goryo (918-1392), située en RPD de Corée depuis la fin de la guerre de Corée ; ces deux projets touristiques sont menés dans le cadre de partenariats entre la RPD de Corée et Hyundai Asan, filiale du conglomérat sud-coréen Hyundai ;

-     au plan économique, la Corée du Sud est devenue, avec la Chine, un des deux principaux partenaires économiques de la Corée du Nord, tant en termes d’investissements (la zone industrielle de Kaesong emploie 30.000 ouvriers nord-coréens dans des usines sud-coréennes) que d’échanges commerciaux (1,8 milliard de dollars en 2007) ;

-     le rétablissement, pour la première fois depuis 1951, d’une liaison intercoréenne régulière pour le fret, depuis décembre 2007, ne fait plus des Sud-Coréens des « insulaires », selon le terme qu’ils utilisent eux-mêmes pour parler de l’étranger (« l’outre-mer ») : en cas de raccordement des réseaux russe, chinois et nord-coréen, la ligne ferroviaire Pusan-Marseille serait la plus longue au monde.

 

Les deux Corée ont mis en place des instances communes de dialogue intergouvernemental. C’est sous le drapeau de la Corée unifiée, représentant la carte de la Corée en bleu sur un fond blanc, que les équipes du Nord et du Sud ont défilé ensemble aux Jeux olympiques de 2000 et de 2004 (mais pas de 2008). Enfin, les pourparlers entre responsables militaires ont nettement réduit les tensions le long de la zone démilitarisée, la consolidation de la paix étant probablement un des acquis les plus durables du dialogue intercoréen.

 

Dans le domaine de la protection de l’environnement, la faune et la flore ont été préservées dans la zone démilitarisée, située à la frontière des deux Etats intercoréens, où stationnent les troupes de RPDC au Nord, sud-coréennes et américaines, au Sud. Lorsque les tensions militaires auront disparu, la création d’un espace naturel permettrait de continuer à protéger les espaces animales et végétales.

 

II.         La politique du président sud-coréen Lee Myung-bak : blocage durable ou provisoire dans le rapprochement intercoréen ?

 

A – De multiples points de blocage

 

L’élection du conservateur Lee Myung-bak à la présidence de la République en Corée du Sud, le 19 décembre 2007, a tout d’abord ouvert une période d’attentisme au Nord : quelle allait être la politique nord-coréenne du président Lee ? Ce dernier, tout en disant vouloir poursuivre le dialogue intercoréen, avait critiqué ses prédécesseurs pour ce qui était, selon lui, une politique de concessions sans contreparties envers le Nord.

 

Sa principale proposition était contenue dans le « Plan 3.000 » : la Corée du Sud aurait encouragé les transferts financiers et les investissements au Nord dont le produit intérieur brut aurait été porté, à moyen terme, à 3.000 dollars par an, en contrepartie, notamment, d’une accélération des réformes économiques engagées par Pyongyang depuis 2002.

 

Dans le même temps, l’administration Lee Myung-bak a resserré les liens avec les administrations américaine et japonaise.

 

Dans un éditorial du Rodong Sinmun, journal du Parti du travail de Corée, en date du 1er avril 2008, Pyongyang a mis en cause le « Plan 3.000 » comme une ingérence dans ses affaires intérieures, contraire aux principes du dialogue intercoréen, et a, plus fondamentalement, dénoncé ce qu’elle a considéré comme une politique d’aumône et d’assistance. De fait, le succès des échanges intercoréens a été fondé sur la conduite de politiques mutuellement avantageuses : tout en mettant en doute les avantages pour le Sud de la « politique du rayon de soleil », Lee Myung-bak semble vouloir modifier radicalement les rapports Nord-Sud, en cherchant à peser sur les orientations prises à Pyongyang par la promesse de transferts financiers. Une telle position est évidemment inacceptable pour la RPD de Corée. L’opposition sud-coréenne s’est faite fort de rappeler que les acquis du dialogue intercoréen se trouvaient ainsi gravement menacés.

 

Dans ce contexte, la mort d’une touriste sud-coréenne dans les monts Kumgang, tuée par un soldat nord-coréen, le 11 juillet 2008, après avoir pénétré dans une zone militaire, a entraîné la suspension des circuits touristiques intercoréens dans les montagnes de Diamant, Pyongyang ayant refusé de mener une enquête commune avec le Sud après cet incident tragique. Au printemps 2008, des cadres sud-coréens ont été expulsés de la zone industrielle de Kaesong, au Nord, tandis que la fermeture des voies d’échange intercoréennes à travers la zone démilitarisée peut mettre en péril l’avenir de cette zone industrielle.

 

B – La poursuite, malgré tout, des projets initiés depuis 1998

 

Malgré ces indéniables reculs, la poursuite des chantiers industriels à Kaesong et les progrès du tourisme intercoréen dans cette même ville tendent à montrer que l’hypothèse la plus probable est le gel de nouveaux projets de développement intercoréens, sinon jusqu’à la fin du mandat de Lee Myung-bak (prévu en décembre 2012), du moins jusqu’à un éventuel assouplissement de la ligne de fermeté de Séoul vis-à-vis de Pyongyang. En effet, le Sud est à l’origine de la nette dégradation du dialogue intercoréen : avant l’éditorial du 1er avril 2008 du Rodong Sinmun qui a manifesté la rupture consommée entre les deux gouvernements, c’est l’entourage de Lee Myung-bak qui avait refusé de rencontrer ses homologues du Nord, avant l’investiture du nouveau chef d’Etat sud-coréen fin février 2008.

