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17 août 2008 7 17 /08 /août /2008 19:02

En voulant changer le thème des célébrations du 15 août, le gouvernement de Corée du Sud a provoqué la colère de l'opposition. Traditionnellement, les manifestations du 15 août commémoraient la libération de la Corée, le 15 août 1945. Cette année, c'est le soixantième anniversaire de la fondation de la République de Corée (Corée du Sud) qui est mis en avant, un changement reproché au gouvernement sud-coréen accusé de vouloir "déformer l'histoire".


Le 15 août 2008, trois partis sud-coréens d'opposition, le Parti démocratique, le Parti démocratique du travail et le Parti du renouveau de la Corée, ont décidé de boycotter les manifestations organisées par le gouvernement pour le 60eme anniversaire de la fondation de la République de Corée (du Sud). Ces trois partis on préféré célébrer le Jour de la Libération par un pélerinage sur la tombe de Kim Ku, un des dirigeants du mouvement pour l'indépendance de la Corée pendant la colonisation japonaise et partisan de la réunification de la péninsule coréenne.


Aucune des manifestations organisées par le gouvernement n'a pour thème la réunification ou la réconciliation avec la Corée du Nord. En 2005, sous l'administration de l'ancien président Roh Moo-hyun, la Corée du Sud et la Corée du Nord avaient organisé des célébrations à grande échelle pour le 60eme anniversaire de la Libération de la Corée. De nombreux événements sportifs et artistiques avaient marqué cet anniversaire dans les deux pays qui montraient ainsi leur espoir d'une réunification. Rien de tel cette année.


En désignant le 15 août comme le jour du 60eme anniversaire de la Fondation de la République de Corée, le gouvernement de Séoul a chosi de célébrer un événement uniquement sud-coréen, ne laissant aucune place à des discussions sur la réunification ou la réconciliation avec le Nord, ce qui a provoqué de vives réactions de l'opposition.


Le président du Parti démocratique, Chung Sye-kyun, a ainsi affirmé que "l'histoire ne peut être modifiée par quelques personnes." Il a dit vouloir "faire obstacle aux projets du gouvernement visant à déformer l'histoire en changeant le Jour de la Libération en Jour de la Fondation."


Le président du Parti démocratique du travail, Kang Ki-sap a relevé que "l'administration du président Lee Myung-bak a nié unilatéralement l'histoire de la lutte du pays pour l'indépendance nationale et la réunification sans consulter le public."


Enfin, le président du Parti du renouveau de la Corée, Moon Kook-hyun, a appelé le gouvernement à présenter ses excuses. "Les dirigeants impliqués dans cette affaire devraient s'excuser auprès du peuple et y remédier", a-t-il dit.


Le 13 août 2008, à Séoul, réunion de la Conférence nationale pour la démocratie et la réunification pour dénoncer

l'organisation par le gouvernement de cérémonies pour le 60eme anniversaire de la fondation de la République de Corée

le 15 août, une date où est traditionnellement célébrée la libération de la Corée du pouvoir colonial japonais.

(photo : Hankyoreh)


Les partis de l'opposition ont également minimisé la portée du discours prononcé par le président Lee à l'occasion du 15 août. Une "belle promesse électorale tout droit sortie des années 60", selon eux.


Pour Choi Jae-sung, porte-parole du Parti démocratique, "les promesses de réunification resteront vides tant que le gouvernement ne changera pas sa politique vis-à-vis de la Corée du Nord. Quant à ses propos insistant sur la sécurité alimentaire, ils n'étaient pas convaincants car aucun effort n'a été fait pour lever les inquiétudes sur la maladie de la vache folle et le boeuf américain."


Park Seug-heup, porte-parole du Parti démocratique a, lui, décrit le discours du président Lee comme de la "rhétorique criarde manquant de contenu."


Environ 500 personnes membres d'organisations civiles et religieuses se sont réunies près du mémorial dédié à Kim Ku pour marquer le 63eme anniversaire de la Libération. Elles appartenaient notamment au Conseil coréen pour la réconciliation et la coopération, à Juristes pour une société démocratique, à Solidarité populaire pour une démocratie participative et à l'Alliance coréenne des mouvements progressistes. Toutes ces organisations ont publié une déclaration pour dénoncer la tentative du gouvernement sud-coréen de remplacer la commémoration de la Libération de la Corée par une célébration de la fondation de la République de Corée :


"La première loi constitutionnelle ainsi que la loi constitutionnelle actuelle exposent clairement que la République de Corée succède au Gouvernement provisoire de la République de Corée formé après le Mouvement pour l'indépendance du 1er mars 1919. L'organisation d'un 'Jour de la Fondation' est une négation de l'histoire du mouvement pour l'indépendance et de la mission que représente la réunification pacifique. Ainsi, le gouvernement perpétue la division de la péninsule coréenne.


Le gouvernement devrait prendre des mesures plus spécifiques et concrètes pour la normalisation des relations inter-coréennes en rétablissant les visites dans les monts Kumgang et en s'engageant à mettre en oeuvre les déclarations des sommets du 15 juin [2000] et du 4 octobre [2007]."


Dans un communiqué distinct, ces mêmes organisations ont également lancé un appel au gouvernement japonais :


"Le Japon devrait présenter des excuses à notre peuple pour les pertes humaines et matérielles occasionnées et apporter réparation. Le Japon ne doit plus chercher à déformer l'histoire, à s'emparer des îles Dokdo, et à réprimer les Coréens du Japon."


Mais, cette année, ce ne sont pas seulement la pertinence et la légalité des manifestations du 15 août qui sont mises en cause.


Parmi les manifestations organisées par le gouvernement sud-coréen, figure une exposition inaugurée le 5 août sous le parrainage des Archives nationales de Corée, qui dépendent du ministère de l'Administration publique et de la Sécurité. Cette exposition entend décrire l'histoire de la Corée du Sud depuis soixante ans, mais n'évoque pas le soulèvement de juin 1987, un événement majeur de l'histoire sud-coréenne qui a restauré la démocratie.


En outre, l'exposition n'offre que de maigres informations sur les deux soulèvements pro-démocratiques de 1960 et 1980, tout en couvrant largement la formation du gouvernement du premier président sud-coréen, Syngman Rhee, ainsi que l'action de l'ancien président Park Chung-hee pour le développement de l'économie. "Cette exposition veut fournir des informations factuelles sans parti pris politique", affirme le ministère de l'Administration publique et de la Sécurité, ajoutant que "les Archives nationales de Corée ne disposent d'aucune information sur le soulèvement de juin..." (source : Hankyoreh)


Syngman Rhee, premier président sud-coréen (1948-1960), s'adresse à l'actuel président Lee Myung-bak :
"Le 'Jour de la Fondation' ! Est-ce que vous ignorez la Constitution?"

Derrière eux, les collaborateurs du pouvoir colonial japonais et les anciens dictateurs se réjouissent.

(dessin paru le 15 août 2008 dans le quotidien Hankyoreh)

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Politique sud-coréenne
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* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)