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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 20:04

Le dirigeant du principal parti d'opposition sud-coréen a publiquement demandé au président Lee Myung-bak qu'il change de ton et de politique vis-à-vis de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) et remplace ses conseillers pour la politique extérieure, afin de ne pas risquer de se retrouver en décalage avec la politique qui pourrait être menée par la nouvelle administration américaine vis-à-vis de la Corée du Nord. Cet appel ne semble malheureusement pas avoir été entendu jusqu'ici.


"L'équipe en charge de la politique nord-coréenne au sein du gouvernement est composée de gens qui pensent le dialogue intercoréen inutile, n'ont aucune connaissance de la Corée du Nord, et pourrait s'avérer en décalage avec la nouvelle administration américaine", a expliqué le président du Parti démocratique de Corée du Sud, Chung Sye-kun, devant le Club des correspondants étrangers réuni à Séoul le 7 novembre 2008. "Il est difficile de discuter calmement quand les équipes en charge de la Corée du Nord et de la politique extérieure comptent davantage de partisans de la ligne dure que de gens connaissant bien le Nord."

"Le président américain Obama nouvellement élu a déclaré qu'il aura un dialogue actif avec le Nord afin de résoudre la question du nucléaire nord-coréen, et je pense donc que les Etats-Unis négocieront de manière plus déterminée, dans le cadre des pourparlers à six par exemple, permettant ainsi des progrès dans les relations américano-nord-coréennes", a-t-il dit. "Le président Lee Myung-bak devraient considérer la nouvelle situation intérieure et internationale telle qu'elle est et abandonner immédiatement son ton provocateur digne de la Guerre froide avec la Corée du Nord."

 

Chung Sye-kyun s'était déjà vivement opposé au gouvernement sud-coréen au sujet des manifestations organisées le 15 août 2008, anniversaire de la Libération de la Corée, pour le 60eme anniversaire de la fondation de la République de Corée (du Sud). Le choix de célébrer un événement strictement sud-coréen - la fondation du pays - plutôt qu'un événement commun au nord et au sud de la Corée - la Libération de l'occupation japonaise - ne laissait aucune place à des discussions sur la réunification ou la réconciliation avec le Nord, et avait alors été qualifié par Chung de "déformation de l'histoire".

 

Chung a énuméré les mesures à prendre par le gouvernement sud-coréen pour améliorer ses relations avec la RPDC, parmi lesquelles


- s'engager publiquement à appliquer les déclarations du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007,  

- faire avancer le projet du complexe industriel de Kaesong,

- reprendre, sans conditions, l'aide humanitaire,

- reprendre le dialogue intercoréen au niveau gouvernemental.

   

Face à ces critiques, le ministre des Affaires étrangères, Yu Myung-hwan, a imputé à Pyongyang l'interruption du dialogue et affirmé que le gouvernement sud-coréen n'avait aucune intention de changer de politique. 

   

S'exprimant le même jour, 7 novembre, lors d'une conférence de presse au siège du gouvernement, Yu a exclu que l'absence de dialogue officiel entre Séoul et Pyongyang soit due à un quelconque problème dans la politique sud-coréenne envers la Corée du Nord.

 

Selon Yu, il y a blocage "parce que la Nord rejette toutes les offres de dialogue" du gouvernement sud-coréen. Et de poursuivre : "La politique du gouvernement vis-à-vis de la Corée du Nord ne doit pas être modifiée tant qu'il n'y a eu aucune modification dans les principes de base selon lesquels tout doit être résolu par le dialogue et la négociation."

 

Mais quand on lui demandait quelle serait la réaction du président Lee et du gouvernement si le nouveau président Obama engageait les Etats-Unis dans des discussions directes avec la RPDC, et si Séoul encouragerait alors ce genre de contacts directs entre les deux pays ou insisterait plutôt pour que des discussions soient menées parallèlement entre le Nord et le Sud, Yu a répondu que la tenue en simultané de telles négociations bilatérales "produirait une synergie", en s'attendant à ce que "Séoul et Washington aient à coopérer" pour y parvenir. 

 

Ces commentaires du ministre des Affaires étrangères de Corée du Sud semblent indiquer que l'administration du président Lee n'envisage pas d'ajuster sa politique nord-coréenne avant l'inauguration du président Obama, le 20 janvier 2009. Il est de plus en plus évident que le gouvernement sud-coréen, à la traîne des Etats-Unis, ne prendra aucune des initiatives préconisées par Chung Sye-kyun tant que la nouvelle administration américaine n'aura pas elle-même entamé un dialogue direct avec la RPDC. (source : Hankyoreh)

Il est temps d'apprendre à jouer :  Lee Myung-bak peine à jouer le morceau de musique intitulé S'Engager en Corée du Nord. En chef d'orchestre, Barack Obama demande pourquoi il y a autant de fausses notes (dessin paru le 7 novembre 2008 dans le Hankyoreh)

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations intercoréennes
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commentaires

jeangs 11/11/2008 00:33

Bien compliquée cette situation de la Corée... mais je ne crois pas raisonnable la politique de la main tendue.

Association d'amitié franco-coréenne 13/11/2008 11:05


Bonjour,

Merci pour votre réponse. Pour sa part, l'association d'amitié franco-coréenne constate que la politique de confrontation a abouti à une impasse pendant plus de quarante ans sur la péninsule
coréenne, jusqu'à l'entrée simultanée des deux Etats aux Nations-Unies en 1992 : la guerre de Corée, c'est-à-dire une guerre civile et internationale de plusieurs millions de morts, des
familles divisées n'ayant plus aucun contact entre elles jusqu'aux premières réunions de familles séparées il y a moins d'une génération, une complémentarité économique brisée entre le Nord plus
industriel et le Sud plus agricole lors de la division de la péninsule à la Libération...

S'il est dans l'intérêt bien compris que chacun des Etats coréens mette des conditions au dialogue intercoréen, l'AAFC entend les inquiétudes de ceux qui, au Sud, ont promu ce
dialogue depuis 2000 à un niveau sans précédent. La politique nord-coréenne du Président Lee Myung-bak peut-elle avoir d'autres résultats qu'une impasse et la perte des résultats patiemment acquis
depuis 2000, 2 millions de Sud-Coréens ayant visité le Nord en l'espace de dix ans, la Corée du Sud devenue le deuxième partenaire économique de la Corée du Nord et la zone industrielle de Kaesong,
au Nord, où travaillent maintenant ensemble Nord et Sud-Coréens ?


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* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)