Partager l'article ! "Le soleil brille aussi en Corée du Nord", entretien avec Robert Carlin, expert américain des questions nord-coréennes: Robert Carlin connaît ...
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Association d'amitié franco-coréenne |
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Robert Carlin connaît bien la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), un pays où il s'est rendu une trentaine de fois.
Après avoir été, de 1971 à 1989, analyste à la CIA, l'agence centrale de renseignement américaine, Carlin est devenu chef de la division pour l'Asie du Nord-Est au sein du Bureau du renseignement et de la recherche du département
d'Etat. A ce titre, il a conseillé l'ambassadeur spécial des Etats-Unis pour les négociations avec la RPDC et a pris part à toutes les phases des pourparlers américano-nord-coréens de 1992 à
2000. Entre 2002 et 2006, il a été haut conseiller politique auprès de l'Organisation pour le développement énergétique de la péninsule coréenne (KEDO), conduisant de nombreuses
délégations en RPDC. Robert Carlin co-préside actuellement le Comité national sur la Corée du Nord (NCNK), organisme américain non
partisan réunissant "des personnalités ayant des connaissances étendues et complémentaires, ainsi qu'une expérience directe de la société, de l'économie, du gouvernement et de l'histoire de
la République populaire démocratique de Corée". L'objectif du NCNK est, notamment, de "faire avancer, promouvoir, et faciliter l'engagement entre citoyens des Etats-Unis et de la
RPDC". Robert Carlin est également chercheur
visiteur (visiting fellow) au Centre pour la sécurité et la coopération internationales (CISAC) de l'université
Stanford. Dans un entretien accordé à l'agence Inter Press Service le 21 décembre
2009, et que l'AAFC reproduit ici, ce spécialiste des questions relatives à la Corée du Nord revient sur le tableau simpliste et exagérément moralisateur de ce pays trop souvent dressé en
Occident.
Inter Press Service : Dans un discours prononcé aux Nations Unies, vous avez déclaré que la
RPDC n'est pas un pays reclus, bien qu'un rapport de l'ONU publié en octobre prétende le contraire. Pourquoi?
Rovert Carlin : Quand j'ai dit que le Nord n'était pas
"reclus" - en tout cas, pas
dans le vrai sens du terme - je ne portais pas un jugement moral. Je n'exprimais pas non plus de l'optimisme ou du pessimisme. Je n'ai fait que décrire ce que j'ai vu et appris
après des années à discuter avec les Nord-Coréens et à les observer. Ils en savent davantage sur l'extérieur qu'on ne l'imagine fréquemment, et il
y a toute une frange de la population qui a plus d'interactions avec les étrangers, les produits étrangers ou les idées étrangères qu'on ne l'entend communément.
Pour ma part, j'essaie de rester fixé sur des
constatations moins lourdes, ce qui irrite beaucoup d'observateurs qui ne veulent pas entendre que, en réalité, le soleil brille en Corée du Nord, que les arbres y poussent, et que les gens de
là-bas vivent avec la gamme habituelle des émotions et des problèmes humains.
Mon opinion personnelle est que toutes les observations sur la vie en Corée du Nord ne devraient pas être entourées d'indignation morale ou faire référence à des considérations relatives aux droits de l'homme.
Propos recueillis par Liza Jansen le 21 décembre 2009
Traduction : AAFC (liens ajoutés par l'AAFC)