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10 juillet 2008 4 10 /07 /juillet /2008 17:35


Si le Taekwondo est aujourd'hui le sport national de combat coréen le plus connu et le plus pratiqué en France, l'AAFC souhaite également faire découvrir d'autres sports martiaux coréens, comme le taekkyon et le hapkido. Maître Rémi Mollet nous présente aujourd'hui le Hapkido, art coréen d'autodéfense.

Maître Rémi Mollet, bonjour. Fondateur du cénacle qui porte votre nom et compte aujourd’hui 1.500 membres, vous êtes ceinture noire de Taekwondo (7ème dan de l’école Chung Do Kwan, 7ème dan de la World Mudo Academy, 6ème dan du Kukkiwon - WTF). Mais vous pratiquez également un autre sport martial coréen, le Hapkido. Tout d’abord, quelle est la signification du mot « Hapkido » ?

Même si l’origine des techniques est séculaire, "Hapkido" est une appellation somme toute assez récente.  Ce nom, "Hapkido", est constitué de trois éléments sémantiques : HAP - KI - DO, chacun ayant un sens propre. "HAP" signifie "Harmonie, Union, Coordination". Comme pour beaucoup d'arts martiaux, l'efficacité ne pourra venir que de la symbiose parfaite : Esprit - Technique - Corps. Si l'un de ces trois éléments fait défaut, le pratiquant n'aura pas la fameuse efficacité tant recherchée. De même que dans la nature tout est harmonie, de même la réalisation technique des mouvements de Hapkido passera forcément par une coordination à la fois physique et mentale. "KI" indique que le travail de "l’énergie interne" ne sera pas négligé. "DO" signifie le "Chemin", la "Voie", et indique par là la méthode physique et technique mais surtout le cheminement intellectuel permettant d’avoir une attitude conforme aux préceptes de l’art martial. "HAPKIDO" est donc le moyen de déployer ses énergies d’une façon harmonieuse et équilibrée. Si cette analyse sémantique semble rapprocher le Hapkido de son cousin,  l’Aïkido japonais (ce sont en effet les mêmes caractères chinois), il en est en revanche complètement distinct de par son esprit, ses techniques et ses applications martiales.

 
Vous pratiquiez (et pratiquez toujours !) le Taekwondo… Comment en êtes-vous venu au Hapkido ? Quelle comparaison technique peut-on effectuer entre le Taekwondo et le Hapkido ?

Lorsqu’on s’intéresse à la Corée, inévitablement on en vient à s’intéresser à tous ses aspects : la culture, l’histoire, la cuisine et… les arts martiaux. C’est notamment en allant en Corée il y a 20 ans que j’ai découvert qu’il y avait d’autres arts martiaux que nous ne connaissions pas dans notre hexagone. Contrairement à ce qu’on entend trop souvent, le Hapkido n’est pas la "self-défense" du Taekwondo. Ce sont deux arts martiaux complètement différents avec des maîtres fondateurs différents, une histoire différente et des principes fondamentalement opposés. Le Taekwondo est avant tout un art de percussion (coups de poing, coups de pied) ; s’il comporte lui aussi des techniques de frappe, le Hapkido comporte néanmoins beaucoup de contrôles articulaires, de clés, de projections avec de très nombreuses chutes.

 

En quelques mots, quelle est l’histoire du Hapkido ? Son développement contemporain doit beaucoup à Maître Choi Yong-Soul…

L’histoire du Hapkido tel que nous l'entendons de nos jours commence véritablement avec Maître Choi Yong-Soul (1904-1986). La contribution qu'il a apportée à la genèse du Hapkido est en effet considérable. C’est lui qui introduisit en Corée toutes les techniques de clés, de torsions et luxations. De son enseignement est issue directement ou indirectement la plupart des Grands-Maîtres coréens actuels. Né en 1904 dans la province de Chung Buk, à l’âge de 9 ans, le petit Choi Yong-Soul, devenu orphelin, fut réquisitionné par les troupes japonaises qui occupaient la Corée et fut envoyé au Japon afin d’y exécuter des travaux. Tout petit donc, il passa 4 années dans un temple bouddhiste, au Japon, à être au service du plus haut dignitaire de ce temple. Mais le tempérament bagarreur de Choi, s’il témoignait de qualités innées pour les arts martiaux, montrait surtout qu’il devait être quelque peu canalisé ! Le destin voulut que le haut dignitaire bouddhiste connût bien Me Takeda Sogaku (1860-1943), grand maître du Dai Dong Ryu Soul (Daïto Ryu Aiki Jujitsu). Il demanda donc à son ami, de prendre en main le petit Choi qui fut assigné à son service. Cela se passait en 1913.

La version entretenue en Corée veut que le Daïto Ryu Aiki Jujitsu ait été fondé par le prince Sadazumi (884-916) qui aurait appris des techniques de You Soul de la part de Moines bouddhistes itinérants venus de Corée au Japon. Selon cette version, les techniques de clés proviendraient de Corée et auraient été transmises au Pays du Soleil Levant en même temps que la religion bouddhiste. Il y a 1000 ans de cela, à l'époque ancestrale du royaume de Silla, un Coréen nommé WEON EÏ KWANG serait allé au Japon  et y aurait enseigné les techniques de clés et luxations. Il transmit son art à la famille de Mapu Minamoto et, de génération en génération, les techniques seraient parvenues à la famille Takeda. Vérité ou désinformation ? A chacun de se faire son avis… Toujours est-il qu’il est vrai que le Bouddhisme s’est transmis de la Chine au Japon via la Corée. Des connaissances, des arts ont suivi le même chemin. En a-t-il été de même pour les arts martiaux coréens ? Le mouvement a-t-il été unilatéral ou les influences se sont-elles croisées ? Difficile de le dire dans le détail.


