Partager l'article ! L'ancien président Bush, pièce américaine maîtresse sur l'échiquier coréen: L'ancien président américain George H. W. Bush vient d'arrive ...
|
|
Association d'amitié franco-coréenne |
|
L'ancien président américain George H. W. Bush vient d'arriver à Jeju, en Corée du Sud. Ce déplacement intervient dans un contexte de
blocage des négociations sur le nucléaire nord-coréen : il nourrit les spéculations sur une possible visite en Corée du Nord de l'ex-n° 1 américain.
C'est dans la plus grande discrétion que l'ancien président George H. W. Bush, père de l'actuel chef d'Etat américain, a débarqué le 11 mars 2008 dans l'île
sud-coréenne de Jeju, selon les informations livrées sous couvert d'anonymat par un fonctionnaire du ministère sud-coréen des affaires étrangères. La visite durerait trois jours.
Ce déplacement impromptu nourrit les spéculations sur un possible déplacement en Corée du Nord de George H. W. Bush, alors que
l'accord de Pékin du 13 février 2007, tendant à la dénucléarisation de la péninsule coréenne, connaît actuellement des difficultés de mise en œuvre. Si les Nord-Coréens ont procédé comme convenu à la désactivation de leur principal centre de production de plutonium, les Américains tardent à respecter leurs engagements, en particulier la livraison de fioul lourd. Les deux parties sont
également en désaccord sur la déclaration de l'ensemble de ses activités nucléaires par la Corée du Nord : les Américains prétendent que la liste remise par Pyongyang serait
incomplète.
Confronté à des impasses en Irak et au Proche-Orient, l'administration américaine du président George W. Bush recherche un succès diplomatique avant les élections présidentielles de novembre. La
péninsule coréenne, toujours techniquement en guerre depuis 1953, a pu apparaître d'autant plus propice à une avancée diplomatique majeure que la déclaration conjointe des présidents nord et
sud-coréens, à Pyongyang le 4 octobre 2007, a réaffirmé leur engagement en faveur d'un traité de paix.
Mais les Etats-Unis y sont-ils prêts ? Pour que la Corée du Nord renonce à ses armes nucléaires, dont elle a toujours affirmé qu'elles s'inscrivaient, comme la France, dans une logique
défensive, il faudrait qu'elle dispose de contrepartie en termes de sécurité et qu'elle obtienne des contreparties à caractère économique. Or les Américains n'ont pas procédé à la totalité des
livraisons d'énergie prévues il y a déjà plus d'un an par l'accord de Pékin.
Quelle que soit l'objectif final du déplacement de l'ancien président George H. W. Bush en Corée du Sud, il est patent que Washington recherche de nouveaux canaux de dialogue. L'hypothèse
d'une visite de l'ancien président Bush à Pyongyang est renforcée par un précédent : en 1994, l'ancien président Jimmy Carter avait été dépêché à Pyongyang, en vue déjà de
résoudre la question nucléaire. Tandis que l'agence sud-coréenne Yonhap vient d'annoncer une prochaine rencontre à Genève, jeudi ou vendredi, entre les négociateurs nord-coréen Kim Kye-gwan et
américain Christopher Hill.