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20 août 2008 3 20 /08 /août /2008 21:41

Le président sud-coréen Lee Myung-bak continue de revenir sur ses promesses électorales dans le domaine économique. Face à l'envolée des prix du pétrole et à la hausse de l'inflation, Lee a déclaré le 18 août être prêt à abandonner son "Plan 747" qui lui avait pourtant permis de remporter largement l'élection présidentielle de décembre 2007. Le Plan 747 promettait d'atteindre une croissance économique annuelle de 7%, de doubler en 10 ans le revenu par tête pour le porter à 40.000 dollars et d'élever l'économie sud-coréenne au septième rang mondial.    

 

L'idée d'une croissance de 7% a été une source de controverse depuis que le président Lee Myung-bak en a fait une des promesses de sa campagne électorale. Peu d'analystes pensent que la Corée du Sud, la onzième plus grande économie du monde en termes de produit intérieur brut, puisse atteindre un tel taux de croissance. Un taux de croissance de 7% est en général réservé aux pays en voie de développement. Aujourd'hui, le potentiel de croissance de la Corée du Sud est plutôt estimé autour de 5%. Les analystes s'inquiètent aussi de la hausse de l'inflation et du fossé qui se creuse de plus en plus entre nantis et démunis.

 

Dans les premiers jours qui ont suivi l'entrée en fonction de Lee Myung-bak, le 25 février 2008, lui et son administration s'en tenaient toujours à une croissance de 7%, malgré des conditions défavorables telles que la hausse des prix pétroliers. Mais, à mesure que les prix du pétrole s'envolaient et que la pression inflationniste s'accroissait, les espoirs d'une croissance à 7% se sont évanouis. Même si l'administration du président Lee est prête à beaucoup de choses pour revigorer l'économie, comme amnistier des grands patrons condamnés pour corruption, elle préfère maintenant se concentrer sur la stabilité. 

 

Le 22 juillet, le ministre de Finances, Kang Man-soo, un des architectes du Plan 747, a déclaré devant l'Assemblée nationale que les promesses du Plan 747 étaient "à la fois une vision et un objectif". Dès le 2 juillet, le ministère de la Stratégie et des Finances, lequel avait prévu en mars une croissance de 6% pour cette année, ramenait cette prévision à 4,7%.

 

"Personne à Cheong Wa Dae [la présidence sud-coréenne] ne parle de croissance à 7%. Ce n'est pas une question", affirme un responsable de la présidence. "Cheong Wa Dae s'inquiète surtout de la stabilité des prix à la consommation et de la préservation des moyens de subsistance," dit ce responsable.

 

Résultat, il semble que le Plan 747 soit une autre promesse électorale abandonnée par le président Lee, après celle de creuser le Grand canal de Corée. Même si l'abandon de ses promesses est rationnel, compte tenu de l'opinion publique et du paysage politique, cela pourrait entamer le crédit et la stature présidentielle de Lee Myung-bak.

 

Certains observateurs sud-coréens pensent que les candidats à la présidence ne devraient pas s'aventurer à faire des promesses de croissance économique. L'économie est en effet particulièrement vulnérable aux facteurs externes et les décideurs politiques de Corée du Sud ne dictent plus la croissance économique comme c'était le cas dans les années 1970 ou 80.

 

Yoo Jong-il, professeur à l'Ecole de politique publique et de gestion de l'Institut coréen du développement (KDI), remarque que les attentes des électeurs sud-coréens amènent les candidats de tous les partis à promettre d'atteindre un haut taux de croissance, alors que le niveau du taux de croissance ne fait presque jamais partie des promesses des campagnes présidentielles dans les autres pays. (source : Hankyoreh)

 

Pendant que les Sud-Coréens sont occupés à regarder les Jeux olympiques, le président Lee Myung-bak, surnommé "le Bullbozer", s'acharne à prendre des mesures pour stimuler le marché de l'immobilier et à mener une politique favorisant les grand conglomérats. "Hé, tant que j'y suis, je pourrais commencer à creuser mon canal !", se dit-il a lui-même.

(dessin paru dans le Hankyoreh, le 19 août 2008)   

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Economie
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