Choi eut également pour co-disciple Morihei Ueshiba  qui s’entraîna pendant sept ans avant de fonder plus tard un système appelé « Aïkido ». Le Hapkido ne provient donc pas de l’Aïkido japonais mais ces deux méthodes ont la même origine : l’école de Me Takeda.


Pendant 30 ans, Choi Yong-Soul s’entraîna donc sous la férule de Me Takeda. La mort de ce dernier en 1943 et l’indépendance de la Corée le 15 août 45 poussèrent Me Choi à rentrer dans son pays, d’autant que, dans un tel contexte, il était bien sûr inconcevable qu’un Coréen pût être à la tête d’une école nipponne de Jiu-Jitsu comme celle de Me Takeda.

Si le rôle qu'a tenu Me Choi Yong-Soul fut loin d'être négligeable dans l'élaboration de ce qui allait devenir le Hapkido, il faut également reconnaître le travail de ses élèves directs qui jouèrent un double rôle : d'une part, ils finalisèrent toutes les techniques et notamment les coups de pied ; d'autre part, ils firent de grands efforts afin de populariser le Hapkido et le faire sortir de son cadre quelque peu confidentiel. C’est notamment le Grand-Maître JI Han-Jae qui peut être considéré comme le père du Hapkido moderne. C’est d’ailleurs lui qui a inventé le vocable "Hapkido". Parallèlement, marquant un grand intérêt pour les techniques de jambes, Maître Ji structura les techniques de jambes, inventa bon nombre de coups de pied, les améliora encore et encore. Plus tard, aux Etats-Unis, il créera le « Sin-Moo Hapkido », stade ultime de ses recherches.

 
On peut donc dire que c’est de cette synthèse faite par Maître Ji Han-Jae fusionnant les techniques de clés du Jiu–Jitsu japonais rapportées par Me Choi Yong-Soul et les coups de pied du Taegkyeon coréen qu’est née l’efficacité du Hapkido.

 

Comment est aujourd’hui structuré le Hapkido au niveau international et en France ?

Le Hapkido n’est absolument pas structuré au niveau mondial. Il y a pléthore de fédérations tant au Pays du Matin Calme qu’aux Etats-Unis. Néanmoins, en Corée, 11 structures fédérales sont reconnues par le gouvernement et ont esquissé des accords. A la différence du Taekwondo, le Hapkido est constitué d’une multitude d’écoles. Cela peut apparemment poser un problème (notamment pour le développement de la discipline) mais c’est en même temps ce qui en fait l’intérêt et la richesse. Un peu comme ce qui se passe pour les styles chinois, chaque école présente un véritable intérêt et une richesse technique bien loin d’un art stéréotypé et standardisé comme peut l’être parfois le Taekwondo. C’est la raison pour laquelle j’ai toujours voulu apprendre conjointement plusieurs systèmes.

 
Pour ce qui est de la France, j’ai structuré il y 12 ans une "Union Fédérale de Hapkido" mais, là encore, la réunion de toutes les écoles semble difficile. Il y a beaucoup trop d’esprit de "clocher". Néanmoins, j’invite tous les gens de bonne volonté à nous rejoindre. Le succès de nos actions et notre reconnaissance tant aux Etats-Unis qu’en Corée prouvent notre sérieux. Je suis d’ailleurs très fier d’avoir été nommé "Instructeur de l'année " par le Hall of Fame en Floride ( U.S.A.) en Sept.98 et à nouveau en Sept. 2004 puis d’avoir reçu en Septembre 2005 le "Silver Life Achievement Award" récompensant plus de 30 ans de pratique dans les arts martiaux.

 
Ceux qui souhaitent apprendre le Hapkido peuvent s’adresser au cénacle Rémi Mollet… Combien de clubs de Hapkido comptez-vous aujourd’hui ?

Tous nos clubs sont à la base des clubs de Taekwondo. Certains ont une section Hapkido : Paris V, Torcy, Bry-sur-Marne, Toulon, etc. Il suffit de se connecter sur notre site pour avoir les infos. Le Hapkido étant techniquement plus difficile que le Taekwondo (près de 3600 techniques !), il faut beaucoup plus de temps pour former des instructeurs.

 
Un dernier mot… quels sont les prochains rendez-vous à ne pas manquer, pour toux ceux qui s’intéressent au Hapkido ?

Nous faisons venir régulièrement des experts coréens pour animer des stages et nous former. Il en sera de même la saison prochaine. Pour l’immédiat, nous nous préparons au stage auquel nous participerons à Séoul en octobre-novembre 2008.

 

Merci, Maître Rémi Mollet.

 

 

Contact :

 Me REMI MOLLET

Adresse courrier :

TAEKWONDO et HAPKIDO - P. Sports, 3 rue du clos Ste Catherine, 94360 Bry/Marne

Tel : 01 49 30 05 15 / Fax : 01 49 30 56 34

remimol@club-internet.fr 
Site internet : http://cenacle.remi.mollet.online.fr

 



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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Taekwon-Do - Hapkido - Taekkyon
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commentaires

semara 13/10/2014 21:22

bonjour maitre cest un grand plaisir de connaitre un maitre en hapkido .enchantez de vous connaitre.voila je voudrai apprendre cet art martial coreen magnifique.vraiment il m a surpri par ses techniques tres avanceés .je suis un ancien karateka de style shotokan et de kungfu wingchun.j attends le visa pour effectuer un voyage en france pour 1 mois.et je viendrai specialement pour apprendre ce hapkido et mercii

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