 

Bien que le dialogue intergouvernemental se poursuive, les relations de confiance mutuelle qui ont permis l’essor des échanges intercoréens se sont nettement détériorées : la priorité serait aujourd’hui de dissiper les lourdes suspicions nées de la fermeté de l’administration Lee Myung-bak, par des déclarations et des politiques concrètes. Ainsi, ce dernier n’a toujours pas exprimé clairement sa volonté de respecter les déclarations communes du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007, sans toutefois les considérer ouvertement caduques.

 

Enfin, l’élection aux Etats-Unis du démocrate Barack Obama, favorable au dialogue avec Pyongyang, nécessitera pour l’administration Lee Myung-bak de s’adapter à cette nouvelle donne, alors que le président sud-coréen a été l’un des plus fermes soutiens de George W. Bush.

 

III.           Les tâches de l’AAFC et du mouvement progressiste

 

A – Un principe cardinal : pas d’ingérence dans les relations intercoréennes

 

Les Coréens ne souhaitent pas d’ingérence extérieure dans l’essor des relations intercoréennes : ce principe de base des déclarations des 15 juin 2000 et 4 octobre 2007 signifie qu’il n’est ni souhaité, ni souhaitable, que des organisations progressistes jouent un rôle d’intermédiaire entre le Nord et le Sud.

 

Néanmoins, la division de la Corée, un des derniers vestiges de la guerre froide, reste l’objet d’une profonde méconnaissance en Occident. Si, hier, la division de l’Allemagne ou, aujourd’hui, les relations israélo-palestiniennes sont des questions d’actualité majeures pour les journalistes occidentaux, la réunification de la Corée n’est pas un sujet aussi médiatique que la question nucléaire nord-coréenne. Celle-ci est pourtant indissociable du contexte de la division de la péninsule coréenne, où aucun traité de paix n’a été formellement signé depuis 1953. Techniquement, les deux Corée sont toujours en état de guerre.

 

Les organisations progressistes pourraient ainsi avoir d’abord pour tâche d’informer sur la situation réelle, et complexe, de la Corée, tout en soutenant les efforts du peuple coréen en vue de sa réunification.

 

B – Un exemple : les activités de l’AAFC

 

Fondée en 1969 par des personnalités venues de tous les horizons politiques (notamment gaullistes, communistes et socialistes), l’Association d’amitié franco-coréenne s’est donnée pour mission de développer les échanges entre la France et la Corée dans tous les domaines : politique, économique, social, culturel, sportif… A cette époque où les deux Corée ne se reconnaissaient pas mutuellement, les contacts de l’AAFC ont été privilégiés avec la République populaire démocratique de Corée. Puis les statuts de l’AAFC ont été modifiés en 1989 pour prendre en compte les évolutions politiques en Corée du Sud, ainsi que notre soutien aux forces démocratiques en Corée du Sud – y compris la part prise par l’AAFC dans la campagne internationale de soutien à l’opposant Kim Dae-jung, condamné à mort par la junte militaire, avant de devenir, un quart de siècle plus tard, le premier président sud-coréen à rencontrer son homologue du Nord.

 

L’AAFC est affiliée au Comité international de liaison pour la paix et la réunification en Corée (CILRECO) : en effet, notre conviction est que le développement des relations entre la France et la Corée, et notamment la RPD de Corée, est le meilleur garant de la pleine intégration de la RPD de Corée sur la scène internationale, ainsi que de la réunification future de la péninsule. La RPD de Corée souhaite en effet des coopérations non seulement avec sa voisine du Sud, mais aussi avec les autres pays industrialisés, et ce dans tous les domaines.

 

L’AAFC s’efforce de répondre à ces demandes de coopération, tout en mettant l’accent sur l’information quant à la situation réelle de la Corée, suite notamment au lancement de plusieurs sites Internet depuis février 2008 (site en français amitiefrancecoree.over-blog.org, site en coréen aafc-korea.over-blog.org, et site du comité régional de l’AAFC en Bourgogne aafc-bourgogne.over-blog.org).

 

La France est, avec l’Estonie, l’un des deux derniers pays de l’Union européenne à ne pas avoir de relations diplomatiques officielles avec la RPD de Corée : l’AAFC continue donc de plaider pour la reconnaissance diplomatique de la RPD de Corée, auprès du Président de la République Française, du ministère des Affaires étrangères, ainsi que des groupes parlementaires de l’Assemblée nationale et du Sénat spécialisés dans les relations avec la RPD de Corée (deux des quatre membres de la présidence de l’AAFC étant eux-mêmes d’anciens sénateurs).

 

S’agissant des projets concrets, l’AAFC a par exemple favorisé des tournées du cirque de Pyongyang en Europe et encouragé des expositions artistiques ; plus récemment, elle a pris en compte, en 2007, la pratique du Taekwon-Do, le sport national de combat coréen, par quelque 60.000 Français pour encourager les échanges avec la Fédération Internationale de Taekwon-Do (ITF) à laquelle sont affiliés les athlètes nord-coréens ; par ailleurs, en décembre 2007, une soirée de solidarité avec les populations nord-coréennes sinistrées a été organisée dans les salons de Boffrand de la présidence du Sénat, en coopération avec le Secours populaire français.

 

Pour son quarantième anniversaire en octobre 2009, l’AAFC a d’ores et déjà invité en France une délégation nord-coréenne de l’Association d’amitié Corée-France, afin de faire avancer concrètement les projets de coopération économique, culturel, sportif et éducatif.

 

En conclusion, nous souhaitons souligner que le chemin vers la réunification de la Corée sera certes long et complexe, marqué par des avancées et des reculs, mais qu’il constitue un horizon atteignable pour tous les Coréens, et auquel peuvent contribuer l’ensemble des organisations progressistes.

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations intercoréennes
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Dracip27 16/01/2009 21:45

Juste un petit coucou de Dracip27 qui a vu de la lumière et qui se promène dans le champ du monde. Bonne soirée.

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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)