Partager l'article ! L'ONU lavée des soupçons de détournements de fonds en Corée du Nord: Rendu public le 2 juin 2008, un rapport indépendant a démonté le ...
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Association d'amitié franco-coréenne |
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Rendu public le 2 juin 2008, un rapport indépendant a démonté les accusations de détournement supposé de fonds, s'agissant des actions humanitaires des
Nations-Unies en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Si des recommandations doivent être mises en oeuvre, le constat établi par le rapport Németh est sans commune
mesure avec les accusations relayées par les néo-conservateurs américains, hostiles à une solution négociée au contentieux américano - nord-coréen.
Le 13 février 2007, un accord était signé à Pékin entre six pays (les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon) prévoyant la cessation des
activités nucléaires militaires de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) en contrepartie de garanties économiques et de sécurité.
Dès l'origine, la frange néo-conservatrice de l'administration américaine a mal
accueilli l'accord de Pékin. Elle s'est donc évertuée à relancer un certain nombre de campagnes hostiles à la RPDC, notamment les accusations, jamais démontrées, de faux-monnayage et la coopération nucléaire prétendue avec la Syrie. Un des points d'orgue de cette campagne, largement relayée par les médias
occidentaux, était que les sommes versées au Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD), agence des Nations-Unies conduisant des actions humanitaires, auraient
été détournées au profit du gouvernement nord-coréen. Si ces accusations prospéraient, les néo-conservateurs américains faisaient coup double : non seulement ils pouvaient escompter la fin des
négocations avec la Corée du Nord, mais ils pouvaient aussi obtenir le retrait de l'ONU de Corée et donc fragiliser encore davantage un pays particulièrement exposé à l'insécurité alimentaire.
Face au caractère éminemment politique de la mise en
cause des actions du PNUD en Corée du Nord, un rapport d'audit indépendant a été commandé par l'ONU à l'ancien Premier ministre hongrois Miklos Németh, qui a mené une enquête
approfondie en interrogeant plus de 70 personnes et en consultant l'ensemble des archives du PNUD entre 1996, date de ses premières interventions en Corée du Nord, et 2007.
Les autres membres du groupe d'audit ont été M. Chander Mohan Vasudev, ancien fonctionnaire du ministère indien de l'économie et des finances, et Mme Mary Ann Wyrsch, ancien
haut-commissaire adjoint des Nations-Unies pour les réfugiés et membre actuel du service de naturalisation et d'immigration des Etats-Unis.
Rendu public le 2 juin 2008, le rapport de 353 pages n'a trouvé aucune élément à l'appui de possibles détournements de fonds au profit des autorités nord-coréennes.
Le 4 juin 2008, M. Ban
Ki-moon, secrétaire général des Nations-Unies, s'est toutefois engagé à mettre en oeuvre les recommandations du rapport Németh, qui déplore notamment le manque de suivi des actions
entreprises par le PNUD ainsi que des négligences avérées, comme le maintien dans les caisses du PNUD de 3.500 dollars en faux billets entre 1996 et 2007.
Le lacunes dans le fonctionnement des agences des Nations-Unies ne sont pas nouvelles, mais elles s'étaient fort opportunément concentrées sur la Corée du Nord. Le résultat obtenu par les
néo-conservateurs américains est également intéressant au plan médiatique : si les accusations de détournement ont fait l'objet de gros titres dans les médias, leur remise en cause est passée
largement inaperçue dans ces mêmes supports d'information.
La publication du rapport Németh intervient dans un contexte d'interrogations sur la mise en oeuvre de l'accord de Pékin : si la désactivation du réacteur nucléaire de Yongbyon a été achevée
à 80 %, les aides énergétiques que devaient fournir, en contrepartie, les autres parties à l'accord (Etats-Unis, Corée du Sud, Chine, Russie, Japon) n'ont été honorées qu'à 30 %. En
particulier, le Japon n'a procédé à aucune des livraisons d'énergie auxquelles il s'était engagé, arguant de l'absence de progrès sur le dossier des Japonais enlevés par la Corée du
Nord dans les années 1970 et 1980, tout en maintenant un régime de sanctions qui frappe en premier lieu la
communauté nord-coréenne de l'archipel nippon. (Sources : Nations-Unies, AAFC)