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12 avril 2008 6 12 /04 /avril /2008 00:05

Le 11 avril 2008, le Japon a prolongé pour six mois les sanctions prises contre la Corée du Nord à l'automne 2006. Des mesures qui traduisent l'alignement de Tokyo sur les néo-conservateurs américains.

Le 11 avril 2008, le gouvernement japonais a décidé de prolonger pour six mois les sanctions prises contre la République populaire démocratique de Corée (RPDC) après l'essai nucléaire nord-coréen d'octobre 2006. Ces mesures consistent en une fermeture des ports japonais aux navires nord-coréens et en des interdictions des exportations nord-coréennes vers le Japon.

Le gouvernement japonais a justifié la reconduction des sanctions au regard du différend entre les Etats-Unis et la RPDC sur la déclaration complète des activités nucléaires militaires nord-coréennes, la liste remise par Pyongyang en novembre 2007 étant jugée incomplète par Washington.

En fait, parmi les six parties (les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon) à l'accord de Pékin du 13 février 2007 sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne, le Japon a toujours eu la position la plus fermée. Malgré les progrès enregistrés depuis cette date sur le dossier nucléaire nord-coréen, à aucun moment le Japon n'a levé les sanctions prises en octobre 2006. Le critère de la liste incomplète remise par Pyongyang n'était pas d'actualité il y a six mois, et Tokyo invoque à chaque fois de nouveaux arguments pour justifier la reconduction des sanctions chaque semestre.

Les raisons de politique intérieure sont essentielles : les médias japonais diffusent régulièrement des émissions sur les treize Japonais enlevés par les Nord-Coréens dans les années 1970 et 1980. Bien que cinq d'entre eux, survivants, soient déjà retournés au Japon, et que Pyongyang ait annoncé que des sanctions ont été prises contre ses agents ayant procédé aux enlèvements, le gouvernement japonais refuse de croire Pyongyang lorsque la Corée du Nord annonce que les huit autres Japonais enlevés sont décédés. Alors que les médias japonais mettent en exergue les récits des enlèvements, la brutalité de la colonisation japonaise de la Corée entre 1910 et 1945 est occultée. Le gouvernement japonais refuse toujours, pour sa part, de s'excuser pour la prostitution forcée des femmes de réconfort coréennes pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Il faut par ailleurs tenir compte de l'impopularité du gouvernement japonais de Yasuo Fukuda (selon un sondage conduit les 5 et 6 avril 2008 par Mainichi, seulement 24 % des Japonais approuvent l'action de leur gouvernement). Une situation politique aussi délicate n'incite pas à des mesures d'ouverture vis-à-vis de Pyongyang, qu'une majorité de Japonais pourrait désapprouver.

Alors que le Japon abrite une minorité coréenne de 600.000 personnes, dont plus d'un tiers de Nord-Coréens membres de la Chongryon,  les activités économiques de la Chongryon ont été très fortement entravées par les autorités japonaises. En s'attaquant à la Chongryon, le Japon tarit les flux financiers des Nord-Coréens du Japon vers leur pays. Les sanctions prises contre Pyongyang concourent ainsi à
l'objectif poursuivi par les néo-conservateurs américains : asphyxier financièrement Pyongyang. Alors que le Japon était le troisième partenaire commercial de la Corée du Nord il y a dix ans, les échanges bilatéraux tendent à disparaître.

L'AAFC dénonce vivement la reconduction des sanctions japonaises prises contre Pyongyang, dont l'étendue n'a pas d'équivalent parmi les pays qui étaient au premier rang des partenaires économiques de la Corée du Nord, d'autant plus que ces mesures méconnaissent les progrès enregistrés sur le dossier nucléaire. L'AAFC exprime par ailleurs sa solidarité avec les Coréens du Japon et leurs organisations, victimes de mesures discriminatoires des autorités japonaises. (source : the Associated Press)

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations Japon-Corée
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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)