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4 mai 2008 7 04 /05 /mai /2008 21:00

Soucieuse de renforcer les relations entre les peuples français et coréen, l'Association d'amitié franco-coréenne plaide notamment pour l'établissement de relations diplomatiques complètes entre la République française et la République populaire démocratique de Corée. Dans un contexte de grave crise alimentaire en Corée et dans le monde, et alors que la solidarité internationale est plus que jamais nécessaire, M. André Aubry, président de l'AAFC, a interpelé M. Nicolas Sarkozy, Président de la République française,  par  une lettre en date du 21 avril 2008. En voici le texte.

 

 

Paris, le 21 avril 2008




M. Nicolas Sarkozy

Président de la République française

Palais de l'Élysée

55, rue du Faubourg Saint-Honoré

75008 Paris




Monsieur le Président de la République,

 

OEuvrant depuis 1969 au renforcement de l’amitié entre les peuples français et coréen, l’Association d’amitié franco-coréenne vous avait écrit dès le lendemain de votre élection pour vous demander les actions que vous souhaitiez entreprendre en vue de la reconnaissance de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord).


Malgré les assurances données par votre chef de cabinet dans sa réponse du 23 août 2007, et plus d’un mois après les courriers adressés le 12 mars 2008 à M. Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et européennes, et à M. Jean-Noël Poirier, sous-directeur en charge de l’Extrême-Orient au ministère des Affaires étrangères et européennes, nous n’avons reçu aucune information sur l’avancée du dossier de la reconnaissance diplomatique de la RPDC par la République française.


La présidence française de l’Union européenne, à partir du 1er juillet 2008, va amener notre pays à se trouver dans la situation délicate de discuter de programmes de coopération européens avec la RPD de Corée, notamment dans le domaine humanitaire, en restant l'un des deux derniers États de l’Union européenne, avec l’Estonie, à ne pas avoir établi de relations diplomatiques complètes avec ce pays.


Une délégation du ministère des Affaires étrangères et européennes, dont faisait partie M. Jean-Noël Poirier, s’est pourtant rendue à Pyongyang du 29 janvier au 2 février 2008, sans que le ministère réponde à notre courrier précité. Au demeurant, cette information n’a été rendue publique que le 4 février 2008 par le porte-parole du ministère, en réponse à un journaliste informé de cette visite par l’agence officielle nord-coréenne KCNA.


Cette situation nous préoccupe d’autant plus que la RPDC est confrontée, de l’avis même du Programme alimentaire mondial, à l’une des pires crises alimentaires de son histoire, comparable à celle des années 1990 qui avait entraîné des centaines de milliers de victimes.


Faut-il voir un lien entre la non-reconnaissance diplomatique de la RPDC et le fait que la France soit le seul des grands pays industrialisés à ne pas avoir fourni d’aide bilatérale après les inondations catastrophiques de l’été 2007 en Corée, à l’origine du drame humain imminent qui pourrait se jouer en Extrême-Orient ? Même les États-Unis, qui ne reconnaissent pourtant pas la RPD de Corée, ont fourni une aide médicale et alimentaire exceptionnelle à ce pays.

 

Comment expliquer que la RPD de Corée ne figure pas dans les destinations pour lesquelles le site internet du ministère des Affaires étrangères donne des conseils aux voyageurs ? Là encore, même le Département d’État américain fournit des informations aux citoyens des États-Unis désirant se rendre en Corée du Nord.


Comment expliquer que les diplomates nord-coréens en poste à Paris ne figurent pas sur l’annuaire diplomatique du ministère des Affaires étrangères, contrairement aux représentants d’autres États avec lesquels la France n’entretient pas de relations au niveau d’ambassadeurs, comme la Palestine ?


Interrogé sur ces deux points, M. Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et européennes, ne nous a pas répondu.


Comment expliquer que la France ne réagisse pas face à un recul sans précédent de l’apprentissage de notre langue dans un pays étranger ? Dans les années 1970, le français était l’une des principales langues étrangères étudiées en RPD de Corée ; aujourd’hui, le nombre d’étudiants en français est estimé à moins d'une centaine dans ce pays de 23 millions d’habitants. A notre connaissance, le poste de lecteur de français à Pyongyang est vacant depuis l’été 2007, au moment même où les pires inondations dans ce pays depuis quarante ans auraient nécessité d’approfondir les actions de coopération et de solidarité.


Comment expliquer que les étudiants nord-coréens en France ne puissent pas déclarer leur nationalité lorsqu’ils s’inscrivent dans certaines de nos universités, comme Paris-Dauphine ? Comment expliquer que les mêmes étudiants nord-coréens ne puissent pas bénéficier de bourses, contrairement aux ressortissants des autres pays en voie de développement ?


Tels sont les éléments qui nous amènent à considérer que la discrimination à l’égard de la République populaire démocratique de Corée et des Nord-Coréens s’est non seulement poursuivie depuis votre élection à la présidence de la République française, mais qu’elle s’est même aggravée avec l’inaction du pouvoir exécutif lors des graves crises récentes.


Nous renouvelons donc notre demande d’un dialogue avec vous et vos collaborateurs sur la question de la reconnaissance diplomatique de la RPD de Corée, tout en appelant la France à ne pas rester la grande absente en Corée du Nord.


Compte tenu de l’urgence de la situation alimentaire en RPD de Corée, nous souhaitons très vivement que cette nouvelle lettre ne reste pas sans réponse, huit mois après le précédent courrier de votre chef de cabinet. Nous avons l'intention d'informer l'opinion publique de la situation en Corée et de la position de la France. A cette fin, nous envisageons de rendre publique la présente lettre.


Nous vous prions de croire, Monsieur le Président de la République, en l’assurance de nos salutations très respectueuses.



 

André Aubry

Président de l’Association d'amitié franco-coréenne

Ancien sénateur-maire d’Antony

 

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations France-Corée
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* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)