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10 juin 2008 2 10 /06 /juin /2008 12:26

Le mardi 10 juin 2008, le gouvernement sud-coréen dirigé par Han Seung-soo a remis sa démission au président Lee Myung-bak, quelque cent jours après l'entrée en fonctions de ce dernier. Un important remaniement ministériel est attendu, alors que les manifestations contre la décision de réouvrir le marché sud-coréen aux importations de boeuf américain devraient rassembler des centaines de milliers de personnes.

La crise politique ouverte par la décision unilatérale de l'administration Lee Myung-bak de réouvrir le marché sud-coréen aux importations de boeuf américain, malgré les risques sanitaires liés à l'encéphalopathie spongiforme bovine, ont pris un tour institutionnel ce mardi 10 juin 2008 : le gouvernement dirigé par Han Seung-soo a remis sa démission au président sud-coréen Lee Myung-bak, dans l'espoir manifestement de désamorcer une crise qui a pris une ampleur inégalée depuis les manifestations pour la démocratisation de la Corée du Sud en 1987.

Lee Myung-bak avait été élu à la présidence de la République le 19 décembre 2007 avec une majorité écrasante, inégalée dans l'histoire de la démocratie sud-coréenne. Quelque cent jours après son investiture, le 25 février 2008, il est confronté à une impopularité sans précédent, seulement 20% des Sud-Coréens lui faisant encore confiance.

Les rassemblements prévus aujourd'hui pourraient réunir jusqu'à un million de personnes dans tout le pays selon les organisateurs (200.000 selon la police), alors que 37.000 policiers anti-émeutes ont été déployés. Renouant avec la tradition anticommuniste de son parti, qui intègre les héritiers du régime militaire, Lee Myung-bak avait accusé, contre toute évidence, la République populaire démocratique de corée (RPDC, Corée du Nord) d'être l'instigatrice des manifestations actuelles. 

Le 9 juin 2008, un manifestant qui avait tenté de s'immoler par le feu pour protester contre l'accord avec les Etats-Unis a succombé à ses blessures. Le gouvernement a dépêché des négociateurs à Washington, tout en affirmant qu'il ne pouvait pas renégocier la décision sur le fond, prise par le président Lee Myung-bak lors de sa visite aux Etats-Unis, où il avait été reçu avec des honneurs inégalés pour un chef d'Etat sud-coréen depuis le rétablissement de la démocratie en Corée du Sud.

Si le porte-parole de la présidence sud-coréenne, Lee Dong-kwan, a précisé mardi qu'aucune décision n'avait encore été prise, les observateurs spéculent sur le départ, dans le prochain gouvernement, des ministres de l'Agriculture, de la Santé et de l'Education, et peut-être des Affaires étrangères et des Finances, signe que la crise actuelle dépasse les seuls enjeux sanitaires. L'autoritarisme du chef de l'Etat et ses promesses non tenues, notamment en termes de croissance économique, sont plus globalement mis en cause par les manifestants. (Sources : AFP, Reuters, AAFC)

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Politique sud-coréenne
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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)